Tromperie sur la marchandise

Cavé Goutte d’Or estime n’avoir pas été assez écoutée et ferme son compte Facebook

  • Toute à l’étude des Missika Papers sur la requalification urbaine du secteur Polonceau-Goutte d’Or, l’association renonce aux services que ne lui rendait finalement pas tant que ça le réseau prétendument social sur lequel elle signalait la parution des billets de son blog, – qui resteront l’objet d’une alerte sur Tweeter (Allo Tweeter, tu m’entends ?).
  • La page « Rue Boris Vian » également ouverte sur Facebook par Cavé Goutte d’Or est entraînée dans la décision de ce pré-15-août 2019 qui annonce une rentrée pleine de sorties pour septembre.

Crédit image Google, capture d’écran, 14 août 2019.

Pour suivre la fin de l’opération dite Boris Vian,…
Pour suivre l’étude des Missika Papers sur l’opération Polonceau-Goutte d’Or destinée à réparer les dégâts de la précédente réhabilitation de la Goutte d’Or,…
Pour suivre l’enquête de l’été sur les dernières démolitions-reconstructions en date dans la Goutte d’Or,…
Pour suivre la « remise en beauté des pieds d’arbres autour de l’église Saint Bernard » (citation du Conseil de quartier),…
Pour suivre les travaux sur l’église Saint Bernard et la Salle Saint Bruno,…
Pour lire notre travail en cours sur le glissement sémantique de « quartiers prioritaires » (désignation officielle des quartiers placés en Politique de la ville) à « quartiers populaires » (désignation privilégiée par les élus en charge des quartiers prioritaires),…
Pour tout ça et plus encore,
Rendez-vous les prochains jours sur le blog de Cavé Goutte d’Or et son compte Tweeter qui en relaiera les grands titres.

À voir si Tweeter nous écoutera un peu mieux.

(N.B. La fermeture des comptes de Cavé Goutte d’Or interviendra dès que Facebook aura entendu et enregistré le message et au plus tard le 31 août 2019 à minuit).

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Vide

72 heures sans Hidalgo dans les zones prioritaires du 18e provoquent un sit-in devant la salle Saint Bruno

Sit-in fatigué, 9 rue Saint Bruno. Photo Cavé Goutte d’Or, 23 juillet 2019.

Notre cliché (et c’en est presque un) montre aussi et surtout, sous le panneau de la Salle Saint Bruno, l’affiche d’une déclaration préalable de travaux, – ce qui indique que la vénérable institution, récemment médaillée de la Ville de Paris pour son soutien à la « Politique de la ville » dans les quartiers prioritaires, n’en respecte pas moins les règles du code de l’Urbanisme, dont l’article R.424-15 stipule en effet que « mention (…) de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l’extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l’arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier ».

Et ce n’est pas rien, car on se souvient que la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris avait – elle – tenté au contraire de s’affranchir de cette obligation il y a presque un an, à l’occasion de la presque fresque qu’elle voulait imposer au quartier sur la presque place Polonceau, – là où bientôt, si l’on en croit les esprits chagrins, devraient commencer des travaux d’envergure dont pourtant rien n’indique qu’ils ont été (et même seront jamais) régulièrement autorisés.

Lectures rafraîchissantes

Sur la déclaration préalable de fresque murale dont Cavé Goutte d’Or a démontré l’inanité et démonté la légalité dont se targuait notamment la première adjointe au maire du 18ème , lire notre « Fiction juridique », billet du blog du 10 septembre 2018 ;

Sur la médaille de la Ville de Paris accordée récemment aux associations en Politique de la ville travaillant à la Goutte d’Or, lire notre billet « Les quartiers prioritaires sous les ors de la Mairie de Paris » paru en page Défense du quartier le 16 juillet 2019 ;

Sur les projets de travaux soi-disant validés et imminents dans le secteur Polonceau/Goutte d’Or, lire : « Le forcing de la Mairie ne passera pas sans nous » (billet sous presse, à paraître après la canicule du moment).

Sur les embellissements sauvages qui pourraient être menés cet été sans déclaration préalable (DP) régulièrement accordée et régulièrement affichée sur le terrain, Cavé Goutte d’Or rappelle que les projets d’aménagement prévus sur la promenade urbaine de Barbès à Stalingrad doivent tous être l’objet d’une DP, – quoi qu’en disent les moteurs de recherches les plus mainstream.  

Google, 25 juillet 2019. Selon le célèbre moteur de recherche, la déclaration préalable est signalée aux termes manquants.

Goguette en loucedé

La récente visite de la maire de Paris sur ses terres du Nord, à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau morceau de bravoure de verdure au large de la station de métro La Chapelle, a suscité un joli reportage sur les comptes tweeter de sa Garde rapprochée alors que les associations du quartier observaient, assez joliment aussi, qu’elles n’avaient pas été invitées, pas plus que les habitants et les votants du budget participatif qui avaient soutenu le projet d’oasis urbaine inauguré le 22 juillet 2019 (photos ci-dessous).

Paris La Chapelle, 22 juillet 2019 – Photo empruntée au compte tweeter de Pauline Véron, maire adjointe de Paris chargée de la Démocratie locale, de la Participation citoyenne, de la Vie associative et de la Jeunesse.

À l’attention des piétons qui s’inquiéteraient de l’absence prolongée de Madame Hidalgo dans la Goutte d’Or et la Chapelle, la Mairie de Paris a laissé quelques cartes postales se déglinguer toutes seules pour affirmer qu’elle faisait « au plus vite et au mieux pour limiter la gêne occasionnée » (par la multiplication de petites opérations de rue).

Sur la future placette au large de l’Échomusée du 21 rue Cavé (23 juillet 2019). Agrandir l’image.

Piétons qui ne s’en sont manifestement pas sentis inquiets pour autant si l’on en croit ce beau graffiti sur le mur du 26 rue Cavé.

(Photo CGO 25 juillet 2019). À suivre.

