Exclusif

L’ABF s’inquiète des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard

  • Dans une note qui fera date, l’architecte des bâtiments de France demande des précisions quant à un projet en covisibilité avec l’église Saint Bernard.
  • Cette soudaine attention vise la restitution d’une fresque du square Léon sur un mur pignon de la rue Saint Luc et met crûment en lumière, par opposition, la légèreté avec laquelle, à l’autre bout de la rue Saint Luc, le projet d’extension de l’école Saint Bernard a été examiné par l’ABF et autorisé par l’administration. 
  • Selon Cavé Goutte d’Or, cette nouvelle pièce conforte la thèse d’une faute de l’administration dans la gestion des demandes successives d’autorisations d’urbanisme et de l’illégalité du permis de construire accordé à l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie.
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Deux poids, deux mesures : l’ABF est attentif à la protection des abords de l’église Saint Bernard vue du carrefour Léon/Cavé/Saint Luc (en haut à gauche) et néglige ce monument historique classé lorsqu’il l’examine de l’angle Pierre L’Ermite/Saint Bruno (en bas à droite sur l’extrait du cadastre ci-dessus).

Dans une note du 1er décembre 2016 à la direction de l’Urbanisme de la Mairie de Paris, l’architecte des bâtiments de France ne s’estime « pas en mesure d’exercer sa compétence et s’oppose, en l’état du dossier, à la délivrance d’une autorisation » des travaux consistant à restituer un pan de la fresque monumentale qui orne le square Léon (en haut à gauche).

Le blog de Cavé Goutte d’Or avait relaté, peu avant, l’historique de ce pan de fresque qui, sur décision de justice, doit être repeint après avoir été blanchi lors d’un ravalement de façade, cela au nom du droit moral de l’artiste. Les enquêtes conduites par Cavé Goutte d’Or avaient également mis au jour les lacunes de la Ville de Paris qui ne réussit pas, jusqu’ici, à montrer qu’elle avait bien demandé et obtenu, en 1992, les autorisations nécessaires pour peindre ou faire peindre quatre pignons de sept étages appartenant à des copropriétés dont les murs seraient ainsi squattés au nom d’une vision autoritaire du paysage urbain dicté(e) (la vision et le paysage) par le statut de « zone urbaine sensible » imposé au quartier de la Goutte d’Or par la Politique de la ville (Lire en page Défense du quartier : « Square Léon : Trompe l’œil à l’œil sur le pignon des autres ? » et notre analyse : « La Politique de la ville à la Goutte d’Or ne ZUS pas que si l’on s’en sert »).

Inégalité de traitement

Covisibilité (photo CGO 28 novembre 2016).

« L’intégration du projet (de fresque sur le pignon) par rapport au monument historique doit être appréciée » (ABF, 1er décembre 2016). Photo CGO 28 novembre 2016.

La copropriété condamnée (à la demande de l’artiste) à organiser (en coopération avec lui) la restitution de la fresque effacée a déposé, en septembre dernier, une demande préalable de travaux qui, après une requête de complément de pièces,  a été reconnue comme recevable par la direction de l’Urbanisme.

Selon l’ABF pourtant, le dossier est incomplet en ce que les documents fournis ne lui permettraient pas « d’apprécier l’insertion du projet de création de la fresque par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysage, son impact visuel ». Tout en soulignant qu’il ne s’agit pas d’une création mais d’une restitution, Cavé Goutte d’Or ne peut que saluer l’attention portée au dossier par l’ABF et son souci de préserver le paysage et les constructions avoisinantes. Cela d’autant qu’après l’avoir négligée dans une bonne dizaine de demandes d’autorisations d’urbanisme, l’ABF se soucie expressément de l’église Saint Bernard, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 26 novembre 2012 et classée depuis le 18 juin 2015 :

  • « L’intégration du projet par rapport au monument doit être appréciée sur la base d’éléments graphiques de bonne qualité », écrit-il dans sa note du 1er décembre 2016.

Ironiquement prémonitoire, notre billet du 28 novembre 2016 mettait en parallèle les deux projets situés dans la diagonale qui traverse le monument historique qu’est en effet l’église Saint Bernard : le premier, actuellement en cours d’exécution, consistant à construire à l’angle des rues Pierre L’Ermite et Saint Bruno, une extension de l’école Saint Bernard qui porte atteinte aux perspectives monumentales de l’église du même nom ; le second, objet de la déclaration préalable en vue de la restitution d’une fresque sur le square Léon.

Le second serait-il  étudié avec le même soin que le premier, pensions-nous pouvoir ironiser, c’est-à-dire avec les mêmes négligences ? La comparaison est ravageuse car, loin de se soucier de l’intégration du projet architectural retenu pour l’extension de l’école Saint Bernard en cours d’exécution (ci-dessous), l’architecte des bâtiments de France n’avait émis qu’une prescription anodine :

  • « L’architecte des bâtiments de France sera averti du démarrage du chantier et informé de son déroulement. Les échantillons, teinte de matériaux et peintures lui seront soumis préalablement à toute mise en œuvre ».
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« Les échantillons, teinte de matériaux et peintures seront soumis (à l’ABF) préalablement à toute mise en œuvre » (Photo D.R. 1er décembre 2016).

« La teinte des matériaux et peintures » l’emporte, rue Pierre L’Ermite, au détriment de « l’intégration au monument historique », considérée rue Saint Luc. Résultats : les  perspectives monumentales de l’église Saint Bernard sont anéanties par le choix de construire l’extension nécessaire de l’école Saint Bernard dans la cour de l’école plutôt qu’en surélévation du bâtiment existant, comme cela a été proposé par Cavé Goutte d’Or et plusieurs riverains.

Force est d’observer que, pour l’instant, l’ABF, qui s’est montré très conciliant avec le projet d’extension de l’école Saint Bernard pourtant en opposition flagrante avec un arrêté qui l’avait retoqué en 2012 pour atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard voisine, se montre plus sourcilleux quant à la fresque du square Léon.

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Phot D.R. 1er décembre 2016.

Comme Cavé Goutte d’Or l’a soutenu devant le Tribunal administratif de Paris, le permis de construire accordé en 2015 à l’extension de l’école dans la cour (à l’encontre de l’arrêté de 2012 toujours en vigueur qui refusait ce permis) est illégal en raison, notamment, du soutien municipal qu’il a reçu et de l’attention moindre dont, en conséquence ou en contrepartie de ce soutien, il aura été l’objet. Devant la Cour d’appel, l’association développe également le moyen selon lequel, dans le cas de l’extension de l’école Saint Bernard, « l’ABF a émis des prescriptions insuffisantes et inadaptées qui démontrent le caractère artificiel de son analyse du dossier ». La note du 1er décembre 2016 examinée ici vient, comparativement, corroborer cette position.

  • L’appel de Paris Nature Environnement et SOS Paris : Dans un communiqué de presse rendu public en début de semaine, Paris Nature Environnement (PNE) et SOS Paris estiment que « les protections juridiques de l’unique monument historique de la Goutte d’Or sont bafouées (et) demandent l’arrêt des travaux en cours avant que les impacts soient irrémédiables ». Agnès Popelin, présidente de PNE, et Christine Nedelec, secrétaire générale de SOS Paris, « rappellent à la Ville la protection du patrimoine parisien et lui demandent de ne pas détruire d’une main ce qu’elle a su intelligemment préserver de l’autre » (Lire le communiqué).

