France 3

Barbès Batailles contre les clichés

  • Primé en 2016 au Festival international du grand reportage et de documentaire de société (FIGRA), le film de Lydie Marlin et Andrès Criscaut a été projeté à la Salle Saint-Bruno dans une ambiance chaleureuse de quartier le 14 mars dernier et sera diffusé ce soir 18 mars sur France 3.
  • Un documentaire intense autour de trois axes – la guerre d’Algérie, les sans-papiers de Saint-Bernard, les mosquées et prières dans la rue – qui devrait être prolongé, si l’on suit les demandes de l’assistance, par un « Barbès Batailles II » qui couvrirait la période 2000-2020.

« Barbès Batailles », la dernière séquence, tentative de capture in situ, 14 mars 2019.

Pour qui suit, depuis un an, le rythme accéléré des réunions de Mairies (10, 18 et centrale), de Préfectures (de Police et de Paris), de zones et/ou de citoyens autour des graves problèmes que traverse actuellement le quartier, la soirée consacrée à la projection du film « Barbès Batailles » jeudi dernier avait un petit air de réunion de familles à laquelle étaient conviés les parents, amis et voisins. Ambiance calme et apaisante, accueil chaleureux de l’équipe de la Salle Saint Bruno, buffet somptueux de la Table ouverte, exposition d’archives et de livres, échanges de souvenirs des années 1950 à 2000, débat avec la salle ont accompagné la projection elle-même de 52 minutes.

52’

Revue de presse.

« 52 minutes chrono » était d’ailleurs la réponse amusée des deux réalisateurs au public qui regrettait de ne pas en voir plus. Et, s’il est vrai que la voix off qui accompagne la dernière image du film précédant le générique évoque avec un brin d’anxiété l’éventualité que la gentrification, pour le dire comme les universitaires, vienne briser l’âme du quartier, sa générosité et ses qualités d’accueil, l’assistance se déclare prête à poursuivre cet accueil et remercie les réalisateurs de l’empathie qu’ils ont montrée à l’égard du quartier.

En dépit du pitch qu’on peut lire sur le site de France 3, qui fait état de « regards sur un quartier / monde », d’un « quartier cosmopolite sur lequel nous (?) projetons toutes sortes de désirs et de fantasmes », d’un « lieu hanté par les combats politiques, sociaux et religieux qui s’y sont déroulés », ou encore d’un « quartier ghetto », c’est en effet un film plus historique et politique que socio-culturel, dépouillé des traditionnels clichés racoleurs, qu’ont présenté Lydie Marlin et Andrès Criscaut, – « un film pour la mémoire des luttes », comme le qualifie sobrement Le 18e du mois en titre de son entretien avec les deux réalisateurs (n° de mars 2019 actuellement en vente, page 17).

Le buffet de la Table ouverte.

Autour des trois axes précités, le film et le débat qui suivit devaient évoquer la vie du quartier dans les années 1960-2000, qui à maints égards tranchent avec les années actuelles.

On put ainsi entendre Rachid Arar rappeler qu’un enfant de la Goutte d’Or, son frère Abdelaziz né rue de la Goutte d’Or en 1958, était devenu champion de pétanque, remportant la coupe 2015 de triplette, catégorie vétérans (le blog en avait parlé), ou Mohand Dehmous évoquer la période de son enfance et de sa jeunesse dans le quartier, rappelant la modernité des mosquées et des prières publiques (ni mosquées ni prières publiques, a fortiori dans la rue, dans les premières années de la petite Algérie et jusqu’à tout récemment, rappela-t-il) ou encore Claude Sauton regretter que les maisons de quartier, de type « maisons de jeunesse » proposées de longue date, demeuraient des lieux manquant à la culture du quartier.  Le débat devait également donner à Bernard Massera, pionnier au sein de Paris-Goutte d’Or du combat des habitants contre la démolition de la Goutte d’Or dans les années 1980, l’occasion de proposer que ce combat (« mené contre Chirac et Tibéri », précise-t-il) n’avait pas été entièrement perdu, qu’il avait même été « gagné » dès lors que 40 % de la population y résidant dans les années 1980 y avaient trouvé relogement dans les années 1990, – une opinion que ne partage pas Cavé Goutte d’Or qui estime que la démolition a été presque totale dans le secteur sud pourtant protégé par l’APUR, que les habitants qui auraient été relogés l’ont été dans des immeubles indignes, au cœur d’un secteur que l’ANRU doit requalifier aujourd’hui, trente ans plus tard, pour un coût de 4,5 millions d’euros, tant il été mal conçu, et que Lionel Jospin, député PS de la circonscription en 1981, a toute sa part dans ce désastre, comme ont toute leur part aussi les maires PS qui ont dirigé la place Jules Joffrin au cours des dernières décennies (on peut lire sur ce point, pour mémoire, l’étude de Violette Roland parue dans le bulletin de SOS Paris en été 2017).

