Sur l’angle Myrha/Affre

Téqui plagie Téqui

  • On finira pas savoir qui est Téqui !
Projet Téqui I 2013).

Projet Téqui I (Atelier Téqui 2013).

Projet Téqui 2 (2016).

Projet Téqui II (Atelier Téqui 2016). Même les passants fictifs n’ont pas changé. L’ombre et les nuages non plus. Et la lumière du supermarché en pied d’immeuble est restée allumée pendant trois ans pour rien !

Le jeune architecte Louis Téqui maintient la masse présomptueuse et disgracieuse qu’il semble avoir dessinée une fois pour toutes aux côtés de l’élégant immeuble Louis-Philippe qu’il écrase à la deuxième salve comme à la première, et plus encore en raison de l’effet de réplique.

Entre les deux projets, le Tribunal administratif avait jugé que le permis accordé par la Mairie de Paris (qui le soutenait alors au-delà du nécessaire) devait être annulé au nom d’un « défaut d’examen complet et sérieux du dossier par l’ABF », ce qui aurait dû calmer les ardeurs de tout le monde. Mais rien n’y fait : Batigère présente le même projet exactement ; l’architecte des bâtiments de France, à peine avalé son chapeau pour cause de travail incomplet et peu sérieux, avalise le même projet que celui pour lequel il n’avait pas fait son travail ; la Ville accorde sans sourciller un nouveau permis à un « projet identique » au précédent, comme elle le fait écrire dans son mémoire en défense dans l’affaire en responsabilité de l’Administration qui l’oppose à l’association Cavé Goutte d’Or pour faute et dommage dans l’instruction des permis de construire autour de l’église Saint Bernard, monument historique.

Le Téqui II a été autorisé le 23 juin 2016. Aucun panneau ne l’annonce sur le site (Batigère n’a peut-être pas trouvé d’annonceur disposé à annoncer pareil désastre), donc aucun délai de recours ne court. Mais Cavé Goutte d’Or veille. L’association qui avait déjà établi que les précédents panneaux, annonçant le Téqui I et son modificatif (annulés depuis), étaient irréguliers en raison de dates erronées, déposera si nécessaire un recours gracieux dans les temps.

Madame Hidalgo ne saurait en effet avoir vraiment autorisé sur la même parcelle un permis de construire identique à un projet annulé pour « défaut d’examen complet et sérieux du dossier par l’ABF ». Elle ne va pas, à son tour, risquer le défaut d’examen complet et sérieux du dossier.

La thèse de Cavé Goutte d’Or : à l’instar du projet Téqui I, le projet Téqui II ne respecte ni le bâti existant alentour, ni le monument historique en co-visibilité duquel il a pourtant l’honneur immérité d’émerger ; il porte atteinte au bâtiment du 5 rue Myrha, protégé au PLU, qui ne saurait supporter sérieusement de se voir vider de sa structure interne sur cinq étages et de devenir, en rez-de-chaussée, le local à vélo et à poubelles de la monstrueuse extension sur l’angle Myrha/Affre. À suivre.

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Le seul panneau actuellement visible sur la parcelle de l’angle Myrha/Affre est l’annonce du précédent projet annulé par le Tribunal administratif. Il ne fait courir aucun délai de recours (Photo DR août 2016).

Les panneaux du Téqui I sont toujours Téqui là.

Les panneaux du Téqui I sont toujours Téqui là. Ils ne font pas davantage courir le délai de recours contre le Téqui II (Photo DR août 2016).

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Dura lex sed lex

Paris Habitat contraint de percer son pignon

  • Nouvelle victoire de Cavé Goutte d’Or ! Le célèbre promoteur immobilier de la Ville de Paris devra respecter le permis qu’il a obtenu aux termes de nombreuses fausses déclarations entraînant de nombreux « vices » déclarés comme tels par le Tribunal administratif qui les a jugés « effacés » et « corrigés » par les permis modificatifs. 
  • Non examiné par le tribunal, le mensonge sur la baie du pignon ouest demeure comme une épée de Damoclès sur la légalité des deux permis modificatifs qui auraient eu raison des vices du permis initial.
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Vers une exécution des permis obtenus ? Sous réserve des dimensions et finitions (Photo JRB 6 août 2016).

On se souvient que Cavé Goutte d’Or avait signalé au directeur de l’Urbanisme, le 17 décembre 2015, une infraction de Paris Habitat à l’article L.480-4 du code de l’urbanisme stipulant que « le fait d’exécuter des travaux (…) en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire (…) est puni d’une amende comprise entre 1.200 € et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d’une surface de plancher, une somme égale à 6.000 € par mètre carré de surface construite (…) soit, dans les autres cas, un montant de 300.000 € (…) ».

L’un des promoteurs immobiliers les plus agressifs dans la Goutte d’Or prétendait en effet ne pas même respecter le permis de construire qu’il avait obtenu sur l’emprise des 22 et 24 rue Cavé à Paris 18e au gré de plusieurs fausses déclarations, sources d’irrégularités reconnues comme autant de « vices » par le tribunal administratif qui les a en même temps estimés « corrigés » ou « effacés » au cours des procédures modificatives successives qu’a dû mener le promoteur pour se conformer aux prescriptions légales et réglementaires.

Baie opalescente sur Sacré Cœur

Dans la misère du projet architectural de Raphaël Gabrion, les trois permis successivement accordés prévoyaient que le pignon ouest serait percé d’une baie relativement importante (1,13 m de large sur 2,1 m de haut), dont l’objet était expressément d’atténuer le caractère massif du bâtiment.

On ne s'enlace pas !?

La baie promise au départ.