 

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Fissures

La Politique de la ville à la Goutte d’Or ne ZUS pas que si l’on s’en sert

  • Au moment où Alain Juppé en campagne affirmait qu’« il y a des quartiers difficiles qui s’en sortent », une réunion publique tenue le 22 novembre à la Goutte d’Or offrait à la Mairie du 18e, dont il fut un élu, l’occasion de reconnaître (sinon encore dénoncer) la fragilité des fondations de la ZUS créée en 1984 sous sa mandature.
  • Déjà mise à mal par le Tribunal administratif qui a retenu une rupture du principe d’égalité devant la loi dans sa gestion de l’espace public à Château Rouge, la Mairie de Paris doit affronter ces jours-ci les carences de ses aménagements et l’incohérence de ses décisions sur le secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or, les abords protégés de l’église Saint Bernard et la fresque monumentale qui orne le square Léon.
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« Il y a des quartiers difficiles qui s’en sortent » (Alain Juppé, novembre 2016). Illustration D.R. : Projet de rue Boris Vian en marches sur ciel bleu, powerpoint de A.A.Feraru, 22 novembre 2016.

Lors de la réunion publique qui s’est tenue le 22 novembre 2016 au Centre Fleury Goutte d’Or Barbara, fleuron de la Politique de la ville aux pieds des escaliers Boris Vian, l’actuel maire du 18e arrondissement de Paris Éric Lejoindre a été conduit par les premières questions de la salle à admettre que les rues Boris Vian et de la Goutte d’Or avaient été construites à l’encontre des mises en garde des urbanistes, architectes et sociologues de renom pourtant officiellement consultés à l’époque des faits, au tournant des décennies 1980-1990.

Le jeune Éric Lejoindre, 34 ans lors de son élection en 2014, n’était pas au pouvoir en 1984, comme il l’a rappelé mardi soir en invoquant « des raisons physiologiques ». Le bambin de quatre ans qu’il était alors n’a en effet rien vu venir. Il n’en est pas de même de son actuel adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture, dont la présence à ses côtés le 22 novembre 2016 fut observée par divers intervenants. Michel  Neyreneuf, 63 ans à l’aube de son troisième mandat à la Mairie du 18e, était déjà aux commandes en 1984 en qualité de président de l’association Paris-Goutte d’Or qui avala (et avalisa), entre 1984 et 1993, les projets de la Mairie de Paris alors conduits au plus haut niveau de la Ville et de l’État par Jacques Chirac et Alain Juppé à l’Hôtel de Ville, François Mitterrand et Lionel Jospin à l’Élysée et Solférino.

Les experts au rancart,
ou des projets avalisés tout crus

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D.R. Présentation powerpoint de A.A.Feraru, 22 novembre 2016.

La question dépasse donc celle du « renoncement à l’esthétique et à l’effort architectural » dont beaucoup estiment qu’elle est au cœur des problèmes que rencontre toujours le quartier. On se souvient que l’annonce officielle de ce renoncement avait été faite en 1993 à la caméra de Sami Sarkis, en même temps exactement que les bulldozers détruisaient la rue Fleury et que se construisait, un peu plus haut,  la malheureuse barre d’immeuble de Paris Habitat censée abriter les malheureux escaliers Boris Vian, contre toute logique urbanistique alors rappelée aux aménageurs. Le rapprochement est saisissant sous l’œil du cinéaste qui perçoit là un moment historique : le patron de l’urbanisme du secteur depuis 1984, alors encore simple militant associatif, rendu à la Ville de Paris et à ses démolisseurs sur la promesse d’une reconstruction qui laisserait les habitants du quartier en place, est d’abord filmé dans un bureau de chantier avec les croquis de démolition en arrière-plan puis, dans la séquence immédiatement suivante, sa voix couvre les travaux en cours rue Fleury et la construction de l’escalier Boris Vian :

  • « Entre 1984 et 1993, on est passé d’une logique de lutte à une logique de partenariat. Est-ce que ça veut dire qu’on a mis au rancart un certain nombre de revendications ? Non. Il y a des choses qu’on a mises au rancart, c’est vrai, explique Michel Neyreneuf en cherchant ses mots, mais pas forcément pour des raisons euh…, j’allais dire euh…, justement euh…, d’essayer euh… de faire euh… d’être bien avec la Ville ou la Préfecture ou avec qui vous voulez. (Ce qu’on a mis au rancart), c’est les questions architecturales, c’est-à-dire les questions esthétiques grosso modo (…). Un effort architectural important aurait abouti à dépasser les plafonds PLA (Prêts locatifs aidés) ».
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Les futurs escaliers de la rue Boris Vian vus de la rue Fleury encore debout. Capture d’écran de « Pour tout l’or d’une goutte » de Sami Sarkis, 1995 (extrait vidéo).

Des escaliers bas de plafond

On devine que, sur le bureau du futur adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture, se trouvait également la note du 26 juin 1984, dans laquelle le professeur d’architecture Bernard Huet, Grand Prix de la critique architecturale 1984, membre de la Commission supérieure des monuments historiques, et Monique Mosser, historien au CNRS, écrivaient notamment, à propos des futurs escaliers Boris Vian :

  • « La percée prévue au centre de l’îlot Goutte d’Or / Charbonnière / Chartres exige la démolition d’un édifice sur cour intéressant, crée des redents inutiles et modifie totalement la partie centrale de la composition en croix de saint André. La création d’un escalier public sous un édifice au centre de cet îlot pose la question de la sécurité et de l’entretien : si un passage doit absolument être trouvé à cet endroit, il peut être envisagé en utilisant la cour qui pourrait être connectée à travers l’édifice existant (…) ».

Si, dans sa majorité apparente, l’assistance a salué les efforts que la Ville de Paris s’apprête à entreprendre sur le secteur avec un calendrier en trois temps – immédiatement pour l’entretien et les réparations urgentes nécessaires, dès le prochain conseil de Paris pour les décisions et le budget, avant la fin de la mandature en 2020 pour la réalisation des travaux – des voix se sont fait entendre qui ont souligné l’aspect réparateur des aménagements projetés :

  •  « Nous sommes là pour étudier un projet à grand budget qui doit réparer les erreurs d’il y a à peine trente ans », entendit-on.

Comme en écho une nouvelle fois décalé avec la réalité du terrain, la proposition de l’adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture présentant le projet comme devant assurer « un usage plus cool » des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or disait sans doute  combien il avait « la pêche, la super pêche », mais aussi combien il restait de chemin à parcourir pour prendre sérieusement la mesure des erreurs et s’appliquer à ne pas les reproduire.

Des marches à Boris aux fresques à Léon

Fresque du square Léon (détail).

Fresque du square Léon (détail).

