Développement local

La page Développement local du blog suit les «dispositifs et structures de l’engagement citoyen et bénévole» et autres manifestations dites «vectrices de lien social» organisées sous l’égide de la Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires à la Mairie de Paris.

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La Mairie remplace «Nettoyage de printemps» par «Ensemble» et «Goutte d’Or» par «18e propre»

printemps Ensemble

 

 

 

 

 

 

 

 

28 juin 2015 – À peine remis de la fête de la musique célébrant l’entrée dans l’été, le maire adjoint à la Propreté du 18e arrondissement s’est rendu compte que l’affiche « Nettoyage de printemps Goutte d’Or » pour son opération du 27 juin 2015 (voir notre billet ci-dessous) n’était plus exploitable. Il l’a remplacée par « Ensemble pour un 18e propre ».

Rester propre

Outre le coup du printemps dépassé, la première affiche stigmatisait-elle trop la Goutte d’Or ? C’est cependant bien sur la place de Château Rouge que l’équipe festive engageait les festivités du Clean-up day de la Goutte d’Or, samedi matin 27 juin 2015, sous un soleil de plomb qui confirmait que le quartier était, comme tout le monde, entré dans l’été.

En égratignant aimablement l’opération menée par la « Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires », OVNI lui-même très ‘citoyen’ (au faux sens de l’adjectif) qui semble tenir jalousement à son nom inspiré directement du novlangue de 1984, Cavé Goutte d’Or aura peut-être touché la corde festive des communicants de la Mairie du 18e. Rien moins que sa directrice de la Communication écrivait en effet que « la vanne de la saison ne tient pas ».

  • « Ce n’est pas l’affiche de l’événement. Mais une version de fait non validée. Donc la vanne de la saison ne tient pas. Pour le reste analysez comme vous le voulez » (voir la page facebook de Cavé Goutte d’Or, conversation du 27 juin 2015).

Du moins l’analyse reste-t-elle libre dans ce message car, à en croire une autre clean up citizen très engagée dans l’opération clean up day du 27 juin, les habitants de la Goutte d’Or qui prétendraient sourire de la chose se feraient renvoyés fissa à leur méchante aigreur :

  • « Quel est votre problème avec cette opération de sensibilisation ?! Vous n’avez pas pu participer, c’est cela ?! » (voir la page facebook de Cavé Goutte d’Or, conversation du 27 juin 2015).

Sur le site officiel de l’opération municipale, page facebook événementielle lancée par le maire adjoint au nettoyage, on lit pourtant un texte qui, s’il ne met le feu ni au lac ni aux poubelles, se demande quand même s’il ne faut pas renverser le mouvement, le mouvement des EDL semble-t-il puisque ce texte (que nous donnons à lire dans toute sa rondeur un tantinet englobante ici) propose que ce genre d’investissement vienne « du bas ».

Les EDL seraient donc « le haut » et, quand on suit la carrière des jeunes soldats de la « Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires », on entrevoit en effet le mouvement perpétuel des dir’com’ – pour le dire comme eux.

Du bas ? Du balais ?

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L’éventuel futur CROUS pris pour l’immeuble seniors de l’angle Erkmann-Chatrian/Polonceau.

Quoi qu’il en soit de tout cela, le coup de l’affiche diffusée sous « une version de fait non validée » (en réalité suffisamment validée quand même pour être envoyée par l’adjoint en personne le 24 juin encore) fait penser au délicieux précédent de la Mairie du 18e qui avait lancé, en septembre 2013, une affiche promotionnelle sur un immeuble (ci-contre) en prenant la photo d’un autre (ci-dessous ou inversement), tant les immeubles que la Mairie concocte pour son quartier en zone sensible se ressemblent dans leur prétentieuse médiocrité architecturale (voir sur le blog des 23 et 24 septembre 2013 : « CROUS seniors » et « CROUS vermeille »).

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La résidence seniors confondue avec le CROUS par les dir’ com’ de la Mairie du 18e.