Marcia de Carvalho :
Mes chaussettes ont du talent

Aux lecteurs du blog qui s’étonnaient de ne pas voir la rue de la Mode récompensée par une médaille de la Ville de Paris (voir ici), pas plus d’ailleurs que l’association qui la promeut avec ou sans Madame Hidalgo (la maire n’est finalement pas venue du tout au rendez-vous du 12 juillet qu’elle avait fait modifier, ce qui – avant l’escapade du 22 juillet à La Chapelle rapportée ci-dessus – a failli faire chuter son taux de présence en quartiers prioritaires), à ces lecteurs étonnés donc, le blog est heureux de signaler le reportage consacré par France 24 aux Chaussettes orphelines de la rue des Gardes et à sa créatrice Màrcia de Carvalho dont ils ont suivi déjà les talents de musicienne lors d’une des fêtes sur la placette du faux commissariat de la Goutte d’Or au large, cette fois-ci, de l’ancienne enseigne À la Goutte d’Or (photos ci-dessous).

France 24, 24 juillet 2019, Capture d’écran.

Si, pour répondre aux critères d’urgence de France 24, la créatrice de mode de La Goutte d’Or a dû partager l’affiche avec l’ancien président de l’Assemblée nationale, elle n’en pas moins tenu le téléspectateur en la laine (de ses chaussettes orphelines) tout au long d’un très beau reportage où elle partageait aussi l’affiche avec Laurence Planquette, bénévole de Chaussettes orphelines (à gauche sur l’écran et ici).

Pour mémoire, terrasse ouverte au restaurant À la Goutte d’Or, 29 juin 2018. À gauche: Màrcia de Carvalho à la guitare.

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Écologique et solidaire

L’ancienne directrice de l’Urbanisme de la Ville de Paris passe de l’autre côté du miroir

  • 18 juillet 2011 : Quand le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo, alors première adjointe à l’Urbanisme, tutoyait la future ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne, alors directrice de l’Urbanisme au Secrétariat général de la Ville de Paris.
  • 17 juillet 2019 : Quand la nomination d’Élisabeth Borne au poste de Nicolas Hulot offre un retour sidérant sur huit années d’un urbanisme parisien fort peu écologique.

À quelques heures près, la note du directeur de cabinet d’Anne Hidalgo première adjointe de Bertrand Delanoë entrait dans l’histoire comme le mot qu’aurait reçu la toute nouvelle ministre de l’Écologie huit ans jour pour jour avant sa nomination, alors qu’elle n’était que directrice générale de l’Urbanisme de la Ville de Paris.

Rien n’exclut d’ailleurs que les quelques heures d’avance avec lesquelles la nomination de ce 16 juillet 2019 au soir vient opportunément rappeler la note du 18 juillet 2011 qui voyait le rapport d’expertise géologique du sous-sol de la Goutte d’Or transmis par Pierre-Yves Bournazel à Anne Hidalgo passer enfin du bureau d’Anne Hidalgo à celui d’Élisabeth Borne, ne soient dues au dérèglement climatique dont il est aujourd’hui avéré qu’il n’est pas étranger à la densification urbaine du type de celle poursuivie par Anne Hidalgo depuis 2008 avec le soutien d’Élisabeth Borne de 2018 à 2013.

Alors même que le courrier de Pierre-Yves Bournazel à l’adjointe à l’Urbanisme datait du 20 mai 2011 (18 mai 2011 selon la note de transmission), et que le directeur de cabinet d’Anne Hidalgo souhaitait qu’il soit « examiné dans le cadre du contentieux en cours sur le permis de démolir », il ne fut transmis à Élisabeth Borne qu’une fois la démolition achevée.

Le blog s’en était ému dans un billet du 4 août 2011 et, avec le recul, ce rapprochement de calendriers permet aujourd’hui d’observer qu’il aura fallu à la Ville de Paris exactement huit ans (les mêmes quasi huit ans qui séparent le 18 juillet 2011 du 17 juillet 2019) pour démolir le bel immeuble du 25 rue Stephenson, ancienne plumasserie datant de la seconde moitié du 19e siècle, et laisser construire à la place un bâtiment de six étages de béton, certes très troué par de nombreuses fenêtres, mais de béton assurément avec quelques malheureux mètres carrés de pleine terre estampillés « jardin petite enfance » en fond de cour.

Urbanisme et Écologie :
Agendas souvent contrariés

Un désastre économique et écologique passé par pertes et profits (la SEMAVIP a vendu pour l’euro symbolique la parcelle Cavé/Stephenson à la Sefri-Cime Promotion), doublé d’un désastre urbanistique passé à travers les filets du Tribunal administratif dont on se souvient de la sentence historique (« si la requérante soutient que la parcelle du terrain développe plus de 30 mètres de linéaire sur la rue Cavé, les plans versés au dossier ne l’établissent pas » [considérant 17, page 8 du jugement du 27 septembre 2018]) et d’un désastre patrimonial relevé un peu tard par la Cour d’appel de Paris qui a rendu un hommage posthume à l’immeuble démoli en rehaussant les chiches indemnités d’expropriation allouées par la SEMAVIP aux anciens propriétaires du 25 rue Stephenson (ici pour mémoire).

Comme il n’a pas manqué de saluer déjà les associations de la Goutte d’Or qui ont reçu hier la médaille de la Ville de Paris pour leur engagement en faveur de la Politique de la ville (lire en page Défense du quartier), le blog salue la nouvelle ministre et se réjouirait de la voir invitée à l’inauguration de la crèche du 2 rue Cavé, – inauguration lors de laquelle seront dévoilés les effets de l’application de l’article 13 du PLU de Paris.

Lire aussi:
– en page Défense du quartier le 16 juillet : Plusieurs associations de la Goutte d’Or ont reçu des mains d’Anne Hidalgo la médaille de la Ville de Paris ce 16 juillet 2019.
– en page Vie du quartier le 14 juillet : Feu d’artifice sur le square Léon.
– notre billet du 12 juillet : La Goutte d’Or à l’heure décalée d’Anne Hidalgo.

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Équation

La Goutte d’Or à l’heure décalée d’Hidalgo

  • Alors que Cédric Villani prolonge délicieusement le suspense des Municipales parisiennes jusqu’à septembre et que Benjamin Griveaux peaufine le dossier que Cavé Goutte d’Or lui avait adressé en juin 2017*, Anne Hidalgo impose aujourd’hui un changement horaire à son ‘quartier populaire’ préféré (du coup doublement prioritaire).
  • Victime collatérale paradoxale : l’adjointe locale aux quartiers populaires à la Politique de la ville.

« Attention, changement d’heure », capture d’écrans. Agrandir l’image.