La notice de l’architecte portait deux mentions explicites à cet égard. La première indiquait : « La parcelle du projet, située au milieu de la rue Cavé, pose la double question de la façade et du pignon dans un contexte où les gabarits voisins (R+1) rendent le bâtiment très visible depuis le square Léon. La particularité de cette parcelle réside dans le fait que le pignon ouest du projet est aussi visible que la façade sud. En effet, tandis que la façade sud est perçue de façon ‘‘proche’’ dans la perspective étroite de la rue, la pente de la rue rend le pignon ouest très visible depuis le carrefour et le square Léon qui surplombent la rue ».

La seconde précisait : « En limite ouest, le mur pignon sera en enduit blanc cassé avec des joints creux à chaque étage pour scinder la masse » et prévoyait expressément, pour le quatrième étage, la construction d’« une menuiserie fixe avec un verre opalescent derrière un bardage perforé prélaqué blanc cassé ».

Les plans et notices accompagnant la demande d’autorisation, validés par la décision initiale de la Mairie de Paris du 19 juin 2013, sont demeurés identiques, sur ce point, dans chacune des deux demandes de permis modificatifs qu’il a fallu solliciter dès lors que le permis initial comportait de fausses déclarations en matière d’assiette du projet (exigeant le premier permis modificatif) et qu’au permis initial comme au premier modificatif, il manquait l’avis conforme de l’ABF (exigeant le second permis modificatif).

Aucun des deux permis modificatifs accordés par la Mairie de Paris respectivement les 1er octobre et 25 novembre 2014 ne venaient modifier la façade ouest du projet. Et il n’aurait pu en être autrement : pour écarter tout reproche de violation de la loi en matière de protection du paysage urbain et d’intégration du projet au tissu existant, la Ville de Paris elle-même tirait en effet argument du « soin particulier » qu’elle percevait dans la façade ouest.

Au point 5 de son mémoire du 8 janvier 2015 dans l’instance n° 1318304/7-3 alors pendante devant le tribunal administratif, la maire de Paris affirmait en effet : « Le projet soigne particulièrement le pignon situé au droit des maisons de faibles hauteurs ». Il est encore « soigné » dans les documents internes du chantier datant de juin 2013 et consultés en décembre 2015 (ci-contre).

Soins palliatifs ?

La réalisation du pignon, pourtant, s’écarterait des plans présentés et approuvés. En lieu et place de « soigne particulièrement le pignon », on lirait : « Ce châssis est supprimé et remplacé par un mur béton et enduit » (voir : Dossier de consultation des entreprises, juin 2013 ; DCE 06/2013). Et cela fut décidé – apparemment pour des raisons économiques (« Mise au point marché », lit-on encore) – en juin 2013, soit avant les permis modificatifs, dont il est ainsi avéré qu’ils ont été accordés sur le fondement de faux documents.

Si, en effet, les plans présentés à l’Administration pour l’obtention des deux permis modificatifs des 1er octobre et 25 novembre 2014 comportaient une baie sur la façade ouest, et si cette baie était la garantie, pour la Ville, du « soin particulier » apporté à l’immeuble, alors le fait de la maintenir dans les plans présentés tout en la supprimant en juin 2013 dans la réalisation projetée et en décembre 2015 dans la construction effective était une nouvelle tromperie du maître d’ouvrage, pétitionnaire et bénéficiaire des permis obtenus.

Cavé Goutte d’Or invoquait expressément cette tromperie devant le tribunal administratif de Paris à l’audience du 10 décembre 2015 suivie d’une note en délibéré déposée le 17 décembre 2015. Selon l’association, « la décision de Paris Habitat de supprimer la baie litigieuse du 4e étage, si elle n’a naturellement pu être connue d’elle qu’au moment où la construction atteignait cet étage, le 5 décembre dernier, serait ancienne et pourrait même dater d’avant le permis initial du 19 juin 2013, en tous les cas d’avant les demandes de permis modificatifs, ce qui ajouterait aux fausses déclarations recensées jusqu’ici ».

Le directeur de l’Urbanisme à la Mairie de Paris, Monsieur Claude Praliaud, n’a pas répondu à Cavé Goutte d’Or, mais il aura fait le job ; et c’est en catimini (du moins le pensait-il) que Paris Habitat a finalement exécuté le permis (toujours sous réserve des dimensions et finitions) et percé le mur ouest du CROUS, le 20 juin 2016, – ironiquement sous le regard amusé des étudiants de l’École d’architecture de Paris La Villette qui venaient, ce jour-là, dans les locaux des Xérographes au pied du futur CROUS, présenter à Cavé Goutte d’Or le résultat de leur étude sociologique sur le quartier, suite à deux échanges avec l’association en mars 2016 (*).

Paris Habitat fait des trous dans le fromage

Le 20 juin 2016 à l’heure du laitier, l’office public de l’habitat de la Ville de Paris creusait ainsi quelques trous sur le pignon ouest du futur CROUS, trous qui seraient réunis dans la journée pour former la fenêtre manquante le soir venu. C’est la technique dite du carottage ou de l’Emmenthal (on rappelle en effet que le Gruyère n’a pas de trous), solution en dentelle apparemment préférée à la technique plus musclée de la nacelle suspendue à une grue qui aurait été héliportée sur le toit-terrasse du bâtiment que l’architecte présentait dans sa notice comme « un nouveau lieu de rencontres naturellement magique ».

La technique du carottage (ou de l'Emmenthal). Photo DR 20 juin 2016.

La technique du carottage. Photo DR 20 juin 2016.

Entre la carotte (ci-dessus) et le bâton (ci-dessous), Paris Habitat aura donc préféré la carotte.

A la russe (source image).

La technique du bâton (dite aussi J.O. de Pékin 2008). Source image.

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Fenêtre restituée voilée (Photo DR 20 juin 2016).

