Arbitrages ?

La Mairie du 18e nous la ferait à l’envers ?

  • Au terme d’une soi-disant nouvelle concertation par petits groupes d’associations ou habitants, la Mairie du 18e semble vouloir imposer ses « arbitrages » à la Ville de Paris et au quartier sur le projet Polonceau/Goutte d’Or.
  • À l’approche d’un nouveau comité de suivi convoqué précipitamment le 14 octobre, Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE ont diffusé samedi un manifeste confirmant leur demande de moratoire actif sur l’ensemble des projets d’urbanisme en cours d’étude sur le quartier.

Le Parking Goutte d’Or évacué prématurément. Coût : 500.000-600.000 € d’indemnité à la SAEMES (Photo CGO, 1er octobre 2019).

On sait que, dans son rapport du 25 juillet 2019 communiqué tardivement par la municipalité le 25 août 2019, le commissaire enquêteur chargé par la maire de Paris de procéder à une « enquête publique sur le projet de déclassement du domaine public routier » dans le cadre de la requalification du secteur Polonceau/Goutte d’Or a émis deux réserves importantes à son avis favorable, ainsi réputé défavorable jusqu’à la levée de ces réserves.

Ces réserves consistent, dans leur propre chronologie :

  • 1) à examiner les projets autres qui seraient présentés à la Mairie avant le 31 octobre 2019 ;
  • 2) à organiser une concertation et un dialogue supplémentaire de novembre 2019 à février 2020 et obtenir une approbation si possible majoritaire des parties concernées avant de publier un arrêté de déclassement.

Les pavés de bonnes intentions de l’escalier Boris Vian sont murés dès le 1er octobre 2019 (Photo CGO.

Cavé Goutte d’Or a publié, dès que la Mairie a bien voulu lui communiquer le texte du commissaire enquêteur une synthèse détaillée de cet avis le 2 septembre (voir notre billet « Bonne rentrée »). Si la Mairie de Paris a d’emblée pris la mesure de la situation en proposant à Cavé Goutte d’Or, dès le 5 septembre, de présenter cette synthèse au Cabinet du maire adjoint à l’Urbanisme (voir le compte rendu de l’association), la Mairie du 18e semble avoir, au contraire, voulu inverser le sens et la chronologie des réserves du commissaire enquêteur en procédant à une concertation supplémentaire avant l’étude des nouveaux projets. Ce qui rend cette concertation pour le moins incomplète, et à maints égards inutile puisque les associations et habitants réunis à l’insu les des autres ne sont, en outre, pas en possession des éléments du dossier.

Réunions tupperware

Pour ce que Cavé Goutte d’Or a pu suivre des rendez-vous menés par les maires adjoints Maya Akkari pour la Politique de la ville et Michel Neyreneuf pour l’Urbanisme, dont celui auquel l’association elle-même était invitée le 10 octobre dernier, et dont ce billet fait office de compte rendu, le projet contesté a été dépecé et présenté par morceaux aux diverses délégations d’associations et d’habitants (voir par exemple le compte rendu de l’Association ASA-PNE).

Vite ! (Photo CGO, 1er octobre 2019).

La rampe d’accès au parking fermé le 1er octobre 2019 (Photo CGO).

Un questionnaire était même présenté aux délégations reçues qui, par définition, ne pouvaient se prononcer que sur les questions posées dont, par définition aussi, aucune ne pouvait considérer les projets qui, selon les conclusions du commissaire enquêteur, pourront être présentés jusqu’au 31 octobre 2019.

Trois étages d’excavation possible (Photo CGO, 1er octobre 2019).

La méthode du questionnaire est ainsi pipée et vouée à l’échec au regard même des réserves émises par le commissaire enquêteur que la Mairie du 18e prétend pourtant vouloir respecter. L’incohérence du procédé est confirmée par la déclaration de Michel Neyreneuf faite le 10 octobre selon laquelle le Cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint d’Anne Hidalgo à l’Urbanisme, examinerait bel et bien les projets reçus, ce qui correspond au demeurant aux propos du directeur de Cabinet prononcés le 19 septembre, selon ce que le compte rendu de Cavé Goutte d’Or en a retenu. Il convient d’ajouter que les menaces à peine voilées consistant à annoncer la perte de soutien financier de l’ANRU si le projet n’était pas mené tel quel n’ont pas davantage de fondement et de valeur juridiques que les réunions tupperware de Madame Akkari et Monsieur Neyreneuf.

Ce serait pourtant sur la base de ce questionnaire dont la légitimité et la légalité sont manifestement sujettes à caution, sans même parler des conditions dans lesquelles les habitants et associations ont été invités à y ‘répondre’, que le maire du 18e aurait pris, assurent encore Michel Neyreneuf et Maya Akkari, des « arbitrages » sur la majorité des points du projet contesté, ne laissant plus à la discussion que le bien nommé bâtiment zéro et son jardin sur le toit.