À quelques pas de la future rue Boris Vian (nommée rue et Boris Vian par un arrêté municipal du 30 novembre 1992 quoi qu’en affirme le jeune Éric qui n’avait alors que douze ans : « Ce n’est pas une rue, c’est un passage », crut-il pouvoir affirmer le 22 novembre 2016), à la même époque, dans les mêmes années fastes de la Politique de la ville à tout va, avec le même soutien des associations de quartier rendues à la promesse d’un monde meilleur, le square Léon se voyait orné d’une fresque monumentale, qui prit place sur quatre pignons appartenant à deux immeubles de la rue Saint Luc et formant la face Est du célèbre jardin, ancien Démol cher dans son imprécis statut d’antan aux habitants du quartier, devenu centre institué des animations municipales officielles.

Cette fresque fait partie du paysage. On se dit qu’elle a toujours été là. À peine voit-on, derrière les arbres qui ont poussé depuis, qu’un des quatre pans a été blanchi lors d’un ravalement, faisant disparaître le premier chapitre de « L’Histoire d’une Goutte d’Or », l’œuvre partant de l’idée (historiquement incertaine) que la Goutte d’Or doit son nom aux vignes qui descendaient de Montmartre jusqu’au faubourg de Gloire alors emprunté par les convois royaux menant du Châtelet à la Basilique de Saint Denis.

  • Pignon blanchi, copropriété condamnée.

    Pignon blanchi, copropriété condamnée.

    « Ce vin blanc qui coulait sur les coteaux de Montmartre a fait l’histoire du quartier et les murs s’en souviennent », dit une plaque signée de la Mairie de Paris présentant la « peinture participative » qui aurait été « retenue par les élus du 18ème arrondissement et réalisée en collaboration avec les grapheurs de l’ADCLJC par Bernard Héloua ».

Au pied de la Butte des Couronnes ou des Cinq Moulins, qui se dressait entre « le chemin des Poissonniers et le grand chemin de Paris à Saint-Denis » selon la terminologie qu’en retient Lucien Lambeau dans son Histoire des communes annexées à Paris en 1859 (Éditions Ernest Leroux, Paris, 1923, pages 113 et suivantes), le faubourg de Gloire, route royale n° 1 ou rue du faubourg de Gloire, encore ainsi nommée sur un plan cadastral de 1814, est devenu la rue de la Chapelle puis la rue Marx-Dormoy ; la Butte des Couronnes ou des Cinq Moulins les a perdus, couronnes et moulins réunis ; le roi ne va plus guère à Saint Denis ; la vigne s’est faite rare, même sur la butte de Montmartre ; la Goutte d’Or est devenue une cuvée, une cuvée mobile dirait la Goutte verte, se déplaçant de région viticole en région viticole.

« L’Histoire d’une Goutte d’Or » resterait ainsi comme la trace d’un passé qui se fait aujourd’hui revisiter et qui montrerait, pour ce qui est du dernier quart de siècle, les dessous de la Politique de la ville qui aurait été un peu prompte à masquer les cicatrices de ses démolitions derrière des paravents de fortune, le pignon des autres derrière une fresque participative avant l’heure (Lire en page Défense du quartier : « Trompe l’œil à l’œil sur le pignon des autres ? »).

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« L’Histoire d’une Goutte d’Or » par Bernard Heloua-Grimaldi, fresque monumentale de 800 m², square Léon, 1992.

Une politique à la Pignon

Derrière « L’Histoire d’une Goutte d’Or », trouvera-t-on celle qui ferait aujourd’hui déborder le vase ? Car le premier pan de la fresque, blanchi par un ravalement précoce en raison des infiltrations du square Léon, doit être restitué sur décision de justice rendue à l’automne 2015 en faveur de l’artiste. Et les trois autres pans ne demanderaient qu’à l’être aussi selon lui, qui va jusqu’à proposer que les arbres qui cachent son œuvre soient élagués.

Les annales judiciaires de la Politique de la ville dans la Goutte d’Or commencent à prendre beaucoup d’espace, sinon encore à retenir l’attention des commentateurs. On sait gré à la Salle Saint Bruno de réunir et numériser les archives de ces années délicates, d’autant plus délicates (les archives et les années) que la Salle Saint Bruno (inaugurée en 1992 par Alain Juppé) est devenue le siège de la Politique associative de la Politique de la ville, elles-mêmes aujourd’hui privées (Salle Saint Bruno et Politique de la ville) des perspectives monumentales de l’église Saint Bernard en raison de l’extension de l’école Saint Bernard qui se poursuit à l’encontre des protections juridiques accordées à l’église Saint Bernard monument historique.

Que la construction de l’école Saint Bernard (école diocésaine d’enseignement privé sous contrat géré par l’OGEC [Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique] Saint Bernard-Sainte Marie) au mépris de la protection accordée à l’église Saint Bernard (par les codes de l’urbanisme et du patrimoine, qualifiée qu’elle est d’« édifice de qualité exceptionnelle » au centre d’un « espace urbain d’intérêt exceptionnel » par le très laïque Atelier d’architecture parisien [APUR] et classée au titre des monuments historiques de la République), soit une conséquence de la Politique de la ville mise en œuvre à la Goutte d’Or depuis 1984 peut ne pas apparaître au premier abord.

Elle l’est pourtant, au même titre que la requalification nécessaire des rue Boris Vian et de la Goutte d’Or mal pensées et mal construites ou que la fresque des pignons sur le square Léon.

Lire sur le blog :
> Square Léon : Trompe l’œil à l’œil sur le pignon des autres.
> Arcades Boris Vian : Les études de 1984 à la lumière du lexique de 1984.
>
Laïcité : L’agression de l’école Saint Bernard contre l’église Saint Bernard monument historique se poursuit. (Billet actuellement à la frappe).
> Pataquès : La Direction de l’Urbanisme rouvre les délais de recours contre le permis de l’OGEC (bis). (Billet actuellement à la frappe).

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Effet Lejoindre

La requalification du secteur Boris Vian / Arcades Goutte d’Or suscite une vague d’amour

  • La Cohérie Boris Vian se réjouit de l’avancée annoncée et maintient son rendez-vous annuel du 30 novembre pour un point sur le nettoyage.
Les escaliers Boris Vian (novembre 2016).

Les escaliers Boris Vian (novembre 2016).

Dans un courriel de ce midi à Éric Lejoindre, maire du 18e arrondissement, Nicole Bertolt, représentante de la famille Boris Vian, se réjouit de voir le projet de réaménagement du secteur prendre suffisamment corps pour être désormais présenté au public.

Nicole Bertolt avait participé avec bonheur à la réunion du 6 octobre 2015, où le projet avait été présenté dans ses grandes lignes et suscité, déjà, des avis très favorables de la part des associations du quartier, notamment de Cavé Goutte d’Or qui saluait « un souffle nouveau sur la rue Boris Vian et ses abords » et d’Action Barbès, qui relayait le message le 17 octobre 2015.

Depuis, la Cohérie Boris Vian a remis une lettre à Éric Le joindre le 2 mai 2016 et estime que la réponse qu’elle a reçue du maire le 23 septembre 2016 est satisfaisante si elle est suivie d’effets concrets en ce qui concerne tant le calendrier du réaménagement que l’entretien du secteur avant que les travaux de réaménagement ne commencent.