Fenêtre dévoilée à la rue (Photo DR 2 août 2016)

Fenêtre restituée dévoilée à la rue (Photo DR 2 août 2016)

Immédiatement recouvert d’une bâche elle-même opalescente du 20 juin au 31 juillet, le mur s’offre à la vue de tous depuis les premiers jours d’août. L’œuvre de l’architecte Raphaël Gabrion n’en est pas sauvée pour autant, et Cavé Goutte d’Or se gardera bien de pavaner sous la baie reconstituée, mais force est de constater que l’association a dû intervenir quatre fois (avec succès) pour obtenir de Paris Habitat, de la SEMAVIP (associée à ses fausses déclarations sur l’assiette du projet) et de la Mairie de Paris (dont l’instruction des dossiers était pour le moins défaillante) respectent enfin les règles les plus élémentaires d’urbanisme et « corrigent » (c’est le mot du Tribunal administratif) les « vices » et « erreurs » (itou) qui affectaient les demandes de permis et les permis accordés sur notamment : (1) le  statut de Paris Habitat comme propriétaire de la parcelle SEMAVIP et le statut de prétendue « unité foncière » de ladite parcelle avec celle de la rue Myrha, (2) les limites séparatives entre le bâtiment construit sur la rue Myrha et celui construit sur la rue Cavé avant qu’une servitude de cour commune entre les deux organismes proches de la Mairie ne vienne autoriser ce qui ne l’était pas, (3) la décision, préalable aux permis modificatifs demandés, de ne pas se conformer aux plans présentés quant à la baie ouest de l’immeuble, et (4) la tentative de cacher à l’architecte des bâtiments de France (qui n’en demandait pas tant !) la présence d’un monument historique en co-visibilité avec le projet en présentant par deux fois des plans d’insertion sans qu’y figure le monument historique, l’architecte du CROUS ne dézoomant sa présentation qu’à son troisième passage devant les autorités instructrices du permis.

Un conflit d’intérêts publics ?

Celles-ci n’ont-elles pas été trop conciliantes avec l’office public de l’habitat (OPH) de la Ville de Paris ?  Y a-t-il eu conflit d’intérêts publics ? négligence ou faute de la direction de l’Urbanisme dans l’instruction de ces permis ? Engagée à l’automne 2015 par Cavé Goutte d’Or, une procédure en responsabilité de l’Administration se poursuit ces jours-ci et doit permettre de faire la lumière sur les fausses déclarations émanant aussi de la direction de l’Urbanisme elle-même et des adjoints au maire du 18e arrondissement chargés du Patrimoine et de l’Urbanisme, Carine Rolland et Michel Neyreneuf ayant à plusieurs reprises entretenu fautivement une ambiguïté artificielle sur le statut de l’église Saint Bernard comme monument historique et les dates à partir desquelles la protection du monument et de ses abords s’imposait de droit.

Dans un mémoire de la Ville de Paris enregistré le 20 juillet dernier, auquel Cavé Goutte d’Or doit répondre pour le 10 août prochain, on lit encore, dans un même souci de confusion artificielle (mais cette fois-ci devant le tribunal administratif lui-même), que la fameuse note de la direction de l’Urbanisme qui prétendait que l’église Saint Bernard aurait été « classée » (écrivait-elle par erreur en référence à son inscription du 26 novembre 2012) après l’avis de l’ABF (29 janvier 2013) mais avant le permis (19 juin 2013) « ne contenait pas de fausse information ».

Pour la Ville en effet, qui prétend cette fois-ci tirer profit de la confusion de sa direction de l’Urbanisme entre classement et inscription, la note litigieuse ne contient « pas de fausse information puisqu’il est exact qu’à la date à laquelle l’architecte des bâtiments de France a émis son premier avis (le 29 janvier 2013), l’église Saint-Bernard n’avait pas encore fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques (le 18 juin 2015), et avait récemment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques (le 26 novembre 2012) ». 

Le fil est très gros et la défense ajoute très vite : « En toute hypothèse, il se serait davantage agi d’une erreur matérielle, sans incidence sur l’avis émis par l’architecte des bâtiments de France, alors qu’il s’était prononcé plusieurs fois sur le projet ».

Cavé Goutte d’Or privée de vacances

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Sans légende (Photo DR 6 août 2016).

Pour Cavé Goutte d’Or, cette assertion tente maladroitement d’excuser la direction de l’Urbanisme en ce qu’elle confirme une ingérence fautive de la Mairie de Paris dans le calendrier de protection du monument historique et de ses abords. L’association devra ainsi, si elle l’estime nécessaire, répliquer avant le 10 août à midi, – tout en n’oubliant aucun des autres dossiers chauds de l’été (Lire par ailleurs : vacance et carence d’Éric Lejoindre sur la rue Boris Vian ; surdensification de l’espace Ordener/Poissonniers ; projet de construction AFL sur l’angle Cavé /Stephenson (mouvement annoncé sur la parcelle du jardin Goutte verte) ; projet de construction Batigère à l’angle Myrha/Affre (un permis a été accordé le 23 juin 2016 pour un projet rigoureusement identique à celui qui avait été retoqué par le Tribunal administratif au nom d’un « défaut d’examen complet et sérieux du dossier par l’ABF ») ; projet de surélévation de l’école Saint Bernard ; étude de la délibération modificative du PLU, …).

(*) Le blog reviendra sur le travail de sociologie des étudiants de l’École d’architecture de Paris La Villette, mené sous la direction de Magali Mascarello, architecte, présenté à Cavé Goutte d’Or les 29 février et 20 juin 2016 à l’atelier des Xérographes. Rendez-vous a été pris pour un compte rendu de l’ensemble de ce travail à l’occasion de la prochaine Saint Urbain le 19 décembre 2016.

TD de sociologie de l'École d'architecture de Paris La Vilette (20 juin 2016).

TD de sociologie de l’École d’architecture de Paris La Villette (20 juin 2016).

Ces travaux seront présentés au public le 19 décembre 2016.

Ces travaux seront présentés lors de la prochaine Saint Urbain de Cavé Goutte d’Or le 19 décembre 2016.

