La rentrée Boris Vian

Saint-Boris de rattrapage pour l’Urbanisme parisien

  • Pendant les vacances scolaires (toutes zones confondues), les fêtes de Pâques et les ponts des 1er et 8 mai, ont eu lieu diverses manifestations sur et autour de la rue Boris Vian, manifestations encadrées cette année par les interventions intempestives, parfois contradictoires, des Mairies de Paris et du 18e arrondissement aux prises avec un calendrier difficile.
  • Un « comité de suivi » doit être mis en place ce lundi 20 mai pour accompagner un projet réparateur qui reste à concerter.
  • Retour sur les étapes à venir.

Gymnase Goutte d’Or, rue Boris Vian (détail de la sculpture de Lyonel Kouro), avril 2019.

On se souvient que le 2 mai 2019, lors de la huitième édition de la Saint-Boris sur les lieux de la première rénovation urbaine de la Goutte d’Or Sud, une douzaine d’associations ou collectifs et plusieurs membres du conseil citoyen et conseil de quartier se sont réunis autour de la Cohérie Boris Vian pour faire le point sur une année de flottement durant laquelle la rue Boris Vian n’a rien vu de  « l’instance de dialogue » annoncée par Anne Hidalgo après l’installation symbolique d’une plaque à son nom, le 2 mai 2018.

La Cohérie Boris Vian venait alors d’informer le Conseil de Paris qu’elle retirait l’autorisation d’utiliser (« d’ exploiter », écrit le Parisien du 13 mai dernier) le nom de l’écrivain et musicien pour cause de dégradation entretenue de sa rue et, plus largement, de la Goutte d’Or Sud (notre billet du 2 mai 2018 et notre billet du 5 mai 2019).

En dépit de la position très fragile dans laquelle se trouvent les responsables de l’Urbanisme parisien dans le secteur – une position qu’ils partagent au demeurant avec leurs collègues de la Politique de la ville, de la Sécurité, du Commerce et des prétendus Quartiers populaires* –, la Saint Boris a été boycottée de concert cette année par la Mairie de Paris et celle du 18e.

Travail sur pièce. Notre billet du 5 mai 2019.

Ce qui est dommage car, outre le buffet magistral offert par La Table ouverte, partenaire de la première heure des rencontres du 2 mai instaurées par la Cohérie Boris Vian et Cavé Goutte d’Or, les édiles ont manqué la découverte et la présentation d’une maquette d’étude qui, pour la première fois, offrait aux habitants l’occasion de se représenter dans toutes ses dimensions, dans l’espace et la profondeur, des toits aux sous-sols, l’îlot formé par les rues Polonceau, des Gardes et de la Goutte d’Or.

Du boycott
au comité de suivi

Absentes le 2 mai, les Mairies de Paris et du 18e arrondissement, tiendront une séance de rattrapage le 20 mai, un an presque jour pour jour après la réunion du 25 mai 2018 organisée à l’Hôtel de Ville, à l’issue de laquelle la maire de Paris avait donc annoncé à la Cohérie Boris Vian « la mise en place dans les meilleurs délais d’une instance de dialogue pour faciliter le partage d’information et permettre une meilleure appropriation du projet » (lettre de Madame Hidalgo à la Cohérie Boris Vian du 6 juin 2018).

Dans sa lettre à la Cohérie Boris Vian, la maire de Paris précisait les contours de son engagement : « Je partage votre préoccupation sur l’état de dégradation aggravé de la rue Boris Vian. Je souhaite vous assurer de la très grande vigilance que je porte à la requalification profonde et durable de cette rue et, plus largement, des arcades de la Goutte d’Or et de l’ensemble du quartier ».

C’est peu dire qu’Anne Hidalgo n’a pas été suivie par ses troupes.

Pour ce qui est des meilleurs délais, il aura fallu en effet 360 jours aux directions convoquées par la Secrétaire générale de la Ville de Paris le 25 mai 2018 (suite, déjà, à l’intervention des associations du quartier qui, devant la décision de la Cohérie Boris Vian du 2 mai 2018 de retirer l’autorisation d’utiliser le nom de l’écrivain pour la rue qui le porte dans la Goutte d’Or, l’avaient nommée « rue Anne Hidalgo » dans une installation qui fera date)  pour ouvrir un comité de suivi le 20 mai 2019.

Pour ce qui est de l’instance de dialogue, la municipalité reprend timidement le mot en indiquant que « le comité sert à informer et à dialoguer » après avoir posé, néanmoins, qu’il « n’a pas pour objet de remettre en question le projet » qui aurait été « validé » et serait même déjà « en cours de réalisation » :

  • « Le comité sert à discuter la mise en œuvre du projet de requalification présenté dans ses grandes lignes opérationnelles le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e, validé suite à cette réunion, et en cours de réalisation ».