Elle propose ainsi un premier rendez-vous d’étape très proche au maire, gardant le rythme des deux rencontres annuelles qu’elle s’est fixées, les 2 mai et 30 novembre :

  • « La Cohérie Boris Vian réunit quelques amis sur le site, chaque année depuis cinq ans », écrit Nicole Bertolt à Éric Lejoindre, « le 2 mai pour célébrer la Saint Boris et le 30 novembre, date anniversaire de l’arrêté municipal donnant le nom de Boris Vian à la rue qui le porte depuis 24 ans ».
  • « Même si nous aurons eu des nouvelles des projets à l’étude d’ici-là, ce dont nous nous réjouissons tous, je maintiens la réunion biannuelle et mon invitation pour examiner avec vous la possibilité que, durant le temps d’étude et de concrétisation des projets, un entretien sérieux soit ordonné et pratiqué dès maintenant sur l’ensemble du carrefour Arcades Goutte d’Or/Boris Vian ».

Concertation ?

Pour ce qui est de la « concertation » revendiquée par l’équipe de développement local dans un « mail citoyen » du 16 novembre 2016, on doit regretter qu’elle se soit limitée (du moins pour ce qu’en savent la Cohérie Boris Vian et Cavé Goutte d’Or, pourtant moteurs du travail en cours sur ce secteur) aux deux réunions des 6 et 8 octobre 2015 sur la base de projets encore peu élaborés, objets des deux comptes rendus précités postés sur le blog les 7 et 12 octobre 2015. Il aurait été souhaitable que les riverains et usagers de ce secteur soient davantage associés au projet qui sera présenté ce soir 22 novembre 2016, dont personne ne sait rien et qui semble devoir être livré « clés en mains », sans réelle concertation.

  • « Le mardi 22 novembre à 19h au centre Barbara, aura lieu la restitution du travail de concertation, engagé en 2015, pour un projet de requalification des arcades de la rue de la Goutte d’Or et de la rue Boris Vian », écrit Victor Delescluse, au nom de la « Sous direction de la politique de la Ville (NB pour mémoire : nous écrivons Politique de la ville) et de l’action citoyenne, Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires ». « Certains d’entre vous, habitants, associations, commerçants et/ou institutionnels du quartier, y avaient participé. Une présentation du projet vous sera faite, suivie d’un temps d’échanges ».

À suivre donc, après le temps d’échanges.

  • À l’occasion de la présentation publique, le 22 novembre 2016, des projets de réhabilitation du secteur Boris Vian / Arcades Goutte d’Or, nous publions en page Études un extrait du billet paru sur le blog le 12 octobre 2015 dans lequel est relatée la tentative des experts d’éviter la construction de cet espace en juin 1984 (voir notre page Études)
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Trop fort !

Éric Lejoindre court-circuite Emmanuel Macron

  • En annonçant le 15 novembre une « requalification du passage Boris Vian », le maire du 18e donne une leçon d’audace au jeune loup de la politique française qui pensait occuper seul, le 16 novembre, l’agenda médiatique des présidentielles agendées.
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En Marche !

Dans une lettre récente à la Cohérie Boris Vian, Éric Lejoindre avait annoncé que la réunion publique sur le secteur des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or, prévue pour « avant l’été », aurait finalement lieu « probablement en novembre ».

Et voilà qu’il tient parole !

« Sauvez la date », comme disent les Anglais. Le secteur en sera peut-être sauvé lui aussi.

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Précarité

La Goutte verte plus que jamais au cœur de la Goutte d’Or

  • Objet des plus grandes attentions des Mairies de Paris et du 18e quant à sa relocalisation dans le quartier, l’association pionnière des jardins partagés de la Goutte d’Or offre une belle réflexion sur l’avenir des espaces verts urbains.
  • En filigrane : la surdensification du quartier au moment où la Mairie de Paris prétend modifier le PLU pour « renforcer la biodiversité et la nature en ville ».  
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Image extraite du film « Entre les murs, la plage ».

Comme le PLU de Paris, la Goutte verte fêtait cette année son dixième anniversaire. Comme le PLU, la Goutte verte serait revisitée.

2006-2016 un jubilé d’éteint ?

Pour la revisite du PLU, la Ville de Paris a choisi, en juillet dernier, la voie de la modification plutôt que celle de la révision, favorisant le colmatage dans la continuité au détriment d’un véritable travail de mise en adéquation de l’urbanisme avec la biodiversité et la nature. Pour la Goutte verte, les choix ne sont pas encore arrêtés : entre la friche Polonceau/Poissonniers (où le projet de l’ICI 2, d’abord rangé parmi les Grands travaux de l’ère Delanoë semble avoir été abandonné par l’air du temps), la pointe Polonceau/Goutte d’Or/Boris Vian (dont le projet de réaménagement annoncé pourrait accueillir la Goutte verte dans une nouvel usage de l’actuel terrain de sport), l’angle Myrha/Affre (toujours vacant), la rue Richomme (où l’Urbanisme parisien verrait bien la Goutte Verte définitivement parquée sur une minuscule parcelle orientée plein Nord), le jardin Bashung (dont on apprend que la Ville dit déjà qu’il a, lui aussi, « très mal vieilli »),  de nombreuses séances de travail et rendez-vous en Mairie ou sur les friches du quartier ne semblent pas avoir épuisé tous les possibilités de relocalisation.

C’est que, bien au-delà de la simple relocalisation temporaire d’une association aux baux naturellement précaires, liés à la destinée (ou au contraire à la destination programmée) des friches à occuper provisoirement, la Goutte verte est entrée, avec la fin du réaménagement de la Goutte d’Or et Château Rouge, dans la phase finale des friches à occuper. Il faudra attendre le réaménagement de la Goutte d’Or Sud (avec la démolition programmée des barres de Paris Habitat livrées dans les années 1990) pour reprendre le prochain cycle de démolition/reconstruction au nom de l’éradication de l’habitat insalubre.

Entre-temps, et non sans une certaine logique, le départ de la SEMAVIP, célébré en grandes pompes (quoique qu’un premier avril) par le vice-président de son conseil d’administration Éric Lejoindre, par ailleurs maire du 18e arrondissement de Paris, pourrait entraîner celui de la Goutte verte. Il n’en sera peut-être rien car l’association entend inscrire son éventuel départ de l’angle Cavé/Stephenson, qu’elle occupe depuis cinq ans, dans une réflexion importante sur la place des espaces verts en territoires urbains.

Affichage du permis qui aurait été accordé pour le 25 rue Stephenson le 4 septembre

Affichage du permis qui aurait été accordé pour le 25 rue Stephenson le 4 septembre 2015.

Alors que la SEMAVIP s’échine en effet à envoyer des lettres recommandées à la Goutte verte pour lui signifier son congé au motif que le terrain Cavé/Stephenson serait sur le point d’être vendu à la Foncière Logement, exploitant présumé de la friche pour un programme de logements sociaux apparemment confié au promoteur immobilier Sefricime, la Goutte verte lance, pour sa part, de sérieuses réflexions où son avenir dans le quartier est étudié parallèlement à l’avenir du quartier au regard de sa biodiversité et de sa densification.