Nous avions laissé nos lecteurs sur l’information contenue dans la boucle « Extension de la gangrène » selon laquelle La Fabrique de la Goutte d’Or, coopérative qui fait partie du Pôle des Gouttes d’Or de la mode et du design, inaugurerait ce vendredi 12 juillet 2019 à 11h30 un atelier mutualisé « pour le développement de certaines des nombreuses TPE (Très petites entreprises) implantées dans le quartier, dans les secteurs du textile, de la mode et du design, en particulier les ateliers de couturiers » (voir notre billet du 2 juillet « Pas de quartier » et notre zoom sur l’évènement annoncé).

  • « Vous êtes toutes et tous chaleureusement invité(e)s à partager ce moment d’espoir pour le développement économique et social du quartier (…) après sept ans de travail et avec le soutien toujours maintenu d’Éric Lejoindre et de ses équipes (en particulier Afaf Gabelotaud depuis le début et Maya Akkari depuis quelques années maintenant), mais aussi de la Mairie centrale et des services de Madame Hidalgo (ceux de Colombe Brossel notamment), de la Région Ile-de-France, de la Caisse des dépôts et consignations et de la Préfecture de Paris », écrivait Luc Dognin le 30 juin 2019.

Modification de taille

Les couturiers n’aiment généralement pas les modifications de taille en plein travail, mais celle-ci était sans doute indispensable puisque « finalement Madame la Maire de Paris, Anne Hidalgo, viendra personnellement inaugurer l’atelier mutualisé », annonce La Fabrique de la Goutte d’Or le 9 juillet 2019 à 20h15. Tout est dans le « finalement » et on devine les multiples séances d’essayage qui avaient précédé le choix de 11h30 plutôt que 14h30, car il y a un mais majuscule au finalement : « MAIS cela implique un changement dans l’horaire : ce sera à 14h30 et non plus à 11h30 », ajoute en effet le correctif de taille.

Le bâtiment zéro préconisé par l’Urbanisme et soutenu par la Politique de la ville (à droite), tel un patron de couturier à remettre sur la table de coupe.

La décision d’Anne Hidalgo de venir « personnellement inaugurer » l’atelier mutualisé de la rue des Gardes implique donc un déclassement un déplacement (pour le déclassement, voir « Comment la Ville de Paris voudrait privatiser la rue Boris Vian ») qui n’a pas d’effet que sur le buffet (apéritif ou café ? salé ou sucré ?). Cette décision prive également Maya Akkari de dessert. L’adjointe d’Éric Lejoindre aux ‘‘quartiers populaires’’, comme la municipalité appelle vulgairement (pour faire vulgus)  les « quartiers prioritaires en Politique de la ville » dont elle a pourtant une partie importante de la charge, ne pourra pas assister à l’évènement alors qu’il est clairement de son domaine de compétence.

Akkari démutualisée

« Du coup », écrit-elle en l’accusant, « du coup je ne pourrai malheureusement pas en être », regrette en effet Maya Akkari dans un mail du 10 juillet 2019 à 8 h 16, douze heures presque GMT après le changement horaire imposé par Madame Hidalgo la veille à 20 h 15 (+ une minute, de politesse peut-être, pour souligner que le finalement était lui-même de dernière minute).

Moralité, si l’on ose s’avancer sur ce terrain : Maya Akkari est exclue d’un évènement qui tombe pile dans son escarcelle alors que, parallèlement, elle s’est vue récemment chargée du suivi d’un chantier d’urbanisme qui n’est pas de son domaine d’attribution. Maya Akkari est en effet co-pilote du comité de suivi de « l’opération Missika » concernant l’îlot formé par les rues Boris Vian, Polonceau et de la Goutte d’Or (ici pour mémoire), – tâche impossible (car non définie, non structurée légalement) dont elle s’acquitte (mal, forcément) avec son collègue Michel Neyreneuf qui, en qualité d’adjoint à l’Urbanisme (et à l’Architecture, dit sa fiche), est pour sa part l’homme de la situation. Ce qui, pour ceux qui la connaisse (la situation) n’est pas peu dire.

Adjoindre une adjointe qui ne maîtrise pas la situation à un adjoint qui en est le maître de longue date est, en soi, un subterfuge qui ne résiste à aucune réflexion sérieuse. Mais que l’ajointe adjointe à l’adjoint soit celle de la Politique de la ville (des EDL, du totem, de « Tous mobilisés »,…), plutôt que celle – par exemple – de la Culture (très absente du sort et du tort faits au quartier et à Boris Vian depuis 1992 et des tentatives de réparation en cours), dit combien l’Urbanisme entend rester maître de la situation calamiteuse qu’il a largement contribué à créer.

*

*Benjamin Griveaux : Le candidat investi le 10 juillet par LREM pour les Municipales 2020 à Paris avait été approché par Cavé Goutte d’Or dans le cadre de la consultation menée par cette association auprès des candidats aux Législatives de juin 2017 dans les trois circonscriptions touchées par le périmètre de protection de l’église Saint Bernard classée monument historique  (notre billet du 14 juin 2017 et notre zoom de la consultation adressée à l’époque à Béatrice Faillès (LREM) et Danièle Obono (LFI) pour la 17e ; Myriam El Khomri (PS) et Pierre-Yves Bournazel (LR) pour la 18e ; Seubah Dagoma (PS) et Benjamin Griveaux (LREM) pour la 5e).

Municipales 2020 :
Le tweet mathématique de Cavé Goutte d’Or du 10 juillet 2019

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Palimpseste

Un in n out très réussi pour le 4-Juillet dans la Goutte d’Or

  • La Politique de la ville n’était pas à la fête, ce 4 juillet 2019 au cœur de la Goutte d’Or, entre les 19 et 1 rue Polonceau où La Goutte Rouge et Le Chien de la Lune lançaient un beau défi à l’impertinence des Cabinets municipaux.
  • Le reportage qui manquait à Martin Parr (et à Paris Goutte d’Or, le livre).

À deux doigts, celui du patron de la Goutte Rouge qui montre où il est et celui de l’architecte d’Atelier 26 qui montre la rue Boris Vian au bout de l’îlot. 

La Goutte Rouge sur son 31.

