Sep’tentant

La Mairie de Paris salue le 70printemps de l’Écume des jours

  • L’aimable tweet de Cavé Goutte d’Or proposant à la maire adjointe Colombe Brossel d’entamer les travaux d’urgence sur la rue Boris Vian à l’occasion du 70e anniversaire de la publication du célèbre roman aurait été suivi d’effet !
  • Au jour près puisqu’un ravalement serait en cours depuis le 20 mars 2017.
  • On garde le conditionnel jusqu’au 2 mai ?!

« Chantier interdit au public ». Photo MS 22 mars 2016.

Nos lecteurs se souviennent que la Mairie de Paris s’est engagée cet automne dans un travail de réhabilitation de la terrible barre d’immeuble qui balafre la Goutte d’Or Sud, fruit d’une réhabilitation, déjà, qui avait entraîné la démolition d’un quartier, – et dont Daniel Vaillant lui-même, qui l’avait approuvée et suivie de sa meilleure attention, devait estimer qu’elle avait « très mal vieilli ».

Le projet de réparation de la Goutte d’Or Sud a été présenté le 22 novembre 2016 au Centre Barbara voisin.

C’est à cette occasion que Colombe Brossel, maire adjointe chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la ville et de l’Intégration auprès d’Anne Hidalgo, avait annoncé que les travaux d’urgence et de sécurité, qui ne pouvaient attendre le bouclage du projet global, seraient entrepris au début de l’année 2017, avant les travaux plus ambitieux de déplacement de l’escalier.

Et Cavé Goutte d’or de suggérer à Colombe Brossel de saisir, avec la Mairie du 18e, l’occasion de l’anniversaire de la publication de L’Écume des jours :

L’invitation au printemps.

En attendant le 2 mai 2017, étape désormais traditionnelle dans le calendrier de la Cohérie Boris Vian qui, chaque année à l’occasion de la Saint Boris, vient s’enquérir des soins apportés à la rue dédiée à l’écrivain musicien, Cavé Goutte d’Or suivra l’évolution de ce pré-chantier.

Sachant que la Cohérie s’est fixé la fin de cette année pour objectif final de son assistance à la Mairie dans cette opération, on croise les doigts pour que les espoirs mis dans le projet de requalification ne soient pas, à leur tour, re-disqualifiés.

Reportage photographique du 22 mars 2016

Crédit photos : MS pour Cavé Goutte d’Or (22 mars 2017).

Vite, d’autres vies

La barre d’immeuble que traversent les escaliers de la rue Boris Vian est évoquée dans une critique de Didier Péron (Libération du 17 mars 2017) et une autre d’Hervé Le Goff (Photographie.com) sur l’exposition Les Années Goutte d’Or 1977-1987 de Jean-Claude Larrieu, qui vivait dans les lieux avant qu’ils ne soient démolis au nom de leur requalification :

  • « C’était un ancien hôtel particulier au 16 rue de la Goutte-d’Or. On s’y installait de proche en proche, une amitié qui en pousse une autre. Il y avait un grand salon, une cheminée en état de marche, on pouvait marcher sur le toit et y pique-niquer, ça avait beaucoup de charme. C’était grand, modeste, délabré, profondément agréable à vivre et pour y être heureux.»

Et Didier Péron d’ajouter : « Dans l’immeuble de la Goutte-d’Or, ‘phalanstère de l’amitié’, où (Jean-Claude Larrieu) restera jusqu’en 1987 et la démolition de cette partie du quartier (le lieu a été remplacé par un hideux bâtiment commercial surmonté d’un terrain de sport), cohabitent Bernard Faucon, Hervé Guibert, Christian Louboutin, Christian Caujolle, Claude Levêque… »

  • Les Années Goutte d’Or 1977-1987 de Jean-Claude Larrieu jusqu’au 29 avril 2017 à la Galerie Patrick Gutknecht, 78 rue de Turenne 75003 Paris. Lire ici et ici.
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Vivant Vian

Vers un printemps de la rue Boris Vian pour les 70 ans de L’Écume des jours ?

  • Plusieurs événements culturels marquent cette semaine l’anniversaire du roman que Boris Vian présentait comme « une histoire entièrement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre ».
  • La rue que Paris a imaginé d’un bout à l’autre dans la Goutte d’Or pour saluer l’écrivain sera-t-elle de la fête, ou toujours à la peine ?
  • Cavé Goutte d’Or propose de dédier les 70 ans de « L’Écume » aux projets de réaménagement du secteur Arcades Goutte d’Or/rue Boris Vian.