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Lejoindre injoignable

Putsch en coulisses, place Jules-Joffrin

  • Profitant de la vacance du maire du 18e, son adjoint à l’Espace public opère un mouvement (encore timide) sur la rue Boris Vian.

Félix Beppo, chargé de l’Espace public (voirie, propreté) à la Mairie du 18e, a réagi très vite au tweet de Cavé Goutte d’Or du 3 août 2016 lui proposant de « faire quelque chose »  pendant qu’Éric Lejoindre réfléchissait à la meilleure façon (sinon à la façon la plus courtoise) de répondre à la lettre qu’il avait reçue de la Cohérie Boris Vian le 2 mai dernier (voir sur le blog : « Boris Vian fait sa montée des marches », « Le film de la Saint Boris 2016 »« La  lettre qui hérisse Lejoindre ? »).

Quelques minutes après l’appel de Cavé Goutte d’Or, Félix Beppo annonçait « faire le nécessaire » :

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Échange du 3 août 2016.

Les Hauts de Boris Vian

Cavé Goutte d’Or salue la prestation car le nécessaire fut fait. En partie haute de la rue Boris Vian en tout cas, comme en témoigne le cliché ci-dessous, pris le 5 août en fin de journée.

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Après l’intervention de Félix Beppo.

L’angle des rues Boris Vian et Polonceau, à quelques pas et en co-visibilité avec le monument historique qu’est devenue l’église Saint Bernard le 26 novembre 2012, a été débarrassé fissa de ses encombrants (fissa en termes de communication de l’adjoint à la Propreté puisque, avant l’intervention de Cavé Goutte d’Or sur tweeter, l’angle était resté poubelle pendant cinq jours pleins [du 28 juillet au 2 août en tout cas]).

Plongée sur le renoncement à l'esthétique à l'effort architectural (Renoncement 1993, Photo DR 5 aoît 2016).

Plongée sur le « renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural » (Renoncement 1993, Photo 5 août 2016).

L’angle des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or, en co-visibilité, pour sa part, avec le monument du « renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural » qu’est devenue la barre d’immeuble Paris Habitat offerte à la Goutte d’Or sous l’égide de la Politique de la ville dans les années 1990, demande encore que l’adjoint à la Voirie et la Propreté fasse « le nécessaire », – une sorte de … nécessaire de toilette (photos ci-contre et ci-dessous, 5 août 2016).

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Petit bonhomme vert (EELV en puissance ?) en lutte contre le « renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural » ? (Renoncement 1993, Photo 5 août 2016).

***

Les tambours suivent le mouvement

En revenant de la rue Boris Vian, notre correspondant a pu observer avec plaisir les animations de l’association ADOS sur le square Léon, parmi lesquelles un cours magistral de tambours prodigué par l’équipe de l’École Fola et l’association Les tambours parleurs. Voir la petite vidéo postée sur la page facebook de Cavé Goutte d’Or.

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Les tambours parleurs sur le square Léon, 5 août 2016 (la vidéo).

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2 mai – 2 août

La rue Boris Vian passera-t-elle l’été ?

  • Le 28 juillet dernier, le maire Éric Lejoindre n’avait toujours pas répondu à la lettre que la Cohérie Boris Vian lui a adressée le 2 mai 2016 à l’occasion de la cinquième édition de la Saint Boris, traditionnelle montée des marches pour la réhabilitation du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or.
  • Il n’avait pourtant fallu que dix jours à l’ancien maire du 18e Daniel Vaillant pour répondre, le 6 décembre 2013, à une précédente missive de la Cohérie Boris Vian du 25 novembre 2013 et lui annoncer que le secteur qui avait en effet « très mal vieilli », écrivait-il, serait l’objet d’une « étude urbaine permettant de proposer des schémas d’aménagement ».  
  • Saluée dans ses objectifs et premiers retours par Cavé Goutte d’Or, cette étude devait être présentée « avant l’été (2016) ». Aurait-elle à son tour « très mal vieilli » ?
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L’angle Boris Vian/Arcades Goutte d’Or. Photo DR 23 juillet 2016.

« Il reviendra à mon successeur de faire réaliser le projet qui sera retenu », écrivait encore, le 25 novembre 2013, Daniel Vaillant à Nicole Bertolt, mandataire de la famille Boris Vian (la lettre de Daniel Vaillant). D’où le « Je vous fais une lettre » (une nouvelle lettre donc puisque Bertrand Delanoë en 2012 et Bruno Julliard en 2013 avaient déjà été alertés par la Cohérie Boris Vian sur la question) remis solennellement le 2 mai 2016 à l’attention d’Éric Lejoindre aux bons soins de Sandrine Mées, conseillère de Paris EELV, référente du conseil de quartier Goutte d’Or/Château rouge lors d’une petite cérémonie animée par Cavé Goutte d’Or, agrémentée par la clown de rue Opportune et l’accordéoniste Anna Morse en présence notamment de La Table ouverte, La Goutte verte, Paris Macadam, Balades aux jardins, Vigipirate.

En guise d’amicale piqûre de rappel, et comme pour prendre discrètement acte que la présentation annoncée pour avant l’été était présumée reportée, le film de la cérémonie a été diffusé sur le blog de Cavé Goutte d’Or le premier jour de l’été  (cf. « Le temps au temps »).

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On n’ose plus dire dans quoi les marches ont leur nez cassé (Photo DR 2 août 2016).

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(DR 2 août 2016).

Du coup, les marches (au demeurant brisées et dangereuses) restent ces jours-ci telles qu’en elles-mêmes (photos ci-dessus et ci-contre, 2 août 2016), et leurs abords (qui sont aussi ceux d’un monument historique classé puisque la rue Boris Vian est, dans sa partie haute, en co-visibilité immédiate et dans le périmètre de protection de l’église Saint Bernard) restent la proie des ordures, – sans soins, sans attention, sans même le nettoyage élémentaire (photos ci-dessous à cinq jours d’intervalle).