Les Mairies de Paris et du  18e ont longtemps présenté toute réflexion sur la densification des quartiers comme étant peu sociale, quand ce n’est « carrément de droite », mais doivent aujourd’hui en rabattre et affronter une contestation très populaire et très sociale en la matière. Deux pétitions en tout cas se rejoignent sur ce point, concernant l’avenir des friches SNCF Ordener/Poissonniers et ICI Polonceau/Poissonniers, où plusieurs associations, souvent soutenues par les alliés Verts de la municipalité, s’opposent à la bétonnisation sociale au nom de la biodiversité et de la respiration, – tout aussi sociales faut-il rappeler (voir sur le blog « Dense avec les loups : Vers un PLU laisse béton ? »).

En septembre 2013 déjà, comme un bilan de mi-mandat, la Goutte verte rendait un rapport très sérieux à la SEMAVIP et aux habitants du quartier pour contribuer à la réflexion sur son aménagement alors en cours :

  • « Les parcelles (2-4 rue Cavé / 25 rue Stephenson) sur lesquelles vous allez construire ont une histoire », lançait-elle à la SEMAVIP. « Acteurs de son histoire récente, nous souhaitons vous la conter ». Et d’introduire son étude par un joli détournement du funéraire « ci-gît » : « Ci-vit un jardin partagé, nommé La Goutte verte ! ».

Introduire le végétal dans le bâti

Face au remembrement urbain destiné à introduire l’habitat salubre dans le quartier, on ne pouvait qu’observer avec intérêt ce « ci vit » revendicateur, bucolique et poétique :

  • « Installés à cet endroit depuis novembre 2011, nous défendons et développons les points suivants :
    – Introduire du végétal dans la ville, convaincus que le végétal participe au bien-être (physique, mental, sanitaire) des citoyens.
    – Permettre au citadin de développer un rapport à la terre.
    – Faire vivre un espace collectif, ouvert à tous, propice au lien social.
    – Éduquer à l’environnement (observation de la nature, des cycles biologiques, de la croissance des plantes, techniques de jardinage, etc.).
    – Permettre à tout citoyen d’inventer, de créer, de se réapproprier ».

Sous le titre « Constats et invitations / Pour une construction vivante et verdoyante », l’association Goutte verte partageait ainsi « (ses) idées/souhaits/propositions en matière d’intégration du végétal au bâti » et recensait « les intentions louables » des aménageurs, intentions dont « une simple balade au fil des bâtiments nés du renouvellement urbain » conduisait hélas à « constater l’application limitée ».

Le reportage photographique est cruel, qui montre des arbres parfois devenus rachitiques enfermés derrière de misérables grillages.

Le droit à la ville

La même année, le film de Madeleine Sallustio venait interroger, à travers l’expérience de la Goutte verte, « le droit à la ville, un droit à nous changer nous-mêmes en changeant la ville de façon à la rendre plus conforme à nos désirs les plus fondamentaux ». Dans « Entre les murs, la plage », tourné dans le cadre du master Image et société de l’université d’Evry-Val d’Essonne (promotion 2013-2014), l’auteur livre un pan très vert en effet du jardin partagé et de sa philosophie. Entre autres très belles images, on y voit Pascal Julien, alors adjoint au maire du 18e arrondissement, en charge de l’Environnement, saluer l’équipe de la Goutte verte (« C’est très beau ce que vous faites ») et expliquer les priorités locales comme en « oui mais » : « Michel Neyreneuf (l’adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture du 18e, NDLR) est dans la ligne du maire un productiviste : il faut faire du remplissage, des logements, des crèches. C’est très bien, je suis pour moi aussi, mais ce n’est pas parce qu’on va combler toutes les friches qu’on va résoudre le problème du logement ».

Les interlocuteurs de Pascal Julien expliquaient à leur tour : « On ne veut pas rompre l’engagement de précarité, mais l’association a montré qu’elle était nécessaire, qu’il y avait une demande ».

À l’automne 2015, en marge de la COP 21, la Goutte Verte devait interpeller Anne Hidalgo et Ségolène Royal, respectivement maire de Paris et ministre de l’Écologie, pour « sauver le jardin partagé, un des poumons verts du quartier, menacé par une opération immobilière ». Alors, en effet, venait d’être délivré (par Anne Hidalgo) le permis de construire un immeuble de six étages à l’angle des rues Cavé et Stephenson. Le site Goutte d’Or et vous se fit l’écho de la campagne de la Goutte verte.

Anne Hidalgo sera relancée en 2016, d’abord le 5 septembre, à la veille d’une visite de Paris Nature Environnement sur les terres de la Goutte verte le 8 (voir notre page « Friches ») puis, plus récemment, le 27 octobre 2016.

Entre-temps, une pétition était lancée qui a aujourd’hui recueilli près de cinq cents signatures (lire la pétition), les deux actions se rejoignant dans le but de privilégier le maintien du jardin là où il a pris racine, et le déplacement du projet immobilier là où une parcelle est en cours de redéfinition.

« Un espace exceptionnel »

Dans sa lettre du 27 octobre 2016 à la maire de Paris, la Goutte verte écrit :

  • « La Mairie projette de céder la parcelle Cavé/Stephenson à un bailleur privé pour un programme de logements et un espace petite enfance.
    C’était convenu, mais ce projet tarde à voir le jour et, depuis, les temps ont changé, les arbres ont poussé et se sont enracinés.
    La friche s’est transformée en un espace exceptionnel, n’ayons pas peur du mot, d’une rare qualité, qu’il ne sera pas possible de reproduire ailleurs. Des arbres fruitiers et d’ornement  ont pris racine et se sont installés durablement.
    Attentifs à l’évolution urbaine du quartier de la Goutte d’Or, nous faisons le constat que le programme initialement prévu sur la parcelle Poissonniers/Polonceau a été abandonné et semble en cours de redéfinition (…) Afin de permettre judicieusement au jardin que nous avons installé de se pérenniser et ainsi contribuer à solutionner le manque d’espace vert avéré dans le quartier, nous vous proposons : le déplacement du programme petite enfance dans un local vacant du quartier et le déplacement du programme de logement sur celui en cours de définition sur le site Poissonniers/Polonceau ».

Par cette proposition, poursuit la Goutte verte, nous pensons refléter « l’attente immense des habitants du quartier qui, bien qu’ils ne soient pas opposés à la construction de logements sociaux et de crèches, ne comprennent pas que ceux-ci soient programmés dans une des zones les plus denses et les moins vertes de Paris ». Et de conclure :

  • « Notre quartier comporte de nombreux logements vacants ou à rénover, pourquoi ne pas accentuer cette politique qui profite à tous ? Il souffre énormément du manque d’espaces verts, pourquoi en détruire un qui fonctionne bien, ne coûte rien à la collectivité et répond aux attentes des habitants ? ».

Au moment de publier ce billet, aucune réponse n’avait, à notre connaissance, été reçue de la Mairie.

En revanche, le 7 novembre 2016, la SEMAVIP, émanation de la Mairie s’il en est, adressait une nouvelle lettre de congé à la Goutte verte :

  • « Nous vous mettons en demeure de libérer les lieux pour le 14 novembre 2016 (…) Un procès-verbal d’état des lieux sera établi lors du rendez-vous de remise du terrain ».

Dans sa lettre de congé, la SEMAVIP fait état d’une possibilité de relogement qui aurait été offerte à la Goutte verte par la Mairie du 18e arrondissement sur le Jardin Bashung. En réalité, d’autres projets sont à l’étude et ne manqueront pas d’alimenter le débat sur la politique urbanistique et environnementale de la Ville de Paris en Goutte d’Or (voir notre  page Défense du quartier).

