Défense du quartier

Les 20 ans d’Accords croisés sur la première dalle du futur 360 Paris Music Factory

  • Saïd Assadi et les porteurs du 360 ont inauguré le rez-de-chaussée de l’édifice en construction sur l’angle Myrha/Léon autour d’un concert et d’un buffet-méchoui prometteurs.

Dispense de casque exceptionnelle le 2 octobre 2017.

L’immeuble en coupe à même le béton.

Le groupe Arat Kilo et Mamani Keita.

La contribution de La Table ouverte.

 

Saïd Assadi et une partie du conseil municipal.

Les plans au menu.

L’architecte Gaétan Engasser.

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La Mairie du 18e se rapproche de la Goutte d’Or

  • Nouvelle preuve de la méconnaissance du quartier ou mesure d’intimidation contre la campagne du Groupe Louise Michel qui sévit actuellement sur ses murs, la présentation des projets soumis aux votes du budget participatif 2017 place la Mairie du 18e arrondissement sur le boulevard Barbès.

La Mairie du 18e bientôt au cœur de la Goutte d’Or (et inversement). Source : Mairie de Paris et Mairie du 18e, Bulletin d’information des conseils de quartier (septembre 2017).

Sur la carte reproduite ci-dessus, issue de prospectus officiels émanant des Mairies de Paris et du 18e présentant les projets soumis au vote du budget participatif 2017, la Mairie du 18e, d’ordinaire reléguée place Jules Joffrin en face d’un manège, est avantageusement située sur le carrefour du boulevard Barbès avec les rues Labat et Simart, – pas encore tout à fait au cœur du quartier populaire de la Goutte d’Or mais s’en rapprochant néanmoins sérieusement (ou dangereusement, c’est selon).

En haut : la Mairie du 18e sur Googlemap. En bas : la Mairie du 18e sur le prospectus officiel de la Mairie de Paris pour son budget participatif 2017.

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L’organisme qui exploite l’école Saint Bernard ignore le quartier autant qu’il en ignore le patrimoine

  • Si l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie se moque de l’environnement de l’extension construite dans le préau de l’école, il montre qu’à l’instar de l’Architecte des bâtiments de France qui sévit également dans le quartier, il méconnait profondément le voisinage.
  • Dans une critique malveillante à l’égard d’un expert auprès des Cours administratives d’appel de Paris et de Versailles domicilié près du carrefour Poissonniers/Marcadet, l’OGEC le tague « voisin du projet » et révèle ainsi la carence de ses connaissances du quartier.

L’arbre qui rêvait d’être clocher (Photo CGO, sommet du 70 rue Myrha).

17 septembre 2017 – On se souvient que plusieurs des avis de l’ABF accrédité à la Goutte d’Or se sont révélés fautivement erronés, incomplets ou négligeant, l’un d’entre eux entraînant la sanction du permis, d’autres imposant des permis modificatifs correctifs, cela à la parfaite connaissance de l’administration qui a en conséquence manqué de vigilance devant tant d’erreurs.

Est en outre venu s’ajouter récemment à la connaissance de Cavé Goutte d’Or un avis de l’ABF du 26 mars 2015 sur l’adresse du 21 rue Affre confondant, sans que l’administration ne relève pareille confusion, l’église Saint Bernard de la Chapelle, située à moins de cent mètres dans la même rue, avec le marché de la Chapelle (ou de l’Olive), autre édifice inscrit au titre des monuments historiques situé largement hors secteur, à plus de sept cents mètres à vol d’oiseau, au motif que les deux monuments contenaient le nom La Chapelle dans leur appellation complète et étaient du même architecte (lire sur le blog).

Le mémoire en défense déposé par l’OGEC le 6 septembre 2017 devant la Cour administrative d’appel de Paris démontre qu’en matière de confusion et de méconnaissance flagrante du secteur, l’OGEC rejoint l’ABF en pensant pouvoir prétendre dans ses écritures que l’adresse de l’expert architecte cité par Cavé Goutte d’Or et SOS Paris, sise près du carrefour des rues Marcadet et des Poissonniers, en ferait un « voisin du projet » sis, quant à lui, sur le carrefour des rues Saint Bruno et Pierre L’Ermite à plus de cinq cents mètres à vol d’oiseau.

La confusion de l’ABF (voir pour mémoire).

La confusion de l’OGEC : un « voisinage » éloigné.

Au-delà de la critique insidieusement malveillante à l’égard d’un expert auprès des Cours administratives d’appel de Paris et de Versailles, la tentative de défense de l’OGEC révèle la carence de ses propres connaissances du quartier.

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Quand la Mairie de Paris joue avec les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard … pour la bonne cause

  • On sait que la Mairie de Paris a accordé au Diocèse de Paris un permis de construire une extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard monument historique en dépit d’un arrêté du Maire qui l’interdisait pour « atteinte aux perspectives monumentales ».
  • La légalité du permis est contestée devant la Cour d’appel de Paris. Pendant l’instruction, les atteintes continuent.

Ludomobile, 26 juillet-6 août 2017 (photo CGO, 29 juillet 2017).

15 août 2017 – Dans « Ludomobile », il y a mobile et l’atteinte aux perspectives monumentales n’aura duré que deux petites semaines au cœur de l’été. Qui plus est, elle aura permis aux enfants de voir de face le monument historique que d’autres enfants (les élèves de l’école Saint Bernard, notamment) ne verront que de côté, sans savoir que le monument qu’ils auront bientôt derrière leurs fenêtres est classé et que leur salle d’école est construite sur un arrêté qui l’interdisait.

C’est pas du jeu

Vue du MH via Ludomobile (Photo CGO, 29 juillet 2017).

L’autorisation donnée par la Mairie à Ludomobile pour occuper le parvis du monument historique du 26 juillet au 6 août 2017 n’est sans doute pas passée par l’architecte des bâtiments de France, qui n’aurait pas manqué de l’interdire faute d’avoir les éléments suffisants quant à l’éventuelle atteinte que le box tout rouge pouvait porter au patrimoine protégé, comme il l’a fait récemment de la fresque du square Léon, demandant à l’artiste de plus amples informations quant au travail censé recouvrir le mur pignon du 13 rue Saint Luc (voir sur le blog).

En revanche, le Diocèse de Paris et son OGEC Saint Bernard Sainte Marie, gestionnaire de l’excellente école privée dont l’entretien des bâtiments existants avait été négligé au point que leur simple et due « mise aux normes » devait susciter la campagne que l’on sait (et le permis que l’on sait) pour son extension dans la cour (de l’école) et sur le seuil (de l’église), n’ont eu aucune peine à obtenir les indulgences de l’ABF et de la Mairie du 18e arrondissement, particulièrement active dans le soutien accordé par l’urbanisme laïc à l’école catholique.

D’une pierre, deux coups

Le Diocèse et l’OGEC faisaient ainsi d’une pierre deux coups : ils agrandissaient l’école (dont on ne dira jamais assez que l’enseignement y est bon et qu’elle mérite une plus grande extension encore, mais autrement) et portaient atteinte aux perspectives monumentales de l’église, dans la dimension laïque de l’expression, puisque aussi bien c’est la loi républicaine (en l’occurrence du patrimoine) qui commande la décision de classement de l’édifice.

« Maman, c’est quoi un monument historique ? Tourne toi et regarde, mon chéri »*. Vue de Ludomobile sur le parvis de Saint Bernard MH (Photo YMS, 2 août 2017)

« M’sieur, c’est quoi, un monument historique ? Tais-toi et travaille, mon garçon »*. Ludomobile cache la vue de l’école Saint Bernard sur (et depuis) le square Saint Bernard. Le Diocèse et le cabinet d’architectes Alter Égo auraient envisagé de quereller l’autorisation administrative (Photo CGO, 29 juillet 2017).

Pour en savoir plus :

*NDLR : La maman enseignante et l’instituteur taisant : un peu cliché dans le genre ?!

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La destruction de la Goutte d’Or revisitée

  • Le désastre de la « rénovation urbaine » imposée à la Goutte d’Or Sud dans les années 1980 suscite toujours plus d’études, de réflexions et de visites.
  • Alors que le N° 100 du Bulletin de SOS Paris consacre un article au travail de l’APUR sur le quartier en 1982, un groupe d’étudiants en architecture de l’Université de Hong Kong (HKU) découvre les arcades palissadées de la Goutte d’Or, les escaliers retapés de la rue Boris Vian, le terrain détrempé du TEP, l’extension querellée de l’école Saint Bernard et plus encore.

Les étudiants en architecture de HKU accueillis par Lionel Gefflot sur le parvis du TEP Goutte d’Or, rue Boris Vian (photo CGO 12 juillet 2017).

17 juillet 2017 – Le télescopage est frappant : au moment même où était diffusée, au sein du Numéro 100 du Bulletin de SOS Paris, l’étude de Violette Roland sur « L’immeuble et l’espace urbain dans la Goutte d’Or », sous-titrée « Comment le patrimoine historique volontairement méconnu du quartier a été volontairement détruit » (recension sur le blog), un groupe d’étudiants de l’Université de Hong Kong, mené par l’architecte et historienne Ariane Wilson, mettait la rénovation urbaine de la Goutte d’Or au programme d’une journée d’étude ambitieuse.

Du Louxor au 104 en passant par la rue de Chartres et des Gardes, la rue Boris Vian et l’église Saint Bernard, l’ICI Stephenson et les Bouffes du Nord, la ZAC Pajol et le projet de promenade urbaine sous le métro aérien, la journée serait dense en effet : « From Barbès to La Chapelle », dit le programme qui ajoute, dans un raccourci un peu touristique : « From Little Africa to Little Jaffna ».

Too little

Les étudiants en architecture de HKU au célèbre croisement des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or (12 juillet 2017).

La Little Goutte d’Or Sud a aussi été connue sous le nom de « Petite Algérie », encore utilisé aujourd’hui par les organisateurs de « promenades urbaines » (lire ici et ici), et le quartier auquel fut dédié hélas ! le beau livre La Goutte d’Or Faubourg de Paris (hélas ! car le livre contient le projet de réhabilitation qui aurait dû voir le jour et, si le projet l’avait emporté, le livre ne serait pas qu’un beau livre) a depuis longtemps inspiré, passionné et fait travailler plusieurs écrivains, historiens, architectes, sociologues, habitants et visiteurs.

On sait ici qu’il a aussi inspiré les démolisseurs des années 1980, démolisseurs aux néfastes projets aux côtés desquels se sont rangés – hélas ! encore – quelques associations du quartier, dont Paris-Goutte d’Or, initialement créée pour empêcher la destruction du quartier, déviée de ce but pour au contraire l’accompagner à compter de 1984. Le tournant est expliqué par son président d’alors, Michel Neyreneuf, devenu ensuite adjoint au maire du 18e arrondissement chargé de l’Urbanisme, du Logement et de l’Architecture :

  • « Entre 1984 et 1993, on est passé d’une logique de lutte à une logique de partenariat », indique Michel Neyreneuf. « Est-ce que ça veut dire qu’on a mis au rancart un certain nombre de revendications ? Non. Il y a des choses qu’on a mises au rancart, c’est vrai », concède-t-il en cherchant ses mots, « mais pas forcément pour des raisons euh…, j’allais dire euh…, justement euh…, d’essayer euh… de faire euh… d’être bien avec la Ville ou la Préfecture ou avec qui vous voulez. Ce qu’on a mis au rancart, c’est les questions architecturales, c’est-à-dire les questions esthétiques grosso modo (…). Un effort architectural important aurait abouti à dépasser les plafonds PLA (Prêts locatifs aidés). Or, parmi nos revendications (les revendications de l’association Paris-Goutte d’Or), celle qui primait est que le quartier reste un quartier populaire » (écouter sur youtube).

Le renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural s’entendait ainsi comme condition à la conservation du caractère « populaire » du quartier, vite lié à un type d’urbanisme que la Mairie imposera aux habitants qu’elle rangera dans un « type de population ».

Le revirement de Paris-Goutte d’Or et des associations qui avaient vu le jour dans son sillage, elles aussi passées de la lutte au partenariat, a par ailleurs ouvert la voie à la dégradation plus générale du quartier, dont prétendent pouvoir profiter la Ville et les promoteurs immobiliers sévissant aujourd’hui, trente ans après la Goutte d’Or Sud, dans les abords protégés de l’église Saint Bernard, qualifiés d’espaces urbains d’intérêt exceptionnel par l’étude de l’APUR. On se souvient à cet égard de la sentencieuse observation des avocats de société Sefri-Cime Promotion, le constructeur qui a obtenu la parcelle de l’angle des rues Cavé et Stephenson pour un euro symbolique :

  • « D’emblée, répondent-ils aux arguments de Cavé Goutte d’Or sur le patrimoine architectural du quartier, il convient de préciser que le projet de SEFRI-CIME PROMOTION ne s’inscrit pas, comme le soutient (Cavé Goutte d’Or), dans un tissu urbain aux caractéristiques particulières, mais dans un quartier parisien marqué par l’insécurité – comme le révèle son classement en zone de sécurité prioritaire en 2012 – et dont les qualités architecturales ne peuvent être raisonnablement qualifiées d’exceptionnelles » (voir notre billet « Le droit dans les bottes »).

Conséquences du renoncement

Les espaces urbains d’intérêt élevé et exceptionnel recensés par François Loyer pour l’APUR.

L’article de Violette Roland pour SOS Paris étudie le renoncement de Paris-Goutte d’Or et sa décision d’accompagner le projet de démolition du quartier en parallèle avec l’étude de l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme) qui recensait en même temps, au début des années 1980, les immeubles et espaces urbains de qualité dans la Goutte d’Or et avec la note détaillée de sept experts qui avertissaient, en juin 1984, la Commission d’enquête publique sur les erreurs de ce qui n’était encore qu’un projet :

  • « Le document (de l’APUR) nous permet d’attester qu’entre les ensembles urbains du début du XIXème siècle, Montmartre et la Goutte d’Or, les caractéristiques du bâti étaient les mêmes, c’était le même patrimoine historique. Y a-t-il eu une raison suffisante pour démolir l’un et laisser vivre l’autre ? Y a-t-il eu une raison pour refuser à la Goutte d’Or son caractère historique, son pittoresque architectural ? Personne ne répondra sérieusement à cette question. Il était dit que les immeubles de la Goutte d’Or étaient insauvables. C’était faux. Aucun responsable politique ou administratif, aucune association  ne s’était emparé du projet de restauration de la Goutte d’Or réalisé par l’équipe Culot-Breitman-Loyer (architectes de l’Institut français d’Architecture et historiens d’Art) qui a été déposé officiellement lors de l’enquête publique, et est devenu en 1988 le livre La Goutte d’Or. Faubourg de Paris« . 

Couverture du livre issu du projet de restauration, 1988. Photo Sophie Ristelhueber.

L’article publié dans le bulletin de SOS Paris appelle une suite, qui doit mettre en lumière, en perspective, en examen les décisions prises alors avec leurs prolongements aujourd’hui :

  • Cette histoire revient frapper aujourd’hui », observe Violette Roland : « d’abord parce qu’il y a l’association Cavé Goutte d’Or qui se bat contre les coups portés à la Goutte d’Or Nord ; et ensuite parce que ‘la résorption de l’habitat insalubre – RHI’, qui a coûté sa vie à la Goutte d’Or Sud, est à nouveau à l’ordre du jour au même endroit, là-même où Paris-Goutte d’Or (qui alors – début 1984 – se disait encore hostile à la démolition) prévoyait les conséquences désastreuses de l’opération de casse du quartier. Le secteur Goutte d’Or/Boris Vian, en phase de ‘requalification’ vingt ans à peine après la livraison des bâtiments, illustre bien ce qui a été fait » (Lire l’article dans le bulletin de SOS Paris).

Au-delà de l’article qu’elle publie dans son bulletin, SOS Paris met en lumière les responsabilités en jeu en citant l’étude de l’APUR dans son intervention aux côtés de Cavé Goutte d’Or dans la dispute du permis de construire accordé à l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard, monument historique protégé, et il appartient aujourd’hui aux victimes des opérations immobilières de mettre en mouvements les actions nécessaires (Lire notre billet « SOS met la justice à la Une du N° 100 de son bulletin »).

Lire notre billet : « Couleur, justice et Goutte d’Or à la Une du N° 100 du bulletin de SOS Paris ».
Lire en page Humeur : « L’école Saint Bernard déshabillée pour l’été ».

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Le Versailles d’Action Barbès

  • La célèbre association des 9-10-18e arrondissements de Paris grille la politesse à Macron et Philippe en lançant au Louxor sa pharaonique « promenade urbaine ».

1er juillet 2017 – Édouard Philippe devait parler le 4 juillet au Palais Bourbon, Emmanuel Macron parlerait le 3 juillet à Versailles. Qu’à cela ne tienne, Action Barbès parlerait le 1er juillet au Louxor ! En cette période de transhumances et de mues politiques, la tête d’affiche est impressionnante : Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris chargé des Transports, de la Voirie, des Déplacements et de l’Espace public partage la vedette avec Rémi Féraud, maire du 10e, Éric Lejoindre, maire du 18e, et François Dagnaud, maire du 19e arrondissements.

Le plus impressionnant reste la constance avec laquelle nos amis d’Action Barbès portent ce projet depuis plusieurs années, sans apparemment se laisser déborder par les bonnes âmes citoyennes qui voudraient en faire un salon permanent de la palette civique. Cavé Goutte d’Or suit le projet depuis le 10 décembre 2013, saluant l’inauguration de la Commission réunie par Action Barbès ce jour-là en n’évoquant rien moins qu’une « revalorisation urbaine placée sous l’égide des droits de l’homme » (notre billet du 23 décembre 2013).

