Leurs Sérénités

Comment la Mairie de Paris nargue la justice et les quartiers populaires

  • À nouveau condamnés pour rupture d’égalité au détriment des habitants de Château Rouge, la Ville et l’État envisagent de recourir encore.
  • L’occasion de faire le point sur les six années passées depuis que la Ville a claironné « refuser de se laisser impressionner par un petit nombre d’associations qui ont choisi de fonder leur raison d’être dans une opposition systématique aux projets municipaux ».
  • Et de recueillir les avis et engagements des candidats aux législatives des 11 et 18 juin sur cette arrogance.

On se souvient que le blog avait tenté un parallèle entre « les logements sociaux dans le 16ème », dont la construction commençait avant la fin des recours juridiques et en dépit de ceux-ci, d’une part, et les constructions entamées dans la Goutte d’Or par les sociétés Batigère, Sefri-Cime Promotion et le Diocèse de Paris sans l’aval final des juges, d’autre part (voir notre billet du 4 avril 2017 joliment titre : « Le droit dans les bottes »).

Alors que, pour la Goutte d’Or, la question d’une éventuelle bienséance républicaine consistant à attendre la fin des recours en justice ne se posait pour aucun des promoteurs immobiliers (et pour aucun des journalistes inquiets de cette bienséance dans les quartiers chics), la Mairie restait « sereine » pour ses œuvres sociales dans le Seizième, assurait Le Figaro. Élu PC du 18ème, son adjoint au Logement allait jusqu’à préciser : « C’est un risque mesuré et l’histoire nous donne raison ».

L’histoire qui donne raison !?

De ce rapprochement fulgurant serait né le surnom « Sa Sérénité » pour Ian Brossat, maire adjoint d’Anne Hidalgo, responsable du Logement. Ce qui lui va comme un gant quand on se souvient qu’en mars 2011, il affronta Madame Hidalgo, alors adjointe de Bertrand Delanoë, responsable de l’Urbanisme et de l’Architecture, pour le sauvetage des anciennes plumasseries Loddé, au 25 rue Stephenson :

Lettre de Ian Brossat à Anne Hidalgo, 25 mars 2011 (page une, page deux).

« Cet ensemble présente un intérêt architectural et historique justifiant sa conservation dans l’intérêt public », écrivait-il (voir ci-contre). « L’histoire contemporaine du bâtiment, y compris son habitat le plus récent, ajoute à l’intérêt historique et sociologique des lieux » ; et de citer tant l’architecte des bâtiments de France qui y voyait « un exemple modeste et très juste d’un bâtiment d’angle » que l’architecte des derniers propriétaires occupants qui, tout en en soulignant « la configuration totalement atypique des organes de circulations communes », en démontrait la réhabilitation possible.

On sait que, depuis, l’immeuble a été détruit, non pas tant par la volonté d’Anne Hidalgo et son patron, Bertrand Delanoë, que par celle de Daniel Vaillant qui fit campagne pour le démolir. Mais la question n’est plus tellement là que dans la prétendue « sérénité » des édiles face à la justice administrative. À l’époque en effet où le jeune Ian Brossat de 2011 croyait (du moins le croyions-nous) dans la possibilité de convaincre Anne Hidalgo de conserver le 25 rue Stephenson, la patronne de l’Urbanisme affichait la même soi-disant sérénité (en réalité : le même dédain) que le ferait le plus mûr Ian Brossat de 2017 à l’égard (à l’encontre) de « l’histoire » dont il fallait avoir confiance qu’elle donnerait toujours raison à la Mairie contre les associations qui l’attaquent.

Le journal 20 Minutes du 1er juin 2011 titrait en effet sur « Des associations à l’attaque » : « Le nombre de recours contre les projets urbanistiques de la Ville de Paris explose ». « Cela nous donne beaucoup de travail, mais on a de bons avocats et de bons juristes », souriait le directeur des affaires juridiques de la Ville de Paris. Des avocats adverses, on apprenait du même fonctionnaire souriant et condescendant : « C’est vrai qu’il y en a trois ou quatre que je retrouve assez souvent, et ils sont bons ! » (Des noms !, sourit à son tour le barreau). Anne Hidalgo, citée longuement par le gratuit, ajoutait : « Aucun projet de la Ville n’a jamais été abandonné sous la pression ». Et la Mairie elle-même concluait au Parisien du 31 mai 2011 : « La Ville de Paris refuse de se laisser impressionner par un petit nombre d’associations qui ont choisi de fonder leur raison d’être dans une opposition systématique aux projets municipaux ».