Elle dont on dit qu’elle se fait parfois la belle, la Goutte Rouge s’était faite simplement belle ce jeudi 4 juillet pour accueillir l’accrochage d’Elsa Noyons et la maquette de l’Atelier 26. Ce très beau lieu magique ouvert (parfois donc) sur le square Léon a partagé ses couleurs avec l’artiste plasticienne dont notre inventaire écrivait hier qu’elle explore le quartier avec minutie, en interroge les habitants, les arbres, les oiseaux, les marabouts et transcrit ses observations par thèmes sur autant de papiers calques destinés à un ouvrage en préparation (L’inventaire de Cavé Goutte d’Or, 11 juin-4 juillet 2019). Invités par Frédo, le patron, les architectes de l’Atelier 26 ont tout naturellement trouvé refuge dans ce dédale de visions superposées du quartier.

L’accrochage d’Elsa Noyons se poursuit ce 5 juillet, la maquette de l’Atelier 26 restera en Goutte Rouge jusqu’au 14 juillet, pour peut-être se défiler à son tour ensuite.

Reflets d’or où le square Léon, la rue Polonceau, la rue des Gardes se mêlent à la maquette de l’Atelier 26 dans la vitrine de La Goutte Rouge où il se débat in and out du renouvellement urbain permanent du secteur.

Il se débat, en effet : ici l’architecte Auguste Cicchi avec Sonia Bouzelatta (présidente de l’Union des commerçants de la Chapelle Goutte d’Or), Lan Anh Vu Hong (initiatrice de la pétition des habitants de mars 2018 qui avait recueilli 1902 signatures) et Patrick Gosset (président de Paris Goutte d’Or, pas le livre, l’association).

Et ici avec Brigitte Le Brigand

 

 

 

 

 

 

 

… dont l’atelier de création textile dans la Villa Poissonnière (photos ci-dessus) avait été exploré par Cavé Goutte d’Or lors des toutes récentes Portes d’Or. 

Les murs de la Goutte Rouge
ont fumé la maquette

Quand il n’est pas sollicité pour expliquer l’une des alternatives au projet de l’Urbanisme parisien pour le secteur Boris Vian/Polonceau/Goutte d’Or, Auguste Cicchi se plonge dans les travaux d’Elsa Noyons.  

« Et tout et tout ». Contribution de Elsa, François, Alice et Karim au palimpseste de la soirée.

Dans l’un des papiers calques d’Elsa Noyons, on entend même « les mecs de Cavé Goutte d’Or » (non mais !?) qui se glorifieraient du classement de l’église Saint Bernard. On les entend sur le papier en effet car l’artiste écoute beaucoup et elle écrit avoir participé à une discussion avec François, Alix et Karim (entre deux mecs et deux nanas donc, la discussion) qu’elle retranscrit avec application comme tout ce qu’elle expose ce soir :

  • Retranscription d’une discussion avec François, Alice et Karim au café des 3 Frères le 9 septembre 2018 :« On a notre église de toute manière, c’est le seul monument historique du quartier, tout le monde insiste beaucoup là-dessus, surtout les mecs de Cavé Goutte d’Or parce qu’il y des problèmes (d’urbanisme est-il ajouté d’une plume plus douce) et tout et tout. Les églises orthodoxes sont à Simplon. Il y a une synagogue là (on devine qu’un doigt de Ricard désigne les hauts de Doudeauville, NDLR), maintenant il y a deux mosquées et tout et tout ».

« Les mecs de Cavé Goutte d’Or » !? Le correspondant du blog sur place en a les doigts tout vacillants et Lan Anh les cheveux qui se dressent sur la tête !

La folle Place Polonceau
toute floue elle aussi

L’in n out se fait rose et bleu en passant de la Goutte rouge au Chien de la Lune où la soirée se prolongeait autour d’une excellente table et d’un magnifique orchestre, le Woods Trinidad Legend.

L’aventure se poursuivait, le 4 juillet, de la Goutte Rouge du 19 rue Polonceau au Chien de la Lune qui, à l’angle Jessaint/Pierre L’Ermite, fait front au n° 1 de la même rue, envahie en sa partie inférieure par une placette elle-même occupée par ce que la Mairie appelle des « mésusages » (c’est à dire notamment et notoirement par des trafics de drogue). La placette est devenue « Place Polonceau » dans le bon usage du quartier depuis que la mobilisation citoyenne y a pris les siens. Nos lecteurs savent que le blog aime peu l’adjectif citoyen (au même titre que participatif ou festif), mais c’est bien en réalité une mobilisation citoyenne qu’ont réussi à mettre en place, autour de la pétition précitée de près de deux mille habitants, l’association Paris Goutte d’Or et l’Union des commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or le 27 mars 2018.

Le Café Polonceau, 30 juin 2018.

Cavé Goutte d’Or rapporta l’évènement qui dansait sous la pluie (principalement ici la veille et ici le lendemain). La fête du 30 juin 2018 qui s’y déroulait à l’initiative des mêmes habitants et associations, la contestation réussie de la fresque prévue par la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris sur l’un de ses murs (ici pour mémoire) ont suivi et le concert qui se tenait le 4 juillet au fidèle Chien de la Lune apportait sa pierre à l’édifice, lançant à son tour un beau défi à la Politique de la ville comme il lançait aussi une forme de défi, plus amical, à l’étrange boucle en ligne qui, sous le non moins étrange titre d’« extension de la gangrène », tient une chronique lancinante des difficultés – assurément réelles – que traversent actuellement le quartier.

Un quartier qui salue d’ailleurs à l’avance les deux manifestations à venir des 7 et 12 juillet prochains, l’une de théâtre dans la rue de la Charbonnière sous l’égide de Gaby Sourire, l’autre de mode dans la rue des Gardes sous l’égide des Gouttes d’Or de la mode et du design, l’une et l’autre avec le soutien très affiché de la Mairie de Paris, de la Mairie du 18e, de Paris Habitat, de l’EDL (équipe de développement local), de la Politique de la ville dans ses œuvres.

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Va-tout ?

Comment la Ville de Paris voudrait privatiser la rue Boris Vian

  • Au moment où l’Urbanisme parisien fournit enfin une partie des documents demandés par Cavé Goutte d’Or depuis le 19 avril 2019, la Ville de Paris tente de privatiser la rue Boris Vian (et peut-être même de se débarrasser du parking de la Goutte d’Or).
  • Tout est possible pour une reconquête démocratique de l’espace emblématique du quartier détruit par l’action concertée de la Ville de Paris et de l’État dans les années 1980-90.
  • Vers une réparation par le retrait et le dégagement ?

