Deux moi ?

Jours tranquilles à Barbès

  • Au moment où le cinéaste Cédric Klapisch tourne entre le pont de Jessaint, la rue Myrha et la rue Léon ce qui deviendra peut-être le film « Deux moi », une association qui revendique le sigle ZSP de la « Zone de sécurité prioritaire » qu’est la Goutte d’Or depuis six ans pour se désigner « Zone de solidarité populaire » couvre les murs du quartier d’un affichage intensif au bandeau  « Crime raciste à la Goutte d’Or ! » pour annoncer la projection du film « Les Ambassadeurs » de 1975-77.
  • Le marché sauvage des mercredis et samedis sur le carrefour des rues de Jessaint et de Tombouctou n’est pas déprogrammé pour autant.

L’équipe du tournage de Cédric Klapisch, Pont de Jessaint, 15-17 octobre 2018 (photo VDB).

Affichage, rue Léon, 17 octobre 2018 (photo CGO). Agrandir l’image.

L’histoire retiendra peut-être du mercredi 17 octobre 2018 qu’il aura été « un mercredi de plus », comme le suggère une de ses chroniques d’habitants, un jour de marché officiel aux abords duquel la police fait la course aux marchés sauvages qui se répandent toujours plus dans le quartier où, selon la maire de Paris, des « réseaux de délinquance organisés déjà installés sur le secteur et très actifs » provoquent « la spirale dans laquelle (les mineurs marocains) sombrent sous l’emprise de délinquants majeurs implantés de plus longue date et qui les exploitent ».

Anne Hidalgo inscrit cette analyse (ici partagée avec le premier ministre Édouard Philippe) dans celle de l’association Trajectoires à laquelle la Mairie de Paris a confié une étude qui souligne « l’attraction » que présente la Goutte d’Or en raison des « opportunités économiques » pour le moins parallèles offertes, Barbès étant désigné dans l’étude de Trajectoires de « quartier où la vente de drogues et de cigarettes de contrebande est très présente », comme l’a rappelé avec humour le groupe de street-art omerta project.

Lire ou relire sur le blog :
Marlboro, ce n’était donc pas Gabelotaud
Hidalgo dénonce la « dégradation de l’environnement urbain »
Trajectoire : « Le quartier où il est très facile de revendre les produits volés ».

Affichage, angle Myrha/Léon, 17 octobre 2018 (photo CGO).

Désaffichage, rue Léon, 17 octobre 2018 (photo CGO).

Au moment où, entre l’église Saint Bernard et le secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or, se jouait, un jour une scène du prochain Klapisch, le lendemain la scène des marchands à la sauvette refoulés de la rue de Tombouctou sur la place Polonceau, scène bien connue celle-là des riverains très proches du Marché Dejean, les services du nettoyage de la Ville enlevaient, rue Léon, les affiches dont le passant pressé n’aurait gardé en tête que « Crime raciste à la Goutte d’Or ! ».

Quoi ! Où ? Quand ?
Hier ? Demain ?

« On a reçu l’ordre de les enlever », énoncèrent-ils à l’attention du correspondant de Cavé Goutte d’Or en reportage sur l’affiche et il est vrai que Les Enfants de la Goutte d’Or devenus grands et ZSP-18 pour « zone de solidarité populaire » n’avaient pas fait dans la légèreté pour inviter les habitats du quartier à voir ou revoir un film que Le Monde diplomatique avait présenté, à l’époque de sa sortie, comme « une œuvre de réflexion sur les rouages du mépris » :

  • « La rue, l’école, le chantier, l’immeuble, le bistrot, autant de lieux où les regards, les paroles, les gestes, témoignent d’une méfiance, d’un mépris, d’une crainte qui tissent lentement l’image du froid racisme quotidien », écrivait Ignacio Ramonet dans Le Monde diplomatique de juin 1976.
  • « Crime raciste à la Goutte d’Or ! » titreraient quarante-deux ans plus tard les Enfants de la Goutte d’Or et ZSP-18 relayées par Paris-Luttes-info avec les hashtags « extrême-droite », « anti-racisme », « violences policières », « 18e arrondissement ».

Comme pour ajouter à ces hashtags, le journal officiel associatif Goutte d’Or et vous renvoie toute éventuelle interrogation sur « Les Ambassadeurs » au célèbre tableau éponyme de Hans Holbein le Jeune.

Goutte d’Or et vous, capture d’écran, 17-18 octobre 2018. Le lien indiqué pour le synopsis du film de Naceur Ktari (1975-77) renvoie sur le tableau de Hans Holbein le Jeune (1533). Agrandir l’image.

Les 2 moi de Klapisch
(et de la Goutte d’Or)

Sur le tournage de Cédric Klapisch, Pont de Jessaint, octobre 2018 (photo VDB).

Si le travail de Cédric Klapisch dans la Goutte d’Or devait être lié au tournage de « Deux moi », qui a commencé début octobre selon Allociné, le quartier y retrouvera peut-être les siens. Selon nos correspondants sur place, il semblerait que l’équipe tourne aujourd’hui 18 octobre au large du café de l’Olympic, bien connu de nos lecteurs.