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La rue Boris Vian, une encombrante ? (Photo DR 28 juillet 2016).

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Ibid à J + 5. (Photo DR 2 août 2016).

La santé n'attend pas !

La santé n’attend pas !

Et Mélanchon, il attend quoi ?

Et Mélenchon, il attend quoi ?

Dans notre billet du premier jour de l’été, nous laissions donc le temps au temps. C’était sans savoir que le maire n’avait pas même accusé réception de sa lettre à la Cohérie Boris Vian. Celle-ci nous confirmait en effet, jeudi dernier 28 juillet 2016, qu’elle n’avait toujours rien reçu d’Éric Lejoindre qui, pour sa part, a bien reçu la lettre que Sandrine Mées lui a remise en mains propres le 2 mai 2016, il y a aujourd’hui trois mois.

La lettre qui hérisse Lejoindre ?

Un soin particulier apporté à la lettre de la Cohérie Boris Vian à Éric Lejoindre.

Un soin particulier apporté à la lettre de la Cohérie Boris Vian à Éric Lejoindre.

Une lettre dont Nicole Bertolt soulignera le caractère « particulièrement émouvant » dès lors qu’elle s’était permise d’y apposer l’autoportrait de Boris Vian et la première phrase du manuscrit du Déserteur : « J’ai enlevé ‘Monsieur le Président’, mais vous avez l’écriture exacte de Boris Vian », dit-elle (minute 3:10 du film L’avenir de la rue Boris Vian à la Goutte d’Or).

La longue absence de réponse du maire laisse songeur. On se souvient de sa lettre attentive à un éditorialiste du Figaro (lien), de sa pose amicale (quoiqu’un peu intimidée) aux côtés de la grande artiste cocoon, autrement plus accessible que Boris Vian sans doute, ou encore des élucubrations de son adjointe à la Culture et au Patrimoine évoquant, en septembre 2014, une église Saint Bernard qui, « par une bizarrerie n’a pas été classée dans son entièreté » (lien). On reste surtout perplexe sur les chances de le voir – lui ou son adjoint à l’Urbanisme, dont on se souvient qu’il est à l’origine, en 1993 déjà, du célèbre « renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural » affiché et programmé pour que la Goutte d’Or « reste un quartier populaire » (*) – prendre vraiment en compte le projet urbain dont nous avions salué chaleureusement les premières présentations au nom, précisément, du respect d’un quartier qui, pour être populaire, ne saurait légitimement être privé d’esthétisme ou d’effort architectural (cf. « Un souffle nouveau sur la rue Boris Vian et ses abords » et « Vers des arcades abordables »).

On veut croire néanmoins que le maire lira – « lira peut-être », « s’il en a le temps », comme dit la chanson – la lettre qu’il a reçue le 2 mai et on croise les doigts. Les héritiers de Boris Vian, qui avaient donné leur accord pour nommer la rue au cœur de l’opération Goutte d’Or Sud en 1992, n’ont-ils pas évoqué l’idée de revenir sur cet accord si la Mairie de Paris devait maintenir les lieux en l’état ? (Voir JDD ci-contre et Lettre de la Cohérie à Bertrand Delanoë du 28 novembre 2012).

Bien sûr, on n’exclut pas que la lettre de réponse soit partie entre-temps, dictée ou dans la pile des devoirs de vacances, rangée parmi les premières missions de la rentrée ou retenue par les sévices postaux (ci-dessous). Bref, on veut y croire.

courrier

Sévices postaux à répétition dans l’arrondissement (capture d’écran du 18e du mois, avril 2016). Plusieurs riverains de la rue Cavé sont à la même enseigne.

(*) Renoncement à l’esthétique
et à l’effort architectural, le verbatim

« En passant d’une logique de lutte (contre le projet de l’opération Goutte d’Or Sud) à une logique de partenariat, on a mis au rancart, c’est vrai, les questions architecturales, c’est-à-dire les questions esthétiques grosso modo (…). Un effort architectural important aurait abouti à dépasser les plafonds du PLA (Prêt locatif aidé, NDLR). Or, parmi nos revendications (les revendications de l’association Paris Goutte d’Or, NDLR), celle qui primait est que le quartier reste un quartier populaire » (Michel Neyreneuf 1993). Ironiquement, l’image du film de Sami Sarkis qui accompagne les propos du futur adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture montre l’escalier Boris Vian en pleine construction.

BV+PGO 2

Les Arcades bientôt au vide grenier de Paris Goutte d’Or (affiche en arrière plan) ?

*

Au moment où nous préparions ce billet, nous apprenions le décès, le 25 juillet 2016 à l’âge de 88 ans, de Charles D’Déé, dit Monsieur D’Déé (M. D’DÉÉ), danseur et chorégraphe, compagnon de route de Boris Vian et Ursula Vian, co-fondateur de la Fond’action Boris Vian, membre du Collège de ’Pataphysique, « créateur infatigable et président inamovible » comme le présentent, le 29 juillet dans Le Monde, la Fond’action Boris Vian, la Cohérie Boris Vian, Nicole Bertolt, les Amis de la Cité Véron.
Cavé Goutte d’Or est de tout cœur avec la grande famille de Boris Vian.
Lire aussi sur la page Actualités du site Boris Vian.

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Sauvetage

Les Verts votent le PLU avec Bonnefoy

  • Selon le conseiller de Paris EELV David Belliard, qui cite le poète Yves Bonnefoy récemment disparu, c’est dans l’acceptation d’un PLU imparfait que se situe l’acception positive de l’imperfection.
  • Anne Hidalgo applaudit : « J’apprécie beaucoup l’approche un peu théorique sur ‘perfection’ et ‘imperfection’ », félicite-t-elle son poétique allié.
Le vote

« Un vote, c’est toujours une forme de réduction à un choix binaire d’un processus souvent complexe, le signe (ou la cime) de l’imperfection prise dans son acceptation positive » (David Belliard, Conseil de Paris, 4 juillet 2016).