Le 20 mars est bien connu pour être le premier jour du printemps, veille du jour de Clémence.

C’est ainsi un 20 mars que devait être publié, en 1947, L’Écume des jours, le célèbre roman de Boris Vian qui fit connaître Jean-Sol Partre à des générations de lecteurs plongés dans cet « univers dont les lois sont absurdes et impitoyables » (Raymond Queneau) pour tenter d’en ramener morts les nénuphars qui poussaient dans les poumons de Chloé.

Entre l’annonce d’Anne Hidalgo, ce dimanche 12 mars 2017 dans les colonnes du JDD, en faveur de « 10 nouvelles mesures pour la propreté de Paris » et le prochain Conseil de Paris des 27, 28 et 29 mars lors duquel la maire prononcera une communication décisive intitulée « Objectif Paris propre », aura donc eu lieu, juste au milieu, le 20 mars 2017, les soixante-dix ans de L’Écume des jours.

Belle coïncidence, que les riverains du secteur Arcades Goutte d’Or/rue Boris Vian ne manqueront pas d’investir en interpellant la maire adjointe de la capitale, Colombe Brossel, chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la Ville et de l’Intégration, qui présentait le projet de rénovation du secteur le 22 novembre 2016 chez Barbara et promettait à l’assistance quelques « travaux d’urgence pour le début 2017 ».

Un nouveau plan propreté de Paris
à la veille des présidentielles

Si l’on devait suivre le calendrier d’Éric Lejoindre – qui n’a répondu que le 23 septembre 2016 à la lettre de la Cohérie Boris Vian du 2 mai 2016 alors que sa réponse avait été annoncée très solennellement pour « avant l’été (2016) », on se perdrait en conjecture sur ce que veut dire « début 2017 ».

« Le plan d’Anne Hidalgo pour rendre Paris plus propre ». Crédit photo : Reuter pour Le Journal du Dimanche.

Mais on ne suivra pas – pas ici – l’agenda du maire du 18e puisque aussi bien le dossier est désormais entre les mains de la Mairie centrale. Et les riverains se souviennent d’avoir côtoyé longtemps le nom de Colombe Brossel sur l’une des vitrines politiques les plus en vue du quartier. Ils feront donc a priori toute confiance à l’adjointe d’Anne Hidalgo pour mesurer le sens de ce « début 2017 » à la lumière de l’attente des habitants du quartier et lui rappelleront en toute amitié son engagement à mener quelques « travaux d’urgence » avant d’engager les grands travaux qui s’imposent hélas déjà pour réparer les dégâts causés par l’équipe au pouvoir lors de la création de la rue Boris Vian, en 1994 (pour en savoir plus sur cette équipe, lire notre billet « Fissures »).

Dans cette confiance a priori (qu’il fait sienne) dans le projet présenté par Colombe Brossel, Cavé Goutte entend, comme en résonance de raison, les premiers mots de l’avant-propos de L’Écume des jours : « Dans le vie, l’essentiel est de porter sur tout des jugements a priori ».

Le bon jour de Boris Vian

Message de Nicole Bertolt pour la Cohérie Boris Vian.

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Et sinon ?

Macron cible le gotha de la Goutte d’Or

  • La Louve, le Louxor, Action Barbès, Goutte d’Or et vous,… Le 18e du mois, Dixhuitinfo, Cavé Goutte d’Or,… rien ni personne de ce qui compte à la Goutte d’Or ne semble avoir échappé à la vigilance d’En Marche ! dans la perspective des élections présidentielles d’avril et mai prochains.

La campagne d’En Marche ! sur la Goutte d’Or (capture d’écran du 10 mars 2017).

Sans paraphraser un célèbre titre des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – qui ont aussi commis une étude très conventionnelle sur la Goutte d’Or dans  Paris : Quinze promenades sociologiques (Payot, 2009) -, l’initiative d’En Marche ! surfe sur les go-zones no-made in the Goutte d’Or.

L’association Cavé Goutte d’Or, dont le blog avait déjà eu les honneurs du 18e du mois en novembre 2016 (voir ci-contre), est très touchée que son « point de vue », pour le dire comme En Marche !, puisse intéresser les communicants des candidats aux élections présidentielles, elles-mêmes très en marche actuellement.