L’échec discret

Même si l’on comprend que la Ville ait l’échec discret, ses rodomontades sur les associations cachent mal le malaise né des procès que la Mairie ne gagne pas ou pire : des procès qu’elle empêche de se tenir ou de ceux qu’elle perd franchement.

Pour ne rester ici que dans le quartier et les dossiers abordés sur le blog depuis six ans, on peut évoquer ainsi les faits et méfaits d’une plaideuse arrogante et peu ‘citoyenne’, souvent à contre-emploi tant il est vrai que les procès perdus de la municipalité sont des procès où elle était, et est toujours, du mauvais côté de la barre (nos amis avocats nous pardonneront de penser qu’il pût y avoir un mauvais côté de la barre).

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Bétonite

25 rue Stephenson : Les caves se rebiffent

  • Pourquoi la télé renonce-t-elle à couvrir la politique de l’urbanisme dans la Goutte d’Or ?, se demandent depuis longtemps les habitants du quartier.
  • Parce que la Politique de la ville bétonne la télé, semble répondre une photo qui circule sur les réseaux sociaux depuis une semaine.

Pompéi sur Stephenson ou comment la Politique de la ville bétonne l’info sur l’urbanisme de la Goutte d’Or (Photo D.R.).

Une infiltration de bentonite (à ne pas confondre avec la bétonite dont souffre le quartier) a créé des dommages dans « les réseaux d’assainissement », c’est-à-dire dans les égouts, réseaux sociaux par excellence, entre la rue Myrha et la rue Saint Mathieu, couvrant ainsi les deux blocs et/ou ilots séparés par la rue Cavé. La cause en serait les travaux actuellement en cours sur la parcelle située à l’angle des rues Cavé et Stephenson, vendue pour un euro symbolique au promoteur immobilier Sefri-Cime qui entend bien en tirer le maximum de profit en bétonnant au-delà même des limites généreuses du PLU de Paris.

Le promoteur est si pressé qu’il a même annoncé mensongèrement sur ses réseaux promotionnels qu’il aurait déjà construit cet immeuble (lire sur le blog : « Sefri-Cime dans les nuages »).

L’association Cavé Goutte d’Or, qui suit ces travaux avec la même attention que ceux menés par la société Batigère, qui prétend construire sur l’angle opposé de la même parcelle (Affre/Myrha) un bâtiment identique en tous points à celui dont le permis avat été cassé pour « défaut d’examen complet et sérieux du dossier par l’architecte des bâtiments de France », et par le Diocèse de Paris qui, pour sa part, construit sur le seuil de l’église Saint Bernard, monument historique, un édifice interdit par un arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur sous prétexte qu’un arrêté municipal de mars 2015 contesté en justice aurait autorisé une construction « différente » (Lire pour mémoire : l’appel de Cavé Goutte d’Or, l’intervention de SOS Paris).

Remue ménage sur Cavé/Stephenson (mai 2017).

Sur les trois chantiers, entrepris de concert par leurs promoteurs respectifs avec le double soutien affiché des deux Mairies (centrale et du 18ème, très engagées dans les trois dossiers) en dépit des procédures en cours contre chacun des trois devant le tribunal administratif et la cour administrative d’appel, l’urgence semble se porter pour l’instant sur la parcelle à un euro de l’angle Cavé/Stephenson qui suscite un remue-ménage important, au point d’inquiéter les riverains qui ont vu leurs caves envahies par des coulées de boues dures leur donnant des allures de Pompéi des temps modernes. Pendant qu’elle suivait sur le terrain un mouvement qui pouvait paraître de panique, le chantier trouant la parcelle de partout, creusant et rebouchant à la vitesse de l’éclair en même temps que des assainisseurs de réseaux sortaient des égouts des dizaines de seaux d’on ne sait qu’elle matière grise, l’association Cavé Goutte d’Or recevait d’un de ses correspondants, dans la nuit du 18 au 19 mai, la photo qui illustre ce billet.