*

  • À suivre, samedi 20 octobre 2018 dans la matinée : la Mairie de Paris toute à son affaire organise un « nettoyage participatif de la place Polonceau ». Avant même d’annoncer officiellement qu’elle renoncerait à son idée folle de fresque à 22.500 € (*), produite par Quai-36 sur un mur de la place Polonceau appelé à être absorbé dans la requalification globale du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or, la Mairie investit une nouvelle fois la place dont les habitants et commerçants du quartier ont fait un forum critique (séance du 27 mars 2018, séance du 30 juin 2018).

Image Mairie de Paris 18.

(*) Sur l’idée folle de la fresque de Quai-36, lire ou relire nos billets Fiction juridique et Code couleur.

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ZAD Lachaise

Les opposants au projet de bétonnage de l’ancien TEP Ménilmontant se sont réunis samedi entre le Père Lachaise et la friche à défendre

  • Vers le renforcement de la fédération des oppositions parisiennes à la politique de destruction des espaces verts de la capitale lancée par FNE-Paris à la Goutte d’Or le 19 décembre dernier.
  • Cavé Goutte d’Or y voit le prélude à la constitution d’un arc mobilisateur de La Goutte d’Or au Père Lachaise déjà signalé dans un rapport l’APUR en 2007.
  • L’association lance sa restitution des procès menés sur la Goutte d’Or de 2011 à 2018 et invite FNE à prendre, dans le cadre de ses visites de terrain, la relève des traditionnelles Saint Boris, rue Boris Vian le 2 mai 2019.

Stand de l’association Lachaise en action, 6 octobre 2018.

Plusieurs des participants réunis le 19 décembre dernier au cœur de la Goutte d’Or pour la Saint Urbain 2017 (lire ici pour mémoire) se retrouvaient ce samedi 6 octobre 2018 entre le cimetière du Père Lachaise et l’ancien TEP du boulevard de Ménilmontant, friche occupée jusqu’à la fin du mois par la Base filante.

Visite guidée sur la friche de l’ancien TEP.

Le fil conducteur est l’association Paris Nature Environnement, qui a pris entre-temps le nom de France Nature Environnement-Paris et a pour ambition de fédérer les associations parisiennes de défense de l’environnement et d’organiser « un cycle régulier de visites évènementielles sur le terrain pour donner à voir en quoi, concrètement, la politique d’aménagement urbain conduite par la municipalité est, dans les faits, à rebours des discours et des attentes de notre époque ». Les lecteurs du blog connaissent les liens que FNE-Paris entretient avec l’Est du 18e arrondissement, via notamment les associations ASA-PNE et Cavé Goutte d’Or, l’une et l’autre représentées à son conseil d’administration, qui ont organisé au cours des derniers mois la Saint Urbain de l’Échomusée, les ateliers de travail au Bar commun le 31 janvier 2018 et à la Maison verte le 29 septembre dernier.

Cet Est du 18e est devenu Est de Paris ce week-end avec l’évènement rappelant l’opposition des riverains, des associations et des politiques au projet de construction sur l’espace vert que constituait le TEP de Ménilmontant, au cœur d’une parcelle de 11 000 m2 que la Ville et Paris-Habitat veulent combler par la construction d’un immeuble de quatre-vingt-trois logements sociaux sur neuf étages, d’un gymnase avec terrain de basket sur le toit et d’un une déchetterie en sous-sols.

Plusieurs élus EELV, LAREM, Agir,… se pressaient au rendez-vous de FNE-Paris autour de Lachaise en action, SOS Paris, Monts 14, Respiration 15, Erlanger Environnement École pour demain (A3E), …

 

 

 

 

 

Les Verts très remontés contre le projet. De gauche à droite : Jacques Boutault (maire EELV du 2e arrondissement), David Belliard (président du Groupe des écologistes au Conseil de Paris), Joëlle Morel (élue EELV du 11e arrondissement).

L’arc Goutte d’Or-
Père Lachaise

Anne Kerouedan (École Erlanger), Patrice Maire (Monts 14) Davie Belliard (EELV Paris).

Dans un rapport de synthèse sur le logement insalubre, paru en 2007, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR)  identifiait un « arc allant de la Goutte d’Or au Père Lachaise » :

  • « La grande majorité des 1020 immeubles recensés se trouve concentrée dans les cinq arrondissements du quart nord-est parisien. Les 10e, 11e, 18e, 19e et 20e arrondissements rassemblent en effet 85 % de l’effectif, soit 864 immeubles. Les deux arrondissements les plus concernés sont le 18e (285 immeubles) et le 20e arrondissement (218 immeubles) qui regroupent à eux deux près de la moitié du parc des immeubles dégradés. Les principales concentrations d’immeubles dégradés semblent s’organiser autour d’un arc allant de La Goutte d’Or au cimetière du Père Lachaise, en reprenant sensiblement le tracé de l’ancienne barrière des Fermiers Généraux (…) » (rapport de l’APUR, pages 3-4).