Le ciblage d’En Marche ! sur la Goutte d’Or intervient peu après le ralliement de Bertrand Delanoë à l’équipe d’Emmanuel Macron : doit-on y voir les prémices d’un intérêt pour l’urbanisme et la politique urbaine que poursuivait l’ancien maire de Paris durant son premier mandat, lorsque Bertrand Delanoë renforçait les pouvoirs de la Commission du Vieux (déconsidérée par l’Hôtel de Ville lors de son second mandat), assurerait qu’il ne souhaitait pas la démolition du 25 rue Stephenson (démoli en 2011), protégeait les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard de l’agression qui sera autorisée par Delanoë II et Hidalgo I ?

Autant de « points de vue » qu’En Marche ! pourra comparer in situ lors de la visite guidée du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or que ne manquera pas d’organiser Éric Lejoindre dans le prolongement de son meeting électoral du 22 novembre 2016 et dans la perspective (monumentale) des prochaines présidentielles.

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Chiqué !

Sefri-Cime dans les nuages

  • Après les fausses déclarations répétées de la SEMAVIP sur ses fausses carrières et les tentatives déjouées de passe-passe et autres passe droits entre Paris Habitat et la Direction de l’Urbanisme sur le projet CROUS des 22-24 rue Cavé, un promoteur immobilier de la Goutte d’Or pris en flagrant délit de publicité mensongère.
  • La Société Sefri-Cime Promotion, qui s’apprête à construire sur la parcelle Cavé/Stephenson un de ces immeubles sans âme pour zone sensible, se vante de l’avoir déjà construit.
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Site officiel de la Société Sefri-Cime Promotion. Capture d’écran du 16 février 2017.

Le promoteur qui se cache derrière « soixante ans de savoir-faire en immobilier résidentiel », assure que ce savoir-faire « s’illustre à travers de nombreuses réalisations », au nombre desquelles il n’hésite pas à mentionner « un immeuble de logements accueillant une crèche situé rue Stephenson dans le 18e arrondissement réalisé dans le cadre d’un Contrat de Promotion Immobilière pour le compte de la Foncière Logement ». Selon cet encart plein d’auto-savoir-faire, l’immeuble serait donc « réalisé ».

Made for sharing

Même en passant par l’anglais publicitaire de la Mairie de Paris, un immeuble réalisé n’est plus à réaliser et, compte tenu du crédit accordé aux promoteurs immobiliers de la Goutte d’Or, on se demande si la procédure engagée devant le Tribunal administratif de Paris par Cavé Goutte d’Or contre le permis de construire attribué à la Société Sefri-Cime Promotion suivra son cours, puisque aussi bien l’ouvrage serait déjà réalisé, à en croire le site internet du promoteur lu le 16 février 2017 (illustration ci-dessus), quand bien même beaucoup reste à faire sur le terrain si l’on en croit, cette fois-ci, le reportage photographique du même 16 février 2017 (illustration ci-dessous).

.. réalisé ...

L’immeuble présenté par la Sefri-Cime Promotion comme « réalisé ». Capture de réalité du 16 février 2017.

De fait, la Société Sefri-Cime Promotion, qui a dégainé très tôt en assignant ses voisins en référé préventif avant construction dès le 24 mai 2016, sur les fondations le fondement d’une ordonnance de référé du 13 novembre 2015, piaffe depuis longtemps devant les grilles des célèbres plumasseries qui ont été démolies en 2011, laissant en friche deux étages de magnifiques caves voutées, remblayées par la SEMAVIP dans son œuvre destructrice pour que la Sefri-Cime Promotion puisse ensuite faire œuvre de son savoir-faire.

Tout en laissant longtemps sans réponse la requête de Cavé Goutte d’Or devant le Tribunal administratif, la Société Sefri-Cime Promotion tirait en effet plus vite que son ombre sur les immeubles voisins qu’elle prétendait attraire très approximativement, se trompant de syndic ici, inventant une adresse là, assurant avoir régulièrement convoqué des parties non convoquées dans les temps, qualifiant de contradictoires des bouts d’expertises sur le trottoir sans la présence des voisins.

Le contretemps perpétuel

60 ans déjà, bientôt la quille ?

60 ans déjà, bientôt la quille ?