Un COSUI pour rien ?

Si les projets remis avant le 31 octobre doivent ensuite être étudiés, aucun arbitrage ne saurait bien sûr intervenir à ce stade sur aucun des points du projet actuellement à l’étude, largement contesté et insusceptible d’être remanié par petits bouts sur des coins de table.

À quoi donc rime le comité de suivi convoqué pour ce lundi 14 octobre 2019 sinon à entretenir la confusion dans laquelle sont passés maîtres les deux adjoints à l’Urbanisme et à la Politique de la ville, adjoints entre lesquels certains observateurs ont au demeurant pu noter une certaine tension voire les signes d’un conflit de pouvoir(s), la Politique de la ville tentant manifestement, avec force démonstration et même démonstration de force, de prendre la main sur l’Urbanisme, comme c’en fut presque amusant lors de l’entretien de Cavé Goutte d’Or avec eux deux le 10 octobre, place Jules Joffrin.

Or, ce conflit de pouvoir(s) n’est pas anodin. Il est même au cœur de la problématique et du conflit plus profond encore de compétences (au sens juridique du terme, donc ne mettant nullement en cause la personnalité des duettistes de choc que sont devenus Madame Akkari et Monsieur Neyreneuf) entre Politique de la ville et Urbanisme, dont les objectifs sont antinomiques selon Cavé Goutte d’Or qui l’a souvent développé dans ses écrits et ses actions, – cela même si le fondement du copilotage devait être la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, comme l’assure l’adjointe à la Politique de la ville, qui s’est d’ailleurs revendiquée avec force adjointe aux quartiers populaires lors de l’entretien du 10 octobre 2019.

Pour un urbanisme
prioritaire et populaire

Vers la construction d’un TEP en contre-bas de la future Esplanade Polonceau ? Photo CGO, 1er octobre 2019.

Si notre étude de l’été sur les mécanismes profondément politiques (au sens où on l’entend des mécanismes de langage mis en lumière par George Orwell dans 1984) qui consistent à appeler « quartiers populaires » ce que la loi appelle « quartiers prioritaires » reste à publier (nos lecteurs comprendront sans doute que le rapport du commissaire enquêteur et la délibération  sur le coloriage des trottoirs ont légitimement dominé l’actualité du blog), on peut d’ores et déjà observer que, selon Maya Akkari, « l’expression ‘quartiers prioritaires’ appartient à la nomenclature de l’État, l’expression ‘quartiers populaires’ appartient à la nomenclature de la Ville ». Il y aurait donc là une doctrine et pas seulement une question sémantique dont Éric Lejoindre pourrait ironiser devant son Conseil d’arrondissement en la laissant « à ceux que cela passionne » (voir et revoir la vidéo du maire du 18e).

Devant la confusion entretenue, il est apparu aux deux associations Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE, qui sont intervenues dans l’enquête publique et plus en amont encore avec la Table ouverte, activement présente sur le site depuis l’origine des installations de la Saint Boris en 2011, qu’une initiative nouvelle devait être proposée. De cette initiative qui se veut indépendante, y compris des formes d’actions qui l’ont précédée, une demande de moratoire actif est née (voir le communiqué posté sur le blog samedi dernier) et, de la demande de moratoire, un manifeste qui invite les habitants, commerçants et associations du quartier à travailler ensemble sur l’urbanisme, l’aménagement et l’utilisation des espaces publics.

Comme indiqué dans le manifeste, déjà soutenu par plusieurs entrepreneurs phares du quartier (dont le 360 Paris Music Factory, le Barbès Comedy Club, le Mistral Gagnant, les Mah-Boules,…), toutes les contributions sont les bienvenues. Lire notre billet : L’Atelier urbain de la Goutte d’Or, c’est manifeste.

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Invitation

L’atelier urbain de la Goutte d’Or, c’est manifeste

  • 10 jours après sa création par les associations Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE,  l’Atelier urbain de la Goutte d’Or diffuse un manifeste invitant les habitants, commerçants et associations du quartier à travailler ensemble sur l’urbanisme, l’aménagement et l’utilisation des espaces publics.
  • Parmi les premiers signataires, des entrepreneurs phares de la Goutte d’Or soutiennent l’initiative : Le Mistral Gagnant, Les Mah-Boules, La Fa Brick, La Goutte Rouge, Le 360 Paris Music Factory, le Barbès Comedy Club rejoignent ainsi Cavé Goutte d’Or, ASA-PNE, la Table ouverte et l’Union des Commerçants de la Chapelle-Goutte d’Or dans cette invitation au quartier à se réapproprier son environnement immédiat et son avenir.