Cet arc se reconstitue aujourd’hui dans de nouvelles perspectives. Avec en mains le dernier jugement du Tribunal administratif de Paris dans le dossier d’opposition au très bétonné bâtiment dessiné par Bruno Fortier pour Sefri-Cime Promotion, projet censé corriger « les concentrations d’immeubles dégradés dans la Goutte d’Or », Cavé Goutte d’Or a jeté discrètement les bases de sa restitution et de sa contribution au fonds de documentation destiné aux associations qui s’apprêtent, en point d’orgue de leur travail, préparent la remise en cause des modifications du PLU de 2016.

Plusieurs élus EELV, LAREM, Agir,… se pressaient au rendez-vous de FNE-Paris autour de Lachaise en action, SOS Paris, Monts 14, Respiration 15, Préservation de la rue Erlanger, … Reportage photographique CGO.

Saint Boris 2019 ?

Les visites sur les terrains d’opérations immobilières que prévoit d’organiser régulièrement FNE-Paris conduiront-elles les associations parisiennes de défense de l’environnement à visiter le chantier de requalification du secteur Boris Vian / Arcades Goutte d’Or ? Pourquoi pas le 2 mai 2019, histoire d’accélérer le réaménagement urbain et de lancer, après Cavé Goutte d’Or qui a fait sa dernière aux côtés de Paris Goutte d’Or le 2 mai 2018, un nouveau cycle des célèbres Saint Boris. Histoire aussi de fermer la boucle, ou tendre l’arc. Save the date !

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Patchwork

Boris Vian, le président, et « l’écume des jours »

  • Le président de la République évoque « le goût pour l’écume des jours » devant le Conseil constitutionnel.

© Photographie empruntée à la page d’accueil du site borisvian.org. Merci.

Dans le discours qu’il a prononcé le 4 octobre 2018 devant le Conseil constitutionnel, le président de la République n’a pas manqué de saluer le 60e anniversaire de la Constitution qui fonde la Ve  République en indiquant notamment qu’il savait « les tempêtes et les avanies que notre époque réserve à ses dirigeants politiques et particulièrement au premier d’entre eux ».

C’est alors que lui est venu à l’esprit « l’écume des jours » et, plus précisément, « le goût pour l’écume des jours » :

  • « L’impatience et l’exigence, la tyrannie de l’immédiat, le règne de l’image et le goût pour l’écume des jours n’aident pas forcément à mener une action sereine pour qui céderait à cette tyrannie mais aucun président de la Ve République n’en a été préservé jusqu’au général de Gaulle lui-même ».

« L’écume des jours » n’est assurément pas qu’un roman et, dans le discours présidentiel, l’écume s’entend d’abord de cette « sorte de mousse blanchâtre qui se forme à la surface des liquides agités, chauffés, ou en fermentation », définition de Littré reprise par le CNRTL qui la présente à son tour comme l’« amas de mousse d’apparence blanchâtre plus ou moins impur, qui se forme à la surface d’un liquide agité, chauffé ou en fermentation ».

Les mots clés sont donc « liquide, liquide agité, chauffé, ou en fermentation » et les usages retenus par les deux dictionnaires cités sont souvent métaphoriques et poétiques : ainsi de « la rive au loin (qui) gémit blanchissante d’écume » (Racine, 1674), de « la mer blanchie d’écume » (Boileau, 1694), de « Vénus née de l’écume des flots » (Chateaubriand, 1810), des « petites bulles de foudre (qui) éclataient dans l’écume des nuages » (Giono, 1935) ou de « l’écume des jours » (Boris Vian, 1947).

L’écume de la rénovation urbaine

Dans la Goutte d’Or, et singulièrement la rue Boris Vian et ses abords (qui viennent de se faire une nouvelle fois agresser par une ligne du budget participatif leur infligeant le coloriage des trottoirs pour « égayer le quartier » : lire notre billet du 4 octobre 2018), les « liquides agités, chauffés ou en fermentation » qui ‘font écume’ jusqu’à bientôt ‘faire révolte’ relèvent de la requalification urbaine, long processus probablement mis en cause par la politique des petits pas de la Mairie de Paris.

Il est probable, en effet, que la Mairie de Paris tente de court-circuiter le programme de requalification d’importance qu’elle a pourtant présenté comme « retenu » le 25 mai 2018 dans le bureau et sous les auspices de la Secrétaire générale de la Ville de Paris en faisant ensuite ‘voter’ ou passer pour ‘votés’ au budget participatif des projets contraires au programme de rénovation urbaine et le contrariant :
–  contraires au programme de rénovation urbaine en ce qu’ils offrent à la Ville une possibilité de donner un coup de peinture à la Goutte d’Or Sud plutôt qu’appréhender la requalification globale de l’opération des années 1990,
contrariant le programme de rénovation urbaine en ce que les projets qui auraient été ‘votés’ au budget participatif  risqueraient de s’imposer au scénario retenu par le biais du droit moral des artistes choisis pour les fresques et œuvres de street-art (lire notre billet du 4 octobre).