Salle comble.

D’autres propos, sur lesquels nous reviendrons après avoir rencontré leurs auteurs, feraient état, si nous les avons bien entendus, du bonheur de vivre dans la Goutte d’Or actuellement : « quartier où il fait bon vivre, marqué par la répression », devait en effet déclarer un ancien sans mesurer le caractère antinomique de l’équation « bien vivre/répression », répression des années de guerre (les 60’), dit-il, répression des années sans papiers (les 90’), répression des prières de rue (les années 2000) et répression encore des attroupements de jeunes aujourd’hui, entendit-on comme en écho pour le moins heurté à l’absence de la moindre répression de la délinquance économique à ciel ouvert au pied du métro Barbès et aux propos de la maire de Paris qui, dans son propre bilan, déclarait juste avant la projection de « Barbès Batailles », le 12 mars dans la matinée : « La situation reste difficile et le quartier va encore vivre quelques années avec des bouleversements. Il faut du temps, mais nous allons réussir » (lire ici pour mémoire).

  • Ce soir 18 mars 2019 sur France 3 après le journal du soir.
  • Nouvelle projection à la salle Saint Bruno le 11 avril 2019.
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Leurre dealers

Anne Hidalgo annonce encore des jours difficiles dans le 18e

  • Au moment où Éric Lejoindre s’apprête à présenter une extension de « Paris respire » de Château Rouge à la Goutte d’Or, Anne Hidalgo lui coupe tout élan expliquant que le 18e est bien sympathique mais va encore souffrir quelques années.

BFMTV-Paris, en boucle, le 13 mars 2019.

Devant tous les dérèglements que doivent affronter la Ville et l’État dans le Nord-Est parisien, la Mairie du 18e organise ce soir 13 mars 2019 une « présentation » (exit à nouveau la concertation) du projet d’extension du périmètre « Paris respire » de Château Rouge (où il n’a guère fait ses preuves selon ses plus fervents défenseurs) à la Goutte d’Or, où les habitants n’avaient pas pris conscience que Paris n’y respirait pas, tout occupés qu’ils étaient jusqu’ici à mobiliser l’attention des autorités sur la sécurité et la salubrité du quartier qui, depuis le 27 mars 2018 (bientôt un an), enchaîne les réunions avec les représentants de haut niveau de la Mairie et de la Préfecture de Paris.

Une virgule de respiration. Affiche et intervenants.

Après la tentative laborieuse de la Mairie de Paris de récupérer la mobilisation citoyenne du 27 mars 2018 sous le logo « Tous mobilisés » (tiens donc : « Vous voulez vous mobiliser, on va vous mobiliser ! », dit en substance l’inventeur du dispositif), les quartiers à maints égards sous perfusion que sont la Goutte d’Or et la Chapelle se réjouissent-ils, à quelques jours du premier anniversaire de leur mobilisation, de la perspective de se voir ainsi gratifiés d’un moment de respiration ? Oh pas bien long : le samedi de 10 h à 18 h comme le précisent le programme et la carte à consulter sur le site de la Mairie qui assure : « Il existe forcément un ‘Paris Respire’ près de chez vous ».

Respiration artificielle ?