Face au projet de requalification du secteur Boris Vian/Polonceau/Goutte d’Or présenté les 20 mai et 12 juin 2019 par la Ville de Paris, et compte tenu des réserves émises par le Commissaire enquêteur dans son avis du 25 juillet 2019 ;

Face à la multiplication de projets incohérents et mal ficelés annoncés sur le quartier (requalification Goutte d’Or-Sud, coloriage des rues et des trottoirs, fresques et autres, …) ;

Considérant que tout projet de rénovation urbaine doit impérativement s’inscrire dans une vision plus large du quartier et être élaboré avec la participation de ses habitants ;

Les associations Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE (Association pour le Suivi de l’Aménagement-Paris Nord Est) :

  • Demandent un moratoire actif jusqu’au 2 mai 2020 sur l’ensemble des projets en cours d’étude dans le quartier de la Goutte d’Or ;
  • Proposent que soient étudiés, comme le préconise le Commissaire enquêteur, les projets qui seront présentés d’ici le 31 octobre 2019 et la mise en œuvre immédiate de certains des éléments du projet du secteur Boris Vian/Polonceau/Goutte d’Or ;
  • Invitent les habitants, commerçants et associations du quartier à mettre à profit cette période transitoire pour développer une vision commune de l’avenir du quartier.
  • Sollicitent de la Mairie du 18e la mise à disposition d’un des nombreux locaux vacants du secteur pour y créer un lieu de communication et d’échange aux fins de favoriser cette appropriation civique de l’aménagement du quartier et de son espace public.

Pour mener à bien cette entreprise, Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE créent

L’Atelier urbain de la Goutte d’Or

et mettent en place un premier groupe de travail* pour l’animer, recevoir les propositions des habitants, commerçants et associations et réaliser une synthèse de ce travail d’ici le 2 mai 2020, jour de la désormais traditionnelle Saint Boris.

L’Atelier urbain de la Goutte d’Or proposera une réunion de présentation et premier bilan de cette initiative le jeudi 19 décembre 2019 en soirée (précisions à venir). D’ici là, Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE invitent les habitants, commerçants et associations à leur communiquer leurs propositions aux adresses suivantes :

cavegouttedor@gmail.com / asa.pne18@laposte.net

* Ce groupe est aujourd’hui composé de : Olivier ANSART, président de ASA-PNE, vice-président de France Nature Environnement-Paris ; Saïd ASSADI, directeur d’Accords croisés ; Rachid ARAR, président de La Table Ouverte ; Catherine BECKER, conseil en communication ; Sonia BOUZELLATAT, présidente de l’Union des Commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or ; Frédéric LOPEZ, commerçant (La Goutte rouge) ; Valéry du PELOUX, producteur, membre de la Goutte verte ; Olivier RUSSBACH, président de Cavé Goutte d’Or ; Jean-Jacques TERRIN, architecte, professeur émérite ; Farida YAHMI, commerçante (Le Mistral Gagnant, Les Mah-Boules).

Vous pouvez signer en ligne ou imprimer, signer et faire signer ce manifeste puis le retourner à l’une des adresses ci-dessus (version pdf).

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Vers le haut

La Goutte d’Or se fait octobre

  • Avant même la Fête des vendanges de Montmartre, l’inauguration de deux établissements en cinq jours rappelle la force créatrice de la Goutte d’Or.
  • À l’entrée Sud-Est du quartier, venant de la Chapelle et des Bouffes du Nord et ouvrant l’axe Polonceau sur le jardin Bashung, le Melting Pot, le Chien de la Lune, la place Polonceau, la Goutte rouge, l’espace fou des Mah Boules remet la pétanque à l’ordre du jour et promet des séances de « Tu tires ou tu pointes » à en fendre le cœur. Le film original de la trilogie de Pagnol était d’ailleurs projeté en fond du buffet magistral préparé pour l’occasion par LA FA BRICK, street food oriental de la rue Myrha. > Notre reportage photographique : Les Mah Boules redonnent sa vraie folie à la Goutte d’Or.
  • Sur l’angle Léon/d’Oran, entre le piano bar Le 34 et le théâtre du Lavoir moderne parisien, dans l’axe des indispensables 3 Frères vers le square Léon et du très accueillant Chez Léon vers le futur complexe Ordener/Poissonniers, le Barbès Comedy Club ouvre le quartier sur les comédiens et les humoristes les plus connus du moment et du futur, ce qui est très maboul aussi. > Notre reportage photographique : Avec Éric Lejoindre et Carine Rolland en vedettes américaines d’une programmation hors pair.
  • Entre les deux évènements, notre reporter a visité la très belle exposition de photographies de Martine Barrat au Centre Fleury Goutte d’Or-Barbara et à l’intérieur du square Léon. Séquence nostalgie au moment où le quartier meurtri par l’urbanisme sauvage et la Politique de la ville aborde une période difficile de réparation.
    > Notre reportage photographique à ‘Fleury’ et sur le square Léon.
  • Il a chopé aussi les posés très classe de Paris Habitat sur les grilles extérieures du square Léon, très classe les posés, et hors toute représentation réelle du quartier, ce qui est un parti pris artistique à ce titre incontestable*.

