Hors saisons

Éric Lejoindre aura finalement répondu à la Cohérie Boris Vian « avant l’été » (indien !)

  • Le maire du 18e annonce une réunion publique sur le secteur Boris Vian/Goutte d’Or/Polonceau « probablement en novembre » (2016 ?)
En vue de sa réhabilitation, la rue Boris Vian sous bonne garde (Reuters, janvier 2016).

En vue de sa réhabilitation, la rue Boris Vian sous bonne garde (Reuters/Philippe Wojazer, janvier 2016).

Le 2 mai 2016, la conseillère de Paris EELV Sandrine Mees avait annoncé, devant les caméras réunies pour l’occasion et les riverains de la rue Boris Vian auxquels les services de la Voirie avaient accordé un bref temps de respiration, qu’un point serait fait « avant l’été » sur le réaménagement précoce d’un secteur qui avait lui-même précocement vieilli. Et même « très mal vieilli », avait consenti  Daniel Vaillant  dans un courrier du 6 décembre 2013 à la Cohérie Boris Vian.

La cérémonie du 2 mai 2016 et le rendez-vous proposé en son nom par la référente des quartiers Goutte d’Or Château Rouge n’avaient pas ébranlé pour autant le jeune maire du 18e dont Daniel Vaillant n’a pas encore dit qu’il avait « très mal vieilli », appréciation désobligeante s’il en est que les Services de la Mairie de Paris ont, en revanche, récemment portée sur le Jardin Bashung, si l’on en croit l’une des récentes sessions de concertation sur l’avenir de la Goutte verte dans le quartier de la Goutte d’Or (voir par ailleurs).

On n’en peut mai

Après plusieurs relances sur le blog de Cavé Goutte d’Or – dont Le 18e du mois vient d’écrire qu’il avait « des connaissances historiques solides » et « informait sur l’ensemble de ses actions avec détail et précision » (oui oui)-, le maire du 18e arrondissement de Paris n’a retrouvé la plume qui lui a si longtemps manqué pour répondre à la Cohérie Boris Vian que le 23 septembre 2016, lendemain de l’entrée du calendrier dans l’automne (juste histoire qu’il ne soit pas dit qu’il avait respecté le rendez-vous de Sandrine Mees) pour lui annoncer rien moins qu’un point … avant l’hiver ! « Probablement en novembre », écrit Éric Lejoindre en précisant : « Je vous informerai de la date retenue dès que j’en aurai connaissance » (on n’est pas toujours le premier informé de son agenda).

Partenaire de la Cohérie Boris Vian dans  l’opération de réaménagement de la rue qui porte le nom de l’écrivain et musicien au cœur des barres d’immeubles de Paris Habitat, Cavé Goutte d’Or reviendra bientôt sur la réponse que la Cohérie envisage de donner à la nouvelle promesse du maire, – en novembre assurément puisque l’un des deux rendez-vous qu’elle fixe à la Mairie depuis cinq ans (le premier étant le 2 mai ou Saint Boris) est le 30 novembre, date anniversaire de l’arrêté municipal de 1992 donnant le nom de Boris Vian à la rue. D’ores et déjà, le blog recense les éléments les plus saillants du courrier du maire :

  • « Je me réjouis que vous ayez été intégrée au processus de concertation », écrit jovialement Éric Lejoindre à la famille de Boris Vian qui est un peu à l’origine de la « concertation » dont elle se plaint de ne pas voir grand-chose, justement (voir les deux étapes d’octobre 2015 ici et ici).
  • « Ce passage », dit le maire du 18e en évoquant une rue dont le statut n’a pas encore été officiellement déclassé, « ce passage est très souvent utilisé mais, aux heures tardives, il fait l’objet de stratégies d’évitements, notamment de la part des femmes du quartier ». Cavé Goutte d’Or connait plusieurs ‘hommes du quartier’ qui rivalisent de ‘stratégies d’évitement’ pour ne pas emprunter la rue Boris Vian, même en plein jour, tant elle est sale, tant son défaut d’entretien déshonore le quartier et fait honte aux riverains.
  • « Le passage » serait en effet, à en croire le maire, « devenu un lieu de cachettes et un urinoir qu’il convient aujourd’hui de retravailler ».

La SEMAVIP tirée à part

Au retravail de l’urinoir, donc ! « Nous portons avec ambition la requalification de ce site comme nous l’avons fait à Château Rouge entre 2002 et 2014 », assène encore le maire du 18e à la Cohérie Boris Vian en se rangeant derrière la soi-disant métamorphose du quartier revendiquée par son prédécesseur, lui-même étant n’étant élu qu’en 2014. Et de fourguer à la Cohérie Boris Vian, sans autres formes de procès (quoique), une plaquette de la SEMAVIP, dont il est le vice-président :

  • « Permettez-moi de vous offrir le hors série produit par la SEMAVIP, aménageur de la requalification de Château Rouge », écrit Éric Lejoindre à Nicole Bertolt. Située à proximité immédiate du passage (Boris Vian), pense-t-il, (l’opération Château Rouge) est illustration de ce que nous avons réussi à faire contre l’habitat indigne et insalubre. C’est avec la même volonté que nous conduirons le changement de cet ensemble Boris Vian-Arcardes Goutte d’Or », conclut Éric Lejoindre.

À force de n’avoir que l’habitat salubre à la bouche, les maires du 18e arrondissement (« À l’époque où j’étais maire du 18e, on m’aimait », devait déclarer Alain Juppé le 24 avril 2016 sur le plateau d’une des défuntes émissions de Canal plus) ont oublié que la malheureuse opération Goutte d’Or Sud, qui a vu naître et construire sous Juppé dans les années 1990, réceptionner et mal vieillir sous Vaillant de 1995 à 2014, la malheureuse rue Boris Vian au cœur des logements sociaux qui n’en ont pas (de cœur), est elle-même – déjà ! – le fruit de ce que la Politique de la ville « a réussi à faire contre l’habitat indigne et insalubre » : créer de l’indigne et de l’insalubre engendrant de nouvelles réhabilitations vingt ans plus tard.

Rendez-vous est donc pris pour novembre et, une fois adaptée au calendrier politique, la question posée dans notre billet du 2 août demeure ainsi d’actualité : la rue Boris Vian passera-t-elle l’année ?

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Arcades furtives, image saisissante et néanmoins saisie du film « Soif de culture(s) » de Nadia Djabali et Sylvie Haggaï (2016).

Entre-temps, on salue la victoire, avec 586 votes au budget participatif clos le 2 octobre 2016, du projet d’embellissement de la place formée à l’extrémité Est de l’îlot, au croisement des rues Pierre L’Ermite, Polonceau et de la Goutte d’Or (image furtive ci-dessus), dont la pointe est actuellement en covisibilité avec l’église Saint Bernard monument historique, bientôt peut-être avec l’igloo de l’école Saint Bernard qui la cachera si les procédures en cour(s) ne parvenaient pas à arrêter le massacre programmé (Voir sur le blog  « Préjudice civil. Le directeur de l’Urbanisme saisi des arrêtés contradictoires sur l’école Saint Bernard par des riverains de la rue Pierre L’Ermite »).

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