Toute extension de « Paris respire » est sans doute bienvenue et on remercie à l’avance Éric Lejoindre, Gilles Ménède et Sandrine Mees (les Verts l’avaient d’ailleurs à leur programme) de passer une soirée avec les citoyens qui se réuniront autour du projet, qui reste hélas bien dérisoire au regard de la situation du quartier qu’Anne Hidalgo prétend « bousculé par les réfugiés, les campements, les dealers ».

Les réfugiés et les dealers ont bon dos. Les quartiers de la Goutte d’Or et la Chapelle ont été ‘bousculés’ par l’État français et la Mairie de Paris, qui en ont sciemment détruit l’âme et l’histoire au prétexte de les rénover. C’est parce que ces quartiers ont été ‘bousculés’ au mépris de tous les avertissements d’experts sociologues, historiens, architectes, urbanistes (voir les divers posts sur notre page Études), que les dealers en ont fait leur terrain de travail, que l’État et la Ville les ont laissés faire, et qu’aujourd’hui, la Goutte d’Or et la Chapelle sont des lieux de destination pour argent facile, indépendamment du lieu de transit vers le Nord de l’Europe.

L’association Trajectoires a fait le constat de cette situation à la demande de la maire de Paris qui l’a transmis au chef du gouvernement (lettre d’Anne Hidalgo du 5 avril 2018 à Édouard Philippe).

Concernant le problème dit « des Mineurs Non Accompagnés » (MNA), l’étude de Trajectoires publiée en avril 2018 souligne à plusieurs reprises que Barbès, la Goutte d’Or et la Chapelle offrent les conditions à ce que ses auteurs appellent « l’ancrage dans l’errance ».

Dans la foulée de cette étude commandée par la Mairie de Paris, Anne Hidalgo faisait elle-même, l’an dernier, à propos des jeunes mineurs dont elle exposait la situation au premier ministre, le constat d’« interactions extrêmement complexes », interactions parmi lesquelles la maire plaçait les « réseaux de délinquance organisés déjà installés sur le secteur et très actifs », « la spirale dans laquelle ces jeunes sombrent sous l’emprise de délinquants majeurs implantés de plus longue date et qui les exploitent ».

Madame Hidalgo indiquait ainsi connaitre les conditions de terrain mises en lumière par l’étude de Trajectoires dans laquelle on lit, presque dans les mêmes termes : « À  Barbès, ces mineurs s’installent dans un quartier où la vente de drogues et de cigarettes de contrebande est très présente ».

Cette vente de drogue et de cigarettes de contrebande – dont on rigole quand on n’hausse pas les épaules à son évocation – ne date donc pas des « bouleversements » qu’auraient apportés les réfugiés, comme la maire de Paris voudrait le croire aujourd’hui pour annoncer, justifier, excuser « encore quelques années difficiles ».

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Teasing

Un air de déjà vu pour les municipales de 2020 dans le 18e

  • « Février au balcon, mars au tison », en vertu du proverbe bien connu sur la météo climatique, le blog d’Action Barbès a attendu sagement les giboulées de mars (2019) pour lancer le jeu des pronostics sur les élections municipales de mai (2020).

Abords du Sacré Coeur, février-mars 2019 (CGO).

Quatorze mois d’avance avec, en plus, l’inconnue des élections européennes du 26 mai 2019 qui, comme il le pose lui-même dans son billet du 7 mars 2019, pourront donner quelques tendances correctrices des analyses actuelles ! Belle initiative d’Action Barbès, néanmoins, qui nous permet de rebondir, comme disent les journalistes professionnels, sur les hommes politiques du 18e.