Les méthodes à la Dalton de cette procédure ont été contestées devant le TGI de Paris lors de son audience du 15 juin 2016 sans que la Société Sefri-Cime Promotion n’ait, depuis, signifié le jugement à ses contradicteurs, du moins pas encore à tous les copropriétaires auxquels elle entendait « rendre communes et opposables » les opérations d’expertises judiciaires avant construction.

Voilà donc un chantier qui commence bien mal, en droit et en fait. Mais qu’importe, puisqu’il serait déjà terminé ! Les riverains attendent avec gourmandise l’invitation du maire à l’inauguration de la réalisation promue par la promotion. Quant aux minots qui ont essuyé les plâtres de la crèche en rez-de-chaussée, ils seraient attendus dans l’extension de l’école Saint Bernard non encore démolie suite à l’invalidation non encore réalisée de son permis de construire non encore purgé des recours pendants non encore jugés par la Cour administrative d’appel de Paris toujours saisie.

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Indulgence

Saint Bernard : ABF et Direction de l’Urbanisme renforcent l’inégalité de traitement autour du monument historique

  • La Ville de Paris a fait opposition à la restitution d’une des fresques du square Léon en évoquant sa covisibilité avec l’église Saint Bernard et la qualité des pièces : « L’intégration du projet par rapport au monument doit être appréciée sur la base d’éléments graphiques de bonne qualité ».
  • Le projet d’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil du monument historique avait, pour sa part, été accepté en dépit de plans et notices d’architectes de très mauvaise qualité et truffés de fautes.
  • Le Diocèse de Paris aura-t-il bénéficié, pour l’extension de l’école Saint Bernard, d’un traitement de faveur au détriment de l’église du même nom, atteinte dans ses perspectives monumentales protégées ? 
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« Heureux les géomètres, qui résolvent de temps à autre telle nébuleuse de leur système; mais les poètes le sont moins; ils ne sont pas encore assurés de l’impossibilité de quarrer toute pensée dans une forme poétique » (Paul Valéry).

L’extension malheureuse de l’école Saint Bernard dans son préau, en violation d’un arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur, aura-t-elle bénéficié d’une indulgence municipale ? On se souvient que le projet de l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie (OGEC valant pour « Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique ») fut refusé en mars 2012 au motif qu’il était « de nature à porter atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard » et que, trois ans plus tard, un permis fut accordé à l’OGEC pour un édifice identique dans ses gabarits et sa volumétrie à celui qui avait été interdit (voir pour mémoire).

Or, en comparaison avec la légèreté qui a conduit finalement à l’octroi du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard, entretemps protégée au titre des monuments historiques, la sévérité de la Mairie de Paris face à plusieurs projets d’aménagement récemment retoqués dans les abords de l’édifice classé pose question et remet en perspective, sinon encore monumentale du moins juridique, la légalité du permis actuellement exécuté par l’OGEC, – une légalité au demeurant toujours contestée devant la cour administrative d’appel de Paris (voir pour mémoire).

Au regard du trompe l’œil

Sans prendre ici parti pour ou contre la restitution de la fresque (elle-même monumentale) sur l’un des pignons du square Léon dont elle avait disparu, force est d’observer que la Ville de Paris a invoqué, pour faire opposition à cette restitution, un argument qu’elle a laissé de côté – ô combien ! – lorsqu’il s’était agi, pour elle, d’autoriser l’extension de l’école Saint Bernard.

Il y a plus car ce serait, selon ses propres services, en contradiction avec le code de l’urbanisme que la maire de Paris aurait évoqué la mauvaise qualité des pièces produites par l’auteur de la fresque puisque aussi bien le syndicat de copropriétaires requérant avait été assuré par la Direction de l’Urbanisme que son dossier était « complet au regard du code de l’urbanisme ». Ce devait être sans compter avec « le caractère très particulier (du) projet » qui, toujours selon la Direction de l’Urbanisme, aurait incité l’architecte des bâtiments de France à « demander des documents supplémentaires comme il en a la possibilité ».