L’écume politique

Par télescopage entre le discours du président de la République et la parution du texte d’un architecte urbain paru le même 4 octobre 2018 dans Libération, est ajoutée à l’écume urbaine celle du travail acharné des associations de défense de l’environnement qui luttent contre la bétonisation d’aujourd’hui dont la Ville, dans vingt ans, proposera au budget participatif d’atténuer les effets en lui donnant de la couleur :

  • « Au-delà du rapport de Roland Castro qui défend le ‘travail de poète urbain’, mieux vaut revendiquer le retour de la responsabilité politique pour définir les principes d’une ville différente et non pas idéale, une cité d’inclusion plutôt que d’exclusion », lance Guy Burgel, professeur de géographie urbaine à l’université de Paris-Nanterre (Libération du 4 octobre 2018).

Après une évocation sévère des projets « Réinventer Paris » que nous avons récemment dénoncés sur le blog via ses avatars « Réinventer la Seine » et autres « Ré-enchanter la Goutte d’Or et la Chapelle » (notre billet du 20 septembre 2018), l’auteur pose le constat de la démission du politique : « Face à cette puissance de l’argent », écrit Guy Burgel, « la contestation des associations, le recours aux tribunaux administratifs, voire les résistances ou les violences des zadistes, peuvent sembler dérisoires, et surtout signent la démission, inexcusable, du pouvoir politique ».

L’écume administrative

À son modeste niveau, l’association Cavé Goutte d’Or a contribué pendant les sept dernières années à la résistance évoquée par le professeur de géographie urbaine, tentant jusque tout récemment, dans sa contestation du projet de Bruno Fortier pour Sefri-Cime Promotion devant  le tribunal administratif de Paris (lire son mémoire récapitulatif du 8 juin 2018), de dénoncer l’exclusion urbaine dont était victime la Goutte d’Or depuis sa ‘rénovation’ des années 1980-90. En vain puisque, sur la base des violentes conclusions à charge du rapporteur public – qui « ne souhaite pas les communiquer » (du jamais vu depuis sept ans, tous les rapporteurs publics ayant toujours communiqué leurs conclusions à l’association) -, le Tribunal administratif vient de rejeter la demande de Cavé Goutte d’Or dans un verdict appliqué suivant la défense de la Ville et du promoteur immobilier, écartant les moyens soulevés par l’association, adaptant au besoin les plans de l’immeuble (lisant 4 mètres là où ceux-ci écrivent 3,83 mètres [point II.7 de notre récapitulatif, considérants 13-14 du jugement]), ne relevant pas que les multiples erreurs de l’ABF sur le quartier (pourtant qualifiées de « bourdes » par le président du tribunal à l’audience du 13 septembre 2018) justifiaient que l’association s’inquiète de son analyse superficielle du dossier, écartant le seul doute qu’aurait éventuellement consenti le rapporteur public concernant la nullité du deuxième permis de construire modificatif obtenu par Sefri-Cime, auquel l’ABF avait donné son aval après l’octroi du permis (ce qui signifie inversement que l’administration avait octroyé le permis en zone MH avant l’aval de l’ABF) au motif qu’il l’avait déjà donné dans le premier permis modificatif.

Comment l’association se serait « bornée à soutenir la rupture d’égalité sans l’établir » (extrait de son mémoire récapitulatif, pages 17-18). La comparaison avec le cas bien connu ici de La Vie Dejean et la production en pièces 44 et 45 de l’article du 18e du mois faisant état de quartiers maltraités et de la pétition d’habitants qui a mobilisé la Ville et la Préfecture de Paris autour du désastre des permis de construire accordés à l’opération Goutte d’Or sud ont suscité chez le rapporteur public un sentiment partagé entre agacement et incrédulité. S’il est vrai que le moyen n’est pas très urbaniste, il est assurément urbain, et la jurisprudence le prendra lentement en compte. Anne Hidalgo elle-même a dénoncé récemment « la dégradation de l’environnement urbain dans la Goutte d’Or ».

Les conclusions absentes du rapporteur public.

Cavé Goutte d’Or ne manquera pas de revenir sur ce jugement, sachant qu’elle avait annoncé que, dès qu’il serait rendu, elle procéderait à la restitution / démonstration de son travail et de ses sept années d’étude et d’action devant les instances judiciaires et administratives.

Ménilmontant, 6 octobre 2018, 17 heures

Restitution aux fins de démonstration des limites de la justice judiciaire et administrative devant le Plan local d’urbanisme ; restitution aux fins d’étude synthétique et comparative dans la perspective de créer un fonds de recherche et d’analyse commun aux associations ; mise à disposition venant boucler le travail, ou en tout cas cette partie du travail de Cavé Goutte d’Or d’ici la fin de l’année, – une restitution qu’elle lance à l’occasion de la manifestation organisée par ses amis de France Nature Environnement, SOS Paris, Respiration 15, Lachaise en action, Les Amis de la Terre et autres ce samedi 6 octobre 2018 à 17 heures sur le stade de Ménilmontant (lire le communiqué des associations).

Par télescopage encore avec le discours du président, l’article de Libération, la notification du jugement Sefri-Cime, nous vient en effet cette semaine le communiqué des associations qui affirme : « Comme jamais auparavant, les associations parisiennes de défense de l’environnement sont contraintes de livrer bataille contre la municipalité jusque devant les tribunaux ».

