Chiqué !

Sefri-Cime dans les nuages

  • Après les fausses déclarations répétées de la SEMAVIP sur ses fausses carrières et les tentatives déjouées de passe-passe et autres passe droits entre Paris Habitat et la Direction de l’Urbanisme sur le projet CROUS des 22-24 rue Cavé, un promoteur immobilier de la Goutte d’Or pris en flagrant délit de publicité mensongère.
  • La Société Sefri-Cime Promotion, qui s’apprête à construire sur la parcelle Cavé/Stephenson un de ces immeubles sans âme pour zone sensible, se vante de l’avoir déjà construit.
realise

Site officiel de la Société Sefri-Cime Promotion. Capture d’écran du 16 février 2017.

Le promoteur qui se cache derrière « soixante ans de savoir-faire en immobilier résidentiel », assure que ce savoir-faire « s’illustre à travers de nombreuses réalisations », au nombre desquelles il n’hésite pas à mentionner « un immeuble de logements accueillant une crèche situé rue Stephenson dans le 18e arrondissement réalisé dans le cadre d’un Contrat de Promotion Immobilière pour le compte de la Foncière Logement ». Selon cet encart plein d’auto-savoir-faire, l’immeuble serait donc « réalisé ».

Made for sharing

Même en passant par l’anglais publicitaire de la Mairie de Paris, un immeuble réalisé n’est plus à réaliser et, compte tenu du crédit accordé aux promoteurs immobiliers de la Goutte d’Or, on se demande si la procédure engagée devant le Tribunal administratif de Paris par Cavé Goutte d’Or contre le permis de construire attribué à la Société Sefri-Cime Promotion suivra son cours, puisque aussi bien l’ouvrage serait déjà réalisé, à en croire le site internet du promoteur lu le 16 février 2017 (illustration ci-dessus), quand bien même beaucoup reste à faire sur le terrain si l’on en croit, cette fois-ci, le reportage photographique du même 16 février 2017 (illustration ci-dessous).

.. réalisé ...

L’immeuble présenté par la Sefri-Cime Promotion comme « réalisé ». Capture de réalité du 16 février 2017.

De fait, la Société Sefri-Cime Promotion, qui a dégainé très tôt en assignant ses voisins en référé préventif avant construction dès le 24 mai 2016, sur les fondations le fondement d’une ordonnance de référé du 13 novembre 2015, piaffe depuis longtemps devant les grilles des célèbres plumasseries qui ont été démolies en 2011, laissant en friche deux étages de magnifiques caves voutées, remblayées par la SEMAVIP dans son œuvre destructrice pour que la Sefri-Cime Promotion puisse ensuite faire œuvre de son savoir-faire.

Tout en laissant longtemps sans réponse la requête de Cavé Goutte d’Or devant le Tribunal administratif, la Société Sefri-Cime Promotion tirait en effet plus vite que son ombre sur les immeubles voisins qu’elle prétendait attraire très approximativement, se trompant de syndic ici, inventant une adresse là, assurant avoir régulièrement convoqué des parties non convoquées dans les temps, qualifiant de contradictoires des bouts d’expertises sur le trottoir sans la présence des voisins.

Le contretemps perpétuel

60 ans déjà, bientôt la quille ?

60 ans déjà, bientôt la quille ?

Les méthodes à la Dalton de cette procédure ont été contestées devant le TGI de Paris lors de son audience du 15 juin 2016 sans que la Société Sefri-Cime Promotion n’ait, depuis, signifié le jugement à ses contradicteurs, du moins pas encore à tous les copropriétaires auxquels elle entendait « rendre communes et opposables » les opérations d’expertises judiciaires avant construction.

Voilà donc un chantier qui commence bien mal, en droit et en fait. Mais qu’importe, puisqu’il serait déjà terminé ! Les riverains attendent avec gourmandise l’invitation du maire à l’inauguration de la réalisation promue par la promotion. Quant aux minots qui ont essuyé les plâtres de la crèche en rez-de-chaussée, ils seraient attendus dans l’extension de l’école Saint Bernard non encore démolie suite à l’invalidation non encore réalisée de son permis de construire non encore purgé des recours pendants non encore jugés par la Cour administrative d’appel de Paris toujours saisie.

