Friches

La Goutte verte se donne des allures d’allée

  • Dans le frimas de ces 12 et 13 décembre 2016, le jardin partagé a finalement gagné la place qui fut un temps promise à la pétanque.
  • Mais le titre sera remis en jeu lors des prochaines manœuvres municipales sur les deux extrémités très convoitées de la rue Polonceau.
La Goutte verte sur la future esplanade Boris Vian (12-13 décembre 2016).

La Goutte verte sur la future esplanade Boris Vian (12-13 décembre 2016).

Le mercato des friches de la Goutte d’Or se poursuit sous l’œil embué des riverains. Les observateurs plus ou moins avertis des tractations en coulisses avaient cru voir poindre le timide début d’une once de rivalité entre deux institutions majeures du quartier : la Table ouverte (qui a donné son nom à la pétanque) et la Goutte verte (qui a donné le sien au dernier combat de la biodiversité urbaine contre la densification de la Goutte d’Or).

Au moment, en effet, où la première inaugurait en grandes pompes l’espace sis à l’angle des rues Polonceau et des Poissonniers (qui lui serait dévolu pour le temps qui conviendrait à l’élaboration du projet censé remplacer l’ICI n° 2 abandonné) sans que la seconde, bruissait-il dans Landerneau, n’y soit invitée, Les Verts mettaient les pieds dans le plat en soulevant la problématique de « l’Égalité devant la friche » :

  • « Considérant que la Goutte verte, actuellement au 25 rue Stephenson, doit libérer ce terrain pour permettre une opération d’urbanisme ; Considérant que la friche Polonceau (angle Polonceau/Poissonniers, NDLR) permet une relocalisation temporaire de ce jardin partagé ; Considérant que la Ville de Paris a déjà donné une autorisation à l’association La table ouverte de pouvoir occuper un espace sur ce terrain ; Considérant que la Ville doit veiller à l’équité au sein d’un territoire ; Considérant l’apport de la Goutte verte en terme de végétalisation et convivialité, et de qualité de vie au sein du quartier de la Goutte d’Or (…) », les élus EELV soumettaient à leurs collègues du 18e arrondissement le projet de vœu autorisant la Goutte Verte à pouvoir occuper temporairement la friche Polonceau/Poissonniers en colocation précaire avec la Table ouverte.

Un contre-projet devait l’emporter, consistant à demander plus modestement à la Mairie de « proposer (à la Goutte verte) un site provisoire de relocalisation en attendant la livraison du 23 rue Richomme et, à cette fin, de rencontrer l’association et les services afin de trouver une solution » (voir les deux vœux verts et l’enquête de Cavé Goutte d’Or : « Le destin des jardins partagés dans la Goutte d’Or » publiée le 12 novembre 2016 en page Défense du quartier).

Dans cette enquête, nous évoquions déjà le subtil équilibre recherché en une formule qui trouve aujourd’hui toute sa réalité : « De la porte Polonceau/Poissonniers à la pointe Polonceau/Goutte d’Or/Boris Vian, les points de chutes possibles de la Goutte verte ».

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La Mairie de Paris déménage la Goutte verte (12 décembre 2016).

Patiente, la Goutte verte maintiendrait donc ses entretiens avec « la Ville et ses services » et, selon toute vraisemblance compte tenu de l’aide matérielle qu’elle a reçue de la Mairie de Paris pour son déménagement, elle obtiendrait l’autorisation de planter ses palettes sur le terrain de sport du « Gymnase Boris Vian », terrain de sport devenu impraticable, nous assure-t-on, en raison d’un problème d’étanchéité des sols, et gymnase empruntant ici précairement le nom de l’écrivain musicien pour le situer géographiquement à l’Est des désormais célèbres escaliers Boris Vian traversant les non moins célèbres arcades de la Goutte d’Or et conduisant à l’église Saint Bernard, monument historique moins prisé par la municipalité mais qui gagne néanmoins à être connu, comme ne l’enseigne hélas pas l’excellente école Saint Bernard toute voisine qui en démolit avidement les perspectives monumentales (Lire notamment « Saint Bernard : La séparation de l’église et de l’école suit son chemin »).

La nouvelle Goutte verte.

Le déménagement de la Goutte verte sur plan cadastral.

La nouvelle covisibilité
aux perspectives monumentales

La Mairie de Paris en covisibilité avec l'église Saint Bernard (12 décembre 2013).

La déménageuse de la Mairie de Paris en covisibilité précaire avec l’église Saint Bernard monument historique (12 décembre 2016).

Or, sur l’esplanade qui naîtra du déplacement de l’escalier Boris Vian dans l’axe formé par le Centre Fleury-Goutte d’Or-Barbara et l’église Saint Bernard, esplanade désormais occupée par la Goutte verte, il fut envisagé un instant d’aménager un boulodrome pérenne, – juste retour à l’époque où, sous l’égide de la Boule Polonceau, association de quartier née en 1976 au pied du Démol, la pétanque était reine.