Cavé Goutte d’Or a suggéré à son correspondant de transmettre l’incroyable cliché à son syndic qui pourrait en saisir l’expert judiciaire chargé d’accompagner les travaux de Sefri-Cime. Ce qui aurait été fait depuis.

Zoom sur la bétonneuse : jusqu’où se niche la com’ (2 rue Cavé, 18 mai 2017).

Reportage

« Des dizaines de seaux d’on ne sait quelle matière grise » (Cavé/Stephenson, 18-19 mai 2017).

Embouteillage rose sur Cavé/Stephenson (19 mai 2017).

Angle Cavé/Stephenson, 19 mai 2017 : Des écoliers traités comme du béton. On espère que ce ne sont pas ceux de l’école Saint Bernard, dont le ravissant préau arboré sur le seuil de l’église Saint Bernard monument historique est actuellement l’objet d’un bétonnage sauvage.

Pont et chaussée de l’ascension

Résultat de cette crise aiguë de bentonite : Alors que la France somnole sous la chaleur de l’été précoce qui serait tombé de l’ascension, le quartier de la Goutte d’Or subit les travaux d’un chantier qui ne s’arrête donc pas et, tout à ses fouilles, ne respecte pas même les ponts.

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Raté !

Saint Bernard : L’apéro-concert des insoumis fait pschitt !

Le blog a annoncé, samedi dernier, la visite du quartier proposée par l’équipe de campagne de Danièle Obono, candidate de « La France insoumise » pour la 17e circonscription de Paris, qui couvre la Goutte d’Or.

La visite devait se terminer par un concert et un apéro sur le parvis de l’église Saint Bernard, annonçait le programme diffusé par le blog (dont on connait la rigueur et le sérieux des sources). Mais la surface de la circonscription était trop grande ou la candidate trop ambitieuse dans sa « visite guidée insoumise » (oxymore ?). Toujours est-il que la balade s’interrompit place Paul Éluard, entrée Nord-Est de la Goutte d’Or au croisement des rues Marx-Dormoy, la Chapelle, Ordener, Riquet et Philippe-de-Girard.

Le poème « Liberté, j’écris ton nom » récité par un militant de LFI sur la place Paul Éluard (21 mai 2017).

La Goutte d’Or était ainsi une fois de plus sacrifiée. Au son de « Liberté, j’écris ton nom » qui plus est, récité au mégaphone (image ci-contre). Ni visite du quartier, ni apéro, ni concert sur le parvis de Saint Bernard. « C’est comme ça aux Insoumis », s’excusait-on dans un sourire.

À insoumis,
insoumis et demi

Missionnée par Danièle Atala, habitante du quartier et tête de liste Front de gauche aux municipales de 2014, pour présenter « l’habitat et l’urbanisme dans la Goutte d’Or » (point 8 du parcours), l’association Cavé Goutte d’Or (qui y avait cru et s’était préparée) fit, à son tour, acte d’insoumission et entraîna presque de force ce qui restait de la petite équipe en débandade jusqu’au monument historique de la Goutte d’Or où Danièle Obono annonça qu’elle reviendrait et où, la cheffe une fois partie pour d’autres horizons, son suppléant fut kidnappé par une équipe de télévision C-News pour une interview sur « la-pétition-contre-le-harcèlement-de-rue-à-la-chapelle-qui-fait-polémique » (Pourquoi ? expliquent Les Inrocks et Le Huffington Post).

Danièle Obono et Danièle Atala pour La France insoumise (Place Paul Éluard, entrée Nord-Est de la Goutte d’Or, 21 mai 2017).

C’est l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie qui s’en trouva tout ravi, avec sa malheureuse extension de l’école Saint Bernard sur le seuil du monument historique, insoumis s’il en est qui construit un édifice interdit par un arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur sous prétexte qu’un arrêté municipal de mars 2015 contesté en justice aurait autorisé un édifice « différent » du premier (cf. pour mémoire : Cavé Goutte d’Or devant la cour administrative d’appel, SOS Paris engagée à ses côtés).

Tout bénéf, en effet, pour l’Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique (OGEC) que cette halte ratée des Insoumis sous ses fenêtres et ce détournement d’attention par les vendeurs à la sauvette de la Chapelle.

