Humeur

Cruising

Le Groupe Sefri-Cime agrandit les trottoirs de la Goutte d’Or

  • Un cadeau de la Mairie aux habitants du quartier surdensifié ? Une compensation de la massification des îlots populaires ?
  • Ou un simple et éphémère confort pour Tom Cruise qui s’apprête à jouer une des scènes de Mission impossible à l’angle Cavé/Stephenson ?

Respiration piétonne à l’angle des rues Cavé et Stephenson ? Photo CGO 12 avril 2017.

12 avril 2017 – Dans la torpeur de l’été précoce qui s’abat sur le quartier populaire de la Goutte d’Or, les préparatifs vont bon train pour accueillir l’une des scènes les plus audacieuses de « Mission impossible », celle qu’avait racontée l’ancien maire du 18e arrondissement Daniel Vaillant à propos d’une vieille dame dormant sur une corde, prête à descendre nuitamment en rappel la façade de cinq étages d’un immeuble rattrapable, que la Ville de Paris souhaitait malgré tout voir voué aux hégémonies de la SEMAVIP (lire notre billet du 8 juin 2011).

On s’était toujours demandé qui remporterait le marché du biopic de la vieille dame imaginée par Daniel Vaillant pour favoriser la démolition du 25 rue Stephenson, bel édifice de la seconde moitié du 19e siècle, qui pouvait être réhabilité et dont Bertrand Delanoë lui-même avait assuré qu’il souhaitait la conservation, surtout dans la rue Cavé, précisait-il (lire notre billet du 15 septembre 2011).

La réponse émerge peu à peu : d’abord confié à la Foncière Logement, le marché de la reconstruction de l’immeuble démoli a été transféré pour un euro symbolique à la société anonyme Sefri-Cime Promotion, dont la branche cinéma Sefri-Cime Production s’est très vite mise sur les rangs pour obtenir, par ricochet (et pour seulement un autre euro symbolique, dit-on), le marché du film à tirer de cette histoire.

Pour gagner l’adhésion de Tom Cruise, qui ne joue que sur du réel (voir ci-dessus), le promoteur producteur n’a pas hésité à faire croire que l’immeuble dont le célèbre acteur devait ravaler la façade en rappel était déjà (re)construit. Sous le titre « Nos références résidentielles », Sefri-Cime Promotion vend en effet « un immeuble de logements accueillant une crèche situé rue Stephenson dans le 18e arrondissement réalisé dans le cadre d’un Contrat de Promotion Immobilière pour le compte de la Foncière Logement » (voir captures d’écran du 16 février 2017 et du 12 avril 2017 avec une curieuse « demande de rappel »).

Le catalogue de Sefri-Cime Promotion (capture d’écran du 12 avril 2017).

Sefri-Cime Promotion omet de dire que l’immeuble prétendument « réalisé » n’est pas encore fondé (les forages viennent de s’achever) et, à certains égards, toujours mal fondé si l’on en croit le recours déposé contre le permis de construire devant le Tribunal administratif de Paris (lire notre billet du 4 avril 2017).

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de « Mission impossible » pourra se rabattre au besoin sur les immeubles voisins et tourner la scène en dérision sur le green du 6 rue Cavé, qui avait déjà servi à un célèbre combat de Matrix il y a peu.

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Pignon Est du 6 rue Cavé. Photos, montages et effets spéciaux de Gaël Coto inspirés par le célèbre duel de MATRIX (voir plus ici).

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Bonnie and Clyde

Saint Bernard : La Mairie de Paris se serait trompée d’enveloppe

  • À l’instar des Oscars américains, l’Académie de l’Urbanisme parisien se serait pris les pieds dans le tapis rouge : la fresque du square Léon aurait son permis, l’école Saint Bernard ne l’aurait pas !

27 février 2017 – Le diocèse recevrait le sésame pour sa construction dans les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard en dépit d’un précédent interdit de la Mairie alors que le métèque du square Léon se le verrait refuser pour un simple duplicata ? On croyait se trouver devant une de ces discriminations violentes qu’aucun journaliste d’investigation n’avait encore dénoncée (voir : Exclusif et Indulgence).

enveloppeQue nenni ! c’était juste un huissier qui avait filé la mauvaise enveloppe à Anne Hidalgo et Éric Lejoindre, Faye Dunaway et Warren Beatty à la Ville, Bonnie and Clyde à l’écran (image ci-contre La Parisienne) !

L’image des rushes ne serait donc qu’un mauvais souvenir ?

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La fin du cauchemar ?

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Le résultat (provisoire ?) d’une erreur de distribution. Photo DR 27 février 2017.

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Audace

Vers une succursale de la Samaritaine à la Goutte d’Or ?

Une succursale de la Samaritaine à la Goutte d'Or.

« Un voile translucide et ondulant ».

4 janvier 2017 – Les architectes de l’extension de d’école Saint Bernard, qui sévissent actuellement sur le seuil de l’église Saint Bernard, monument historique dont ils brisent les perspectives protégées (image ci-dessus), tentent de camoufler leur projet derrière un « voile translucide et ondulant » tel que celui qui fut inspiré à leurs confrères opérant pour la Samaritaine de la rue de Rivoli (image ci-dessous).

Mais n'est pas l'agence Sanaa qui veut !

Mais n’est pas l’Agence SANAA qui veut ! Photo Cyrille Thomas/SANAA via Le Monde.

  • Lire aussi notre billet Voeux’lib’ : La Mairie de Paris installe le tri des déchets au pied du monument historique. Contesté devant les tribunaux, le malheureux projet architectural d’extension de l’école Saint Bernard résistera-t-il ?

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Surenchère

Valls contre le 49-3, la SEMAVIP contre la démolition de la Goutte d’Or

  • D’ici mai 2017, la municipalité du 18e renoncera à son renoncement à l’esthétique urbaine pour ses quartiers difficiles !
  • Et l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie rendra ses perspectives protégées à l’unique monument historique de la Goutte d’Or !
L'OGEC en 49-3.

L’OGEC et son 49-3 urbain (détail).

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Palais de justice de Paris (détail).

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Rétropédalage

François Fillon : « À aucun moment, je n’ai voulu privatiser les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard »

  • Le candidat LR à l’élection présidentielle précise que, si l’école St Bernard et le diocèse de Paris qui la gère se sont crus autorisés à s’approprier le patrimoine commun et laïque constitué par l’église St Bernard monument historique, c’est qu’ils avaient mal lu son programme.
  • L’école Saint Bernard n’en poursuit pas moins sa marche inexorable sur le patrimoine national protégé.
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L’emprise de l’école St Bernard sur le patrimoine laïque de la République (Photo D.R. 14 décembre 2016).

Lire aussi : « Saint Bernard : La séparation de l’église et de l’école suit son chemin » et le communiqué commun de Paris Nature Environnement et SOS Paris.

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Grand écart

Finalement, la première pierre du centre 360  pour les grandes voix du monde sera posée sur le site Barbara

  • La pierre sera ensuite déplacée sur l’ancienne friche de la pétanque dans une parade qui empruntera les escaliers Boris Vian et le square Léon.

carrefour-360On a failli croire que l’espace 360, soutenu par Cavé Goutte d’Or lors d’une présentation mémorable le 14 mars 2015, ne verrait pas le jour. Les bruits les plus inquiétants courraient sur l’absence de financement et l’absence de soutien de la Mairie.

On s’inquiétait même qu’après le départ de la Table ouverte de la friche qui doit accueillir 360 à l’angle des rues Myrha et Léon, les rats n’envahissent le navire, comme l’annonçait Le 18e du mois d’octobre 2016.

Mais que nenni !

Si le projet fut présenté modestement aux Xérographes à l’invitation d’Au fil des voix et de Cavé Goutte d’Or, « la cérémonie » (sic) de la première pierre du 360 aura lieu au Centre Fleury-Goutte d’Or Barbara à l’invitation d’un aréopage d’une toute autre envergure : Anne Hidalgo, maire de Paris ; Valérie Pécresse, présidente de la Région IDF ; Jean-Louis Missika et Agnès Evren, respectivement maire adjoint à l’Urbanisme et vice-présidente de la Région IDF chargée de l’Éducation et de la Culture (ce qui doit dire quelque chose des priorités différentes selon qu’un observe la Goutte d’Or de la Mairie ou de la Région ; et dit en tout en cas que Missika ne tient pas à être, au 19 rue Cavé, confronté à la baie qu’il a dû se résoudre à percer au 22-24, sur le pignon du CROUS) ; d’Éric Lejoindre (maire d’arrondissement qu’on ne présente plus) et de Saïd Assadi (porteur du projet qu’on s’était attendu, de la rue, à voir au haut de l’affiche).

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Bonne route !

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Feu de tout bois

Pour rigoler encore plus avec Fillon, Juppé ramène la vieille dame à Vaillant

  • L’ancien élu du 18e briguerait la place désormais très convoitée d’Éric Lejoindre.
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Crédit photo à Dixhuitinfo.com.

On se souvient que Daniel Vaillant, alors maire du 18e arrondissement de Paris, avait installé la SEMAVIP dans la Goutte d’Or en faisant pleurer les médias du coin sur le mythe d’une vieille dame qui, vivant chichement dans une pièce insalubre de 9 m² au cinquième étage du célèbre immeuble du 25 rue Stephenson / 2 rue Cavé, gardait une corde sous son lit pour pouvoir descendre en rappel en cas d’incendie de cet édifice solide dont il fallait bien faire croire qu’il était fragile (voir en divers endroit sur le blog).

Dans un article du Parisien du 6 avril 2011 qui reste enseigné dans les écoles d’urbanisme comme un modèle de journalisme béton, et dans les écoles de journalisme comme un modèle d’urbanisme soutenu, le maire racontait en effet :

  • « Je n’oublierai jamais le visage d’une grand-mère, qui vivait seule au dernier étage, dans 9 m2 insalubre, avec une corde en permanence à côté de son lit, pour lui permettre de se sauver par la fenêtre en cas d’incendie ».

Depuis, Cavé Goutte d’Or a souvent tenté de démêler le vrai du faux dans cette histoire de vieille dame (voir ici et et en divers endroits du déroulé de la page Humeur où vous vous trouvez actuellement). La rédaction du blog s’était convaincue que l’histoire servait une cause bien connue, dévoilée par ses collègues de Paris-Goutte d’Or, dont le numéro de juin 1984 avait écrit : « Le misérabilisme et l’insécurité font partie d’un discours qui fait toujours recette. Employé opportunément, il justifie des actions à la limite de la légalité ».

C’était sans compter, sans conter, qu’Alain Juppé réserverait une de ses célèbres facéties au quartier dont il fut souvent un compagnon de route mérité et méritoire.

Outre l’instauration de la ZUS sous sa mandature de conseiller municipal en 1983 (en campgane ci-dessus) et le possible ralliement d’alors des défenseurs de la Goutte d’Or Sud au tandem Juppé-Jospin et à la Politique de la ville toute neuve, le quartier lui doit notamment la Salle Saint Bruno, conquête ou capture laïque, c’est selon, d’une annexe de l’église Saint Bernard pour les associations officielles de la Mairie du 18e, qu’il inaugura le 5 décembre 1992 et, juste en face, la porte de l’église Saint Bernard qui fut fracassée « avec humanité et coeur » sous son gouvernement le 23 août 1996.

Ne manquait que la vieille dame, qu’il aurait piquée à Daniel Vaillant dans les décombres du 25 rue Stephenson, gardée bien au chaud tout ce temps, ressortie pour faire la nique à Fillon et, s’il ne remportait pas les primaires de la droite et du centre le 27 novembre prochain, pour revenir Place Jules Joffrin briguer le fauteuil d’Éric Lejoindre, entre-temps propulsé au rang des nécessaires challengers d’Emmanuel Macron depuis qu’il a pris en mains le difficile dossier des escaliers Boris Vian.

Pour paraphraser le livre-titre de Bruno Dive, « l’homme revient de loin » (source possible).

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#16h34

L’urbanisme parisien manque de femmes ?

  • Et si on se passait de tous ces garçons jusqu’à la fin de l’année…
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Inauguration du 70 rue Myrha (photo non retouchée parue sur le site de la RIVP). De gauche à droite sur ce ‘cliché’ plus vrai que nature, on reconnait notamment l’élu de la RIVP Serge Contat et les élus du 18e Ian Brossat, Éric Lejoindre, Pierre-Yves Bournazel, Christian Honoré, Michel Neyreneuf, Daniel Vaillant.

7 novembre 2016 – « Ce lundi 7 novembre, à 16 h 34, les Françaises sont appelées à cesser le travail par le collectif féministe ‘Les Glorieuses’ », indique le Huffington Post du 7 novembre 2016. « Le but : dénoncer les différences de salaires entre hommes et femmes dans l’Hexagone ».

« Si les femmes étaient payées autant que les hommes, elles pourraient s’arrêter de travailler le 7 novembre à 16 h 34 », assurent en effet les calculs savants des Glorieuses. Dès lors qu’elles sont payées 15,1% de moins que les hommes, elles peuvent s’abstenir de travailler les 38,2 jours ouvrés restant de l’année 2016, qui représentent la différence de salaire entre elles et eux.

Et si tous les hommes qui font l’urbanisme de la Goutte d’Or depuis les années 1980 avaient réduit leurs activités de 15,1% ou pris régulièrement 38,2 jours ouvrés de repos par an, qu’en serait-il de la rue Boris Vian, de l’école Saint Bernard, du pignon du CROUS … ?

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Macron 3

Hollande : « Encore un qui part et je m’installe rue Boris Vian ! »

  • Le président de la République avait déjà fait une halte remarquée sur les marches de la rue Boris Vian, au cœur de la Goutte d’Or (cliché ci-dessous). Pour tenter de reprendre la main sur les coups politiques de ses assaillants, il menace aujourd’hui Éric Lejoindre de briguer un des coquets logements sociaux avec vue sur le célèbre escalier si le maire du 18e persistait dans son mutisme à l’égard à l’encontre de la Cohérie Boris Vian et des habitants de la ZUS.
Photo montage (GC 5 mai 2013).

Les bas de la rue Boris Vian (photo montage GC, notre humeur du 15 mai 2013).

Sur le mutisme du maire du 18e : voir « La rue Boris Vian passera-t-elle l’été ? », La lettre de la Cohérie Boris Vian au Maire du 18e, L’Avenir de la rue Boris Vian à la Goutte d’Or, …

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32 avril

À l’occasion de la St Boris 2016, Nuit Debout investirait la Goutte d’Or et Château Rouge

  • Pour désengorger la place de la République, la Mairie de Paris aurait suggéré au mouvement populaire d’occuper le quartier populaire de Barbès /La Chapelle.
  • Un espoir pour les escaliers de la rue Boris Vian, les arcades de la rue de la Goutte d’Or, les allées du Marché Dejean et Ground Control qui revient occuper la Gare d’Ordener.
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Gibert Joseph penserait-il que « toutes les cultures » (?) ne sont pas à Saint Michel ?