Pour ce qui est de l’appropriation du projet, les habitants sont invités à se souvenir des vagues propos par lesquels il a été « présenté dans ses grandes lignes » lors de l’arbre de Noël du maire du 18e arrondissement,  le 13 décembre 2018.   

Pour ce qui est enfin de l’objet de la préoccupation que Madame Hidalgo partage avec la Cohérie Boris Vian, force est d’observer qu’il est très amoindri par les Puissances invitantes au Comité de suivi du 20 mai 2019 puisque, en regard des propos explicites de la maire de Paris qui fait état de « l’ensemble du quartier », les patrons de l’Urbanisme et de la Politique de la ville du 18e arrondissement s’empressent de souligner que « le comité a vocation à traiter les diverses questions induites par l’opération d’urbanisme mais pas celles du quartier en général ».

Or, c’est bien l’ensemble du quartier qui a été meurtri par l’opération de renouvellement urbain décidée dans les années 1980, menée dans les années 1990, – et l’ensemble du quartier qui pourrait pâtir encore d’une opération d’urbanisme malmenée en 2019 après un an de huis clos peu compatible avec l’instance de dialogue promise.

Un Cosui de fil blanc

Vue du toit du gymanse (avril 2019). Covisibilité avec l’église Saint Bernard, monument historique.

En réalité, les lanceurs du Comité de suivi (COSUI pour les intimes) prétendent pouvoir contourner la phase de concertation qui n’a jamais eu lieu en tant que telle, et même se dispenser de rendre compte de ce qu’ils pourraient estimer valoir concertation au cours des dernières années.

Plus encore, à quelques heures de l’ouverture du Comité de suivi, aucune des pièces demandées par Cavé Goutte d’Or n’a été remise à l’association quand bien même, dans son mail du 30 avril 2019, la conseillère chargée de l’Urbanisme, de l’Aménagement et du Renouvellement urbain au Cabinet de la maire de Paris, Madame Marion Picard, écrivait qu’elle allait voir (ou en tout cas regarder) ce qu’elle pouvait faire : « Parmi votre liste, nous allons regarder ce qui est diffusable ».

On se souvient que Cavé Goutte d’Or demandait (et demande toujours) la production des notices de présentation et plans du projet de requalification qui aurait été « présenté dans ses grandes lignes opérationnelles le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e », de la décision de prétendue « validation » du projet présenté dans ses grandes lignes, de la délibération qui sera soumise au vote du Conseil d’arrondissement et du Conseil de Paris sur le projet de rénovation et tous documents préparatoires.

> Consulter le calendrier serré d’avril-mai 2019
> Consulter la chronologie mai 2018-mai 2019 (2020)
> Consulter la chronologie 1981-2018

Comme le relève le blog d’ASA PNE (Association pour le suivi de l’aménagement Paris Nord-Est), « le projet reste à concerter » :

  • « En lançant l’invitation à un comité de suivi le 20 mai sur ‘l’opération de requalification des arcades de la rue de la Goutte d’Or et du passage Boris Vian’, la Mairie du 18e a annoncé bien imprudemment que la discussion se ferait sur un projet ‘validé’ suite à une réunion qui s’est tenue le 13 décembre 2018 ne présentant le dit projet que ‘dans ses grandes lignes opérationnelles’ parmi beaucoup d’autres sujets, alors même qu’aucun bilan de la concertation n’ait été fait comme le veut la règle ! »

ASA PNE poursuit : « La discussion sur l’opération de requalification, si elle a été ébauchée depuis deux ou trois ans, n’a jamais fait l’objet d’une réelle concertation comme le demandent les associations locales à l’instar de Cavé Goutte d’Or et des héritiers de Boris Vian. Une situation qui a abouti le 2 mai 2018 à la décision de la famille de Boris Vian de retirer l’autorisation d’utiliser le nom de l’écrivain-poète de la rue qui le porte et le remplacer ‘symboliquement’ par celui d’Anne Hidalgo ! » (Lire : « Requalification Goutte d’Or : un comité de suivi pour un projet qui reste à concerter », ASA PNE 10 mai 2019, mise à jour 15 mai 2019).

Et le président d’ASA PNE d’ajouter, dans Le Parisien du 13 mai : « La Ville compte nous présenter un projet déjà validé, alors qu’il n’y a pas eu de concertation aboutie. Nous demanderons une remise à plat et des actions, dans les mois qui viennent : l’an prochain, ce sera le centenaire de la naissance de Boris Vian, il serait dommage d’en être au même point ».

« Même la plaque de la rue a été noircie. Tout un symbole », déplore au Parisien Olivier Ansart, président d’ASA PNE (Photo Le Parisien, 13 mai 2019).