Plus drôle encore, et s’emmêlant les pieds dans le tapis des saisons, on souriait en Espagne de la première campagne de com’ du Corte ingles (sorte de Galeries La Fayette ibères pour ne pas dire Printemps) qui, justement, jouait sur le printemps en cette nuit du 23 au 24 février 1981 : « Ya es primavera en el Corte ingles », lisait-on sur toutes les vitrines de l’enseigne. « C’est déjà le printemps au Corte ingles » aurait sonné comme le cri de ralliement du général Armada (il a piqué son nom à la Direction de la Démocratie, celui-là !?) pour lancer – un mois trop tôt ! disaient alors les rieurs – son putsch raté, heureusement avorté dans la nuit.

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Une saison de retard

  • La Direction de la Démocratie dans les territoires a attendu l’été pour inviter son quartier en zone sensible à un nettoyage de printemps citoyen.
  • Histoire sans doute d’éviter le Printemps de la Goutte d’Or.

printemps

26 juin 2015 – Éric Lejoindre s’était déjà illustré lors de son happening sur « l’évolution de la physionomie urbaine dans la Goutte d’Or », organisé en Mairie rien moins qu’un 1er avril, ce qui ne s’invente pas à l’eau tiède (voir notre billet « SEMAVIP, la quille !? »).

Alors que l’idée d’un débat sur ce thème, choisi par les Verts, avait été proposée à la Municipalité par le groupe EELV au conseil d’arrondissement du 26 janvier 2015, le maire du 18e arrondissement avait écarté d’entrée de jeu, le 1er avril 2015 donc,  tous propos sur les recours déposés par l’association Cavé Goutte d’Or contre les permis de construire accordés par la Ville autour de l’église Saint Bernard.

« On ne parlera pas des recours », sonna Lejoindre quand bien même le sujet était précisément au cœur du projet des Verts. Mais tant pis, Pascal Julien avait réussi à en parler devant le conseil de Paris, ce qui était un bel exploit salué ici.

Lejoindre et son public n’eurent donc pas les recours, mais une joli bronca en échange sur l’école et la mixité dans le quartier. On n’a rien sans rien ni tout sans tout, se sera-t-il dit après avoir dû ramer comme un beau diable – mais n’est-il pas dans les détails ? – pour remettre, sinon l’église au milieu du village, du moins l’enseignement public en meilleure place dans les esprits de la soirée.

Pour ce qui est des recours, dont on ne parla donc pas le 1er avril 2015, ils se font entendre cet été, eux aussi. Comme les improbables nettoyages de printemps citoyens organisés le 27 juin par la « Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires » et sa « Sous Direction de la Politique de la ville et de l’action citoyenne », les recours interdits de paroles au printemps surgissent en été. Après le nouveau recours déposé fin mai contre l’ancien permis de l’école Saint Bernard (voir : « Le troisième projet de l’école Saint Bernard se heurte au premier ») et le suivi des trois procédures contre les projets CROUS de la rue Cavé et de celle contre le projet Batigère de l’angle des rues Affre et Myrha, un référé a été déposé le 19 juin en vue de solliciter la suspension de la construction entamée – irrégulièrement selon l’association et sur la base de nombreux faux (faux en écritures / et en documents) – aux 22-24 rue Cavé. L’affaire sera plaidée la semaine prochaine. À suivre sur le blog.

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Reconnaissance du ventre ?

  • La Goutte d’Or n’aurait donc pas le matelas citoyen ?
  • À moins que si, justement ?
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EDL Goutte d’Or, rue Myrha, 5 avril 2015.

5 avril 2015 – Un de nos correspondants nous envoie ce cliché. De deux choses, l’une. Soit, malgré les efforts de l’équipe de développement local (aimable sobriquet que la très rugueuse Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires a donné à ses troupes dans les territoires), la sensibilisation au respect des quartiers difficiles est un échec ; soit, ces efforts vont dans la mauvaise direction et les citoyens fatigués déposent, à dessein, leurs encombrantes couches là où ils pensent qu’elles doivent aller.