Et qu’on ne nous fasse pas le mauvais procès de machisme au motif que nous évoquerions le sujet sous un angle trop masculin au lendemain de la traditionnelle journée que les Grands hommes du 18e qui ont fait une carrière nationale de premier plan – Daniel Vaillant, Lionel Jospin, Alain Juppé, Bertrand Delanoë, Claude Estier, plus récemment Ian Brossat et Pierre-Yves Bournazel – ont bien voulu accorder à leurs collègues Maya Akkari, Claudine Bouygues, Elisabeth Boyer, Gala Bridier, Evelyne Dams, Martine Debonneuil, Myriam El Khomri, Afaf Gabelotaud, Douchka Markovic, Sandrine Mees, Fadila Mehal, Nadine Mezence, Valérie Mouzanuik, Sarah Proust, Carine Rolland (sources : Les élus sur les sites de la Mairie de Paris et/ou de la Mairie du 18e, ordre alphabétique, pardon pour tout oubli. N.B.: Pour y être très active de par ses fonctions d’adjointe d’Anne Hidalgo à la Sécurité, à la Prévention, aux Quartiers populaires et à l’Intégration, Colombe Brossel n’est pas une élue du 18e, mais du 19e).

Focus 18

« Cet arrondissement va être l’un de ceux à Paris les plus intéressants à observer au cours de ces élections municipales 2020, tant la situation y est complexe », lance Action Barbès en ouverture de la partie 18e de sa chronique qui, comme l’association elle-même, couvre les 9e, 10e et 18e arrondissements.

« Pour être un peu direct, on ne peut pas dire que l’élection d’Éric Lejoindre (PS) en 2014 a été des plus convaincantes », ose prudemment le blog d’Action Barbès à l’égard de l’ancien premier-adjoint de Daniel Vaillant qui, justement, avait « osé avec Anne Hidalgo » (rappel ci-dessous). En réalité, Action Barbès veut sans doute interroger le mandat plus que l’élection : pour convaincante en effet que fut l’élection (62,43%), la question se pose du mandat et, avec bien d’autres peut-être, Action Barbès observee que « le mandat d’Éric Lejoindre n’a pas été (ou n’est pas, pour le lui laisser finir) des plus convaincants ».

Pour mémoire.

« Certes, l’arrondissement est très difficile », poursuit Action Barbès, « mais les problèmes demeurent, que ce soit à la Goutte d’Or, à Barbès ou à Château Rouge, sans parler de La Chapelle et de la Porte de la Chapelle, et on ne voit guère le bout du tunnel ». « Et cela même si tous ces problèmes ne sont pas imputables à la mairie, la préfecture ayant aussi sa part de responsabilité », consent l’association.

Viennent les pronostics : « Dans cet arrondissement les personnalités politiques sont nombreuses et devraient jouer un rôle important, devant la scène ou dans les coulisses », énonce Action Barbès : « Mentionnons la présence du communiste Ian Brossat, actuel adjoint à la maire de Paris chargé du logement, mais aussi tête de liste aux prochaines élections européennes et donc peut-être un peu éloigné en 2020 ; du député Pierre-Yves Bournazel (AGIR), dont il ne faut pas oublier qu’aux législatives de 2017 il a battu Myriam El Khomri, encore aujourd’hui conseillère de Paris ; de Danièle Obono, la députée FI qui a créé la surprise avec son élection en 2017 dans la 17e circonscription de Paris, ou celle de l’encore influent Daniel Vaillant, ex-ministre de l’Intérieur ».

LREM et EELV sans envergure ?

« Du côté de LREM » – dont, selon Action Barbès, il est « difficile d’estimer le poids » -, « les législatives de 2017 n’ont pas été (dans le 18e) un raz-de-marée pour le parti présidentiel comme d’autres arrondissements en ont connus, et le parti souffre de ne pas avoir ici de personnalités de premier plan. Pour autant, c’est un parti qui pèsera sûrement dans la bataille du 18e. Et même s’il n’a pas lui non plus de ‘figures d’envergure’, EELV est bien implanté localement et devrait compter ».

Moins sévères, nous observerons, pour notre part, que la candidate LREM pour la 17e circonscription, longtemps militante associative de premier plan sur la Goutte d’Or, n’a pas démérité aux législatives de 2017, peu aidée qu’elle fut de l’intérieur, affaiblie au premier tour par la candidature de Daniel Vaillant et devant affronter, au deuxième, un Tout Sauf Macron réunissant le PS, EELV et Ian Brossat lui-même, pourtant guère soutenu par Danièle Obono (voir cliché et notre billet du 30 juin 2017).