À en croire l’association issue du collectif qui s’est mobilisé en 2002 pour la réhabilitation de la halle Pajol (voir ici pour mémoire), aguerrie en matière de concertation urbaine, ce ne serait que « piquée au vif » par l’installation d’une rue Anne Hidalgo sur les terres de Boris Vian que la Mairie aurait « retenu l’idée d’un comité de suivi comme ‘une instance de dialogue’ », ASA PNE ajoutant qu’« il a fallu encore que les associations, notamment Cavé Goutte d’Or, se mobilisent ces dernières semaines (…) pour que la promesse de Madame Hidalgo devienne réellement effective ».

Et de conclure : « Ainsi le 20 mai, le comité de suivi se réunira pour la première fois avec des participants exigeants et déterminés. Ils demanderont que le projet puisse être discuté et élaboré dans un esprit de co-construction avec toutes les parties prenantes. Bien entendu, ASA PNE soutient les associations locales très engagées dans cette ‘lutte urbaine’, d’autant plus que le secteur concerné est intégré depuis 2013 au périmètre élargi de Paris Nord-Est ». 

Vers un travail
de cohésion territoriale

Projet urbain Paris Nord-Est (sources Atelier 26).

Favorisant les rencontres de plusieurs associations, l’édition 2019 de la Saint Boris a offert en outre des perspectives sur l’ensemble des projets urbains en cours d’élaboration dans le secteur.

L’équipe de jeunes architectes du quartier qui ont présenté une maquette d’étude le 2 mai dernier s’est vue en effet, immédiatement après, sollicitée par les divers collectifs membres du réseau 10-18, lui-même très actif sur les quartiers Barbès/Goutte d’Or/La Chapelle, afin d’étudier la problématique globale de l’urbanisme de cette partie du Nord-Est parisien qui s’étend des deux gares du Nord et de l’Est vers les portes. Ils ont ainsi participé, le 14 mai dernier, à la réunion publique de restitution de la concertation sur la transformation de la gare du Nord, dont SOS La Chapelle rend compte sur sa page facebook (voir ici) et participeront à la première réunion du comité de suivi sur le secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or.

Dans une étude que nous citions le 18 janvier 2019 (cf. « Hidalgo ouvre un rond-point à la Goutte d’Or »), Action Barbès dressait la liste des nombreux travaux de voiries en cours ou en projet dans le quartier et, plaidant pour une révision du plan de circulation, appelait à « penser les aménagements de manière globale » (Lire l’étude d’Action Barbès du 26 décembre 2018, rediffusée sur son blog le 19 février 2019).

Au lendemain de l’incendie du 10 février 2019 qui devait marquer l’un des angles de la rue Boris Vian/Anne Hidalgo, Cavé Goutte d’Or avait, pour sa part, proposé une carte des ‘petits chantiers’ ouverts un peu partout et appelé à instaurer une politique urbaine derrière les promenades urbaines. Observant que « la quantité de projets parallèles que la Ville de Paris met en place directement dans ses prétendues ‘oasis’ en zones urbaines perdues ou indirectement en soutenant de prétendus ‘votes’ du budget participatif vient brouiller la rénovation qu’elle s’applique à mener » (cf. « Cash misère », notre billet du 12 février 2019 et « Mille feuilles urbain » (extrait pdf de ce billet).

« Plus encore qu’ils ne se plaignent d’avoir à se frayer un chemin entre les palissades des chantiers qui se suivent dans le temps et dans l’espace, comme l’évoque le Parisien du 4 février 2019, les habitants s’interrogent sur l’organisation brouillonne de cette rénovation en mille-feuilles », écrivions-nous alors. Si donc quelques-uns de ces projets pouvaient être reliés dans un souci de cohérence et d’ouverture des chantiers les uns sur et par les autres, le quartier n’en serait sans doute pas lésé.

*

Le Grand Huit : du COSUI Boris Vian au Conseil d’arrondissement en passant par l’APUR et le
Vide Grenier de Paris Goutte d’Or

Bulletin d’inscription à la Salle Saint Bruno ou à la permanence de Paris Goutte d’Or

Huitaine chargée s’il en est puisque, entre le COSUI du 20 mai et le conseil d’arrondissement du 28 mai, auront lieu l’évaluation à mi-parcours (?) du Contrat de Ville 2015-2020 le 21 mai (présentation APUR à l’Hôtel de Ville**) et le traditionnel Vide Grenier de Paris-Goutte d’Or sur le parvis de l’église Saint Bernard le 26 mai.

Inscriptions au Vide Grenier de Paris Goutte d’Or ouvertes jusqu’au samedi 25 mai. Permanence de Paris Goutte d’Or le 25 mai au 48 rue de la Goutte d’Or (11 h-12h30): parisgouttedor@gmail.com

* Sur les « Quartiers populaires » (désormais affublés du hashtag #QuartiersPop) et autres « embellissements de Paris », lire notre page Humeur.
**
Lire « L’APUR au rapport » en page Défense du quartier.
*** Tout sur le Vide Grenier de Paris Goutte d’Or en page Vie du quartier.