L'instruction du permis de construire dans les perspectives monumentales

L’instruction du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard dans les perspectives monumentales protégées de l’église Saint Bernard bientôt dévoilée ? (Photo D.R. 2 février 2017)

De fait, le « caractère très particulier du projet » de fresque sur le square Léon n’est dû qu’à sa proximité et sa covisibilité avec un monument historique classé. L’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil du monument devait ainsi, pour le moins, donner au projet de l’OGEC le même « caractère très particulier » et éveiller en conséquence l’attention de l’ABF et de la Direction de l’Urbanisme. Dans une note du 1er décembre 2016 que Cavé Goutte d’Or a pu se procurer, l’architecte des bâtiments de France indique en effet :

  • « Nota : l’église Saint-Bernard de la Chapelle est classée monument historique depuis le 18 juin 2015 et se situe en covisibilité avec le mur pignon (du 13 rue Saint Luc) : l’intégration du projet par rapport au monument doit être appréciée sur la base d’éléments graphiques de bonne qualité ».
Le projet tel qu'il doit avoir été autorisé par la Ville en 1992. La question des autorisations n'est pas résolue.

Le projet tel qu’il doit avoir été autorisé par la Ville en 1992. La question des autorisations n’est pas résolue (image : D.R.).

covisibilité

Pignon blanchi en covisibilité avec l’église Saint Bernard monument historique.

Sans laisser le temps à l’artiste de communiquer les éléments graphiques qui auraient pu manquer et à l’ABF de les consulter, la Direction de l’Urbanisme semble avoir préféré la carte de la prudence en s’opposant à la fresque au motif qu’« il n’est pas possible de vérifier que le projet n’est pas susceptible de nuire à la protection de l’édifice protégé précité ».

« Vérifier que le projet n’est pas susceptible de nuire à la protection du monument historique » :  que la DU ne s’est-elle donné la même mission pour le projet architectural de l’école Saint Bernard, dont il avait déjà été posé que « par son aspect, il serait de nature à porter atteinte au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales, notamment aux abords de l’église Saint Bernard »?

« Être susceptible de nuire » et « être de nature à porter atteinte » sont deux expressions synonymes qui impliquent une attention idéalement et légalement identique. Or, à l’évidence, les deux projets ont été différemment instruits, différemment traités, l’ABF estimant, pour la fresque du square Léon, qu’il n’était « pas en mesure d’exercer sa compétence » et, pour l’école Saint Bernard, qu’il le serait bien assez dès lors qu’il était « averti du démarrage du chantier et informé de son déroulement », précisant que « les échantillons, teinte de matériaux et peintures lui seront soumis préalablement à toute mise en œuvre ».

Deux poids, deux mesures

Nous avons déjà ironisé ici sur le discrédit d’instructeurs qui prétendraient se préoccuper de « la teinte des peintures » quand un arrêté du maire de Paris les rendaient attentifs à « l’atteinte aux perspectives monumentales » protégées par le Règlement du PLU de Paris.

Au-delà de l’ironie, en jouant la carte des « éléments graphiques » pour retoquer la fresque du square Léon, la Direction de l’Urbanisme a mis au jour, par opposition, la négligence ou l’indulgence avec lesquelles avait été instruite la demande de permis de l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie, demande dont les éléments graphiques étaient de particulièrement mauvaise qualité alors même qu’ils auraient dû redoubler de qualité et précision, compte tenu du fait qu’un arrêté municipal rendu sur la même parcelle pour le même projet en termes de gabarits et volumétrie l’avait écarté précédemment.

L’argument des dossiers imprécis porte en effet l’ironie à son comble quand on observe que les trois projets soumis par l’OGEC à l’administration communale étaient largement présentés en copié/collé, les plans et notices de l’architecte comprenant le même texte, avec les mêmes croquis, les mêmes erreurs de fait, de noms de rues et d’orthographe.

Sans évoquer la présentation et la lecture erronées des plans qui ont conduit l’OGEC à prétendre (avec succès jusqu’ici) que le projet finalement autorisé était différent du projet initialement refusé (présentation et lecture erronées selon Cavé Goutte d’Or qui fait valoir devant la Cour administrative d’appel de Paris l’identité des projets en termes de volumétrie et gabarits, seuls déterminants en matière de perspectives monumentales), l’imprécision des documents fournis par l’OGEC auraient dû, dans une stricte égalité avec l’attention portée au projet de fresque, conduire à un rejet.

On se souvient effet de l’évocation, par l’OGEC et ses architectes, d’une prétendue « rue Saint Bernard » en lieu et place de la rue Affre, ou d’une « rue l’ermite » qui ferait angle avec la rue Saint Bruno, autant de méconnaissances du terrain qui rivalisaient avec une méconnaissance de la syntaxe et de l’orthographe qu’on laisse ici de côté pour ne souligner que « les éléments graphiques » appelés à être de bonne qualité pour la fresque du square Léon et laissé en leur état imprécis pour l’école Saint Bernard, comme en témoignent les extraits ci-dessous du dossier de l’OGEC que la Direction de l’Urbanisme a estimé, vu du square Léon et par opposition,  « de bonne qualité » :

rue-lermite

L’improbable « angle des rues l’ermite et Saint Bruno » (dossier architecte, 2014).