Publié dans Articles, Défense du quartier, Politique de la ville, Politique du logement | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Indulgence

Saint Bernard : ABF et Direction de l’Urbanisme renforcent l’inégalité de traitement autour du monument historique

  • La Ville de Paris a fait opposition à la restitution d’une des fresques du square Léon en évoquant sa covisibilité avec l’église Saint Bernard et la qualité des pièces : « L’intégration du projet par rapport au monument doit être appréciée sur la base d’éléments graphiques de bonne qualité ».
  • Le projet d’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil du monument historique avait, pour sa part, été accepté en dépit de plans et notices d’architectes de très mauvaise qualité et truffés de fautes.
  • Le Diocèse de Paris aura-t-il bénéficié, pour l’extension de l’école Saint Bernard, d’un traitement de faveur au détriment de l’église du même nom, atteinte dans ses perspectives monumentales protégées ? 
justice-copie-2

« Heureux les géomètres, qui résolvent de temps à autre telle nébuleuse de leur système; mais les poètes le sont moins; ils ne sont pas encore assurés de l’impossibilité de quarrer toute pensée dans une forme poétique » (Paul Valéry).

L’extension malheureuse de l’école Saint Bernard dans son préau, en violation d’un arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur, aura-t-elle bénéficié d’une indulgence municipale ? On se souvient que le projet de l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie (OGEC valant pour « Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique ») fut refusé en mars 2012 au motif qu’il était « de nature à porter atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard » et que, trois ans plus tard, un permis fut accordé à l’OGEC pour un édifice identique dans ses gabarits et sa volumétrie à celui qui avait été interdit (voir pour mémoire).

Or, en comparaison avec la légèreté qui a conduit finalement à l’octroi du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard, entretemps protégée au titre des monuments historiques, la sévérité de la Mairie de Paris face à plusieurs projets d’aménagement récemment retoqués dans les abords de l’édifice classé pose question et remet en perspective, sinon encore monumentale du moins juridique, la légalité du permis actuellement exécuté par l’OGEC, – une légalité au demeurant toujours contestée devant la cour administrative d’appel de Paris (voir pour mémoire).

Au regard du trompe l’œil

Sans prendre ici parti pour ou contre la restitution de la fresque (elle-même monumentale) sur l’un des pignons du square Léon dont elle avait disparu, force est d’observer que la Ville de Paris a invoqué, pour faire opposition à cette restitution, un argument qu’elle a laissé de côté – ô combien ! – lorsqu’il s’était agi, pour elle, d’autoriser l’extension de l’école Saint Bernard.

Il y a plus car ce serait, selon ses propres services, en contradiction avec le code de l’urbanisme que la maire de Paris aurait évoqué la mauvaise qualité des pièces produites par l’auteur de la fresque puisque aussi bien le syndicat de copropriétaires requérant avait été assuré par la Direction de l’Urbanisme que son dossier était « complet au regard du code de l’urbanisme ». Ce devait être sans compter avec « le caractère très particulier (du) projet » qui, toujours selon la Direction de l’Urbanisme, aurait incité l’architecte des bâtiments de France à « demander des documents supplémentaires comme il en a la possibilité ».

L'instruction du permis de construire dans les perspectives monumentales

L’instruction du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard dans les perspectives monumentales protégées de l’église Saint Bernard bientôt dévoilée ? (Photo D.R. 2 février 2017)

De fait, le « caractère très particulier du projet » de fresque sur le square Léon n’est dû qu’à sa proximité et sa covisibilité avec un monument historique classé. L’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil du monument devait ainsi, pour le moins, donner au projet de l’OGEC le même « caractère très particulier » et éveiller en conséquence l’attention de l’ABF et de la Direction de l’Urbanisme. Dans une note du 1er décembre 2016 que Cavé Goutte d’Or a pu se procurer, l’architecte des bâtiments de France indique en effet :

  • « Nota : l’église Saint-Bernard de la Chapelle est classée monument historique depuis le 18 juin 2015 et se situe en covisibilité avec le mur pignon (du 13 rue Saint Luc) : l’intégration du projet par rapport au monument doit être appréciée sur la base d’éléments graphiques de bonne qualité ».
Le projet tel qu'il doit avoir été autorisé par la Ville en 1992. La question des autorisations n'est pas résolue.

Le projet tel qu’il doit avoir été autorisé par la Ville en 1992. La question des autorisations n’est pas résolue (image : D.R.).

covisibilité

Pignon blanchi en covisibilité avec l’église Saint Bernard monument historique.