Quant à EELV, dont les figures d’envergure ne sont assurément pas rares dans le 18e et ses quartiers zonés, dont le militantisme actif a porté, avec succès ou non, des problèmes en apparence très petits et très locaux jusque devant le Conseil de Paris, il comptera d’autant plus qu’il se libérera du joug de son allié de gouvernance. On se souvient en effet :

À cet égard, s’il fallait, comme le propose Action Barbès, « se souvenir qu’aux législatives de 2017 (Pierre-Yves Bournazel) a battu Myriam El Khomry » (Cavé Goutte d’Or se souvient surtout qu’il a, avec le soutien EELV de Sylvain Garel, affronté les mensonges de la municipalité et porté devant le Conseil de Paris la sauvegarde du bâtiment d’époque Restauration sis au 83bis rue Philippe de Girard), il faut aussi se souvenir qu’il a rejeté le vœu précité d’EELV en vue de créer un espace libre protégé devant l’église Saint Bernard au motif erroné et dicté par la municipalité en place selon lequel l’école Saint Bernard devrait fermer ses portes si elle ne pouvait construire son extension sur cet espace. Le tout nouveau député de la 18e circonscription de Paris suivait en cela les propos clairement manipulateurs de Michel Neyreneuf, tout-puissant maire-adjoint à l’Urbanisme du 18e qui sera au demeurant, sur ce dossier comme tous les autres, suivi docilement par presque tous les conseillers non-EELV de l’arrondissement (pour mémoire : les contre-vérités de Michel Neyreneuf au Conseil d’arrondissement du 20 juin 2016 sur l’étude de François Loyer).

  • comment Verts et majorité PS se battent actuellement sur le TEP Ménilmontant (lire ici et ici et suivre Lachaise en action).

Danielle Simonnet (LFI), Joëlle Morel (EELV) Julien Bayou (EELV), Pierre-Yves Bournazel (AGIR), David Belliard (EELV) unis pour la protection du TEP Ménilmontant, 16 février 2019, via @LachaiseA.

Personnalité extérieure

« Pour corser le tout », s’amuse Action Barbès dans son teasing électoral, « il se murmure que des personnalités extérieures à l’arrondissement seraient intéressées à briguer le mandat de maire du 18e ». « L’avenir nous le dira », énonce l’association comme en écho au Canard enchaîné qui, la veille, évoquait le désir d’Anne Hidalgo de voir Audrey Pulvar prendre la place de Daniel Vaillant, – cette place que la locataire actuelle de l’Hôtel de Ville voulait déjà confier à Myriam El Khomri en 2014, avant qu’Éric ne soit imposé par Daniel : on se souvient en effet qu’à l’automne 2013, Daniel Vaillant transformait la célèbre formule « Moi ou le chaos » en la désormais non moins célèbre « Moi ou Lejoindre » (ici pour mémoire).

Audrey Pulvar aurait décliné l’offre, pensant au demeurant ne devoir rassurer que ses éventuels concurrents et pas ses improbables électeurs, – improbables car on doute qu’à La Goutte d’Or et La Chapelle notamment, les électeurs suivent un parachutage (aussi honorable soit-il) doublé d’un casting. Parachutage et casting non, mais basculement peut-être si l’on en croit encore Action Barbès qui conclut son analyse ainsi : « Dans le contexte actuel, la question du basculement de l’arrondissement à droite n’est pas irréaliste, avec une victoire de la droite ‘modérée’, n’oublions pas les années Chirac-Juppé. Mais ici, encore plus qu’ailleurs, le jeu est encore tellement incertain qu’il serait vain de tenter un pronostic sur l’issu du scrutin municipal de 2020 ».

L’issu du scrutin

Une seule chose parait certaine au blog d’Action Barbès lorsqu’il assure que « le jeu est encore tellement incertain qu’il serait vain de tenter un pronostic sur l’issu du scrutin municipal de 2020 », c’est que, tel l’élu, l’issu du scrutin sera un homme, – sauf à ce que, au bout du compte, le masculin l’emporte sur le féminin quand il y a parité d’issues (smile).