Les Âmes de la cité vues par Paris Habitat (photo CGO, 1er octobre 2019). L’affiche de Paris Respire ne fait pas partie de l’exposition et cache au demeurant le panneau de présentation de Paris Habitat (voir ici). Agrandir l’image.

Voir en page Vie du quartier nos reportages photographiques:
> Les Mah Boules
> Le Barbès Comedy Club
> L’exposition de Martine Barrat

* On rappelle que, dans le cas du livre d’images d’Elena Perlino, dont il nous fut reproché de ne pas respecter le parti pris artistique, ce que Cavé Goutte d’Or avait mis en lumière était le parti pris socio-politique daté et orienté de l’étude nord-américaine qui avait manifestement conduit les pas de la photographe italienne (ici pour mémoire).

L’entrée Sud-Est de la Goutte d’Or vue de l’esplanade des incontournables Mah Boules (photo CGO, 1er octobre 2019). Agrandir l’image.

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La cerise sur le pompon*

Le projet de coloriage de la Goutte d’Or et la Chapelle est reporté faute d’autorisation préalable

  • À force de ne penser qu’en termes socio-participativo-festivo-subventionivo-associatif, le projet dit « Des couleurs éclatantes pour la Goutte d’Or et la Chapelle » s’écrase sur le défaut de déclaration  préalable, b.a.-ba de la moindre opération tendant à toucher à la façade d’un immeuble.
  • En dépit des aimables mises en garde de Cavé Goutte d’Or, le Conseil de Paris est tombé hier dans ce nouveau piège du Budget participatif et, aujourd’hui, il pleut.
  • Nuit blanche assurée (ça tombe bien !) pour les communicants sociaux des quartiers sensibles, difficiles, en ZSP et reconquête républicaine.

Ça l’affiche mal (sources : communication de l’Association Esquisses).

Les bénévoles (et non pas les habitants comme le dit pourtant le texte de la délibération votée hier par le Conseil de Paris) seront appelés ultérieurement, une fois accomplies les formalités élémentaires pour colorier les façades d’immeuble.

C’est en réalité toute la délibération votée hier qui est remise en cause puisque le texte voté assure que « cette opération aura lieu lors de la Fête des Vendanges, qui aura cette année pour thème la couleur ». La Fête des Vendanges est en effet programmée du 9 au 13 octobre prochains. Or, « les habitants sont partie prenante du projet dès sa conception jusqu’à sa réalisation et son inauguration ».

À suivre.

  • Mélange des expressions prioritaires populaires « Cerise sur le gâteau » et « C’est le pompon ». « La cerise sur le bouquet« , a d’ailleurs corrigé Jeff Koons, qui s’y connait en pompon et dont l’inauguration du bouquet de tulipes a empêché hier Christophe Girard de présenter au Conseil de Paris la délibération sur les couleurs éclatées (notre billet du 4 octobre 2018). « La cerise sur le ghetto », a pour sa part cru devoir ironiser l’Amicale des correspondants de presse accrédités aux quartiers du Nord-Est parisien (notre billet du 1er octobre 2019).
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Dîner de Koons

Les tulipes de Koons privent l’association Esquisses du soutien de Christophe Girard

  • En l’absence de l’adjoint d’Anne Hidalgo à la Culture, retenu par l’inauguration officielle du bouquet de Koons, c’est son adjointe au Patrimoine qui a fait passer, ce midi, la délibération autorisant le coloriage des rues de la Goutte d’Or et la Chapelle pour « égayer » les deux quartiers actuellement les plus en difficulté de la capitale.
  • Selon Karen Taïeb, le projet intitulé « Des couleurs éclatantes pour la Goutte d’Or et la Chapelle », qui aurait recueilli 1.566 « votes » au Budget participatif 2018, aurait été « plébiscité par les Parisiens ».

Illustration empruntée aux comptes tweeter d’Anne Hidalgo et de Christophe Girard, tous les deux retenus par le bouquet de tulipes de Jeff Koons au moment du vote de la délibération sur le coloriage des rues de la Goutte d’Or et la Chapelle au Conseil de Paris, ce 4 octobre 2019 à midi.

Dans une intervention orale en prélude à la délibération dont il a néanmoins annoncé d’emblée qu’il voterait en sa faveur, le conseiller de Paris Christian Honoré a rappelé la lettre par laquelle Cavé Goutte d’Or avait mis en garde les élus du 18e contre le risque politique au sens fort qu’il y avait à voter et laisser voter, dans le contexte que connaissent actuellement la Goutte d’Or et la Chapelle, un texte prévoyant de colorier les sols, les murs et les bites de trottoirs pour un montant de 100.000 €.

Pour mémoire:
La lettre de Cavé Goutte d’Or aux élus du 18e.
Le vote des élus du 18e en faveur du coloriage des rues de la ZSP 1018.
Le projet « Des couleurs éclatantes… ».
Piqûre de rappel à la veille du Conseil de Paris.