Les riverains de la Place de la République « n’en peuvent plus », dit-on, et se seraient rapprochés de ceux des rues des Poissonniers, de Suez et de Panama qui forment, avec le marché Dejean, le célèbre triangle d’Or de la Goutte d’Or.

Ceux-ci auraient en effet saisi rien moins que le Tribunal administratif des nuisances que leur font subir la Mairie et la Préfecture en installant des échoppes mobiles avec lesquelles elles jouent à la souris et à la souris.

Souris et souris car, comme on le constate en cinq minutes sur place, le jeu est entièrement truqué au bénéfice de la Mairie et de la Préfecture qui en établissent les règles (il semble même que les édiles envisagent d’installer le même type d’échoppes mobiles sous les arcades de la malheureuse rue de la Goutte d’Or qui ne demandait pas tant de sollicitude indue).

D’un procès qui semblait fondé sur la rupture d’égalité entre citoyens, concept de droit constitutionnel très honorable,  mais que le journal Le Parisien présente comme « le procès de l’insécurité tant attendu » (ah bon ?), on ne saura pas grand chose tout de suite car la première audience publique, initialement fixée au 29 mars dernier, a été reportée au 10 mai prochain. La Ville et la Préfecture n’auraient pas pris les choses suffisamment au sérieux et se seraient trouvées dépourvues, une fois que la bise fut venue. La Ville aurait même, en catastrophe, invoqué des problèmes d’insécurité dans le quartier (et c’est vrai que Myriam El Khomri, qui en était  chargée sous l’ère Delanoë/Vaillant, n’est plus là) pour justifier l’impossibilité d’en assurer le nettoyage, un argument déjà avancé il y a quatre ans par la Direction de la Propreté et de l’Eau de la Mairie de Paris qui dénonçait les « mauvaises conditions de sécurité pour ses agents » dans un courrier du 24 août 2012 à Cavé Goutte d’Or (Lire « Zone urbaine tranquille »).

Peut-être ce délai au 10 mai 2016 est-il dû à la stratégie de la Ville qui voudrait bloquer la procédure en offrant à la Goutte d’Or, en échange des échoppes à la sauvette, les jardins éphémères de la place de la République, histoire de faire passer l’été.

La nuit Dejean

Quoi qu’il en soit, cela fait maintenant deux fois que le prétendu « laisser faire » reproché à la Mairie du 18e en matière d’urbanisme et de sécurité inspire la politique de l’Hôtel de Ville. La première fois, il se serait agi de libérer les abords de l’église Saint Bernard de leur monument historique pour qu’il n’y ait plus d’abords à protéger, laissant ainsi les mains libres aux projets immobiliers de la Ville de Paris qui ont tenté et tentent encore de contourner le droit de l’urbanisme et du patrimoine dans les rues Cavé, Affre, Saint-Luc, Saint Bruno et Pierre L’Ermite pour ne citer qu’une partie d’un secteur qualifié par l’APUR d’« espace urbain d’intérêt exceptionnel » autour d’un « édifice de qualité exceptionnelle », espace et édifice que les ABF et la Mairie du 18e s’appliquent à disqualifier avec une constance et une violence tout aussi exceptionnelles.

L’idée ingénieuse, sinon machiavélique, de déplacer l’église Saint Bernard sur la friche de l’ancien dépôt SNCF de La Chapelle devait permettre à la Municipalité d’écarter toutes velléités d’espaces verts sur ce terrain dès lors qu’en déplaçant l’église Saint Bernard sur la friche SNCF, on déplaçait aussi les passe-droit qui caractérisent la Politique de la ville (Pv) et autorisent la politique de la Ville (pV) à éradiquer les espaces urbains d’intérêt exceptionnel au nom de l’éradication de l’habitat insalubre par d’exceptionnelles déclarations d’utilités publiques.

Ordre et désordre de l’exceptionnel

Certains internautes ont observé que l’information de ce déplacement était parue sur le blog de Cavé Goutte d’Or (un premier avril qui plus est) mais, tout en évoquant un titre blagueur, ils ont salué le sérieux de l’association en général et le fond sérieux de ce billet en particulier, au demeurant qualifié d’« excellent » pas la critique et repris sur la page facebook du collectif porteur d’un projet alternatif à celui de la Mairie.

L’article paru sur le blog le 1er avril 2016 observait le plus sérieusement du monde que, selon les documents présentés le 31 mars en Mairie du 18e, certains éléments des anciens dépôts de la SNCF étaient « de l’ordre de l’exceptionnel ».

La formule est parfaite et incite à créer un « ordre de l’exceptionnel » comme il y a un ordre des médecins, un ordre des avocats, un ordre de la légion d’honneur ou un ordre des choses. Cela manque incontestablement puisque les études de l’APUR (institution répondant elle-même à un certain ordre) qui font état d’« espace urbain d’intérêt exceptionnel » autour d’un « édifice de qualité exceptionnelle » sont écartées au profit de déclarations qui, bien que d’utilité publique selon leur nom et l’ordre dans lequel elles sont prises, ne portent aucune considération à « l’ordre de l’exceptionnel » qu’elles foulent allègrement aux pieds.

À ce train-là

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Grand Train : réouverture de Ground control le 30 avril 2016.

Si, entre les applaudissements saluant le travail du collectif Dépôt Chapelle Ordener, on entendit beaucoup les maires adjoints de l’Urbanisme et du Logement faire état  d’« engagements pris visant à favoriser la production de logements, notamment sociaux, sur les emprises ferroviaires du territoire parisien devenues inutiles aux missions d’exploitation du transport public », on observe avec plaisir qu’une certaine résistance s’exerce contre l’emprise de la Mairie de Paris sur les territoires qu’elle estime « devenus inutiles », et on salue l’initiative de Ground control qui revient le 30 avril opérer sur la friche SNCF  sous le nom de « Grand train ».

Point culminant de deux mois très chargés pour Cavé Goutte d’Or, la Saint Boris suivra le 32 avril. D’ici au 32 avril, foi de train : Gare aux bétonneurs !

Entre-temps, on peut lire sur le blog le calendrier de Cavé Goutte d’Or du 7 mars au 7 mai 2016 et divers comptes-rendus du rapport de la commission d’enquête sur la modification du PLU concernant notamment le Bois Dormoy, l’école Saint Bernard, les anciens dépôts SNCF d’Ordener/La Chapelle :
– Méandres participatifs : « Lire le PLU avant l’adoption de ses modifications par le Conseil de Paris ».
– Bois Dormoy : « Assez de poumons verts avec les jardins Pajol et Bashung ! ».
– École Saint Bernard : La Ville de Paris maintient son emprise.
– SNCF Ordener/Poissonniers : Vers de nombreuses tables de quartier encore.

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Humeur du 7 mars 2016

Paris Habitat : « À part la fenêtre du CROUS, tout va bien ! »

  • Anne Hidalgo, Ian Brossat, Le Parisien traquent « les abus choquants chez Paris Habitat ».
  • Parachutes dorés, salaires mirobolants, logements sociaux pour cadres ISF…, aucune mention encore des péripéties de l’office HLM dans La Goutte d’Or, mais ça ne saurait tarder.

… et pendant ce temps
à la Goutte d’Or

La fenêtre bétonnée du CROUS suspendue

La fenêtre bétonnée de Paris Habitat pour le CROUS suspendue au parachute doré du patron. Lire sur le blog.

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Humeur du 13 décembre 2015

Cap 22 ! Laurent Fabius peut maintenant s’attaquer au climat que fait régner Paris-Habitat dans la Goutte d’Or

  • On a souvent démontré, sur ce blog, que Paris-Habitat se comportait en Goutte d’Or comme en terrain conquis.
  • Le dernier chantier en cours aux 22-24 rue Cavé rappelle que l’Office public de l’habitat (OPH) de la Ville de Paris fait ce qu’il veut, y compris en exécutant irrégulièrement un permis de construire qu’il a obtenu au gré de fausses déclarations avérées.
  • « Avérées » est le mot, et même le fin mot de l’histoire.
"Un petit coup de marteau...

« C’est un petit marteau mais il peut faire de grandes choses » (Laurent Fabius, Cap 21. Le Bourget, 13 décembre 2015).

Sur l’illustration ci-dessus, qui date du 27 novembre 2015, un ouvrier du chantier de Paris Habitat aux 22-24 rue Cavé semble réparer un joint mal fichu sur la façade sud du futur éventuel CROUS.

Futur éventuel, en effet, car cet immeuble improbable, dont le permis de construire est encore l’objet de trois recours actuellement pendants devant le Tribunal administratif de Paris, deux pour excès de pouvoir de l’administration, plaidés le 10 décembre 2015 et mis en délibéré pour le 24 décembre 2015, le troisième pour fraude et action en dédommagement contre la Ville de Paris dès lors que cette dernière aurait, selon Cavé Goutte d’Or, appuyé, soutenu et même devancé les fausses déclarations dont Paris-Habitat a émaillé ses trois demandes successives de permis de construire.

Paris-Habitat a en effet dû s’y prendre à trois fois pour finalement obtenir un permis débarrassé de ses ‘erreurs’ quant à la surface du projet (grossie pour éviter d’avoir à respecter les règles de limites de propriété), quant à son statut de propriétaire (statut abusif puisque le propriétaire de la parcelle sur laquelle Paris-Habitat prétend construire est la SEMAVIP, autre bras de la Mairie de Paris absolument complices [le bras et la Mairie] du mensonge de Paris-Habitat), quant à la présence d’un monument historique dans le périmètre de protection (ostentatoirement caché [oui, on peut cacher ostentatoirement quelque chose] dans les demandes de permis de construire).

Non content d’être passé entre les mailles d’un filet judiciaire qui eut pu être plus sévère à son encontre, l’administration se contentant en l’occurrence des permis modificatifs prétendument réparateurs qui lui étaient présentés, l’OPH Paris Habitat a encore triché et menti à sa main nourricière (la Ville de Paris qui lui a cédé une grande partie de la Goutte d’Or [voir notre billet « Municipalisation spéculative »], dont le catastrophique bloc des rues de la Goutte d’Or/de Chartre-Charbonnière/des Gardes et Boris Vian où l’OPH laisse s’installer et maintient un climat désastreux et insalubre), lui donne son statut d’office public et les autorisations de construire n’importe quoi n’importe où et n’importe comment) en modifiant les plans de l’architecte et en construisant un mur X à la place d’un un mur Y : le mur X porte une fenêtre, le mur Y s’en libère.

Fenêtre sur cour (… d’appel ?)

La modification n’est pas anodine : l’architecte Raphaël Gabrion, maître d’oeuvre qui s’abrite aujourd’hui derrière son maître d’ouvrage Paris-Habitat (voir la demande d’information de Cavé Goutte d’Or du 8 décembre 2015 et le courriel de l’architecte du 9 décembre en réponse), avait vendu cette baie comme un élément de façade susceptible d’atténuer le massif blanc qu’il imposait à la rue.

Paris-Habitat y aurait renoncé pour des raisons financières comme il avait renoncé, pour les mêmes raisons, à conserver le bâtiment du 24 rue Cavé qui avait pourtant suscité l’attention des instances patrimoniales de la Ville de Paris. Si les questions financières avancées étaient de l’ordre de l’opportunité (ou de « l’efficience sociale », comme le disait pompeusement une note des ineffables « comités techniques » qui ont prétendu légaliser la démolition de la Goutte d’Or), le non respect des plans déposés à l’appui d’un permis accordé (ou « la méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire », comme le dit la loi) relève du droit pénal.

Selon l’article L.480-4 du code de l’urbanisme, le défaut d’autorisation ou le non-respect des prescriptions d’une autorisation « est puni d’une amende comprise entre 1.200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d’une surface de plancher, une somme égale à 6.000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l’article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300.000 euros. En cas de récidive, outre la peine d’amende ainsi définie un emprisonnement de six mois pourra être prononcé ».

En l’occurrence, il y a aucune doute que le permis finalement accordé à Paris-Habitat prévoit la construction d’une fenêtre sur la façade ouest du bâtiment. Cavé Goutte d’Or estime que l’absence de cette fenêtre dans l’exécution du permis est une « méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire » au sens de l’article précité.

Comme elle l’évoque en conclusion de son billet « Miserere », l’association devra peut-être contester l’inexécution, voire demander l’exécution, du permis dont elle conteste la légalité… « Dilemme moins absurde et contradictoire qu’il n’y paraît », poursuit-elle (lire dans la page articles : « L’Opéra Garnier se croit à la Goutte d’Or »).

Paris Habitat n’en est pas à son coup d’essai. Sans même rappeler ici les procédures qui l’avaient mis en délicatesse (si l’on peut dire) avec la CNIL pour cause d’atteinte à la vie privée de ses locataires (voir Le Monde du 3 février 2012 et notre billet « Murmure »), l’OPH démolit scrupuleusement l’âme du quartier en construisant irrégulièrement sur les parcelles matériellement démolies par la SEMAVIP des bâtiments qui ne tiennent pas deux ans, préjudiciant ainsi les deniers publics par tous les bouts.

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Humeur du 12 août 2015

Les Balkany devront-ils aussi renoncer à leur résidence dans la Goutte d’Or ?

  • En fond de cour d’un des immeubles sauvés des ravages de la Politique la ville, la maison ne paie pas de mine, mais c’est précisément le charme que lui auraient trouvé les Balkany.
  • La Direction de la Démocratie et des Territoires aurait demandé qu’elle soit saisie comme les autres propriétés du couple, et restituée au Réseau friche pour des festivités citoyennes.
Photo Réseau friche, juillet 2014.

La résidence secrète des Balkany à la Goutte d’Or. Photo Réseau friche, juillet 2014.

Après la villa Pamplemousse sur l’île de Saint-Martin et le moulin de Giverny, c’est l’une des résidences parisiennes les plus secrètes et les plus inattendues du couple Balkany qui risque d’être saisie.

On se souvient que les enfants terribles de Levallois-Perret s’étaient installés dans cette petite bâtisse cachée entre les 5 et 7 rue Myrha, 30 et 32 rue Affre, demeurée à l’abri même des promenade organisées cet été par l’association Goutte d’Or et vous (dont on dit, en revanche, qu’elle ne manquera pas de visiter le 5 rue Myrha encore debout grâce notamment aux efforts de Cavé Goutte d’Or), dès qu’ils avaient compris tous le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de l’inscription fantôme de ses voisins au cadastre (et donc au fisc).

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Cadastre avec un 5 rue Myrha « libéré » pour le dire comme les démolisseurs.