Rapprochement avec le TEP Ménilmontant

Alors que les associations de défense de quartier (des quartiers) se mobilisent pour faire obstacle aux projets immobiliers mal pensés, quand ce n’est mensongers, présentant de véritables faux verts dans les consultations publiques et aboutissant à de véritables vrais gris bétonnés au moment de l’octroi des permis de construire, comme c’est le cas actuellement du TEP Ménilmontant (TEP valant pour « terrain d’éducation physique »), la situation du Jardin de la Goutte verte  peut être mise en parallèle avec celle du Jardin des Jeunes Pouces qui doit affronter un projet immobilier de la Mairie de Paris et Paris Habitat avec les mêmes menaces de pelleteuses et d’état des lieux avant congé.

TEP Ménilmontant.

TEP Ménilmontant.

Engagé depuis plus de quatre ans par la Mairie du 11ème  arrondissement de Paris, le projet de transformation du TEP Ménilmontant en un complexe immobilier prétendant faire cohabiter sur une même parcelle 85 logements, une déchetterie et un gymnase tout en recréant les terrains de sport et les espaces verts existants, met en danger le TEP et le jardin partagé des Jeunes Pouces contigus. Le premier est présenté par les riverains opposants au projet confié à Paris Habitat comme ayant longtemps fonctionné en « espace en accès libre, ouvert, intergénérationnel, où tout le monde trouvait sa place » ; le second comme « un formidable espace de rencontre et d’épanouissement pour les habitants de ce quartier et plus généralement de ce secteur aux franges du 11ème et du 20ème aussi riche en histoire que négligé par les politiques publiques ».

Véritables cas d’école pour les combats à mener contre la modification du PLU concoctée par le Conseil de Paris, votée par les Verts avec une distance toute poétique (on se souvient des déclarations de David Belliard évoquant Yves Bonnefoy dans son explication de vote), publiée au BMO le 21 septembre 2016 et ainsi susceptible de recours jusqu’au 21 novembre, ces deux secteurs seront très prochainement l’objet de retours d’information dans nos pages.

Entre temps, et ne fût-ce que pour défier le spectre d’une « Goutte verte SDF » évoqué dans le 18e du mois d’octobre 2016, l’association organise une soupe, soupe populaire s’il en est, cuisinée par ses jardiniers, sur ses terres du 4 rue Cavé, le samedi 12 novembre 2016 à partir de 13 heures.

  • Lire aussi, ce 12 novembre en page Défense du quartier Le destin des jardins partagés dans la Goutte d’Or (« De la porte Polonceau/Poissonniers à la pointe Polonceau/Goutte d’Or/Boris Vian, les points de chutes possibles de la Goutte verte »); à suivre : « Les vices à peine cachés du PLU modifié » ; « La biodiversité de façade ».
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Préjudice civil

Le directeur de l’Urbanisme saisi des arrêtés contradictoires sur le projet d’extension de l’école Saint Bernard par des riverains de la rue Pierre L’Ermite

  • Un groupe d’habitants demande au patron de l’Urbanisme parisien de faire respecter l’arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur interdisant la construction du projet d’extension de l’école Saint Bernard dans la cour au motif de son « atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard », devenue monument historique protégé depuis.
  • Ils invoquent le « préjudice » que cette atteinte « ne manquera pas de porter aux habitants de la rue Pierre L’Ermite et plus largement du quartier de la Goutte d’Or ».
  • Selon eux, l’arrêté de 2012 interdisant la construction dans la cour de l’école est « générateur de droits pour les riverains et tous les bénéficiaires du patrimoine national ».
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Les recours juridiques et judiciaires contre le projet architectural de l’extension de l’école Saint Bernard suivent leurs cours (Illustration empruntée à Honoré Daumier, Les gens de justice).

Les heureux propriétaires du 4 rue Pierre L’Ermite – qui eux-mêmes ont fait d’heureux voisins en restaurant avec soin et respect l’un des joyaux d’une des plus belles rues de la Goutte d’Or – ne souhaitent pas que ce bel édifice rural de la première moitié du XIXe siècle, rescapé de la razzia menée par la Mairie de Paris sur le quartier au nom de sa prétendue « réhabilitation », soit flanqué en bout de rue d’un immeuble qui, selon le maire de Paris lui-même, porterait atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard.

Insertion

Dans ses conclusions en défense devant la cour administrative d’appel de Paris, l’organisme de gestion diocésaine de l’école Saint Bernard, bénéficiaire du permis de porter atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard qui lui a donné son nom, s’applique à vendre l’idée qu’il a conçu, malgré son refus par le maire, « un projet de grande qualité architecturale pensé pour s’intégrer au mieux dans son environnement bâti ».

Tous les riverains de l’environnement bâti ne le voient pas de cette oreille !

Dans sa réplique, l’association Cavé Goutte d’Or relève le caractère pro domo des arguments de l’OGEC, succession de pétitions de principe en opposition avec les contestations multiples que le projet architectural a suscitées, non seulement de la part de Cavé Goutte d’Or, mais aussi d’Action Barbès, qui a engagé un débat sur la question en janvier 2016 et tient une chronique régulière sur son blog, et de divers collectifs d’habitants, tous désireux de voir l’école Saint Bernard dotée de l’espace nécessaire à son développement, mais autrement qu’en portant atteinte aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard qui la jouxte.

Ainsi, le collectif dit des « Amis du quartier Saint-Bernard » (AQSB) a exprimé durant l’été 2016 son désir de voir le projet d’extension de l’école passer d’une construction dans la cour à une construction en surélévation. Relayée par le blog d’Action Barbès, l’initiative d’AQSB fait douter de l’insertion du projet dans son environnement urbain :

  • « AQSB reprend de façon simple et illustrée l’enjeu de ce dossier : cacher en partie l’église classée pour agrandir l’école, ou augmenter la surface utile de l’établissement scolaire sans nuire au patrimoine ? Deux projets… à vous de vous faire une opinion ».

Parmi les multiples initiatives permettant de contrer les affirmations de l’OGEC sur la bonne insertion de son projet dans l’environnement urbain, on doit signaler aussi celle de riverains propriétaires d’un immeuble ancien de la rue Pierre L’Ermite, lui-même très soigneusement restauré, situé dans le champ de visibilité de l’église Saint Bernard et de l’extension contestée de l’école Saint Bernard.

4 rue Pierre L'Ermite.

4 rue Pierre L’Ermite (Photo Goutte d’Or et vous).

Dans un courrier du 16 septembre 2016 au directeur de l’Urbanisme de la Mairie de Paris, ces riverains écrivent :

  • « Depuis cinq ans, nous sommes propriétaires au 4 rue Pierre l’Ermite d’un petit immeuble que nous avons entièrement restauré en prenant soin de lui conserver son esprit et son aspect d’origine. La rue Pierre l’Ermite est une très jolie rue, bien bâtie ; débouchant sur l’église Saint-Bernard, elle offre de très belles perspectives. Cela a beaucoup compté dans notre choix de nous installer dans cette rue. Au bout de la rue, il y une école, dont le mur d’enceinte a été récemment démoli. En nous renseignant sur la raison d’être de cette démolition, nous avons appris l’existence d’un projet de construction d’une extension de cette école sur quatre niveaux (rez-de-chaussée + 3). Quand bien même nous ne sommes pas juges de la qualité architecturale d’un projet, il nous semble que le bâtiment dont la construction est envisagée fera tache dans cette rue qui jusqu’à présent jouissait d’une certaine unité ».