En pensant faire aimablement le service après-vente de Cavé Goutte d’Or, dont il salua le travail (voir son intervention), le conseiller de Paris privait en réalité de tout effet la lettre de mise en garde de l’association à laquelle il regrettait que la Mairie n’ait pas donné suite.

Karen Taïeb excuse Christophe Girard et salue le projet de coloriage dont elle assure qu’il a été « plébiscité par les Parisiens » (1.566 ‘votes’ au Budget participatif 2018). Voir la vidéo (capture de Cavé Goutte d’Or, 4 octobre 2019).

Voter pour la délibération revenait en effet à répondre à Cavé Goutte d’Or que les habitants des quartiers du Nord-Est parisien ne souffriraient pas (en tout pas davantage que les élus qui pensent en termes de coloriage des rues) de la mise en peinture de leurs trottoirs. Plus encore, Christian Honoré a donné à l’adjointe d’Anne Hidalgo l’occasion d’ironiser sur l’unanimité qu’avait recueillie le projet de délibération au Conseil d’arrondissement du 16 septembre dernier, où les élus de 100% Paris avaient déjà voté en faveur de la boîte à gouache d’Esquisses. Après son laïus sur le prétendu « plébiscite » à 1.566 ‘votes’, Karen Taïeb put en effet conclure dans un sourire à son collègue :

Le terrain préparé pour la fresque participative d’Esquisses, boulevard de la Chapelle, 4 octobre 2019.

En résumé, s’il devait y avoir quelque chose de symbolique dans cette histoire, ce serait que la délibération 2019 DAC 311 a été une nouvelle fois votée à l’unanimité, 100% Paris rejoignant les 100% du Conseil de Paris, et que l’association Esquisses se voit en conséquence autorisée à « réaliser une fresque participative sur le mur du local attenant à la bibliothèque Goutte d’Or, côté boulevard de la Chapelle ».

Pendant qu’un de nos correspondants enregistrait les débats du Conseil de Paris, une de nos correspondantes constatait sur le terrain les préalables actifs à la mise en peinture votée : le mur qui recevra la presque farce la fresque participative, un mur d’ordinaire réservé à l’affichage sauvage, a été nettoyé et protégé de toute nouvelle souillure intempestive jusqu’à sa remise à l’association Esquisses, – dont il convient de préciser qu’elle n’était pas (en tout cas pas nommément) à l’origine des quatre projets réunis sous celui dit « Des couleurs éclatantes pour la Goutte d’Or et la Chapelle ».

Plus encore, le mur attenant à la bibliothèque Goutte d’Or, qui donne sur le boulevard de la Chapelle, n’était pas un des lieux à colorier dans les projets prétendument ‘votés’ au Budget participatif 2018, dont le détail est lisible sur chacun des liens les présentant, tels qu’ils sont recensés et cités dans notre billet du 1er octobre 2019 : « Le coloriage de la ZSP 1018 au Conseil de Paris ».

¿ Qui sait c’qui s’esquisse ?

Pour un projet qui se veut éclatant de couleurs, quelques zones grises demeurent et c’était aussi l’un des buts de Cavé Goutte d’Or, dans sa lettre du 16 septembre aux élus du 18e arrondissement, que de ne pas laisser les élus aveuglés par 1.566 ‘votes’ qui pourraient même se révéler détournés de leur premier objet:  

  • « Sans nier en rien la qualité de l’association lauréate, nous vous proposons de réserver votre vote dans l’attente que soit communiqué aux membres du Conseil d’arrondissement un projet plus détaillé qui permette aux élus de vérifier les garanties du respect du quartier et de ses habitants quant à l’opportunité et à la valeur du travail qui sera réalisé », écrivait Cavé Goutte d’Or.

Quoi qu’il en soit, la première tranche de 5.226 € votée aujourd’hui sur les 100.000 à venir va devoir être débloquée rapidement si l’on en croit le texte de la délibération qui assure que « cette opération aura lieu lors de la Fête des Vendanges, qui aura cette année pour thème la couleur ». La Fête des Vendanges est en effet programmée du 9 au 13 octobre prochains. Or, « les habitants sont partie prenante du projet dès sa conception jusqu’à sa réalisation et son inauguration », prétend encore le texte de la délibération que les élus ont votée, ajoutant avec un ainsi de poids : «  L’association Esquisses mettra ainsi en place des ateliers participatifs gratuits et ouverts à tous pour réaliser cette fresque avec les habitants du quartier ».

Habitants du quartier, à vos crayons de couleurs. Demandez l’atelier participatif gratuit que les élus viennent de financer pour vous. Et fissa, car l’inauguration de ce que vous aurez participativement contribué à créer a lieu dans quelques jours ! Avec 5.226 € en caisse, Esquisses aura bien de quoi – Fête des Vendanges oblige – offrir un verre de vernissage à ces visiteurs participatifs.