Tout cela fait beaucoup de mouvement en quelques jours et, si les anciens de la Goutte d’Or sud devaient en avoir légitimement les boules, force leur serait de constater qu’à Château Rouge, l’Afrique est toujours bonne hôtesse, comme n’a pas manqué de le rappeler à ses administrés le maire du 18e en exercice Éric Lejoindre lorsqu’il a filé à la Cohérie Boris Vian un hors-série de la SEMAVIP pour lui confirmer que la Goutte d’Or avait mal vieilli et qu’il suffisait d’attendre qu’on la ravale à nouveau :

  • « Permettez-moi de vous offrir le hors série produit par la SEMAVIP, aménageur de la requalification de Château Rouge », écrit Éric Lejoindre à Nicole Bertolt. Située à proximité immédiate du passage (Boris Vian), pense-t-il, (l’opération Château Rouge) est illustration de ce que nous avons réussi à faire contre l’habitat indigne et insalubre. C’est avec la même volonté que nous conduirons le changement de cet ensemble Boris Vian-Arcardes Goutte d’Or », conclut Éric Lejoindre.

Et ce n’est encore rien quand on verra que les deux dernières friches de la Goutte d’Or intramuros, la friche de l’angle Myrha/Affre (un temps squattée par des arbres renversants) et la friche de l’angle Cavé/Stephenson (bientôt libérée par la SEMAVIP au profit de la Foncière Logement, du moins est-ce la version officielle) seront à leur tour « rendues à la construction » pour le dire comme Les Verts, qui se sont eux-mêmes assez vite rendus, sur ce coup.

Le figuier de la Goutte verte en covisibilité avec l'église Saint Bernard, monument historique (12 décembre 2016).

Le figuier de la Goutte verte en covisibilité avec l’église Saint Bernard, monument historique (12 décembre 2016).

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Brocante improvisée (rue Cavé, 11 décembre 2016).

Nomade home made.

Nomade home made (esplanade Boris Vian, 12 décembre 2016.

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Pas laide, ma palette !

  • La Goutte verte quitte l’angle Cavé-Stephenson pour le futur espace Boris Vian …
  • … et se rapproche ainsi de l’église Saint Bernard, monument historique avec lequel elle sera appelée à cohabiter en covisibilité.
La poétique de la palette.

La poétique de la palette (Jardin Goutte verte, 10 décembre 2016).

10 décembre 2016 – Notre billet du 12 novembre 2016 intitulé « La Goutte verte toujours plus au cœur de la Goutte d’Or » a suscité une conversation animée sur la page facebook de Cavé Goutte d’Or (le billet ; la page facebook).

Le lecteur en trouvera plusieurs extraits ici et un florilège ci-dessous.

Au centre du débat, l’esthétique, – esthétique revenant en boomerang aux démolisseurs du quartier qui prétendaient l’avoir « mise au rancart » en 1993 au nom des plafonds des PLA (prêts locatifs aidés) qu’on ne pouvait, selon eux, maintenir sans renoncer à l’esthétique et à l’effort architectural (voir ou revoir).

Au moment où 360 fait un virage à 90 pour poser sa première pierre 180 ailleurs des suivantes pierres, la rencontre entre la Goutte verte et la rue Boris Vian est-elle de bon augure pour un retour de la raison dans le quartier après 30 ans de soins intensifs ?

Le re-bel esthétique

Cavé Goutte d’Or publie ci-dessous les commentaires échangés sur sa page facebook du 12 au 16 novembre 2016 sur le statut de la Goutte verte, son rôle social et environnemental dans le quartier, son avenir.

  •  Le 1er facebookeur (+ 6 j’aime) – « L’usage de ce terrain appartenant à la collectivité a été concédé à cette association à titre temporaire et gratuit, on ne voit pas trop pourquoi elle veut se l’approprier, ni pourquoi il faudrait pérenniser les friches qui balafrent notre quartier depuis 30 ans… Moralement ce serait assez choquant : pour construire des logements sociaux, des familles modestes ont été expulsées, un bel immeuble ancien a été rasé, et finalement le lieu deviendrait semi-privé, au bénéfice de quelques personnes, qui ne sont pas les plus défavorisées, et qui par ailleurs sont sans doute choquées de voir les plus modestes évincés de Paris par la gentrification, ou vivre dans la rue. J’ai l’impression qu’on marche sur la tête… »

Cavé Goutte d’Or« Nous sommes d’accord mais il nous semble que la Goutte verte pose une question intéressante et que l’embarras provoqué en Mairie par son relogement est digne d’attention. Non qu’il faille impérativement reloger l’association (la précarité est la règle du jeu), ni qu’il faille nécessairement la suivre dans son projet de chaises musicales (on reste sur l’angle Cavé/Stephenson et le projet immobilier qui y est prévu passe sur la friche Polonceau/Poissonniers), mais parce qu’il serait bon qu’un espace vert remplace celui que la Goutte verte est appelée à quitter (lire en page Défense du quartier notre recherche d’alternative à l’idée que les jardins partagés seraient «rendus à la construction») ».