OLYMPUS DIGITAL CAMERANéanmoins, pour épargner les trottoirs et la vitrine coquette de l’EDL-rue Myrha, les habitants de la Goutte d’Or sont invités à déposer leurs matelas usagés sur les malheureux fauteuils de palettes qui trônent sur la placette située à la pointe des rues de Chartres et de la Goutte d’Or, au bas de la rue de la Mode (autre sobriquet imaginé par la DDCT pour la rue des Gardes). Les budgets (pourtant coquets, eux aussi) n’avaient en effet pas permis, à l’époque, de commander des palettes avec coussins (voir billet ci-dessous : «Comment les EDL font le siège de la Goutte d’Or»).

Autre local citoyen régulièrement encombré, le «Point d’accès au droit» qui va finir par le croire (qu’il n’y a point d’accès au droit) se souvient qu’avant les pissotières qu’on lui a imposées en 2013, récemment enlevées, il devait aussi assumer les fonctions de décharges citoyennes (photos ci-dessous : 2-7 avril 2012).

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Comment les EDL font le siège de la Goutte d’Or

  • Le cours de la palette de chantier flambe à la Bourse du lien social
Croquis d'Extramuros pour ameublement de la friche Myrha/Léon.

Croquis d’Extramuros pour ameublement de la friche Myrha/Léon.

6 octobre 2014 – Au moment où l’association la Table ouverte demandait modestement mais sans succès à la Mairie, en août 2012, de pouvoir récupérer une piste de pétanque de Paris Plage pour la friche de l’angle des rues Myrha et Léon, les Équipes de développement local, bras armé de la déjà très armée Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires, proposaient de lui installer des bancs et coffres de palettes à près de 8.000 € TTC.

Dans le cadre d’un programme pompeusement appelé « requalification du terrain de pétanque situé sur la friche du 32 rue Myrha », la société Extramuros proposait un devis pour la « conception, fabrication et installation de pièces de mobilier d’extérieur fabriquées à partir de matériaux de récupération et de produits écologiques en vue d’une requalification de la friche/terrain de pétanque (composée) de 4 fauteuils/jardinières, de 2 bancs et de 2 tables/coffres ces derniers permettant de ranger du matériel de jardinage ou autre » (lire le devis).

La Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires (DDCT) qui voulait refourguer le devis d’Extramuros à la Table ouverte, moyennant une très sérieuse « demande de subvention d’investissement », plaidait pour l’idée de « requalifier les lieux avec du mobilier adapté », ajoutant : « La requalification de ce site participe à l’amélioration du cadre de vie des habitants du quartier ainsi qu’au développement du lien social ».

S’asseoir sur le lien social…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPour faire bonne mesure, les EDL évoquaient le précédent de « la placette Goutte d’Or », c’est-à-dire la pointe des rues de la Goutte d’Or et de Chartres à la rencontre de la rue des Gardes où, en effet, sont déjà disposés des « fauteuils du même type » (photo ci-contre), un  »type » qui aura inspiré les communicants de Generation Freedom Ride-Le collectif/Cocoon lorsqu’ils écrivaient sans rire qu’«en ramassant des palettes et canapés du quartier pour offrir des assises lors des soirées cinéma, (ils avaient) réduit le nombre d’encombrants dans les environs» (voir notre billet Frondeurs), un « type » encore que la Mouvance récup de L’Interloque, association subventionnée Politique de la ville, a semble-t-il snobé lors de sa dernière razzia de lien social sur ladite placette, le 1er octobre 2014 (voir flyer important ci-dessous).

IMGSi l’on sait que L’Interloque reçoit pas mal de sous pour sa récup de lien social (cf. page 9/42 de la Liste des subventions versées par la Région Île de France aux associations de droit français et aux fondations reconnues d’utilité publique), on ignore ce que sont devenus les huit mille euros que la Direction de la Démocratie était prête à dépenser pour la Direction de ses Citoyens et de ses Territoires, mais force est de constater que les pistes de pétanque sont toujours aussi rudimentaires sur la friche de la Table ouverte, association qui avait par ailleurs proposé au conseil de quartier un devis de 2.500 € pour nettoyer la rue Boris Vian, sans obtenir la moindre réponse (voir Exercice de pataphysique in situ).