« Revalorisation urbaine placée sous l’égide des droits de l’homme » … Ça nous a quand même une autre allure que les « civic line », « civic lab » et autres « ateliers urbains » que la Mairie de Paris n’a pas manqué de mettre en mouvement (?) autour du projet d’Action Barbès (ou contre lui ?) pour « concevoir et réaliser les futurs aménagements de la Promenade Barbès-Chapelle-Stalingrad avec les habitants de ces quartiers » :

  • « Le Civic Lab est un pôle de concertation et d’activation citoyenne sur la préfiguration collaborative d’une promenade urbaine entre Barbès et Stalingrad (…) », énonce le flyer de Civic Line diffusé ces jours-ci, en marge peut-être de La Goutte d’Or en fête.
  • « Le Civic Lab a ainsi pour objectifs de faciliter la programmation participative et l’appropriation de l’espace public dans les quartiers Barbès, La Chapelle, Stalingrad par les habitants et les acteurs locaux, ainsi que d’encourager les initiatives citoyennes et associatives à travers des activités régulières ou événements ponctuels (…) », poursuit-il de ses acidités assiduités.
  • « Le Civic Lab dans un premier temps, puis la promenade urbaine dans un deuxième temps, devraient favoriser le développement d’une vie de quartier conviviale, solidaire et réunissant des porteurs de différents projets (…) », se projette-t-il dans une convivialité solitaire.

Andouille et langue de bois

Une nouvelle sélection d’andouillettes aurait même été créée pour l’occasion sous le sigle AAA pour « Atelier d’Architecture Autogérée ». On observe que le mot autogérée est accordé à architecture et non à atelier ; de même que, dans le flyer, le mot citoyenne n’est accordé qu’à activation dans la délicieuse formule « pôle de concertation et d’activation citoyenne« .

Le Civic Lab du métro La Chapelle.

Au moment où les Mairies de Paris et du 18e réunies palissent de palissades festives les arcades du secteurs Goutte d’Or/Boris Vian pour faire croire qu’elles s’activent (verbe correspondant à activation ?) autour d’un secteur en requalification urbaine depuis trente ans, nos éventuels lecteurs participatifs aux projets conviviaux excuseront le blog de ne pas applaudir à cette logorrhée citoyenne et si proche de 1984, le millésime de l’Enquête publique sur la Déclaration d’utilité publique (pour le dire en termes plus pragmatiques) qui n’a pas su voir le désastre pourtant annoncé de la rénovation de la Goutte d’Or Sud :

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Daniel Vaillant l’affiche mal

  • Après la fameuse « Métamorphose » qu’il a placardée longtemps partout, les « façades dégueulasses » du 25 rue Stephenson qu’il a fait entériner par son Conseil d’arrondissement, ou le soutien lénifiant à la démolition-reconstruction de la Goutte d’Or Sud dont il dira finalement qu’elle a « très mal vieilli », l’ancien maire du 18e se revendique aujourd’hui de La République En Marche et prétend courir pour la majorité présidentielle.
  • La dernière intox ?

Capture d’écran de la page facebook de Daniel Vaillant, 5 juin 2017.

5 juin 2017 – Faute d’investiture PS et LREM (voir notre billet du 20 mai 2017), l’ancien maire du 18e arrondissement de Paris brigue la « majorité présidentielle » à lui tout seul. Au risque de commettre un faux et usage de faux invalidant le scrutin ? d’évoquer une « loyauté » à un président dont le mouvement a investi une autre candidate pour la circonscription ? de tromper les électeurs sous un label usurpé ?

Attaché parlementaire

On comprend que Daniel Vaillant soit attaché à son siège de député et malheureux de s’en voir écarté de toutes parts, mais l’électeur doit-il une nouvelle fois être trompé pour satisfaire encore cet égo ? Si Vaillant se dit « avec La République En Marche » (bandeau ci-dessous), il apparait que La République En Marche ne se dit pas « avec Daniel Vaillant ».

Extrait de la page facebook de Daniel Vaillant, 5 juin 2017.

En Vrac

En Vrac avec la majorité présidentielle ? LREM au Café En Vrac, Marché de l’Olive (25 mai 2017).

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Quand l’insolence trace l’incohérence

  • Les passants qui auront suivi le « Parcours d’insolences » d’Anne-Flore Cabanis à l’occasion du festival Magic Barbès 2017 auront retrouvé, rue Saint Luc, la folle diagonale déjà signalée par Cavé Goutte d’Or reliant dans la rupture d’égalité la fresque du square Léon et l’extension de l’école Saint Bernard.

Les diagonales parallèles ne sont sans doute pas faites pour se rencontrer, mais seront-elles révélatrices du mouvement fou que dessine l’Urbanisme parisien dans les abords du (seul) monument historique de la Goutte d’Or ?

Le  lecteur retrouvera les décisions de la Mairie autorisant, l’une, l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église du même nom, unique monument historique de la Goutte d’Or, et refusant l’autre, la restitution d’une fresque sur un mur pignon du square Léon. Il se souviendra que, sans se prononcer sur l’opportunité de retoquer la fresque au nom de la protection du monument historique, Cavé Goutte d’Or a dénoncé sur son blog un déséquilibre entre l’attention que l’architecte des bâtiments de France a portée au dossier de la fresque et de la négligence qui l’a conduit à laisser passer la construction de l’école inattention, une négligence dont nous avons proposé qu’elle confinait à l’inégalité de traitement et à l’indulgence.

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Après le juge administratif, le juge des référés esquive à son tour la question des deux arrêtés antinomiques sur une construction identique dans la cour de l’école Saint Bernard

D.R. 2 février 2017.

D.R. 2 février 2017.

On se souvient que, dans le jugement du 7 avril 2016 dont Cavé Goutte d’Or a fait appel, le tribunal administratif insistait sur le caractère à ses yeux « différent » des projets architecturaux qui avaient entrainé, l’un le refus du permis de construire le 14 mars 2012, l’autre son octroi le 27 mars 2015, pour l’extension de l’école Saint Bernard dans les perspectives monumentales protégées de l’église Saint Bernard, monument historique (voir pour mémoire).

Bien que contesté devant la cour administrative d’appel, le jugement du tribunal administratif est brandi par le juge des référés comme seul et unique moyen de rejeter la requête de riverains qui le sollicitaient pour faire cesser un « trouble manifestement illicite », requête qui établissait pourtant, sans que le juge ne réponde sur ce point, que les projets sont identiques en termes de gabarits et volumétri (voir pour mémoire).

Les riverains estimaient en effet que, s’agissant de perspectives monumentales, c’est bien les gabarits et la volumétrie du bâtiment à construire qui sont en cause. Or, les gabarits et la volumétrie du projet accepté en 2015 sont identiques aux gabarits et à la volumétrie du projet refusé en 2012.

En dépit de la « contestation sérieuse » qui, aux termes de l’article 809 du code de procédure civile, n’empêche pas le juge des référés de « prescrire les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite », celui-ci semble avoir donné force de chose jugée au jugement contesté du tribunal administratif.

Pour ce faire, le juge civil a introduit la procédure administrative de Cavé Goutte d’Or (à laquelle les riverains ne sont pas parties) dans la procédure de référé des riverains (à laquelle Cavé Goutte d’Or n’est pas partie) et s’est alors littéralement abrité derrière la première pour ne pas juger la seconde.

Évitement ?

Le seul élément retenu par le juge des référés est en effet le considérant du jugement du tribunal administratif qui évoque deux projets architecturaux « différents ». Or, outre la contestation sérieuse de ce point devant la cour administrative d’appel, la ‘différence’ sur laquelle repose le jugement du tribunal administratif et, par voie de conséquence, l’ordonnance de référé qui s’en inspire, est contredite techniquement (au-delà de toute appréciation personnelle possible) par l’étude comparative des deux projets produite tant par Cavé Goutte d’Or devant la cour que par les requérants devant le TGI. Cette pièce n’est pas évoquée par le juge qui ne répond ainsi pas au moyen.

Dans les trois points de sa décision, le juge des référés commet en outre plusieurs erreurs d’appréciation et de droit :

1) Il prétend que « le jugement du tribunal administratif examine l’argumentation (de Cavé Goutte d’Or) quant à la conservation des perspectives monumentales au vu du PLU et rejette cette argumentation ». Or, en considérant que les projets sont « différents », le jugement du tribunal administratif a précisément évité d’examiner et de contester l’argumentation de Cavé Goutte d’Or quant aux perspectives monumentales.

2) Le juge des référés prétend que « les (treize requérants) n’allèguent aucun trouble distinct de celui invoqué (par Cavé Goutte d’Or) devant le tribunal administratif ». Cela est inexact puisque Cavé Goutte d’Or n’invoque pas à proprement parler un trouble devant le tribunal administratif, mais y conteste une décision administrative.

3)  Le juge des référés observe que le jugement du tribunal administratif n’est pas opposable aux riverains qui s’adressent à lui, ce dont on lui donnera naturellement acte ; mais il estime que la « motivation » du tribunal administratif le serait en revanche, au point qu’elle viendrait anéantir les preuves du trouble manifestement illicite que le juge des référés s’abstient d’examiner au seul motif que le juge administratif l’aurait examiné et rejeté, ce qui revient à donner à la motivation d’un jugement contesté (et pas même à son dispositif) la force de preuve qu’elle n’a pas :

  • « Il est vrai que les demandeurs (en référé) n’étaient pas parties au litige soumis à la juridiction administrative, de sorte que cette décision ne leur est pas opposable ; mais, au vu de la motivation du jugement (administratif), il convient de constater l’absence de preuve d’un trouble manifestement illicite au sens de l’article 809 du code de procédure civile ».

À suivre le juge des référés, ce serait ainsi à Cavé Goutte d’Or d’apporter, via sa procédure administrative, la preuve du trouble manifestement illicite qu’invoquent, pièces à l’appui, les treize requérants.

Croisement impossible

Sur ce dernier point, le juge des référés ne dit pas que le permis a été accordé par un arrêté de 2015 dont la validité a été confirmée par le tribunal administratif (point final), mais il entre dans la motivation du juge administratif, motivation qui elle-même tient pour acquise une ‘différence’ entre les projets de 2012 et 2015, ‘différence’ combattue par une pièce versée au dossier par les requérants, mais ni considérée, ni a fortiori écartée par le juge.

En ouvrant une porte qu’il aurait pu maintenir fermée, le juge des référés aurait-il ouvert aussi une voie de recours ?

Cavé Goutte d’Or croit savoir qu’un projet d’appel est à l’étude contre cette décision que les requérants estiment « bancale », plusieurs autres riverains et collectifs préparant par ailleurs diverses interventions, au sens où l’on parle d’interventions volontaires en justice, comme ce pourrait être le cas de tiers dans la procédure actuellement pendante devant la Cour administrative d’appel.

À suivre.

  • Voir aussi en page Accueil notre billet sur l’opposition faite par la Mairie de Paris à la restitution de la fresque du square Léon et la suite de notre enquête sur le traitement inégal des demandes d’autorisations d’urbanisme dans les abords de l’église Saint Bernard monument historique.

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Square Léon : Trompe l’œil à l’œil sur le pignon des autres ?

  • La grande fresque qui orne le célèbre square Léon, au cœur de la Goutte d’Or, aurait été apposée sur quatre pignons d’immeubles privés sans l’autorisation des copropriétés concernées.
  • Une grande frasque de la Mairie de Paris au nom de sa Politique de la ville dans les quartiers déshérités ?
  • En tout cas, une belle défausse des autorités municipales qui laissent les syndicats de copropriétaires seuls aux prises avec la justice et les désidératas de l’artiste qui entend rafraichir son œuvre et couper les arbres qui en cacheraient la vue. Cavé Goutte d’Or mène l’enquête !
La fresque

« L’Histoire d’une Goutte d’Or », fresque monumentale de Bernard Heloua-Grimaldi apposée sur quatre pignons d’immeubles de la rue Saint Luc (1992), pans 2 à 4 du quatriptyque de 800 m² (Photo D.R. 2016).

28 novembre 2016 – L’été dernier, un syndicat de copropriétaires de la rue Saint-Luc, dont les bâtiments donnent (ô combien !) sur le square Léon et la rue Polonceau, s’est vu approcher par l’architecte et muraliste Bernard Heloua-Grimaldi, auteur des fresques qui ornent trois de ses pignons sur le square Léon.

L’artiste était à la recherche des propriétaires des murs sur lesquels il avait peint son œuvre en 1992 manifestement sans savoir, à l’époque, à qui appartenait le support de « L’Histoire d’une Goutte d’Or », titre de ce « quadriptyqe monumental de 800 m² », comme il est présenté sur son site :

  • « Si votre copropriété n’est pas propriétaire de l’un de ces murs, je vous remercie de me le faire savoir par retour, et si d’aventure vous connaissiez les coordonnées des présidents des conseils syndicaux des copropriétés concernées, je vous serais extrêmement reconnaissant d’avoir l’amabilité de bien vouloir me les communiquer », écrit Bernard Heloua-Grimaldi le 25 juin 2016.

Saine démarche de courtoisie que « les copropriétés concernées », pour le dire comme lui, auraient sans doute aimé voir mise en œuvre avant le travail de peinture de leur mur.

D’autant que l’artiste donne aussi à sa démarche le caractère d’un avertissement, se voulant informer le syndicat du jugement qui, en septembre 2015, avait condamné une copropriété voisine à restituer à ses frais la fresque qu’elle avait recouverte au gré d’un ravalement rendu nécessaire par des infiltrations venant du square Léon. Y a-t-il là un nouvel avatar de la Politique de la ville, une nouvelle fissure dans le zonage du quartier, une nouvelle manifestation de la fragilité politique et juridique des décisions prises au début des années 1990, comme nous l’étudions dans notre billet sur les dossiers Boris Vian/Arcades Goutte d’Or, école St Bernard contre église St Bernard et fresques du square Léon (lien) ?

Les papiers du grapheur

Devant ce qui s’apparente à une mise en garde avant ravalement éventuel, le destinataire demanda que lui soit transmise « une copie de la convention qui aurait été conclue entre la Mairie, l’artiste et le syndicat des copropriétaires portant sur la réalisation de cette peinture ».

La même demande fut faite au Service technique de l’habitat de la Mairie de Paris qui, par courrier du 1er août 2016, répondit que la question relevait de la direction des Affaires culturelles, à laquelle la demande avait ainsi été transmise.

La DEVE aux affaires (Photo CGO 28 novembre 2016).

La DEVE aux affaires (Photo CGO 28 novembre 2016).

Approchée à son tour, la direction des Affaires culturelles déclina oralement sa compétence en renvoyant à la Direction des Espaces Verts et de l’Environnement (DEVE), les anciens « Parcs et Jardins » ayant probablement suivi le dossier en 1992. Au moment où nous postons ce billet, la DEVE n’avait elle-même pas donné suite à la lettre qui lui a pourtant été adressée par l’un des syndicats de copropriétaires concernés le 11 octobre 2016.

En réalité, personne ne semble se souvenir des origines de l’histoire, la seule pièce versée au dossier au titre de « commande » émanant de l’entreprise de peinture Thomas & Harisson à Clichy, dont il est dit qu’elle aurait « remporté l’appel d’offre », Bernard Heloua-Grimaldi étant « sous-traitant sur ce marché ». Aucune décision de la Mairie faisant état d’un appel d’offre, de l’accord des élus du 18ème arrondissement revendiqué sur la plaque de présentation de la fresque, d’un concours qui aurait précédé la décision, d’un budget, d’une demande d’autorisation préalable et de l’accord des propriétaires des murs n’est jusqu’ici ressorti.

Mais on connait la ténacité de Cavé Goutte d’Or qui a entrepris une enquête approfondie sur la question et ne peut imaginer que tout cela se soit passé de toute formalité ou autorisation par la seule grâce de la Politique de la ville sur le fondement assuré (et pourtant si improbable) que la Politique de la ville voulant le bien du quartier défavorisé dont elle s’occupe, elle aurait d’avance raison de tout, l’autorisation étant inhérente au caractère prétendument social de la démarche.

D’ores et déjà, l’association a pu se procurer la « mise en demeure » que Bernard Heloua-Grimaldi a fait adresser par son avocat à la maire de Paris le 9 février 2016 afin que la première magistrate de la Ville « procède, en concertation avec lui, aux réparations nécessaires des dégradations apparues sur la fresque réalisée en 1992 et qu’en sa qualité de maître d’ouvrage de cette commande publique, elle avise les syndics de copropriété concernés afin qu’ils respectent la fresque lors des ravalements à venir, (elle même étant enjointe à) restituer la fresque dans le champ visuel du public, comme il en était convenu lors de sa réalisation ».

Le dernier pan de cette mise en demeure en triptyque ne fait rien moins que demander que les arbres soient eux aussi mis au pas.

Les arbres qui cachent la fresque qui cache la frasque

Une fois la maire informée de la condamnation dont ont été l’objet les propriétaires d’un des pignons, Bernard Heloua-Grimaldi lui faisait en effet savoir que les trois autres pignons supportant son œuvre devaient être entretenus :

  • « Ils sont non seulement en état d’usure et de dégradation, mais la perspective en est cachée par la végétation plantée sur les lieux ».