Pourtant, il se dit que Mélenchon n’est pas mauvais avec les enfants. Selon Le Parisien, en effet, « le leader de La France insoumise s’est trouvé au milieu d’une nuée d’enfants alors qu’il était venu soutenir les candidats du mouvement dans le 18e arrondissement de Paris. Après quelques selfies avec eux, et face à leur engouement débordant, il s’est permis de les recadrer avec autorité et une efficacité surprenante » (Le Parisien nous surprendra toujours de ses surprises).

C’est vrai que la scène n’est guère transposable sur l’école Saint Bernard, mais Jean-Luc Mélenchon et Danièle Obono peuvent toujours demander aux dirigeants de l’OGEC d’arrêter ça !

*

LFI aura inauguré les rencontres de Cavé Goutte d’Or avec les candidats de la 17e circonscription. Place aux suivants, dont l’association cherche à connaître les projets pour, notamment : la requalification de la rue Boris Vian, la protection de l’église Saint Bernard, la Politique de la ville, les fresques du square Léon et, de manière générale, le respect de « l’espace urbain d’intérêt exceptionnel » identifié par l’historien François Loyer pour l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme dont la Ville de Paris est membre statutaire).

Prochains articles : Le Café En Vrac accueille l’équipe d’En Marche le 25 mai… Vaillant et Brossat ballotés par les amis qu’ils revendiquent… LR découvre le cas d’école Saint Bernard… Les questions de Cavé Goutte d’Or aux candidats des législatives…

Au coeur de la Goutte d’Or, « un espace urbain d’intérêt exceptionnel autour d’un édifice de qualité exceptionnelle » (François Loyer pour L’APUR). À suivre.

 

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17e circonscription

Cavé Goutte d’Or à la rencontre des candidats de la circonscription aux législatives des 11 et 18 juin

  • Requalification de la rue Boris Vian, respect de « l’espace urbain d’intérêt exceptionnel » identifié par l’APUR, protection de l’église Saint Bernard contre l’extension de l’école Saint Bernard sur son seuil, fresques du square Léon, écoute des habitants, … : Cavé Goutte d’Or souhaite entendre ce que proposent les candidats à la succession de Daniel Vaillant sur l’habitat et l’urbanisme.
  • Mais la succession de Daniel Vaillant est-elle bien d’actualité ?

À cheval sur les XVIIIe et XIXe arrondissements, la 17ème circonscription englobe La Goutte d’Or et La Chapelle.

Selon Le Parisien du 20 mai 2017, « les jeux sont faits » : « 374 candidatures provisoires ont été déposées à la préfecture de la région d’Île-de-France, préfecture de Paris pour les 18 circonscriptions qui composent Paris, ce qui correspond à un peu plus de 20 candidats par circonscription ».

Pour mémoire, les circonscriptions parisiennes ne correspondent pas aux arrondissements parisiens : depuis le redécoupage de 2010, applicable aux dernières élections législatives de 2012 et aux suivantes, des 11 et 18 juin prochains, dix-huit circonscriptions couvrent les vingt arrondissements de Paris (liste et composition). Le XVIIIe arrondissement est à cheval sur les 17e et 18e circonscriptions, la 17e englobe la Goutte d’Or et ce sont naturellement les candidats de cette circonscription que le blog de Cavé Goutte d’Or souhaite rencontrer et faire rencontrer à ses lecteurs au cours des deux semaines à venir.

La 17ème

En matière de presse, « la 17ème » est une référence magique, valant pour « 17ème chambre » ou « chambre de la presse », spécialisée dans les affaires de presse au tribunal de grande instance de Paris. Qu’en sera-t-il en matière de circonscription ?

Déjà, Daniel Vaillant a fait le buzz (et un peu la une, allez !) devant la 17e (circonscription) toute la journée du 17 (mai). Comme nous l’avions annoncé dans notre billet du 9 mai, l’ancien maire du XVIIIe arrondissement envisageait de concourir sous les couleurs d’En Marche, contre Colombe Brossel (PS) ou Ian Brossat (PC), «  pour garder la 17e circonscription à gauche », disait-il au Monde. Et le blog de retenir son souffle :

  • « Entre le député en place qui estime que ‘la Goutte d’Or Sud a très mal vieilli’ et sa challenger, investie par le PS et chargée à la Mairie de Paris de la requalification du secteur Goutte d’Or/Boris Vian, naguère ensemble sur le fronton de la célèbre permanence du 13 rue Cavé héritée de Lionel Jospin, les habitants de la Goutte d’Or vivent les prochaines quarante-huit heures dans une délicieuse effervescence, puisque aussi bien La République en marche décidera jeudi après-midi des investitures pour les législatives », écrivions-nous.