Dossier d’enquête publique. Plan fourni par la Direction de l’Urbanisme, Service de l’action foncière. Agrandir l’image.

Tel qu’il ressort de la notice explicative figurant au dossier soumis à enquête publique, l’objet du déclassement proposé est de permettre la construction sur rue d’immeubles nouveaux ou le comblement d’espaces sous colonnades dans le secteur constitué par les rues Boris Vian, Polonceau et de la Goutte d’Or.

Dans une note déposée auprès du Commissaire enquêteur, l’association Cavé Goutte d’Or conteste l’opportunité du déclassement proposé en raison, notamment :
– de l’impréparation du dossier de rénovation présenté par le Service de l’Action Foncière de Direction de l’Urbanisme de la Ville de Paris ;
– de présupposés erronés qui conduisent la Ville de Paris à estimer devoir construire de nouveaux bâtiments sur l’emprise concernée et « donc » en demander le déclassement, faisant ainsi une relation causale entre construction et déclassement: « Les constructions et aménagements envisagés dans le cadre du projet de requalification et de réaménagement présenté doivent prendre en partie assiette sur des emprises relevant actuellement du domaine public de la Ville de Paris. La mise en œuvre de ce projet requiert donc des changements fonciers préalables. Il convient ainsi de procéder au déclassement de plusieurs emprises définies en volume ou en plein sol » (cf. « Objet de la présente enquête publique », page 3 de la notice explicative) ;
– de l’absence de tout projet général validé à ce jour, a fortiori de tout projet validé de constructions nouvelles sur les emprises à déclasser, faisant ainsi du déclassement censé être rendu nécessaire par le projet une donnée préalable susceptible d’influencer les études en cours (lire la notice explicative de la Mairie de Paris et les observations de Cavé Goutte d’Or).

*

Extraits des observations de Cavé Goutte d’Or

Le « contexte général » de l’opération

Sous le titre de « contexte général », la notice explicative énonce que « le quartier de la Goutte d’Or a bénéficié d’une intervention publique forte en matière de rénovation urbaine, de résorption de l’habitat insalubre et de soutien au développement économique notamment dans le cadre de la Politique de la ville ».

En dépit de l’« intervention forte » dont il aurait « bénéficié », le quartier est « aujourd’hui l’un des cinq sites parisiens retenus au titre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) porté par l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine », propose ensuite la notice explicative, qui ajoute : « Après une première intervention visant à résorber l’habitat insalubre, développer et requalifier les logements sociaux, la Ville de Paris souhaite aujourd’hui améliorer le cadre de vie des habitants et stimuler le développement économique à travers une intervention sur l’espace public, les équipements sportifs et les espaces/locaux situés en rez-de-chaussée d’îlot en conformité avec les objectifs du NPNRU ».

Et de conclure sur ce point : « Cet ensemble immobilier requiert en effet un profond réaménagement urbain afin d’apporter à l’ensemble des espaces concernés la visibilité et la fonctionnalité nécessaires à leur dynamisme ».

La notice explicative ne permet pas de mesurer combien les objectifs actuels du NPNRU viennent en réalité sanctionner un travail mal conçu et mal fait au départ. En tentant de conduire le Commissaire enquêteur et le Conseil municipal à penser qu’une fois effectué le travail de résorption de l’habitat insalubre dans les années 1990, il conviendrait aujourd’hui d’améliorer le cadre de vie, la notice explicative ne dit pas que ce sont les conditions dans lesquelles le premier a été pensé et exécuté qui ont créé les dysfonctionnements qu’il convient aujourd’hui d’appréhender.

Elle ne dit guère plus que le travail effectué dans les années 1990 a été à l’avance contesté par des experts architectes, historiens et urbanistes qui ont signalé les dysfonctionnements à venir et tenté d’empêcher les démolitions et constructions qui ont prévalu néanmoins (Expertise du 26 juin 1984 communiquée à la Commission d’enquête publique).

(…)

Sur le bâtiment zéro

Le bâtiment zéro préconisé par l’Urbanisme (à droite).

Si le dossier consultable et consulté par l’association Cavé Goutte d’Or en Mairie du 18e arrondissement de Paris les 17 juin et 1er juillet 2019 ne contient aucun des documents d’études qui ont circulé au cours des années écoulées, ces documents ont été communiqués à Monsieur le Commissaire enquêteur, notamment ceux qui ont servi de support de présentation du projet le 22 novembre 2016 et, plus récemment dans le cadre du comité de suivi mis en place le 20 mai 2019, les 20 mai 2019 et 12 juin 2019 ainsi qu’un document intitulé « Projet de requalification de la rue Boris Vian et de la rue de la Goutte d’Or – Paris 18ème. Compte-rendu du comité de suivi n° 1 du 20 mai 2019 ».

Ces documents, dont aucun n’est donc présenté dans le dossier d’enquête publique (ni sous forme papier en Mairie du 18e arrondissement ni sous forme dématérialisée sur le site dédié de la Mairie de Paris), sont néanmoins susceptibles de participer à la formation de l’opinion de Monsieur le Commissaire enquêteur et, à travers lui, des membres du Conseil de Paris.

Or, ces documents sont sujets à caution, contestés notamment par les participants au comité de suivi du 20 mai 2019 en ce qu’ils prétendent présenter :

  • un projet concerté alors qu’il n’en est rien?
  • des décisions prises alors qu’aucune ne l’est.

Présenté par les responsables du comité de suivi comme n’ayant pas de valeur juridique en soi, le « Compte-rendu du comité de suivi n° 1 du 20 mai 2019 » est lui-même contesté en ce qu’il donne de fausses indications. À la demande de Cavé Goutte d’Or de soumettre le compte rendu à son approbation par les participants à la deuxième session du comité de suivi, le 12 juin 2019, M. Michel Neyreneuf a indiqué que, « le comité de suivi n’étant pas une réunion formelle et décisionnaire, ses comptes rendus n’ont pas à être approuvés comme peuvent l’être ceux du Conseil d’arrondissement ». Au-delà de la contestation exprimée par Action Barbès sur la forme du compte-rendu du premier comité de suivi, la contestation de Cavé Goutte d’Or sur son contenu ne sera donc lisible que sur son blog (ici) et dans la note diffusée par elle à la veille du deuxième comité de suivi (ici).