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Mars premier

Un entretien sans concession d’Alain Juppé avec Jacques Chirac

  • Avec un goût décidément marqué pour l’ironie, le maire de Bordeaux a choisi la « journée mondiale du compliment » pour quitter la vie politique active.
  • Le blog de Cavé Goutte d’Or saisit cet instant pour partager avec ses lecteurs un échange sévère où l’ancien élu du 18e arrondissement de Paris, très actif dans la première rénovation urbaine de la Goutte d’Or, se fait redoutable journaliste d’investigation pour interroger le candidat à l’élection présidentielle de mai 1981.
  • Sécurité de Paris (dont Jacques Chirac est alors le maire), augmentation des moyens et personnels des forces de l’ordre, concertation, rôle des maires dans la confiance des citoyens à restaurer,… tous les ingrédients d’un grand débat national sont déjà là, en filigrane ou palimpseste.
  • 18 minutes 55 de grande actualité vintage.

Avec les compliments de l’INA et Youtube.

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Liberté de la presse

Le Tout-Barbès à l’inauguration de Le Kiosque

  • « Ce fut Magic », annonce Samir Lebcher qui tient (souvent à bout de bras) le carrefour des boulevards Barbès, Rochechouart, La Chapelle et Magenta.

« Ce fut Magic », photo empruntée au compte tweeter de Samir Lebcher, 26 février 2019.

Après la brève tentative d’installer un tabac légal* sur le célèbre carrefour qui accueille Tati, le Louxor et le Kiosque de la famille Lebcher (depuis 1976 pour ce dernier), la presse retrouve ses droits en présence des élus, des associations et des lecteurs anonymes venus saluer l’évènement ce 26 février 2019 sous un soleil de plomb et le regard mi-goguenard mi-incrédule des Marlboro Boys que la présence d’un député, d’un premier adjoint, d’un maire d’arrondissement, et même de la maire adjointe à la Sécurité, à la Prévention, aux Quartiers populaires et à l’Intégration, n’a pas retenus dans leur commerce illégal quotidien, d’ailleurs pratiqué en jours ordinaires à l’ombre des camionnettes de CRS (comme il en est des sauvettes sur le carrefour presque voisin de La Chapelle).

Bravo à la ténacité de tous. L’occasion pour le blog de signaler que la toute jeune association Rassemblance, présidée par Samir Lebcher, organise le 7 mars prochain, en collaboration avec l’association Marocains Pluriel, la présentation du livre Des jeunes, des cris de Ahmed Ghayat au Cinéma le Louxor situé au 170 Bd de Magenta 75010 Paris.

* Pour le tabac légal sur le carrefour Barbès, voir notre billet du 24 septembre 2018 pour mémoire.

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Déminage

Griveaux vendredi à la Chapelle, Lejoindre dimanche à la Porte de la Chapelle

  • Les opérations se suivent mais ne se ressemblent pas.
  • Au point que le maire du 18e arrondissement aurait pris un pseudo pour bien distinguer le déminage du week-end du déminage de la semaine.

BFM-TV, 16 février 2019, 21h05.

BFM-TV, 16 février 2019.

BFM-TV, 16 février 2019.

Le blog de Cavé Goutte d’Or souhaite plein succès à l’opération délicate du 17 février 2019, qu’il salue, et à toutes les autres opérations de déminage actuellement en cours sur les quartiers difficiles du Nord-Est parisien.

  • Sur la visite de Benjamin Griveaux à la Chapelle le 15 février 2019, lire notre billet du 16 février (sera-t-il fait écho de cette visite au Grand jury de RTL-LCI ce 17 février ?).
  • Sur l’invitation des associations du Réseau 10-18 à la Mairie de Paris, lire notre billet du 3 février 2019.
  • En parallèle au chassé-croisé de MM. Griveaux et Lejoindre sur la Chapelle ce week-end, se profile le chassé-croisé de MM. Jospin et Juppé sur la Goutte d’Or, pierre angulaire si l’on peut dire des opérations de démolition et reconstruction du quartier, long compagnonnage dont l’actualité permanente depuis 30 ans a été rappelée cette semaine par l’annonce du remplacement de l’un par l’autre au Conseil constitutionnel : notre billet du 14 février 2019.