Sans laisser le temps à l’artiste de communiquer les éléments graphiques qui auraient pu manquer et à l’ABF de les consulter, la Direction de l’Urbanisme semble avoir préféré la carte de la prudence en s’opposant à la fresque au motif qu’« il n’est pas possible de vérifier que le projet n’est pas susceptible de nuire à la protection de l’édifice protégé précité ».

« Vérifier que le projet n’est pas susceptible de nuire à la protection du monument historique » :  que la DU ne s’est-elle donné la même mission pour le projet architectural de l’école Saint Bernard, dont il avait déjà été posé que « par son aspect, il serait de nature à porter atteinte au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, notamment aux abords de l’église Saint Bernard »?

« Être susceptible de nuire » et « être de nature à porter atteinte » sont deux expressions synonymes qui impliquent une attention idéalement et légalement identique. Or, à l’évidence, les deux projets ont été différemment instruits, différemment traités, l’ABF estimant, pour la fresque du square Léon, qu’il n’était « pas en mesure d’exercer sa compétence » et, pour l’école Saint Bernard, qu’il le serait bien assez dès lors qu’il était « averti du démarrage du chantier et informé de son déroulement », précisant que « les échantillons, teinte de matériaux et peintures lui seront soumis préalablement à toute mise en œuvre ».

Deux poids, deux mesures

Nous avons déjà ironisé ici sur le discrédit d’instructeurs qui prétendraient se préoccuper de « la teinte des peintures » quand un arrêté du maire de Paris les rendaient attentifs à « l’atteinte aux perspectives monumentales » protégées par le Règlement du PLU de Paris.

Au-delà de l’ironie, en jouant la carte des « éléments graphiques » pour retoquer la fresque du square Léon, la Direction de l’Urbanisme a mis au jour, par opposition, la négligence ou l’indulgence avec lesquelles avait été instruite la demande de permis de l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie, demande dont les éléments graphiques étaient de particulièrement mauvaise qualité alors même qu’ils auraient dû redoubler de qualité et précision, compte tenu du fait qu’un arrêté municipal rendu sur la même parcelle pour le même projet en termes de gabarits et volumétrie l’avait écarté précédemment.

L’argument des dossiers imprécis porte en effet l’ironie à son comble quand on observe que les trois projets soumis par l’OGEC à l’administration communale étaient largement présentés en copié/collé, les plans et notices de l’architecte comprenant le même texte, avec les mêmes croquis, les mêmes erreurs de fait, de noms de rues et d’orthographe.

Sans évoquer la présentation et la lecture erronées des plans qui ont conduit l’OGEC à prétendre (avec succès jusqu’ici) que le projet finalement autorisé était différent du projet initialement refusé (présentation et lecture erronées selon Cavé Goutte d’Or qui fait valoir devant la Cour administrative d’appel de Paris l’identité des projets en termes de volumétrie et gabarits, seuls déterminants en matière de perspectives monumentales), l’imprécision des documents fournis par l’OGEC auraient dû, dans une stricte égalité avec l’attention portée au projet de fresque, conduire à un rejet.

On se souvient effet de l’évocation, par l’OGEC et ses architectes, d’une prétendue « rue Saint Bernard » en lieu et place de la rue Affre, ou d’une « rue l’ermite » qui ferait angle avec la rue Saint Bruno, autant de méconnaissances du terrain qui rivalisaient avec une méconnaissance de la syntaxe et de l’orthographe qu’on laisse ici de côté pour ne souligner que « les éléments graphiques » appelés à être de bonne qualité pour la fresque du square Léon et laissé en leur état imprécis pour l’école Saint Bernard, comme en témoignent les extraits ci-dessous du dossier de l’OGEC que la Direction de l’Urbanisme a estimé, vu du square Léon et par opposition,  « de bonne qualité » :

rue-lermite

L’improbable « angle des rues l’ermite et Saint Bruno » (dossier architecte, 2014).

La rue Saint Bernard tant qu'à faire (dossier architecte, 2014).

La « rue Saint Bernard », tant qu’à faire (dossier architecte, 2014).

Les cours dans la cour, tant qu'à faire aussi (dossier architecte, 2014).

Les « cours dans la cour », tant qu’à faire aussi (dossier architecte, 2014).

Confusions sur les abords (dossier architecte, 2014).