Daniel va et vient

À 13 h 35 mercredi 16 mai, le député sortant est annoncé comme renonçant : « Daniel Vaillant renonce », titre Le Parisien, toujours bien informé sur ce à quoi Daniel Vaillant ne renonce pas (on se souvient de coup médiatique d’avril 2011 !).

À 20 h 10, Le Parisien titre que « finalement non, pas sûr » :

Mais le lendemain 17 mai, à 12 h 25, Daniel Vaillant jette l’éponge sur son compte facebook :

Peu après, Europe 1 confirme :

Et se ravise à son tour le lendemain :

Pas même le temps de changer de photo ! Même moue.

Et vendredi 19 mai encore, le Parisien résume : « Après avoir souhaité – en vain – décrocher l’investiture des macronistes, Daniel Vaillant a, ces derniers jours, tour à tour renoncé à sa candidature sous prétexte qu’un candidat En Marche! était dans les tuyaux puis, ne voyant rien venir, déclaré qu’il était toujours candidat. Aux dernières nouvelles, selon son entourage, Daniel Vaillant maintenait sa candidature ce vendredi soir ».

Le 20 au matin, le journal publie les listes des candidats. Vaillant est sur la 17ème au double titre de « dissident sortant » :

  • La liste du Parisien le 20 mai : « Catherine AUBERT (UPR), Ian BROSSAT (PC), Colombe BROSSEL (PS), Stéphanie BRUHIERE, Bernardette CHABANET, Babette de ROZIERES (LR), Chloé DESFACHELLE, Arhella ELSODY, Béatrice FAILLÈS (LREM), Vanessa LANCELOT, Stéphane LE GOFF (LO), Douchka MARKOVIC (EELV), Fetta MELLAS, Christian MELLINGER, Danièle OBONO (LFI), Franck PUPUNAT, Jade, ROZENKRANC, Daniel VAILLANT (dissident) député sortant, Philippe VALDENAIRE, Mohamedy YAFFA. »

Et de refaire tourner les têtes en se remettant lui-même en selle ce samedi 20 mai 2017 sur son compte facebook avec un hashtag

Daniel Vaillant et Emmanuel Macron à l’Hôtel de Ville de Paris, le 14 mai 2017. Capture d’écran de la page facebook de Daniel Vaillant.

En attente d’une liste définitivement validée, Cavé Goutte d’Or affute ses questions et inaugure sa tournée en suivant, demain 21 mai, les pas qu’on devine insoumis de Danièle Obono, candidate soutenue par Jean-Luc Mélenchon (lire ci-après).

*

21 mai, église Saint Bernard : Halte insoumise sur un espace urbain d’intérêt exceptionnel

  • Du colonel Fabien à Boris Vian en passant par Jean Jaurès, Paul Éluard, Rosa Parks, René Marx-Dormoy, Louise Michel… la candidate Danièle Obono* de LFI soutenue par Jean-Luc Mélenchon propose une visite guidée de la 17e circonscription ce dimanche 21 mai.
  • L’association Cavé Goutte d’Or invitée à plancher sur « l’habitat et l’urbanisme dans la Goutte d’Or ».
  • La rue Boris Vian et l’extension de l’école Saint Bernard à l’ordre du jour avant un apéro concert sur le parvis de l’église, monument historique au titre du patrimoine et de la solidarité envers les migrants. 

Le programme de la promenade

Les livrets thématiques de la France insoumise

*Danièle Obono, 36 ans, Paris

Bibliothécaire et chercheuse en anthropologie sociale, Danièle Obono est militante au sein des mouvements altermondialiste, anti-guerre et antiraciste.

 

 

 

 

 

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Marchands du temple

Le vide grenier de Saint Bernard terrasse les saints de glaces, l’ombre de l’OGEC demeure

  • Le soleil l’a emporté, mais l’édifice que l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie tente d’imposer à « l’espace urbain d’intérêt exceptionnel » qui accueillait, ce dimanche 14 mai, le vide grenier de Paris-Goutte d’Or offre encore sa grise image.
  • Pour combien de temps ?