Dernière minute : Opération déminage Porte de la Chapelle réussie.
Lire sur notre page Vie du quartier.

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À suivre

Benjamin Griveaux reçoit la Chapelle et la Goutte d’Or au Sohan Café

  • La Chapelle, la Goutte d’Or, Pajol-Girard, Lariboisière, la rue Dejean, Marx-Dormoy, l’Entre deux gares (du Nord et de l’Est)… sont parmi les quartiers de Paris les plus difficiles actuellement.
  • À la veille du 14e samedi qui le mettrait peut-être encore sur le grill, le porte-parole du gouvernement a choisi d’y passer quelques heures sans heurts.

« Des échanges utiles et concrets », indique Benjamin Griveaux sur son compte tweeter. « Du pain sur la planche », semble reconnaître l’une des photos officielles jointes au tweet.

Dans le contexte actuel – au sur-lendemain de l’incendie de la rue Anne Hidalgo de la Goutte d’Or (nos billets des 12 et 13 février 2019), lendemain de Saint-Valentin et de retour d’Alain Juppé à Paris (notre billet du 14 février 2019), veille du 14e samedi (et dimanche) des Gilets Jaunes à Paris et en régions – c’est presque un moment de repos qu’aura passé le porte-parole du gouvernement dans le quartier pourtant pas de repos du tout qui marque la frontière Nord de son fief électoral, la cinquième circonscription de Paris dont il a été élu député le 21 juin 2017, siège occupé par sa suppléante depuis sa nomination au gouvernement un mois plus tard.

Benjamin Griveaux est l’un des destinataires de la lettre du Réseau 10-18 rassemblant onze associations qui ont adressé, en novembre dernier, un courrier d’alerte sur la situation de leurs quartiers aux plus hautes autorités politiques et qui furent récemment reçues à la Mairie de Paris par le premier adjoint Emmanuel Grégoire (notre billet du 3 février 2019). Plusieurs de ces associations ont participé à la rencontre du 15 février (voir ci-dessous le suivi que certaines d’entre elles ont posté sur leurs comptes tweeter respectifs).

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Pour le collectif Lariboisière Gare du Nord, ce fut « un échange nourri et franc sur les problèmes endémiques dont nous souffrons » qui offrit « des pistes de réflexion, mais pas de solution miracle pour une situation critique que les divers responsables ont laissé s’enkyster sur la durée ». Demain La Chapelle semble confirmer : « Échanges francs et directs, sans concession de part et d’autre ». On peut donc en effet en conclure qu’il y a « du pain sur la planche » comme suggéré dans notre première traduction ci-dessus de ces échanges de tweets au langage quasi diplomatique.

Les asso à l’assaut

À l’assaut « de la situation critique que les divers responsables (*) ont laissé s’enkyster sur la durée » (Collectif Lariboisière Gare du Nord).

Les asso 10-18 à l’assaut « de la situation critique que les divers responsables* ont laissé s’enkyster sur la durée » (Collectif Lariboisière Gare du Nord).

(*) Sur « les divers responsables », voir notre billet du 14 février 2019 relatant le croisement de Lionel Jospin et Alain Juppé sur le seuil du Conseil constitutionnel le mois prochain et notre billet du 3 septembre 2018 dans lequel on peut lire :

  • « En datant de 1988 à 2008 ‘la dégradation de l’environnement urbain’ qu’elle dénonce dans une lettre au premier ministre Édouard Philippe, la maire de Paris désigne clairement Lionel Jospin, Alain Juppé, Daniel Vaillant, Michel Neyreneuf, Bertrand Delanoë et elle-même en sa qualité de première adjointe de 2001 à 2014 comme responsables de la rénovation dégradante du célèbre quartier du 18ème arrondissement de Paris ».

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Sur la rencontre du Réseau 10-18 avec Benjamin Griveaux, voir aussi la chronique de Jacques Desse du 15 février 2019.

Pour mémoire, la visite du quartier au Sohan Café il y a un an.

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