Peu avant sa mise en demeure par avocat, le peintre avait lui-même écrit à l’ADEV (sic), c’est-à-dire à la DEVE, toujours dans le but de tirer et faire tirer les leçons de la condamnation qu’il avait obtenue au terme d’une « longue bataille judiciaire pour atteinte à (son) patrimoine moral et matériel d’auteur ». Il convenait selon lui « d’imposer » (c’est lui qui souligne) aux copropriétés sur le mur desquelles la fresque a été apposée sans leur autorisation de « considérer la restauration de la peinture comme partie intégrante du ravalement », la Ville de Paris devant, à ses yeux, financer le surcoût de l’entretien dont il ne manque pas de rappeler, en évoquant l’article L132-1 du code de la construction et de l’habitation, qu’il devrait avoir lieu tous les dix ans.

Et l’artiste de développer que les trois pans restant de son œuvre étant « dans un état de dégradation avancé » et le premier pan devant « être remis en l’état d’origine sur décision du tribunal », il serait bon de les reprendre tous les quatre.

"Faudra me couper tout ça !" demande l'auteur de la fresque à restituer (photo CGO 2016).

« Emprise visuelle de la végétation » sur la fresque à restituer (photo CGO, 10 novembre 2016).

Last but not least compte tenu du destinataire de la requête, la végétation du square pose problème en ce qu’elle empêche le public de voir l’œuvre dans son intégralité :

  • « Par son emprise visuelle aujourd’hui, la végétation du square occultera le travail de restauration qui va être réalisé sur le premier mur, ce qui semble tout à fait contradictoire avec l’objet même de cette œuvre monumentale. Par respect pour le public auquel ce travail artistique est présenté, et par respect pour mon œuvre, il est nécessaire d’élaguer ou de remplacer ces arbres de haute tige. Mon œuvre a été réalisée pour être vue dans son ensemble, à savoir un quadriptyque  (réalisé aux frais du contribuable) qui offre la lecture simultanée d’une narration, interprétation artistique d’une ‘Naissance de la Goutte d’Or’ », assure Bernard Heloua-Grimaldi, la parenthèse sur les contribuables étant partie intégrante de la citation.

Après les graffitis « FUCK THE POLICE » ou « FUCK LA BAC » qu’on lisait encore ce 28 novembre 2016, lira-t-on bientôt « FUCK THE TREES » sur le square Léon ?

Une oeuvre participative.

Une oeuvre participative. Photo CGO 28 novembre 2016.

Perspectives monumentales en concurrence

Covisibilité (photo CGO 28 novembre 2016).

Covisibilité (photo CGO 28 novembre 2016).

L’enquête entamée autour des fresques du square Léon est aujourd’hui d’autant plus importante que le premier pan à reconstituer est en covisibilité avec l’église Saint Bernard monument historique dont les perspectives sont en tout cas aussi importantes que celles défendues par Bernard Heloua-Grimaldi et l’on se prend à rêver, à l’autre bout de la rue Saint Luc, que l’école Saint Bernard et le curé de la paroisse Saint Bernard préservent avec la même fougue les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard, monument historique dont ils devraient se sentir parmi les premiers protecteurs, et qu’ils négligent au point de lui imposer leur extension architecturalement destructrice.

Une déclaration préalable de travaux en vue de la restauration de la fresque du square Léon est en cours d’examen à la Direction de l’Urbanisme. Sera-t-elle étudiée avec le même soin que le furent les projets d’extension de l’école Saint Bernard, c’est-à-dire avec les mêmes négligences ? Négligences dont la dernière en date, non des moindres, accorde un nouveau délai de recours contre le permis de construire actuellement exécuté par l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie à l’angle des rues Pierre L’Ermite et Saint Bruno (Lire sur le blog : « Nouvel imbroglio juridique autour du permis de construire accordé à l’école Saint Bernard », article à la frappe).

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Le destin des jardins partagés dans la Goutte d’Or

  • De la porte Polonceau/Poissonniers à la pointe Polonceau/Goutte d’Or/Boris Vian, les points de chutes possibles de la Goutte verte
Angle Polonceau/PoissonniersLes boules à Delanoë.

Le Grand projet de Bertrand Delanoë abandonné à l’angle Polonceau/Poissonniers.

12 novembre 2016 – Actuellement confiée à la Table ouverte pour y installer le club de pétanque qui avait animé, depuis août 2012, le carrefour Myrha/Léon, la parcelle située à l’angle des rues Polonceau et des Poissonniers est promise à un bel avenir

"Charité sur le chemin de Dieu" ou Les boules à Château Rouge.

« Charité sur le chemin de Dieu » ou Les boules à Château Rouge.

Comme semble l’indiquer le beau nom de sabil (« chemin ») toujours inscrit sur les grilles de la pétanque, la friche Polonceau/Poissonniers reste elle-même à la croisée des voies qui peuvent y conduire.

Si la Table ouverte n’a pas manqué de se mettre très tôt, avec le fidèle soutien de Cavé Goutte d’Or (voir « Les boules à Château Rouge »), sur les rangs des occupants précaires de l’espace abandonné par l’ICI, les Verts n’ont pas tardé, eux non plus, à poser quelques jalons plus définitifs pour que cette grande parcelle très ouverte, dont la longue façade sur la rue des Poissonniers s’ouvre sur le boulevard Barbès, ne devienne pas la proie d’un urbanisme débridé, en particulier de l’Urbanisme très bétonneur du 18e arrondissement, dont le patron préside en maître absolu aux destinées de l’habitat et de l’architecture dans la Goutte d’Or et Château Rouge depuis plus de trente ans.

Le 20 juin 2016, les Verts du 18ème publiaient ainsi un vœu au conseil d’arrondissement rappelant que « la nature en ville comporte des enjeux paysagers, sanitaires et sociétaux indispensables au cadre de vie » et que  « les fonctions sociales des espaces non bâtis sur la qualité de vie des parisiennes et des parisiens en termes de pratiques récréatives, de création de lien social et de santé » devaient être considérées. « Cinq parcelles sont actuellement en friche, à l’angle de la rue des Poissonniers et de la rue Polonceau », poursuivent les élus EELV ; et « les deux parcelles situées en pointe de cet ensemble, au 6-8 rue des Poissonniers et 57 rue Polonceau, présentent des caractéristiques compatibles avec la création d’un espace libre à végétaliser ».

Entrée sur le quartier

Considérant ensuite que « l’ensemble des friches et jardins partagés du quartier sont peu à peu rendus à la construction, limitant d’autant plus les espaces de respiration encore présents dans le quartier » et que « les propositions d’occupation temporaire de cette friche, portées par des associations et des habitants, prouvent le besoin d’un espace accessible et végétalisé à cet endroit », les Verts ajoutent que « ces deux parcelles constituent par leur situation urbaine une entrée sur le quartier » et concluent en émettant le vœu que « la création d’un espace libre à végétaliser sur les deux parcelles du 6-8 rue des Poissonniers et 57 rue Polonceau soit envisagée dans le cadre de l’aménagement global de cette entrée de quartier, sans remettre en cause l’existence d’un espace cultuel ni d’autres constructions sur les trois autres parcelles ».

En septembre 2016, Les Verts tentaient de faire cohabiter la Table ouverte et la Goutte verte sur cette parcelle pour finalement ne proposer (ou n’obtenir de leur allié gouvernemental) qu’un espace minuscule au 23 rue Richomme où l’apport du jardin partagé serait réduit à la portion congrue, – plein Nord qui plus est (lire le vœu dans ses deux versions).

Est-ce le but ? À en croire les difficultés de la Ville à sortir un projet d’accueil, non pas tant pour la Goutte verte que pour l’espace vert qu’elle occupe actuellement, on devine que la balance des intérêts en jeu n’est peut-être pas favorable à la biodiversité pérenne. La verdure précaire des jardins partagés par définition mobiles est plus facile à gérer que l’installation définitive d’un espace comme ceux de la Goutte verte, du Bois Dormoy (dont la pérennisation n’est guère plus assurée), des Jeunes Pouces voisines du TEP Ménilmontant qui sont, comme nous l’avons suggéré dans notre billet du 12 novembre 2016, à mettre en parallèle pour ce qui est des enjeux environnementaux.

Le moment vert

C’est à cet égard que la Goutte verte pose une question intéressante, et que l’embarras provoqué en Mairie par son relogement est digne d’attention. Non qu’il faille impérativement reloger l’association (la précarité est la règle du jeu), ni qu’il faille nécessairement la suivre dans son projet de chaises musicales (on reste sur l’angle Cavé/Stephenson et le projet immobilier qui y est prévu passe sur la friche Polonceau/Poissonniers), mais parce qu’un espace vert est appelé à remplacer celui que la Goutte verte est appelée à quitter.

Cela non parce que ce serait dû à la Goutte verte, ou répondrait à un souci d’« équité au sein d’un territoire », comme le posait le premier projet de vœu des Verts de septembre dernier au motif que « les associations » – lesquelles ? en l’occurrence la Table ouverte et la Goutte verte ? –  devraient recevoir équitablement leur part de friches, ou partager les espaces restants qui ne seraient pas encore « rendus à la construction », selon la formule du vœu précité d’EELV sur l’angle Polonceau/Poissonniers « considérant que l’ensemble des friches et jardins partagés du quartier sont peu à peu rendus à la construction, limitant d’autant plus les espaces de respiration encore présents dans le quartier ».

Mais parce que 800 m² de jardin, pour beaucoup en pleine terre, ont assurément pris racine dans le quartier et que, dans le cadre d’une bonne économie urbaine, soutenue par le souci de la biodiversité mis en avant par la Mairie dans son projet de modification de PLU, ces 800 m² de biodiversité manqueraient s’ils devaient être simplement « rendus à la construction ».

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La végétalisation de trottoir (rue Stephenson, octobre 2016).

La formule de « jardins partagés rendus à la construction » n’est pas heureuse. Elle rejoint celle des démolisseurs qui évoquent leur travail en termes de « libération » : la SEMAVIP, l’Urbanisme et l’aménageur pressenti (Paris Habitat, la RIVP, la Foncière logement, …) parlent en effet de parcelles « libérées » lorsqu’elles leur sont « livrées » après la démolition des bâtiments qui les occupaient, parfois beaux dont la beauté et la valeur ont été reconnues avant, pendant et après le travail de « libération ». Ce fut notamment le cas, souvenons-nous, du bel édifice de la moitié du 19e siècle, qui se trouvait sur la parcelle du 25 rue Stephenson actuellement occupée par la Goutte verte, qui avait accueilli à l’origine une plumasserie, dont Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, avait précisé qu’il n’en demandait pas la démolition, que les copropriétaires avaient tout fait pour le conserver en dépit des entraves activement mises par la SEMAVIP à toute tentative de réhabilitation, et auquel la Cour d’appel de Paris a finalement rendu un hommage posthume en saluant « un immeuble d’angle harmonieux, propre, austère », au « ravalement effectué », aux « ferronnerie ouvragées et fenêtres cintrées », dont les logements spacieux des étages inférieurs ouvraient sur « des baies magnifiques en bon état » (Lire : « La SEMAVIP abattue »).

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Permis de végétaliser, ou le pot de terre contre le pot de fer.

En cinq ans (COP 21 à Paris ? COP 22 à Marrakech ? COP 23 à Château Rouge ?), les consciences ont changé et la présence des jardins partagés – même s’ils ont souvent eux-mêmes par trop accentué leur précarité (l’image palettes de chantier qu’ils se sont donnée avec une insistante ostentation, ne les destinait-elle pas à être un jour « rendus à la construction » ?) – est devenue une évidence, une nécessité, et c’est peut-être dans la cohabitation entre les occupants précaires des friches et les occupants moins précaires prévus par les projets immobiliers que se trouve la transition la plus réussie.

Dans cet esprit, la Société d’HLM Batigère, qui doit construire et exploiter un immeuble de logements sur l’angle Affre/Myrha, nous a dit avoir approché la Goutte verte pour lui proposer la gestion des jardins intérieurs ou sur le toit de ses immeubles, une approche que la Goutte verte elle-même ignorait encore au moment où nous publions ce billet, mais qui va sans doute dans le bon sens.

La végétalisation en coeur d'îlot.

La végétalisation en cœur d’îlot.

Entre Alain Bashung et Boris Vian

Miser sur les acquis semble être une solution aussi. Le fond du jardin Bashung, rue de Jessaint, est déjà occupé partiellement par la Goutte verte, qui ne pourrait se déployer autant qu’elle l’a fait sur la rue Cavé mais pourrait utilement s’étendre là où, pour le dire euphémiquement comme le fait la Ville de Paris, le jardin a « mal vieilli ».

L’expression avait été utilisée, on s’en souvient aussi, par Daniel Vaillant, alors maire du 18ème, à propos de la Goutte d’Or sud toute proche, notamment du secteur Goutte d’Or/Boris Vian (cf. « Felix culpa »). Il est bien sûr désespérant qu’elle le soit à nouveau pour le dernier né des squares du quartier, inauguré par Bertrand Delanoë et Daniel Vaillant en présence de la famille d’Alain Bashung le 21 juin 2012, il y a donc seulement quatre ans, mais si les aménagements vieillissent mal  à ce point, ou si l’expression est la seule qui vienne à l’esprit des aménageurs, c’est peut-être bien que la fausse note est dans leurs partitions.

La boucle se bouclerait-elle ainsi entre Alain Bashung et Boris Vian, réunis par un jardin qui sentirait bon le métropolitain, selon les paroles de Jacques Dutronc ? Avec une Goutte verte en taulière qui prendrait racine sur la nouvelle esplanade créée devant le gymnase de la rue Boris Vian et, en contre-bas, le nouvel espace imaginé par le projet lauréat du dernier budget participatif, dont nous n’avons aucune image.

Beaucoup d’espoir d’un seul coup ? Mais Éric Lejoindre n’a-t-il pas annoncé un point sur « le passage Boris Vian », comme il l’appelle, en novembre ou « probablement en novembre » ? Sachant que la Goutte verte est censée quitter l’angle Stephenson/Cavé le 14 novembre, cela fait une petite « fenêtre de tir » qui laisse en effet quelque espoir pour un petit point, – en tout cas un point d’étape sinon encore un point de chute définitif.

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Le blog de Cavé Goutte d’Or à l’honneur dans Le 18e du mois

  • Le journal associatif d’informations locales consacre son dossier de novembre aux « meilleurs sites et blogs de l’arrondissement ». 
  • Crédité de « connaissances historiques solides » qu’il présente « avec détail et précision », le blog de notre association est en bonne place dans la recension proposée.

1er novembre 2016 – Plusieurs sites et blogs amis sont aussi salués. Parmi eux :

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La démolition du mur d’enceinte de l’école Saint Bernard dévoile l’ancienne chapelle Saint Bruno

  • L’OGEC Saint Bernard Sainte Marie, qui s’apprête à construire un igloo sur pilotis dans la cour de l’école Saint Bernard, en face de l’église du même nom, offre provisoirement aux habitants de la Goutte d’Or une perspective cachée de l’ancienne chapelle Saint Bruno, devenue « haut lieu de la vie associative et militante du quartier ».
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La chapelle Saint Bruno (photo MS pour Cavé Goutte d’Or le 29 août 2016).

29 août 2016 – Selon le site Trésors cachés de Paris Nord, la chapelle Saint Bruno aurait été construite en 1880 et aurait accueilli « durant un quart de siècle les cours de catéchisme de la paroisse Saint Bernard. Aujourd’hui, elle représente le haut lieu de la vie associative et militante du quartier ».

En effet, poursuit Trésors cachés de Paris Nord, « l’association Salle Saint Bruno est une des ‘associations mères’ du quartier de la Goutte d’Or. Sa création en 1992, résulte d’une concertation entre les habitants, les associations et les pouvoirs publics. À travers ce lieu de rencontres et de mise en relation pour le quartier de la Goutte d’Or, la Salle Saint Bruno a pour objet de promouvoir, conduire et soutenir toute initiative ayant notamment pour but, l’insertion et la promotion sociale et économique des habitants de la Goutte d’Or ou répondant à des besoins précis des habitants ».

Aujourd’hui – et pour quelques jours seulement si se confirmaient les intentions de l’école Saint Bernard de bloquer toutes les perspectives patrimoniales autour de la place qui l’a vu naître (car la place est antérieure à l’école) -, la Salle Saint Bruno ajoute une dimension architecturale et culturelle bienvenue à ses nombreuses activités et s’ouvre (plus encore) sur le quartier !

MS 29 août 2016.

La rue Pierre L’Ermite en profondeur (29 août 2016).

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CapaCités fait table (de quartier) ouverte !

capacités8 mai 2016 – Très active sur le quartier Amiraux Simplon Poissonniers et actuellement sur l’aménagement des anciens dépôts SNCF de La Chapelle-Ordener, CapaCités propose un partage des initiatives, qui se tiendra le lundi 9 mai à 19h dans le hall de la Cité Traëger (face au 26 rue Boinod).

L’objectif, dit-elle, est que « chacun puisse venir partager ses projets, idées, envies, présenter les actions en cours (un blog/site pour le quartier, des solutions pour les rues Boinod et du Nord, l’aménagement du dépôt Chapelle-Ordener, …) et celles que l’on souhaiterait mettre en place ! »

Renseignements : Zoé Bourdier, CapaCités, pour la Table de quartier Amiraux Simplon Poissonniers (06.25.03.54.41).

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La page Facebook de Cavé Goutte d’Or squattée par François Cavé !

  • La classe !

21 mars 2016 – Suite à on ne sait quelle manipulation bienveillante, nous voilà pour quelques semaines les hôtes de François Cavé lui-même, l’homme qui donna son nom à la rue Cavé qui elle-même le donnera à Cavé Goutte d’Or.