 

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ZSP en danger

La Ville et l’État victimes d’un pickpocket à Barbès

  • L’agression qu’a subie lundi soir Samir Lebcher, le célèbre kiosquier de Barbès, suscite la compassion amicale des plus hautes autorités municipales, précisément en campagne cette semaine dans ce qu’elles persistent à appeler « les quartiers populaires » quand ce n’est, plus cyniquement encore, « les quartiers pop ».
  • En tweetant leur soutien au kiosquier agressé à la veille d’un nouveau comité de suivi de la Zone de sécurité prioritaire Barbès-Chapelle-Lariboisière, Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, Colombe Brossel, Olivia Polski, Alexandra Cordebard, Éric Lejoindre, révèlent la misère des plans de sécurité qu’ils alignent sur zone en leurs qualités respectives pourtant appropriées de maire de Paris, premier adjoint de la maire de Paris, adjointes à la Sécurité, à la Prévention, aux Quartiers populaires, au Commerce, maires des 10e et 18e arrondissements.

Le Parisien du … 25 septembre 2018.

À notre connaissance, Le Parisien n’a pas encore réagi à la dernière agression du kiosquier de Barbès. Qu’à cela ne tienne, nous pouvons recycler son papier du 25 septembre 2018 qui, déjà, partait de la situation impossible de Samir Lebcher – ce « trentenaire lassé de travailler au milieu des vendeurs de cigarettes de contrebande de plus en plus actifs depuis la récente augmentation du prix du tabac, des dealers, usé par la multiplication des vols à l’arraché et des agressions » – pour conclure sur les comités de suivi qui se suivent en matière de zone de sécurité prioritaire :

  • « ‘Même lui a lâché! Une figure emblématique qui a toujours tenu bon’, s’étrangle un habitant du boulevard de la Chapelle. ‘Ce quartier est en perdition’… », expliquait Le Parisien le 25 septembre 2018.

« Et pourtant, le quartier placé en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) depuis 2012 bénéficie d’une extension à Chapelle-Lariboisière depuis plusieurs mois, et d’effectifs policiers qui ne ménagent pas leurs efforts », poursuivait le quotidien du quotidien quelques jours après la séance d’un comité de suivi de cette ZSP réunissant, le 11 septembre 2018, les associations et collectifs du quartier qui, selon le commentaire qu’en fera Action Barbès sur son blog le 19 septembre 2018, « ont tous marqué leur impatience de voir se concrétiser enfin une réelle amélioration, notamment pour des phénomènes signalés et connus de longue date ».

« Phénomènes signalés
et connus de longue date »

Si SOS La Chapelle avait boycotté la réunion du 11 septembre 2018 au motif dûment consigné la veille sur son compte facebook, selon lequel « l’été, dans notre quartier, digne d’une favela, a été épouvantable. Malgré les alertes adressées à la préfecture, c’est toujours la même violence, encore accentuée et de mieux en mieux organisée », Action Barbès y avait « déploré que le pourtour de la station Barbès-Rochechouart soit toujours totalement confisqué par les ‘vendeurs de clopes’, rendant très difficile la vie des habitants et des commerçants du secteur et en particulier pour le kiosque à journaux dont l’activité pâtit très fortement de cette situation ».

Et le blog d’Action Barbès d’illustrer son propos par l’image devenue célèbre en quelques heures d’une carotte de buraliste installée (au sens d’installation politico-artistique) au cœur  du marché frauduleux de vente de cigarettes dans la nuit du 15 septembre 2018 (notre billet du 24 septembre 2018).

Toujours selon Action Barbès, la réunion du comité de suivi SZP du 11 septembre 2018 avait été « amplement marquée par l’agacement et l’impatience des habitants qui sont vraiment las d’un quotidien difficile sur certains secteurs et exigent de la Ville et de l’État, via la préfecture de police, qu’enfin la vie de nos quartiers redevienne plus paisible et vivable pour tous, les habitants mais aussi les commerçants, les artisans et les visiteurs ».

Exigence ?

Dans un quartier qui en connait tant, en a connu tant, en vit tant, au point qu’on lui doit la jurisprudence « La Vie Dejean » du nom de l’association qui, au cours de cinq années de procédures (2013-2018), a fait confirmer à chaque étape, par chaque instance (Tribunal administratif, Cour administrative d’appel, Conseil d’État), la responsabilité de la Ville et de l’État pour carence fautive en matière de sécurité et de salubrité, les exigences émises en comité de suivi paraissent aujourd’hui dérisoires.