(…).

Sur les faiblesses du projet

Sans nullement contester l’engagement des équipes qui ont travaillé au projet de renouvellement urbain concerné, ces documents trahissent un défaut d’imagination en amont, c’est-à-dire dans les instructions communiquées et dans le cahier des charges qui vient d’être transmis à Cavé Goutte d’Or.

Le projet n’est pas à la hauteur des enjeux tels qu’ils sont rappelés par le Protocole de préfiguration du projet de renouvellement urbain de Paris lorsqu’il souligne que « cet espace central et majeur du quartier cumule les difficultés (et) nécessite un profond réaménagement urbain » (page 57). Il est étriqué dans sa conception et tente de remplacer le manque d’imagination par des ajouts de constructions favorisant la sur-densification aux espaces de respiration qui s’avèrent indispensables dans un secteur déjà très dense et minéral. Si, comme évoqué d’emblée par l’association, le déplacement des emmarchements dans le tronçon supérieur de la rue Boris Vian est une bonne idée, le fait de construire sur l’espace libéré par le déplacement est une erreur qui ne fait, sans jeu de mots, que déplacer le problème : plus large et plus à l’Est, les nouveaux escaliers seront, comme les escaliers actuels, enfermés entre un TEP dont on envisage la couverture et un bâtiment nouveau alors que leur déplacement doit au contraire être la marque d’un dégagement.

Crédit Google (avril 2019).

La construction de quoi que ce soit sur l’emprise de l’actuelle rue Boris Vian sera perçue comme une compensation et, devant ce qui s’apparente à un forcing, l’association estime que le classement actuel de la rue Boris Vian constitue une protection du secteur, une garantie que les aménagements prévus et/ou préconisés par la Ville de Paris ne viennent pas aggraver la situation jusqu’à plus amples études et concertations.

L’attribution des locaux à réaménager, créer ou requalifier en partie basse du projet (actuel passage sous pilotis qui peut être en partie excavé car le parking peut être réduit) à des associations ou au café social de l’angle des rues Dejean et des Poissonniers ne sauraient répondre à la demande commerciale formulée tant par les riverains que par les commerçants déjà installés.

Il doit être ajouté que la DAE (Direction de l’Activité Économique ou Direction Attractivité et Emploi selon les différents documents diffusés par les responsables du projet) ne donne aucune garantie quant aux résultats économiques du projet.

Un projet alternatif encore à l’étude

À cet égard, il convient d’observer qu’en seulement deux réunions du comité de suivi, les 20 mai et 12 juin 2019, de multiples projets et amendements aux projets actuels sont nés, révélant ainsi autant la carence de concertation durant les précédentes étapes que la richesse des alternatives qui restent à travailler.

Une maquette a été présentée lors du premier comité de suivi et l’équipe d’architectes qui l’a conçue a pu développer lors du deuxième comité de suivi un projet plus ambitieux qui propose le déplacement du TEP sur le toit du gymnase actuel alors que le projet officiel se satisferait d’une réduction de la surface de l’actuel TEP, rendant encore plus incohérente la construction sur la façade Est du gymnase en échange.

Les nouveaux projets font en outre état d’excavation possible du parking sous le TEP actuel, l’une et l’autre idées ayant été reçues comme possibles et susceptibles d’études à mener par les responsables du comité de suivi lors de sa deuxième session, le 12 juin 2019. Ainsi que le blog de l’association l’a soutenu déjà, « l’intervention des architectes du quartier, comme on les appelle dans une expression qui porte bien son double sens (les architectes de l’Atelier 26 sont en effet installés dans le quartier, rue Cavé, et ils pensent l’architecture du quartier comme, plus largement, l’urbanisme du Nord-Est parisien) a rappelé qu’un projet alternatif est en place, dont la maquette circule actuellement dans divers endroits de la Goutte d’Or, et permis à certains éléments de ce projet d’être reçus par les institutionnels. Ainsi, Michel Neyreneuf n’a écarté du projet alternatif ni la possibilité d’excaver une partie du parking existant ni celle de déplacer le TEP sur le toit du gymnase ».

Concernant le parking, sa pérennité est remise en cause par un projet de délibération au prochain Conseil de Paris du 8 au 11 juillet 2019 (Projet de délibération 2019 DVD 58).

Pour toutes ces raisons, le déclassement souhaité ne saurait être autorisé par le Conseil de Paris qui, au contraire, s’assurera de voir maintenue la protection inhérente au statut de bien du domaine public dans lequel sont actuellement classées les emprises objet de l’enquête publique.

Urbanisme urbain

  • La réparation entre dans les esprits. Après Cavé Goutte d’Or qui a opposé aux termes imprécis de requalification, rénovation et autres démolitions-reconstructions, celui de réparation (voir notre billet du 21 mai 2019 : « Nommer les choses »), et l’échange sur tweeter permettant de passer de réparation à dommage subi et faute (donc aux fondements mêmes de la responsabilité civile), l’Association pour le suivi de l’aménagement Paris Nord-Est reprend formellement le terme dans sa contribution à l’enquête publique sur le déclassement de la rue Boris Vian, auquel elle s’oppose elle aussi : Lire la contribution d’ASA-PNE.  Vers une class action à l’américaine, ou « action collective » comme il est désormais possible aussi en droit français mettant en jeu les responsabilités de la Ville et de l’État dans la destruction de la Goutte d’Or (ici pour mémoire) ?

  • La maquette d’Atelier 26 passe à La Goutte Rouge. À saluer ce 4 juillet 2019 à partir de 18h30 au 19 rue Polonceau à l’occasion d’un accrochage de l’artiste plasticienne Elsa Noyons qui présente pendant deux jours ses « cartographies sensibles ». Elsa Noyons explore le quartier avec minutie, en interroge les habitants, les arbres, les oiseaux, les marabouts et transcrit ses observations par thèmes sur autant de papiers calques dont elle fera un ouvrage qui s’annonce magistral. Cavé Goutte d’Or y sera…
  • …de même qu’au Chien de la Lune en concert le même jour, à deux pas, à partir de 19h30.

