Cherchez l’erreur

L’ABF se rebiffe contre la Mairie de Paris

  • Ce n’est pas l’ABF (Architecte des Bâtiments de France) qui découvrirait soudainement les dessous des permis « modificatifs » accordés autour de l’église Saint Bernard (monument historique), mais l’ABF (Association des Bibliothécaires de France) qui remet la Ville à sa place.
  • Et avec quelle allure !
Le logo de la Charte de Bib’lib sa charte pour le « droit fondamental des citoyens à accéder à l'information et aux savoirs par les bibliothèques »

Le logo de la Charte pour le « droit fondamental des citoyens à accéder à l’information et aux savoirs par les bibliothèques » ressemble trop à une bicyclette, selon Anne Hidalgo qui a envoyé du papier bleu à l’Association des Bibliothécaires de France.

Lors de son récent congrès annuel, tenu à Strasbourg du 11 au 13 juin 2015, l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) a officiellement présenté sa charte « Bib-lib, bibliothèque pour l’accès libre à l’information et aux savoirs ».

Les roues du vélib’ d’Anne Hidalgo n’ont alors fait qu’un tour : « Cela ne se passera pas comme ça », aurait-elle déclaré tout de go en rappelant que Vélib’ (« mot-valise, contraction de vélo et liberté », explique Wikipédia) est le système de vélos en libre-service de sa ville, mis en place en juillet 2007.

Vélib’ j’écris ton nom

Pour la contraction de bibliothèque et liberté, l’ABF est priée d’inventer autre chose et les avocats de la Mairie ne se seraient pas fait attendre. Ils seraient intervenus mi-juillet et, le 12 août déjà, deux mois à peine après le lancement de Bib’lib, le blog Social Nec Mergitur !, qui se présente comme  « le site d’informations sociales, syndicales et culturelles à la Ville de Paris », rend compte de la démarche municipale et de la réponse de la présidente de l’ABF, Anne Verneuil :

  • « J’ai pris connaissance de votre courrier, dans lequel vous relevez la similitude du nom de notre Charte, Bib’lib, avec la marque que vous avez déposée pour votre service de location de vélos et de voitures. Je vous avoue qu’avec les membres du bureau national de l’ABF, nous avons été particulièrement surpris par votre démarche ».

Et l’ABF de renvoyer la municipalité parisienne dans ses cordes, ajoute Social Nec Mergitur ! : « Vous nous parlez de marque, alors que Bib’lib est une charte émise par une association d’intérêt public, énonçant des principes de liberté et d’égalité d’accès à l’information ».

« L’ABF n’a jamais eu l’intention d’en faire une marque, ce qui serait assez contraire à l’esprit de la charte. Il existe 158 marques déposées à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) contenant le terme « LIB », mais l’usage que nous faisons de Bib’Lib reste tout à fait hors de la vie des affaires et le risque de confusion dans l’esprit du public est très loin d’être avéré dans ce cas », précise l’association.

« On nage en plein dé’lib », ironise ce 12 août le site ActuaLitté (qui avait suivi notre campagne pour la réhabilitation de la rue Boris Vian : la campagne de Cavé Goutte d’Or, le suivi d’ActuaLitté) quand ArchiMag.com titre délicieusement :

Ce n’est pas à l’ABF (architecte) qu’une telle mésaventure arriverait, en tout cas pas à l’architecte des bâtiments de France en faction à la Goutte d’Or ! Et force est de constater qu’une lettre de l’ABF (bibliothécaire) a une toute autre allure (ALUR est déposé*, mais pas allure) qu’un avis de l’ABF (architecte) dans le sens que lui indique la Mairie de Paris afin de donner son accord à un projet qu’elle a décidé (la Mairie) de valider.

ABF et ABF

On a vu en effet, sur le blog de Cavé Goutte d’Or, combien l’Architecte des Bâtiments de France avait systématiquement omis de considérer l’église Saint Bernard comme monument historique dans l’instruction récente de plusieurs permis de construire dans le périmètre protégé du monument et en covisibilité évidente avec lui, notamment aux 22-24 rue Cavé, sur l’angle Myrha/Affre et sur l’angle Pierre L’Ermite/Saint Bruno ; puis, dans le cadre des permis de rattrapage (dits « modificatifs ») accordés aux trois projets suite aux recours administratifs engagés par Cavé Goutte d’Or, combien l’ABF (parfois le même) avait accepté (aussi docilement qu’il avait jusque là systématiquement ignoré le monument) de donner son aval aux projets en cause sans aucune modification d’aucune sorte et aucun commentaire quant à l’impact des constructions nouvelles autorisées sur le monument historique protégé qu’il n’avait pas vu dans ses premiers avis.

« J’ai pris connaissance de la note selon laquelle vous estimez devoir me dicter le sens de mon avis et, avec mes collègues architectes, nous avons été  particulièrement surpris par votre démarche », aurait pourtant pu écrire l’ABF (architecte) en s’inspirant de l’ABF (bibliothécaire) à la lecture de la note de la Direction de l’Urbanisme (ci-contre) indiquant de fausses dates d’inscription du monument historique de la Goutte d’Or (il n’y en a qu’un) et faisant de la demande de permis prétendument modificatifs une formalité administrative ne nécessitant pas même un nouveau déplacement in situ de l’architecte pour examiner le projet au regard du monument qu’il avait omis de considérer dans son premier avis (voir : « Un avis qu’on forme, pour la route »). Rien de tel, hélas ! et on a beaucoup commenté ici, au contraire, les prétendus « avis conformes » qu’aurait donnés sans broncher l’ABF (architecte). Une idée libre de droits pour Hidalgo’lib : offrir aux ABF affectés/accrédités au patrimoine de ses quartiers en zones (ZUS’lib, ZSP’lib, etc.) un cours accéléré en Bib’lib sur le droit à l’information et au savoir des citoyens en matière de patrimoine et d’urbanisme.

À suivre : L’affaire des permis délivrés à Paris Habitat sur les 22-24 rue Cavé revient très prochainement à la une du blog (une ordonnance du juge des référés et deux nouveaux mémoires sont tombés dans les semaines précédentes). La procédure de Cavé Goutte d’Or pour faute de l’administration et demande de dépaysement des fonctionnaires de la Direction de l’Urbanisme et des ABF relancée.

*ALUR : Loi du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové.
La Charte de Bib’lib.

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