… et panser la langue de bois

On se réjouit d’autant à l’idée que l’Association Macadam très proche (à 20 m du carrefour aux sièges d’Extramuros et 100 m de la rue Boris Vian) a reçu de belles subventions aussi, notamment 28.673,48 € au titre des subventions de la Région Île de France en 2013 (cf. page 36/42 de la Liste des subventions versées par la Région Île de France aux associations de droit français et aux fondations reconnues d’utilité publique) et doit recevoir 22.000 € votés le 11 juin 2014 (cf. Conseil d’arrondissement, p. 10), dont une partie devrait servir à repenser (sinon simplement panser) le carrefour des rues de la Goutte d’Or et Boris Vian.

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Un collectif Magnolias pour protéger la Salle Saint Bruno ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERA24 septembre 2014 – L’église Saint Bernard avait déjà l’association Cavé Goutte d’Or, récemment soutenue par le Conseil d’arrondissement unanime, pour la protéger de l’insouciance de la Direction de l’Urbanisme (voir notre récent billet sur l’inscription de l’église aux monuments historiques en novembre 2012 et son éventuel classement à venir).

La Salle Saint Bruno, ancienne chapelle devenue espace associatif pour associations (autre forme de chapelle), n’avait pas encore été protégée par une décision d’envergure. Un billet sur la page facebook des Libraires associés tout voisins s’inquiétait encore le 13 septembre 2014 de l’état des pieds d’arbres au large de la Salle Saint Bruno qui, en raison sans doute des vacances, avaient été comme enfermés dans une friche et laissés un peu à l’abandon (voir le billet et la photo ci-dessous).

La SEMAVIP envisageait même d’organiser sur les pieds d’arbres en friche une rave party pour les radis qui y auraient pris racine (les mots rave et radis sont étymologiquement unis au mot racine par les navets) :

  • « On a voulu voir, dans le navet et la rave, des espèces différents : « Brassica napus » et « B. rapa ». Cependant la distinction entre la rave et le navet est d’ordre purement pratique et le nom de rave s’applique plus particulièrement aux racines courtes, sphériques, et celui de navet aux racines allongées », explique Odette Bussard dans son traité sur les Cultures légumières (1943).

Le billet des Libraires n’a sans doute pas suscité autant de likes que Sarkozy cinq jours plus tard, mais suffisamment quand même pour qu’un « collectif Magnolias » se crée et se réunisse ce jeudi 25 septembre 2014 (voir sur le journal Goutte d’Or et vous).

Inquiète des soirées techno que la SEMAVIP risque de concocter aux pieds des magnolias pour marquer son territoire, la police semble avoir cette fois-ci pris les devants (photo ci-dessous, 21 septembre 2014).

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« L’art de faire du lien social avec des déchets » (et inversement ?)

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Pied de réverbère social, rue Affre.

23 septembre 2014 – Selon le site Effloresens, l’Interloque – association Politique de la ville et subventionnée, dont il était même prévu qu’elle animerait une galerie d’art à l’angle des rues Myrha et des Gardes – aurait «l’art de faire du lien social avec des déchets».

Dans le cadre de sa branche Mouvance récup, pour laquelle elle a reçu une subvention de 52.000 € en 2012, l’Interloque, qui se dit aussi «centre de gravité urbain», occupera l’angle des rues Stephenson et Saint Bruno ce mercredi 24 septembre 2014 de 10 h 30 à 12 h 30 pour récupérer ce que les habitants de la Goutte d’Or n’ont pas réussi à faire du lien social avec. Attention de ne pas lui refiler une vieille tirelire. Elle a déjà des sous : outre les 52.000 € signalés pour 2012, elle aurait notamment reçu 46.333,28 € au titre des subventions de la Région Île de France en 2013 (cf. page 9/42 de la Liste des subventions versées par la Région Île de France aux associations de droit français et aux fondations reconnues d’utilité publique).

