Forces vives

Une Saint Boris urbi et turbo

  • Malgré l’absence concertée des Mairies de Paris et du 18e arrondissement, la Saint Boris 2019 fut une grande réussite.
  • La présence autour de la Cohérie Boris Vian d’Action Barbès, de l’Association pour le Suivi de l’Aménagement Paris Nord-Est (ASA-PNE), de l’Union des Commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or, des Collectifs Marcadet et Riverains Lariboisière-Gare du Nord, de Paris Historique, Paris Goutte d’Or, Paris Macadam, La Table ouverte, Cavé Goutte d’Or, de plusieurs riverains ou membres du Conseil citoyen et du Conseil de quartier, a fait de ce désormais traditionnel exercice de démocratie urbaine un rendez-vous incontournable.
  • Et redonné un peu d’éclat à la « rue Anne Hidalgo » qui assure l’intérim de 2018 à 2020*.

Le projet de l’agence d’architectes Atelier 26 ou comment transformer la rue Anne Hidalgo en Jardins Boris Vian (image Atelier 26). On observe le souci du détail qui prolonge la verdure de la place Polonceau en direction de la place de La Chapelle.

La Mairie de Paris avait officiellement décliné l’invitation au motif qu’il « ne (lui) parait pas souhaitable d’être présente le 2 mai  pour évoquer le projet de requalification des arcades de la Goutte d’Or et de la rue Boris Vian. En effet, un premier comité de suivi de cette opération se tiendra le 20 mai à notre initiative et celle de la Mairie du 18e en présence des associations et acteurs locaux du secteur. Il nous parait nécessaire de garantir un même niveau d’information à tous » (mail de Marion Picard, Conseillère Urbanisme, Aménagement et Renouvellement Urbain au Cabinet de la Maire de Paris, 30 avril 2019).

2 mai 2019. Étude de certains des projets en cours sur le TEP de la rue Boris Vian (Photo CGO). On distingue notamment la présence de la Cohérie Boris Vian, Paris Goutte d’Or, Union des Commerçants de la Chapelle Goutte d’Or, Paris Macadam, Action Barbès (Agrandir l’image, la développer, encore).

Va pour « l’initiative » (tardive) revendiquée et consistant à répondre (?) à la promesse d’Anne Hidalgo de « mettre en place dans les meilleurs délais (à compter du 6 juin 2018) une instance de dialogue », au demeurant proposée par Cavé Goutte d’Or le 1er juin 2018 (cf. « La Mairie de Paris en mode ‘Tous mobilisés’ pour sauver la rue Boris Vian ? »). Mais, du coup, la Ville n’aura pas le même niveau d’information que les associations du quartier qui n’ont pas boycotté la Saint Boris et se sont rencontrées, ce 2 mai 2019, autour des derniers éléments connus du dossier, – connus étant une précision utile puisqu’il manque encore à la bonne marche de la concertation beaucoup d’éléments connus de la Ville mais inconnus du quartier, dont Cavé Goutte d’Or a dressé la liste dans sa demande officielle du 19 avril 2019, mise à jour le 29 avril 2019 (la demande de Cavé Goutte d’Or à l’Urbanisme, la liste des documents sollicités).

La liste des documents à produire par l’Urbanisme telle qu’elle a été dressée par Cavé Goutte d’Or en prévision du Comité de suivi à suivre. À gauche, le mille-feuilles des chantiers d’aménagement en cours dans le secteur (Photo RG).

Les dedans dehors de l’Atelier 26. Jardins suspendus à l’élégante touche d’architecture japonaise (image Atelier 26).

La Ville n’aura notamment pas vu la première ébauche de maquette de l’Atelier 26, agence d’architectes du quartier qui a apporté une dimension nouvelle et utile au projet de requalification en en présentant les possibilités en 3D et qui, devant le succès de ce premier travail et les échanges qu’il a suscités, étudie déjà de nouvelles pistes prenant en compte les propositions des riverains qui, pour la première fois, pouvaient pénétrer dans les sous-sols et sur les toits de la parcelle.

Le blog reviendra, dans les deux semaines qui nous séparent du « Comité de suivi » du 20 mai prochain et tout au long du travail de ce comité, sur les projets qui ont émergé le 2 mai 2019 et ceux qui en naîtront et seront présentés aux maître d’ouvrage et maître d’œuvre sachant que la tendance va vers une plus grande ouverture de l’espace au détriment de sa couverture et de son enclavement. Les lecteurs du blog sont d’ailleurs invités à participer à ce travail de réflexion et d’action tendant à un contrôle des décisions d’urbanisme dont il convient de rappeler qu’aucune n’a été prise à ce jour : « Les délibérations à venir seront publiques comme toutes délibérations et les éléments relatifs aux autorisations d’urbanisme seront consultables dans les conditions légales habituelles » (mail de Marion Picard, Conseillère Urbanisme, Aménagement et Renouvellement Urbain au Cabinet de la Maire de Paris, 30 avril 2019 ; notre billet du 2 mai 2019).