Et les riverains du 4 rue Pierre L’Ermite de soutenir avec force que l’atteinte aux perspectives monumentales retenue par le maire de Paris dans son arrêté du 14 mars 2012 est un fait déterminant qui n’a pas cessé d’être et porte donc toujours à conséquence. Au point que, dans leur saisine du directeur de l’Urbanisme de la Mairie de Paris, institutionnellement chargé de l’exécution des arrêtés du maire en matière d’urbanisme (donc de l’arrêté de 2012 comme de celui de 2015), les riverains lui demandent de bien vouloir :

  • « constater que les travaux prévus méconnaissent gravement l’arrêté du 14 mars 2012, arrêté toujours en vigueur et de ce fait générateur de droit pour les riverains et tous les bénéficiaires du patrimoine national » et en conséquence, « en (sa) qualité de directeur de l’Urbanisme, d’opposer l’exécution de l’arrêté de 2012 à celle de l’arrêté de 2015 ».

Conflit d’arrêtés

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Les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard vues de la rue Pierre L’Ermite.

Dans les développements de leur requête au directeur de l’Urbanisme, les riverains de la rue Pierre L’Ermite indiquent encore :

  • « Dans la mesure où le projet actuel est en tous points semblable à celui qui avait fait l’objet (d’un) refus, force est d’admettre que (la motivation du refus) n’a rien perdu de sa pertinence. Les perspectives monumentales, sur l’église Saint-Bernard, depuis notre rue, et surtout depuis le côté pair où nous sommes, seront modifiées et amputées, tant en hauteur qu’en largeur ».
  • « La modification de ces perspectives monumentales ne manquera pas de nous porter préjudice, au demeurant comme à tous les habitants de la rue Pierre l’Ermite, et plus largement du quartier de la Goutte d’Or ».
  • « Nous attirons votre attention sur le fait que l’arrêté du 14 mars 2012 est aujourd’hui encore plus justifié qu’hier puisque l’église Saint-Bernard est désormais classée en tant que monument historique, ce qui n’était pas le cas lorsqu’il a été pris ».
  • « Comme chacun sait, un tel classement a des conséquences légales importantes. Il justifie davantage encore que les perspectives monumentales (visées dans une disposition du PLU de Paris qui n’a pas été modifiée) soient jalousement protégées et conservées ».

Et les auteurs de la saisine de mettre en lumière la cohérence politique et juridique qui parait défaillante en l’espèce :

  • « Comment est-il possible qu’en l’espace de quelques années, la même question (une demande de permis de construire) donne lieu à deux réponses opposées, alors même que les éléments à prendre en considération pour y répondre sont demeurés strictement identiques (à l’exception de l’inscription de l’église Saint-Bernard aux monuments historiques) ? »
  • « L’arrêté du 14 mars 2012 pris par Monsieur le Maire de Paris, l’a été en vertu des prérogatives de puissance publique que lui confère la loi ».
  • « Parce qu’elle s’interdit l’arbitraire lorsque la puissance publique s’exprime, elle prend en compte l’intérêt public dans le respect bien compris des lois en vigueur ».
  • « C’est ce qu’avait fait Monsieur le Maire de Paris lorsqu’il avait pris en compte tant l’intérêt des lieux avoisinants que la nécessité de conserver des perspectives monumentales, et ce, en application d’une disposition du PLU de Paris ».

 Un urbanisme de girouette ?

« Nous nous interdisons de penser que la motivation d’une décision prise par le Maire de Paris n’est qu’un simple habillage, susceptible d’être modifié au gré des circonstances et des opportunités », poursuivent les requérants du 4 rue Pierre L’Ermite :

  •  « Aussi, nous ne pouvons ni comprendre ni accepter que le projet qui avait, à juste titre, été refusé puisse aujourd’hui aboutir. Citoyens et administrés de Paris, nous avons besoin d’être certains que les décisions prises par ceux qui président aux destinées de cette ville s’inscrivent sur la durée dans une cohérence.

« C’est au nom de cette nécessité que nous vous demandons, en votre qualité de directeur de l’Urbanisme, de bien vouloir constater que les travaux prévus méconnaissent gravement l’arrêté du 14 mars 2012, arrêté toujours en vigueur et de ce fait générateur de droit pour les riverains et tous les bénéficiaires du patrimoine national. Il nous semble également qu’il vous appartient de tirer des conséquences de ce constat de non-respect de l’arrêté de refus de 2012 en exigeant précisément qu’il soit désormais respecté, ce qui implique à notre sens que les travaux ne commencent pas ».

 « En d’autres termes, nous vous demandons, en votre qualité de directeur de l’Urbanisme, d’opposer l’exécution de l’arrêté de 2012 à celle de l’arrêté de 2015 ».

Le précédent du CROUS

Peu avant les actuelles vacances scolaires, qui se terminent bientôt, le directeur de l’Urbanisme n’avait pas répondu à la requête pourtant digne de la plus grande attention dès lors qu’elle lui demandait, en outre, « à quelle date exactement est prévu le début des travaux : pouvez-vous nous adresser la déclaration d’ouverture du chantier ainsi que  son plan d’installation ? » Dans un mot de relance du 21 octobre 2016, les requérants indiquent, non sans humour que, « si la question relative à l’exécution de l’arrêté de 2012 reste éventuellement à l’étude, ce que nous comprendrions fort bien, nous vous saurions gré si vous pouviez nous adresser dès à présent les documents dont nous avons besoin, à savoir : la copie de la déclaration d’ouverture de chantier et le plan d’installation du chantier. Une réponse par retour nous obligerait grandement ».

À la connaissance de Cavé Goutte d’Or, le directeur de l’Urbanisme de la Mairie de Paris n’a toujours pas répondu. Ce qui ne dit pas forcément tout de l’action souterraine que peut mener Monsieur Claude Praliaud, c’est son nom, comme les riverains du CROUS du 22-24 rue Cavé en ont été les témoins. Monsieur Praliaud n’a en effet jamais répondu à Cavé Goutte d’Or qui l’a saisi, en décembre 2015, de l’infraction de Paris Habitat au code de l’Urbanisme lorsque l’office public de la Ville de Paris s’était cru en droit de modifier les plans de l’immeuble qu’il avait été autorisé à construire malgré les nombreuses fausses déclarations que les juges ont estimé réparées en cours de route. Mais il a fait percer la fenêtre que Paris Habitat espérait pouvoir ne pas percer (cf. Dura lex sed lex). L’affaire du CROUS n’est pas finie puisque le percement de la fenêtre, manifestement  suite à l’intervention auprès de Monsieur Praliaud, a confirmé, s’il en était besoin, les menées illégales de Paris Habitat sur cette adresse, – et celle de l’école Saint Bernard ne fait, pour sa part, que commencer, le même Monsieur Praliaud ne pouvant longtemps se dérober à la question de l’exécution de l’arrêté de 2012 qu’il est chargé de mettre en œuvre.