  • Le 2ème facebookeur (+ 1 j’aime) « Votre souci du respect ‘des familles modestes’ vous égare un peu (1er facebookeur), et votre présentation des choses me semble un peu rigide même si juridiquement juste. Assimiler ces ‘friches’ qui sont friches parce qu’on les a laissées fiches, comme des balafres dans le quartier est un argument spécieux. Dire que cet espace deviendrait semi-privé alors que personne n’empêche personne d’y venir est franchement malhonnête (j’en conclus que pour vous le Bois Dormoy a été une ‘privatisation’ de l’espace ! pas sûr quand même). Mais là où votre raisonnement ne va pas, c’est qu’il n’intègre pas la durée. Signé il y a dix ans, l’accord dans sa nature profonde est obsolète, je veux dire inadapté aux changements qui se sont opérés depuis, notamment avec la politique voulue par l’actuelle majorité, tant à Paris que dans le 18e, de favoriser les espaces verts suite aux élections de 2014. Alors oui, juridiquement l’affaire est claire. Mais politiquement, elle ne l’est pas et c’est bien ce que Cavé Goutte d’Or met en avant me semble-t-il. Entre nous, bien arrangé, le coin Affre/Myrha ne pourrait-il pas devenir un petit coin sympa alors que la Goutte d’Or compte déjà plus de 30% de logements sociaux ? » (NDLR la friche concernée est celle des rues Cavé et Stephenson, non celle des rues Affre et Myrha).

La Goutte verte (+ 2 j’aime)« Je suis la présidente de ce jardin, et je suis consternée, par vos propos (…) Nous faisons du lien social, des écoles viennent jardiner, nous faisons des événements (…), des élus parlent d’un coin de campagne à Paris. Avez-vous remarqué que le quartier est très dense en immeubles ? Nous sommes un des quartiers à avoir le moins de végétalisation. Pourquoi vouloir toujours construire ici alors que dans d’autres quartiers il y a de la place ? Je pense que nous ne balafrons pas le quartier vu le nombre de demandes et de visites au jardin. Je reprends les termes de Mme Hidalgo dire: il faut des poumons verts dans les quartiers dits ‘sensibles’ (…) Les poumons verts sont aussi importants que la densité d’immeubles ».

  • Le 1er facebookeur (+ 3 j’aime) – « Merci à tous pour vos réponses et précisions. Alors : je ne suis pas pour la densification à outrance, ni pour l’accumulation forcenée de logements sociaux dans un même quartier, ni contre les ‘poumons verts’ bien sûr. En revanche, on peut attendre un peu de cohérence de la part des pouvoirs publics, dans la mise en œuvre de cette politique de restructuration très lourde, sur une très longue durée, et pas des changements au gré des humeurs du jour. Je trouverais profondément gênant qu’un tel terrain, qui a été libéré dans le cadre d’une décision d’utilité publique, soit finalement confié à une petite association, aussi sympathique soit-elle. Même chose pour le Bois Dormoy, qui, devait accueillir, si ma mémoire est bonne, un établissement pour personnes dépendantes, équipement qui manque cruellement à Paris et dans nos quartiers. Et, au risque de vous choquer, je préfère les jardins publics (comme le square Alain Bashung), fréquentés par tous, aux jardins ‘partagés' ».

Le 3ème facebookeur« (…) Nous aimons le vert. Mais le Beau vert. Chaque fois que je passe devant votre espace je vois du laid, du recyclé, du sale. Du vert oui mais d’avoir un dépotoir non merci on préférerait un bel immeuble privé bien entretenu ».

  • La Goutte verte« Il ne suffit pas de passer, vous n’êtes certainement JAMAIS rentré, entre l’extérieur et l’intérieur effectivement ce n’est absolument pas la même vision, mais évidemment pour cela il faut rentrer. Nous avons reçu énormément de photographes, de journalistes (…) les commentaires de personnes venues en visite à Paris, les touristes de pays lointains nous ont tous dit leur satisfaction, de ce coin de paradis, de ce coin de campagne…. nous avons une mare, et nous sommes quasiment le seul jardin à avoir une diversité de végétaux ».
  • « Et bien entre être photographe et prendre des fotos pour un canard et vivre à côté c’est 2 choses et visiblement personne n’apprécie le résultat. L’intérêt d’un poumon vert est qu’il soit beau de l’extérieur. Excusez-moi mais le vôtre est catastrophique. Les pauvres n’ont donc droit qu’à du laid ? »

« Tant que l’extérieur est moche
l’intérieur ne m’intéresse pas »

