Portes ouvertes et d’Or

SOS Paris accompagne la cagnotte ambulante pour le patrimoine de la Goutte d’Or à l’occasion des Portes d’Or

L’illustration du billet de SOS Paris posté le 8 juin 2018 à l’ouverture de la 9e édition d’artistes de la Goutte d’Or.

On se souvient que l’association parisienne qui s’est donné pour objet « la défense du patrimoine architectural et du cadre de vie » soutient le combat des habitants de la Goutte d’Or pour la sauvegarde de l’église Saint Bernard, unique monument historique du quartier, hélas peu respecté (le monument) par les autorités nationales et municipales elles-mêmes. Nos lecteurs savent combien en effet l’architecte des bâtiments de France (échelon national) et les Mairies de Paris et du 18e arrondissement (échelon municipal) rivalisent dans l’agression contre le monument historique, tantôt passivement en omettant sa présence, tantôt activement en autorisant dans ses abords des projets qui lui portent atteinte.

L’un d’entre eux, sur le seuil du monument historique, est le projet architectural d’extension de l’école Saint Bernard. Un projet qui n’aurait jamais dû quitter l’agence d’architecte qui l’a conçu ou, en tout cas, le bureau des services instructeurs de la Mairie de Paris qui l’a autorisé au troisième coup, après deux échecs qui révélaient son inadéquation au quartier et au monument historique protégé et le manque d’attention des promoteurs et de l’ABF.

On se souvient aussi des mots prononcés à l’égard de ce projet devant le conseil d’arrondissement du 10 octobre 2011 par Daniel Vaillant, alors maire du 18e :

  • « Je connais des projets privés sur le secteur qui me consternent, notamment des extensions de l’école (Saint Bernard). Heureusement que nous sommes là pour signifier qu’il n’est pas possible d’enlaidir un secteur qui a été complètement remis en valeur ».

Conflit d’intérêts publics

Le projet a été autorisé néanmoins. Cavé Goutte d’Or a querellé les permis successifs qui ont abouti à cette construction et SOS Paris s’est jointe à la procédure administrative engagée, déposant un mémoire au soutien de l’appel formé par Cavé Goutte d’Or contre le jugement administratif de première instance (lire ici). L’appel a été récemment rejeté par la Cour administrative de Paris dont l’arrêt est à l’étude. D’ores et déjà, une demande d’enquête sur les conditions d’octroi du permis et l’intervention massive de la Mairie du 18e en faveur du projet est en préparation (lire ici).

Car, comme les mémoires d’appel de SOS Paris et Cavé Goutte d’Or l’ont souligné, il est probable que l’octroi du permis repose sur un conflit d’intérêts publics :

  • « Les pièces du dossier établissent l’existence d’un conflit d’intérêts publics entre, d’un côté, le respect de l’arrêté du 14 mars 2012 toujours en vigueur, la protection des abords d’un monument historique et d’un « espace urbain d’intérêt exceptionnel » reconnu comme tel par une institution municipale, régionale et étatique comme l’APUR et, de l’autre, le soutien démesuré des autorités du 18e arrondissement et de la Mairie de Paris, à un projet à caractère privé au nom, principalement, de la sécurité défaillante du bâtiment existant ».
  • « Le soutien apporté avec insistance au permis par la municipalité au motif de la mise aux normes laisse planer le doute sur l’instruction et l’autorisation qui auraient été appelées à venir cacher, par un permis de construire, la défaillance de l’autorité administrative à faire respecter l’entretien et la mise aux normes ».

Trouble illicite

SOS Paris soutient aujourd’hui les riverains qui, dans une procédure indépendante de l’action de Cavé Goutte d’Or devant la justice administrative, avaient tenté d’invoquer au civil « le trouble manifestement illicite » consistant, pour l’OGEC Saint Bernard Saint Marie, à construire l’extension de l’école Saint Bernard en dépit des appels en cours.

Certes, l’appel de Cavé Goutte d’Or n’était pas suspensif du permis de construire, comme ne l’était pas non plus le recours de première instance. Mais, selon les riverains requérants au civil, la construction s’opposait à l’arrêté toujours en vigueur qui avait précédemment interdit le projet en raison de l’atteinte qu’il portait aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard.