D’autant plus dérisoires peut-être que, depuis la séance ZSP du 11 septembre 2018, Anne Hidalgo a perdu définitivement son procès contre La Vie Dejean – c’était en effet devenu son procès puisqu’elle aurait pu l’interrompre dès la décision de première instance (l’arrêt du Conseil d’État date du 9 novembre 2018) – et chargé son premier adjoint Emmanuel Grégoire d’une mission sur les quartiers populaires qui a conduit à un plan d’action général dévoilé le 15 avril 2019, il y a juste un mois (voir notre billet « Réseau 10-18 » du 20 avril 2019) et à des réponses spécifiques sur des questions de vigilances particulières, – réponses jugées largement insuffisantes par les associations du réseau 10-18 qui les ont provoquées

Quelle vitesse supérieure engager aujourd’hui ? Dans son message de solidarité avec Samir Lebcher, le Collectif Marcadet, membre du réseau 10-18, évoque une « réunion de suivi et pilotage ZSP qui s’annonce riche en débat », ce soir, et suggère que « l’insécurité croissante de nos quartiers requiert une réponse plus ferme contre l’ensemble des trafics qui y prospèrent ».

Cavé Goutte d’Or rejoint cette préoccupation qu’elle a tentée de mettre en perspective dès la diffusion du Rapport de l’association Trajectoires, demandé par la Ville de Paris dans le cadre de la question des mineurs isolés dans le quartier de la Goutte d’Or. L’étude de Trajectoires met en effet en lumière les conditions créées par ce que les associations appellent « des phénomènes signalés et connus de longue date », phénomènes que Trajectoires appelle, pour sa part, « l’attraction de la Goutte d’Or ».

« L’attraction de la Goutte d’Or »

Les « phénomènes signalés et connus de longue date » sont en effet, de notoriété publique internationale, ce qui fait l’attraction de la Goutte d’Or puisque aussi bien « l’attraction de la Goutte d’Or » vient, selon Trajectoires qui le répète en maints endroits de son étude, des « opportunités économiques » qu’elle offre et qui favorisent « l’ancrage dans l’errance ».

Les plus hautes autorités de la Ville et de l’État connaissent cette situation puisque, dans la foulée de cette étude commandée par elle, Anne Hidalgo faisait elle-même, à propos des jeunes mineurs dont elle exposait la situation au premier ministre Édouard Philippe, le constat d’« interactions extrêmement complexes », interactions parmi lesquelles la maire plaçait les « réseaux de délinquance organisés déjà installés sur le secteur et très actifs », « la spirale dans laquelle ces jeunes sombrent sous l’emprise de délinquants majeurs implantés de plus longue date et qui les exploitent » (nos billets des 1er septembre 2018 et 3 septembre 2018).

La maire de Paris indiquait ainsi ne rien ignorer de la situation rappelée par l’étude de Trajectoires lorsqu’elle la transmettait au premier ministre : « À  Barbès, ces mineurs s’installent dans un quartier où la vente de drogues et de cigarettes de contrebande est très présente ».

SOS Police

Pour sincères qu’ils soient, et nous n’en doutons pas ici, les messages de sympathie adressés à Samir Lebcher par les autorités dont on attend qu’elles prennent à bras le corps les causes identifiées de la délinquance doivent être lus à la lumière de ce que leurs auteurs connaissent, non pas tant de la réalité du terrain que des conditions qui sont à l’origine de la dégradation. Ainsi en sera-t-il notamment du tweet du premier adjoint Emmanuel Grégoire qui « espère que la police pourra retrouver l’auteur de cette lâche agression » et de celui de l’adjointe Colombe Brossel , en charge précisément de la Sécurité, de la Prévention et des Quartiers populaires, qui « espère que ta plainte et ton témoignage permettront d’interpeller l’auteur de cette lâche agression », Anne Hidalgo elle-même en appelant à ce que l’agresseur soit « rapidement interpellé par la police ».

Aux dernières nouvelles, ces appels à la police (pas encore municipale) auraient bloqué l’application « Dans ma rue » et les autres sites de géolocalisation d’anomalies. De là à ce qu’on crée quelque chose comme « Dans marre » (petit nom de Dans ma rue) comme on vient de le faire pour « Quartiers pop » (très diminutif de Quartiers populaires), le tout avec plein de petits cœurs pour nous le dire avec amour…

 

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Forces vives

Une Saint Boris urbi et turbo

  • Malgré l’absence concertée des Mairies de Paris et du 18e arrondissement, la Saint Boris 2019 fut une grande réussite.
  • La présence autour de la Cohérie Boris Vian d’Action Barbès, de l’Association pour le Suivi de l’Aménagement Paris Nord-Est (ASA-PNE), de l’Union des Commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or, des Collectifs Marcadet et Riverains Lariboisière-Gare du Nord, de Paris Historique, Paris Goutte d’Or, Paris Macadam, La Table ouverte, Cavé Goutte d’Or, de plusieurs riverains ou membres du Conseil citoyen et du Conseil de quartier, a fait de ce désormais traditionnel exercice de démocratie urbaine un rendez-vous incontournable.
  • Et redonné un peu d’éclat à la « rue Anne Hidalgo » qui assure l’intérim de 2018 à 2020*.

Le projet de l’agence d’architectes Atelier 26 ou comment transformer la rue Anne Hidalgo en Jardins Boris Vian (image Atelier 26). On observe le souci du détail qui prolonge la verdure de la place Polonceau en direction de la place de La Chapelle.