*

  • Rien à voir, mais encore – Notre ami Gaël Coto a assuré cet été le montage du film d’après le poème de Boris Vian : « Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale ».
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Code couleur

Une enveloppe de 100.000 € votée au budget participatif 2018 pour « égayer la Goutte d’Or et la Chapelle » en en coloriant le sol

  • Après une année de combats politiques d’envergure à la Goutte d’Or et la Chapelle, au moment où la République travaille à sa reconquête en zones urbaines tendues, la Mairie de Paris poursuit sa campagne de dénigrement des « deux quartiers maltraités » signalés par Le 18e du mois en faisant ‘voter’ les habitants de la Goutte d’Or et de la Chapelle pour colorier leurs rues.
  • Avec la fresque à 22.500 € que la Ville tente d’imposer sur la place Polonceau, le coloriage des rues pour un budget de 100.000 € aurait-il pour but de remplacer le projet de requalification du secteur.

Le projet « Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et la Chapelle » a recueilli 1.566 votes au budget participatif 2018 (site de la Mairie de Paris, capture d’écran du 4 octobre 2018). Agrandir l’image.

Le site de la Ville de Paris n’y va pas par quatre chemins : « L’idée de ce projet est d’égayer deux quartiers de l’arrondissement ». Les deux quartiers visés sont la Goutte d’Or et la Chapelle, le projet présenté comme gagnant en réunit quatre (deux sur la Goutte d’Or, deux sur la Chapelle) pour un coût total de 100.000 €, soit 25.000 € pour chacun en moyenne (lire la présentation du projet global).

« De la couleur sur le sol de la rue de la Goutte d’Or »

Le projet intitulé « De la couleur sur le sol de la rue de la Goutte d’Or » assure que « la rue de la Goutte d’Or a donné son nom au quartier qui l’entoure et est donc un élément central de celui-ci » (lire la présentation du projet Rue de la Goutte d’Or). Cela est erroné : le quartier a existé avant la rue, qui n’en est pas moins aujourd’hui « un élément central ».  Chronologiquement, le hameau de la Goutte d’Or (qui donne son nom au quartier) est en effet répertorié sur les plans et les ouvrages historiques du début du 19e siècle alors que le « chemin du hameau de la Goutte d’Or » (1814) ne deviendra rue de la Goutte d’Or qu’en 1863 (sources officielles ; sources wikipédia). Entre-temps, de 1858 à 1862, l’église Saint Bernard sera construite parce que « le quartier de la Goutte d’Or » avait besoin d’un lieu de culte (cf. Lucien Lambeau, Histoire des communes annexées à Paris en 1859, La Chapelle-Saint-Denis, 1923, page 209) : le quartier est ainsi antérieur à l’église qui est elle-même antérieure à la rue.

Cela rappelé, le projet dit « De la couleur sur le sol de la rue de la Goutte d’Or » poursuit sa présentation en sollicitant non plus l’histoire du quartier mais sa réalité quotidienne actuelle : « Les personnes qui habitent la rue de la Goutte d’Or mettent en avant la bonne ambiance, la joie et la solidarité que l’on ressent dans cette rue ».

Rue de la Goutte d’Or après destruction/reconstruction : « Bonne ambiance, joie, solidarité ».

Si les divers correspondants de Cavé Goutte d’Or ne mettent pas frontalement en cause la bonne et chaleureuse ambiance qui peut unir les habitants et commerçants de la rue de la Goutte d’Or entre eux et lors de manifestations dédiées, ils doivent en revanche observer qu’on ne ressent pas cette ambiance dans la rue. La présentation du projet leur donne raison en poursuivant : « Mais ces ondes positives ne sont pas visibles au premier coup d’œil. En effet, la rue et les immeubles sont gris et ternes. C’est pourquoi le collectif Paris Macadam-Quartier d’Art et ses adhérents proposent d’amener un peu de couleur dans cette triste rue en y peignant les sols, les trottoirs et les escaliers ».

Les ondes positives de la tristesse
ou le street art confisqué

La plume qui a rédigé la Déclaration préalable de travaux tendant à voir autorisée la pose d’une fresque à 22.500 € sur la place Polonceau (présentée fallacieusement comme un projet issu du budget participatif de 2016) aura également confondu le street art et le wishful thinking. En y ajoutant la petite note de condescendance qui fait dire au document que le projet entend « rendre hommage au quartier et à ses habitants ».

« Située au cœur du quartier de la Goutte d’Or, la place peut être perçue comme anxiogène et porteuse d’un sentiment d’insécurité auprès des résidents et des passants », indique le descriptif de l’œuvre inséré dans la Déclaration préalable de travaux émise par la direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris pour Quai-36, producteur privé très actif et très activement soutenu par la Mairie de Paris.

Le ‘vote’ du 1er juillet 2018 sur les deux esquisses de l’improbable fresque Polonceau s’est tenu sous l’œil vigilant de Quai-36, caméra en mains.