Le cadastre de Paris avait en effet brièvement diffusé une carte où le 5 rue Myrha était « blanchi » (par opposition à « jauni »), apparaissant ainsi comme non bâti, donc démoli (voir ci-contre), puis s’était ravisé suite à un billet de Cavé Goutte d’Or du 27 février 2013 qui, dans les traces du blog du 28 rue Affre, s’inquiétait de voir ce bâtiment Louis-Philippe enterré vivant par les menées de la Mairie (voir « Cadastrophe ») alors même que Cavé Goutte d’Or en demandait le classement aux monuments historiques (« Patrimoine social »). On distingue en bas à droite de la parcelle un carré jaune encore bâti dans le désert blanc dont rêvaient les re-constructeurs et cette situation incongrue aura peut-être pesé dans le choix des Balkany d’acquérir cette parcelle qui risquait fort de demeurer terra incognita, même lorsque le cadastre de Paris corrigera sa bévue et « reconstruira » le 5 rue Myrha (ci-dessous).

Blanchiment de parcelles

Des parcelles très convoitées.

Des parcelles très convoitées.

Pouvoir « blanchir » ainsi d’un simple coup de stabilo une parcelle du cadastre de Paris fait rêver les investisseurs. Mais les saisies successives des maisons des Balkany, voire la chute de la maison Balkany, ne manqueront pas de remettre sous les feux de l’actualité le sort réservé à leur résidence de la Goutte d’Or. Car, aussi modeste soit-elle, cette petite maison au fond de la friche est  au coeur d’une des procédures engagées devant le Tribunal administratif de Paris pour protéger des agressions de la Société Batigère tant le 5 rue Myrha (que Cavé Goutte n’a hélas pas réussi à faire inscrire au patrimoine national, mais qui l’est au PLU) que l’église Saint Bernard, en revanche inscrite et bien inscrite quant à elle, et même sur le point d’être classée monument historique. Médiocre et m’as-tu vu, le projet de Batigère entend en effet écraser le bâtiment Louis-Philippe qu’il absorbe et ne tenir aucun compte du monument historique avec lequel il est en co-visibilité.

Le champ de visibilité de l'église Saint Bernard depuis le carrefour Myrha/Affre (Document Recours Gavé Goutte d'Or).

Le projet Batigère et les champs de visibilité avec l’église Saint Bernard, monument historique (image de fond : Louis Téqui, architecte).

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Humeur du 3 août 2015

Staphylocoque doré évacué d’urgence au carrefour Panama / Suez

  • L’humeur du 5 février 2015 sur « les trucs à la turque de l’adjoint à Lejoindre » (voir ci-dessous) est restée longtemps à la une de notre page dédiée aux humeurs de notre blogmaster. La voilà détrônée, si l’on ose dire.

Déjà contraints de suivre les mouvements bien connus du déboutonnage / reboutonnage précédant et suivant le coup de reins concluant la miction masculine en plein air rendue possible (et subsidiairement autorisée) par les modules urbains triphasés en forme d’obus installés par la Mairie de Paris dans ses quartiers pauvres (les démarches sont plus subtiles – plus perverses ? – en zones moins sensibles), les passants ont suivi récemment avec angoisse la tentative d’égayer un peu cet improbable mobilier urbain.

La Mairie de Paris, à l’initiative de ces urinoirs de rue, avait-elle organisé un concours festif et citoyen encourageant les habitants à se laisser aller dans une geste artistique ? La dorure de la vespasienne annonçait-elle sa privatisation en prévision d’une visite inopinée du roi Salmane à Château Rouge ? Ou n’était-ce que la farce d’un petit malin prétendant tout transformer en or ? Puis d’un autre (ou le même) venant taguer sur l’urinoir d’or d’effrayantes pustules plus ou moins purulentes ?

Enlèvement administratif d'urgence, 3 août 2015.

Enlèvement administratif d’urgence, 3 août 2015.

Quoi qu’il en soit, l’objet a été évacué ce lundi 3 août à 18 heures (évènement photographié de façon pressante, comme il se devait, par un de nos correspondants passant là par hasard) et remplacé par un module gris et sobrement classique qui n’a pu être photographié, car immédiatement pris d’assaut par les hommes qui faisaient la queue pendant l’enlèvement.

La dernière goutte, d’or encore

Au moment de la recrudescence sur la rue Myrha des potelets anti-stationnement (également connus, ma foi, sous le nom de « bites de trottoir »), il fallait intervenir rapidement pour ne pas risquer l’épidémie.

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Humeur du 5 février 2015

Les « trucs à la turque » de l’adjoint à Lejoindre

  • Lors du dernier Conseil d’arrondissement, l’adjoint à l’Urbanisme du 18e a expliqué pourquoi le budget de l’ICI Stephenson était l’objet d’un deuxième dépassement.
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Interdit d’interdire. © image cptp.skyrock.com

«L’architecte avait fait des toilettes comme on a là actuellement», raconte Michel Neyreneuf qui semble ignorer que les toilettes usuelles en Europe s’appellent «anglaises» ou «à l’anglaise» par opposition aux toilettes «turques» ou «à la turque».

À propos de l’ICI Stephenson, l’adjoint à l’Urbanisme commence par rappeler à ses collègues les conditions dans lesquelles la Mairie a «créé un OVNI, quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs». Puis il rappelle aussi quil n’y avait pas d’interlocuteur cultuel sûr et que, lorsque cet interlocuteur est apparu, il a fallu revoir certains éléments que les architectes avaient construits à l’aveugle, si l’on peut dire, «du fait que l’on a créé quelque chose qu’on ne maîtrisait pas vraiment et qu’il nous manquait des éléments pour travailler sur le monument».

C’est le cas des toilettes. En voyant les toilettes à l’anglaise, les partenaires du projet auraient indiqué, selon ce qu’en retient Michel Neyreneuf : «Ben non ! Nous y nous faut des trucs à la turque». Et l’adjoint d’expliquer au Conseil : «Bon, ben ça fait un surcoût !» (cf. Verbatim de M. Neyreneuf, vidéo officielle sur le site de la Mairie de 03:59 à 04:55).

De cette situation, est né un projet de délibération n° 2015 DPA 12, abordé au point 7 de l’ordre du jour du 26 janvier 2015.

Le truc du surcoût

Le dépassement de 274.000 € (pour d’autres trucs que les toilettes, on présume) a été approuvé par le Conseil, mais les Verts et l’UMP se sont abstenus, pour ne pas dire retenus (de voter contre).

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Humeur du 8 octobre 2014

Hubert Reeves invité d’honneur de la Fête des Vendanges de Montmartre

  • Joli selfie de l’astrophysicien avec les étoiles de la Mairie du 18e dans une autolib.  

L’astrophysicien Hubert Reeves est l’invité d’honneur de la soirée d’ouverture de la Fête des Vendanges de Montmartre 2014, ce 8 octobre de 19h à 22h (voir le programme).

La Mairie du 18e a dépêché ce matin quelques-unes de ses plus belles étoiles pour le conduire – en autolib il s’entend – au pied de la butte. Le selfie montre Aline Weber, directrice de la communication auprès du Cabinet du Maire du 18e et, en arrière plan, Carine Rolland, première adjointe chargée des affaires générales, de la culture et du patrimoine. Bravo !

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Humeur du 27 septembre 2014

Trierweiler à Château Rouge, Hollande remet son casque

L’auteur de Merci pour ce moment aurait été exfiltrée de Château Rouge où elle aurait été « reconnue par des vendeurs à la sauvette », assurent RTL et BFMTV ce soir 27 septembre 2014. « Débordée par l’attroupement, Valérie Trierweiler se serait réfugiée dans une boutique avant d’appeler la police, paniquée », lit-on sur le site de BFMTV.

« Simple bousculade de passants voulant se faire photographier avec elle », corrige fissa le patron du Service politique de l’AFP (rien moins !) sur son compte tweeter.

Et Mme Trierweiler de rassurer le monde sur le sien (image ci-dessous) :

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243 RT à 21 h 45, 300 à 21 h 15, … On partage ? (source : @valtrier)

On attend les épisodes suivants : Trierweiler à la rave party de la SEMAVIP (voir sur le blog)… Le patron du Service politique de l’AFP fait un sujet politique sur la Goutte d’Or… Le préfet de Police se prend une baffe rue Myrha (bof ! déjà vu !)… Hidalgo confirme : « Rien ne peut justifier ces agissements et la dégradation d’équipements publics qui sont le bien commun des Parisiens » (voir sur le blog).

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Humeur du 23 septembre 2014

À métro aérien, promesse en l’air ?

Joli titre du Parisien qui évoque ce matin l’engagement commun de campagne d’Éric Lejoindre et Rémi Féraud, élus maires des 18e et 10e arrondissements, sur un ambitieux projet de promenade urbaine sous le viaduc du métro.

Nos lecteurs peuvent suivre le projet porté par Action Barbès sur le blog de cette association dont le travail couvre les 9e, 10e et 18e arrondissements réunis sur le carrefour des boulevards Magenta, Barbès, Rochechouart et de la Chapelle.

Le blog de Cavé Goutte d’Or s’est récemment inquiété de voir le projet passer à l’attrape nigaud du budget participatif : voir notre billet du 13 septembre 2014.

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Humeur du 25 août 2014

Coup de théâtre : Devant la fronde des défenseurs du patrimoine, Anne Hidalgo aurait confié la Commission du Vieux Paris à Arnaud Montebourg

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Florilège (Google, 25 août 2014).

Anne Hidalgo voulait se débarrasser de la Commission du Vieux Paris (voir notre billet de ce matin). Manuel Valls devait se débarrasser d’Arnaud Montebourg (et réciproquement). François Hollande entendait se débarrasser de toute décision,…

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(suite).

Le tollé provoqué par la révélation du Canard enchaîné quant à l’intention municipale de museler la Commission du Vieux Paris – de la droite extrême dite de souche à la gauche libé dite usée, en passant par businessimmo (qui en bon businessimmo-man vend l’article du Canard à ses lecteurs quand Monts 14 l’offre), islamisme-immo (qui en bon prophète fait où desouche lui dit de faire), les contribuables associés tendance ‘‘radio courtoisie’’ et métronews gratuit -, le tollé donc réunirait tout le monde en voyant là un poste sur mesure pour « l’électron libre » du gouvernement.

Au secrétariat général de la Commission du Vieux Paris, Arnaud Montebourg pourrait en effet dire ce qu’il veut à qui il veut. Anne Hidalgo aurait même accepté de se priver de son adjoint à l’Urbanisme, Jean-Louis Missika, pour qu’il devienne le porte-parole du nouveau patron de la CVP.

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ou comment joindre Missika d’école

Le bon Jean-Louis Missika, auteur des déclarations tonitruantes au Canard enchaîné sur les associations qui se servaient des avis de la Commission du Vieux Paris pour contester les décisions de la Mairie (lire sur le blog), est le seul membre de l’équipe Hidalgo dont il faut montrer patte blanche pour accéder au compte duquel :

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Réponse automatique à la newsletter de Cavé Goutte d’Or (25 août 2014) et étapes successives du cheminement.

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Humeur du 7 juin 2014 (after 70th D Day)

Le Marché Dejean rebaptisé « L’arène Elizabeth II » ?

La reine Elisabeth II (à droite) ...

La reine Elizabeth II à la gauche d’Anne Hidaldo, maire de Paris (Photo Éric Feferberg, AFP, Le Monde).

Selon Alex Taylor et Stéphane Bern, chroniqueurs médiatiques bien connus de la vie de Château Rouge, Madame le maire de Paris Anne Hidalgo, elle-même bien connue pour ses chroniques de l’Île aux caillés durant sa récente campagne électorale, hésitait entre le Marché aux fleurs de la Cité et le Marché Dejean de la Goutte d’Or pour honorer la reine d’Angleterre dont on ignore qu’elle est aussi passée par La Goutte d’Or sur les pas de Louise Michel et de son fils Charles, féru d’architecture contemporaine dont les commentaires sur les immeubles bunkers des opérations Goutte d’Or Sud et Château Rouge sont encore classifiés par le célèbre MI6 (Military Intelligence 6, les services secrets de Sa Majesté).

Deux raisons ont fait pencher la balance en faveur du Marché aux fleurs de la Cité :

  • La première est que, dans le quartier de la Goutte d’Or où est situé le Marché Dejean, le royal convoi n’aurait pu éviter d’exposer à la reine d’Angleterre quelques-uns des fleurons de cette architecture bunker revendiquée libre d’esthétique (aesthetic free), qu’Anne Hidalgo n’aurait pas manqué de glorifier au nom de la métamorphose (put your morphose) de ses quartiers pauvres alors que la reine avait déjà utilisé son joker contre le prince Charles en mangeant du foie gras à l’Élysée.
  • LaVdeJLa seconde se veut un coup de pouce (an inch golpe en hidaldo-windsorien) à la jeune et dynamique association « La Vie Dejean », qui se targue d’opposer la common law (la loi ordinaire) à la voirie peu ordinaire du 18e arrondissement (voir sur le blog), une association qui n’aurait pas aimé devoir changer de nom au moment où elle tente de faire une entrée fracassante… dans l’arène.

hidalgo ElisabethUne troisième raison, plus secrète encore aurait emporté la décision : il semble qu’en racontant au prince Philip la façon terrible dont la police intervient contre les marchands à la sauvette de la rue Dejean (zoom ci-contre et ci-dessous de notre illustration d’ouverture), le prince Bruno, adjoint d’Anne Hidalgo à la Culture et à la Nuit, ait dissuadé définitivement leurs majestés d’inaugurer une plaque pour le Marché Dejean.

Copie de hidalgo Elisabeth

Les princes Bruno et Philip.

 

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Humeur du 27 mars 2014

Après Closer, 18 ensemble sera-t-il condamné à publier sur un quart de page le jugement de François Hollande sur la politique de discrimination dans la Goutte d’Or ? 

Le candidat François Holland aux portes de la Goutte d'Or, boulevard d'Ornano, durant la campagne des présidentielles.

Le candidat François Hollande aux portes de la Goutte d’Or, boulevard d’Ornano, durant la campagne présidentielle en avril 2012.

Le journal de la Mairie du 18e arrondissement de Paris devra-t-il publier le discours d’Aulnay ? Quitte à autoriser le port du casque durant l’écoute.

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Humeur du 21 mars 2014

Lejoindre : « Si la Goutte d’Or fait sécession dimanche, on lui reprend le Mistral »

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Suite aux divers commentaires de la presse internationale concernant l’architecture de Crimée « aux allures soviétiques » qui serait inspirée des fleurons de l’urbanisme subventionné par la Mairie de Paris dans la Goutte d’Or, la Chapelle et l’Îlot Caillié OLYMPUS DIGITAL CAMERA(voir sur le blog : Îlot Crimée), la tête de liste d’Anne Hidalgo dans le 18e arrondissement de Paris s’est inspirée à son tour des menaces de la France contre la Russie.