Nous avons déjà salué ici le travail des Verts sur le PLU de Paris en amont du vote et observons aujourd’hui la vigilance prudente avec laquelle ils ont finalement accordé leur vote favorable à la modification laborieuse de ce texte fondamental, approuvée le 4 juillet dernier.

Au risque de paraître une nouvelle fois orientés pro-domo sur les horizons restreints du 18e arrondissement de la capitale, et plus encore de sa partie Est maintenue avec application en zone-urbaine-sensible-et-de-sécurité, nous répétons que certains combats gagnés et/ou en bonnefoy bonne voie d’être gagnés sur ce secteur sur-zoné doivent beaucoup à l’engagement du Groupe écologiste de Paris (GEP) dans les études des derniers mois, les combats des dernières minutes et les négociations avec le pouvoir (partagé) pour que l’alliance Verts-PS de la municipalité en place soit réelle.

Une opposition d’amendements

Les Verts ont dominé la situation de part en part, de l’étude des modifications à leurs aménagements sous forme de vœux et d’amendements dont un bon nombre a été repris (souvent avec contre-aménagements et contre-amendements il est vrai), et s’en seraient presque transformés en opposition. Méchamment condamnée au rôle de méchant de service, l’opposition en titre en serait presque devenue verte elle-même, – de rage.

« S’il faut aimer la perfection parce qu’elle est le seuil », retient donc Belliard de Bonnefoy, « il faut aussi la nier sitôt connue, l’oublier morte. L’imperfection, c’est la cime ».

La difficile citation d’Yves Bonnefoy, décédé trois jours avant que David Belliard ne s’en serve pour justifier le vote positif de son groupe au Conseil de Paris, mérite un instant de réflexion. Ces vers sont contenus dans un recueil paru en 1958 dont on trouve une présentation de Pierre Trottier en 1960 sur le site interuniversitaire Érudit et une autre de Anja Pearre en 1995 qu’on peut lire sous le titre de La présence de l’image : Yves Bonnefoy face à neuf artistes plastiques (Amsterdam/Atlanta, 1995, pages 27-28), travail qui interroge la position du poète face à l’inachevable, à la perfectibilité.

Selon cet auteur, « le manque de perfectibilité résume, depuis longtemps, pour Bonnefoy, la qualité de notre être au monde ». Voilà ainsi mise en perspective une loi de la nature, nature législative incluse ! Et les Verts ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui ont contesté plusieurs aspects du nouveau PLU, rappelé qu’ils n’avaient pas voté la précédente modification, regretté à maints égards (en forme plus soft mais pas moins affirmée que l’opposition officielle) qu’on ait préféré en hauts lieux une nouvelle modification à une révision plus fondamentale du texte.

Poursuivant dans la verve poético-philosophique de David Belliard, l’allié Vert dont Galla Bridier avait averti avant le vote qu’il lutterait pied à pied pour éviter la sur-densification de Paris, précisera encore : « Un vote, c’est toujours une forme de réduction à un choix binaire d’un processus souvent complexe, le signe (ou la cime) de l’imperfection prise dans son acceptation positive ».

Bien qu’il soit possible – ô combien ! – d’accepter l’imperfection, on devine qu’il s’agissait ici d’évoquer l’acception positive de l’imperfection et on laisse l’élu conclure :

  • « Dans cet esprit, nous voterons favorablement cette modification du PLU, à cause de toutes ses avancées et malgré toutes ses imperfections. Et nous continuerons à lutter, projet par projet parcelle par parcelle, pour que notre vision soit entendue et défendue ».

C’est dans une perspective proche – un travail en dentelle – que plusieurs associations parisiennes de défense de l’environnement étudient maintenant dans le détail la délibération finalement votée, en vue d’éventuelles oppositions : projet par projet, parcelle par parcelle.

Une méthode contestable et contestée

Végétalisation de surface, rue des Poissonniers (75018)

Végétalisation de surface, rue des Poissonniers (75018).

Car le nouveau PLU souffre, dans ses dispositions comme dans la méthode choisie pour les mettre en place, d’un défaut grave de démocratie qui n’a pas manqué de créer un certain malaise au sein de l’hémisigne hémicime hémicycle.

Un hémicycle bruissant (jusque dans les formules de politesse, la façon de l’exécutif de s’adresser aux intervenants selon le groupe qu’ils représentent ou la virulence de leurs critiques, les remerciements prodigués à qui retirait tel amendement ou acceptait tel contre-amendement) d’un clivage très fort entre majorité et opposition. Normal ? Pas sûr, si l’on en croit les jolies perles qui égrenaient le débat, dont nous retenons ici les deux plus… perfectibles à nos yeux :

À propos de « la profondeur du désaccord droite/gauche » qu’il crut devoir constater, le conseiller de Paris Claude Dargent, dont la parole doit l’être aussi, assurerait en effet sans grande nuance :

  • « La droite défend les intérêts de quelques-uns, ou plutôt les intérêts qu’elle leur prête (à ces quelques-uns, ndlr) alors que la Ville défend l’intérêt général » (vidéo du conseil de Paris, minute 02:02:00). L’asymétrie de la proposition vient du fait qu’à « la droite » n’est pas opposée « la gauche » mais « la Ville». Ce choix lexical prive la proposition de toute valeur car, si la Ville était à droite, la droite défendrait-elle pour autant l’intérêt général aux yeux du locuteur ?

Et la maîtresse des lieux Anne Hidalgo, soucieuse de faire cesser un début de messes basses venant de ses propres rangs et couvrant la voix de son adjoint à l’Urbanisme Jean-Louis Missika, d’interpeller un groupe de collègues bavards en un délicieux :

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Dense avec les loups

Vers un PLU laisse béton ?