On sait que la place Polonceau donne sur la rue de la Goutte d’Or et réciproquement, et que les trottoirs à colorier dans le projet ‘voté’ au budget participatif 2018 jouxtent ainsi le mur à peindre sur la place Polonceau au titre prétendu du budget participatif 2016.

Peuvent ainsi être mis en lumière les éléments de langage qui se retrouvent dans les deux projets, la fresque à 22.500 € sur la place Polonceau devant elle aussi « apporter couleurs et poésie aux habitants et aux riverains », elle aussi faire émerger la bonne ambiance, la joie et la solidarité qu’elle cache dans ses recoins, toutes les bonnes ondes qui y demeurent invisibles.

Place Polonceau le 1er juillet 2018. De gauche à droite : l’artiste (approché trois semaines plus tôt par Quai-36), ses esquisses entre les mains des EDL, la Ville de Paris (un peu inquiète de notre caméra), Quai-36 (caméra toujours en mains).

C’est en ces termes en effet que la direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris justifie son projet : « Cette place étant un lieu de mixité culturelle, l’idée est de créer des formes aux différentes couleurs avec des motifs calligraphiques tendant vers l’écriture », – l’expression « tendant vers l’écriture » étant en soi tout un programme puisque, à poursuivre dans la lecture proposée, on apprend que « cette mixité étant directement liée à la mixité sociale du quartier, chacun des habitants pourra ainsi créer sa propre lecture et interprétation en fonction (et au regard) de son origine et s’imprégner de la beauté qu’il en résulte ».

« Le résultat donnera une place éclatante et chaleureuse, pleine de nuances et de possibles, afin d’y restaurer de la convivialité et de la sécurité et de rendre hommage aux habitants (du) quartier avec une œuvre qui leur ressemble et les rassemble ».

 Aux éclats !

Le mot « éclatant »« Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et à la Chapelle » – sera retenu par la Ville pour titre du projet global réunissant celui de Paris-Macadam-Quartier d’Art présenté ci-dessus à trois autres proposant la mise en couleur des rues La chapelle, Marx Dormoy, Pajol, etc., la création d’un espace street art au sol à l’angle Kablé et Pajol, ou encore la rénovation du TEP Goutte d’Or qui devrait « prendre des couleurs flashy ».

Il ne ressort pas clairement du projet soumis au ‘vote’ des habitants ce qu’il faut entendre par « TEP Goutte d’Or » ou « terrain de basket du TEP Goutte d’Or » qui serait « enclavé entre deux bâtiments on ne peut plus classiques à Paris », mais on annonce qu’au titre du budget participatif 2018, « le terrain détonnera dans le paysage urbain avec un design qui tranche dans ce quartier historique de Paris » (lire la présentation du projet TEP Goutte d’Or). Les auteurs ajoutent : « Des interventions rapides seraient nécessaires pour remettre cet équipement aux normes et lui donner les moyens d’être correctement et régulièrement entretenu », sans préciser que le lieu d’intervention ou ses environs immédiats sont concernés par un chantier d’une toute autre envergure consistant à requalifier la rue Boris Vian et les Arcades de la Goutte d’Or, – ce qui n’était pas le cas lors des premières réflexions de Paris Macadam sur la mise en couleur du quartier (voir ci-dessous).

Extrait de notre page Défense du quartier en date du 30 mars 2014.

Au regard de la situation difficile que connaissent actuellement les quartiers de la Goutte d’Or et de la Chapelle, l’inadéquation culturelle, sociale et politique des projets lauréats du budget participatif 2018 doit être dénoncée en amont même du vote. Les deux qui concernent la Goutte d’Or et celui qui concerne la place Polonceau au titre prétendu du budget participatif 2016 méconnaissent en outre activement le programme de requalification des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or. Ce programme (ce n’est en effet plus un projet) fixe au printemps 2020 les premiers coups de pioche de la réalisation du scénario retenu et présenté le 25 mai 2018 (notre billet du 1er juin 2018).

Dans le cadre de ce programme, un comité de pilotage s’est déroulé le 10 juillet 2018 à la satisfaction affichée du conseiller de Paris Jacques Baudrier, délégué à l’Architecture, aux Constructions publiques et au PNRU (lire son tweet prémonitoire du 9 juillet 2018 et notre billet du 21 juillet 2018). Lancé le 29 juillet 2018, l’appel d’offre pour la maîtrise d’œuvre de ce chantier a été clôturé le 10 septembre dernier. Le conseil citoyen du 18e arrondissement a lui-même mis la question du comité de pilotage du nouveau programme de renouvellement urbain (NPNRU) de la Goutte d’Or à l’ordre du jour de son conseil d’administration du 18 octobre prochain.

Dans ces circonstances, aucun des trois projets qui auraient reçu les suffrages du budget participatif ne peut voir le jour : celui de la fresque Polonceau est fondé sur une imposture qui entache d’irrégularité la Déclaration préalable de la direction des Affaires culturelles, ainsi que l’a évoqué Cavé Goutte d’Or dans son billet du 10 septembre 2018. Annoncés comme devant se dérouler du 10 au 28 septembre 2018, les travaux n’ont d’ailleurs pas commencé à ce jour. L’association Paris-Goutte d’Or a présenté une alternative consistant dans la construction d’un mur d’affichage, lieu d’échanges sur la vie culturelle du quartier, le temps d’y voir installer la rotonde ouverte préfigurée sur le scénario retenu, ouverte sur la place et le carrefour formé des rues de la Goutte d’Or, de Jessaint, Affre, Pierre L’Ermite, Charbonnière.