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Reconquête républicaine (suite)

Le coloriage de la ZSP 10-18 au Conseil de Paris

  • Après le récent vote unanime des élus au Conseil du 18e arrondissement, le projet de colorier les rues de la Goutte d’Or et de la Chapelle pour « égayer » ces quartiers en zone urbaine sensible, tendue, difficile, de sécurité et de reconquête républicaine passera-t-il sans dégât le cap du Conseil de Paris réuni du 1er au 4 octobre 2019 ?
  • La délibération attribuant une première tranche de 5.226 € sur les 100.000 € prévus pour ce projet incongru sera présentée par Christophe Girard, rapporteur.
  • L’adjoint à la Culture d’Anne Hidalgo joue ici la carrière politique qu’il se propose d’entamer dans le 18e aux prochaines municipales. Les élus du 18e ont, quant à eux, une chance de se redonner un peu de couleurs après leur vote unanime du 16 septembre tendant à légitimer et mettre en œuvre ce projet.

Le projet (qui se décline en quatre sous-projets présentés ci-après) aurait recueilli « 1.566 votes » au Budget participatif 2018. Cela ne le rend pas moins extravagant dans le contexte que connaissent actuellement les quartiers de la Goutte d’Or et la Chapelle (captures d’écran du site de Ville de Paris dédié au Budget participatif, 1er octobre 2019).

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Explications

La « Démocratie locale » organise au pied levé une Saint Boris hors sol

  • Sur « invitation du Service Démocratie Locale de la Mairie du 18ème », l’adjointe au maire d’arrondissement chargée des quartiers populaires de la Politique de la ville a une nouvelle fois tenté d’« expliquer » le projet officiel de la Ville de Paris à une douzaine de personnes réunies samedi sur le tarmac du TEP Goutte d’Or.
  • Parallèlement, les adjoints à la Politique de la ville et à l’Urbanisme du 18ème invitent une à une ou par petits groupes les associations du quartier à des sous-comités de suivi dont l’objet n’est pas conforme aux réserves posées par le Commissaire-enquêteur chargé de donner un avis sur les divers déclassements du domaine public qu’implique le projet officiel de requalification urbaine du secteur.
  • Devant tant d’efforts de la Municipalité pour renouveler les erreurs du passé, les associations Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE, seules à être intervenues devant le Commissaire enquêteur pour dénoncer les faiblesses du projet officiel et mettre en lumière la nécessité de nouvelles études, créent L’Atelier urbain de la Goutte d’Or et demandent un moratoire actif sur le projet de requalification et toutes opérations de type « coloriage des rues pour égayer le quartier ».   

Maya Akkari sur leTEP Goutte d’Or, 28 septembre 2019. Photo empruntée au compte Facebook de Amadou Sylla.

Dans un marathon de trois heures qu’elle salue elle-même sur son compte Facebook (« Cet après-midi, nous avons échangé pendant 3h avec des habitants de la Goutte d’Or sur la question de la requalification des arcades Boris Vian. Un débat riche et intense. Bref, la démocratie en actes »), Maya Akkari a donc une nouvelle fois tenté d’expliquer un projet dont, une nouvelle fois, nous devons observer qu’elle ne maitrise pas les tenants et aboutissants.  

L’adjointe au maire du 18e arrondissement chargée de la Politique de la ville pense que Cavé Goutte d’Or est sévère avec elle. Le blog l’aurait qualifiée d’« incompétente », assura-t-elle lors du somptueux repas de quartier offert par La table ouverte le 15 septembre dernier (ici pour mémoire), alors qu’il n’en est rien, bien sûr. Le mot ne se trouve nulle part sur le blog (voir notre recherche appliquée) et le ton parfois un peu vif qu’il nous arrive d’utiliser n’inclut ni l’insulte ni la condescendance machiste, comme Madame Akkari a cru devoir percevoir notre interrogation sur le fait que la Politique de ville (son domaine d’attribution) vienne en étrange appui à l’Urbanisme (domaine d’attribution de Michel Neyreneuf). 

Comme Cavé Goutte d’Or a eu l’occasion de le préciser encore récemment au Cabinet de Jean-Louis Missika, une distinction rigoureuse doit être faite entre Urbanisme et Politique de la ville, l’objectif de la Politique de la ville ne devant en aucun cas être (mais étant hélas souvent) le maintien de la Goutte d’Or en zone urbaine sensible alors qu’au contraire, la sortie du quartier de ce statut doit être recherchée en priorité, – ce que peut davantage l’Urbanisme par une politique sérieuse d’aménagement de l’espace public.

La rigueur du dossier

En l’occurrence, sur ce que Maya Akkari pense pouvoir appeler « la question de la requalification des arcades Boris Vian« , ne confondant finalement que deux des trois rues concernées par le projet, la Politique de la ville tient une part prépondérante de la communication en raison de la discrétion bien compréhensible de Michel Neyreneuf sur un chantier futur qu’il lui est très difficile de porter puisqu’il est aussi à l’origine des préalables négatifs sur le quartier qui, à compter de 1993, ont conduit, avec volonté et application, au désastre de l’opération Goutte d’Or Sud notamment.