Paris ne livrerait pas Le Mistral à Moscou. Du coup, Lejoindre supprimerait son Mistral à la Goutte d’Or.

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Humeur du 29 janvier 2014

Un bis pour la Loi de 1913?

  • Dans le 18e aussi !
Les délibérations de la Commission du Vieux Paris sont à se taper le cul par terre.

Daniel Vaillant : « Les délibérations de la Commission du Vieux Paris sont à se taper le cul par terre » (Conseil d’arrondissement du 3 décembre 2012. Vidéo sur le site de la Mairie du 18e arrondissement).

La célébration en 2014 du 101e anniversaire de la Loi de 1913 sur le patrimoine (voir sur le blog) ne sera pas du luxe pour le maire du 18e arrondissement de la capitale et l’équipe qu’il s’apprête à rejoindre en position éligible, puisque aussi bien il ne quitte le poste de maire, contraint et forcé, que pour mieux le conserver.

On se souvient des propos que Daniel Vaillant avait émis au sujet des délibérations de la Commission du Vieux Paris (CVP) sur le Paris-Montmartre, dont il estimait qu’elles étaient « à se taper (le derrière) par terre », ce qui justifiait à ses yeux, si l’on peut dire, qu’on n’en fît peu crédit sur le 83bis Philippe de Girard  (voir sur le blog).

On a déjà noté ici même que les propos souvent vulgaires de Daniel Vaillant devant la représentation politique de l’arrondissement, étaient corrigés par les greffiers municipaux pour les rendre moins abrupts à la lecture qu’ils ne l’auraient été à l’oreille. C’est ainsi que, dans le débat du 10 octobre 2011 sur le 25 rue Stephenson, la fameuse assertion du maire selon laquelle la façade aurait été « dégueulasse » était devenue dans le compte rendu officiel : « la façade n’était pas en bon état » (Voir : « Daniel Vaillant censuré par ses troupes »).

Dans le même esprit, quand le maire du 18e déclare qu’un rapport de la CVP est « à se taper le cul par terre », on ne remplace pas les mots mais on les met dans la bouche d’un collègue, en l’occurrence le bien nommé Lamy.

Lamy a bon dos
ou le bal des faux-culs ?

Les lecteurs du blog ont déjà eu l’occasion d’apprivoiser les déclarations de Dominique Lamy, adjoint au maire du 18e chargé des Transports et des déplacements, élu référent du conseil de quartier Goutte d’Or / Château Rouge, notamment à propos du partage discriminant du quartier par « types de populations ® » (voir la vidéo).

Là, alors que la vidéo de la séance fait clairement entendre Daniel Vaillant insulter la Commission du Vieux Paris, le compte rendu écrit de la même séance prête à son aimable adjoint (aux Transports, il est vrai) les propos sur son derrière.

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Humeur du 1er janvier 2014

Paris Habitat contraint d’habiter ce que nul ne veut habiter

  • Le faire valoir social de la Mairie de Paris réhabilite pour lui-même les pieds d’immeubles tout pourris de la Goutte d’Or Sud
Pas de porte à reprendre par soi-même sur de la Goutte d'Or 'décembre 2013).

Pas de porte à reprendre par soi-même rue de la Goutte d’Or (décembre 2013).

D’habitude, la Mairie de Paris trouve un brocanteur social subventionné du type Interloque, un réparateur de machines à coudre ou une association amie pour occuper les locaux que les commerçants, les libraires et marchands de journaux ne réussissent pas (allez savoir pour qui/pour quoi) à faire vivre dans la Goutte d’Or.

OLYMPUS DIGITAL CAMERADans la rue de la Goutte d’Or elle-même, artère majeure de la désastreuse opération Goutte d’Or Sud, elle ne parvient même pas à trouver de bonnes âmes pour faire croire.

Paris Habitat s’y coltine donc, ce qui n’est finalement que justice.

Des locaux destinés
à un changement de destination

C’est ainsi qu’un des nombreux locaux aussi grillés commercialement qu’ils sont grillagés architecturalement va être administrativement affecté d’un changement d’affectation et, plus précisément encore (serait-ce son destin ?), d’un changement de destination : « Changement de destination de locaux commerciaux en locaux de gestion de logements sociaux », explique sans rire le panneau dans lequel les habitants ne tombent plus.

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Humeur du 23 décembre 2013

Courage à Anne Hidalgo qui m’a déshérité

  • Le mot vengeur de Daniel Vaillant à la candidate PS à la Mairie de Paris
Lettre d'au revoir de Daniel Vaillant à ses administrés parue sur le site d'Anne Hidalgo.

Lettre d’au revoir de Daniel Vaillant à ses administrés parue sur le site d’Anne Hidalgo.

En raison des multiples lectures possibles de l’expression «coup de pied de l’âne», et afin de ne pas avoir à «regretter l’interprétation» que les intéressés pourraient en faire, nous ne l’utiliserons pas pour qualifier le petit mot que Daniel Vaillant écrit à Anne Hidalgo à travers ses administrés auxquels il dit «  Au Revoir » avec une grande rancune pour la première adjointe de Bertrand Delanoë qui lui aurait appliqué plus que rétroactivement une loi pas encore en vigueur :

  • « En mars 2014, je ne serai plus votre maire. Mon parti, le parti socialiste, a décidé, à Paris, d’interdire, avant même l’adoption de la loi qui s’appliquera en 2017, le cumul entre mandat parlementaire et maire d’arrondissement. J’ai donc soutenu mon premier adjoint et ami Éric Lejoindre (…) ».

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Humeur du 28 novembre 2013

Métronews inaugure l’ICI Barbès tout seul

Ou mieux encore : la réalité devient illustration.

Ou mieux encore : La réalité devient illustration. Crédit photo (si l’on peut dire) : Métronews.

Le journaliste de Métronews Julien Marival a dû se sentir bien seul à l’inauguration de l’Institut des cultures d’islam s’il est allé là où l’illustration choisie pour son cliché  devenait, selon la légende, réalité.

Sur les trottoirs de la Goutte d'Or.

Sur les trottoirs de la Goutte d’Or.

Certes, il y aura bientôt deux ICIs et deux adresses, mais pour l’instant, seul l’ICI Stephenson est sorti de terre et c’est lui qui a été inauguré ce jeudi 28 novembre 2013.

La Ville n’avait pourtant pas lésiné dans les marques au sol pour indiquer la voie à suivre (photo ci-contre).

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Lire par ailleurs sur le blog : L’inauguration de l’ICI Goutte d’Or et Les dommages collatéraux au street art.

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Humeur du 8 novembre 2013

Mitterand écrit comme Caillé

La Mairie de Reims n’a pas tardé à déboulonner la plaque mal orthographiée de l’« Esplanade François Mitterand ». Sitôt dévoilé le 7 novembre 2013, en présence d’Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et président de l’Institut François-Mitterrand, l’objet du délice (sur tweeter) a été « retiré fissa », comme l’explique l’excellente revue de presse de France inter de ce 8 novembre 2013 entre autres délicieuses histoires de… coquilles.

… et la coquillette cherra

Selon L’Union de Reims, qui met la coquille à la une, François Mitterrand se serait bien passé de pareil… homage, mais il faut saluer la maire de Reims pour sa réactivité et son humour car la plaque a été remplacée dans la journée, et Adeline Hazan a ainsi un peu brisé ses z au buzz…

La correction de la faute : voilà un hommage que René Caillié eût souhaité que la candidate à la Mairie de Paris lui fît, elle qui le laisse cailler à l’approche de l’hiver en dépit du buzz inouï, littéralement inouï, autour des billets de Cavé Goutte d’Or qui, depuis juillet et l’inauguration en grande(s) pompe(s) du site de campagne d’Anne Hildago, estiment qu’assortie à la promotion de sa politique de logements sociaux, comme elle l’est sur son site de campagne, la faute à « l’Îlot caillé » révèle beaucoup de mépris pour les quartiers défavorisés du 18e Est.

Deux R à Mitterrand,
trois ères au PS parisien ?

Autour de l’îlot Caillié, toujours caillé les 6 et 8 novembre 2013 (ci-contre), les habitants de la Goutte d’Or et la Chapelle pensent en effet que la façon dont la patronne de l’Urbanisme parisien se glorifie des logements sociaux construits sous son ère (et les deux ères de son prédécesseur) manque d’attention sociale.

Si Anne Hidalgo avait la même réactivité et le même humour qu’Adeline Hazan, le même respect aussi pour les plaques de rue et ses administrés, elle aurait déjà puisé dans les billets de Cavé Goutte d’Or pour tweeter la fin du yogourt !

Une dernière suggestion gratuite à son équipe de campagne : inviter Hubert Védrine à l’îlot caillé.

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Humeur du 5 septembre 2013

Le G-20 à Stalingrad

Architecture Stalingrad (angle Nord-Est de l'Îlot Cailié (Photo CGO, juillet 2013).

Architecture Stalingrad (angle Nord-Est de l’Îlot Caillié, Paris, juillet 2013).

Alors que le Sommet dit « du G 20 » s’ouvre à Leningrad (Saint Petersbourg) dans ce que les médias tout contents appellent « un climat de guerre froide », les habitants de la Goutte d’Or, de la Chapelle, et de l’Îlot Caillié (voir ce nom) se penchent sur les trente années de guerre froide que leur ont imposées la ZUS de 1984 et les architectes du régime (voir ci-dessus et par ailleurs sur le blog).

On apprend qu’en soutien à ce combat hors d’âge, les propriétaires d’automobiles Jaguar à la Goutte d’Or s’opposeront désormais à toute construction d’immeuble reflétant trop de lumière dans les rues Myrha et avoisinantes (voir ci-dessous).

Panique à Londres ! Un immeuble encore en construction aveugle les passants du fait de l'effet de loupe créé par sa façade en verre. La tour est même accusée d'avoir fait fondre une Jaguar en projetant sur elle un puissant rai de lumière (Photo AFP / Léon Neal /nouvelobs.com).

Panique à Londres ! Un immeuble encore en construction aveugle les passants du fait de l’effet de loupe créé par sa façade en verre. La tour est même accusée d’avoir fait fondre une Jaguar en projetant sur elle un puissant rai de lumière (Photo AFP/Léon Neal/nouvelobs.com).

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Humeur du 12 juin 2013

Les Mairies de Paris et du 18e demandent l’interdiction de l’affiche du Paris Historique

  • L’affiche du Paris Historique sur le patrimoine architectural des faubourgs retirée des panneaux publicitaires de la Mairie à La Goutte d’Or et à La Chapelle en raison de son caractère «choquant»?

Pastiche d’un article d’AlloCiné sur l’interdiction
d’une affiche de cinéma à Saint-Cloud et Versailles. 

affiche GD modLes Mairie de Saint-Cloud et de Versailles semblent avoir eu raison de l’affiche du film « L’inconnu du Lac », raconte AlloCiné du 12 juin 2013.

Les démolisseuses de la Goutte d’Or et de la Chapelle auront-elles à leur tour raison de l’affiche du Paris Historique (ci-dessous) ?

Le Paris Historique sur les barricades.

Le Paris Historique sur les barricades.

L’affiche a choqué la SIEMP et la SEMAVIP, obligeant la société de publicité urbaine à la retirer de tous les panneaux d’affichage des deux quartiers. Le scandale ? La représentation d’un immeuble qui s’embrase sous les coups de la Ville de Paris et de la SEMAVIP avec, en arrière-plan, la suggestion d’une possibilité de le conserver.

Interrogés, les services de communication des SEM* plus qu’hier et moins que demain justifient ce retrait en invoquant les nombreuses plaintes des émargeant de la Ville de Paris, choqués par la contestation de la politique du maire.

Une affiche de son temps

Faisant écho à l’actualité socio-culturelle de la Goutte d’Or et de la Chapelle et au combat des habitants sensibles à son patrimoine, cette polémique n’a pas manqué d’enflammer la toile et twitter, certains y voyant un sens du timing et de la provocation notable.

VIALET 83bisLe Canard enchaîné du 5  juin 2013 a raconté la dérive autoritaire du maire de Paris qui impose un « bâillon municipal » à la Commission du Vieux Paris (voir sur le blog : « Le lièvre et le canard ») et le maire d’Istanbul pense en faire autant du premier ministre turc.

En attendant, la SIEMP a remplacé l’affiche du Paris Historique sur le 83bis Philippe de Girard par une affiche mièvre aux couleurs de glace faisant croire aux habitants que tout va bien dans le meilleur des mondes (photo ci-contre).

*SEM=Société d’économie mixte, en l’occurrence de la Ville de Paris comme SEMAVIP et SIEMP, les plus actives dans la démolition de la Goutte d’Or et la Chapelle.

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Humeur du 1er juin

Un projet d’aménagement urbain enflamme Istanbul, tout est calme rue Philippe de Girard

Crédit Le Monde.

Le journal Le Monde rapporte aujourd’hui que plusieurs milliers de personnes sont venues témoigner leur soutien aux défenseurs du patrimoine qui s’insurgent contre un projet immobilier de la Mairie… d’Istanbul : « des associations culturelles, des syndicats, des groupes d’artistes, d’étudiants, des défenseurs de la nature, des anticapitalistes, quelques punks avec leurs chiens… Et, au-delà, tous les riverains stambouliotes ulcérés par la marchandisation du centre-ville et le remodelage urbain mené par la municipalité à coups de bulldozers ».

Les traces du passé seraient méprisées, confirme Le Point, des casernes ottomanes seraient démolies pour construire un centre commercial.

À La Chapelle, sur la voie royale qui, bien avant l’Empire ottoman, conduisait de Lutèce à la plaine Saint Denis, un immeuble en danger jusqu’à la semaine passée est démoli cette semaine (Lire sur le blog : Dommage en la demeure). Le gouvernement n’est pas inquiété, les riverains sonnés ne manifestent pas, et le maire local festoie avec les démolisseurs à un jet de pierre (voir le tweet de Myriam El Khomri ci-dessous).

Sans titreGibet royal

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOn peut voir actuellement, dans les locaux du Paris Historique, rue François Miron, une exposition qui retrace l’histoire ancienne d’un quartier que démolit la Mairie de Paris. Bien connu par les lecteurs de Cavé Goutte d’Or, l’immeuble situé au 83 bis de la rue Philippe de Girard, dans l’ancien village de La Chapelle, y est décrit comme « présentant des intérêts historiques et architecturaux multiples. En effet, ce bâtiment d’origine rurale est situé sur un axe historique du nord de Paris qui n’est autre que l’ancienne route romaine qui reliait Lutèce à Soissons ».