Confusions sur les abords (dossier architecte, 2014). En cliquant sur l’image pour l’agrandir, le lecteur peut suivre les légendes imprécises qui n’ont (jusqu’ici) pas empêché l’administration de considérer le dossier de l’OGEC comme doté « d’éléments graphiques de bonne qualité ».

Publié dans Articles | Tagué , , | Laisser un commentaire

Trouble illicite ?

Treize riverains de l’école et de l’église Saint Bernard portent l’atteinte faite par la première aux perspectives monumentales protégées de la seconde devant le juge des référés du TGI de Paris

  • Habitants des rues Pierre L’Ermite, Affre, Stephenson ou Saint Luc, ils ont obtenu du président du TGI l’autorisation d’assigner d’heure à heure l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie devant le juge de l’urgence pour ce qu’ils qualifient de « trouble manifestement illicite ».
  • Les requérants invoquent un arrêté de Bertrand Delanoë de mars 2012 interdisant, au nom de la protection des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard, la construction actuellement en cours dans le préau de l’école Saint Bernard, arrêté toujours en vigueur dont ils estiment qu’il est « créateur de droits à leur profit comme à celui de tout habitant du quartier de la Goutte d’Or ».
Trouble manifestement illicite ?

Un trouble manifestement illicite ?

« Tout citoyen, tout Parisien, et plus particulièrement tout habitant du quartier de la Goutte d’Or, a un intérêt incontestable à ce que les perspectives monumentales du seul monument historique de ce quartier (trop souvent négligé) soient conservées », lit-on dans l’assignation en référé d’heure à heure dont Cavé Goutte d’Or a pu se procurer une copie avant l’audience fixée à demain mardi 10 janvier 2017.

Comédiens, libraires, gens de cinéma et de plume, commerçants du quartier, sociologues, avocats, les treize requérants soutiennent également que la décision du maire d’interdire la construction au nom de la protection des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard est « d’intérêt public ». Selon eux, l’atteinte aux perspectives monumentales identifiée par le maire de Paris en mars 2012 n’est pas un simple fait susceptible d’une appréciation subjective qui pourrait être différente en mars 2015 :

  • « Par le biais de l’arrêté du 14 mars 2012, toujours en vigueur, cette atteinte est devenue une cause juridique justifiant qu’en aucun cas ne soit construit à l’angle des rues Pierre l’Ermite et Saint Bruno un immeuble méconnaissant lesdites perspectives ».

Or, c’est bien un projet identique à celui qui a été refusé par son prédécesseur en mars 2012 que la maire de Paris a autorisé en mars 2015 : « Du point de vue des perspectives monumentales dont le PLU de Paris impose le respect et la conservation, le permis de construire du 27 mars 2015, dont l’OGEC ne manquera pas de se prévaloir, autorise un projet identique à celui qui avait été l’objet de l’arrêté de rejet du 14 mars 2012 », soutiennent les requérants. « En effet, s’agissant de perspectives monumentales, c’est la volumétrie du bâtiment à construire qui est en cause. Or, la volumétrie du projet de 2015 est la même que celle du projet de 2011 ».

« Dès lors, poursuivent-ils, le permis de construire obtenu par l’OGEC en 2015 n’exclut nullement l’existence du trouble manifestement illicite que les requérants demandent au juge de l’urgence de faire cesser ».

Une instruction défaillante ?

À cet égard, les requérants s’interrogent sur la façon dont a été présentée et instruite la demande d’autorisation de construire.

  • « Lors de l’instruction du permis de construire délivré en 2015, l’OGEC a-t-il fait état de l’arrêté de mars 2012 et de la question de la conservation des perspectives monumentales qu’il soulevait ? »
  • « De même, les services de la Mairie de Paris instruisant ce dossier ont-ils eu en mémoire la décision rendue trois ans plus tôt et sa motivation ? »

Et de suggérer :

  • « Une réponse négative semble s’imposer, sauf à imaginer que, de manière complètement arbitraire, une même autorité administrative se contredise de manière aussi flagrante ».

Soucieux que l’enseignement prodigué par l’école Saint Bernard, dont la qualité est bien connue de tous, ne souffre pas des éventuelles carences de gestion de ce dossier, les requérants demandent au juge des référés « d’ordonner sans délai l’interruption des travaux pour mettre ainsi fin au trouble manifestement illicite » et soulignent que « les travaux actuellement en cours n’empêchant pas l’école d’accueillir ses élèves, guère plus leur interruption n’est susceptible de perturber le fonctionnement de cet établissement ».