  • « Mais venez donc, entrez dans le jardin et vous verrez (…)  je serais ravie de vous faire visiter le jardin et vous critiquerez après. Vous savez que des écoles viennent pour jardiner? Des crèches ».
  • « Donc je vous invite quand vous le souhaitez et nous en discuterons ensemble d’ailleurs nous avons un maitre jardinier de métier ; je pense qu’il sera ravi aussi d’entendre vos critiques. Si pour vous des magasines comme Rustica, France 5, Silence ça pousse, sont des canards et j’en passe, vous devez être quelqu’un d’exceptionnel ».
  • « Alors pour clarifier les choses donnez-moi vos heures et jours de disponibilités afin de voir de vos yeux ce jardin. Même les élus de tout bord sont venus et ont apprécié.
  • « Alors? Je serais ravie de faire votre connaissance ».
  • « Non merci tant que l’extérieur est moche l’intérieur ne m’intéresse pas ».
  • « (…) ».
  • « (…) ».
  • « (…) Venir pour quoi faire? Il y a un jardin caché que l’on ne peut voir de la rue ? En tout cas vous semblez satisfaite de votre médiocre jardin alors que les gens du quartier sont fâchés du résultat. Un vrai camp Rom ».
  • « (…) Nous aimerions juste un bel immeuble qui respecte les codes du quartier et le code d’urbanisme. Marre de voir les associations prendre le quartier pour un labo et vous en professeur fou qui fait sa tambouille. »
  • « (…) ».
Extrait de

Le jardin Cavé-Stephenson, source La Goutte verte.

Le 1er facebookeur (+ 3 j’aime) – « Je ne reprendrai pas les termes (du 3ème facebookeur), mais bon, c’est quand même vrai que c’est moche. Rien à voir avec les petits jardins publics comme le square Bashung, ni avec le charme des jardins ouvriers, ni avec de jolis jardins partagés que l’on peut voir à New York ou à Londres, et encore moins avec la cour du 4 rue Pierre l’Ermite que La Goutte verte cite en modèle. L’esthétique de la friche et de la palette, c’est amusant cinq minutes, si c’est provisoire. Je ne vois pas pourquoi il faudrait la pérenniser et imposer ça à notre quartier, dont le paysage urbain évoque déjà beaucoup trop souvent celui d’une ville ayant été bombardée. Le bilan de la ‘végétalisation’ est d’ailleurs globalement catastrophique, dans notre quartier, en ayant créé de nouveaux espaces qui évoquent plus l’abandon et la décharge que la verdure (rue Saint-Bruno, rue de la Goutte d’Or…) ». (Photo ci-dessus : Le jardin Cavé-Stephenson, source La Goutte verte)…

La Goutte verte« Houla ces photos ne sont pas d’aujourd’hui cher monsieur! (…) ».

Le 1er facebookeur« Ces photos ne datent pas d’aujourd’hui ; elles figurent dans le dossier que vous avez adressé à la SEMAVIP pour présenter l’intérêt de ce jardin : Constats et invitations / Pour une construction vivante et verdoyante« .

« (…) »

  • Le 2e facebookeur.

    Le 2e facebookeur.

    Le 2ème facebookeur (+1 j’aime)« Je ne souhaite pas entrer dans une polémique mais voilà une photo prise aujourd’hui 14 novembre (NDLR ci-contre). Chacun aura son avis ».

  • Le 1er facebookeur – « Désolé de dire ça, mais ça m’a immédiatement rappelé la jungle de Calais, sans la misère » (photo Margaux Mazellier, La Vie, NDLR ci-dessous).
  • Le 2ème facebookeur – « Votre comparaison est excessive ».
  • Le 1er facebookeur (+1 j’aime) « Je dis juste ce que cela m’a rappelé. J’aurais pu aussi évoquer des cabanes de mon enfance, dans les bois, que nous meublions de bric et de broc, mais c’est un souvenir moins actuel… »
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Le 1er facebookeur (via La Vie).

Le 1er facebookeur (+ 3 j’aime) – « Sérieusement : s’il y a un secteur qui est hyper dense et sans espace vert, c’est bien Château-Rouge. Or il y existe un terrain libre et idéalement placé pour lequel la mairie n’a plus aucun projet, semble-t-il, celui qui est à l’angle Poissonniers / Polonceau (espace dont les habitants ont été expulsés en 1985, où devaient être construits des logements sociaux, projet abandonné en 2008 au profit du second site de l’ICI, projet lui-même abandonné en 2015…). On pourrait imaginer un jardin PUBLIC à cet endroit (avec, pourquoi pas, une partie potagère ou pédagogique gérée par une assoc), ce ne serait pas du luxe… »

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La Goutte verte (D.R. 2016).

Le 5ème facebookeur est une facebookeuse (+ 1 j’aime) – « Ah bah merde! Alors si vous voulez qu’il soit plus beau ce jardin, vous pouvez vous inscrire à l’association, prendre des pelles, des râteaux et planter vos fleurs; et vous verrez que faire pousser une plante n’est pas si évident ou facile. Ce jardin n’a pas vocation à flatter vos sens visuels ou à être une façade à photographier pour les touristes et autre politique en quête de communication soignée, il a vocation à laisser un endroit aux gens qui veulent jardiner. Donc oui, la terre c’est sale, oui le compost c’est pas le plus glamour en terme de vert, mais c’est quand même hypocrite de vouloir du beau vert! Comme vous le dites, vous l’avez déjà à Bashung ou au square Léon, et des logements sociaux on en a déjà! Donc en quoi un jardin partagé en plus ça pose problème ? Le charme de ce jardin (…) ne réside pas dans sa beauté extérieure, mais dans le fait qu’on peut y mettre des plantes, qu’on peut jardiner avec d’autres, rencontrer des personnes qu’on ne ferait que croiser sinon, et se dire qu’on habite vraiment ce quartier, qu’on y a une attache qu’on ne pourrait avoir ailleurs ! Donc je rejoins (la présidente de la Goutte verte), venez voir ce jardin, venez discuter avec les gens qui y sont, visitez un peu les parcelles de chacun et soyez un peu indulgent, la beauté c’est pour les pubs. Déso pas déso, la vraie vie ne l’est pas toujours, elle…. »