OLYMPUS DIGITAL CAMERA« Il faut rappeler la place particulière de l’ancien village de La Chapelle dans l’histoire de la ville de Paris et de sa relation avec la commune de Saint-Denis, poursuit le texte de Paris Historique. Dès l’époque gauloise, la plaine Saint-Denis est, en effet, un lieu très important, à la fois politique et religieux avec la présence de sanctuaires. Cette caractéristique se confirme durant la période gallo-romaine comme le prouve l’acclamation de Julien l’Apostat en tant qu’Auguste à cet endroit. La foire du Lendit et l’essor du sanctuaire de Saint-Denis, dont les reliques sont situées à l’origine à La Chapelle, contribuent également, au Moyen Âge, au développement du village. À cette époque la rue Philippe de Girard était appelée chemin des Potences car elle passait par la Butte des potences où se trouvait le gibet royal. Elle porta également par la suite les noms de chemin du Boulevard ou encore rue Chabrol. »

Chabrol, comme Fort Chabrol ? Les ingrédients d’une révolution municipale, place Paul Eluard, au bout de l’ancien chemin des Potences, sont réunis : un gouvernement municipal qui triche, un adjoint au Logement qui ment au Conseil de Paris, les architectes du patrimoine écartés, un quartier méprisé par le capital (que le capital se prétende social ne change rien, en témoigne la misère que la SIEMP et l’AFEV ont récemment vendue à TF1 pour mieux en tirer bénéfice).

Journal d’un habitant de la rue Philippe de Girard

  • 25 mai Sur un panneau, on peut lire : « Démolition d’un ensemble bâti » au 83bis… Le mur de clôture avec la parcelle voisine a déjà disparu. L’échéance des travaux est annoncée pour juillet prochain. Un placard annonce aussi la demande d’installation d’un échafaudage fixe pour « autres travaux » (?), pour la période du 23 mai au 23 août. Le glas aurait donc sonné ?
  • 28 mai Les ouvriers s’activaient aujourd’hui au montage de l’échafaudage… La façade du 83bis disparaît ce soir derrière un corset métallique. Aucun engin de BTP en vue
  • 29 mai Une partie de la charpente est déjà démontée… Et l’image de la future résidence, placardée au milieu de l’échafaudage, précipite la déchéance de cette vénérable bâtisse.

La prochaine fête des voisins avec la SIEMP autour de ça ?

VIALET 83bisCi-dessus : l’affiche qui trône sur l’échafaudage, détrône la porte cochère du 83bis, insulte l’architecte des bâtiments de France et, comme l’écrit notre correspondant, précipite la déchéance, sinon de la vénérable bâtisse qui n’en peut mais, du moins du patrimoine parisien du futur.

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Humeur du 18 mai 2013

Les ZUS des années 80 à la remorque

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Image Citroën

ImageImages Citroën C4 Picasso

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Humeur du 15 mai 2013

Récession : François Hollande renonce à Cannes, mais pas aux marches

François Hollande au pied des marches (image GC, 2012).
François Hollande au pied des marches Boris Vian à la Goutte d’Or.

Au moment de la sortie en salles du film Le pouvoir de Patrick Rotman, le président de la République part pour Bruxelles, à l’opposé de la riviéra cannoise où s’ouvre aujourd’hui le 66e Festival du cinéma.

Cannes cela tienne

En marque de soutien à Cavé Goutte d’Or, dont il a relayé le message tout au long de la campagne électorale de 2012*, François Hollande s’est arrêté en chemin sur les marches de la Goutte d’Or, plus connues sous le nom de rue Boris Vian, où l’association a récemment tenu un colloque impromptu.

* Voir notamment sur le blog : Le discours d’Aulnay et Pas de ghetto dans la République que je veux.

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Brève postée le 25 février 2013 (suite de la page Accueil)

Après Le Nouvel Obs en reportage sexuel dans les draps de DSK, Le Parisien se lance dans un reportage textuel sur Jean-Yves Mano

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Jean-Yves Mano (DR).

Le Parisien a soufflé tous ses confrères. On s’attendait à ce que les bonnes feuilles des frasques textuelles du maire adjoint au Logement de Paris et président de Paris Habitat à la Goutte d’Or et La Chapelle soient un jour publiées, mais pas si tôt.

Le Parisien, qui passe dans la Goutte d’Or pour la voix de son maire tant il suit les instructions de Daniel Vaillant sur sa prétendue « lutte contre l’insalubrité » (voir notamment Le Parisien du 11 avril 2011 et le récent publireportage sur la ZAC Pajol et le maire ci-dessous), aura voulu se dédouaner en dégainant le premier contre le Monsieur Salubre de la Capitale qui accumule ses conquêtes en les traitant de moins que rien.

La dernière en date pour ce qui concerne notre modeste champ d’actions : la maison rurale du 83bis rue Philippe de Girard, immeuble de 1830 que la Commission du Vieux Paris et l’Architecte des Bâtiments de France saluent comme d’un intérêt historique et architectural digne de la plus haute attention, mais que Mano rabaisse au niveau de sa consommation ordinaire d’immeubles insalubres : « sans intérêt architectural », écrit-il de cet édifice dans l’exposé des motifs de la délibération DLH 258 soumise au Conseil de Paris le 11 décembre dernier (voir sur le blog : « Opération Mano pulite au Conseil de Paris »).

Récidiviste

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Jean-Yves Mano avait déjà agi de la sorte à l’encontre du 24 rue Cavé que la Commission du Vieux Paris et le Département d’histoire de l’architecture et de l’archéologie (DHAAP) souhaitaient conserver, le DHAAP le désignant comme « partie intégrante d’une séquence de petites maisons présentes dans la rue et assez rares dans Château Rouge », soulignant que c’était « à ce titre que sa préservation (avait) de l’intérêt » (lien).

Malgré ces avis d’experts, le patron à la fois du Logement à Paris comme maire adjoint de Bertrand Delanoë et du Logement social à la Goutte d’Or comme président de Paris-Habitat a décidé, d’abord seul puis avec son homologue du 18e arrondissement de Paris, Michel Neyreneuf, de le démolir quand même, la SEMAVIP forçant ensuite le cours des choses jusqu’à empêcher le Tribunal administratif de Paris de juger.

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Ce faisant, ils agissaient à l’encontre même des pseudo-règles de pseudo-fonctionnement des pseudo-Comités techniques décisionnels qui se sont arrogé sans droit celui de décider de l’avenir des immeubles confiés à la SEMAVIP dans le cadre de la Convention publique d’aménagement de Château Rouge. Selon en effet les précisions apportées par Michel Neyreneuf au Conseil du 18e arrondissement, ces comités (appelés « comités théodules » par son collègue Sylvain Garel) « respectent complètement le fonctionnement administratif et politique de ce qu’est une Mairie », dès lors que « les seuls décisionnels sont les élus : le représentant du maire de Paris ; le représentant de l’adjoint à l’Urbanisme ; le représentant de l’adjoint au Logement ; évidemment le représentant du cabinet de l’adjoint aux Finances, parce que c’est un élément important ; la Mairie du 18e » (voir Verbatim du Conseil d’arrondissement du 10 octobre 2011).

Or, à eux seuls, MM. Mano et Neyreneuf ne formaient pas le groupe décrit et censé « respecter complètement le fonctionnement administratif de ce qu’est une Mairie ».

On est donc heureux que la presse parisienne appréhende enfin le système Mano dans la Goutte d’Or et la Chapelle. Si Le Parisien s’est montré audacieux, Mediapart reste en embuscade.

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Brève postée le 30 janvier 2013

Le Parisien décroche une interview choc de Daniel Vaillant  :

Joli cadeau de Le Parisien que Daniel Vaillant a court-circuité. On peut lire en effet l’article gratuitement sur la page facebook de la Mairie du 18e le 30 janvier 2013 alors qu’il est encore en vente 1,50 € sur le site du journal.

On promet à Le Parisien qu’on ne lui ferait pas un coup pareil à Cavé Goutte d’Or. Nous, quand Le Parisien parle de nous, on laisse la vedette à Le Parisien.

On se souvient de l’écho premier, donné le 4 avril 2011 par Le Parisien sur l’action première de Cavé Goutte d’Or : «Ils veulent sauver le patrimoine de la Goutte d’Or». Un écho frappé dans les 48 heures d’un sévère droit de réponse de Daniel Vaillant déguisé en interview de Le Parisien du 6 avril 2011 «Daniel Vaillant défend sa politique de lutte contre l’insalubrité ».

Depuis, Le Parisien est resté au garde à vous et dans les clous. Les Parisiens qui voulaient suivre l’actualité de la rue Boris Vian, par exemple, ont dû se rabattre sur les sites du JDD Journal du dimanche, de Métro, du Figaro, de Maville.com, TV5Monde via l’AFP, de Mybooks, d’ActuaLitté, les univers du livre,… le blog de Cavé Goutte d’Or et celui de la Cohérie Boris Vian.

Depuis aussi, Le Parisien a salué le blog de Cavé Goutte d’Or comme « très instructif », mais en courrier interne, pas dans ses pages. Et pourtant, écrivait le journaliste chevronné de Le Parisien à Cavé Goutte d’Or suite à un de nos articles sur la ZSP : « Votre histoire a largement de quoi alimenter les pages du Parisien. Êtes-vous déjà en contact avec des journalistes de l’édition de Paris ? » Entre-temps, une stagiaire d’été à Le Parisien écrivait à Cavé Goutte d’Or : « Emballée ! Hâte d’avoir de vos nouvelles ! »

Mais Vaillant veille ?! Du coup, l’opinion de Le Parisien sur le travail de Cavé Goutte d’Or est publiée dans la page courrier du blog.

La liberté de la presse a largement
de quoi remplir les pages du journal

 Pour mémoire

Extrait de l’article publié le 8 juin 2011 par cavegouttedor

La journaliste du Parisien dépêchée le vendredi 1er avril 2011 à l’angle des rues Cavé et Stephenson pour enquêter sur la démolition envisagée des anciennes plumasseries Loddé devait annoncer le combat du COLLECTIF CAVE GOUTTE D’OR avec un certain enthousiasme : «Ils veulent sauver le patrimoine de la Goutte d’Or», lançait-elle en titre dans l’édition du lundi 4 avril (2011).

Un patrimoine à la Goutte d’Or ? La Goutte d’Or, un patrimoine ? L’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement, veillait. Il obtiendrait un droit de réponse déguisé dans les 48 heures, déguisé parce que non présenté comme tel : «Daniel Vaillant défend sa politique de lutte contre l’insalubrité », annonçait en titre le Parisien du 6 avril 2011 : « Il s’oppose catégoriquement aux arguments avancés par le Collectif Cavé – Goutte d’Or concernant l’immeuble du 25 rue Stephenson (notre édition de lundi) ». Du moins Le Parisien notait-il que la mairie du 18e était sur la défensive…

Et la défense de Daniel Vaillant serait très sarkozienne, époque larmoyante : « Vous voulez que je laisse mourir les vieilles dames dans l’habitat insalubre ? C’est ça qu’vous voulez ? », demanderait-il à la journaliste qui raconterait à ses lecteurs l’image de la vieille dame qui avait marqué le maire parce qu’elle aurait eu une corde sur sa table de chevet par crainte des incendies : « Je n’oublierai jamais le visage d’une grand-mère qui vivait seule au dernier étage dans 9 m² insalubres avec une corde en permanence à côté de son lit pour lui permettre de se sauver par la fenêtre en cas d’incendie », rapporte sagement Le Parisien.

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Brève postée le 30 décembre 2012

Top 50 du JDD : La Goutte d’Or toujours pas classée comme le quartier le plus populaire des Français !

Square Léon 2012.

Square Léon 2012.

Il est vrai que, comme les plus fins analystes politiques s’escriment à le dire depuis ce matin, le classement du JDD des « personnalités populaires préférées des Français » fait la part belle aux personnalités qui font rire.

Or, à part la SEMAVIP et la Goutte verte, personne ne rit de la Goutte d’Or !

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Brève postée le 20 novembre 2012

Valls à Vaillant : la Goutte d’Or, c’est vous ?

Emporté par sa tirade du 13 novembre 2012 à l’Assemblée nationale sur « les lois qui n’ont servi à rien, qui n’ont pas été appliquées » – une tirade ponctuée de « c’est vous ! » : « L’esbroufe, c’est vous ! L’échec, c’est vous ! La hausse de la délinquance, c’est vous ! (…) » -, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, en visite à Château Rouge ce vendredi 16 novembre, a failli lancer tout de go au maire du 18e arrondissement Daniel Vaillant que la Goutte d’Or, c’était lui.

Mais, encore sous le coup de la remontrance du président de la République, il a pris… sur lui ; et déclaré quelques banalités du type « démonstration de la priorité de la sécurité pour le gouvernement » … « volonté d’être efficace dans la lutte contre la délinquance » … « action de longue haleine » … « faire reculer la délinquance qui gêne la vie d’un quartier » … « la gauche est aujourd’hui en capacité de faire la démonstration qu’elle est efficace dans la lutte contre la délinquance » … (voir vidéo ci-dessous).

Précédent en miroir

Un « La Goutte d’Or, c’est vous ! » de Manuel Valls à Daniel Vaillant aurait eu de l’allure, pourtant, quand on se souvient que le maire du 18e avait lui-même usé du procédé en se défendant du manque de propreté qui était reproché à sa municipalité par la présidente du Conseil de quartier Joffrin-Clignancourt (voir sur le blog). Une fois détourné l’objet du vœu de Laurence Goldgrab, Daniel Vaillant avait fustigé ses collègues de droite au Conseil d’arrondissement en leur lançant que, si le quartier était sale, c’était la faute à la droite alors au pouvoir à l’Élysée :

  • « Votre gouvernement a privé les collectivités locales de leur capacité de réprimer, notamment en matière de déjections canines », lançait-il dans un mouvement à la Jacques Chirac demandant à François Mitterrand s’il aimait les chiens !
  • « La droite voudrait qu’on engage du personnel mais rogne nos budgets ».
  • « Elle supprime les fonctionnaires et nous demande d’en recruter », etc.

L’actuel ministre de l’Intérieur et ancien maire de ZUS pouvait renvoyer l’ancien ministre de l’Intérieur et toujours maire de ZUS à la vacuité et à la vanité du discours tendant à reporter ses responsabilités sur le prédécesseur ou la faute de moyens.

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Brève postée le 25 septembre 2012

Delanoë piégé par Facebook

  • Un message privé d’avril 2006 diffusé par erreur

Photo N. Chauveau/Sipa (2011).

Dans un message non destiné à être publié au-delà de l’intimité du conseil municipal, le maire de Paris avait écrit en avril 2006 à propos des prestigieuses plumasseries Loddé du 25 rue Stephenson à la Goutte d’Or : « Une démolition n’est pas souhaitée eu égard à la qualité architecturale de l’ensemble immobilier, notamment sur la partie donnant rue Cavé ».