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Hors saisons

Éric Lejoindre aura finalement répondu à la Cohérie Boris Vian « avant l’été » (indien !)

  • Le maire du 18e annonce une réunion publique sur le secteur Boris Vian/Goutte d’Or/Polonceau « probablement en novembre » (2016 ?)
En vue de sa réhabilitation, la rue Boris Vian sous bonne garde (Reuters, janvier 2016).

En vue de sa réhabilitation, la rue Boris Vian sous bonne garde (Reuters/Philippe Wojazer, janvier 2016).

Le 2 mai 2016, la conseillère de Paris EELV Sandrine Mees avait annoncé, devant les caméras réunies pour l’occasion et les riverains de la rue Boris Vian auxquels les services de la Voirie avaient accordé un bref temps de respiration, qu’un point serait fait « avant l’été » sur le réaménagement précoce d’un secteur qui avait lui-même précocement vieilli. Et même « très mal vieilli », avait consenti  Daniel Vaillant  dans un courrier du 6 décembre 2013 à la Cohérie Boris Vian.

La cérémonie du 2 mai 2016 et le rendez-vous proposé en son nom par la référente des quartiers Goutte d’Or Château Rouge n’avaient pas ébranlé pour autant le jeune maire du 18e dont Daniel Vaillant n’a pas encore dit qu’il avait « très mal vieilli », appréciation désobligeante s’il en est que les Services de la Mairie de Paris ont, en revanche, récemment portée sur le Jardin Bashung, si l’on en croit l’une des récentes sessions de concertation sur l’avenir de la Goutte verte dans le quartier de la Goutte d’Or (voir par ailleurs).

On n’en peut mai

Après plusieurs relances sur le blog de Cavé Goutte d’Or – dont Le 18e du mois vient d’écrire qu’il avait « des connaissances historiques solides » et « informait sur l’ensemble de ses actions avec détail et précision » (oui oui)-, le maire du 18e arrondissement de Paris n’a retrouvé la plume qui lui a si longtemps manqué pour répondre à la Cohérie Boris Vian que le 23 septembre 2016, lendemain de l’entrée du calendrier dans l’automne (juste histoire qu’il ne soit pas dit qu’il avait respecté le rendez-vous de Sandrine Mees) pour lui annoncer rien moins qu’un point … avant l’hiver ! « Probablement en novembre », écrit Éric Lejoindre en précisant : « Je vous informerai de la date retenue dès que j’en aurai connaissance » (on n’est pas toujours le premier informé de son agenda).

Partenaire de la Cohérie Boris Vian dans  l’opération de réaménagement de la rue qui porte le nom de l’écrivain et musicien au cœur des barres d’immeubles de Paris Habitat, Cavé Goutte d’Or reviendra bientôt sur la réponse que la Cohérie envisage de donner à la nouvelle promesse du maire, – en novembre assurément puisque l’un des deux rendez-vous qu’elle fixe à la Mairie depuis cinq ans (le premier étant le 2 mai ou Saint Boris) est le 30 novembre, date anniversaire de l’arrêté municipal de 1992 donnant le nom de Boris Vian à la rue. D’ores et déjà, le blog recense les éléments les plus saillants du courrier du maire :

  • « Je me réjouis que vous ayez été intégrée au processus de concertation », écrit jovialement Éric Lejoindre à la famille de Boris Vian qui est un peu à l’origine de la « concertation » dont elle se plaint de ne pas voir grand-chose, justement (voir les deux étapes d’octobre 2015 ici et ici).
  • « Ce passage », dit le maire du 18e en évoquant une rue dont le statut n’a pas encore été officiellement déclassé, « ce passage est très souvent utilisé mais, aux heures tardives, il fait l’objet de stratégies d’évitements, notamment de la part des femmes du quartier ». Cavé Goutte d’Or connait plusieurs ‘hommes du quartier’ qui rivalisent de ‘stratégies d’évitement’ pour ne pas emprunter la rue Boris Vian, même en plein jour, tant elle est sale, tant son défaut d’entretien déshonore le quartier et fait honte aux riverains.
  • « Le passage » serait en effet, à en croire le maire, « devenu un lieu de cachettes et un urinoir qu’il convient aujourd’hui de retravailler ».

La SEMAVIP tirée à part

Au retravail de l’urinoir, donc ! « Nous portons avec ambition la requalification de ce site comme nous l’avons fait à Château Rouge entre 2002 et 2014 », assène encore le maire du 18e à la Cohérie Boris Vian en se rangeant derrière la soi-disant métamorphose du quartier revendiquée par son prédécesseur, lui-même étant n’étant élu qu’en 2014. Et de fourguer à la Cohérie Boris Vian, sans autres formes de procès (quoique), une plaquette de la SEMAVIP, dont il est le vice-président :

  • « Permettez-moi de vous offrir le hors série produit par la SEMAVIP, aménageur de la requalification de Château Rouge », écrit Éric Lejoindre à Nicole Bertolt. Située à proximité immédiate du passage (Boris Vian), pense-t-il, (l’opération Château Rouge) est illustration de ce que nous avons réussi à faire contre l’habitat indigne et insalubre. C’est avec la même volonté que nous conduirons le changement de cet ensemble Boris Vian-Arcardes Goutte d’Or », conclut Éric Lejoindre.

À force de n’avoir que l’habitat salubre à la bouche, les maires du 18e arrondissement (« À l’époque où j’étais maire du 18e, on m’aimait », devait déclarer Alain Juppé le 24 avril 2016 sur le plateau d’une des défuntes émissions de Canal plus) ont oublié que la malheureuse opération Goutte d’Or Sud, qui a vu naître et construire sous Juppé dans les années 1990, réceptionner et mal vieillir sous Vaillant de 1995 à 2014, la malheureuse rue Boris Vian au cœur des logements sociaux qui n’en ont pas (de cœur), est elle-même – déjà ! – le fruit de ce que la Politique de la ville « a réussi à faire contre l’habitat indigne et insalubre » : créer de l’indigne et de l’insalubre engendrant de nouvelles réhabilitations vingt ans plus tard.

Rendez-vous est donc pris pour novembre et, une fois adaptée au calendrier politique, la question posée dans notre billet du 2 août demeure ainsi d’actualité : la rue Boris Vian passera-t-elle l’année ?

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Arcades furtives, image saisissante et néanmoins saisie du film « Soif de culture(s) » de Nadia Djabali et Sylvie Haggaï (2016).

Entre-temps, on salue la victoire, avec 586 votes au budget participatif clos le 2 octobre 2016, du projet d’embellissement de la place formée à l’extrémité Est de l’îlot, au croisement des rues Pierre L’Ermite, Polonceau et de la Goutte d’Or (image furtive ci-dessus), dont la pointe est actuellement en covisibilité avec l’église Saint Bernard monument historique, bientôt peut-être avec l’igloo de l’école Saint Bernard qui la cachera si les procédures en cour(s) ne parvenaient pas à arrêter le massacre programmé (Voir sur le blog  « Préjudice civil. Le directeur de l’Urbanisme saisi des arrêtés contradictoires sur l’école Saint Bernard par des riverains de la rue Pierre L’Ermite »).

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