Les rédacteurs du blog qui auraient, par négligence, conduit Maya Akkari à penser qu’ils étaient machistes prient la maire adjointe d’excuser tout propos ironique qui aurait pu la heurter, notamment celui qui, dans une boutade qui n’échappe pourtant à personne, estimait que son collègue Michel Neyreneuf était « l’homme de la situation », ajoutant immédiatement : « Ce qui, pour ceux qui la connaisse (la situation) n’est pas peu dire ».

L’engagement sans faille de Maya Akkari dans la rude tâche qui lui a été confiée de vendre à tout prix le projet de requalification de la Goutte d’Or Sud. Photo Sonia Bouzelattat, TEP Goutte d’Or, 28 septembre 2019.

« La situation » était manifestement le terme fort de cette proposition et il n’était pas question de distinguer l’homme de l’Urbanisme et la femme de la Politique de la ville, répartition en l’occurrence parfaitement aléatoire. La Politique de la ville a en effet longtemps été marquée par des ‘hommes de situation’ (Bernard Tapie, Jean-Louis Borloo) et l’urbanisme parisien par des ‘femmes de situation’, si l’on pense à Anne Hidalgo, longtemps adjointe de Bernard Delanoë à l’Urbanisme, ou Élisabeth Borne, directrice de l’Urbanisme de la Ville de Paris de 2008 à 2013, aujourd’hui ministre des Transports et de la Transition écologique.

Cela rappelé, et une fois salué l’engagement sans faille de Maya Akkari dans la rude tâche qui lui a été confiée de vendre à tout prix le projet de requalification de la Goutte d’Or Sud, il convient de corriger les quelques erreurs ou imprécisions qui ont pu être formulées ici et là, samedi sur le TEP Goutte d’Or. Il est ainsi erroné ou inexact :

Sur le rapport du commissaire enquêteur : de suggérer que le rapport du Commissaire-enquêteur, tel que nous l’avons présenté sur ce blog le 2 septembre 2019, pourrait être non concluant du fait que les habitants n’auraient pas été assez nombreux à se prononcer sur la question lors de l’enquête publique. On rappelle à cet égard que Cavé Goutte d’Or a été, de bout en bout, attentif à l’enquête publique sur ce que nous avons appelé « la privatisation de la rue Boris Vian » (notre billet du 4 juillet 2019) et autres espaces publics dont l’annonce lui a été signalée fin mai et que l’association a répercutée immédiatement sur son compte tweeter (ici pour mémoire). Si seules Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE ont pris la peine de déposer des conclusions en leur qualité d’association (deux habitants en ont fait de même à titre individuel), Cavé Goutte d’Or rencontrant même, par deux fois, le commissaire enquêteur lors de ses permanences en Mairie, rien ne permet de diminuer la valeur du rapport, au demeurant très approfondi.

Madame Akkari se contredit d’ailleurs puisque c’est forts des réserves émises par le commissaire-enquêteur qu’elle-même et son collègue Michel Neyreneuf reprennent un cycle de concertation dont on veut croire que la nouvelle formule, plus resserrée, a pour objet de mieux cerner, entendre et recevoir les propositions des participants :

  • « Comme vous le savez, il nous est demandé par le Commissaire enquêteur d’organiser une concertation et un dialogue supplémentaire sur le projet.  Avant d’organiser un nouveau Comité de suivi, nous souhaiterions pouvoir consulter les associations membres du COSUI une par une ou regroupées par petits groupes. Cette proposition sera faite à tous les intervenants mais le format par petits groupes permettra de mieux discuter et avancer vers les solutions les plus consensuelles » (mail des adjoints à l’Urbanisme et à la Politique de la ville, septembre 2019).  

Sur l’origine et la propriété du rapport : erroné ou inexact également de laisser à penser, comme y ont manifestement été conduits les usagers qui s’étaient déplacés sur le tarmac du TEP, que l’enquête publique et le rapport étaient étatiques et que la Ville de Paris n’était pas liée par ses conclusions, dont elle ne pouvait se charger de la communication. C’est bien en effet la maire de Paris – et elle seule – qui a commandé le rapport, comme tout cela est au demeurant rappelé sur le site dédié de la Maire de Paris (l’arrêté de la maire de Paris).

Sur les questions en débat : erroné ou inexact encore de prétendre que, si tout peut encore être expliqué, rien ne peut plus être discuté. Comme le rappellent Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE dans leur communiqué commun du 29 septembre 2019 :

  • « Contrairement à une information précipitée et une communication parfois non maitrisée sur la question, aucun projet n’est à ce jour validé, aucune option écartée ».