  • Plusieurs associations de quartiers s’inquiètent de la densification de Paris.
  • Dans un entretien aux Échos, l’élue verte du 18e arrondissement Galla Bridier assure que l’allié EELV se bat pied à pied avec la majorité municipale pour ne pas laisser bétonner la capitale.
  • Paris Nature Environnement craint la construction d’un Paris hors-sol, SOS Paris des modifications précipitées qui annoncent de nombreux contentieux entre le nouveau PLU et le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable).
  • Cavé Goutte d’Or soutient l’amendement des Verts en faveur de la création d’un espace libre protégé tendant à sauvegarder les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard.
  • Mais pas que.
non à la d

Illustration empruntée au Collectif Dépôt Chapelle Ordener.

Les associations parisiennes de protection de l’environnement sortent, pour beaucoup d’entre elles, d’un marathon démocratique et civique (pour ne pas dire citoyen) qui les a fait travailler depuis un an sur les modifications du PLU (Plan Local d’Urbanisme), et tout particulièrement dans la dernière ligne droite, sur les dossiers les plus chauds que nous avons suivis sur le blog depuis la réunion de travail de Paris Nature Environnement, le 26 avril 2016.

Si Cavé Goutte d’Or était intervenue dès juillet 2015, au moment de la consultation en mairies, il s’agissait – en mai et juin 2016 – d’encourager les associations de quartier à lire le PLU avant l’adoption de ses modifications par le Conseil de Paris (voir sur le blog : PLU École Saint Bernard, PLU Bois Dormoy, PLU Ordener/Poissonniers suivis de Semaine PLU 1, Semaine PLU 2).

Grosse fatigue

Ce marathon se poursuit. Le PLU lui-même n’est pas au bout du chemin car, s’il était approuvé lors de la session du Conseil de Paris des 4-5-6 et 7 juillet 2016 (c’est demain), la délibération d’approbation (lire le projet) serait encore susceptible d’opposition.

Déjà, plusieurs des associations les plus actives durant l’année écoulée – nous pensons à SOS Paris, Paris Nature Environnement, Respiration Paris 15, à l’Association pour le Suivi de l’Aménagement de Paris Nord-Est (ASA-PNE), à CapaCités et ses collectifs amis (actifs sur le projet Ordener/Poissonniers), le Bois Dormoy, Cavé Goutte d’Or et maintes autres – étudient « pied à pied » (pour le dire comme Galla Bridier de ses propres négociations avec la majorité municipale) les nouvelles dispositions du PLU, craignant que plusieurs d’entre elles ne portent préjudice à l’environnement, à la ville et au PLU lui-même.

Independance day

Nos lecteurs suivront avec intérêt les débats du lundi 4 juillet, date ô combien symbolique, sur les amendements que le Groupe écologiste de Paris a réussi à mettre et maintenir à l’ordre du jour du Conseil de Paris. Au risque d’apparaître un peu trop dans la protection de proximité, nous signalons les trois amendements n° 43 concernant le secteur Ordener-Poissonniers, 51 pour la création d’un espace vert protégé sur le Bois Dormoy et 58 sur la création d’un espace libre protégé à l’angle des rues St Bruno et Pierre L’Ermite accueillant l’école Saint Bernard dont l’extension nécessaire peut être poursuivie en surélévation des bâtiments existants (voir : « Les plans de Cavé Goutte d’Or pour agrandir l’école Saint Bernard »).

L'école Saint Bernard prend de la hauteur.

L’école Saint Bernard prend de la hauteur.

Certains élus au Conseil du 18e arrondissement ont cru devoir rejeter le vœu des Verts au motif que la protection des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard empêcherait l’extension de l’école. Il n’en est rien. L’école peut s’étendre au-dessus du bâtiment existant sans porter atteinte à l’environnement du monument historique, qu’elle aura ainsi contribué à protéger. Elle peut même construire plus d’espace que ce qu’elle vise dans les trois plateaux sur pilotis qu’elle prévoit de construire dans la cour de l’école en portant une atteinte avérée aux perspectives monumentales, – avérée par le maire de Paris lui-même qui a refusé en mars 2012 le premier permis de construire en application de l’article UG.11 du PLU en vigueur.

Pour en savoir plus : Les plans de Cavé Goutte d’Or pour agrandir l’école Saint Bernard. Le courriel du 3 juillet 2016 de Cavé Goutte d’Or aux élus du 18e. L’amendement du Groupe écologiste de Paris en faveur d’un espace libre protégé. L’espace libre protégé.

  • L’« espace libre protégé » dans le PLU « Un espace libre protégé (ELP) est un espace généralement à dominante minérale, ne comportant pas de construction en élévation et constituant, sur un ou plusieurs terrains, un ensemble paysager protégé, en application de l’article L.123-1-5 § 7° du Code de l’urbanisme, pour sa fonction dans le paysage urbain et le cadre de vie des habitants, sa qualité esthétique ou de témoignage historique et, le cas échéant, son rôle dans le maintien des équilibres écologiques ».
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Constructif

Les plans de Cavé Goutte d’Or pour agrandir l’école Saint Bernard

  • Après avoir libéré la parcelle de l’école Saint Bernard de la réserve de logements sociaux que voulait lui imposer la Mairie de Paris, Cavé Goutte d’Or travaille désormais à la possibilité d’agrandir l’école sans porter atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard.
Dessin de Pierre Crochelet, ingénieur architecte (juin 2016).

Surélévation d’un étage sur l’école R+2 et de trois niveaux sur le gymnase. Dessin sur photo par Pierre Crochelet, ingénieur civil architecte (juin 2016).

Selon les débats qui ont eu lieu au Conseil du 18ème arrondissement à l’initiative du Groupe EELV, la réserve faite pas la Mairie de Paris aux fins de produire du logement social intermédiaire sur la parcelle de l’école Saint Bernard aurait été levée (voir notre alerte et notre demande de retrait, suivies par celles de l’OGEC et du conseil de quartier).