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Pas de quartier

La maréchaussée aussi se marre

  • On a vu récemment les prétendus « quartiers populaires » affublés de smileys dégradants dans l’autocélébration béate de la Mairie de Paris sur ses quartiers prioritaires.
  • On a vu ce dimanche deux pandores à moto verbaliser les tout nouveaux habitants du 2 Cavé pour occupation intempestive du trottoir à quatre pas du carrefour occupé tous les soirs par Le Soleil d’Oran et les trafics qu’il génère. 
  • Alors qu’une conversation très active et très sombre sur internet se déroule depuis le début du mois de juin, celui-ci (le mois des fêtes : celle de l’été, celle de la musique, celle de la Goutte d’Or…) s’est terminé dans le désarroi de plusieurs commerçants et acteurs majeurs du quartier.
  • « Hauts les cœurs », semblent crier à l’unisson Le Collectif Marcadet en vue d’un débat qui s’annonce dense sur le projet Poissonniers/Ordener ce soir 2 juillet en Mairie 18 et la Compagnie Gaby Sourire qui, avec la foi de la Charbonnière, prédit « quatre heures de performances musicales dans les immeubles, aux fenêtres, et dans la rue (de la Charbonnière) » le 7 juillet prochain.
  • Une performance encadrée par celles du Chien de la Lune le 4 et de la Rue de la mode le 12.

À quelques mètres du Soleil d’Oran, salle de jeux dont l’occupation du domaine public est dénoncée de toutes parts en Mairie et Préfecture et les trafics « surveillés » selon la commissaire divisionnaire Emmanuelle Oster (comité de pilotage ZSP 10/18, 13 mai 2019), l’avant-garde de la police municipale verbalise soigneusement une automobile mal garée devant le 2 rue Cavé (30 juin 2019, 19 h 50) : un procès-verbal comme en vitrine.

La conversation est de moins en moins privée. Elle regroupe un noyau dur d’habitants du quartier très engagés autour des pétitions du printemps 2018, souvenons-nous, lorsque près de deux mille riverains et trois cents commerçants s’adressaient solennellement aux plus hautes autorités de l’État et de la Ville en prenant pour base la symbolique place Polonceau, depuis brièvement investie par la Mairie elle-même pour se tous-mobiliser sans âme et sans effet (ici pour mémoire). À l’époque, des repas qu’on pourrait appeler de veille étaient organisés régulièrement à l’initiative de l’association Paris Goutte d’Or dans les restaurants qu’il fallait protéger : À la Goutte d’Or, Le Chien de la Lune, le Melting-Pot, le Soan Café, la Môme… recevaient tour à tour le quartier qui semblait comme descendre dans la rue pour mieux la protéger. Pas pour la prendre, mais pour la protéger en effet et on espère que cette notion de protection sera présente durant les rencontres de Pétrarque qui s’ouvrent cette semaine sur « le retour de la rue » avec un dialogue inaugural entre Roland Castro, architecte et « penseur de la ville » indique France culture, et Julia Cagé, auteure de Le Prix de la démocratie (Fayard 2018).

Encore neuf, à peine livré, déjà tout déglingué, le 2 Cavé peine à faire oublier l’élégance de l’ancien 25 Stephenson, « immeuble d’angle harmonieux » salué par la Cour d’appel de Paris  et dont le pan coupé avait été salué par les ABF. 

Depuis les repas de veille de Paris Goutte d’Or (voir notre « Plats de résistance » du 23 janvier 2018), les cénacles s’additionnent qui rassemblent souvent les mêmes personnes, parfois d’autres, par cercles plus ou moins concentriques, par ensembles de cercles qui finissent par reformer un noyau dur qui, du coup, en devient moins dur. Parfois plus dur dans la parole et dans le ton, mais moins dur dans l’efficacité, qui prend le risque de se diluer dans la multiplicité :
– autour du CASP (Centre d’action sociale protestant chargé par la Ville de ‘suivre’ (?) la question des éventuels mineurs non accompagnés) ;
– autour du commissaire divisionnaire Jacques Rigon jusqu’il y a peu, de la commissaire divisionnaire Emmanuelle Oster bientôt, qui doit le remplacer à la tête de la cellule d’écoute et d’évaluation de la ZSP 10-18, travail d’écoute et d’évaluation dont a régulièrement rendu compte le blog d’Action Barbès ;
– autour du premier adjoint Emmanuel Grégoire, qui reçut en février le collectif 10-18 (onze associations des quartiers de la Chapelle et la Goutte d’Or formant la ZSP du même nom), annonça ensuite de sévères mesures dans un plan de reconquête du Nord-Est parisien, déchanta très vite et sonna la fin de partie dans une série de réponses insatisfaisantes à dix des onze associations (Cavé Goutte d’Or attend toujours) ;
– autour du préfet de police Didier Lallement enfin, dont la directrice de Cabinet a reçu le 27 juin une délégation du collectif 10-18, dernier rendez-vous en date de ce parcours sécuritaire qui intervient au moment où le pilotage de la ZSP 10-18 se transforme, ce qui fait ironiser Action Barbès sur une « étrange réunion parallèle » qui ne l’était pas vraiment mais offrait en effet à l’association l’occasion de s’interroger sur « l’opportunité de poursuivre (sa) collaboration dans le cadre de ce qui reste de la ZSP » (lire le tweet d’Action Barbès du 27 juin 2019 et son analyse du changement de stratégie au sein de la Zone de sécurité prioritaire 10/18, postée sur son blog le 11 juin 2019) ;
–  autour de la maquette alternative de l’opération rue Boris Vian, serait-on tenté d’ajouter sans rire, juste pour détendre l’atmosphère, souvenons-nous, l’atmosphère, pas si loin à quelques rues d’ici.

La maquette de l’Atelier 26 aux 3 Frères.

À ces cénacles très fréquents, envahissant les agendas et les esprits, s’ajoutent quelques réunions plus informelles, moins sécuritaires, moins policées, parfois à l’occasion de veilles amicales (un ami qui jette [provisoirement] l’éponge) ou carrément de fêtes (celle de la musique sur la terrasse de l’ami qui jette provisoirement l’éponge fut une réussite retentissante jusque sur les bancs du conseil d’arrondissement). Et aussi donc, depuis peu, une véritable plateforme d’échanges dont on se garde, ici, d’analyser l’opportunité et les conséquences.