Cavé Goutte d’Or parmi les « marchands du temple » (14 mai 2017).

L’étude de l’APUR (dont Cavé Goutte d’Or a fait une affiche ; en bas à gauche sur cette photo) n’était pas à vendre mais se laissa voir au vide grenier de Paris-Goutte d’Or (Photo CGO 14 mai 2017).


Un tee-shirt prémonitoire ?

En ce dimanche de brocante, où le soleil eut finalement gain de cause, un tee-shirt prémonitoire (?) et pris sous toutes les coutures par nos reporters flottait dans les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard et sur fond de la construction grise de l’OGEC, vrai marchand du temple de cette histoire qui a déposé trois fois le même projet pour éviter les frais, narguer l’histoire et écarter les plans alternatifs proposés par Cavé Goutte d’Or (Lire pour mémoire : l’appel de Cavé Goutte d’Or, l’intervention de SOS Paris).

 

 

 

 

 

En Marche !?

Un vide grenier dans un « espace urbain d’intérêt exceptionnel » autour d’un « édifice de qualité exceptionnelle » (François Loyer pour l’APUR).

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Saintes glaces

Le cinquième vide grenier de Paris-Goutte d’Or à l’ombre de l’école Saint Bernard

  • L’ombre (qu’on espère provisoire) des trois plateaux sur pilotis que l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie construit sur le seuil de l’église Saint Bernard rivalise cette année avec les saints de glace pour gâcher la fête.

On se souvient que, le 22 mai 2016, il pleuvait des cordes sur la Goutte d’Or, – au point que les organisateurs du vide grenier devenu familier sur le parvis de l’église Saint Bernard organiseraient une séance de rattrapage en septembre 2016.

Si les prévisions météorologiques ne sont guère plus rassurantes cette année que l’an dernier, saints de glace obligent, du moins, l’année dernière, les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard étaient encore vierges de l’atteinte que leur porte désormais (provisoirement, on veut le croire) la construction de l’école du même nom dans la co-visibilité immédiate de l’unique monument historique du quartier.

Notre billet du 21 mai 2016 signalait le risque que l’«Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique Saint Bernard – Sainte Marie (OGEC)», gestionnaire de l’indispensable école Saint Bernard, profite de la notoriété et de la qualité reconnue et méritée de cette école pour construire n’importe quoi dans son préau et dans les perspectives monumentales de son illustre voisine au motif (aussi légitime et reconnu que l’école elle-même) que ses locaux vétustes devaient être mis aux normes et agrandis.

Nos lecteurs connaissent la contestation des riverains, relayée par Action Barbès, les actions en justice de Cavé Goutte d’Or et SOS Paris, et le bras de fer mené par l’administration de l’école au risque de la voir démolie en raison d’un permis qui pourrait être jugé illégal, – un risque transformé en défi par les parents d’élèves qui – dans un « Chiche ! » retentissant – reportaient à l’avenir la réflexion sur le risque de démolition, « le risque qu’un jour (…),

Un risque transformé en défi (Peinture sur toile de Torres, 1997 exposée au vide grenier du 14 mai 2017).

« qu’un jour, si un juge tranche en faveur de la démolition de la moitié d’une école (????), nous soyons contraints de remettre le bâtiment dans son état initial »…

Les quatre points d’interrogation sont dans le texte source. L’auteur du billet posté sur la page facebook des Amis de l’école Saint Bernard entend donc clairement interroger ses collègues lecteurs : « Un juge osera-t-il (entend-on en arrière plan) un jour trancher en faveur de la démolition de la moitié d’une école ???? » (Lire sur le blog).