Nous avons demandé à la PME Facebook Illimited Corporation S.A de nous aider à libérer « François » d’une association qu’il n’a peut-être pas souhaité mais, pour l’instant, les service techniques de Facebook ne nous ont pas répondu.

Nous leur envoyons copie de ce billet et gardons le nom de Cavé Goutte d’Or entre parenthèses pour continuer à informer, sur notre page Facebook, nos fidèles amis et lecteurs des parutions sur le blog.

Ainsi aujourd’hui, tiens ! deux billets sur la défense de l’OGEC et de la Ville de Paris dans le dossier le l’école Saint Bernard. Une double défense en forme de défausse :

1) La Ville de Paris, en effet, enfonce Batigère pour mieux défendre l’OGEC (voir « Fayotage »).
2) Quant à l’OGEC, il se démarque des amis de l’école Saint Bernard dont il précise au Tribunal administratif qu’ils ne l’engagent pas (voir « Vade retro ! ») .

Bonne lecture !

Vous pouvez aussi nous suivre sur twitter.

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Valls – El Khomri : le précédent de Château Rouge

  • Cavé Goutte d’Or avait regretté, en septembre 2012, que Myriam El Khomri, alors doublement chargée de la sécurité de Château rouge en Mairie centrale et en Mairie du 18e, soit contrainte de faire appel à Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, pour la sauver d’un échec patent en la matière sur le quartier en ZUS, que Valls s’empressa de mettre en ZSP.
  • Cette série d’échecs, qui a conduit l’ajointe de Delanoë et Vaillant aux ministères de la Ville et du Travail, conduit aujourd’hui le « Pari citoyen » à dénoncer l’ « impuissance volontaire » et lancer une pétition en faveur du retour de la ZSP (qui était donc partie ?).

7 mars 2016 – L’échange de postes entre l’Urbanisme et la Sécurité se voulait moins ironique qu’il n’y paraissait et, depuis septembre 2012, les liens sont nombreux, faits par les politologues et les sociologues, entre les deux domaines de compétences politiques.

S’il est vrai que le Tribunal administratif n’a pas retenu (faute d’être « assortis des précisions (lui) permettant d’en apprécier le bien fondé » [considérant 12]) les arguments développés par Cavé Goutte d’Or sur ce point dans le dossier des permis de construire accordés à Paris Habitat pour le CROUS du carrefour Léon (une architecture massive, cubique, blockhaus et anxiogène sur l’un des points saillants d’insécurité alors désigné comme tel par Daniel Vaillant lui-même [cf. « Myrha dort », « Paris Habitat décavé », etc.]), il demeure que la SUZ et la ZSP n’ont pas rempli leur mission.

Ce serait faute de n’avoir pas été mises en oeuvre de manière totale et approfondie, selon la pétition du Pari citoyen qui demande donc « le rétablissement et l’approfondissement du dispositif de la ZSP », quand nous pensons que le phénomène de zonage et le parti pris d’un urbanisme agressif, asocial, anomique et anhistorique est pour beaucoup dans le maintien du quartier sous protection X, Y ou Z.

Dans notre billet du 10 septembre 2012, nous nous étonnions de voir le Tout-Goutte d’Or saluer l’appel d’El Khomri à Valls : « Myriam El Khomri, chargée à la mairie de Paris comme à celle du 18e des questions de sécurité, avait demandé que les secteurs Barbès et Château Rouge soient classés en zone de sécurité renforcée », indiquait le 18e du mois qui inventait pour l’occasion la ZSR pour évoquer la ZSP. « Voir le classement de Château Rouge en ZSP comme un succès de la responsable de la sécurité dans le 18e ne vient à l’idée de personne », suggérait le blog de Cavé Goutte d’Or avant de se faire réprimander vertement par de meilleurs esprits (voir Vos commentaires).

N.B. Dans la tourmente, Cavé Goutte d’Or se souvient avec amitié du soutien efficace que lui avait témoigné Myriam El Khomri lors d’une de ses installations sur les escaliers de la rue Boris Vian, en l’occurrence celle du 2 mai 2013 en présence des architectes dont la ZUS, déjà, avait muselé les budgets.

  • À lire sur le blog ce 7 mars 2016

> Attention travaux : Chiche qu’ils ne démoliront pas la moitié d’une école !?
> Le Conseil d’État renforce le contrôle de l’ABF autour des monuments historiques
> CROUS Paris Habitat : Entre Tribunal administratif et pénal
> Paris Habitat : « À part la fenêtre du CROUS, tout va bien ! »

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Votez et faites voter pour Les Urbains 2015 !

  • Liste des nominés à ce jour / Votes ouverts jusqu’au 19 décembre 2015 à 18 h.
  • Proclamation des Urbains 2015 à 20 heures après dépouillement des votes.

 Catégories et Nominés au 15 décembre

Urbanisme
– Le collectif des parents d’élèves de l’école Cavé (11 rue Cavé) pour le projet d’élargissement du trottoir. Voir sur le site du Budget participatif 2015 et sur la page Quartier du blog de Cavé Goutte d’Or. Il semble que le projet n’est pas passé mais il faut le relancer hors budget participatif
– Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) de Paris pour ses marches exploratoires dans la Goutte d’Or, notamment dans les rues Boris Vian et de la Goutte d’Or (lire notre page Défense du quartier)

Architecture
– L’Agence AAFeraru pour ses projets de réaménagement des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or
https://cavegouttedor.wordpress.com/2015/10/12/pilotis-hors-sol/
https://cavegouttedor.wordpress.com/2015/10/07/chemins-de-traverse/
https://cavegouttedor.wordpress.com/2015/11/30/rechauffement/
L’Agence d’architectes et d’urbanisme NXNW pour le 37 rue Myrha, inauguré il y a juste un an

Culture
Les Libraires associés pour une programmation superbe tout au long de l’année, de beaux débats sur Facebook (et l’invitation des Shadoks à la Goutte d’Or).
– La Cohérie Boris Vian pour son travail patient en faveur de la rue Boris Vian.
LA NUIT OCT 2015La Compagnie Gaby Sourire pour ses représentations de « La nuit juste avant les forêts » de Bernard-Marie Koltès dans le décor de – Art Exprim pour l’opération « Dessine ton quartier » sur le square Léon du 19 au 21 août 2015

Patrimoine
– L’association Action Barbès pour son projet de « promenade urbaine » entre Barbès et Stalingrad et de « revalorisation urbaine et mise en lumière du patrimoine représenté par le viaduc du métro aérien » entre Barbès et Stalingrad
https://cavegouttedor.wordpress.com/2013/12/23/posturbain/
https://cavegouttedor.wordpress.com/2014/09/13/budgets/
– L’architecte Xavier Brunquell pour son projet de « réhabilitation douce » du 5 rue Myrha (vidéo archicab), redevenu d’actualité suite à l’annulation du permis de construire sur l’angle Myrha/Affre.

Cité
– Violette Roland pour son travail au sein de l’association Paris-Goutte d’Or à ses débuts entre 1980 et 1982 et son analyse des 30 années de renouvellement urbain sur le blog de Cavé Goutte d’Or.
– Thierry Payet pour ses entretiens avec les habitants et usagers des rues Boris Vian de la Goutte d’Or (dans le cadre des études de l’Agence AAFeraru nominée pour l’Urbain de l’architecture).

Journalisme
– Jean-Raphaël Bourge pour l’ensemble de ses dépêches et études historiques du quartier sur tweeter et le blog du 28 rue Affre (et sa couverture sensible et rigoureuse de l’incendie du 4 rue Myrha dans la nuit du 2 septembre 2015).
– Le journal en ligne Goutte d’Or et vous pour son opération « Goutte d’Or et toit » tendant à « tirer le bilan du plan, de rénovation urbaine lancé en 1985 »  (voir la revue de presse préparée par Mathieu et Marie, en stage de l’école de journalisme auprès de GO&V)

Commerce
Le Mistral Gagnant de l’angle Saint Mathieu / Stephenson, pour l’accueil très roudoudous.
La Coopérative alimentaire Goutte d’Or pour la cooopérative.
OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’Hôtel Myrat Beaux de la rue Myrha, pour la  poésie.
– Les commerçants et artisans de la rue de la Goutte d’Or (de Cocobohème à la Brasserie de la Goutte d’Or en passant par les Délices d’Elksour, Karim et Yassin, l’Espace jeune, l’Esprit d’Ébènes, le Restaurant de la Goutte d’Or,  Paris Macadam, Les Enfants de la Goutte d’Or, la Pâtisserie Andalousia, le Délice de la Goutte d’Or pour leur soutien à l’opération de renouvellement urbain confiée à l’agence AAFerraru (nominé pour l’Urbain de l’architecture), Thierry Payet (nominé pour l’Urbain de la cité) et la Cohérie Boris Vian (nominé pour l’Urbain de la culture et/ou de la persévérance).

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Cocobohème dans la peau de Vernon Sullivan.

Persévérance
– La Cohérie Boris Vian pour son travail patient sur la rue Boris Vian.
– L’Amicale des vendeurs à la sauvette de la rue des Poissonniers qui jouent au chat et à la souri avec les aimables gendarmes qui jouent au chat et à la souri avec les vendeurs à la sauvette.

Résistance
– Le café hôtel de l’Univers au 20 rue des Poissonniers, malmené par la Ville de Paris, la SEMAVIP, le syndic de copropriété du 70 rue Myrha, la RIVP et les experts judiciaires suivant la démolition et la reconstruction (suivre bientôt notre enquête).
– La SCI Les Oliviers du 14 rue Affre aux prises avec les agents de la Direction de l’Urbanisme et la Direction de l’Urbanisme elle-même contre lesquels elle vient de rempoter une jolie victoire devant le Tribunal administratif.
– La vieille dame retrouvée de Daniel Vaillant qui n’habite pas très loin du 25 rue Stephenson dont, selon l’ancien maire du 18e arrondissement, elle descendait en rappel les cinq étages de la façade sud.
– Alter Lib qui, de la rue Jean-François Lépine où elle tient vitrine et enseigne, nargue la tentative de la maire de Paris d’interdire l’utilisation du suffixe ‘lib dans d’autres construction que vé’lib.

Décloisonnement
– Les Goutte d’Or de la mode et du design pour la philosophie de leurs manifestations dans la Goutte d’Or
– Ground Control pour son village en friche ferroviaire
– Bruno Lemesle pour son exposition Barbès – Méditerranée par laquelle le photographe de la Goutte d’Or depuis 1986 propose de « logiquement », précise-t-il, traverser la Méditerranée du lieu d’immigration au lieu d’émigration, de Barbès à Alger, Tunis… « d’où les travailleurs furent autrefois invités à migrer vers une Europe dévastée en quête de main d’œuvre ».

La liste peut être complétée (catégories et nominés) par vos votes.
Nous écrire pour participer.

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L’élargissement du trottoir de l’école Cavé

  • Soutien au projet n° 6 du Budget participatif.

19 septembre 2015 – Le collectif des parents d’élèves de l’école Cavé, au 11 rue Cavé, entre les rues Affre et Saint Jérôme, a inscrit au budget participatif du 18e arrondissement le projet d’élargir le trottoir à l’entrée de l’école, en effet particulièrement étroit et n’assurant pas les conditions de sécurité à l’arrivée et au départ des élèves.

Cavé Goutte d’Or soutient ce projet n° 6 et encourage les habitants du quartier à également lui donner leurs voix sur le site de la Mairie de Paris dédié au budget participatif.

Attention, les votes doivent être communiqués jusqu’au 20 septembre 2015.

Une vidéo expose le projet sur le site de la Mairie.

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Notre soutien à ce projet est l’occasion de rappeler celui que nous avons apporté à l’école Saint Bernard, située presque en miroir de l’école Cavé, à l’angle des rues Saint Bruno et Pierre L’Ermite, qui a subi au début de l’été une fronde de la Mairie de Paris qui tente de dénaturer la parcelle où est située l’école Saint Bernard en prétendant préempter 60 % de sa surface, empêchant ainsi toute possibilité d’extension.

Dans les observations qu’elle a déposées le 10 juillet 2015 auprès de la Commission d’enquête sur la modification du PLU, l’association a dénoncé l’absence d’utilité publique du projet et l’atteinte à l’intérêt général du quartier qu’il pourrait consacrer (voir notre article sur le blog ; nos observations à la Commission d’enquête ; notre compte rendu des différentes contributions sur la question).

On sait que l’école Saint Bernard doit s’agrandir. On sait aussi que l’association Cavé Goutte d’Or s’est opposée aux permis de construire qui prévoient une extension qu’elle estime dommageable à la protection de l’église Saint Bernard, monument historique inscrit et bientôt classé. L’association rejoint en cela l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë qui, quand bien même l’église Saint Bernard n’était pas encore inscrite au patrimoine, avait écarté un premier projet (identique aux deux suivants dans son aspect et son volume) précisément en raison de cet aspect qui, à ses yeux, était « de nature à porter atteinte au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, notamment aux abords de l’église Sainte Bernard ».

L’association travaille à convaincre les décideurs de rechercher de meilleurs projets, à réunir de tels projets et à lancer une campagne en faveur de la création d’une aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine qui permettra à l’école Saint Bernard de construire sur sa parcelle l’immeuble dont elle a besoin dans le respect du patrimoine immédiatement voisin constitué notamment de l’église Saint Bernard.

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Le design migre à Barbès

  • Barbès et Stalingrad dans le Five Top de la Paris Design Week 2015.
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Crédit image : Le Parisianist. Un cinquième ‘spot’ s’est ajouté depuis, avec les docks et la Cité de la mode et du design (voir le Guide officiel et ci-dessous).

6 septembre 2015 – Nous avons été prompts à saluer sur cette page l’opération LUX pour « Lumière sur les savoir faire textile, mode et design made in Goutte d’Or », fin novembre 2013, et la communion qui suivit entre l’association « Les Gouttes d’Or de la Mode et du Design » et les « Journées européennes des Métiers d’Art », en mars de cette année (lire plus bas dans la page).

Nous saluons donc avec plaisir la poursuite du mouvement avec l’intégration, pour la première fois, des Gouttes d’Or de la Mode et du Design dans la Paris Design Week qui se déroule dans la capitale du 5 au 12 septembre 2015 :

  • « L’empire de la création gagne du terrain au nord et à l’est de Paris où se dessine un nouveau parcours d’expériences design balisé par Paris Design Week », lit-on sur le site officiel de la manifestation.

ZUS élargie

Le quartier dit « Barbès et Stalingrad » (histoire d’inclure la Rotonde de la Villette, sur l’actuelle place de la Bataille-de-Stalingrad) a l’honneur de partager l’affiche avec les quartiers « Opéra / Concorde / Étoile », « Saint-Germain des Prés », « Marais / Bastille », auxquels s’est ajouté un cinquième partenaire naturel : les Dock – Cité de la Mode et du Design.

Jamais autant de ZSP réunies en un tel mouchoir de soie !

Plusieurs amis de Cavé Goutte d’Or (ils se reconnaîtront, car il n’est pas toujours souhaitable d’être étiqueté ami de Cavé Goutte d’Or dans la modosphère de la ZUS, les Gouttes d’Or de la Mode et du Design ayant les faveurs toujours fragiles des EDL*) participent à la Paris Design Week et le blog profite de ce billet pour leur souhaiter une bonne rentrée.

Cavé Goutte d’Or salue aussi le chemin positif de double intégration qu’on peut voir dans l’empire de la création qui gagne du terrain au nord-est parisien (et réciproquement), dans Barbès qui rejoint la Paris Design Week (et réciproquement), cela un an après l’opération à sens unique de Cocoon et Generation Freedom Ride qui prétendaient (avec le soutien des EDL aussi, faut-il rappeler) laisser un quartier prétendument traumatisé (« Cocoon are built at sites with traumatic histories ») à l’usage privé d’une artiste new-yorkaise au misérabilisme démesuré (voir « Post urban traumatic studies » et notre page « Friches »).

* EDL : Équipe de Développement Local, bras armé de la Politique de la ville sous la tutelle de la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires (voir nos pages dédiées et les pages 16-17 du journal M18 [pour « Mairie du 18e »] de mars 2015).

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Tel-Aviv Sur Seine : vers un effort architectural dans les zones sensibles ?

TA BAUHAUS13 août 2015 – Peu encline à l’effort architectural dans ses zones urbaines pourtant sensibles, la Mairie de Paris salue, ce jeudi 13 août 2015, l’une des capitales mondiales du Bauhaus sur les rives de Paris Plages.

Classée au patrimoine de l’UNESCO, « la Ville blanche de Tel Aviv peut être considérée comme un exemple exceptionnel et de grande ampleur des conceptions nouvelles de l’urbanisme dans la première partie du XXe siècle. L’architecture est une synthèse des principales tendances du Mouvement moderne, tel qu’il s’est développé en Europe. La Ville blanche est aussi un exemple exceptionnel d’application de ces tendances en tenant compte des traditions culturelles et des conditions climatiques locales » (Extrait du site de l’UNESCO).

Dans un quartier comme la Goutte d’Or, où il est de politique assumée depuis trente ans de renoncer à un « effort architectural important » (lien pour mémoire), cela au nom d’un mouvement dit « social » qui plus est, le salut de Paris Plages à ce que l’UNESCO présente encore comme « un exemple remarquable d’urbanisme et d’architecture des villes nouvelles du début du XXe siècle, adapté aux exigences d’un contexte culturel et géographique particulier » est peut-être le signe annonçant la fin de l’architecture de type Politique de la ville, ouvertement discriminatoire en fonction du « type de population » à loger.

La Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires (DDCT), dont les équipes de développement local (EDL) occupent le territoire, encadrent les citoyens et quadrillent la démocratie (voir nos pages dédiées), risque de ne pas survivre à un tel mouvement.