  • Sur le trouble manifestement illicite : « Le trouble manifestement illicite est constitué par la violation flagrante d’une règle de droit, proche de la voie de fait, bien que ni la loi, ni la jurisprudence n’aient dégagé une définition fixe de cette notion ». Un récent arrêt de la Cour d’appel de Paris retient que le trouble manifestement illicite résulte de « toute perturbation résultant d’un fait qui directement ou indirectement constitue une violation évidente de la règle de droit » (CA Paris, Pôle 1, chambre 3, 10 février 2015, n°14/02110).
Publié dans Articles, Défense du quartier, Saint Bernard | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Voeux’lib’

Des déchets en covisibilité avec le monument historique de la Goutte d’Or ?!

  • Les vœux de la Mairie de Paris pour la Goutte d’Or en 2017 : organiser le tri des déchets autour de l’église Saint Bernard, monument historique.
  • Contesté devant les tribunaux, le malheureux projet architectural d’extension de l’école Saint Bernard y trouvera-t-il son compte ?
Enfin quelque chose de joli dans les perspectives monumentales de l'église Saint Bernard !

De nouvelles perspectives monumentales pour l’église Saint Bernard ?

TRILIB

Trilib’, marque déposée au pied du monument historique.

On se souvient que la Mairie de Paris avait voulu interdire le vocable Bib’lib au prétexte que le suffixe ’lib était préempté par elle : « Liberté je t’enregistre ! », écrivait-elle en substance dans l’euphorie du succès de ses vélib’ (voir notre billet du 17 août 2015). Or, Bib’lib était le logo de la Charte pour le « droit fondamental des citoyens à accéder à l’information et aux savoirs par les bibliothèques » et il semble bien qu’il le soit resté. Plus d’un an après la tentative d’Anne Hidalgo de bloquer cette honorable entreprise, le label demeure et, en septembre 2016, il était encore possible de l’obtenir sur le site de l’ABF !

trilib

Les abords protégés de l’église Saint Bernard bien dotés en trilib’ (Document Mairie de Paris, décembre 2016).

Sur le site de l’ABF en effet car, si les commerciaux de la Mairie de Paris n’ont apparemment pas réussi à enregistrer ’lib, il semble bien que les Architectes des Bâtiments de France n’ont pas davantage su protéger le sigle ABF, qu’ils partagent ainsi avec l’Association des Bibliothécaires de France. Le gag’lib de Bib’lib avait d’ailleurs inspiré à la revue en ligne ArchiMag un titre dont seuls les habitants de la Goutte d’Or pouvaient mesurer l’ironie, privés qu’ils étaient à l’époque d’un ABF qui étudierait « complètement et sérieusement » ses dossiers, pour reprendre les termes du tribunal administratif qui lui reprochera un « défaut d’examen complet et sérieux du dossier » sur le projet Batigère de l’angle Myrha/Affre (voir notre « ABF épinglé »).

On sait que, depuis, l’ABF veille. Il s’est inquiété tout récemment de la restitution d’une fresque sur un mur pignon du square Léon (voir notre billet du 3 décembre 2016) alors que son prédécesseur avait laissé passer (pour combien de temps encore puisque le directeur de l’Urbanisme de la Mairie de Paris a été saisi d’une requête d’arrêt des travaux ?) un projet qui en restitue un autre pourtant refusé par le maire de Paris au motif qu’il serait « de nature à porter atteinte à la conservation des perspectives monumentales aux abords de l’église Saint Bernard » voisine (notre billet du 7 juin 2015).

*

voeux

Et plus encore.

Publié dans Articles, Église Saint Bernard, Défense du quartier | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Saint-Urbain 2016

La SEMAVIP renonce à un nouveau mandat

  • L’aménageuse de la Goutte d’Or a déménagé la Goutte verte pour confier les clés de sa friche Stephenson / Cavé à la Sefri-cime.
  • Enfin le dernier acte pour la démolisseuse du quartier ?
Le chargé de mission de la SEMAVIP enlève le calicot de la Goutte verte.

Le chargé de mission de la SEMAVIP enlève le calicot de la Goutte verte …

Le mode d'emploi de l'enlèvement serait-il écrit sur le calicot ?