Le 6ème facebookeur itou (+ 2 j’aime) – « Au lieu de faire encore 500 logements rue Ordener sur les rails de chemin de fer, pourquoi ne pas construire les immeubles déjà prévus rues Cavé, Polonceau, etc et faire un grand espace rue Ordener avec des jardins partagé, des ateliers d’artisans, des bistrots etc… enfin quelques choses de gai et lumineux ».

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Paris Nature Environnement sur les terres de la Goutte verte

  • Retour sur le bel accueil que la Goutte verte a réservé à la fédération des associations parisiennes de défense de l’environnement.
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8 septembre 2016 : Cavé Goutte d’Or reçoit Paris Nature Environnement au Jardin Goutte verte.

  • « J’ai passé un très agréable moment dans le jardin partagé et je vous en remercie. C’est toujours rassurant de voir tant de bonnes volontés mobilisées pour une bonne cause ».
  • « Hello les amis amateurs du vin de la Goutte d’Or. Un immense merci pour cette soirée bucolique et chaleureuse dans ce petit jardin qui sentait bon le métropolitain ».

Yasmine Saad (Goutte verte) et Christine Nedelec (SOS Paris).

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Yasmine Saad, Olivier Ansart (ASA Paris Nord Est), Agnès Popelin (Paris Nature Environnement).

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Olivier Russbach (Cavé Goutte d’Or).

  • « Je remercie chaleureusement l’association Cavé Goutte d’Or et les responsables du jardin. Nous avons passé un excellent moment de convivialité et de retrouvailles associatives ».
  • « C’est le Paris qu’on aime : ce petit village où il fait bon vivre avec ses amis pour profiter un peu de la vie ou … l’oublier un peu ».
  • « Mes messages de remerciements pour ce poétique et joyeux pot ».
Anna Morse.

Anna Morse à l’accordéon.

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Bungalow Bill : la Direction de la Démocratie enferme le cinéma en plein air dans des baraques de chantier

  • Échaudés par le mauvais coup que leur avait fait l’été dernier l’association à tiroirs Generation-Freedom-Ride-Le-Collectif-Cocoon, les responsables participatifs de la Politique de la ville citoyenne et autres (sur)chargés du lien social à la Direction de la Démocratie ont préempté cette année l’ex-« friche en cloque » à l’angle des rues Cavé et Stephenson.
  • Des bungalows ont été disposés hors toutes limites séparatives pour empêcher tout usage festif de l’ancien champ de coquelicots.
Les juilletistes envahissent la Goutte d'Or.

Les juilletistes envahissent la Goutte d’Or.

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Le Réseau Friche anime la nuit blanche du 25 rue Stephenson

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54 octobre 2014 (nuit blanche) – Photos de Gaël Coto, dont on se souvient qu’il avait mis en scène un combat de Matrix sur le mur opposé des mêmes Plumasseries Loddé, au 6 rue Cavé (voir ci-dessous et notre billet du 1er septembre 2013 : « La SEMAVIP offre un mur végétal en plastic à la Goutte verte »).

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Cocoon met la Friche en cloque à la rue

  • Dernière faveur de la SEMAVIP sur le départ : les habitants de la Goutte d’Or ont eu le privilège d’une nocturne avant nuit blanche pour admirer le mobilier de feu la Friche en cloque en dehors des heures de musée.
La Friche en cloque se répand. Cocoon couvre (2 ootbre 2014, 9 h 30).

«Notre projet permet de lutter contre une morosité ambiante et de partager un espace/temps commun où l’on peut échanger dans la bonne humeur» (GFR-La Friche en cloque, 11 septembre 2014) (Photo 2 octobre 2014, 9 h 30).

De mercredi soir 23 heures à jeudi matin 11 heures, les habitants du quartier se sont pressés devant les grilles de la célèbre friche techno de la SEMAVIP pour récupérer les miettes du mobilier hipster dont Time Out Paris racontait encore récemment qu’il avait été «chiné».

Enchères publiques

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«Notre présence permet de maintenir la friche et ses abords dans un état de propreté (…) Présenter notre travail comme un projet a-territorial est un mensonge qui occulte la véritable nature de notre investissement»(GFR-La Friche en cloque, 11 septembre 2014) (Photos 2 octobre 2014).

Déposé nuitamment et exposé au public de la Goutte d’Or en dehors des heures strictes de la Mairie de Paris pour la récupération des encombrants – une faveur de la Ville à ses quartiers défavorisés – le mobilier a pu ainsi être admiré par les riverains et les passants, les uns emportant un peu de rêve, les autres une palette ou une carcasse de fauteuil pour la prochaine tombola en faveur de Kate Browne, grande prêtresse des œuvres sociales en quartiers sinistrés. Autant d’«objets de la vie quotidienne» qui auront échappé à l’opération censée former un grand cocon dans la cadre d’«une aventure collective, citoyenne et créative».