Voir aussi : Bauhaus and International Style Buildings in Tel Aviv, exposition en cours au Bauhaus Center de Tel Aviv et l’architecture Bauhaus à Paris : notamment rue Mallet Stevens.

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Devant le tollé, la Mairie du 18e dépose une demande de retrait de la réserve mise au PLU sur la parcelle de l’église Saint Bernard

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Registre de la Commission d’enquête publique. Mairie du 18e, 10 juillet 2015.

11 juillet 2015 – À cinq minutes de la fermeture des consultations de la Commission d’enquête sur la modification du PLU, vendredi 10 juillet 2015, l’adjoint au maire chargé de l’Urbanisme et du Logement a déposé une « demande de suppression de la réserve LI 60-60 sur la parcelle sise 11 rue Saint Bruno, 6 rue Saint Luc et 7 rue Pierre L’Ermite ».

Dans cette demande remise à la commissaire par Michel Neyreneuf en personne, la Mairie du 18e (dont on rappelle qu’elle n’a pas de personnalité morale propre, les conseils d’arrondissements ayant voix consultative) écrit :

  • « La mise en place d’une telle réserve sur cette parcelle est contradictoire avec le soutien apporté par la municipalité à l’OGEC Sainte Marie Saint Bernard pour l’obtention du permis de construire (obtenu mais qui fait l’objet d’un recours) qui permettra à cette école diocésaine d’avoir des locaux suffisants pour continuer son action ainsi qu’une accessibilité de l’ensemble du bâtiment ».

Et d’ajouter : « Sans doute que cette proposition a été faite en méconnaissance de cet enjeu. C’est pourquoi la municipalité du 18e arrondissement demande que cette modification (du PLU) soit supprimée ».

De la méconnaissance de l’enjeu

L’adjoint au maire invente ici un grief bien peu juridique pour contrer les fondements légaux de la réserve proposée au PLU et, comme il ressort de leurs observations présentées ailleurs sur le blog, l’association Cavé Goutte d’Or et les institutions concernées ont formulé leurs contestations respectives en termes bien plus rigoureux en droit, ainsi qu’il convient à une proposition elle-même censée répondre à des critères juridiques d’utilité publique et d’intérêt général.

Que « la municipalité du 18e » soutienne, ou non, l’obtention d’un permis de construire sur la parcelle (la décision elle-même d’accorder le permis appartenant à la Mairie de Paris) n’est pas un enjeu juridique qui viendrait briser l’intérêt général que la Mairie de Paris a bien dû voir, à un stade donné des études préalables, dans la proposition d’inscrire une réserve sur l’immeuble abritant l’école Saint Bernard.

On rappelle en effet que l’inscription d’un « emplacement réservé » ne tombe pas du ciel, sur la parcelle concernée encore moins qu’ailleurs, et répond à des objectifs travaillés en amont :

  • « Une prospection a été menée en vue d’identifier des terrains adaptés à des programmes de logement assurant la mixité sociale et d’y inscrire des emplacements réservés imposant la réalisation de ces programmes. L’identification de nouveaux emplacements réservés a impliqué l’examen de l’ensemble des parcelles du territoire couvert par le PLU » (Rapport de présentation de la modification du PLU, page 25, [page 31 du pdf]).
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« Une prospection a été menée en vue d’identifier des terrains adaptés à des programmes de logement assurant la mixité sociale et d’y inscrire des emplacements réservés imposant la réalisation de ces programmes ».

Que le soutien revendiqué de la municipalité au projet immobilier de l’OGEC soit reconnu comme « contradictoire » avec la réserve mise en place (Cavé Goutte d’Or a parlé d’incohérence dans son billet du 5 juillet et dans ses observations du 10 juillet à la Commission d’enquête publique) n’est pas davantage un moyen de droit utile à combatte la réserve, si c’est de cela qu’il s’agit. Bien des décisions prises par la Mairie peuvent, en maints domaines, être contradictoires avec un processus engagé par ailleurs.

Pour rester ici sur le terrain de l’urbanisme, on se souvient, par exemple, de la décision du maire de Paris consistant à ne pas demander la démolition du 25 rue Stephenson mais sa réhabilitation, position pour le moins contradictoire avec la décision ultérieure d’autoriser sa démolition. Ou de l’avis de l’ABF considérant qu’il était « dommageable » d’envisager la démolition de la maison d’époque Restauration alors sise au 83bis rue Philippe de Girard, appréciation hautement contradictoire avec la décision de la démolir néanmoins.

La roulette ruse

Sur ce coup-là, Michel Neyreneuf avait écrit en substance : « On a pu conserver le 83 rue Philippe de Girard et on doit sacrifier le 83bis »*. Imaginons qu’il dise aujourd’hui, une fois le PLU adopté avec sa réserve sur l’école Saint Bernard : « On a pu conserver le presbytère et on doit sacrifier l’école ! » … « Quelqu’un doit avoir méconnu les enjeux ! ».

* « Pour (le 83bis), il a été choisi de démolir l’immeuble en très mauvais état afin de réaliser une résidence (pour étudiants). Au 83 rue Philippe de Girard, soit l’immeuble juste à côté, il a été décidé de conserver le bâtiment sur rue (…). Sur deux maisons de faubourg, l’une a donc été conservée, l’autre sera démolie » (lettre du 4 octobre 2012).

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Le maire du 18e et vice président de la SEMAVIP salue 12 ans d’action de la SEMAVIP et de la Mairie du 18e à Château Rouge

IMGL’éditorial de la Lettre d’information Château Rouge de juin 2015 (ci-contre) est signé par Éric Lejoindre qui, entre bilan globalement positif et compte rendu positivement global, salue son prédécesseur, son adjoint à l’Urbanisme et au Logement, la SEMAVIP, les bailleurs sociaux, les architectes, les EDL pour avoir œuvré à ce qu’il appelle – comme son prédécesseur, son adjoint à l’Urbanisme et au Logement, la SEMAVIP, les bailleurs sociaux, les architectes, les EDL – la « métamorphose » du quartier, à la une du journal de la Mairie depuis en tout cas 2011.

Il ajoute une dimension : « le travail de dentelle ».

Des Gouttes d’Or de la mode à l’évènement LUX, dont notre page « Défense du quartier » a régulièrement rendu compte, les actions culturelles sont saluées aussi, de même que les associations qui ont contribué à l’animation des friches : ainsi de nos amis de la Table ouverte et de la Goutte verte, le maire passant incidemment à l’as l’éphémère GFR ou FMR Generation Freedom Ride en rappelant judicieusement que l’angle Stephenson/Cavé avait été confié à l’expérience Cocoon (confirmant ainsi qu’il avait ensuite été subtilisé malgré les dénégations de la friche à claque), mais cela paraît un autre siècle

IMG_0001Rien, dans le compliment du maire vice président de la SEMAVIP, sur la malheureuse rue Boris Vian, et cela est normal puisque la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires n’avait alors pas encore réuni sa cellule de travail (voir « Les agapes de la GUP » et, plus généralement, notre page EDL) et que cet espace est un héritage de l’opération Goutte d’Or Sud, dont Daniel Vaillant a posé qu’elle avait « très mal vieilli ».

On souhaite donc le meilleur des vieillissements possibles à l’opération Château Rouge.

P.S. Sur le volet « Les derniers chantiers de construction » du dépliant (ci-dessus), le maire ne dit rien des recours portés contre deux des cinq projets photographiés, mais il a toujours dit qu’il ne parlerait pas des recours (cf. ses interventions du 26 janvier 2015 et 1er avril 2015 ici et ici).

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Poésie et théâtre à la Goutte d’Or

  • La douzième édition de la soirée de poésie organisée le 20 juin entre vices et vertus.
  • Reprise de La Nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès du 25 juin au 4 juillet.

Médecin pratiquant dans la Goutte d’Or, le Dr Yves Barbarin écrit aussi des poèmes et les lit chaque année, l’avant-dernier samedi de juin. Avec lui ce 20 juin 2015, Marie-Dominique Brossollet, Maurice Pierron, Annie Platret, Paul de Puylaroque liront  ainsi des textes de Guillaume Apollinaire, de Victor Hugo, de Pierre Corneille, de Charles Baudelaire…, de Claude Roy, Jacques Higelin et Yves Barbarin.

  • Le samedi 20 juin 2015, donc, à 19 h 30, une soirée poésie intitulée Vices et vertus, suivie d’un buffet dinatoire à la Salle de spectacle de Notre Dame de Bon Conseil, 140 rue de Clignancourt (M° Simplon). Participation libre et/ou contribution en nature au buffet.

C’est dans la rue, pour sa part, que sera donnée, du jeudi 25 juin au samedi 4 juillet, la pièce de Bernard-Marie Koltès, La Nuit juste avant les forêts (les Éditions de Minuit), interprétée par Fabrice Clément accompagné de Fred Marceron (présence sonore) sous la direction de Sylvie Haggaï de la Compagnie Gaby Sourire.

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Plus noire que celle de Vices et vertus paraît ma foi l’affiche de La Nuit juste avant la forêt… Mais l’affiche ne fait pas le noir.

De cette pièce écrite en 1977 par Bernard-Marie Koltès et créée la même année par le comédien Yves Ferry au Festival d’Avignon (off), Gilles Sandier écrivait en 1978 dans Le Matin :

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« Le jeune homme que fait parler Koltès (…) en usant de tous les mots dont il dispose » ne semble pas indifférent à l’architecture de la Goutte d’Or (Image Compagnie Gaby Sourire).

« Le jeune homme que fait parler Koltès, jeune frère de Rimbaud et de Genet, tente de retenir, en usant de tous les mots dont il dispose, un inconnu qu’il a abordé dans la rue, un soir où il était seul, seul à en mourir. Il parle, il parle aussi frénétiquement qu’il ferait l’amour, il crie son univers : ces banlieues où l’on traîne sans travailler et où pourtant l’usine guette, ces rues où l’on cherche un être ou une chambre pour une nuit, ou un fragment de nuit, où l’on se cogne à des loubards partant à la chasse aux ratons, aux pédés, un univers nocturne où il est l’étranger, l’orphelin, et qu’il fuit en se cognant partout, dans sa difficulté d’être et sa fureur de vivre. C’est admirable : un texte superbe, sans littérature… » (Sources : France culture).

  • Hors les murs et même en cas de pluie : Accueil du public à 21 heures à l’Échomusée, 21 rue Cavé (M° Barbès-Rochechouart, Château Rouge, La Chapelle). Réservations 06 27 69 28 31. Paf 10 €.

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Jazz Hot chez Boris Vian

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Les 80 ans de la revue Jazz Hot à la Cité Véron. Exposition du 29 mars au 11 avril 2015. Image © Blog Boris Vian.

La Fond’action Boris Vian accueille l’exposition «Delaunay’s Dilemma» à l’occasion des 80 ans de la revue Jazz Hot au 6 bis cité Véron, 75018 Paris

tous les jours de 14h à 17h, du 29 mars au 11 avril 2015.

Des tables rondes auront lieu les dimanche 29 mars, samedi 4 et samedi 11 avril à 14h, animées par l’équipe de Jazz Hot. Toute participation, en simple auditeur ou en intervenant, est bienvenue !

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La Fond’action Boris Vian informe également qu’un hommage est rendu au réalisateur Charles Belmont, qui a adapté en 1968 L’Écume des jours, avec une musique d’André Hodeir.

Cet hommage a lieu au cinéma La Clef à Paris du mercredi 8 au dimanche 12 avril – 34 rue d’Aubenton – 75005 Paris.

L’Écume sera projeté le samedi 11 avril à 20h. Projection suivie d’un débat.

reservation@cinemalaclef.fr

  • Entre la Cité Véron à l’Ouest et la rue Boris Vian à l’Est, l’actualité Boris Vian sur le 18e arrondissement de Paris ne s’interrompt jamais. Nicole Bertolt a participé à la présentation du centre culturel Studio 360° organisée le 14 mars dernier par Cavé Goutte d’Or et Accords croisés. Le 2 mai prochain (Saint Boris) sera l’occasion d’un nouveau point sur l’état de la rue Boris Vian et l’avancement de sa réhabilitation annoncée (voir sur le blog).

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La belle Goutte d’Or vers un label à elle

  • Après le parcours de LUX en novembre dernier, les Gouttes d’Or de la Mode et du Design ouvrent ce week-end le quartier aux Journées européennes des Métiers d’Art.

Le blog a suivi LUX le 21 novembre 2014 (voir plus bas sur cette page) et découvre avec plaisir l’ancrage des Gouttes d’Or de la Mode et du Design dans le quartier sous un label typiquement local à la mode Made in… Why not !?

Dans son focus sur la Politique de la ville, le dernier numéro de M18, journal municipal au titre presque américain que nous saluons ici, évoque même «le développement d’une filière mode/couture/textile avec la volonté de valoriser le Made in Goutte d’Or» au rang des «mesures prises pour dynamiser les territoires et permettre l’installation d’entreprises et de projets innovants» (pages 16-17 de M18), renvoyant sur l’Idiel (en français : EDL).

Made in mode

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Ferronnerie (Lilium).

Sur le site des Gouttes d’Or de la Mode et du Design, on découvre avec intérêt la philosophie du projet : « La Goutte d’Or fourmille de trésors insoupçonnés et méconnus en termes de savoir-faire, de créativité, de produits et de services relevant des filières du textile, de la mode et du design. Prenant acte de cette situation, un certain nombre de professionnels se sont groupés pour créer l’Association des Professionnels de la Mode et du Design de la Goutte d’Or. Son objectif est de favoriser le développement économique de ces filières dans le quartier ».

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Eaux claires (Fanny Kachintzeff).

Outre la visite recommandée de chaque atelier, plusieurs étant réunis dans la malheureuse rue des Gardes (dite parfois rue de la Mode, l’Urbanisme dans la Goutte d’Or s’étant de longue date affranchi des métiers d’art), on signale, durant le week-end des 27-28-29 mars 2015, une exposition photos de Sébastien Decker chez Fanny Kachintzeff au 16 rue Myrha (où on déguste, entre autres, une Cuvée Goutte d’Or Not Made in Goutte d’Or [allez savoir !]), exposition qui présente « l’univers et les gestes liés au savoir-faire de quelques adhérents de l’association. Cet accrochage, réalisé spécialement pour les Journées Européennes des Métiers d’Art, dévoile le travail accompli par ce photographe parti à la rencontre de ces métiers exercés dans les ateliers que les visiteurs pourrons découvrir ».

Profil (Sébastien Decker).

Profil facebook de Sébastien Decker. Les projets de Sébastion Decker n’ont pas encore tous été retenus par la Direction de l’Urbanisme, du Logement et de l’Architecture du 18e arrondissement de Paris et la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires dont on sait qu’elles manquent cruellement de poésie.

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Vers un réaménagement provisoire des arcades de la rue de la Goutte d’Or

  • Le Conseil de quartier étudie ce jeudi 12 mars deux projets d’aménagement temporaire en attendant la refonte complète du secteur sous l’égide de l’ANRU.
  • En coordination avec Cavé Goutte d’Or, la Cohérie Boris Vian et La Table ouverte relancent leur projet de nettoyage de l’escalier qui porte le nom de l’écrivain musicien.

On sait, depuis qu’on l’a rencontré sur place le 2 mai 2013 (« Colloque impromptu »), que l’architecte Gérard Thurnauer avait été limité dans ses ambitions pour l’opération Goutte d’Or sud. C’est alors, en effet, que les promoteurs immobiliers renoncèrent officiellement à l’esthétique et à « un effort architectural important » :

On sait aussi que ce souci du plafond (nos ancêtres avaient peur que le ciel leur tombât sur la tête, nos dirigeants à l’Urbanisme d’aujourd’hui craignent que nous dépassions les plafonds PLA !) a installé durablement le quartier sous une chape de médiocrité architecturale au motif qu’on ne pouvait pas faire mieux pour le « type de populations » qui devait l’habiter (on connaît le refrain, répété depuis plus de trente ans).

On sait aussi que Daniel Vaillant a reconnu, dans une lettre du 6 décembre 2013 à la Cohérie Boris Vian, que la Goutte d’Or sud avait « très mal vieilli », ce qui devrait discréditer pour de bon la théorie du plafond PLA, car les frais de réaménagement de ce secteur après cette malvieillitude précoce doivent être mis dans la balance.

On se réjouit donc qu’en attendant le travail entrepris via l’ANRU le quartier soit repris en mains par ses habitants et on souhaite plein succès au Conseil de quartier du 12 mars 2015 (voir aussi, ci-dessous, les marches exploratoires dans le quartier, organisées avec le CAUE [Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement] de Paris). La Cohérie Boris Vian, Cavé Goutte d’Or et la Table ouverte proposent leur modeste contribution en présentant à Sandrine Mees, conseillère de Paris EELV, référent de la Mairie du 18e au Conseil de quartier Château-Rouge /Goutte d’Or, le projet soumis en novembre 2012 à son prédécesseur Dominique Lamy pour l’entretien de la rue Boris Vian dans le cadre des ateliers de socialisation et d’intégration des jeunes du quartier offerts par La Table ouverte pour des actions de sensibilisation à l’environnement (Voir « Exercice de pataphysique in situ »).

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Nicole Bertolt (Cohérie Boris Vian) et Rachid Arar (La Table ouverte) à l’entrée de la rue Boris Vian, le 29 novembre 2012.