Quarante six mille euros, ça fait combien en lien social au taux de la Politique de la ville ?

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18 septembre 2014 – Une opportunité pour nos lecteurs (et bien des habitants du quartier) de se familiariser avec l’Équipe de développement local (EDL) ou le Fonds de soutien aux initiatives des habitants (FSIH), dont Cavé Goutte d’Or a bénéficié à l’occasion d’une opération en faveur de la rue Boris Vian le 2 mai 2013 (voir notamment : L’urbanisme en chantant).

Les EDL (ou l’EDL) et le FSIH sont actuellement à la une des autres pages du blog concernant la politique de la ville et les friches (voir notamment : La friche en cloque accouche d’une belle résistance, Desseins animésPost urban traumatic studies, Salut Barbès ! au quartier latin, les cocons sociaux à la Goutte d’Or, et notre page Friches en cours de [dé]construction).

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Dans la rubrique C’est arrivé hier, on signale également la soutenance de thèse de doctorat de Maria-Anita Palumbo le 17 septembre à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Proche du Jardin Goutte Verte qui a su prendre sa place dans le quartier et occuper une des friches les plus importantes de la SEMAVIP à l’angle des rues Cavé et Stephenson, Mme Palumbo est présentée comme «enseignante de l’EHESS et membre du Laa « Barbès, Château-Rouge, La Goutte d’Or. Ailleurs commence ici. Anthropologie d’un espace d’altérité dans Paris »» sur le site de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette (ENSAV) qui résume ainsi le sujet de la thèse :

«Le lieu parisien à la géographie variable qui prend les noms de Barbès-La Goutte d´Or-Château Rouge est historiquement un quartier populaire et d´immigration, où la vie de tous le jours combine aujourd’hui densité et diversité de population qui en font un des lieux « cosmopolites » de Paris. Des pratiques de la rue étranges et étrangères y prennent place dans l´espace public, en caractérisant l´atmosphère générale qui fait sentir, autant les habitants que les passants, dans un « ailleurs ». Ce quartier est, en effet, une centralité commerciale africaine en Europe. Si les média insistent à le portraire comme l´exception parisienne, en consolidant ainsi le stigmate d´un quartier dangereux, une « zone de non-droit » dans la capitale, la Politique de la Ville travaille ce quartier depuis les années 80. Ma recherche prend comme objet d´étude ce quartier sous différents points de vue pour analyser comment, dans le passé et aujourd’hui, il se construit et fonctionne comme un espace d´altérité dans/de Paris. 
Suivant les exigences d´une monographie urbaine contemporaine, qui conserve l´unité de lieu comme unité d´objet et non pas comme périmètre d´investigation, mon enquête ethnographique dépasse largement les frontières spatiales et administrative du quartier. Des habitants au discours politique, de l´espace concret du quartier à son double médiatique, de l’observation de la transformation en cours aux projections véhiculée par les projets de rénovation, je propose une analyse des différentes scènes sociales, situées à diverses échelles, qui font exister ce lieu de la ville et qui le produisent en tant qu´espace entre Paris et son contraire, entre l´ici et là-bas, entre le connu et l´inconnu. En empruntant un strabisme nécessaire à l´anthropologue urbain d´aujourd’hui, j´observe cet objet sous une double perspective : d’une part celle du quotidien de ce quartier : dans l’épaisseur de cet espace en marge du centre ville, quelle urbanité se développe-t-elle ? Quel est le faire-ville de Barbès ? De l’autre je questionne le rôle de ce quartier dans l´économie globale parisienne. Comment Barbès habite Paris ? Comment Paris habite Barbès ? Ce travail se veut une contribution à l’analyse de la relation entre ville (spatialité) et altérité en se questionnât sur le rôle, dans les villes contemporaines, d´« espaces de l´ailleurs » où se joue une urbanité différente, qui souvent déjoue les règles dominantes du vivre en société, ou, tout du moins, en montre le dégrée de conventionalité».

 

 

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