Il n’appartient pas au blog de Cavé Goutte d’Or de rendre publique une conversation qui ne l’est pas vraiment et dont plusieurs des participants tiennent au demeurant la chronique par ailleurs. Mais on peut s’inquiéter de ce qui est présenté à cœurs ouverts (trop ouverts compte tenu de la variété des destinataires ?) comme une succession d’échecs épuisante (la succession) et s’interroger sur le désarroi qui semble, à son tour, envahir les agendas et les esprits.

Les gangs règnent…
…sur la foi de la Charbonnière

Le premier titre de la conversation (visant au départ une petite dizaine d’habitants) était « Agressions », puis il est devenu, à compter du 7 juin et sans être modifié depuis, « Extension de la gangrène », ouvert désormais à une vingtaine d’officiels de la Ville de Paris (d’Anne Hidalgo à Michel Neyreneuf en passant par Éric Lejoindre, Ian Brosssat ou Maya Akkari), aux deux députés élus des circonscriptions touchées (Danièle Obono et Pierre-Yves Bournazel), aux responsables de la ZSP (commissaires divisionnaires et conseillers plus discrets), à une quinzaine d’associations (d’Action Barbès à Paris Macadam en passant par La Vie Dejean et Cavé Goutte d’Or), à quelques élus d’opposition, deux journalistes. Comme beaucoup des associations mises dans la boucle, Cavé Goutte d’Or ne participe pas en tant que telle à la conversation qu’elle suit néanmoins avec attention et qu’elle tente de travailler, même si elle ne trouve pas dans le titre « extension de la gangrène » de quoi permettre une appropriation et une maitrise du sujet.

Si l’on excepte deux messages d’intervenants récents qui découvrent et aiment plutôt bien cette « boucle instructive », les deux derniers messages de commerçants engagés datent des 29 et 30 juin : ils restent rangés sous le titre d’« extension de la gangrène » choisi le 7 juin mais leurs auteurs annoncent qu’ils quittent la conversation. Au moment où, en ces premiers jours de juillet, le temps qu’il fait dehors redevient normal, le climat dans la Goutte d’Or se dégraderait-il pour de bon ?

Rue de la Charbonnière. Accès libre et autorisé.

Sans répondre mais restant en veille, on poursuit ici notre travail sur « l’opération rue Boris Vian », comme on l’appelle en hauts lieux. Cavé Goutte d’Or est en effet intervenue devant le Commissaire enquêteur hier, dernier jour d’enquête publique sur son éventuel déclassement souhaité par la Mairie de paris (lire notre billet à venir : « Comment la Ville de Paris voudrait privatiser la rue Boris Vian ») et étudie les documents communiqués par l’Urbanisme le 28 juin (à J – 2!).

En même temps, l’association suivra avec intérêt (par l’intermédiaire des chroniques amies du Collectif Marcadet, du Dépôt Ordener-Poissonniers et d’ASA-PNE) la réunion du 2 juillet sur la dé-densification indispensable au quartier dans son secteur Poissonniers-Ordener. Sur un terrain plus artistique, on se réjouit que l’occupation théâtrale de la rue de la Charbonnière vienne, le dimanche 7 juillet avec le soutien affiché de la Mairie de Paris, de la Mairie du 18e et de l’opérateur immobilier Paris Habitat (voir l’affiche), tenir tête peut-être à son occupation prioritaire, – prioritaire au sens où ne l’entendent pas les communicants des « quartiers populaires ». On annonce un « accès libre » : la rue de la Charbonnière sera donc ouverte à la Politique de la ville et aux habitants du quartier dimanche 7 juillet de 16 h à 21 h (vendredi et samedi aux mêmes heures étaient déjà pris ?).

Independence Day
au Chien de la Lune

Entretemps et contre les gangs régnants aussi, on se sera rendu au Chien de la Lune qui, en coïncidence avec l’Independence Day, organise ce 4 juillet à partir de 19h30 un concert de calypso, soul jazz avec le groupe Woods Trinidad Legend, prélude à la très officielle inauguration qu’on devine très solennelle aussi, le 12 juillet prochain, d’un atelier mutualisé au centre du centre de la « Rue de la Mode », inauguration présentée comme « un moment d’espoir pour le développement économique et social du quartier ». En conclusion à une longue contribution sur le fil de l’« extension de la gangrène », le 30 juin 2019, le président de  la coopérative La Fabrique de la Goutte d’Or écrit en effet que « pour finir sur une note plus positive, (il) en profite pour vous informer (les destinataires de la boucle instructive) que la coopérative La Fabrique de la Goutte d’Or inaugurera son atelier mutualisé au 6 rue des Gardes vendredi 12 juillet à 11h30 » :

  • « Vous êtes toutes et tous chaleureusement invité(e)s à partager ce moment d’espoir pour le développement économique et social du quartier (…) après sept ans de travail et avec le soutien toujours maintenu d’Éric Lejoindre et de ses équipes (en particulier Afaf Gabelotaud depuis le début et Maya Akkari depuis quelques années maintenant), mais aussi de la Mairie centrale et des services de Madame Hidalgo (ceux de Colombe Brossel notamment), de la Région Ile-de-France, de la Caisse des dépôts et consignations et de la Préfecture de Paris ».

 « Parallèlement », ajoute Luc Dognin dans son « répondre à tous » incluant Éric Lejoindre au soutien toujours maintenu, ses équipes et les services de Madame Hidalgo, « l’association des professionnels de la mode et du design de la Goutte d’Or poursuit la refonte de son site internet et prévoit notamment la création d’une carte interactive afin de faire connaitre tous les commerces du quartier susceptibles d’attirer le public (lancement prévu en septembre). C’est notre contribution pour essayer de contrer la communication désastreuse que subit la Goutte d’Or depuis plus d’un an maintenant, en collaboration avec l’EDL et  À Facettes (Vendanges de Montmartre). Nous sommes ouverts à toutes les initiatives qui pourraient aller dans le même sens de soutenir les commerçants et artisans de la Goutte d’Or : tout cela est très fragile dans le contexte actuel et toutes les bonnes volontés sont donc nécessaires ! »

Si même l’EDL (Équipe de Développement Local, bras désarmant de la Politique de la ville dans les « quartiers populaires ») collabore à « la communication désastreuse que subit la Goutte d’Or depuis plus d’un an maintenant » (ce qui inclut l’intronisation de son totem le 1er juillet 2018), plus rien alors n’est vraiment fragile.

  • À lire demain : « Comment la Ville de Paris voudrait privatiser la rue Boris Vian ».
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