La rue Saint Bernard tant qu'à faire (dossier architecte, 2014).

La « rue Saint Bernard », tant qu’à faire (dossier architecte, 2014).

Les cours dans la cour, tant qu'à faire aussi (dossier architecte, 2014).

Les « cours dans la cour », tant qu’à faire aussi (dossier architecte, 2014).

Confusions sur les abords (dossier architecte, 2014).

Confusions sur les abords (dossier architecte, 2014). En cliquant sur l’image pour l’agrandir, le lecteur peut suivre les légendes imprécises qui n’ont (jusqu’ici) pas empêché l’administration de considérer le dossier de l’OGEC comme doté « d’éléments graphiques de bonne qualité ».

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Trouble illicite ?

Treize riverains de l’école et de l’église Saint Bernard portent l’atteinte faite par la première aux perspectives monumentales protégées de la seconde devant le juge des référés du TGI de Paris

  • Habitants des rues Pierre L’Ermite, Affre, Stephenson ou Saint Luc, ils ont obtenu du président du TGI l’autorisation d’assigner d’heure à heure l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie devant le juge de l’urgence pour ce qu’ils qualifient de « trouble manifestement illicite ».
  • Les requérants invoquent un arrêté de Bertrand Delanoë de mars 2012 interdisant, au nom de la protection des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard, la construction actuellement en cours dans le préau de l’école Saint Bernard, arrêté toujours en vigueur dont ils estiment qu’il est « créateur de droits à leur profit comme à celui de tout habitant du quartier de la Goutte d’Or ».
Trouble manifestement illicite ?

Un trouble manifestement illicite ?

« Tout citoyen, tout Parisien, et plus particulièrement tout habitant du quartier de la Goutte d’Or, a un intérêt incontestable à ce que les perspectives monumentales du seul monument historique de ce quartier (trop souvent négligé) soient conservées », lit-on dans l’assignation en référé d’heure à heure dont Cavé Goutte d’Or a pu se procurer une copie avant l’audience fixée à demain mardi 10 janvier 2017.

Comédiens, libraires, gens de cinéma et de plume, commerçants du quartier, sociologues, avocats, les treize requérants soutiennent également que la décision du maire d’interdire la construction au nom de la protection des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard est « d’intérêt public ». Selon eux, l’atteinte aux perspectives monumentales identifiée par le maire de Paris en mars 2012 n’est pas un simple fait susceptible d’une appréciation subjective qui pourrait être différente en mars 2015 :

  • « Par le biais de l’arrêté du 14 mars 2012, toujours en vigueur, cette atteinte est devenue une cause juridique justifiant qu’en aucun cas ne soit construit à l’angle des rues Pierre l’Ermite et Saint Bruno un immeuble méconnaissant lesdites perspectives ».

Or, c’est bien un projet identique à celui qui a été refusé par son prédécesseur en mars 2012 que la maire de Paris a autorisé en mars 2015 : « Du point de vue des perspectives monumentales dont le PLU de Paris impose le respect et la conservation, le permis de construire du 27 mars 2015, dont l’OGEC ne manquera pas de se prévaloir, autorise un projet identique à celui qui avait été l’objet de l’arrêté de rejet du 14 mars 2012 », soutiennent les requérants. « En effet, s’agissant de perspectives monumentales, c’est la volumétrie du bâtiment à construire qui est en cause. Or, la volumétrie du projet de 2015 est la même que celle du projet de 2011 ».

« Dès lors, poursuivent-ils, le permis de construire obtenu par l’OGEC en 2015 n’exclut nullement l’existence du trouble manifestement illicite que les requérants demandent au juge de l’urgence de faire cesser ».

Une instruction défaillante ?

À cet égard, les requérants s’interrogent sur la façon dont a été présentée et instruite la demande d’autorisation de construire.