Un vote entaché de fraude ?

Soumis au ‘vote’ des Parisiens courant septembre 2018, les deux autres projets relèvent de la tromperie en amont même du ‘vote’ puisque la Ville était parfaitement au fait de l’impossibilité de les mettre en œuvre, comme il ressort de ses propres déclarations lorsqu’il s’était agi d’apposer des fresques temporaires sur le mur de l’hôpital Lariboisière :

  • « Votre projet ne relève pas du budget d’investissement », s’étaient vu répondre les auteurs. « En effet, la création de fresques temporaires représente une dépense de fonctionnement. Or, le budget participatif de Paris est consacré spécifiquement au financement de projets d’investissement ayant un impact durable sur le patrimoine de la collectivité » (Lire sur le blog d’Action Barbès du 10 septembre 2018).

Ainsi, de deux choses l’une : soit les trois projets soumis aux budgets participatifs 2016 et 2018 ne pouvaient l’être en raison de leur caractère provisoire, soit leur réalisation n’est pas provisoire, leur concrétisation vient entraver la requalification globale du secteur Boris Vian/Arcades Gouttes d’Or et la Ville ne trompe alors plus seulement les ‘votants’ au budget participatif, mais tous les participants à la présentation du scénario retenu pour la rue Boris Vian et les Arcades de la Goutte d’Or, parmi lesquels plusieurs de ses propres directions, la SEM chargée du chantier, la famille Boris Vian, les associations Paris Goutte d’Or et Cavé Goutte d’Or.

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Nature en ville

FNE fidèle au Dix-huitième Est

  • Après avoir salué l’Échomusée de la Goutte d’Or le 19 décembre 2017 et donné son nom à Paris Nature Environnement le 30 janvier 2018 au Bar commun, la fédération parisienne des associations de protection de la nature et de l’environnement organise avec l’association A.R.B.R.E.S un débat à la Maison verte de la rue Marcadet, suivi d’une balade urbaine à Montmartre.

Comme le rappelle son impressionnant bilan d’activité de janvier à septembre 2018, l’association France Nature Environnement-Paris (anciennement dénommée Paris Nature Environnement) a annoncé son union avec la célèbre fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement à l’Échomusée le 19 décembre 2017, à l’occasion de la traditionnelle Saint Urbain de Cavé Goutte d’Or.

Le Tout-Paris des associations de défense de l’environnement se pressait ce soir-là au cœur de la Goutte d’Or qui n’était pas peu fière d’un tel honneur. Ne pouvait-on lire, dès le lendemain, sous la plume d’un de ses plus actifs chroniqueurs :

  • « À l’occasion de la Saint Urbain, une petite association de notre quartier organisait un pot auquel participaient les représentants d’une douzaine d’associations parisiennes de défense de l’environnement et du patrimoine, dont des ‘poids lourds’ comme France Nature Environnement » (lire ici et notre billet du 30 décembre 2017).

Quelques semaines plus tard, Paris Nature Environnement prenait officiellement le nom de France Nature Environnement-Paris lors d’une assemblée générale suivie d’une riche séance de travail dans les locaux du café associatif Le Bar commun, au 135 rue des Poissonniers.

Après un séminaire tout aussi riche autour de l’architecte voyer honoraire de la Ville de Paris Bernard Landau sur le thème du PLU à la dérive, le 18 juin au siège de FNE-Paris dans le 13e arrondissement, le débat à la Maison verte et la balade urbaine à Montmartre de ce samedi 29 septembre ramènent donc FNE-Paris dans le Nord-Est de la capitale.

Les lecteurs attentifs du blog auront d’ailleurs observé que les liens de FNE-Paris avec l’Est du 18e arrondissement ne s’arrêtent pas aux hauts-lieux associatifs que sont l’Échomusée, le Bar commun, la Maison verte : le fondateur et président d’ASA-PNE, association phare du mouvement de concertation urbaine des dix dernières années pour le suivi et l’aménagement de Paris Nord-Est, est en effet aussi le vice-président de la section parisienne de France Nature Environnement. Cavé Goutte d’Or est également membre de FNE-Paris depuis l’origine de cette fédération et tente de rattacher ses propres études et actions à celles des associations partenaires.

Dans un récent billet sur « l’urnanisme »*, le blog a signalé une tribune cosignée par la présidente de FNE-Paris, parue dans Les Échos du 18 septembre 2018 :

* Si, dans les colonnes du Monde, le mot « urnanisme » pour qualifier l’urbanisme si peu voué au nanisme de la Mairie de Paris était sans doute un lapsus que nous avons tenté de décortiquer dans notre billet du 20 septembre 2018, le mot « échologie » dans le titre de notre billet du 30 décembre 2017 n’en est pas un : lire l’article qui cite le gardien de l’Échomusée pour suggérer que, si l’on écrivait échologie avec un h comme dans échomusée, le combat pour l’environnement entrerait dans une ère nouvelle, l’écho faisant appel au résonnement, aux vibrations, à la répercussion.