Au moment où était prise la photo ci-contre, et déposé en Mairie le projet de La Table ouverte, une certaine « église Saint Bernard », plus connue depuis sous le nom de « monument historique de la Goutte d’Or », se voyait inscrite au patrimoine par arrêté préfectoral du 26 novembre 2012.

Depuis, le monument historique a pris quelque assurance et joué un rôle de garde fous de l’Urbanisme parisien dans ce quartier finalement moins plafonné que ne l’aurait souhaité son militant d’adjoint.

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Marches exploratoires réparatrices

  • Le CAUE (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement) de Paris a organisé deux marches exploratoires dans le 18e.
  • Plusieurs constats et propositions concernent la Goutte d’Or : rue Boris Vian, rue Cavé, … 
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Carte avec les différentes propositions issues des marches exploratoires du CAUE de Paris pour les huit quartiers composant le 18e (en turquoise la Goutte d’Or). Lien direct pour la carte interactive.

Le CAUE de Paris est une association départementale, créée par la loi sur l’architecture de 1977 (voir son site). Il a pour mission « la promotion de la qualité architecturale, urbaine et environnementale et le développement de l’esprit de participation du public à travers des actions de conseil, d’information, de formation et de sensibilisation de tous les Parisiens ».

Une telle mission ne pouvait tenir le CAUE plus longtemps éloigné du travail de sape effectué par l’Urbanisme du 18e arrondissement dans la Goutte d’Or, quartier longtemps sinistré en matière de « qualité architecturale urbaine et environnementale ».

La Conseillère de Paris EELV Sandrine Mees, nouvelle référent pour le Conseil de quartier Goutte d’Or-Château Rouge, nous a envoyé les informations relatives aux récentes marches exploratoires effectuées sous l’égide du CAUE dans le quartier les 7 et 14 février dernier.

  • « La marche exploratoire est un outil simple et efficace, au service de tous les habitants d’un quartier », explique le site du CAUE. « Elle peut être à la base d’un diagnostic partagé ou une première étape d’un processus de concertation. Avec la marche exploratoire, l’idée est de faire appel aux savoirs d’usages des citoyens (riverains, utilisateurs…) : mobiliser leur bon sens, leur connaissance du quotidien. Les marches permettent de mettre en commun des savoirs individuels, de le partager, d’en débattre et de construire un savoir collectif prenant en compte la multiplicité des usages du lieu et des points de vue ».

La marche a été suivie d’un rapport. Sur la rue Boris Vian, on peut y lire :

  • « Constat :
    Escalier sinistre. Mur en pavés de verre du centre sportif dégradé. Lieu de réunion. Bancs utilisés comme marchepieds pour uriner au-dessus des grilles dans les parterres plantés… Espace sportif pas ouvert sur le quartier, panneau d’information mal placé, derrière les grilles et illisible lorsque le centre sportif est fermé.
  • « Projet :
    – Redonner de la gaité au passage avec un traitement par le végétal ou par la couleur (peinture des contremarches de l’escalier par exemple). Réfléchir à un aménagement global qui reconnecte les deux côtés du passage, de part et d’autre de la rue de la goutte d’Or. Pourquoi ne pas utiliser un vocabulaire surréaliste en hommage à Boris Vian ?

    – Au niveau du centre sportif, retirer les grilles le long des bandes de plantation (elles n’empêchent pas le jet de détritus ou les épanchements d’urine, mais elles rendent difficile l’accès pour l’entretien et donnent au passage une ambiance étroite, étriquée…
    – Déplacer les panneaux d’information du centre sportif devant les grilles pour qu’ils soient lisibles lorsque celui-ci est fermé.
    – Ouvrir largement l’accès au centre (espace extérieur) aux riverains. Créer un terrain de tennis par exemple ou multi-sports ».

* À savoir : le CAUE publie aussi des notes sur le rôle de l’architecte des Bâtiments de France, une question qui nous occupe quant aux contenus des avis conformes donnés dans le cadre des projets architecturaux autour de l’église Saint Bernard (voir nos billets sous Articles, notamment : «L’avis qu’on forme» et «Nouveau raté de l’ABF»). C’est ainsi qu’on lit dans une brochure du CAUE de Nice que «l’avis conforme de l’ABF doit reposer sur un examen visant à déterminer la compatibilité du projet avec la protection : il doit être fondé sur une précise du projet».

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Roger Hanin quitte la Goutte d’Or

  • Commissaire Navarro à la télé ou Raymond Bettoun dans Le Grand Pardon, Roger Hanin avait souvent tourné dans la Goutte d’Or
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Rue de la Goutte d’Or

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Villa Poissonnière

 

 

 

 

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Villa Poissonnière

 

 

 

 

 

 

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Rue de Chartres

Images du Grand Pardon (Alexandre Arcady, 1981)
via le site La Goutte d’Or.net

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Gérard Thurnauer (1926-2014) emporte ses secrets sur l’opération Goutte d’Or Sud

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Gérard Thurnauer au pied de l’escalier Boris Vian, Goutte d’Or Sud, le 2 mai 2013.

Télérama rappelle que l’architecte de la Goutte d’Or Sud, décédé le 22 décembre 2014 à l’âge de 88 ans, « reconnaissait n’avoir pas tout réussi, acceptait les retouches et possédait une qualité rare : la modestie ».

Cavé Goutte d’Or avait pu observer ces qualités lorsque Gérard Thurnauer honora l’invitation que l’association lui avait adressée de venir présenter son travail des années 1990 au pied de l’escalier Boris Vian le 2 mai 2013 (voir sur le blog : « Colloque impromptu »).

Gérard TLa modestie et la joie d’être là se lisait sur son visage. Il était venu avec Lyonel Kouro, auteur de la statue en équilibre au milieu des escaliers Boris Vian et fut suivi par Alexandre Ghuilamila, l’architecte du bâtiment Paris Habitat au centre duquel ont pris place les escaliers Boris Vian, Gérard Thurnauer ayant eu pour sa part la charge de l’ensemble de l’opération.

Gérard T 3La rencontre avec l’homme laissait l’habitant de la Goutte d’Or perplexe, qui découvrait en effet un architecte engagé dès les années 1960 dans « la défense d’un urbanisme à l’échelle humaine, écologique avant l’heure, où le piéton et le paysage retrouvaient droit de cité », comme le rappelle encore Xavier de Jarcy dans Télérama (7 janvier 2014) et comme le résultat de la Goutte d’Or Sud ne le reflète pas toujours hélas. On sait, depuis, que le renoncement à l’esthétique et à la question architecturale au nom de l’économie sociale dictée par une politique de logement par type de population, devait laisser peu d’espace au piéton et au paysage :

  • « En passant d’une logique de lutte (contre le projet de l’opération Goutte d’Or Sud) à une logique de partenariat, on a mis au rancart, c’est vrai, les questions architecturales, c’est-à-dire les questions esthétiques grosso modo », posait Michel Neyreneuf en 1993 dans le film de Sami Sarkis souvent cité ici sur des images de la construction de l’escalier Boris Vian ajoutant en 2005 que le renoncement  à l’esthétique s’entendait pour pouvoir conserver au quartier son caractère populaire en fonction du « type de population ».

Secrètement, Gérard Thunauer doit aujourd’hui se réjouir que l’ANRU ait pris l’escalier en marches, comme nous l’annoncions le 30 novembre dernier.

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À la Goutte d’Or, Noël n’est pas qu’au tison

  • noël etcLe 9 décembre, l’association Les Enfants de la Goutte d’or était saluée par la légion d’honneur remise à sa directrice…
  • Le 15 décembre et pour un mois, la Table ouverte lançait une opération Hiver Solidarité sur la friche de la pétanque…
  • Le 17 décembre, les associations de la Goutte d’Or inventaient le concept de « Noël etc. » au square Léon…
  • Le 18 décembre, la Direction de l’Urbanisme de la Mairie de Paris accordait le permis de construire un blockhaus météorique à l’angle des rues Léon et Myrha…
  • Le 19 décembre, Cavé Goutte d’Or renonçait à célébrer la Saint Urbain…
  • Le 24 décembre, le père Livio rappelait que l’église Saint Bernard n’était pas qu’un monument historique…
  • Le 29 décembre, Cavé Goutte d’Or tenait son assemblée générale…
  • Le 2 janvier, La Table ouverte et Les Copains du monde organisaient une distribution de cadeaux pour les enfants de la Goutte d’Or restés en ZUS de neige…
  • « Cherchez l’erreur ! », annonce déjà l’ICI.

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Mis en ligne le 3 janvier 2015. Simple et emblématique – Ce n’est pas sous les ors de la Mairie, place Jules Joffrin, que fut organisée la remise de la Légion d’honneur à Lydie Quentin, directrice de l’association Les Enfants de la Goutte d’Or, mais presque puisque la cérémonie eut les honneurs de la Salle Saint Bruno, l’équivalent local de ce que peuvent être au plan national la rue de Valois et Bercy réunis.

La soirée, que le maire du 18e et la secrétaire d’État à la Politique de la ville honoraient  de leur présence, était en effet « organisée dans un lieu simple et emblématique du quartier, la Salle Saint Bruno », écrit – un tantinet gentillet – le par ailleurs très bon journal en ligne Goutte d’Or & Vous, organe officiel de la vie de quartier officielle de la Goutte d’Or.

Cavé Goutte d’Or adresse un salut amical à Lydie Quentin, partenaire de la dernière opération Boris Vian, à l’occasion de laquelle les vitrines des Enfants de la Goutte d’Or ont accueilli une partie de l’exposition qui se prolongeait à la Bibliothèque municipale (voir sur le blog : Saint Boris 2014).

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OLYMPUS DIGITAL CAMERAPlus simple et emblématique encore – Invités également par La Table ouverte à suivre (et le cas échéant soutenir) son opération Hiver Solidarité (distribution de nourriture sur la friche de la pétanque), le maire du 18e et la secrétaire d’État à la Politique de la ville n’ont pas encore décliné l’invitation (dont ils n’avaient au demeurant pas encore accusé réception le 30 décembre 2014 selon la page facebook de La Table ouverte). Mais l’opération dure jusqu’au 15 janvier 2015.

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Noël etc. – Serait-ce sous la menace de Sainte Laïcité que les associations ont inventé le concept de « Noël etc. » (voir l’affiche en ouverture de ce billet) pour leur fête de Léon au square Noël ? et réciproquement car si, entre Léon et Noël, l’âne a gramme, qu’a donc le bœuf ?

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OLYMPUS DIGITAL CAMERA360° – C’est presque en catimini que la Mairie de Paris a accordé un permis de construire à l’immeuble pressenti pour remplacer la pétanque de La Table ouverte, à l’angle des rues Myrha et Léon. En catimini, en tout cas, que l’affichage du permis en est fait, derrière un distributeur de billets de stationnement et derrière un grillage empêchant sa lecture (image ci-contre), invisible et donc irrégulier au sens de la loi qui rappelle que « le panneau doit être installé de telle sorte que les renseignements qu’il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public (…) » (lien).

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Image Engasser, architectes. Voir notre article : «Tonnerre sur la pétanque» du 18 novembre 2013.

Le blog reviendra dans un très prochain article sur ce projet de construction (dont il n’est en réalité toujours pas revenu !) et sur l’ensemble des permis contestés et en cours de modification, mais dément d’ores et déjà tout lien entre l’affichage irrégulier évoqué ici et l’absence de manifestation publique à l’occasion de la Saint Urbain.

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Des sans abris à Saint Bernard – Alors que l’église Saint Bernard, sans doute dopée par les autorisations d’urbanisme qui se moquaient de son inscription aux monuments historiques en novembre 2012, a été à la une de l’actualité culturelle et urbaine cet automne en raison de son prochain classement, c’est en toute discrétion que la paroisse héberge chaque soir des sans abris venus des ponts du métro tout proche de La Chapelle.

Le père Livio y voit « le sens de la fête de Noël » et, dans son reportage du 24 décembre, le journal La Croix évoque « une expérience ancienne pour cette paroisse du 18e arrondissement de la capitale, connue pour avoir été occupée en 1996 par trois cents sans papiers expulsés manu militari par les forces de l’ordre » (lien).

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Un permis de construire lisible sur les grilles de la pétanque.

Un permis de construire lisible sur les grilles de la pétanque.

Des cadeaux pour des enfants de la Goutte d’Or – Comme pour fermer la boucle de cette séquence festive, participative et citoyenne s’il en est (voir notre article « Quand les conseils seront citoyens » à paraître), La Table ouverte et Les copains du monde ont rassemblé vendredi 2 janvier 2015 une centaine d’enfants dans une distribution de cadeaux féerique sur la friche de la pétanque.

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Des enfants ravis autour du patron de la pétanque en Baba Noël de circonstance (crédit photo La Table ouverte).

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Le maire et la secrétaire d’État n’auraient, à notre connaissance, toujours pas réussi à se frayer un chemin (crédit photo La Table ouverte).

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Cherchez l’erreur – Le vernissage de Cherchez l’erreur à l’Institut des cultures d’islam de la Mairie de Paris est annoncé pour le 15 janvier 2015 (lien).

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Fiat Lux in Aurea Gutta !

  • Après le salon du Made in France, le parcours du Made in Goutte d’Or (appellation contrôlée) s’affiche sous un label jouant lumineusement du mot LUX et du savoir-frères Lumière.

LUXMis en ligne le 21 novembre 2014 – Le latin retient de la Genèse hébraïque Fiat lux et lux fuit (Que la lumière soit et la lumière fut) : le français corrige donc ce malheureux fuit latin qui voudrait dire que lux s’en est allée.

Les Gouttes d’Or de la mode et du design vont plus loin encore en jouant joliment du mot LUX dans un parcours où elles associent jusqu’à l’…EDF elle-même (l’EDL était prise au GRAJEP ?)

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La protection de l’église St Bernard au conseil de Paris

  • Le respect des codes du patrimoine et de l’urbanisme autour du monument historique entre les mains des 14 élus du 18e qui siègent au conseil de Paris les 29 et 30 septembre.
  • Cavé Goutte d’Or leur a rappelé le mode d’emploi pour intervenir sur la question des permis de construire accordés par la Mairie sans avis d’ABF dans les abords immédiats de l’église St Bernard protégée depuis le 26 novembre 2012.

Mis en ligne le 28 septembre 2014 – On se souvient des épisodes précédents : inscrite au titre des monuments historiques depuis un arrêté préfectoral du 26 novembre 2012, l’église St Bernard de la Chapelle – édifiée au cœur du quartier de la Goutte d’Or de 1858 à 1863 est protégée, de même que ses abords (voir sur le blog).

Néanmoins, plusieurs autorisations d’urbanisme ont été accordées postérieurement à l’inscription par la Direction de l’Urbanisme sans respecter la règle qui exige l’avis préalable de l’architecte des bâtiments de France, ce qui a suscité une intervention en suspicion légitime contre les ABF et la Direction de l’Urbanisme qui agissaient, pour le moins, par négligence. Trois permis de construire sont ainsi contestés devant le Tribunal administratif (voir sur le blog).

Au moment où le Conseil de Paris est invité par la maire à accepter, cette semaine, le classement de l’église St Bernard proposée à la Ville par la ministre de la Culture (étape qui suit logiquement son inscription), Cavé Goutte d’Or a demandé qu’un débat soit engagé devant de conseil pour que le classement – décision naturellement positive et souhaitée – ne cache pas le défaut de respect de l’inscription, sachant qu’en matière de protection des abords, le classement n’apporte guère plus que l’inscription (lire la requête du 22 septembre 2014).

Dans un mail adressé ce week-end aux quatorze élus du 18e arrondissement qui siègent aussi au conseil de Paris, l’association a demandé solennellement que chacun s’applique à inscrire formellement – lundi matin avant 10 heures (c’est le règlement) – une intervention à l’ordre du jour afin que le classement soit accepté après un débat sérieux sur le respect de ce que la protection d’un monument historique implique.

 Le mail de Cavé Goutte d’Or
aux 14 élus du 18e*

Madame la Conseillère, Monsieur le Conseiller,
En référence à la demande d’intervention que nous vous avons adressée le 22 septembre dernier, nous avons l’honneur de vous rappeler que la délibération n° 2014 DAC 1365 portant sur le classement de l’église Saint Bernard de la Chapelle au titre des monuments historiques figure à l’ordre du jour définitif du conseil municipal qui s’ouvrira lundi matin 29 septembre 2014.
Nous vous confirmons donc notre requête et vous prions de demander formellement un temps d’intervention permettant d’interroger Madame la maire de Paris sur les permis de construire qui sont l’objet de recours devant le Tribunal administratif pour avoir été accordés en juin 2013 et janvier 2014 en contravention avec la protection de l’église Saint Bernard inscrite aux monuments historiques par arrêté préfectoral du26 novembre 2012.
Afin de vous assurer que cette question ne soit pas engloutie dans le cadre d’un vote global de la délibération, nous vous demandons solennellement de vous inscrire en vue d’une intervention. Seule votre inscription, en effet, empêchera le vote global en application de l’article 16 du Règlement intérieur du Conseil municipal indiquant : « Les projets de délibération qui n’ont pas fait l’objet d’une demande d’intervention donnent lieu à un vote global ».
Pour ce qui est de l’inscription et de l’intervention à laquelle elle vous donne droit, l’article 2 du même Règlement indique que : « Tout conseiller/conseillère qui souhaite s’exprimer sur un dossier inscrit à l’ordre du jour de la séance dispose d’un temps de parole de cinq minutes maximum ».
À cette fin, l’inscription est indispensable. Elle est possible dès maintenant et jusqu’à lundi matin à 10 heures : « Les inscriptions sont effectuées par voie électronique sur l’ordre du jour par les conseillers/conseillères ou les groupes. Elles sont possibles dès la publication le vendredi précédant la séance, et jusqu’à 10 heures le premier jour de la séance ».
L’intervention étant ouverte et plus généreuse en temps, il ne nous paraît pas nécessaire de passer par la procédure de l’explication de vote de l’article 13, qui demeure possible le cas échéant.
Restant à votre disposition ce week-end pour toute précision nécessaire, et dans l’attente de vos retours, nous vous prions de croire, Madame la Conseillère, Monsieur le Conseiller, à l’assurance de nos salutations respectueuses.
Bien à vous
Cavé Goutte d’Or

> Le projet de délibération
> La requête de Cavé Goutte d’Or
> Le débat du 15 septembre au conseil d’arrondissement
> La protection des abords d’un monument historique inscrit et/ou classé
> Le règlement intérieur du conseil municipal
> Suivre le débat au conseil de Paris

*Les 14 élus.