  • « Lors de l’instruction du permis de construire délivré en 2015, l’OGEC a-t-il fait état de l’arrêté de mars 2012 et de la question de la conservation des perspectives monumentales qu’il soulevait ? »
  • « De même, les services de la Mairie de Paris instruisant ce dossier ont-ils eu en mémoire la décision rendue trois ans plus tôt et sa motivation ? »

Et de suggérer :

  • « Une réponse négative semble s’imposer, sauf à imaginer que, de manière complètement arbitraire, une même autorité administrative se contredise de manière aussi flagrante ».

Soucieux que l’enseignement prodigué par l’école Saint Bernard, dont la qualité est bien connue de tous, ne souffre pas des éventuelles carences de gestion de ce dossier, les requérants demandent au juge des référés « d’ordonner sans délai l’interruption des travaux pour mettre ainsi fin au trouble manifestement illicite » et soulignent que « les travaux actuellement en cours n’empêchant pas l’école d’accueillir ses élèves, guère plus leur interruption n’est susceptible de perturber le fonctionnement de cet établissement ».

  • Sur le trouble manifestement illicite : « Le trouble manifestement illicite est constitué par la violation flagrante d’une règle de droit, proche de la voie de fait, bien que ni la loi, ni la jurisprudence n’aient dégagé une définition fixe de cette notion ». Un récent arrêt de la Cour d’appel de Paris retient que le trouble manifestement illicite résulte de « toute perturbation résultant d’un fait qui directement ou indirectement constitue une violation évidente de la règle de droit » (CA Paris, Pôle 1, chambre 3, 10 février 2015, n°14/02110).
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Voeux’lib’

Des déchets en covisibilité avec le monument historique de la Goutte d’Or ?!

  • Les vœux de la Mairie de Paris pour la Goutte d’Or en 2017 : organiser le tri des déchets autour de l’église Saint Bernard, monument historique.
  • Contesté devant les tribunaux, le malheureux projet architectural d’extension de l’école Saint Bernard y trouvera-t-il son compte ?
Enfin quelque chose de joli dans les perspectives monumentales de l'église Saint Bernard !

De nouvelles perspectives monumentales pour l’église Saint Bernard ?

TRILIB

Trilib’, marque déposée au pied du monument historique.

On se souvient que la Mairie de Paris avait voulu interdire le vocable Bib’lib au prétexte que le suffixe ’lib était préempté par elle : « Liberté je t’enregistre ! », écrivait-elle en substance dans l’euphorie du succès de ses vélib’ (voir notre billet du 17 août 2015). Or, Bib’lib était le logo de la Charte pour le « droit fondamental des citoyens à accéder à l’information et aux savoirs par les bibliothèques » et il semble bien qu’il le soit resté. Plus d’un an après la tentative d’Anne Hidalgo de bloquer cette honorable entreprise, le label demeure et, en septembre 2016, il était encore possible de l’obtenir sur le site de l’ABF !

trilib

Les abords protégés de l’église Saint Bernard bien dotés en trilib’ (Document Mairie de Paris, décembre 2016).

Sur le site de l’ABF en effet car, si les commerciaux de la Mairie de Paris n’ont apparemment pas réussi à enregistrer ’lib, il semble bien que les Architectes des Bâtiments de France n’ont pas davantage su protéger le sigle ABF, qu’ils partagent ainsi avec l’Association des Bibliothécaires de France. Le gag’lib de Bib’lib avait d’ailleurs inspiré à la revue en ligne ArchiMag un titre dont seuls les habitants de la Goutte d’Or pouvaient mesurer l’ironie, privés qu’ils étaient à l’époque d’un ABF qui étudierait « complètement et sérieusement » ses dossiers, pour reprendre les termes du tribunal administratif qui lui reprochera un « défaut d’examen complet et sérieux du dossier » sur le projet Batigère de l’angle Myrha/Affre (voir notre « ABF épinglé »).

On sait que, depuis, l’ABF veille. Il s’est inquiété tout récemment de la restitution d’une fresque sur un mur pignon du square Léon (voir notre billet du 3 décembre 2016) alors que son prédécesseur avait laissé passer (pour combien de temps encore puisque le directeur de l’Urbanisme de la Mairie de Paris a été saisi d’une requête d’arrêt des travaux ?) un projet qui en restitue un autre pourtant refusé par le maire de Paris au motif qu’il serait « de nature à porter atteinte à la conservation des perspectives monumentales aux abords de l’église Saint Bernard » voisine (notre billet du 7 juin 2015).

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voeux

Et plus encore.

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