La Mairie de Paris avait officiellement décliné l’invitation au motif qu’il « ne (lui) parait pas souhaitable d’être présente le 2 mai  pour évoquer le projet de requalification des arcades de la Goutte d’Or et de la rue Boris Vian. En effet, un premier comité de suivi de cette opération se tiendra le 20 mai à notre initiative et celle de la Mairie du 18e en présence des associations et acteurs locaux du secteur. Il nous parait nécessaire de garantir un même niveau d’information à tous » (mail de Marion Picard, Conseillère Urbanisme, Aménagement et Renouvellement Urbain au Cabinet de la Maire de Paris, 30 avril 2019).

2 mai 2019. Étude de certains des projets en cours sur le TEP de la rue Boris Vian (Photo CGO). On distingue notamment la présence de la Cohérie Boris Vian, Paris Goutte d’Or, Union des Commerçants de la Chapelle Goutte d’Or, Paris Macadam, Action Barbès (Agrandir l’image, la développer, encore).

Va pour « l’initiative » (tardive) revendiquée et consistant à répondre (?) à la promesse d’Anne Hidalgo de « mettre en place dans les meilleurs délais (à compter du 6 juin 2018) une instance de dialogue », au demeurant proposée par Cavé Goutte d’Or le 1er juin 2018 (cf. « La Mairie de Paris en mode ‘Tous mobilisés’ pour sauver la rue Boris Vian ? »). Mais, du coup, la Ville n’aura pas le même niveau d’information que les associations du quartier qui n’ont pas boycotté la Saint Boris et se sont rencontrées, ce 2 mai 2019, autour des derniers éléments connus du dossier, – connus étant une précision utile puisqu’il manque encore à la bonne marche de la concertation beaucoup d’éléments connus de la Ville mais inconnus du quartier, dont Cavé Goutte d’Or a dressé la liste dans sa demande officielle du 19 avril 2019, mise à jour le 29 avril 2019 (la demande de Cavé Goutte d’Or à l’Urbanisme, la liste des documents sollicités).

La liste des documents à produire par l’Urbanisme telle qu’elle a été dressée par Cavé Goutte d’Or en prévision du Comité de suivi à suivre. À gauche, le mille-feuilles des chantiers d’aménagement en cours dans le secteur (Photo RG).

Les dedans dehors de l’Atelier 26. Jardins suspendus à l’élégante touche d’architecture japonaise (image Atelier 26).

La Ville n’aura notamment pas vu la première ébauche de maquette de l’Atelier 26, agence d’architectes du quartier qui a apporté une dimension nouvelle et utile au projet de requalification en en présentant les possibilités en 3D et qui, devant le succès de ce premier travail et les échanges qu’il a suscités, étudie déjà de nouvelles pistes prenant en compte les propositions des riverains qui, pour la première fois, pouvaient pénétrer dans les sous-sols et sur les toits de la parcelle.

Le blog reviendra, dans les deux semaines qui nous séparent du « Comité de suivi » du 20 mai prochain et tout au long du travail de ce comité, sur les projets qui ont émergé le 2 mai 2019 et ceux qui en naîtront et seront présentés aux maître d’ouvrage et maître d’œuvre sachant que la tendance va vers une plus grande ouverture de l’espace au détriment de sa couverture et de son enclavement. Les lecteurs du blog sont d’ailleurs invités à participer à ce travail de réflexion et d’action tendant à un contrôle des décisions d’urbanisme dont il convient de rappeler qu’aucune n’a été prise à ce jour : « Les délibérations à venir seront publiques comme toutes délibérations et les éléments relatifs aux autorisations d’urbanisme seront consultables dans les conditions légales habituelles » (mail de Marion Picard, Conseillère Urbanisme, Aménagement et Renouvellement Urbain au Cabinet de la Maire de Paris, 30 avril 2019 ; notre billet du 2 mai 2019).

Ouvertures, toutes (images Atelier 26).

Contrairement à ce que prétendent en effet les puissances invitantes au « Comité de suivi » (dont la première session devrait avoir lieu le 20 mai prochain), aucun projet n’a été régulièrement « validé » à la suite de ce qui aurait pu être « présenté dans ses grandes lignes » le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e.

Sous le barnum, la maquette

« Où est le TEP ? », semble demander Patrick Gosset (Paris Goutte d’Or). Agrandir l’image. La développer.

Des souterrains au toit de l’îlot Boris Vian. Prospection et concertation (photos CGO).

Olivier Ansart (ASA-PNE) en conversation avec Brigitte Trichet et Diane Wulwek (Cohérie Boris Vian) qui porte un slide du scénario AA Feraru où le TEP (non couvert) réapparait.