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Énergies positives

  • La Halle Pajol à l’honneur
La Halle Pajol (Photo Huffington Post).

La Halle Pajol (Photo Huffington Post).

Mis en ligne le 11 septembre 2014 – Pendant que la Friche en cloque faisait goûter tout un quartier au son d’un happening electro-techno proche de la rave party, le 6 septembre dernier, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal inaugurait le refuge du Goûter sur le Mont Blanc.

Ce fut pour elle et les médias l’occasion de mettre en avant le concept de bâtiment à énergie positive, que la ministre veut promouvoir pour les bâtiments publics, et de citer l’exemple de la Halle Pajol dans le 18e arrondissement.

On sait que, de la Halle Pajol, part la rue Romy Schneider, qui débouche sur le 83 bis rue Philippe de Girard. Cet ancien bâtiment d’époque Restauration que la Commission du Vieux Paris voulait sauver et que l’administration Delanoë a démoli en mentant au conseil de Paris sans même qu’Anne Hidalgo n’ait à tuer la CVP avant, a fait place nette pour une friche du meilleur effet sur laquelle la SIEMP, qui est à La Chapelle ce que la SEMAVIP est à la Goutte d’Or, n’a pas encore organisé de rave party.

Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer le succès de l’opération Halle Pajol menée par la Mairie du 18e, bâtiment à énergie positive s’il en est puisque de son sein on a su rendre à Romy Schneider l’hommage mérité d’une rue SIEMP en souvenir d’une scène du film La Banquière qui y fut tournée (dixit Le Parisien).

> Pour la petite histoire qui rencontre la grande, le Tribunal administratif de Paris entendra en audience publique, le 2 octobre prochain, l’affaire des riverains du 83bis rue Philippe de Girard contre le Préfet de la Région Île de France qui avait autorisé la démolition du bâtiment (lien).

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Pour qui sont ces délaissés que les sociaux sont lestes à ne pas laisser

  • « Le but premier de l’association est de faire vivre les délaissés urbains en les utilisant comme des espaces de création et de fédération », assure le groupe Réseau friche.

Mis en ligne le 2 juillet 2014 – L’adjectif devient nom dans l’expression « les délaissés urbains » qu’utilise le Réseau friche pour qualifier les friches, justement, ou les dents creuses qui font espace (comme on dit « faire famille ») là où l’espace était occupé par une vie antérieure et est censé l’être à nouveau par une vie future.

Si, dans cette acception, la friche est forcément éphémère, « les délaissés urbains » semble être une tournure inappropriée pour qualifier des espaces de vie souvent détruits dans une violence peu urbaine, parce que la politique de la ville s’est donnée la mission (autoproclamée sociale) de déconstruire (c’est la label même du démolisseur accrédité à la Goutte d’Or), déconstruire pour faire friche (comme on dit faire vacances), faire table rase, faire métamorphose, faire neuf.

« Faire vivre de petits bouts de ville »,

« Faire vivre de petits bouts de ville »,

« L’association s’est créée parce que nous avions l’envie de faire vivre de petits bouts de ville souvent délaissés », explique le Réseau friche. « Les friches urbaines sont synonymes de destruction mais aussi de reconstruction, elles sont un trait d’union entre un passé et un avenir ». Certes, et Cavé Goutte d’Or a déjà salué, le 29 mars dernier en direct live sur sa page facebook, l’installation du Réseau friche sur celle de la pétanque, invitant ses lecteurs à suivre en direct le happening dont quelques éléments demeurent sur cet espace central au quartier connu aussi comme celui de la Table ouverte, aujourd’hui particulièrement ouverte aux distributions de repas, chaque soir à la rupture du jeûne de ramadan.

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Si la trop éphémère friche d’EGO, débarrassée précipitamment de la parcelle du 24 rue Cavé quand bien même la construction du CROUS projetée à la place est bien compromise, si la généreuse Table ouverte et la luxuriante Goutte verte sont devenues des marqueurs du quartier, c’est sans doute parce que le quartier est davantage délaissé (des pouvoirs publics) que ne le seront jamais les espaces qu’il tente de se réapproprier.

Résistance

Devenus propriété municipale par la force, ces espaces sont paradoxalement (comme en boomrang) les témoins d’une réappropriation possible de l’espace public par les habitants du quartier. Encore faut-il qu’ils ne soient pas limités dans ce mouvement par une nouvelle emprise, qui pourrait venir des investisseurs de friches, très sûrs de la mission sociale et culturelle que voudraient, il est vrai, leur confier la municipalité et les démolisseurs en même temps que les baux précaires accordés sur sites (voir notre billet « Post urban traumatic studies » autour du projet de Cocoon).

La délaissée du coin. ici la parcelle des 5-7 Myrha égakelent délaissée par l'architecte des bâtiments ed France. Photo Réseau friche, juillet 2014.

La délaissée du coin (ici la parcelle des 5-7 Myrha également délaissée par l’architecte des bâtiments de  France). Photo Réseau friche, juillet 2014.

« Les friches sont des espaces inscrits dans un tissu urbain, social ou associatif », constate Réseau friche. « Les faire vivre, c’est faire vivre un quartier, c’est éveiller la curiosité, impliquer des habitants et dire leur histoire, c’est s’ouvrir à l’avenir ».

Certes encore, mais on peut craindre que l’élan social dont l’objet statutaire serait de « faire vivre » un quartier méconnaisse la vie de ce quartier avant qu’il ne le découvre et l’enferme dans sa méconnaissance. Si, en revanche, le Réseau friche renverse son délaissement ou sa perception du délaissement, s’il prend conscience que, là où il veut faire réseau, vivait un quartier dont la vie sociale a volontairement été détruite pour favoriser sa municipalisation (son appropriation par la municipalité), alors peut-être que, parallèlement à l’idée de « faire vivre les friches » (et se faire vivre par les friches), c’est le quartier qu’il y a derrière qu’il découvrira et dont il deviendra partie prenante et intégrante.

La friche Affre/Myrha

Le Réseau friche, dont on dit qu’il est né autour du projet lui-même très éphémère de faire de la Goutte d’Or une annexe du Palais de Tokyo (ou le contraire), entend « fonder son action dans l’histoire du lieu, son identité et ses habitants ». Ça tombe bien et, puisque la friche de l’angle Myrha/Affre lui serait attribuée, le Réseau friche va pouvoir, comme il le souhaite, partager et promouvoir les cultures urbaines.

La covisibilité entre l'angle Myrha/Affre et l'église Saint Bernard.

La covisibilité entre l’angle Myrha/Affre et l’église Saint Bernard.

Un beau défi s’offre à lui, et une nouvelle vie s’ouvre pour cet espace que plusieurs riverains ont tenté de protéger avant la démolition du 7 rue Myrha et tentent encore de protéger pour conserver le 5 et l’église Saint Bernard, monument historique entrant dans le champ de visibilité de cette parcelle sur toute sa future façade de la rue Affre. Faire se rencontrer le code du patrimoine et le code de l’urbanisme, promouvoir la mission de l’architecte des bâtiments de France et son travail dans les abords d’un monument historique, démontrer par la pratique que l’église Saint Bernard est sans doute bien dans le champ de visibilité du dernier investissement de Réseau friche, voilà un programme magistral, en effet, pour qui veut créer « un lieu de partage et de promotion de cultures urbaines ».

Le champ de visibilité de l'église Saint Bernard depuis le carrefour Myrha/Affre (Document Recours Gavé Goutte d'Or).

Le champ de visibilité de l’église Saint Bernard depuis le carrefour Myrha/Affre (Document Recours Gavé Goutte d’Or).

Cavé Goutte d’Or propose à Réseau friche un atelier d’animation sur la covisibilité entre la friche nouvellement investie et l’église Saint Bernard inscrite aux monuments historiques. Selon Cavé Goutte d’Or, les deux espaces sont dans le champs de visibilité l’un de l’autre : l’association a ainsi recouru contre un permis de construire accordé sans que l’architecte des bâtiments de France n’ait donné son avis. Son recours gracieux du 19 avril 2014 vient d’être rejeté par la nouvelle maire de Paris qui, il est vrai, avait jusque il y a peu dans sa délégation de maire adjointe, la Direction de l’Urbanisme qui avait accordé le permis. La prochaine étape est donc le recours contentieux devant le Tribunal administratif pour la mi-août 2014.

L’été des ABF

  • On reviendra sur ce dossier dans le cadre de l’analyse des trois permis récemment accordés autour de l’église Saint Bernard sans avis d’ABF, avis pourtant obligatoire dès que le projet de construction se situe dans le champ de visibilité d’un monument historique classé ou inscrit, ce qui est le cas des 22-24 rue Cavé, 5-7 rue Myrha et de l’angle des rues Pierre L’Ermite et Saint Bruno, objet d’un recours de Cavé Goutte d’Or déposé le 27 juin 2014 devant le Tribunal administratif de Paris.

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La rue de la Goutte d’Or va s’faire rhabiller

Mis en ligne le 30 mars 2014 – Un groupe d’activistes de la Goutte d’Or, dit Collectif Cultures Créations à la Goutte D’Or réunissant entre autres les Ballades aux jardins, Paris Macadam, Paris Louxor, les Xérographes, les compagnies La Bande à Godot, Cambalache, Si tu vois Adrienne, ou encore Les chaussettes orphelines, semble avoir pris sérieusement en mains, avec des architectes et des urbanistes, la réparation de la rue de Goutte d’Or, célèbre désastre inurbain fait de barres prétendument ‘‘sociales’’ à peine cassées par la rue Boris Vian.

Dans la perspective de la prochaine Fête à Boris, le 2 mai 2014, Cavé Goutte d’Or ne pouvait manquer de rencontrer et de saluer ce projet de réhabilitation – ou de «rhabillage», comme l’appellent ses concepteurs – d’autant que le CCC souhaite associer à sa réflexion les habitants de ces barres d’immeubles dont certains se sont déjà réunis en Amicales.

La Goutte d’Or, c’est là où j’dors

Dans ses comptes-rendus de séances, nombreuses et à un rythme soutenu, le Collectif indique que « réhabiliter la rue de la Goutte d’Or fait partie des priorités de la Mairie », oui oui, et rappelle que « Cavé Goutte d’Or travaille également sur la rue Boris Vian ».

Extrait de L'esthétique au rancart.

L’esthétique au rancart (Extrait du film de Sami Sarkis, Pour tout l’or d’une goutte, 1993)

On ignore le lien entre le travail de Cavé Goutte d’Or et les éventuelles priorités de la Mairie. On ne sait notamment pas si le travail de Cavé Goutte d’Or, de la Table Ouverte et de la Cohérie Boris Vian depuis trois ans a entraîné la moindre velléité de l’Hôtel de Ville ou de la place Jules Joffrin à mettre au rang de leurs priorités ce malheureux secteur.

On sait seulement qu’il est la première victime de la mise au rancart de l’esthétique : c’est en effet sur une image du terrible escalier Boris Vian encore en construction et ne portant pas encore le nom magique de l’écrivain musicien que la caméra de Sami Sarkis a saisi en 1993 la terrible sentence de Michel Neyreneuf : « On a mis l’esthétique au rancart ».

La Goutte d’Outdoor

C’est dire qu’on se réjouit que la rue, le théâtre, la culture et la création, les ballades, les jardins, s’emparent du désastre et tentent de le réparer.

Les images qui circulent au sein du  Collectif Cultures Créations à la Goutte D’Or sont pleines de lumières et d’audaces. Le 2 mai prochain sera peut-être l’occasion de faire le point autour de la deuxième fête à Boris.

On se souvient que la Cohérie Boris Vian, la Table ouverte et Cavé Goutte d’Or avaient organisé, le 2 mai 2013 avec l’aide du FSIH (Fonds de soutien aux initiatives d’habitants), un colloque impromptu et musical sur la rue Boris Vian, avec les architectes d’origine (voir et aimer les photos sur notre page rue Boris Vian).

Pour mémoire :
> La fête à Boris > Zone piétaille > Exercice de pataphysique in situ > Felix culpa : Vaillant reconnait le désastre.

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Le Pari citoyen pour Paris 18 fait le pari de la rue

  • Constituée d’habitants des quartiers Est du 18e délaissés par les Mairies de Paris et de l’arrondissement, la liste du Pari citoyen est la seule à mettre la rue en avant sur ses affiches électorales.
PARI CITOYEN AFFICHE - VERSION 2

Le carrefour des rues Poulet, Poissonniers et Doudeauville au cœur de Château Rouge (sources : Le Pari citoyen pour Paris 18).

Mis en ligne le 21 mars 2014 – Durant les quelques jours qui séparent le premier tour des élections Municipales, ce dimanche 23 mars 2014, du vote du 30 mars, les habitants des quartiers Est du 18e arrondissement qui souhaiteraient connaître les visages des 45 candidats de la liste devront se rendre sur le site du Pari citoyen.

D’une pierre deux coups

Ils feront alors la connaissance, en prime, du manifeste le plus travaillé, à nos yeux, de la campagne, ce qui vient sans doute de l’expertise locale acquise au fil des années par les divers collectifs de quartiers qui ont donné à cette liste le gros de ses troupes.

C’est d’ailleurs fort de cette expertise et de cette pratique du terrain que le « Pari citoyen pour Paris 18 » a décliné l’invitation du Collectif des Associations Citoyennes (CAC) à répondre à un questionnaire sur la vie associative en prévision de la seconde réunion électorale organisée à la Maison verte en collaboration avec Le 18e du mois et la section locale de la Ligue des droits de l’homme.

visuel assosPar lettre du 20 février 2014, le CAC demandait aux divers candidats invités à débattre le 14 mars quels étaient leur projet pour renforcer le rôle des associations du quartier, leur « accorder plus de reconnaissance », sans cacher le caractère très pro domo de l’interrogatoire conçu autour de l’idée que « les associations sont essentielles à la vie sociale et à l’exercice de la citoyenneté », qu’elles « participent à l’expression démocratique par la défense des droits, la contribution au bien commun, la solidarité et la fabrication du lien social », en un mot qu’elles constituent une « force indispensable d’alerte, d’interpellation et de proposition pour la mise en application des politiques publiques ».

Associations citoyennes & pari citoyen

Le questionnaire se dit lui-même très orienté (« Si vous êtes favorable à cette orientation, comment comptez-vous agir pour que les associations soient exclues des appels d’offres et appels à projets qui les font entrer dans le champ mercantile de la concurrence et les réduisent le plus souvent à l’état de prestataires de services des collectivités locales ? ») et le Pari citoyen l’a même estimé « fermé ».

Selon lui, en effet, l’assurance affichée par le CAC en matière de « bien commun », de « démocratie » et de « fabrication du lien social » conduit le collectif à « occulter la question essentielle à poser : celle du bien-fondé ou non des délégations de service public octroyées aux associations dans notre arrondissement ».

Et le « Pari citoyen » de prendre l’exact contre-pied des « Associations citoyennes ». « Pour notre part, écrivait-il le 14 mars, nous considérons tout au contraire :

  • » que les missions essentielles, utiles à nos quartiers, doivent être réintégrées dans des services publics municipaux renforcés ;
  • » que le citoyen et habitant doit être au cœur de la vie municipale sans transiter par la médiation d’associations ;
  • » qu’il doit être donné à ce citoyen le moyen institutionnel d’intervenir dans la vie publique pendant la durée d’une mandature (référendum d’initiative populaire) ».

Les assos pour un libéralisme à la CAC 40 ?

Ce débat intelligent – qui n’a hélas pas eu lieu le 14 mars à la Maison verte (et il est vrai que les conditions par définition très militantes de l’exercice n’auraient sans doute pas permis le débat de s’installer ce soir-là) – doit être appréhendé pendant et après les élections sur les divers supports possibles, y compris associatifs, justement.

Cavé Goutte d’Or ne manquera pas d’y contribuer et salue autant le courage du « Pari citoyen » à appeler au bon fonctionnement du service public dans un contexte qui voudrait parfois s’y substituer, que le fairplay des organisateurs du débat du 14 mars, qui ont lu à cette occasion la réponse du PCPP18.

*Pour ce qui est des services publics en jeu dans ce débat, le Pari citoyen confirme qu’il vise bien, sur l’affiche électorale reproduite ci-dessus, les politiques de santé publique et annonce que la coquille est déjà corrigée pour les affiches du second tour.

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Rachid Arar à la Goutte d’Or ?

  • Pierre-Yves Bournazel lance l’idée d’un maire adjoint délégué à la Goutte d’Or et Château Rouge, et invite le médiateur social de La Table ouverte à le rejoindre au titre de la société civile.
  • Le dernier numéro du Courrier de l’Atlas publie un portrait que nous prenons la liberté de reproduire ci-dessous.