La première partie du vœu que les Verts avaient soumis au vote du conseil, lundi dernier 20 juin 2016, consistant à voir cette réserve retirée serait ainsi « réalisée » selon ce qu’en a dit à l’assemblée l’adjoint à l’Urbanisme et au Logement. Restait donc la seconde partie du vœu, consistant à inscrire la protection de la parcelle au PLU afin de s’assurer que les perspectives monumentales autour de l’église Saint Bernard, monument historique classé, ne puissent être mises en danger par des constructions qui ne respecteraient pas l’« espace urbain d’intérêt exceptionnel » identifié notamment par une étude de François Loyer pour l’APUR.

Nous reviendrons sur le vote du conseil d’arrondissement après avoir pu prendre connaissance du débat exact, les propos qui en ont été rapportés jusqu’ici étant peu audibles, sachant par ailleurs que, de notoriété publique, la retransmission en direct du conseil a été interrompue en divers moments pour des raisons techniques, notamment pendant les vœux.

D’ores et déjà, on observe que la réponse de Michel Neyreneuf à Pascal Julien, met en valeur l’étude de François Loyer quand bien même elle tendrait à en limiter la portée.

Exceptionnel

L’adjoint à l’Urbanisme et au Logement du 18ème arrondissement a en effet répondu explicitement au conseiller de Paris en reprenant l’étude de François Loyer pour l’APUR sur « un espace urbain d’intérêt exceptionnel » dont il a tenté, en même temps, de limiter la portée, prétendant que le propos du célèbre historien de l’architecture ne concernait « que l’église, l’esplanade et le square », à l’exclusion des rues avoisinantes. Ce faisant, l’adjoint n’a discrédité ni l’étude de l’APUR en soi, ni le vœu de Pascal Julien fondé notamment sur cette étude : il a seulement tenté d’en réduire artificiellement l’impact, sans la moindre incidence sérieuse sur le texte de François Loyer dès lors que l’étude est publiée, largement diffusée, et dit le contraire de ce que l’Urbanisme voudrait lui faire dire.

La parcelle englobée dans l'espace urbain d'intérêt exceptionnel (François Loyer, APUR, 1982).

La parcelle englobée dans l’espace urbain d’intérêt exceptionnel (François Loyer, APUR, 1982).

Telle que nous l’avons présentée ici même, l’étude de François Loyer porte bien, en effet,  sur tout l’espace et vise expressément toutes les rues autour de l’église dont, notoirement, l’angle des rues St Bruno et Pierre L’Ermite. On doit même observer que, contrairement à la réponse de l’adjoint, le square ne fait qu’incidemment partie de l’espace urbain d’intérêt exceptionnel, alors que la parcelle de l’école en fait expressément partie, le trait de couleur rouge foncé  sur le plan en témoignant à l’encontre de toute autre lecture.

Extension par surélévation

faç Est 1 +1

En rouge : dessin de Pierre Crochelet sur élévation Est (rue Pierre L’Ermite) de l’agence Alter Ego.

Pour ce qui est des préoccupations quant à l’extension nécessaire de l’école Saint Bernard, avancées à l’unisson par le Front de Gauche et Les Républicains (toujours sous réserve de la retransmission officielle du conseil), Messieurs Briant et Bournazel, respectivement, ont rejeté le vœu des Verts au seul motif du risque qu’il pourrait y avoir à ne pas pouvoir agrandir l’école. Or, ce risque est inexistant. L’argument s’oppose aux possibilités bien réelles qu’il y a de construire par dessus le bâtiment actuel, comme Cavé Goutte d’Or l’a proposé à l’OGEC et aux architectes d’Alter Ego depuis 2014, et comme l’établissent désormais les plans et dessins de l’architecte Pierre Crochelet, qui s’est penché sur la question et aboutit à des solutions permettant un gain d’espace plus important que les trois plateaux sur pilotis dans la cour de l’école prévus par le projet de l’OGEC.

faç Nord 2 +1

En rouge : dessin de Pierre Crochelet sur élévation Nord (rue Saint Bruno) de l’agence Alter Ego.

angle1+1 v2

Surélévation d’un étage (photomontage de Pierre Crochelet, vue depuis la rue Pierre L’Ermite).

angle1 avec volume

En transparence : volume de l’extension sur la cour de l’école (photomontage de Pierre Crochelet sur la base des plans de l’agence Alter Ego ; même vue).

La surélévation d’un étage au-dessus de l’immeuble actuel (sachant que la loi permettrait d’en construire deux) offre en effet un espace supérieur aux 150 m² prévus par l’extension sur la cour. Cette opération est possible et permettrait de renforcer l’immeuble actuel, qui doit l’être dans tous les cas de figure.

Elle aurait par ailleurs l’avantage de favoriser une solution respectant le PLU actuel, son article UG.11 et l’arrêté pris en mars 2012 par Bertrand Delanoë sur le fondement express d’une « atteinte au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, notamment aux abords de l’église Saint Bernard ».

Selon Cavé Goutte d’Or, cet arrêté toujours en vigueur s’oppose irrémédiablement à un arrêté contraire qui viendrait autoriser aujourd’hui une construction identique dans ses gabarits et sa volumétrie au projet refusé en 2012 (voir l’étude comparative des projets).

Dans son appel du jugement du tribunal administratif, l’association démontre que les causes juridiques qui ont conduit Monsieur Delanoë à refuser le premier projet demeurent en effet. D’où son soutien, aujourd’hui, à une alternative aux riches perspectives.

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L’avenir du vœu d’EELV au conseil de Paris des 4-5-6 juillet 2016
retweeté et liké par, notamment, SOS Paris et Paris Historique

laviefutureduvoeu

Échanges actifs et constructifs entre le conseil d’arrondissement du 20 juin et le conseil de Paris des 4-5-6 juillet 2016.

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