Concurrence

Trop d’Urbain pour être honnête ?

  • « À la Saint Urbain, ce qui est à la Ville est au Vilain », pastiche d’un proverbe saluant une fête homonyme remplaçant ville par vigne.
  • Trois Urbain pour quatre fêtes : le patron des vignerons ne serait pas celui de la Goutte d’Or et réciproquement.
© Paul Pouvreau, Exposition Archicommun, Galier Scrawith, Paris

© Paul Pouvreau, Exposition Archicommun, Galerie Scrawith, Paris, nov.-déc. 2013.

Pour accueillir tous les habitants du quartier de la Goutte d’Or soucieux de célébrer la Saint Urbain, il ne sera désormais pas trop de quatre jours et de trois saints.

Au seuil des Xérographes, le 19/19/19 (photo M.A.).

Au seuil des Xérographes, le 19/19/19 (photo M.A.).

Aux habitants et amis du quartier qui se pressaient en effet derrière les portes du 19 rue Cavé, ce 19 décembre à 19 heures, et qui durent écouter depuis la rue (photo ci-contre) la présentation du recours contentieux du 19 décembre contre la décision du maire de Paris rejetant implicitement le recours gracieux du 19 août contre le permis de construire du 19 juin, à ces habitants et amis qui furent 19 à 19 heures 19 et, par un prompt renfort, surent faire front aux 22-24 etc., il faudra bien un bis le 2 avril et un ter le 19 mai pour qu’au prochain 19 décembre, ceux qui «disent neuf» décidément ne soient pas réduits à dire «un tiens vaut mieux que deux tu l’auras».

À quel saint se vouer ?

Au moment où le blog d’Action Barbès ironise, dans un billet du 7 décembre 2013 sur les municipales à venir, à l’idée que le patron de l’Urbanisme dans la Goutte d’Or puisse encore être présenté comme un «candidat d’ouverture» après deux mandats de six ans aux côtés de Daniel Vaillant, soit douze ans à la tête de son ministère municipal (et on peut ajouter les huit ans que Michel Neyreneuf a passés auparavant à co-organiser avec la Mairie de Paris la démolition du quartier par la «mise au rancart de l’esthétique» et la «discrimination par types de populations», soit au total, à partir de 1993 : vingt ans «d’ouverture»), il est apparu nécessaire à Cavé Goutte d’Or de s’interroger sur le saint patron de l’Urbanisme, ce qui revenait à se demander de quelle profession Saint Urbain était le patron.

UrbanIEh bien, il y a au moins trois Urbain qui se partagent les saintetés et les patronages, ce qui rend très intemporelle la Saint Urbain du 19 décembre, ma foi.

La plus célèbre Saint Urbain honore le pape Urbain Ier, évêque de Rome de 222 à 230 (ci-contre), patron de la vigne, des vignerons ou des ivrognes selon les sources. Cette Saint Urbain se fête le 19 mai ou le 25 mai selon les vignobles, et n’aurait rien à boire avec la Cuvée Goutte d’Or, qui elle-même ne boit pas son nom à la Cavée Goutte d’Or.

Selon Wikipédia, à qui nous empruntons la reproduction ci-dessus, ce serait « une légende populaire (qui) fait d’Urbain le patron des vendanges dans les pays germaniques mais aussi en Alsace (et) il fallut, à plusieurs reprises, en particulier au Moyen Âge, que les autorités et l’Église catholique interviennent pour limiter les excès de cette dévotion ».

Excès de dévotion

Un autre Saint Urbain rivalise avec son compagnon des 19/25 mai. Il s’agit du patron de la basilique Saint Urbain de Troyes, célébré le 2 avril.

Ciment spécial Goutte d'Or ? (Chantier du 4 rue Léon, automne 2013).

Ciment spécial Goutte d’Or ? (4 rue Léon, 2013).

Le Saint Urbain de la Goutte d’Or, enfin celui que Cavé Goutte d’Or voudrait voir salué le 19 décembre à cause du manque d’urbain dû au patron de l’Urbanisme du quartier depuis vingt ans, n’est patron de rien si l’on en croit les différents sites qui le présentent comme simple pape (1362-1370), béatifié en 1870 (millésime symbolique sinon saint tout court), tardivement si l’on en croit le Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident qui précise que «c’est le Grand Schisme qui a empêché sa cause d’aboutir plus tôt» (page 471, n° 570).

Grand Schisme qui, au tournant des XIVe et XVe siècles (1378-1417), resterait étranger à la relégation de la Goutte d’Or et de ses quartiers Est par la Mairie du 18e arrondissement de Paris au tournant des XXe et XXIe siècles (1984-2014).

Résultat : aucun Urbain, aucun saint Urbain, ne serait le patron de l’urbanisme, ni dans la Goutte d’Or, ni ailleurs. Reste le prétexte mais, fort de ces découvertes, le blog de Cavé Goutte d’Or salue d’autant plus chaleureusement son confrère d’Action Barbès qui a fait sa fête à l’urbain le 10 décembre 2013, jour des droits de l’homme, saint des saints s’il en est (voir sur le blog : « La revalorisation urbaine placée sous l’égide des droits de l’homme »).

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