Mis en ligne le 3 mars 2014.

Lire la version pdf

© Le Courrier de l’Atlas, février 2014. Lire la version pdf

***

L’Olympic conserve son patrimoine

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMis en ligne le 12 février 2014 – Un pot de chantier improvisé hier soir 11 février a permis aux nouveaux patrons de l’Olympic et à l’équipe d’artisans qui travaillent à la rénovation de cette brasserie, à l’angle des rues Léon et Laghouat, de lever un peu du voile sur les mosaïques du sol, les bois du bar, les menuiseries des fenêtres, tout cela conservé dans le respect du patrimoine réuni dans ce lieu salué de toutes parts.

Cavé Goutte d’Or avait apporté sa modeste contribution aux actions de sauvetage de cet espace, notamment en défendant une copropriété alors agressée et en organisant, outre sa défense devant les autorités préfectorales et municipales, diverses manifestations de soutien à l’Olympic :

  • le 2 juillet 2012 en organisant une visite d’experts dans le cadre des Journées sur l’habitat parisien à l’INHA ;
  • le 19 décembre 2012 en célébrant la Saint Urbain dans ce fleuron art déco du quartier, lors d’un colloque organisé avec le soutien du Paris Historique et de La Table ouverte réunissant, entre autres, le président du Paris Historique Pierre Housieaux et celui de la Table ouverte Rachid Arar,  les historiens de l’architecture Marie-Jeanne Dumont et Florent Tesnier, les architectes Violette Dullin et Maurice Culot, Nicole Bertolt de la Cohérie Boris Vian…

On se souvient des mots prononcés à cette occasion par Maurice Culot, debout, en hommage au sol qui illustrera un jour, souhaite-t-il en encourageant les habitants du quartier à y travailler, la couverture d’un beau livre sur l’architecture de la Goutte d’Or, sujet que lui-même suit depuis trois décennies (voir notamment son ouvrage : La Goutte d’Or. Faubourg de Paris).

  • le 28 décembre 2012, enfin, en mobilisant le syndicat des copropriétaires : « Grâce à votre aide autant morale que physique, nos clients du 20 rue Léon qui étaient, comme nous, désespérés de la situation d’insécurité de leur copropriété, ont retrouvé le calme et la sérénité », écrira le 17 juin 2013 le syndic du 20 rue Léon à Cavé Goutte d’Or, qui avait contribué à la reprise en mains de cet espace et à l’installation du gardien Hasni Saleh. « Tous se sentaient abandonnés par les services publics qui tels les mouches du coche s’attribuent pourtant les mérites de cette amélioration », ajoutait Jean-Claude Monchaux.

Dans les plâtres en attendant
l’ouverture et l’inauguration

Said Messous devant la caméra de D8 (reportage a suivre en avril 2014).

Said Messous le 11 février 2014 devant la caméra de D8 (reportage a suivre en avril 2014).

Hand-over Breuil - Messous sous l'oeil de Rachid Arar er D8

Handover Breuil – Messous sous l’oeil de Rachid Arar et de D8

Said Messous, Rachid Arar sous les flash de Cavé Goutte d'Or !

Said Messous, Rachid Arar sous les flash de Cavé Goutte d’Or !

Rendez-vous le 28 février pour l’ouverture, le 8 mars pour l’inauguration officielle.

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Nouvelles de la ZSPhère

MEK ZSP 1

Capture d’écran du compte @MyriamElkhomri (27 janvier 2014).

Mis en ligne le 27 janvier 2014 – Peu d’échos à ce jour, sur la tweeto-blogosphère, concernant la réunion opérationnelle de la ZSP Château Rouge / Goutte d’Or du 23 janvier 2014 « avec tous les services de police, le parquet, la Ville et un panel d’habitants », comme l’indiquait jeudi le compte tweeter de Myriam El Khomri, adjointe au maire de Paris pour la Prévention et la Sécurité (voir ci-dessus).

MEK ZSP 2

Si le tweet en triptyque de Mme El Khomri a généré ses propres commentaires (voir ci-contre), les correspondants de Cavé Goutte d’Or qui ont participé à la présentation du bilan du 23 janvier 2014 ont rapporté au blogmaster que la réunion a permis à Mme El Khomry d’annoncer plusieurs « décisions » prises il y a deux mois concernant la sécurité du quartier, puisque de sécurité il s’agit dans la label ZSP et la délégation de la maire adjointe, et puisque la sécurité est intimement liée – hélas pour Château Rouge et la Goutte d’Or ! – à l’architecture et à l’urbanisme, comme nous l’avons déjà développé sur ce blog.

C’est ainsi que la question de la « toxicomanie posant problème sur la voie publique » aurait été appréhendée en relation avec les associations du quartier actives en la matière, la MILDT elle-même (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), dont le site internet n’hésite pas à rappeler la composante légale et juridique du problème (voir ci-dessous), étant partie prenante.

MILDT

Concernant les enfants abandonnés dans la zone, les associations ciblent les parents à mobiliser et responsabiliser.

Pour le parking à demeure de « camions ventouses » qui servent d’annexes aux commerces ou de lieux de stockage pour les vendeurs à la sauvette, un arrêté interdisant leur stationnement dans la zone devrait être pris d’ici un mois par le préfet, aurait indiqué Mme El Khomri, sans qu’il soit apparemment précisé la base légale du stationnement actuel (et, en conséquence, le besoin d’un arrêté supplémentaire pour faire … arrêter le processus).

La zone de la zone

Sur la zone de la zone que représente le marché Dejean et le carrefour des rues Poulet et Dejean, le rapport que l’association La Table ouverte avait remis officiellement il y a deux mois à Mme El Khomri ainsi qu’aux adjoints d’arrondissement Dominique Lamy, Michel Neyreneuf et Éric Lejoindre (voir sur le blog) aurait obtenu un début de réponse, Rachid Arar saluant un petit pas sur la page facebook de Myriam El Khomri.

Les étalages envahissants d’un grossiste auraient été démantelés puis réinstallés le temps d’un recours suspensif à suivre, alors qu’un immeuble géré par un bailleur social, rue Poulet, aurait été débarrassé de son trafic de proxénètes.

Cherchant à compléter et recouper ses informations, le blogmaster a tenté de visiter le site de la Préfecture. Son écran lui demande si la Préfecture est fiable (capture ci-dessous). Réponse au prochain mailing ?…

autorisation ZSP

Capture d’écran du 27 janvier 2014.

Voir aussi : le blog de MEK (à ne pas confondre avec un globe de keum).

Dernière minute :
La ZSP 18 a le vent en poupe ?

Au moment de mettre ce billet en ligne, on apprend que, dans une lettre du 20 janvier 2014 au préfet de police Bernard Boucault, le maire du 18e arrondissement  Daniel Vaillant a demandé l’extension de la ZSP Château Rouge/Goutte d’Or aux stations de métro Porte de la Chapelle, Marx Dormoy, Marcadet-Poissonniers, Jules Joffrin, Lamarck Caulaincourt et Abbesses (lire la lettre).

***

Opération Magnolias au conseil de quartier

  • Le prochain conseil de quartier Goutte d’Or/Château Rouge se tiendra le mercredi 15 janvier 2014 à 19h à la Salle Saint Bruno sur le thème des jardins partagés et de la végétalisation
  • La Goutte verte y proposera le fleurissement des pieds de magnolias de la rue Saint Bruno

affiche_cq_jardins_janv_2014Mis en ligne le 14 janvier 2014 – Dans la perspective du conseil de quartier du 15 janvier 2014 sur les jardins partagés et la végétalisation dans la Goutte d’Or et Château Rouge, la Goutte verte, qui tient actuellement le jardin mobile de l’angle Cavé/Stephenson et un carré dans le jardin Bashung de la rue de Jessaint, a rappelé aux organisateurs son projet de « fleurissement participatif des pieds de magnolias de la rue Saint Bruno », qu’elle avait présenté en 2011 et qu’elle voudrait aujourd’hui voir passer de « projet associatif » à « projet citoyen ».

L’objectif serait de rassembler habitants et acteurs du quartier susceptibles de travailler par équipe autour de chaque pied d’arbre à protéger des détritus et déjections canines afin de les épargner d’une protection plus brutale.

Aux arbres, citoyens !

Dans son dernier communiqué sur le projet, parvenu à Cavé Goutte d’Or le 19 décembre 2013 au moment où elle préparait son pot de la saint Urbain (voir sur le blog), la Goutte verte semblait dire qu’il y avait urgence à soutenir ce projet avant que les pieds d’arbres ne soient l’objet d’une imperméabilisation municipale par grille et/ou béton, et souhaitait que le conseil de quartier sur la végétalisation soit l’occasion d’un débat sur le devenir de ces pieds d’arbres.

On sait que les déjections canines intéressent les hommes politiques en période électorale et on souhaite que l’option douce de la Goutte verte l’emporte.

***

22-24 rue Cavé : Saint Bernard au milieu du village pour la Saint Urbain

  • Cavé Goutte d’Or a déposé son recours contentieux le 19 décembre 2013 contre le permis de construire de Paris Habitat
  • L’association demande l’invalidation du permis de construire en raison notamment de l’omission d’un avis de l’architecte des bâtiments de France malgré la covisibilité de l’église Saint Bernard monument historique avec le projet de construction
Photo GC

Photo GC

Mis en ligne le 20 décembre 2013 – Extrait du recours :

« (…)

» Dans son avis du 29 janvier 2013, l’architecte des bâtiments de France évoque au titre des « immeubles liés au dossier » la seule adresse du 37 bis boulevard de la Chapelle, correspondant au Théâtre des Bouffes du Nord.

» Il omet l’église Saint Bernard, inscrite au titre des Monuments Historiques par arrêté préfectoral n° 2012331-0012 du 26 novembre 2012.

» Si, pour le Théâtre des Bouffes du Nord situé hors champ de visibilité du projet de construction, l’ABF était appelé à considérer qu’il n’avait « pas à donner son accord », il ne saurait en être de même pour l’église Saint Bernard, située à proximité immédiate et en covisibilité avec le projet de construction nouvelle.

» La servitude de protection des abords intervient automatiquement dès qu’un édifice est classé ou inscrit, comme c’est le cas du secteur concerné depuis l’inscription de l’église Saint Bernard par arrêté préfectoral du 26 novembre 2012.

» Dans ce secteur et en cas de covisibilité avec l’édifice inscrit, toutes les modifications de l’aspect extérieur des immeubles, les constructions neuves, mais aussi les interventions sur les espaces extérieurs doivent recevoir l’autorisation de l’architecte des bâtiments de France.

» L’article L621-31 du Code du Patrimoine indique :

« Lorsqu’un immeuble est situé dans le champ de visibilité d’un édifice classé au titre des monuments historiques ou inscrit, il ne peut faire l’objet, tant de la part des propriétaires privés que des collectivités et établissements publics, d’aucune construction nouvelle, d’aucune démolition, d’aucun déboisement, d’aucune transformation ou modification de nature à en affecter l’aspect, sans une autorisation préalable ».

» L’article L621-30-1 du Code du Patrimoine précise :

« Est considéré (…) comme étant situé dans le champ de visibilité d’un immeuble classé ou inscrit tout autre immeuble, nu ou bâti, visible du premier ou visible en même temps que lui et situé dans un périmètre de 500 mètres .»

» S’il revient à l’architecte des bâtiments de France d’établir cette visibilité/covisibilité, encore faut-il qu’il considère l’édifice protégé.

» Il ressort en effet des dispositions précitées que, s’il y a covisibilité entre l’église Saint Bernard, d’une part, et l’immeuble concerné par l’autorisation d’urbanisme, d’autre part, l’ABF doit émettre un avis dit conforme.

(…) ».

Texte du recours.

***

Saint Urbain 2013

  • Paris Historique reprend in situ son exposition sur le patrimoine des faubourgs victime du renouvellement urbain

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Mis en ligne le 19 décembre 2013 – À l’occasion de la Saint Urbain, ce jeudi 19 décembre 2013, l’association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris Historique offre une présentation exceptionnelle de son exposition sur les quartiers de la Goutte d’Or et la Chapelle dans les locaux des Xérographes, au 19 rue Cavé à partir de 19 heures.

Apéritif et présentation des recours de Cavé Goutte d’Or sur les 22-24 rue Cavé et 5 rue Myrha.

L’exposition sera ensuite en tournée dans les deux quartiers de la Goutte d’Or et la Chapelle de janvier à mars 2014.

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***
***

Billets Défense du quartier postés sur le blog depuis le forum des associations du 20 avril au square Léon (voir reportage ci-dessous).

*

l'indien fait chanter la rue9> Posté le 10 mai : L’urbanisme en chantant (reportage sur l’opération Boris Vian à la Goutte d’Or).

IMG_0027_DODO> Posté le 9 mai : Le Dojo de la Chapelle en péril (reportage sur les ateliers industriels des 17 et 21 rue de La Chapelle convoités par les promoteurs immobiliers)

> Posté le 8 mai : La SIEMP ment au Tribunal administratif comme Mano ment au Conseil de Paris (billet d’ambiance de l’audience de référé du 6 mai, requête rejetée le 7, en attente du texte complet de l’ordonnance).

Plus anciens

> Le 2 mai rue Boris Vian (reportage à suivre)
> Paris Historique soutient La Goutte d’Or et la Chapelle
> Les pipi rooms de Panama et de Suez
> Visite à suivre au Jardin d’Alice, au Dojo la Chapelle et au Théâtre de verre
> Bienvenue au journal Goutte d’Or & vous

*

Les associations de la Goutte d’Or au square Léon

  • Reportage
Le stand amiral (Photo GC).

Le stand amiral (Photo GC).

Ambiance salon d’exposition et kermesse de quartier sur le square Léon, le 20 avril dernier, pour le premier Forum des associations de la Goutte d’Or, opération utile et réussie qui doit se prolonger le 15 mai par un premier bilan.

IMG_6486_cavé_Goutte_d_OrCavé Goutte d’Or a participé à l’essai avec bonheur et le résultat mérite une étude en soi. Particulièrement bien placé et partagé avec ses amis de La Table ouverte et de Ma Goutte d’Or, son stand n’a pas désempli de badauds, de confrères, d’anciens et de plus récents du quartiers, foisonnant de souvenirs, de regrets, de discussions parfois animées, de critiques parfois vives. IMG_6472_cavé_Goutte_d_OrLes oreilles de Bert, notre blogmaster chef, auront sifflé car il s’avère que la pertinence de fond du blog le dispute parfois avec son impertinence de forme, dit-on, son succès avec l’agacement de ses billets d’humeur, le sérieux de ses analyses avec le décalé de leur présentation.

Le Livre d'Or de la Goutte d'OrOn y revient donc bientôt. Pour l’instant, place au forum.

Le livre d’Or

Trois générations d’habitants du quartier se sont retrouvées avec émotion autour du Livre d’Or, constitué en 1984 des témoignages manuscrits d’habitants de la Goutte d’Or Sud soucieux de préserver la richesse humaine, sociale et architecturale de leur quartier, et réunis à l’époque sous la bannière de l’association Paris Goutte d’Or, à laquelle l’architecte Maurice Culot devait apporter son soutien dans un article souvent cité sur ce blog.

Bernard Taglanc relit son texte de 1984 (GC).

Bernard Tagland relit son texte de 1984 (GC).

IMG_6481_cavé_Goutte_d_OrArrêts sur l'appel des cent (GC).IMG_6494_cavé_Goutte_d_Or

Arrêts sur l’Appel des Cents (GC).

couv-goLe livre sur le quartier de la Goutte d’Or que Maurice Culot a ensuite codirigé (voir ci-contre) a rassemblé également les habitants autour des immeubles disparus, dont celui de la pointe, célèbre par sa finesse, le nombre d’études et d’esquisses proposées pour le conserver et la tirade à la Cyrano qu’on peut lire en page 203 de La Goutte d’Or, faubourg de Paris : « Une étrave, une proue, un belvédère, un soc, telles étaient les images parlantes émises par l’édifice effilé qui occupait l’angle des rues de Chartres et de la Goutte d’Or et présentait sa face en lame de couteau à celui qui abordait la rue et le quartier de la Goutte d’Or par le boulevard Barbès ».

« Étaient… », poursuit l’auteur, « puisque l’été 1985 vit les bulldozers éventrer le Café de la Pointe, effacer le signe de ralliement du quartier, en éradiquer le nez familier, présent et pourtant si peu ostentatoire (…) ».

Rachid Arar montre sa maison, la fameuse proue (GC).

Livre de Maurice Culot en mains, Rachid Arar montre sa maison d’antan, la fameuse proue des rues de la Goutte d’Or et de Chartres (GC).

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« On aurait pu dire… bien d ‘autres choses en somme » (Photos GC).

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Vue d'ensemble du forum.

Vue d’ensemble du forum.

La galerie de portraits de La Table ouverte (GC).

La galerie de portraits de La Table ouverte (GC).

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Passage de témoins

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« La richesse de ce quartier réside dans la diversité de sa population », relit Bernard Tagland (OR).

Gaël Coto et Bernard Tagland (OR).

Gaël Coto et Bernard Tagland ….

Cavé Goutte d'Or et Paris Goutte d'Or réunis sous le soleil du square Léon.

… ou Cavé Goutte d’Or et Paris Goutte d’Or réunis sous le soleil du square Léon (OR).

  • Merci à Violette Roland d’avoir conservé si longtemps et de nous avoir prêté pour un temps l’Appel des Cent / Qui donc partirent à cent mais par un prompt renfort se verront peut-être plus en arrivant au port (d’après vaguement Le Cid, IV, 3).
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