Ce message devait rester confidentiel mais est ressorti à la suite d’une manipulation erronée du facemaster de Facebook. Une enquête est en cours (voir notamment : « Anomie : Delanoë renonce en cachette » et, de la page perso de Bertrand Delanoë : Exposé des motifs préalable à la Délibération du Conseil de Paris des 3-4 avril 2006, DU-2006-035).

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Brève postée le 20 septembre 2012

« Une mentalité d’assistés », « une guerre de cent ans », Mitt Romney prétend qu’il parlait de la Goutte d’Or

Crédit photo Jim Youngs/Reuters/Le Figaro

Le candidat Républicain à la présidence des États-Unis Mitt Romney a tenu des propos peu amènes sur 47% de ses compatriotes électeurs de Barack Obama et sur le conflit israélo-palestinien. Devant le tollé provoqué, il s’est rattrapé en prétendant qu’il parlait en réalité de la politique de la ville imposée depuis trente par ses dirigeants au célèbre « quartier monde » de la Goutte d’Or. Traduction : « Les administrations successives traitent les habitants de la Goutte d’Or comme des assistés et ne veulent pas sortir de la guerre contre l’insécurité ».

Relevant sur le site de la Mairie de Paris que ses diverses agences attachées à la politique de la ville ressassaient depuis trente ans le même refrain : « Le quartier-se-caractérise-par-un-tissu-d’habitat-ancien-fortement-dégradé-et-une-population-immigrée-très-nombreuse-les-indicateurs-font-état-de-grandes-difficultés-économiques-et-sociales », Romney a prétendu que ses propos visaient en réalité les dirigeants de la principauté de La Goutte d’Or (les Républicains ne connaissent de la France que Zurich, Monaco et la Goutte d’Or) qui, selon lui, se plaisaient à voir en leurs administrés « des gens qui dépendent du gouvernement, qui pensent qu’ils sont des victimes, qui pensent que le gouvernement doit s’occuper d’eux (…) ».

Dans ces conditions, la réhabilitation se résume à un conflit insoluble, un peu comme au Proche Orient selon Mitt Romney : « De toute façon, les autorités ne veulent pas la réhabilitation du quartier, et ceci pour des raisons politiques liées à leur volonté de détruire, d’éliminer la Goutte d’Or. Face à ça, je dis : « Il n’y a aucune solution. Vous gérez les choses du mieux que vous pouvez. Vous espérez une certaine stabilité, mais vous reconnaissez que cela va rester un problème sans solution » ». Et de poursuivre :  « La situation est instable et on doit vivre avec. Tout ce que nous pouvons faire c’est de botter en touche et espérer qu’en fin de compte, quelque chose arrive pour la résoudre, cette situation. »

Daniel Vaillant et Myriam El Khomri ont démenti, de leurs côtés, avoir stigmatisé les électeurs d’Obama et les Palestiniens (voir sur le blog).

Sources : Mother Jones, Father Jones and son Jones for K-way Golden Drop.

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Brève postée le 10 septembre 2012

« Les bombes ont protégé le littoral »

Couverture, Fayard, 2012.

« Entre 1975 et 1990, les ‘‘nuits bleues’’ ont durablement découragé les investissements (immobiliers) en Corse », disait dimanche matin sur RFI Hélène Constanty, auteur du livre Razzia sur la Corse, sous-titré « Des plasticages à la folie spéculative » (Fayard, 2012). Quelques heures plus tard, dans la nuit du dimanche au lundi, sept supérettes étaient plastiquées dans l’île.

On rassure l’auteur, son éditeur, et RFI : il n’y a bien sûr aucun lien de cause à effet entre les deux événements. De plus, les attaques étaient en quelque sorte ‘‘symboliques’’, les charges de faible puissance n’ont fait que des dommages matériels, aucune victime.

Nos Dames de Saint Plastique

Il demeure qu’en ce dimanche matin 9 septembre 2012, la journaliste de RFI et l’auteur de Razzia sur la Corse évoquaient sans ambages l’apport du plasticage à la protection du « patrimoine sauvage exceptionnel » de l’île :

  • « On a souvent dit que la Corse ne ressemble pas aujourd’hui à la Côte d’Azur ni aux rivages bétonnés d’Italie ou d’Espagne grâce aux actions des autonomistes corses, à leurs bombes, au plasticage, au racket ; qu’en est-il réellement ? », interroge Anna Piekarec, de RFI.
  • Et Hélène Constanty de répondre : « Les bombes ont protégé le littoral, c’est un fait. En l’espace de quinze ans, de 1975 à 1990, un millier de villas et trois cent cinquante établissements touristiques ont été plastifiés », ce qui explique à ses yeux le « découragement durable » des investisseurs.

« Le problème, consent-elle, c’est que ce n’était pas destiné à protéger le paysage, c’était ‘‘La Corse aux Corses’’, l’impôt révolutionnaire, le racket ». Depuis, néanmoins, les investissements ont repris de plus belle : « Tous les jours des dizaines de permis de construire sont accordés, la majorité de façon légale, une grande quantité d’entre eux de façon illégale, avec la complicité tacite des autorités ou sous la pression », note Hélène Constanty.

Un urbanisme sauvage
« stoppé net par la violence »

Et la quatrième de son livre insiste : « Combien de temps le littoral corse résistera-t-il à la pression immobilière ? (…) Dans les années 1960, des projets fous prévoyaient l’aménagement de gigantesques villages de vacances, avec marinas et casinos. Ils ont été stoppés net par la violence nationaliste. Les plasticages et le racket (rebaptisé impôt révolutionnaire) ont durablement découragé les investisseurs. (…) ».

Un temps attirée par d’autres projets fous que ceux qu’elle se coltine (avec diligence ma foi) dans la Goutte d’Or, la SEMAVIP envisageait de rejoindre ses camarades des années soixante en Corse. D’autant que, poursuit la présentation de Razzia sur la Corse : « Depuis dix ans, la donne a changé. La spéculation a repris. Les golfes et les criques sont de plus en plus bétonnés par des promoteurs sans scrupules et des célébrités au bras long, qui rêvent de piscines avec vue sur le large. »

« Des célébrités qui rêvent de piscine avec vue sur le large » (ici, au large de la rue Myrha).

Razzia sur la Goutte d’Or

Le fait que, selon la 4e de couverture de Razzia sur la Corse, « ces opérations se font souvent en violation de la loi littoral de 1986, qui organise, dans toute la France, la protection des bords de mer », n’inquiète pas outre mesure le démolisseur de la Goutte d’Or et ses déconstructeurs associés. C’est comme à Paris, sans littoral maintenant que Paris Plage est plié : « Elles bénéficient de la complaisance de maires trop faibles pour résister aux pressions, qui délivrent des permis de construire les yeux fermés, et de préfets à qui l’on a conseillé, en haut lieu, de lascia core, de laisser faire. »

« Des promoteurs sans scrupules » (angle Myrha/Léon côté cour).

Phénomène nouveau, insiste l’éditeur de Razzia sur la Corse : « Le grand banditisme corse, qui a longtemps fait ses affaires hors de l’île, est désormais bien présent et blanchit des fonds d’origine douteuse dans de gros projets immobiliers, avec la complicité de certains nationalistes reconvertis, eux aussi, dans les affaires. Face à ces menaces, une nouvelle forme de résistance s’organise… ». Il faut sans doute voir dans les points de suspension la résistance des associations locales que salue Hélène Constanty sur RFI, une « action citoyenne » perçue par elle comme « la plus puissante ».

Lascia core

À tout prendre, la SEMAVIP préfère encore la Goutte d’Or : elle a les bras longs dans sa manche, le maire de son côté, la direction de l’Urbanisme dans ses « comités techniques décisionnels ». Le haut lieu, c’est elle ; alors, tant qu’à lascia core, autant lascia core à la Goutte d’Or. En dépit des efforts de Myriam el Khomri, la Madame Tranquillité du secteur passé sous sa houlette en ZSP, la situation est quand même moins nuits bleues à Château Rouge qu’à Ajaccio.

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Brève mise à jour le 25 août 2012

Ça la friche mal

La friche du 24 avant la friche (Photo GC-août 2011).

Nos confrères d’Action Barbès, qui nous citent sous le nom de « un blog », présentent cette semaine la friche du 24 rue Cavé, qui leur avait échappé. La présentation du « jardin solidaire » est aimable, pour ne pas dire citoyenne, mais Action Barbès se veut aussi archéologue et explique qu’avant la friche de l’association EGO, il y avait là une petite maison.

La petite prairie cacherait donc une petite maison au fond, « un petit immeuble d’un seul étage » dont Action Barbès nous dit qu’il était « en mauvais état » et que « sa destruction a fait l’objet d’un mécontentement profond de certains riverains de la rue Cavé qui s’exprime (le mécontentement ? la rue ? NDLR) dans un blog, comme à propos d’autres destructions d’habitats dits insalubres ».

La voix de son maire

Et nos excellents confrères de poursuivre, comme leurs excellents confrères qui tiennent les médias du quartier : « Nous comprenons parfois l’insatisfaction de certains de voir disparaître la trace d’un quartier populaire où subsistaient encore de rares petites bâtisses. Toutefois, l’urgence de loger des citoyens demandeurs d’un logement social ou non doit être considérée ». 

Ben voyons ! ajoute le blogmaster de « un blog », en rappelant à la considération citoyenne d’Action Barbès les faits suivants :

  • la petite maison avait été l’objet de l’attention particulière de la Commission du Vieux Paris avant celle des riverains ;
  • elle était destinée à être conservée ;
  • le Département Histoire de l’Architecture et Archéologie de Paris (DHAAP) avait en effet écrit à son propos que « ce bâtiment bas est partie intégrante d’une séquence de petites maisons présentes dans la rue et assez rares dans Château Rouge » et que c’était « à ce titre que sa préservation avait de l’intérêt » ;
  • elle a ensuite été livrée à dessein aux intempéries par la SEMAVIP qui était chargée de la maintenir en état et non d’en favoriser la désintégration ;
  • elle était enfin au centre d’une procédure devant le Tribunal administratif de Paris quand la SEMAVIP l’a démolie précipitamment sans qu’aucune urgence ne l’impose ;
  • rien n’a été construit à la place : les « citoyens demandeurs d’un logement social ou non » auxquels pense devoir penser Action Barbès n’ont donc qu’à se brosser ;
  • si, au demeurant, « les citoyens demandeurs » avaient obtenu leur « logement social ou non », il n’y aurait par définition pas eu de friche à la place, et pas eu d’article d’Action Barbès pour regretter ce qui n’est finalement qu’une mauvaise gestion du temps, de l’espace, du patrimoine, du droit et de la parole.
Le 24 Cavé voué aux 4 vents (GC-août 2011).

Pour plus de détail, voir le mémoire des riverains sur le blog de Cavé Goutte d’Or et le compte rendu de l’audience du 19 octobre 2011 lors de laquelle le Tribunal administratif saisi en référé a été contraint de constater l’impasse dans laquelle la précipitation de la démolition l’avait mis : « Je ne peux suspendre une décision déjà exécutée », déclarait en substance le juge devant le constat d’huissier lui montrant la friche d’EGO au moment de sa conception (voir sur le blog). Le recours au fond demeure. Et les frises, dit-on en hauts lieux, ont été mises en lieux sûrs.

24 rue Cavé, détails avant démolition (GC-août 2011).

Circonférence citoyenne

Elle aussi désespérément vide durant l’août de la Goutte d’Or, la salle de conférence citoyenne aménagée dans le plus pur style para-rambutéen et para-Napoléon III sur la friche des ci-devant Plumasseries Loddé au 25 rue Stephenson/2 rue Cavé (devenue la friche du 4 Cavé) ne s’offre qu’au regard hélas, – au regard notamment des fenêtres sur cour du, pour le coup, très rambutéen 5 rue Myrha, actuellement objet d’une grande attention…

Entre Rambuteau et Napoléon III, la salle de conférence du Quat’Cave

Le travail de récupération s’étend même sur les terres encore vierges donnant sur la rue Stephenson (aménagements ci-dessous), les pauvres piétons étant conduits dans un labyrinthe fléché de palettes et autres bidons. « Rendez-nous les coquelicots ! », entend-on crier à travers les jours de souffrance voisins.

 

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Brève postée le 6 août 2012

L’autre procès qui plane sur la Goutte d’Or

Le 30 juillet, SAMSUNG encore seule impose ses lettres au périphérique. La Goutte d’Or observe, de dos, ce dernier moment de repos (photo ci-dessus).

Le 31 juillet, SAMSUNG est inquiétée sur son flanc sud-ouest par d’étranges manœuvres (1 ci-dessous). Seule la Goutte d’Or voit que c’est en réalité Apple qui monte un vieux SE dans les cieux (2).

 

SAMSUNG veille, mais Apple pointe (ci-dessous). La suite en délibéré.

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*      *

Brève postée le 28 mai 2012

Buzz au ministère de la Justice

Delphine Batho annonce qu’elle renonce (à son logement social). Ce n’est pas le logement de Batho qui est social, c’est le logement social qui est bateau. La preuve, mon amiral.

Voir Le Monde du 18 mai 2012, Le Parisien du 18 mai 2012, etc.

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Brèves postées le 14 février 2012

Il a neigé sur la Goutte d’Or

Tellement que la SEMAVIP doit tout recommencer.

Et merci au lecteur qui nous envoie, en lien avec le blog de Paris secret et insolite, un billet de novembre 2011 sur le même bâtiment hélas.

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Brèves postées le 2 janvier 2012

Les Beckham occuperont un appartement-terrasse rue Myrha (***dernière minute : ils renoncent/voir ci-dessous)

Loft terrasse des Beckham, rue Myrha

Apprenant que David Beckham pouvait « donner une image planétaire au PSG » (i-télé, journal de 13 heures, 21 décembre 2011), et en général à tout ce qu’il touche, le maire du 18e arrondissement Daniel Vaillant, qui peine à se relever de l’image désastreuse qui a été donnée de l’urbanisme du 18e Est lors du Conseil d’arrondissement du 10 octobre 2011 consacré à l’opération Château Rouge, a invité le spice boy du football mondial à occuper un logement social témoin dans la Goutte d’Or.

Un loft terrasse sur cour qu’on ne savait à qui attribuer car il faisait un peu trop chic aux yeux des journaux du quartier, fera l’affaire. Et Madame Beckham a bien voulu accepter d’occuper, elle aussi, un de ces locaux commerciaux des immeubles TGT* qui ne trouvent pas de commerçants preneurs. Elle a jeté son dévolu sur le rez-de-chaussée de l’angle Myrha/Gardes occupé par une exposition-vente d’objets de récupération-création.

Un quartier très spice

Outre le côté exotique et épicé du quartier, les Beckham auraient été séduits par le caractère très central de la Goutte d’Or qui offre un accès facile au Parc des Princes, où travaillera le papa, par les lignes 4 et 9 du métro parisien avec un seul changement à Strasbourg-St Denis et, bien sûr, le RER pour le Stade de France.