Ouvertures, toutes (images Atelier 26).

Contrairement à ce que prétendent en effet les puissances invitantes au « Comité de suivi » (dont la première session devrait avoir lieu le 20 mai prochain), aucun projet n’a été régulièrement « validé » à la suite de ce qui aurait pu être « présenté dans ses grandes lignes » le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e.

Sous le barnum, la maquette

« Où est le TEP ? », semble demander Patrick Gosset (Paris Goutte d’Or). Agrandir l’image. La développer.

Des souterrains au toit de l’îlot Boris Vian. Prospection et concertation (photos CGO).

Olivier Ansart (ASA-PNE) en conversation avec Brigitte Trichet et Diane Wulwek (Cohérie Boris Vian) qui porte un slide du scénario AA Feraru où le TEP (non couvert) réapparait.

La façade Polonceau, que viendrait masquer une éventuelle couverture du TEP existant, déplacé quant à lui sur les toits du gymnase ou dans les entrailles du parking. Prospection et concertation (suite). Réflexions partagées entre Action Barbès, Paris Historique, Collectif Marcadet, Collectif Riverains Lariboisière-Gare du Nord, Cohérie Boris Vian et habitants du quartier.

Sur le chevalet, La Goutte d’Or. Faubourg de Paris (Hazan et Archives d’Architecture Moderne, Paris et Bruxelles, 1988).

Autre prétention contrariée du « Comité de suivi » annoncé : il ne sera pas limité à « traiter les diverses questions induites par l’opération d’urbanisme » à l’exclusion expresse de « celles du quartier en général », comme le voudraient encore les adjoints à l’Urbanisme et à la Politique de la ville.

Un vrai
travail d’urbanisme 

Il est en effet avéré que l’urbanisme conçu par petites touches ne remplit pas ses fonctions de city making et qu’un véritable projet global d’architecture doit remplacer les projets juxtaposés d’aménagement ou d’agencement quand ce n’est de décoration à la ’embellir Paris’ qui se succèdent (voir le mille-feuilles urbain ci-dessus, notre billet du 12 février 2019). Témoigne sans doute de cette demande de vision globale la présence, le 2 mai, des associations couvrant l’ensemble du secteur, d’Action Barbès (qui porte le projet de promenade urbaine de Barbès à Stalingrad) à ASA-PNE (qui suit les grands projets de Paris Nord-Est) en passant par les Collectifs Marcadet et Riverains Lariboisière-Gare du Nord, soucieux notamment des ouvertures du projet Gare du Nord 2024 sur le boulevard de la Chapelle.

Regard d’expert : l’architecte Jean-Jacques Terrin venu en voisin.

Clap de fin (provisoire). L’architecte Auguste Cicchi (Atelier 26) et Sonia Bouzellata (Union des Commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or). Photo DR.

  • Intérim 2018-2020 ? – Aux lecteurs qui prendraient le projet de requalification urbaine en marche, on rappelle que la rue Boris Vian, ainsi nommée en 1992 avec l’autorisation de la famille de l’écrivain et musicien décédé en 1959, a été appelée symboliquement « rue Anne Hidalgo » par les habitants du quartier le 2 mai 2018 suite à la décision de la Cohérie Boris Vian de retirer l’autorisation de 1992. L’absence de soins donnés au secteur maintenu à l’abandon en dépit de sept années d’interventions des héritiers auprès de la Mairie justifiait, selon elle, cette action inédite (nos billets des 2 mai et 3 mai 2018). Devant le tollé médiatique suscité par la décision de la Cohérie Boris Vian, la maire de Paris a réuni ses directions concernées le 25 mai 2018 sous l’égide majestueuse du Secrétariat général de la Ville de Paris, et lancé le 6 juin 2018 l’idée d’une « instance de dialogue à mettre en place dans les meilleurs délais pour faciliter le partage d’information et permettre une meilleure appropriation du projet » (lire ici). Près d’un an après la réunion du 25 mai 2018, un « Comité de suivi » sera réuni le 20 mai 2019 pour discuter de la mise en œuvre d’un projet présenté comme « validé » et « en cours de réalisation » alors qu’aucune concertation sérieuse n’a été menée, qu’aucun bilan de concertation n’a été fourni, qu’aucune délibération du Conseil de Paris n’est jusqu’ici venue valider quoi que ce soit. La question demeure donc de savoir si, en 2020, année du centenaire de la naissance de Boris Vian, sa rue dans la Goutte d’Or pourra reprendre son nom.
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