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Marlboro

Ce n’était donc pas Gabelotaud

  • Le bruit courut un instant que l’adjointe au maire du 18e arrondissement, chargée du commerce, également adjointe à la maire de Paris chargée des politiques de l’emploi, avait fait coup double en mettant une carotte de buraliste au pied du métro Barbès-Rochechouart : lutter contre la contrebande de cigarettes qui sévit à cet endroit au vu et au su des élus depuis plusieurs années et donner un espoir d’emploi aux désœuvrés qui vivent de ce trafic.
  • Mais ce n’était pas elle : l’action a été revendiquée par le groupe de street-art omerta.project sur Instagram.
  • Ville ouverte, Quai-36, Extramuros, les EDL et autres très couteux intervenants financés par la Mairie sur le quartier n’avaient pas pensé à un aussi joli coup.

Le Parisien du 20 septembre 2018. © Photo Fred Dugit.

La carotte a animé toute les conversations du quartier, le samedi 15 septembre dernier, jour de marché. Elle a réjoui les participants à la belle fête de La Table ouverte et Paris Goutte d’Or le lendemain, et ravi la vedette à la fameuse fresque très contestée de la place Polonceau, confiée par la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris à l’agence Quai-36 pour un budget prétendument participatif de 22.500 €. Elle a tourné sur twitter toute la semaine.

Et quand une carotte tourne, le bâton n’est pas loin. Le groupe de street-art omerta.project a revendiqué l’action en diffusant jeudi une vidéo de l’installation.

Le coup était en effet une réussite et disait tout en une image, un bel haïku. Au point qu’un « journaliste au service web vidéo de BFM TV » (c’est ainsi qu’il se présente) a reconnu sa sidération : « Je voudrais savoir quel est le but de votre action », demande-t-il sans rire à omerta.project dont le profil sur Instagram révèle le mot d’ordre : « Punch first, ask questions later ».

TimeOut Paris aurait été le premier à lever le voile le 20 septembre à 13 heures, vite suivi par Le Parisien du même jour, à qui nous empruntons en titre la très belle photo de Fred Dugit. Le Figaro suivait le lendemain, Lumières de la ville le 24.

  • « Un collectif de street-art serait à l’origine de l’installation de la carotte de buraliste, au beau milieu des vendeurs de cigarettes à la sauvette de Barbès », écrivait Le Parisien, ajoutant : « Sans doute pour faire allusion aux incessantes vente de cigarettes de contrebande faites ici même quotidiennement ». Sans doute.

Dans les services d’Afaf Gabelotaud, on se perd encore en conjectures. À suivre donc.

Dans les services d’Afaf Gabelotaud, on se perd encore en conjectures.

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« Cher Édouard »

La Goutte d’Or fait l’article

  • Quatre papiers en moins de 24 heures racontent dans Libération et Le Parisien « les vies brisées des enfants marocains de la Goutte d’Or », « le témoignage désabusé d’un policier de terrain », le quotidien des « commerçants et riverains qui n’en peuvent plus » et de ces jeunes qui « sont des gosses pas des voyous ».
  • Interpelé par la maire de Paris, le premier ministre reste de marbre. Le totem de la place Polonceau aussi. Et Ian Brossat poursuit les séances de dédicace de son « Airbnb brûle-t-il ? »

Revue de presse

Libération, 19 septembre, 20h26 (« Du Maroc à Paris : Les vies brisées des enfants de la Goutte d’Or ») / Le Parisien, 20 septembre, 17h34 (« À Paris, l’insoluble question des enfants des rues ») / Le Parisien, 20 septembre, 17h39 (« Enfants des rues à Paris : le témoignage désabusé d’un policier de terrain ») / Le Parisien, 20 septembre 19h28 (« Mineurs isolés à Paris : ‘Ce sont des gosses, pas des voyous’… ».

 

 

 

 

 

 

N.B. L’équipe du blog n’a pas pu lire tous les articles. Ceux du Parisien ne sont pas tous en accès libre.

Facsimilé d’une lettre d’Anne Hidalgo à Édouard Philippe remise aux habitants du quartier de la Goutte d’Or lors de la présentation du programme « Tous mobilisés » à la Mairie du 18e arrondissement le 19 avril 2018. Version pdf de la lettre. Selon Libération, Anne Hidalgo aurait écrit une nouvelle fois au chef du gouvernement le 17 juillet 2018 et la réponse serait toujours « en cours de rédaction ». Lire sur le blog : Dérèglement.

  • Lire aussi sur le blog :

– 3 septembre : Anne Hidalgo dénonce « la dégradation de l’environnement urbain » dans la Goutte d’Or et désigne les responsables.
– 5 septembre : Le cri d’alarme d’Airbnb à la Chapelle.
– 7 septembre : Stop ou encore. Un budget participatif en trompe l’œil.

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