*

Ils connaissent aussi le soutien apporté par la Mairie du 18e à un projet qu’elle avait au départ sévèrement contesté, Daniel Vaillant se félicitant d’avoir su mettre le holà de réprimande à un projet que son adjoint à l’Urbanisme, au Logement et à l’Architecture assurera ensuite d’un « Hola ! » de bienvenue par trop amical, dont SOS Paris a récemment mis en relief qu’il reposait en outre sur l’interpolation d’un document officiel de l’APUR, atelier parisien d’urbanisme :

  • Le holà ! de Daniel Vaillant, alors maire du 18e arrondissement : « Je connais des projets privés sur le secteur qui me consternent, notamment des extensions de l’école (Saint Bernard). Heureusement que nous sommes là pour signifier qu’il n’est pas possible d’enlaidir un secteur qui a été complètement remis en valeur ».
  • Le Hola ! de Michel Neyreneuf qui évoque le « soutien apporté par la municipalité à l’OGEC Sainte Marie Saint Bernard pour l’obtention du permis de construire qui permettra à cette école diocésaine d’avoir des locaux suffisants pour continuer son action ainsi qu’une accessibilité de l’ensemble du bâtiment ».
  • La perplexité de SOS Paris : « Le soutien apporté avec insistance au permis par la municipalité au motif de la mise aux normes laisse planer le doute sur l’instruction et l’autorisation qui auraient été appelées à venir cacher, par un permis de construire, la défaillance de l’autorité administrative à faire respecter l’entretien et la mise aux normes » (extraits du mémoire de SOS Paris devant la Cour administrative d’appel).

*

Sur les risques de démolition d’un édifice construit sur la base d’un permis jugé ultérieurement illégal, lire : La démolition dans le texte.

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  • Le vide grenier de Paris-Goutte d’Or aura lieu dimanche 14 mai 2017 toute la journée sur le parvis de l’église Saint Bernard et la rue Saint Bruno. Cavé Goutte d’Or y tiendra un stand alimenté par ses membres et amis. Le produit des ventes sera intégralement versé au soutien de ses actions. Seront également consultables sur le stand de Cavé Goutte d’Or les cartes publiées à l’appui de l’étude de François Loyer pour l’APUR désignant l’ensemble constitué par l’église Saint Bernard et les rues qui l’entourent comme « un espace urbain d’intérêt exceptionnel » autour d’un « édifice de qualité exceptionnelle ».
  • Les lecteurs du blog sont chaleureusement invités à participer au vide grenier, à rencontrer à cette occasion et soutenir les associations du quartier qui y participent, dont Cavé Goutte d’Or.
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Investitures

La Goutte d’Or en marche derrière ses seniors ?

  • Après le soutien de Daniel Vaillant et Bertrand Delanoë au mouvement « En marche », qui d’autre pour accompagner la Goutte d’Or durant le prochain quinquennat ?
  • La SEMAVIP, Éric Lejoindre, le Pari citoyen, la Salle Saint Bruno, l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie ont-ils fait acte de candidature à l’investiture convoitée de la circonscription populaire ?

Les nouveaux visages de la Goutte d’Or (Photo Dixhuitinfo.com, 2008).

On sait que, sous les auspices de François Mitterrand, la Goutte d’Or a vu de célèbres fées se pencher sur le berceau de sa prétendue « réhabilitation » : Lionel Jospin, Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë font partie des jeunes loups envoyés en frondeurs dans les années 1974-75 pour emporter le quartier populaire quelques années plus tard, participer à sa démolition dans les années 1980-90, et créer, avec le soutien d’Alain Juppé, la « zone urbaine sensible » qui ne se serait (à leurs yeux) toujours pas désensibilisée depuis :

  • L’un des communicants majeurs de Lionel Jospin, Manuel Valls, n’est-il pas à l’origine de la décision de faire d’une des plus ancienne « zone urbaine sensible » la première « zone de sécurité prioritaire » du pays ?
  • Les promoteurs immobiliers  soutenus par la Mairie de Paris pour sur-densifier le quartier ne justifient-ils pas leurs méfaits en s’abritant derrière ce statut sécuritaire en prétendant, comme le fait la SEFRI-CIME PRMOTION, que son projet « ne s’inscrit pas dans un tissu urbain aux caractéristiques particulières, mais dans un quartier parisien marqué par l’insécurité – comme le révèle son classement en zone de sécurité prioritaire en 2012 – et dont les qualités architecturales ne peuvent être raisonnablement qualifiées d’exceptionnelles ».

Ça n’en marche pas comme ça

Va falloir qu’on demande l’autorisation d’abord, tu sais.