Le square Léon, situé à équidistance entre l’appartement familial et les locaux de la maman, a également pesé dans la balance car il a paru idéal pour les aînés du couple à la sortie de l’école. Si la petite dernière ne peut hélas jouir immédiatement de la crèche que la SEMAVIP annonce pour 2015 au rez-de-chaussée des plumasseries Loddé récemment détruites, les trois garçons pourront jouer dans ce parc convivial ou le basket le dispute aux balançoires et aux jeux d’échecs. L’aîné, Brooklyn, qui aura treize ans cette année, s’est déjà fait des petits camarades de son âge au checkpoint du square Léon, opportunément situé en face d’une pharmacie.

Bien que demeuré secret, le loyer mensuel proposé à la famille Beckham couvrira les frais de l’ascenseur social que les démolisseurs / reconstructeurs de la Goutte d’Or voulaient construire entre les 5 et 7 rue Myrha. Du coup, la SEMAVIP envisage de démolir tous les immeubles de la Goutte d’Or qui n’ont pas d’ascenseurs et de les reconstruire avec ascenseurs car, en quelques mois de loyers (sans compter la caution et les frais d’agence), l’installation des Beckham au cœur de la Goutte d’Or aura propulsé le quartier au rang des plus convoités de Paris.

Quand on vous disait que Bertrand Delanoë briguerait la Mairie du 18e en 2014 ! (voir notre brève du 18 novembre 2011 ci-dessous).

* TGT = Treuttel Garcias Treuttel, cabinet d’architectes coordinateur de l’opération Château Rouge : voir « La Vérité si je mens (suite) ».

*** Dernière minute. Les Beckham renoncent à leur loft de la rue Myrha « pour des raisons familiales ». Cavé Goutte d’Or serait en cause

Tout était prêt. La maison, la mairie, la presse, les écoles. Et hop, en un scoop annonçant trop tôt l’évènement, Cavé Goutte d’Or aurait tout fait capoter.

Ce serait en effet l’information exclusive de Cavé Goutte d’Or (nos éditions d’hier), selon laquelle Brooklyn, l’aîné des enfants Beckham, âgé de bientôt treize ans, s’était déjà fait des camarades de jeux au square Léon qui aurait inquiété les services de sécurité affectés à la Spice Family qui, du coup, a renoncé aussi au PSG et à la boutique de l’angle des rues Myrha et des Gardes.

Devoir de précaution ?

Crédit photo : mode.glamourparis.com

On se demande que vient faire le paisible square Léon dans cette galère et le quartier, tout ravi de la perspective médiatique annoncée, ne comprend pas en quoi ce qui est bon pour lui ne le serait pas pour les Beckham. Un devoir de précaution exagéré sans doute.

En tous cas, le fameux loft-terrasse de la rue Myrha redevient disponible. Daniel Vaillant, qui comptait beaucoup sur les Beckham pour re-gouttedorer son blason, pense à l’attribuer à la vieille dame à la corde sensible dont il a fait (à son corps défendant, faut-il rappeler) l’un des personnages les plus populaires de la Goutte d’Or derrière Yannick Noah et Marie-Anne Belin.

Pas bégueule, la patronne aux très nombreuses carrières de la SEMAVIP a d’ailleurs annoncé son retour pour aujourd’hui :

de: Marie-Anne BELIN Marie-Anne.BELIN@semavip.fr via …………. .magic.fr
à: CAVE GOUTTE D’OR <cavegouttedor@gmail.com>
date: 2 janvier 2012 13:07
objet: Absence du bureau : Bonne année de/à la Goutte d’Or
envoyé par: …………magic.fr
Ce message est important de par son contenu, principalement.
Je suis absente jusqu’au mardi 3 janvier. En cas d’urgence vous pouvez joindre D………. G………, DGA …………@semavip.fr ou tel ……………..ou mon secrétariat au ……………

***

Parachutage sur la Goutte d’Or : Encore raté !

Après les parachutages de Rachida Dati dans le 7e arrondissement de Paris (voir ci-dessous), de François Fillon dans la circonscription briguée par Dati (itou), d’Axel Kahn entre les deux, de Cécile Dufflot dans la sixième circonscription (11e et 20e), de Bertrand Delanoë place Jules Joffrin (brèves précédentes du 18 novembre 2011), après l’esquive de Jean-Louis Borloo, etc., il n’y a toujours aucun parachutage d’homme ou femme politique courageux signalé sur la Goutte d’Or, en dépit des nombreux immeubles faubouriens transformés en friches et terrains vagues dignes d’un atterrissage en douceur et du meilleur effet médiatique.

Terrain à exploiter (25 Stephenson/2 Cavé) – Photo GC (Voir L’oeil en friche)

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L’habitat salubre et la bougie à Sarkozy

Sauf à imaginer que Daniel Vaillant fait du catastrophisme à la Nicolas Sarkozy avec l’habitat salubre, force est d’admettre que Nicolas Sarkozy fait du Daniel Vaillant avec sa bougie et ses autres critiques à l’emporte pièce sur le nucléaire.

En lançant aux antinucléaires Verts, le 25 novembre 2011, qu’il n’était « pas le temps de revenir à l’époque du Moyen-Âge, des peurs moyenâgeuses où l’on se méfiait du progrès, où l’innovation et la recherche étaient comme frappées comme d’un procès en sorcellerie »… puis : « On ne va pas retourner à l’époque de la bougie », le président de la République française a rivalisé en effet avec le discours de Daniel Vaillant devant ses collègues du Conseil du 18e arrondissement du 10 octobre 2011, lorsqu’il égrenait toutes les incommodités d’un autre âge qu’il pensait avoir combattues avec succès et dont il répétait à l’envi n’être « pas nostalgique » : « Le saturnisme, la peinture au plomb, les maladies nerveuses que cela engendrait pour les enfants, je ne suis pas nostalgique qu’il y en ait plus » (…) « Les toilettes sur le palier, moi je suis pas nostalgique de ça, voilà » etc.

« Que sortir du nucléaire nous ramène au Moyen-Âge, qui peut croire ça ? » demande le Vert Denis Baupin. – Eh bien Daniel Vaillant peut le croire ou le faire croire, qui brandit son Moyen-Âge à lui pour faire taire autour de lui.

Avec ces « poncifs les plus éculés », Sarkozy a « franchi toutes les limites de la caricature », poursuit Baupin. Avec son saturnisme et ses toilettes sur le palier, Vaillant aurait pu en montrer au président, et les deux anciens ministres de l’Intérieur ont en réalité parlé le même langage commun étouffant.

Les médias ont justement noté l’exagération de Nicolas Sarkozy sur la bougie et, si des journaux suivaient un peu la politique de la Mairie du 18e dans la Goutte d’Or, ils noteraient également celle de Daniel Vaillant que, jusqu’ici, seul le blog de Cavé Goutte d’Or signale.

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Brèves postées le 18 novembre 2011

Bertrand Delanoë parachuté dans le 18e

Photo Abaca, 2008

Bertrand Delanoë n’est pas content du parachutage convenu de Cécile Duflot à Paris. Mais « sa destruction n’est pas souhaitée », a-t-il rappelé.

D’autant que l’histoire retient qu’il a lui-même été parachuté dans le 18e arrondissement de Paris, par la volonté de François Mitterrand. Son collègue Daniel Vaillant s’en souvient dans l’entretien qu’il a accordé au Parisien le 14 mai 2011.

« Bertrand Delanoë et Lionel Jospin sont arrivés après vous ? », demande le journaliste. « C’est vrai, répond Daniel Vaillant. C’est François Mitterrand qui a demandé qu’on les accueille dans le 18e en 1974-1975 et j’en étais très heureux, il fallait se renforcer. Cela n’a pas toujours été facile. Les militants ne comprenaient pas ces arrivées imposées alors que moi, j’habitais là, j’y travaillais et j’y militais depuis plusieurs années » (entretien complet au Parisien).

Après quelques victoires municipales, la gauche du 18e perd les élections de 1983 et 1989. Bertrand Delanoë reprend alors son parachute. En 1986, retient Wikipédia, « il tente de quitter Paris pour s’implanter électoralement à Avignon, mais son parachutage est refusé par les militants locaux ».

Aujourd’hui, il préparerait un nouveau parachutage dans le 18e. Après Rachida Dati qui a menacé de se parachuter elle-même dans la Goutte d’Or si François Fillon lui piquait sa place dans le 7e arrondissement de Paris (voir ci-dessous notre brève du 26 octobre 2011), Bertrand Delanoë, qui a décidé de ne pas se représenter à la Mairie de Paris en 2014, briguerait finalement celle du 18e.

Il vient d’apprendre, en effet, que le 25 rue Stephenson avait été détruit alors qu’il ne le souhaitait pas et, dans l’une des bandes du Conseil du 18e arrondissement du 10 octobre 2011 qui circulent sur le net, Bertrand Delanoë a entendu son ancien collègue raconter que la façade de ce bâtiment était « dégueulasse ». Il envisage donc de venir reprendre la main dans son quartier d’élection parachutée.

Si Anne Hidalgo, son adjointe actuelle à l’Urbanisme, prend sa place à l’Hôtel de Ville, et se pique de faire respecter, par les maires d’arrondissement, les engagements du maire devant le Conseil de Paris, on devine les étincelles entre l’ex-maire de Paris et son ex-ajointe. Ils en rient déjà.

On va pas s’laisser parachahuter, quand même ! (Photo Abaca)

En tout cas, l’actuel maire du 18e a lui aussi fustigé les parachutages en cascade qui se profilent derrière celui de Cécile Duflot à Paris. « Bertrand m’a déjà piqué une fois ma place et si l’accord entre les Verts et le PS est un accord de façade, c’est une façade dégueulasse », a-t-il affirmé en écho à ses propos au Conseil de Paris sur les accords de façade passés autour du 25 rue Stephenson.

***

La jurisprudence MOX au Conseil d’arrondissement du 18e  

Le maire PS du 18e Daniel Vaillant a félicité son adjoint Verts à l’Environnement, Pascal Julien, et salué la qualité du questionnement contenu dans le vœu que ce dernier a présenté le 3 octobre et courageusement défendu le 10 octobre 2011. Mais tout en félicitant et saluant son collègue d’Europe Écologie Les Verts (EELV), Daniel Vaillant a déclaré solennellement qu’il ne le voterait pas, ce vœu.

C’est un peu comme un paragraphe qui saute à la signature.

***

La vieille dame de Daniel Vaillant vendue à la découpe 

On se souvient de la mythique vieille dame à la corde sensible, évoquée – avec nostalgie, pour le coup – par Daniel Vaillant chaque fois qu’il pense à la « façade dégueulasse » (on le cite) du 25 rue Stephenson, que Bertrand Delanoë voulait conserver et que la petite vieille avait envisagé de descendre en rappel en cas d’incendie.

On aurait retrouvé des morceaux de cette histoire dans une des boutiques nouvelles de la nouvelle rue Myrha, au 43 précisément, qui expose joyeusement les parties de jambes en l’air que, bon pied bon oeil, la vieille dame du 25 Stephenson organisait en cachette du maire.

43 rue Myrha, enseigne éphémère ? (BB, octobre 2011)

Myrhaculeux ironise le tenancier de la nouvelle boutique, qu’il appelle lui-même « Galerie des MyrhaCles » pour mieux suggérer qu’elle a gagné (deforge) à être connue.

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Brèves postées le 26 octobre 2011

L’oeil de Rachida Dati sur La Goutte d’Or

« Si Fillon me pique ma place, je me fais parachuter dans la Goutte d’Or », n’a-t-elle pas menacé.

Photo Simon Kirby, 2007

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La nostalgie de Daniel Vaillant

On sait que le maire du 18e arrondissement de Paris a prononcé cinq fois le mot «nostalgie» devant le Conseil d’arrondissement du 10 octobre 2011 pour étayer sa politique de démolition du quartier de la Goutte d’Or / Château Rouge (cf. sur ce blog : « Déconstruction du Conseil d’arrondissement… ») : « Je ne suis pas nostalique de l’insalubrité », répétait-il répétitivement, allant jusqu’à suggérer (et plus si inaffinité) que certains de ses administrés le seraient, eux, nostalgiques de la misère qu’il combattait, lui.

À réentendre le débat, ce serait finalement de la vieille dame à la corde sensible que Daniel Vaillant serait nostalgique. Il a en effet à nouveau raconté qu’une vieille dame rencontrée au 25 rue Stephenson dormait avec une corde à noeuds au pied de son lit, pour pouvoir, en cas d’incendie, descendre en rappel la « façade dégueulasse » (Daniel Vaillant) de cet édifice de pierres de 1856 (cf. sur ce blog : « Du patrimoine à la corde sensible »).

Moralité : La nostalgie n’est plus ce qu’elle étaye.

Axterdam, Osez le bondage

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Brèves postées le 29 septembre 2011

Hidalgo fait la guerre, pas Lamour 

Jardin des Halles, voies sur berges, autolib, finances municipales, … la Goutte d’Or n’avait pas réussi à se hisser au programme de La voix est libre, ce 24 septembre 2011 sur France 3 Paris Île de France. Et ce n’était ma foi pas si pire ! L’émission, d’ordinaire très policée, qui suit le journal de 13 heures du samedi, a été littéralement squattée ce jour-là par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, chargée de l’Urbanisme, qui était censée parler avec le journaliste et son opposant Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris.

Madame Hidalgo a mené la vie dure aux téléspectateurs plus encore qu’au pauvre Jean-François Lamour, qui semblait tout à fait disposé (comme dans un partage des rôles entendu) à laisser la patronne de l’Urbanisme lui couper systématiquement la parole, parler par-dessus ses mots à lui, rendant absolument inaudible le propos de l’un et de l’autre, contraignant le bon Jean-Jacques Cros, crème de journaliste aimable, à se risquer à rappeler à Mme Hidalgo quelques règles de courtoisie et de démocratie.

2 rue Cavé (GC)

Nous avons suivi Mme Hidalgo sur ce blog, non pas tant dans les réponses qu’elle n’a pas estimé devoir adresser aux lettres et demandes de Cavé Goutte d’Or que dans ses propos peu amènes à l’égard, si l’on peut dire, de ses opposants de terrain, collègues de l’opposition ou d’alliances éphémères comme dans le 15e arrondissement, ou associations militantes, renvoyées les unes et les autres à leur médiocrité passéiste quand elles s’élèvent contre les grands projets de la mandature Delanoë II (voir sur le blog « Anomie : Delanoë renonce en cachette »). La dame a une mauvaise image à gauche, du moins dans la gauche militante, c’est sûr. Elle tente de l’adoucir au contact de Martine Aubry, dont elle dirige la campagne comme l’Urbanisme parisien, en occupant le terrain avec force ou de force.