Comme l’a posé SOS Paris dans son communiqué du 25 mai dernier (lire en page Défense du quartier à la date du 26 mai 2018 et sur le compte facebook de SOS Paris), « ils ont perdu » :

  • « Ils ont perdu et ont été condamnés solidairement à un article 700 de 3.000 €. Depuis, et alors que les riverains, pour la plupart artistes, artisans ou commerçants du quartier, réunissaient tant bien que mal les 3.000 € dus et en avaient versé les deux tiers en avril dernier, l’organisme diocésain qui gère l’école Saint Bernard se montre particulièrement zélé pour récupérer cette somme, ses intérêts et les frais de l’huissier qu’il a estimé devoir engager pour faire exécuter la décision. Les propositions d’échéancier ont été refusées et l’huissier multiplie les pressions contre les débiteurs : il vient ainsi de saisir, sans aucun préavis, le compte bancaire d’un des 13 riverains, pourtant en règle avec sa quote-part » (la suite ici).

Et SOS Paris d’ouvrir une cagnotte pour aider les riverains à faire face à ce voisin plus zélé à rentrer dans son malheureux article 700 qu’à protéger le patrimoine national qu’il a sous les yeux, au point que Cavé Goutte d’Or avait écrit, lors des premières interventions d’huissier à l’automne 2017, qu’il leur infligeait une « double peine » (notre billet du 18 décembre 2017) :

  • « À l’occasion du vide grenier organisé sur le parvis de l’église Saint Bernard ce dimanche 27 mai 2018, SOS Paris appelle à la création d’un tronc commun pour aider, par la brocante ou les dons, les riverains de l’église Saint Bernard et, plus largement, les habitants de la Goutte d’Or à faire face aux bétonneurs et à leurs huissiers ».

Ce week-end, SOS Paris déplace sa « cagnotte ambulante », comme elle l’appelle et sensibilise les visiteurs de la 9ème éditions des Portes d’Or, portes ouvertes des ateliers d’artistes de la Goutte d’Or. Dans le billet reproduit ci-dessus, posté vendredi soir à l’inauguration de la manifestation, elle les invite à soutenir les riverains de l’église Saint Bernard.

Du vide grenier aux Portes d’Or
en passant par le loto patrimoine, BoxSons
et un coup de fil de Bouvard

Entre le vide grenier de Paris Goutte d’Or sur le parvis de l’église Saint Bernard le 27 mai et les Portes ouvertes des ateliers d’artistes de la Goutte d’Or ce week-end, l’opération lancée par SOS Paris a eu les honneurs de BoxSons, la plateforme de reportages de Pascale Clark.

Le blog de Cavé Goutte d’Or n’a pas manqué de signaler le télescopage entre le loto du patrimoine lancé par le président de la République et Stéphane Bern, d’une part, et la cagnotte de SOS Paris, d’autre part, qui tentait de réunir les frais d’huissiers que l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie avait cru devoir charger de saisir les comptes bancaires de ses opposants (notre billet « Le diocèse en Bern » du 31 mai 2018). Le tweet de Cavé Goutte d’Or qui signalait le billet du blog a été retweeté par BoxSons et Pascale Clark (qui annoncent 63.400 followers).

Le retweet de BoxSons

Presque en même temps, samedi matin 2 juin, Nicole Bertolt de la Cohérie Boris Vian expliquait au journaliste Philippe Bouvard que, derrière ses demandes d’entretien et de requalification  de la rue Boris Vian de la Goute d’Or, se trouvait tout un quartier aux prises avec un urbanisme destructeur (Allo Bouvard du 2 juin 2018).

Reportage aux Portes d’Or

La cagnotte de SOS Paris à l’atelier de Fanny Kachintzeff, Oliv Steen et Véronique Frampas chez Don Doudine (atelier 10) devant un magnum de Tariquet.

Apéritif d’ouverture des ports d’Or sur le parvis de l’église Saint Bernard

La préparation des cagnottes de SOS Paris par les riverains sur la terrasse du Mistral Gagnant.

À la Cave Don Doudine (atelier 10 : Fanny Kachintzeff, Oliv Steen et Véronique Frampas).

À l’église Saint Bernard, les travaux de Bruno Hermet.

Mêanhduy Maniquant (atelier 8) et Bruno Hermet (atelier 18).

 

Les travaux de Béatrice McCallum (atelier 18).

Anne du Lavoir et Béatrice McCallum.

 

 

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