La façade Polonceau, que viendrait masquer une éventuelle couverture du TEP existant, déplacé quant à lui sur les toits du gymnase ou dans les entrailles du parking. Prospection et concertation (suite). Réflexions partagées entre Action Barbès, Paris Historique, Collectif Marcadet, Collectif Riverains Lariboisière-Gare du Nord, Cohérie Boris Vian et habitants du quartier.

Sur le chevalet, La Goutte d’Or. Faubourg de Paris (Hazan et Archives d’Architecture Moderne, Paris et Bruxelles, 1988).

Autre prétention contrariée du « Comité de suivi » annoncé : il ne sera pas limité à « traiter les diverses questions induites par l’opération d’urbanisme » à l’exclusion expresse de « celles du quartier en général », comme le voudraient encore les adjoints à l’Urbanisme et à la Politique de la ville.

Un vrai
travail d’urbanisme 

Il est en effet avéré que l’urbanisme conçu par petites touches ne remplit pas ses fonctions de city making et qu’un véritable projet global d’architecture doit remplacer les projets juxtaposés d’aménagement ou d’agencement quand ce n’est de décoration à la ’embellir Paris’ qui se succèdent (voir le mille-feuilles urbain ci-dessus, notre billet du 12 février 2019). Témoigne sans doute de cette demande de vision globale la présence, le 2 mai, des associations couvrant l’ensemble du secteur, d’Action Barbès (qui porte le projet de promenade urbaine de Barbès à Stalingrad) à ASA-PNE (qui suit les grands projets de Paris Nord-Est) en passant par les Collectifs Marcadet et Riverains Lariboisière-Gare du Nord, soucieux notamment des ouvertures du projet Gare du Nord 2024 sur le boulevard de la Chapelle.

Regard d’expert : l’architecte Jean-Jacques Terrin venu en voisin.

Clap de fin (provisoire). L’architecte Auguste Cicchi (Atelier 26) et Sonia Bouzellata (Union des Commerçants de La Chapelle-Goutte d’Or). Photo DR.

  • Intérim 2018-2020 ? – Aux lecteurs qui prendraient le projet de requalification urbaine en marche, on rappelle que la rue Boris Vian, ainsi nommée en 1992 avec l’autorisation de la famille de l’écrivain et musicien décédé en 1959, a été appelée symboliquement « rue Anne Hidalgo » par les habitants du quartier le 2 mai 2018 suite à la décision de la Cohérie Boris Vian de retirer l’autorisation de 1992. L’absence de soins donnés au secteur maintenu à l’abandon en dépit de sept années d’interventions des héritiers auprès de la Mairie justifiait, selon elle, cette action inédite (nos billets des 2 mai et 3 mai 2018). Devant le tollé médiatique suscité par la décision de la Cohérie Boris Vian, la maire de Paris a réuni ses directions concernées le 25 mai 2018 sous l’égide majestueuse du Secrétariat général de la Ville de Paris, et lancé le 6 juin 2018 l’idée d’une « instance de dialogue à mettre en place dans les meilleurs délais pour faciliter le partage d’information et permettre une meilleure appropriation du projet » (lire ici). Près d’un an après la réunion du 25 mai 2018, un « Comité de suivi » sera réuni le 20 mai 2019 pour discuter de la mise en œuvre d’un projet présenté comme « validé » et « en cours de réalisation » alors qu’aucune concertation sérieuse n’a été menée, qu’aucun bilan de concertation n’a été fourni, qu’aucune délibération du Conseil de Paris n’est jusqu’ici venue valider quoi que ce soit. La question demeure donc de savoir si, en 2020, année du centenaire de la naissance de Boris Vian, sa rue dans la Goutte d’Or pourra reprendre son nom.
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J comme le jour

Lumières sur les hauts de la rue Boris Vian

  • À quelques heures de la Saint Boris, la Ville de Paris confirme qu’aucun projet de requalification du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or n’est encore validé : « Les délibérations à venir seront publiques comme toutes délibérations et les éléments relatifs aux autorisations d’urbanisme seront consultables dans les conditions légales habituelles », écrit à Cavé Goutte d’Or le Cabinet de la maire de Paris le 30 avril 2019.
  • Le COSUI du 20 mai 2019 s’ouvre donc bien le 2 mai 2019, à l’invitation du quartier qui, pour la 8e année consécutive, accompagne la Cohérie Boris Vian sur les lieux de la requalification à venir.

Vue du drone de Cavé Goutte d’Or sur les toits du Gymnase de la rue Boris Vian (avril 2019).

Une lecture rapide de l’invitation au COSUI (N.B. le COSUI serait au « Comité de suivi » ce que le COPIL serait au « Comité de pilotage »), COSUI qui se tiendrait le 20 mai prochain, pouvait donner le sentiment que tout était plié. Un « comité de suivi » de l’opération tant attendue de rénovation du secteur Boris Vian / Arcades Goutte d’Or serait en effet institué pour ne discuter que de la mise en œuvre d’un projet qui serait déjà « validé » et déjà « en cours de réalisation ».