La transmission de l’erreur

En résumé, les explications qu’auraient pu venir chercher les habitants du quartier, en nombre d’ailleurs très réduit ce samedi 28 septembre 2019 sur le TEP Goutte d’Or, ne sont manifestement pas les bonnes. L’invitation du Service Démocratie Locale de la Mairie du 18ème, aimablement relayée par le Conseil citoyen Paris 18, annonçait d’ailleurs clairement la couleuvre : dans un texte particulièrement alambiqué, les destinataires étaient surtout invités à entendre que les réserves au projet du commissaire-enquêteur auraient été « formulées au-delà du périmètre de l’enquête ». Tiens tiens, le commissaire-enquêteur aurait commis un excès de pouvoir !? La Ville de Paris souhaitait néanmoins « y répondre au mieux en ouvrant une phase de concertation », consentait la Démocratie locale alors que le commissaire-enquêteur demande que soient examinés, préalablement à la nouvelle phase de concertation, les projets qui seraient déposés avant le 31 octobre 2019.

Les 8 points en débat selon L’Atelier urbain de la Goutte d’Or (Lire le communiqué de Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE du 29 septembre 2019).

Les aimables agents de la Démocratie locale ajoutent que « des rencontres avec les acteurs du quartier et les habitants par groupes » seraient organisées pour « expliquer le projet depuis son origine » (et non étudier d’autres projets, ndlr) et « présenter les éléments à discussion » (sous-entendus : certains éléments ne le seraient pas, ndlr).

Et de lancer : « Nous invitons les habitants du quartier de la Goutte d’Or à y participer nombreux ». Ils furent donc une douzaine, dont certains ne savaient pas trop où ils étaient si l’on en croit la délicieuse réplique d’une dame à l’annonce, par Maya Akkari, d’une « prochaine réunion le 14 octobre à Fleury », sous-entendu au Centre Fleury-Goutte d’Or-Barbara, Fleury ou FGO pour les amis, haut lieu de la Démocratie locale qui a déjà hébergé la présentation de novembre 2016, le vernissage de Paris Goutte d’Or (le livre d’images) et le premier comité de suivi de mai 2019 :

  • « À Fleury ?, demanda la dame, Fleury-Mérogis ? » 

La réplique est en elle-même tout un programme, et force est hélas de constater que la communication approximative de la Mairie du 18e (quand elle n’est simplement ambiguë ou trompeuse) suscite des réactions diffuses sur le sujet, comme on peut en lire plusieurs sur les réseaux sociaux et les conversations de groupes sur internet, – réactions souvent faites de critiques à l’emporte pièce, de sous-entendus convenus quand ce n’est d’invectives gratuites comme c’est le cas  d’un tweeto qui se présente comme « militant à la Goutte d’Or pour l’égalité territoriale » :

  • « Il y en a assez ! Le projet impopulaire de réaménagement à la Goutte d’Or passe en force. Comment un projet aussi crucial passe avec 4 contributions en ligne et des réunions de coin de salle ? La Mairie du 18e poursuit ses projets de densification et de bétonisation » (compte tweeter de Mohamed Awad)  

S’il convient de saluer les contributions de la Goutte verte, toujours courtoises et parfois scientifiquement étayées comme ce fut le cas en juillet dernier, il semble bien que notre« militant pour l’égalité territoriale », par ailleurs animateur d’un blog voulant « raconter les quartiers populaires », est pour sa part davantage mû par le souci de maintenir un discours approximatif sur l’échec plutôt que par celui de relayer un discours rigoureux sur les moyens politiques et juridiques de combattre ce qu’il prétend dénoncer.

 Y’a du boulot !

Retweeté et aimé comme mécaniquement, le tweeto assène pourtant des contre-vérités à ses suiveurs ravis : il laisse en effet entendre que « le projet passe avec quatre contributions en ligne » alors que les quatre contributions ont, au contraire, interrompu le processus. Peut-être a-t-il voulu écrire « malgré quatre contributions en ligne », mais il semble assimiler ces quatre contributions à des « réunions de coin de table » alors qu’il s’agit d’un véritable travail, du seul en tout cas qui a jusqu’ici permis une nouvelle prise de conscience de la municipalité et un début encourageant de mobilisation du quartier autour de ce secteur sinistré dans une longue indifférence. 

L’Atelier urbain de la Goutte d’Or a notamment pour objet d’offrir une plateforme d’information rigoureuse permettant un débat en parfaite connaissance de la situation afin que puisse être mis en place un cadre de travail susceptible de recevoir les propositions des habitants et associations de la Goutte d’Or pour le développement d’une vision commune de l’avenir du quartier.

Cavé Goutte d’Or et ASA-PNE proposeront aux habitants et associations du quartier une réunion de présentation et de premier bilan de cette initiative avant la fin de l’année 2019.

D’ici là, elles les invitent à communiquer leurs propositions aux fins de diffusion et d’échange sur leurs blogs respectifs aux adresses suivantes :

                                        cavegouttedor@gmail.com / asa.pne18@laposte.net.  

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