Romy Schneider à La Chapelle

« La Banquière » déboule sur le 83bis Philippe de Girard via la ZAC Pajol

ZAC Pajol bientôt (Photo de maquette, août 2012).

La Halle Pajol de la future ZAC (Photo de maquette, août 2012).

Le blog du quartier de La Chapelle annonce que « L’écoquartier sort de terre » : « Cela fait huit ans que le projet est lancé : un collège, un centre sportif, un jardin public de 3000 m², une auberge de jeunesse de 330 lits, une bibliothèque mais aussi une salle de spectacle, un IUT, un pôle entreprises et des commerces. La grande halle, ex-entrepôt coiffé de 3600 m² de panneaux photovoltaïques va devenir la plus grande station réalisée en milieu urbain ».

Philippe de Girard bien entouré

Et le blog de nous annoncer les noms retenus pour illustrer tout ça : « Le jardin aura pour nom Rosa Luxembourg, l’esplanade celui de Nathalie Saraute et la voie menant à l’écoquartier depuis la rue Philippe de Girard sera baptisée rue Romy Schneider en hommage à la comédienne qui a tourné une scène de la Banquière à la mairie du 18e ».

header-logo-lpLa phrase étant un copié/collé du récent publi-reportage du Parisien pour la Mairie du 18e (voir sur le blog), on ne sait pas si l’article d’origine est celui du blog de quartier ou celui du Parisien dont les papiers semblent syndicalisés avec ceux de la Municipalité en place (voir sur le blog). En tous les cas, la référence à « la Banquière » parce que Romy Schneider aurait tourné une scène du film de Francis Girod dans la Mairie de la place Jules Joffrin (géographiquement et socialement très éloignée de la ZAC Pajol et, de manière générale, des quartiers populaires de La Goutte d’Or et La Chapelle) est significative de la façon bobo-bébête dont les animateurs médiatiques du quartier voient les choses : « Max et les ferrailleurs » auraient parfaitement convenu comme référence à Romy Schneider dans l’ambiance de ce secteur populaire, et Jean-Yves Mano, l’adjoint au Maire de Paris chargé du Logement hélas, aurait pu évoquer aux observateurs le personnage qu’y incarnait Michel Piccoli, mentant à tous sur son rôle et ses intentions.

Mano à la manette

Rue Pajol (CGO, aout 2012).

Rue Pajol (CGO, août 2012).

Car, ce que le blog du quartier et le Parisien cachent activement à leurs lecteurs, c’est que « la voie menant à l’écoquartier depuis la rue Philippe de Girard » prend racine au 83bis de cette rue, que c’est donc depuis le 83bis de l’actuelle rue Philippe de Girard que la future rue Romy Schneider mènera à la ZAC, et que le 83bis est précisément l’immeuble de grande valeur historique et architecturale que la Ville de Paris aimerait démolir au prétexte qu’il n’en aurait aucune. C’est là que la boucle pouvait être fermée avec le méchant de « Max et les ferrailleurs » qui a trahi la confiance de tout le monde – ici de la Commission du Vieux Paris, de l’Architecte des Bâtiments de France, des Conseillers de Paris, des Parisiens dont il prétend détruire le patrimoine (voir sur le blog) en rédigeant un exposé des motifs mensonger désignant le 83bis Philippe de Girard comme «sans intérêt architectural».

Rendre à César et Rosalie

Or, c’est sur le 83 et le 83bis rue Philippe de Girard, deux immeubles d’époque Restauration et de même facture, le 83bis ayant été l’objet de deux résolutions de la Commission du Vieux Paris et d’un avis de l’Architecte des Bâtiments de France signalant son éventuelle démolition comme «  dommageable », que tombe le passant venant de la ZAC Pajol et se rendant à la rue Marx Dormoy via la rue Romy Schneider.

labanquièreNourris pourtant d’informations solides et variées sur le 83bis rue Philippe de Girard (exit l’excuse de l’ignorance), édifice que les conseillers UMP et Verts au Conseil de Paris veulent voir préserver (exit l’excuse idéologique et partisane), et que la SIEMP ne peut démolir en raison d’une délibération viciée en amont pour fausse information et finalement non votée (un dossier juridiquement plus intéressant que le dernier Plenel contre Cahuzac), les médias préfèrent évoquer « la Banquière » – si si ! – à l’ancienne voie romaine où, nous dit l’historienne de l’architecture Marie-Jeanne Dumont, un bâtiment comme le 83bis est « très, très, très rare » (voir sur le blog). Et, qui plus est, « la Banquière » en ce qu’elle serait censée rappeler la Mairie du 18e, qui sacrifie son Est populaire à un prétendu social saccageur, pas même l’artiste ni son personnage, soucieux de l’épargne populaire…

ZIG ZAC STREET
ou La Banquière, aujourd’hui et demain

« L’amour, l’argent, le pouvoir, la presse » disait déjà la bande annonce de « La Banquière » (1980).

Philippe de Girard et le mouvement des vagues

Philippe_de_GirardL’arrivée de Romy Schneider, Rosa Luxembourg et Nathalie Saraute (on ajoute à la liste de nos confrères la future Bibliothèque Vaclav Havel) dans le secteur de la ZAC Pajol (pour mémoire, ZAC est le sigle de Zone d’Aménagement Concerté, et la ZAC Pajol est présentée sur le site de la Mairie du 18e  comme l’un de ses projets phares de la mandature) est l’occasion de rappeler la figure de Philippe de Girard, dont une journaliste de l’AFP accréditée à la Mairie de Paris que nous tentions récemment d’intéresser à la situation juridique, politique et architecturale du 83bis rue Philippe de Girard a reconnu qu’il était moins sexy (médiatiquement parlant) que Boris Vian et qu’il était en conséquence moins facile de lancer une dépêche sur la rue de l’un que sur la rue de l’autre (voir pour mémoire la couverture de nos actions sur la rue Boris Vian).

Vers une cohérie Philippe de Girard ?

Le bon Philippe de Girard (1775-1845) – philosophe, mathématicien, figure intellectuelle de la Révolution et inventeur, notamment, de la machine à utiliser le mouvement des vagues – aurait pourtant fait bonne figure dans le Collège de pataphysique qui accueillit Boris Vian dans les années 1950.

Il faut être un peu pataphysicien et hors des contingences médiatiques en effet pour inventer, parmi la « cascade d’inventions » que lui attribue sa page Wikipédia, une « machine pour utiliser le mouvement des vagues » et on ne désespère pas, sur ce blog, de voir l’AFP et les journalistes qui avaient couvert la dégradation de la rue Boris Vian de leur bienveillante attention se pencher très vite sur le 83bis rue Philippe de Girard , – très vite et avant que cet immeuble dont la démolition est jugée « dommageable » par les experts chargés d’évaluer le patrimoine historique et architectural national et parisien ne soit emporté par les intérêts privés des démolisseurs et reconstructeurs avec – jusqu’ici – la complicité active de la Mairie de Paris, de celle du 18e arrondissement et de la presse.

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