Si Manuel Valls a été courtoisement (mais fermement) rappelé à l’ordre, en ce deuxième jour de l’ère Macron, afin qu’il présente « comme tout le monde » sa candidature à l’éventuelle investiture de la désormais « République en marche », qu’en est-il de Daniel Vaillant, ci-devant maire du 18e arrondissement de Paris qui a eu le courage de reconnaître que la Goutte d’Or Sud avait « très mal vieilli » ? Dans un entretien au Monde du 6 avril 2017, l’actuel « député de la Goutte d’Or » (de la 17e circonscription de la capitale) déclarait : « Si Hamon est président de la République, je ne serai pas candidat. Si Macron est élu et qu’il arrive en tête dans ma circonscription, il ne faudrait pas qu’un candidat MoDem voire UDI profite de la dynamique présidentielle et gagne avec l’étiquette En marche ! Pour éviter cela, il est envisageable que je me présente. Je veux tout faire pour garder la 17e circonscription à gauche ».

Et l’ancien maire de la Goutte d’Or et ses abords d’ajouter : « À ce jour, je n’ai pas eu de discussion avec Macron au sujet d’une investiture. Je rappelle qu’en décembre 2016, une majorité de militants dans ma circonscription souhaitait que je sois leur candidat. Le parti n’en a pas tenu compte et a investi Colombe Brossel bien qu’elle ait obtenu moins de voix que moi lors de sa désignation par les adhérents. Je ne l’ai pas accepté mais j’en ai pris acte. J’ai estimé que j’avais retrouvé une forme de liberté à l’égard du PS ».

Entre le député en place qui estime que « la Goutte d’Or Sud a très mal vieilli » et sa challenger investie par le PS et chargée à la Mairie de Paris de la requalification du secteur Goutte d’Or/Boris Vian, naguère ensemble (ci-dessus) sur le fronton de la célèbre permanence du 13 rue Cavé héritée de Lionel Jospin (ci-dessous), les habitants de la Goutte d’Or vivent les prochaines quarante-huit heures dans une délicieuse effervescence, puisque aussi bien « La République en marche » décidera « jeudi après-midi » des investitures pour les législatives.

PS, LR, EELV, LREM
ou l’investriture du cercle

Éric Lejoindre, maire PS du 18e, vote contre le vœu de Pascal Julien (EELV) pour le classement en ELP de la zone saccagée par l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie (sources Mairie 18).

Si on mesure – ô combien ! – sa charge quant au secteur Boris Vian/Goutte d’Or, dont elle a promis qu’il serait livré tout neuf avant la fin de la mandature municipale (mai 2020), on ignore tout de la position de Colombe Brossel sur les autres points chauds de l’urbanisme de la Goutte d’Or, notamment sur l’extension malheureuse de l’école Saint Bernard qui a obtenu l’étrange soutien de la Mairie contre elle-même (deux arrêtés municipaux contradictoires de 2012 et 2015 interdisent et autorisent en effet la même atteinte à l’église Saint Bernard, classée monument historique entre les deux arrêtés), mais on sait que, contrairement à son ancien adjoint Éric Lejoindre (ci-contre), Daniel Vaillant s’est félicité d’avoir voulu interdire cet objet architectural dont il a dit, avant que sa Mairie ne le soutienne néanmoins, qu’il n’était « pas possible d’enlaidir un secteur qui a été complètement remis en valeur ».

On sait aussi que, du côté de l’opposition de droite, on a voté au conseil d’arrondissement pour la construction contestée au motif confondant et contondant que, de cette construction au mépris du monument historique et de l’« espace urbain de qualité exceptionnelle » dans lequel l’école Saint Bernard avait la chance d’être située, dépendrait l’avenir de l’école, – alors que c’est bien sûr le contraire :

Explication de vote du conseiller de Paris LR contre le vœu EELV pour la protection de l’angle des rues Pierre L’Ermite et Saint Bruno. Compte rendu de séance du conseil d’arrondissement du 20 juin 2016 (voir le verbatim complet).

On se perd donc en conjecture sur la personnalité qui sera investie pour la 17e circonscription et saura sauver la Goutte d’Or de la Politique de la ville qui l’a enfoncée jusqu’ici sous quarante années de préjugés (car l’indulgence accordée par la Mairie de Paris à l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie au détriment d’un « espace urbain de qualité exceptionnelle » identifié par l’Atelier parisien d’urbanisme est assurément un avatar de la Politique de la ville [à suivre]).

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