Mieux qu’Atlantico

Les agendas de Michel Neyreneuf déclassifiés sur le site Goutte d’Or et vous

  • 32 ans à la tête de l’Urbanisme et du Logement dans la Goutte d’Or, 20 comme militant associatif et 12 comme adjoint au maire.
  • Bientôt 38 ?
  • Le théoricien de la « mise au rancart de l’esthétique », du logement discriminé par « types de populations » et d’une « architecture un p’tit peu Blockhaus » brigue-t-il le mandat de trop ?
Vidéo extraite du site d'Éric Lejoindre.

« Pour un 18e qui continue sa métamorphose » (Vidéo extraite du site d’Éric Lejoindre).

Plus longtemps que Jean-Claude Gaudin à la Mairie de Marseille ou que Daniel Vaillant à celle du 18e arrondissement de Paris (1995-2014 pour l’un et l’autre, le premier rempilant franchement cette année, le second se cachant en troisième position sur la liste de son ex-premier adjoint), plus longtemps qu’Hugo Chavez à la tête du Venezuela (1999-2013), plus que Georges Frêche à la Mairie de Montpellier (1977-2004), Michel Neyreneuf règne sur le logement et l’urbanisme de la Goutte d’Or depuis trente-deux ans, vingt comme militant associatif à la tête de Paris-Goutte d’Or et douze comme adjoint au maire du 18e arrondissement de la capitale.

De la lutte au partenariat

Le site Goutte d'Or et vous.

Le site Goutte d’Or et vous, (Mémoire du quartier)..

On connaît ici son parcours. On sait que, de 1982 à 1993, il s’est battu contre la démolition de la Goutte d’Or par les Administrations Chirac et Tiberi ; puis, à partir de 1993, pour la démolition de la Goutte d’Or et de Château Rouge au motif qu’on ne pouvait pas réhabiliter dans les limites budgétaires fixées pour le logement bas de gamme proposé (source).

La concertation au pouvoir.

Paris-Goutte d’Or 1987 : la concertation en îlot sensible.

La droite avait trouvé son alibi social et local pour mener à terme la déstructuration d’un des quartiers de Paris à la personnalité la plus forte et la plus inquiétante aux yeux de la jeune Mairie centrale.

Michel Neyreneuf s’en défend devant la caméra de Sami Sarkis, assurant qu’« en passant d’une logique de lutte (contre la Mairie) à une logique de partenariat (avec la Mairie) », il n’avait pas cédé au pouvoir de la Politique ou de l’Argent. Il n’avait fait le deuil que de l’Esthétique (source).

Les problèmes de la Goutte d'Or relèvent essentiellement du logement et de l'urbanisme.

« Les problèmes de la Goutte d’Or relèvent essentiellement du logement et de l’urbanisme ».

Volte face

C’est ainsi de 1993 que date la mise en place de la politique de démolition / reconstruction désastreuse dont Michel Neyreneuf a théorisé l’injustifiable justification en évoquant ce prétendu non besoin d’esthétique pour le type de population censé habiter l’inhabitable (source).

Cela sans même se rendre compte qu’en écartant l’esthétique pour les limites budgétaires imposées par la Mairie et la Préfecture, les finances et les bailleurs sociaux, il cédait précisément au pouvoir politique et financier.

Les décisions prises actuellement portent ungrave préjudice aux habitants du quartier.

« Les décisions prises actuellement portent un grave préjudice aux habitants du quartier (…) La situation évolue dangereusement ».

Plus encore : il leur offrait sur un plateau le droit de mépriser les habitants de la Goutte d’Or et de Château Rouge puisqu’un habitant du quartier venait, de lui-même, assurer que, dans ce quartier, on pouvait mettre l’esthétique au rancart.

« Un bilan exceptionnel »

Dans la vidéo mise en ligne par Éric Lejoindre, jeune tête de liste PS qui ambitionne d’offrir à son éventuel troisième adjoint le mandat auquel il a dû renoncer pour cause de cumul, Michel Neyreneuf demande la poursuite de la métamorphose du quartier :

  • « Je me représente parce que nous avons un bilan qui est, je crois, exceptionnel ».

Et le patron de l’Urbanisme d’énumérer : « Caillié c’est fini, Duployé c’est fini, Château Rouge c’est presque fini, la ZAC Pajol c’est fini, Binet c’est presque fini, et on continuera avec d’autres territoires à reconquérir ». À conquérir ou à reconquérir ? Et si reconquérir, à reconquérir de qui ?

En 2001, le militant associatif a rejoint le maire en place depuis 1995, comme il le rappelle dans la notice qu’il fait paraître sur le site de la Mairie du 18e arrondissement de Paris :

  •  « parce que j’avais envie de mettre en pratique tout ce que j’avais appris durant ces longues années de militantisme associatif ».

Douze ans plus tard, il se représente donc pour un troisième mandat avec toujours l’envie de mettre en pratique tout ce qu’il a appris durant ces longues années de militantisme augmentées de ces longues années de politique.

Or, après dix-neuf ans d’administration Vaillant dont douze avec Michel Neyreneuf à la conquête des territoires, l’éradication de l’habitat insalubre est un échec ; une grande partie des constructions nouvelles a créé un nouvel habitat insalubre ; la rue et l’architecture sont agressives ; le monument historique du quartier qu’est l’église Saint Bernard est omis des avis de l’architecte des bâtiments de France avec le blanc seing de la municipalité du 18e ; le parcellaire propre à la personnalité du quartier est cassé ; …

Cela s’appelle « continuer la métamorphose ». Le quartier en est tout chamboulé, en effet. Limite patraque.

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