… qui semble lui résister.

...qui semble lui résister.

… Le mode d’emploi de l’enlèvement serait-il écrit sur le calicot ?

« Laissons pousser la nature en ville »,
dit le calicot.

On va voir.

On va voir.

Suffit peut-être de demander ?

Suffit peut-être de secouer, il en tombera bien quelque chose ?

Aïe ! un coquelicot de l'été passé.

Aïe ! un coquelicot de l’été passé. Ça pousse sur les calicots, les coquelicots ?

Encore un effort.

Encore un effort.

En attendant les nouveaux

Après l'état des lieux.

Après l’état des lieux.

En attendant les nouveaux bailleurs.

Toujours en travaux.

Un dernier regard.

Un dernier regard.

Interdit au public.

Interdit au public.

Lire

Reportage photographique Cavé Goutte d’Or (16-19 décembre 2016).

Publié dans Articles, Défense du quartier, Politique de la ville, Politique du logement | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Nomade in the Goutte d’Or

La Goutte verte se donne des allures d’allée

  • Dans le frimas de ces 12 et 13 décembre 2016, le jardin partagé a finalement gagné la place qui fut un temps promise à la pétanque.
  • Mais le titre sera remis en jeu lors des prochaines manœuvres municipales sur les deux extrémités très convoitées de la rue Polonceau.
La Goutte verte sur la future esplanade Boris Vian (12-13 décembre 2016).

La Goutte verte sur la future esplanade Boris Vian (12-13 décembre 2016).

Le mercato des friches de la Goutte d’Or se poursuit sous l’œil embué des riverains. Les observateurs plus ou moins avertis des tractations en coulisses avaient cru voir poindre le timide début d’une once de rivalité entre deux institutions majeures du quartier : la Table ouverte (qui a donné son nom à la pétanque) et la Goutte verte (qui a donné le sien au dernier combat de la biodiversité urbaine contre la densification de la Goutte d’Or).

Au moment, en effet, où la première inaugurait en grandes pompes l’espace sis à l’angle des rues Polonceau et des Poissonniers (qui lui serait dévolu pour le temps qui conviendrait à l’élaboration du projet censé remplacer l’ICI n° 2 abandonné) sans que la seconde, bruissait-il dans Landerneau, n’y soit invitée, Les Verts mettaient les pieds dans le plat en soulevant l’improbable problématique de « l’Égalité devant la friche » !

Lire la suite en page Friches.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le figuier de la Goutte verte désormais en covisibilité avec l’église Saint Bernard, monument historique (12 décembre 2016).

Zones sinistrées par la Politique de la ville, la rue Boris Vian et la Goutte verte s'hébergent mutuellement, le temps de la (re)considération urbaine attendue (Photo D.R. 13 décembre 2016).

Zones sinistrées par la Politique de la ville (voir : Fissures), la rue Boris Vian et la Goutte verte s’hébergent mutuellement, le temps de la (re)considération urbaine attendue (Photo D.R. 13 décembre 2016).

 

Publié dans Défense du quartier, Politique de la ville, Politique du logement | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Pas civique palissade

Saint Bernard : La séparation de l’école et de l’église suit son chemin

  • Pour mieux encore brouiller les cartes, la Direction de l’Urbanisme rouvre les délais de recours contre le permis de construire l’extension de l’une dans les perspectives monumentales de l’autre !
  • Preuve que le permis était bien invalide ?
esb-061216

L’école retranchée (photo du 6 décembre 2016 – D.R.).

L’extension de l’excellente école Saint Bernard (fleuron de l’enseignement privé sous contrat dans le quartier par ailleurs défavorisé de la Goutte d’Or) dans les perspectives monumentales protégées de l’église Saint Bernard (unique monument historique du même quartier sous contrat Politique de la ville depuis plus de trente ans) se poursuit sur décision de l’Organisme de gestion de l’école diocésaine catholique (OGEC) malgré les demandes pressantes de Paris Nature Environnement et de SOS Paris, la contestation de riverains, les recours en justice et autres avatars d’un permis de construire mal ficelé depuis cinq ans.

Dernière lubie d’une administration manifestement dépassée par les évènements : les riverains qui s’étaient adressés au directeur de l’Urbanisme pour qu’il fasse respecter l’arrêté de mars 2012 interdisant la construction actuellement en cours se sont vu offrir, le 20 octobre 2016, un droit de recours contentieux contre le permis du 27 mars 2015 aussi largement forclos que largement en voie d’exécution.