Au-delà des propos divergents qu’on se serait attendu à pouvoir peser dans un débat sur l’urbanisme parisien, c’est bien l’attitude hautaine, arrogante, méprisante de Mme Hidalgo qui crevait l’écran, frappait à l’image comme au son. « Monsieur Lamour est toujours dans l’outrance », dira-t-elle pourtant, comme en miroir, lorsque son opposant évoquera le « bateau ivre » que serait, selon lui, la gestion de M. Delanoë. On observe à cet égard que, s’ils ont remporté la mise avec l’« abracadabrantesque » soufflé à Jacques Chirac, les communiquants de l’UMP devraient quitter les terres rimbaldiennes pour lutter contre les poids lourds de l’Urbanisme parisien.

On ne fait manifestement pas dans la poésie avec Mme Hidalgo, qui – pour sa part – excelle dans le jeu de mains à la Laurent Fabius quand il se piquait de rappeler à Jacques Chirac qu’il parlait au premier ministre de la France. Le passage mérite un arrêt sur image à la minute 5:33 du bobino. Un dernier clin d’oeil à Rimbaud dans ce contexte : « Vite, est-il d’autres gauches ? ».

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Les primaires à gauche passent par la Goutte d’Or

Entre les débats deux et trois, il faudra pouvoir interroger les candidats de la gauche aux primaires en vue des prochaines élections présidentielles. C’est un des projets qui sortit des discussions menées le 17 septembre autour de Cavé Goutte d’Or lors des Journées du patrimoine. « Les associations n’ont plus aucune écoute à la Mairie de Paris », devait confirmer l’architecte Maurice Culot. Elles sont même carrément rétrogradées à droite, sinon à l’extrême droite, quand elle ne sont pas d’accord avec Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo, deux personnalités qui n’acceptent aucune contradiction (voir par ailleurs sur le blog).

Les questions de « l’aménagement de la Goutte d’Or », abandonnées à une SEM par la mandature actuelle, doivent être l’objet de la plus grande attention. Or, jusqu’ici, à l’exception du Conseiller de Paris du 18e Pierre-Yves Bournazel qui, à l’instar de son collègue PC/FG Ian Brossat, a tenté de relayer les préoccupations du collectif auprès de… Madame Hidalgo justement – ce qui, à la réflexion, ne mangeait pas de pain -, la droite parisienne n’a pas davantage que la gauche prêté attention aux études et questionnements de Cavé Goutte d’Or sur le saccage du quartier par la prétendue politique de résorption de l’habitat insalubre, les problèmes sociaux évoqués de tous côtés, la répartition discriminante et irréfléchie du logement social sur Paris d’une part, à l’intérieur de l’arrondissement d’autre part.

Cohérence, vision, véritable politique de la ville manquent cruellement à ce qui apparaît aujourd’hui comme deux opérations mises bout à bout, l’une sous la droite Chirac/Juppé finalement accompagnée par ses détracteurs, l’autre sous la gauche Delanoë/Vaillant menée par les associations d’alors devenues édiles.

On sait déjà que Monsieur Hollande est soutenu par Monsieur Vaillant et que Madame Hidalgo dirige la campagne de Madame Aubry, ce qui laisse un confortable espace de discussions.

Rose grillagée au 13 rue Cavé, permanence de Daniel Vaillant (Photo GC)

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*      *

La SEMAVIP fait un pied de nez aux Journées du patrimoine

Avec ironie, à moins que ce ne soit par cynisme, la Mairie du 18e a attendu la fin des Journées du patrimoine des 17 et 18 septembre 2011 pour lancer, le 20 septembre, le dernier opuscule de la SEMAVIP, intitulé « Revitalisation d’un quartier populaire : Château Rouge ».

La Mairie du 18e ne se cache pas derrière les grues des démolisseurs ; elle en fait la publicité et en assure le mailing :

De : MAIRIE18 <mairie18@paris.fr>
À :
Envoyé le : Mardi 20 Septembre 2011 15h17
Objet : RE: « Revitalisation d’un quartier populaire : Château Rouge »

La Mairie de Paris elle-même ne cache pas sa joie. Anne Hidalgo, toujours première adjointe au maire et responsable de l’Urbanisme parisien, occupe la place d‘honneur pour saluer le travail (page 2). « La résorption de l’habitat indigne est un des grands objectifs de la mandature de Bertrand Delanoë », assure-t-elle d’emblée dans les pas de Daniel Vaillant, qu’elle embrasse au passage : « Grâce à l’action de la Ville de Paris, à la détermination de Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement, et à l’intervention de la SEMAVIP, ce quartier se transforme, change durablement. »

Pour le président de la SEMAVIP Roger Madec, sénateur maire (PS) du 19e arrondissement, « les quartiers insalubres étaient la plupart du temps rasés et remplacés par de nouveaux morceaux de ville, certes confortables mais sans mémoire, sans histoire ». « Les années 90 marquent un tournant », dit-il (page 3). « Les habitants se mobilisent. Bien que convaincus de la nécessité d’une intervention, ils refusent les transformations trop radicales qui auraient pour conséquence la disparition des quartiers d’antan, de leur patrimoine et de leur atmosphère. »

La réflexion s’engage et Château Rouge en bénéficie, assure le président de la SEMAVIP : « Héritant de ces réflexions, Château Rouge est l’expression d’un urbanisme plus respectueux de l’existant, qui cherche à transformer sans dénaturer ».

« Refuser les transformations trop radicales qui auraient pour conséquence la disparition des quartiers d’antan, de leur patrimoine et de leur atmosphère (…) Transformer sans dénaturer » : c’est le président de la SEMAVIP qui aurait dû guider les visites de Cavé Goutte d’Or, les 17 et 18 septembre dernier…

Le maire du 18e, également invité à dire un mot à la plaquette, salue son action en page 3 : « Arrivés aux responsabilités, nous avons lancé toute la force de la puissance publique, très importante quand elle est volontaire, pour éradiquer l’insalubrité à Château Rouge. (…) Aujourd’hui (…), une rapide promenade à Château Rouge donne un aperçu des moyens déployés. Mais nous avons toujours veillé à inscrire cette vaste opération dans un urbanisme de faubourg, un urbanisme à taille humaine ».

« Un aperçu des moyens déployés » (Daniel Vaillant) – 25 Stephenson, Photo GC

« Un urbanisme de faubourg » (Daniel Vaillant) – Rue Myrha de rue Cavé, Façade arrière du bandeau du blog, Photo BB

Selon Marie-Anne Belin, la directrice générale de la SEMAVIP à l’origine du mensonge réitéré sur les « nombreuses carrières » dans le sous-sol du quartier, « Château Rouge est pour la SEMAVIP un beau défi humain et technique qui implique beaucoup de dévouement et de professionnalisme » (page 7). Du coup, « les réhabilitations et les bâtiments neufs fleurissent au détour de chaque rue. Pourtant, l’empreinte reste légère et le quartier conserve son identité ».

Angle Myrha/Léon – « Empreinte légère, identité conservée » (Marie-Anne Belin) – Photo GC

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Le roi Abdallah d’Arabie saoudite : « l’Urbanisme parisien manque de femmes »

Anne Hidalgo, Elisabeth Borne, Marie-Anne Belin, Sarah Toty,… le roi Abdallah fulmine contre le machisme qui sévit à la tête de l’Urbanisme parisien et de la SEMAVIP. Il promet un changement radical pour 2015,… juste après 2014. Les prochaines municipales sont donc sauves….

M. Chat n’en pense pas moins (rue Saint Luc)

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Brèves postées le 15 juillet 2011

Toujours rien dans la presse britannique sur les démolitions de la Goutte d’Or : Rupert Murdoch s’excuse. Il s’était pourtant fait une spécialité de parler de ce dont la presse française ne parle pas.

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The Goutte d’Or : finalement Martin Parr reste. Il veut absolument photographier la vieille dame de Daniel Vaillant (voir ci-dessous), qui se révèle être la vedette du blog. La SEMAVIP en serait presque jalouse.

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Expertise géotechnique (suite) – L’expert Thierry Pasco est-il en vacances ? Le président de la SEMAVIP oui. La boîte mail du par ailleurs sénateur maire du 19e arrondissement n’a pas réceptionné la copie qui lui était destinée de l’appel au Maire de Paris :

  • « De Madec Roger à Cavegouttedor, 15 juillet 2011. Pour votre information, je suis en congé jusqu’au Vendredi 5 août inclus. Vous pouvez contacter mon secrétariat au (…) et pour toute urgence le secrétariat de Madame G. au (…) Cordialement. Roger ».

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Fondations du 25 rue Stephenson – Pourquoi la SEMAVIP renvoie-t-elle l’expertise géologique sollicitée par sa voisine à la semaine des quatre jeudis ? Parce que, dans sa série « Les jeudis de l’environnement », le CNAM avait organisé en mars 2010 une conférence « L’urbanisme face au risque ‘’cavités souterraines’’. L’exemple de la région parisienne ». Les experts du bureau d’études de la SEMAVIP, qui récemment n’ont vu que des mégots de cigarettes dans les gravats tombés du chantier du 25 rue Stephenson (cf. « La SEMAVIP perd son sang froid »), avaient raté cette conférence-débat et attendent la prochaine avant de pouvoir rassurer tout le monde.

*

5 juillet 2011 – La grand-mère de Daniel Vaillant aurait fait le mur. Les lecteurs de Cavé Goutte d’Or suivent avec passion l’histoire de la vieille dame du 25 rue Stephenson racontée par le maire du 18e arrondissement au très crédule Parisien qui expliquait, dans ses éditions du 6 avril 2011, que Daniel Vaillant « n’oublierait jamais ».

« Je n’oublierai jamais »

« Je n’oublierai jamais le visage d’une grand-mère qui vivait seule au dernier étage dans 9 m² insalubres avec une corde en permanence à côté de son lit pour lui permettre de se sauver par la fenêtre en cas d’incendie ».

Cavé Goutte d’Or a déjà douté de la probabilité de cette histoire (cf. Du patrimoine à la corde sensible).

À force d’être harcelée par les journaux locaux soucieux de vérifier les informations du maire et la sensibilité de la corde, la vieille dame a quitté les lieux. Dans nos derniers billets d’humeur (voir ci-dessous), nous pensions qu’elle avait été mise en sécurité par M. Vaillant.

D’après nos informations actuelles, elle n’aurait finalement quitté ses 9 m² que tout récemment. À l’aide de la corde à poulie installée depuis par la mairie du 18e pour faire plus vrai et plus confortable, la grand-mère de Daniel Vaillant se serait fait livrer une scie circulaire (photo 1) et un sac de ciment (photo 2) pour prendre la poudre d’escampette. C’est qu’elle a bon pied, bon oeil, la vielle dame.

Elle aurait ensuite trouvé refuge dans les locaux loués discrètement par le New York Times (voir nos précédentes éditions) qui, après le britannique Martin Parr, a décidé de faire une enquête sur The Goutte d’Or.

Rejoint hier par le New York Post, les deux entreprises journalistiques professionnelles rivalisent dans la recherche de la vielle dame et de tout ce qui pourra expliquer la politique de la Ville dans The Goutte d’Or. Les journalistes se seraient même fait livrer les bobines originales de Main basse sur la Ville.

Nottola et la SEMAVIP

À en croire les investigateurs, le maire de Paris pourrait abandonner les poursuites contre le 25 rue Stephenson avant qu’il ne soit complètement détruit (voir demain sur le blog : un appel au Maire de Paris). La crédibilité de la SEMAVIP est en effet si écornée que le Bureau des démolisseurs doute de la possibilité de tenir plus longtemps l’accusation d’insalubrité pour le 25 rue Stephenson et plusieurs autres bâtiments de la Goutte d’Or accusés sans preuves.

Mais Daniel Vaillant maintiendrait la sienne.  « Je ne savais pas que ça l’avait à ce point traumatisé », a dit à Cavé Goutte d’Or la vieille dame que ni le Parisien, ni le 18e du mois, ni dixhuitinfo.com ni aucun autre journal sérieux du cru n’ont encore réussi à rencontrer à ce jour.

Demain, la suite des procédures.

*

27 juin 2011 – Astéroïde. Daniel Vaillant déménage la vieille dame à la corde. Les lecteurs de Cavé Goutte d’Or se souviennent de la vieille dame du 25  rue Stephenson qui, selon l’histoire rapportée par le Parisien, avait fait si forte impression au maire du 18e arrondissement de Paris. Toujours rien dans les journaux sur cette incroyable vieille dame à l’improbable descente de cinq étages en rappel. Mais, sur les lieux de son dernier domicile connu, la corde qu’elle gardait au pied de son lit a manifestement été retrouvée par des services officiels casqués (photo 1) juste après le passage d’une réplique de l’astéroïde sur le chantier du 25 rue Stephenson (photo 2). 

La vieille dame aura été mise en lieu sûr. Comme le Rapport Dullin. Voir cette semaine sur le blog : Le Rapport Dullin en images et Le Nouveau siège de Genier Deforge.

*

16 juin 2011 – Madame Bétancourt sous curatelle renforcée, disent les journaux. Toujours rien sur la vieille dame à la corde du 25 rue Stephenson, qui aurait traumatisé Daniel Vaillant, selon le Parisien du 6 avril 2011.

*

Alain Joyandet n’a pas prétendu que le 25 rue Stephenson était construit sur de nombreuses carrières. Les journaux laissent donc les fausses déclarations de la SEMAVIP, la Société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée d’opérations immobilières dans la Goutte d’Or, sans couverture médiatique. À moins qu’ils ne les couvrent, justement.

*

Pas de faux concombres non plus dans les carrières de gypse inventées par la SEMAVIP pour alimenter ses opérations immobilières. Donc pas de fausses informations dans les journaux.

*

Mais une vraie expertise géotechnique distribuées à la presse le 2 mai 2011. Donc pas de vraies informations non plus.

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Selon l’expertise du Groupe Ingénierie Europe CEBTP du 13 avril 2011, la démolition de l’immense 25 rue Stephenson, bâtiment en pierre angulaire et en bas de côte, peut déstabiliser un îlot de vingt bâtiments au pied de la Butte Montmarte, côté métèque. Sur la foi de cette expertise, les Conseillers de Paris UMP, PC/PG et Europe Ecologie les Verts demandent l’arrêt des travaux, le retrait du permis, la transformation du projet de démolition en réhabilitation. Ils invoquent le droit de l’urbanisme, les fausses déclarations des démolisseurs, le devoir de précaution… Lettres courtoises, question écrite au Conseil de Paris, rien n’y fait : Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo les ignorent, comme ils ignorent la Commission du Vieux Paris qui demande solennellement un temps d’arrêt dans les démolitions de la Goutte d’Or.

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