On rappelle que celles et ceux des habitants du quartier qui n’auront pu en profiter peuvent acheter un entretien avec l’artiste autour d’un capuccino et d’un croissant à Manhattan pour 1.200 $ (voyage non compris) (voir plus bas dans la page et sur kickstarter.com).

Quelques pièces restent encore à vendre, qui seront mises aux enchères plus tard, dont les éléments de cuisine et de ménage (ci-dessous à gauche) et l’ardoise du bar (ci-dessous à droite), prélude peut-être de l’ardoise qui sera présentée à la SEMAVIP par les habitants de la Goutte d’Or, – maintenant que l’action classe (ou class action) est ouverte aux victimes groupées.

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La SEMAVIP, combien de divisions ?

  • L’aménageuse de la Goutte d’Or qui a passé 14 ans à démolir le quartier trouve aujourd’hui qu’il manque de «vecteurs de lien social».
  • En lien entre eux bien avant l’intervention des démolisseuses (et au besoin contre elles), les habitants se rebiffent et créent un débat qui met la Politique de la ville en porte-à-faux.
  • La Goutte d’Or va-t-elle rejoindre la coordination «Pas sans nous», lobby d’habitants de quartiers populaires qui a rencontré Myriam El Khomri à Nantes le 7 septembre ?
Photo empruntée à La Friche en cloque by Cocoon-Generation Freedom Ride-Le collectif Ltd Co (été 2014)

Photo empruntée à La Friche en cloque by Cocoon-Generation Freedom Ride-Le collectif Ltd Co (été 2014).

25 septembre 2014 – Pendant que la SEMAVIP, bras armé de la politique de la Ville dans la Goutte d’Or et Château Rouge, laissait le groupe Cocoon-Generation Freedom Ride, bras armé de la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires dans le même secteur, mettre le feu à la Friche en cloque, une organisation citoyenne s’organisait en lobby des habitants des quartiers populaires : « Environ 150 organisations associatives et collectifs d’habitants de divers quartiers populaires se sont constitués en fédération nationale dimanche 7 septembre à Nantes, en présence de la nouvelle secrétaire d’Etat à la politique de la ville, Myriam El Khomri », annonçait la Gazette des Communes le 11 septembre 2014.

« En proposant de faire des habitants des quartiers populaires non plus un problème mais un atout pour ne pas dire une solution, nous souhaitons revoir totalement l’approche des élus », expliquait Mohammed Mechmache, vice-président de cette structure nationale. « Faisons en sorte de co-construire ensemble pour éviter les erreurs du passé, afin que les habitants ne subissent plus des choix politiques inefficaces émanant d’autres ne disposant pas de l’expertise d’usage, puis soient utilisés comme un réservoir à coupables une fois les échecs constatés et les millions engloutis. »

« Nous n’avons plus envie d’être assistés, mais de renouer un dialogue avec les institutions. Cela ne doit plus être une démarche descendante avec un regard condescendant sur les quartiers populaires, mais une collaboration » réclamait en écho la secrétaire de « Pas sans nous », Aïcha Boutaleb, par ailleurs présidente du Centre interculturel de documentation (CID) de Nantes.

Bref, une autre voix de la Goutte d’Or que celle financée par la Politique de la ville locale semblait porter ce soir-là jusqu’à Nantes.

Contrepoint

On se souvient qu’au même moment, en effet, plus d’une trentaine de riverains de la Friche en cloque, discothèque précaire animée par le Groupe Cocoon-Generation Freedom Ride à l’angle des rues Stephenson et Cavé, avait suggéré à la SEMAVIP (qui connaît pourtant le quartier comme sa poche pour l’avoir écumé et détruit dans le mensonge sur la prétendue éradication du logement insalubre et les fausses carrières) que la zone se prêtait mal à des soirées technos, même une seule fois par semaine, même sous couvert d’activité culturelle (La Friche en cloque aurait en effet obtenu ses subventions en annonçant des soirées cinéma).

Pour leur défense, les riverains ont estimé devoir rappeler leur existence par un reportage photographique prouvant que les friches de la SEMAVIP n’étaient pas en zones dépeuplées ou abandonnées. On fait ici écho à leur reportage contenant tous les détails sur les quelque 150 appartements/150 foyers entourant le cœur d’ilot de la SEMAVIP.

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Contestée sur son front sud-est, la SEMAVIP aurait engagé des troupes sur le front nord-ouest et, dans les pas de Generation Freedom Ride-Le collectif, l’association Réseau Friche a tenté l’expérience de matinées techno (19 h – 22 h) à l’angle des rues Myrha et Affre, sous couvert cette fois-ci de création artistique.

Le reportage photographique d’une existence humaine antérieure à l’installation de vecteurs de lien social par la SEMAVIP et la Politique de la ville est édifiant ici aussi. Le chiffre de 150 appartements ici aussi porte à 300 le nombre des foyers touchés par les vecteurs de lien social de la SEMAVIP.

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Les habitants ne s’en sont d’ailleurs pas laissés compter et sont entrés en relation épistolaire aimable avec le patron de Réseau Friche. Quand le groupe Cocoon-Generation Freedom Ride s’est laissé emporter dans la violence verbale après la violence sonore (il est vrai que le groupe fait dans le trauma), le Réseau Friche est tout en rondeur dans les échanges avec les riverains, échanges qui n’en deviennent que plus sociaux (au grand dam des ascendants condescendants de tout à l’heure ?) :

  • « Le but de notre association est de créer du lien entre les habitants et surtout pas de provoquer la moindre gêne », écrit son président aux riverains du 8 rue Myrha, alors que Cocoon-Generation Freedom Ride prétend écraser la critique derrière une présentation sociologique aussi verbeuse que tendancieuse : « La démarche NIMBY/not in my backyard (des riverains) va à l’encontre de toute action pour le quartier et révèle un conservatisme dérangeant qui présente les jeunes comme une population illégitime tout juste bonne à raver sur de la techno quand nous nous engageons pour rendre notre environnement plus agréable » (lien).

Le «notre environnement» de Cocoon-Generation Freedom Ride n’aurait-il d’égal que le «nos territoires» de la SEMAVIP ? L’aménageur de la Goutte d’Or parle en effet de ses territoires dans l’intimité de ses rapports d’activités.

Paris Habitat sur les dents
(creuses ?)

Si la prochaine techno devait avoir lieu aux 22-24 rue Cavé, autre friche de la SEMAVIP sur des parcelles qu’elle a « libérées » en 2011 et que Paris Habitat peine à investir, faute d’avoir consulté l’architecte des bâtiments de France avant de déposer (et de recevoir) son permis de construire (toujours ce sentiment qu’on peut faire comme on veut !), le reportage photographique est déjà prêt, qui rappelle que le quartier est habité.

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François Hollande pour une Goutte d’Or sans dents creuses

  • Que dirait de la discrimination culturelle créée dans les friches de Château Rouge par la Politique de la ville et la SEMAVIP le candidat dont Cavé Goutte d’Or avait salué en 2012 les discours de campagne contre la ghettoïsation des quartiers ?
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Aperçu de la friche en cloque (Photo HM, 31 août 2014).

La page Friches du blog est inaugurée le 18 septembre 2014 à l’occasion du débat engagé par une trentaine d’habitants des rues Cavé et Stephenson principalement avec la SEMAVIP (Société d’économie mixte de la Ville de Paris, responsable de l’aménagement de la Goutte d’Or et Château Rouge au cours des quatorze dernières années) et le FSIH (Fonds de soutien aux initiatives des habitants) au sujet de l’animation de «la Friche en cloque» (photo ci-dessus), émanation de l’association Generation Freedom Ride-Le collectif, locataire précaire d’une partie de l’espace des anciennes plumasseries Loddé, transformées en friche par la Mairie de Paris en 2011, démolition qui se trouve à l’origine de la création de Cavé Goutte d’Or.

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Photo HM 31 août 2014.

On peut lire à ce sujet : La friche en cloque accouche d’une belle résistance et Boom sur le son de la friche !?

Suite à la demande de 32 riverains inquiets des débordements de la Friche en cloque (s’ils étaient députés, on les appellerait peut-être «les frondeurs» comme les 32 opposants ou abstentionnistes à la politique du gouvernement français), un débat s’est engagé en effet, qui porte encore peu, en termes d’écho et de fruit, mais s’annonce intéressant en raison des prises de position qui émergent. Car l’animation de la Friche en cloque est au centre d’un questionnement de la Politique de la ville dans le quartier de la Goutte d’Or, en ZUS depuis 30 ans, première ZSP mise en place par Manuel Valls en septembre 2012.

Au-delà des animateurs précaires et éphémères qui s’offusquent de toute critique en accusant leurs détracteurs de ne pas «respecter leur engagement positif pour le quartier», dont ils évoquent au passage «la morosité ambiante» (lire un premier récapitulatif), cette animation dépend en effet d’un organisme (d’un dispositif ou d’une structure dans les termes officiels) dont le nom fait peur, tant il sent bon le vocabulaire de 1984, année de l’installation de la ZUS dans la Goutte d’Or et titre du célèbre ouvrage prémonitoire de George Orwell, qui doit avoir inspiré les communicants de la Mairie lorsqu’ils ont inventé le concept de « Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires (DDCT) ».

Quelle Direction
pour la démocratie ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA«La Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires met en œuvre la décentralisation et la déconcentration», explique le site de la Mairie, et on ne cède pas à la déconcentration avant la fin du paragraphe : «Interlocutrice des associations, elle est également chargée de renforcer les relations avec les différentes collectivités territoriales d’Ile-de-France. Enfin, elle assure la proximité et le développement de la démocratie locale et favorise une meilleure appréciation des relations entre les citoyens et les citoyennes de l’administration, particulièrement à travers les 20 mairies d’arrondissement, la mission de la médiation, la mission de la démocratie locale et la mission communication».

De toutes ces missions, la SEMAVIP retient la création de lien social : «L’animation de (la Friche en cloque) a répondu à une demande d’accompagnement de projets d’habitants vecteurs de lien social», écrit Marie-Anne Belin, sa directrice générale, dans une lettre du 15 septembre 2014 aux 32 signataires de l’appel qui lui demandaient de faire cesser le trouble issu des soirées techno proches de rave parties en zone sensible organisées sur la friche dont elle est la propriétaire responsable. La syntaxe évoquant des projets d’habitants vecteurs de lien social empêche de distinguer si ce sont les projets, ou les habitants, qui sont vecteurs de lien social. Les deux peut-être et ce qui compte est qu’il y ait du lien social, semble dire la SEMAVIP aux 32 riverains représentatifs d’un voisinage dense que la SEMAVIP connait bien et qu’ils ont illustré dans un reportage photographique qui fait lien, lui aussi.

Vecteur de lien social ?

Quel vecteur pour quel lien social ? Qu’en pense la Direction de la Démocratie ? ou la Direction des Citoyens ? ou encore la Direction des Territoires ?

Le groupe COCOON semble tenir la corde et divers lecteurs du blog, habitants ou non du quartier, ont alimenté la réflexion que nous avons lancée  au début de l’été au sujet de l’opération menée sous ce nom. Sa proximité avec la Friche en cloque et les organismes municipaux a conforté l’utilité de l’étude engagée.

Organisme étasunien qui a pignon sur rue dans les anciens quartiers difficiles de New York devenus les beaux quartiers de SoHo, selon ce qu’en dit le 16 septembre 2014 l’une de ses campagnes de financement, le groupe travaille sur les populations présentées comme traumatisées par une histoire difficile (« The sites Ms. Browne choses and links together for COCOON have diverse populations and long histories of dislocation and conflict », explique-t-on). Il est à l’origine d’une ‘‘installation’’ socio-festivo-culturelle au cœur de la Goutte d’Or pour la Nuit blanche des 4-5 octobre 2014, précédée d’une longue campagne de sensibilisation du quartier alliant ‘‘animations sociales’’ et soirées techno chez l’habitant.

Sous le label commun de Generation Freedom Ride-Le collectif, association parisienne chapeautant l’opération étasunienne en Goutte d’Or, COCOON et la Friche en cloque (que GFR-Le collectif tente sans succès de distinguer dès lors qu’il signe en coproduction pour l’un, pour l’autre et pour les deux) sont en effet de ‘‘bons clients’’, comme on le dit sur un plateau de télé, pour la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires.

Les subsides locaux ne suffisent pas pour autant à en croire la campagne très américaine de collecte de fonds sur Kickstarter pour financer l’opération Goutte d’Or de Kate Browne qui, entre tee-shirts et cartes postales, va jusqu’à offrir un p’tit déj’ en sa (très chère) compagnie avec croissants parisiens aux financiers qui voudraient backer (de backing, soutenir) son œuvre.

Aucun backer/soutien (à ne pas confondre avec baker/boulanger) n’a, à ce jour, acheté le p’tit déj’ à Manhattan avec Kate qui a la délicatesse de préciser aux éventuels promoteurs de son travail que le voyage n’est pas compris (Airfare not included, précise la publicité ci-dessous). Si un habitant de la Goutte d’Or voulait aller prendre un café croissant à 1.200 dollars à New York avec Madame COCOON, il devrait en plus payer le voyage (et le RER de Gare du Nord à Roissy). «Ça fait beaucoup», disent de concert la boulangère et la couturière du carrefour Myrha/Léon.

Pour ce qui est des sponsors, il en coûte 10.000 dollars pour paraître au générique de COCOON Goutte d’Or. Si les associations de la Goutte d’Or qui se pressent sur l’affiche ont payé, on ne s’étonnera pas que la Goutte d’Or soit toujours en ZUS alors que la Direction de la Démocratie donne plein d’argent à « les associations » pour en sortir. Si elles n’ont pas payé, par exemple parce qu’elles en auraient été dispensées, c’est alors qu’elles ont servi un autre dessein, par exemple faire nombre, s’imposer dans le paysage associatif et/ou culturel, rassurer le maire qui a décidément l’air tout inquiet sur la photo, intimider les éventuels frondeurs qui émettraient des doutes sur le bienfondé des choix culturels de la Politique de la ville, appâter les backers de Kate Browne.

Quoi qu’il en soit de tout cela, la Goutte d’Or n’est peut-être pas à la fête dans cette histoire.

2 commentaires pour Friches

  1. JPD dit :

    Bonsoir,
    Je suis passé devant ce vague terrain ce matin… ce n’est pas joli-joli… J’ai d’abord cru que c’était une déchetterie locale pour les encombrants !

    • cavegouttedor dit :

      Bsr. Selon les animateurs, c’est une déchetterie puisqu’ils affirment : « En ramassant des palettes et canapés du quartier pour offrir des assises lors des soirées cinéma, nous avons réduit le nombre d’encombrants dans les environs ». Ils font donc office de déchetterie, cqfd. Bert.

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