Imbroglio

L'école respecte les perspectives de l'église (5 septembre 2016).

L’école respecte les perspectives de l’église (5 septembre 2016).

On se souvient que l’extension nécessaire de l’école Saint Bernard, au lieu de se faire en surélévation, comme le permet la configuration des lieux et comme le propose Cavé Goutte d’Or, suivie en cela par plusieurs riverains, a été pensée et décidée par l’OGEC et ses architectes sous forme de trois plateaux sur pilotis dans la cour de récréation, cela au mépris des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard toute voisine.

Au nom précisément de ces perspectives, protégées par le règlement du PLU de Paris, le maire avait d’abord refusé ce projet par un arrêté du 14 mars 2012 au motif que :

  • « Par son aspect, il serait de nature à porter atteinte au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, notamment aux abords de l’église Saint Bernard ».

Fin du premier acte.

L’école fait le mur (23 novembre 2016).

Huit mois plus tard, en même temps que l’église devenait un monument historique protégé, un projet d’extension dans la cour, identique dans les dimensions et gabarits à celui qui venait d’être retoqué, était proposé par l’OGEC à l’examen de l’ABF qui, ignorant activement la récente inscription de l’église, donna son aval simple et passif pour cause d’absence de protection dans les abords. Premier recours de Cavé Goutte d’Or. Retrait du permis. Fin du deuxième acte.

25 novembre 2016.

25 novembre 2016.

Parallèlement à sa demande de retrait du permis n° 2 accordé et disputé, l’OGEC en déposerait un troisième, toujours identique dans ses gabarits et dimensions, donc dans son atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard, toujours plus protégée quant à elle puisque désormais classée.

Début du troisième acte, que nos lecteurs suivent depuis le dépôt du recours de Cavé Goutte d’Or le 27 mai 2015 contre l’autorisation donnée par la maire de Paris le 27 mars 2015 (historique).

Rebondissement

28 novembre 2016.

28 novembre 2016.

Le troisième permis contesté devant le Tribunal administratif l’est aujourd’hui devant la Cour administrative d’appel (pour mémoire) et le premier refus est invoqué par des riverains de la rue Pierre L’Ermite dans une requête du 16 septembre 2016 au directeur de l’Urbanisme de la Ville de Paris lui demandant  de tenir compte de l’atteinte aux perspectives monumentales désignée par Bertrand Delanoë au motif que :

1er décembre 2016.

1er décembre 2016.

« Cette atteinte ne manquera pas de porter préjudice aux habitants de la rue Pierre L’Ermite et plus largement du quartier de la Goutte d’Or, l’arrêté de 2012 interdisant la construction dans la cour de l’école étant générateur de droits pour les riverains et tous les bénéficiaires du patrimoine national ».

C’est à cette intervention que la Direction de l’Urbanisme a prétendu répondre, le 20 octobre 2016, en la qualifiant de « recours gracieux » dont il aurait été « pris bonne note » et en précisant :

  • « Le silence gardé par l’administration au terme d’un délai de deux mois, qui expirera au cas d’espèce le 19 novembre 2016, vaudra rejet implicite de la requête. Vous disposerez alors d’un délai de deux mois pour introduire éventuellement un recours contentieux devant le Tribunal administratif de Paris ».

Un quatrième acte se profile ainsi, dans la vision chaotique des services qui envisagent rien moins qu’un recours contentieux d’ici au 19 janvier 2017 contre un permis dont les recours autres que celui déjà soumis à l’examen de la Cour administrative d’appel de Paris seraient naturellement frappés de forclusion.

Les riverains fourbissent leurs armes pour que cette tentative de digression ne prospère guère et que le directeur de l’Urbanisme prenne ses responsabilités au regard de la question qui lui a été posée (c’est-à-dire au regard de l’arrêté toujours en vigueur de mars 2012) avant que l’administration – décidément par trop négligente et fautive dans ce dossier – ne subisse les conséquences économiques de la démolition qui, en bout de course, viendra redonner :

  • à l’église Saint Bernard, ses perspectives monumentales et patrimoniales,
  • à l’école Saint Bernard, ses perspectives culturelles et historiques.
Publié dans Articles, Défense du quartier, Patrimoine(s) | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire