Palimpseste

Un in n out très réussi pour le 4-Juillet dans la Goutte d’Or

  • La Politique de la ville n’était pas à la fête, ce 4 juillet 2019 au cœur de la Goutte d’Or, entre les 19 et 1 rue Polonceau où La Goutte Rouge et Le Chien de la Lune lançaient un beau défi à l’impertinence des Cabinets municipaux.
  • Le reportage qui manquait à Martin Parr (et à Paris Goutte d’Or, le livre).

À deux doigts, celui du patron de la Goutte Rouge qui montre où il est et celui de l’architecte d’Atelier 26 qui montre la rue Boris Vian au bout de l’îlot. 

La Goutte Rouge sur son 31.

Elle dont on dit qu’elle se fait parfois la belle, la Goutte Rouge s’était faite simplement belle ce jeudi 4 juillet pour accueillir l’accrochage d’Elsa Noyons et la maquette de l’Atelier 26. Ce très beau lieu magique ouvert (parfois donc) sur le square Léon a partagé ses couleurs avec l’artiste plasticienne dont notre inventaire écrivait hier qu’elle explore le quartier avec minutie, en interroge les habitants, les arbres, les oiseaux, les marabouts et transcrit ses observations par thèmes sur autant de papiers calques destinés à un ouvrage en préparation (L’inventaire de Cavé Goutte d’Or, 11 juin-4 juillet 2019). Invités par Frédo, le patron, les architectes de l’Atelier 26 ont tout naturellement trouvé refuge dans ce dédale de visions superposées du quartier.

L’accrochage d’Elsa Noyons se poursuit ce 5 juillet, la maquette de l’Atelier 26 restera en Goutte Rouge jusqu’au 14 juillet, pour peut-être se défiler à son tour ensuite.

Reflets d’or où le square Léon, la rue Polonceau, la rue des Gardes se mêlent à la maquette de l’Atelier 26 dans la vitrine de La Goutte Rouge où il se débat in and out du renouvellement urbain permanent du secteur.

Il se débat, en effet : ici l’architecte Auguste Cicchi avec Sonia Bouzelatta (présidente de l’Union des commerçants de la Chapelle Goutte d’Or), Lan Anh Vu Hong (initiatrice de la pétition des habitants de mars 2018 qui avait recueilli 1902 signatures) et Patrick Gosset (président de Paris Goutte d’Or, pas le livre, l’association).

Et ici avec Brigitte Le Brigand

 

 

 

 

 

 

 

… dont l’atelier de création textile dans la Villa Poissonnière (photos ci-dessus) avait été exploré par Cavé Goutte d’Or lors des toutes récentes Portes d’Or. 

Les murs de la Goutte Rouge
ont fumé la maquette

Quand il n’est pas sollicité pour expliquer l’une des alternatives au projet de l’Urbanisme parisien pour le secteur Boris Vian/Polonceau/Goutte d’Or, Auguste Cicchi se plonge dans les travaux d’Elsa Noyons.  

« Et tout et tout ». Contribution de Elsa, François, Alice et Karim au palimpseste de la soirée.

Dans l’un des papiers calques d’Elsa Noyons, on entend même « les mecs de Cavé Goutte d’Or » (non mais !?) qui se glorifieraient du classement de l’église Saint Bernard. On les entend sur le papier en effet car l’artiste écoute beaucoup et elle écrit avoir participé à une discussion avec François, Alix et Karim (entre deux mecs et deux nanas donc, la discussion) qu’elle retranscrit avec application comme tout ce qu’elle expose ce soir :

  • Retranscription d’une discussion avec François, Alice et Karim au café des 3 Frères le 9 septembre 2018 :« On a notre église de toute manière, c’est le seul monument historique du quartier, tout le monde insiste beaucoup là-dessus, surtout les mecs de Cavé Goutte d’Or parce qu’il y des problèmes (d’urbanisme est-il ajouté d’une plume plus douce) et tout et tout. Les églises orthodoxes sont à Simplon. Il y a une synagogue là (on devine qu’un doigt de Ricard désigne les hauts de Doudeauville, NDLR), maintenant il y a deux mosquées et tout et tout ».

« Les mecs de Cavé Goutte d’Or » !? Le correspondant du blog sur place en a les doigts tout vacillants et Lan Anh les cheveux qui se dressent sur la tête !

La folle Place Polonceau
toute floue elle aussi

L’in n out se fait rose et bleu en passant de la Goutte rouge au Chien de la Lune où la soirée se prolongeait autour d’une excellente table et d’un magnifique orchestre, le Woods Trinidad Legend.

L’aventure se poursuivait, le 4 juillet, de la Goutte Rouge du 19 rue Polonceau au Chien de la Lune qui, à l’angle Jessaint/Pierre L’Ermite, fait front au n° 1 de la même rue, envahie en sa partie inférieure par une placette elle-même occupée par ce que la Mairie appelle des « mésusages » (c’est à dire notamment et notoirement par des trafics de drogue). La placette est devenue « Place Polonceau » dans le bon usage du quartier depuis que la mobilisation citoyenne y a pris les siens. Nos lecteurs savent que le blog aime peu l’adjectif citoyen (au même titre que participatif ou festif), mais c’est bien en réalité une mobilisation citoyenne qu’ont réussi à mettre en place, autour de la pétition précitée de près de deux mille habitants, l’association Paris Goutte d’Or et l’Union des commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or le 27 mars 2018.

Le Café Polonceau, 30 juin 2018.

Cavé Goutte d’Or rapporta l’évènement qui dansait sous la pluie (principalement ici la veille et ici le lendemain). La fête du 30 juin 2018 qui s’y déroulait à l’initiative des mêmes habitants et associations, la contestation réussie de la fresque prévue par la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris sur l’un de ses murs (ici pour mémoire) ont suivi et le concert qui se tenait le 4 juillet au fidèle Chien de la Lune apportait sa pierre à l’édifice, lançant à son tour un beau défi à la Politique de la ville comme il lançait aussi une forme de défi, plus amical, à l’étrange boucle en ligne qui, sous le non moins étrange titre d’« extension de la gangrène », tient une chronique lancinante des difficultés – assurément réelles – que traversent actuellement le quartier.

Un quartier qui salue d’ailleurs à l’avance les deux manifestations à venir des 7 et 12 juillet prochains, l’une de théâtre dans la rue de la Charbonnière sous l’égide de Gaby Sourire, l’autre de mode dans la rue des Gardes sous l’égide des Gouttes d’Or de la mode et du design, l’une et l’autre avec le soutien très affiché de la Mairie de Paris, de la Mairie du 18e, de Paris Habitat, de l’EDL (équipe de développement local), de la Politique de la ville dans ses œuvres.

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