La Saint Boris
droite dans ses bottes

Le « passage Boris Vian » prend des chemins de traverses en hauteurs (vue du drone de Cavé Goutte d’Or, avril 2019).

Il n’en est rien. Sur le texte de l’invitation du 24 avril 2019 (invitation elle-même bien tardive, et pourtant manifestement précipitée par le maintien de l’évènement du 2 mai que la Ville voulait voir reporter car « la maîtrise d’œuvre  n’est pas prête », disait-elle le 9 avril dernier), on lit en réalité que ce qui aurait été « validé » (terme sans assise juridique) serait « le projet de requalification présenté dans ses grandes lignes opérationnelles le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e », c’est-à-dire les ‘slides’ du ‘powerpoint’ doublés d’un prospectus distribué lors d’une réunion publique fourre-tout dont nous avons déjà dit qu’elle abordait tant de sujets variés, ce fameux 13 décembre 2018, qu’elle en concurrençait carrément l’arbre de Noël du maire.

Aucune décision (terme juridique dont on cherche vainement la trace) ne pouvait naître de ce dépliant dont les copilotes du COSUI eux-mêmes posent d’ailleurs qu’il ne présentait que les grandes lignes du projet. Et depuis, aucune délibération du Conseil municipal (de Paris et/ou d’arrondissement) n’est venue asseoir politiquement le projet, aucune ébauche de plans et de notice n’est présentée à l’appui d’une demande de permis de construire.

Hublot sur les toits de l’Hôtel de Ville (photo CGO 9 avril 2019).

Cela vient d’être confirmé par le Cabinet de la maire de Paris qui, devant la terminologie ambigüe du COSUI, s’était vu sollicité de produire les éléments suivants :

  • Notice de présentation et plans du projet de requalification qui aurait été « présenté dans ses grandes lignes opérationnelles le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e », tel qu’il est indiqué dans le document intitulé « Mise en place d’un comité de suivi (COSUI) » diffusé le 24 avril 2019 par la Mairie du 18e (Document diffusé le 24 avril 2019 en prévision de la réunion du 20 mai 2019).
  • Décision de validation du projet de requalification qui aurait été « présenté dans ses grandes lignes opérationnelles le 13 décembre 2018 en Mairie du 18e » (Document diffusé le 24 avril 2019 en prévision de la réunion du 20 mai 2019).
  • Texte du projet de délibération qui sera soumis au vote du Conseil d’arrondissement et du Conseil de Paris sur le projet de rénovation et tous documents préparatoires.
  • Projets de demandes de permis de construire, déclarations préalables de travaux ou toutes autres demandes d’autorisation d’urbanisme, notamment : plans, esquisses, notices architecturales et de présentation.

Ces quatre pièces s’ajoutaient à la liste des documents dont Cavé Goutte d’Or avait demandé la production par courrier du 19 avril 2019, qui lui-même faisait suite à  l’entretien de l’association avec le Cabinet de la maire de Paris à l’Hôtel de  Ville, le 9  avril 2019, avant même donc que le COSUI ne montre officiellement le bout de son nez (la liste des pièces demandées).

Et le Cabinet de la maire de Paris de confirmer, le 30 avril, à l’aube du Grand Pont, que ces pièces n’existaient pas encore, indiquant à Cavé Goutte d’Or que les décisions, délibérations et autorisations d’urbanisme demeuraient « à venir » :

  • « Parmi votre liste, nous allons regarder ce qui est diffusable. J’indique d’ores et déjà que les délibérations à venir seront publiques comme toutes délibérations et que les éléments relatifs aux autorisations d’urbanisme seront consultables dans les conditions légales habituelles. Vous serez informés du calendrier relatif à ces étapes opérationnelles à venir lors des comités de suivi qui se mettent en place à compter du 20 mai prochain » (mail de Marion Picard, Conseillère Urbanisme, Aménagement et Renouvellement Urbain au Cabinet de la Maire de Paris, 30 avril 2019).

« (…) lors des comités de suivi (…) » ? Il y en aurait donc plusieurs ? Comme il y a déjà plusieurs associations Cavé Goutte d’Or à la Mairie de Paris (voir les délicieux pluriels de Véronique Levieux, alors adjointe de la Maire de Paris, chargée du Patrimoine).

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Le prochain 2 mai

Où vas-tu Boris ?

Crédit Google. Trait très rouge ajouté = rue Boris Vian.

  • L’un des secteurs les plus gravement touchés de la capitale (touchés par quoi?) semble se demander où il va sur ce cliché ©GAFA™ qui ne retient qu’une boutique bien connue de la rue Affre pour poser la question.
  • En prévision de la prochaine Saint Boris, ce 2 mai 2019, et du Comité de suivi qui sera mis en place par la Mairie dans la foulée, Cavé Goutte d’Or invite les habitants du quartier à repenser le secteur Polonceau/Boris Vian/Arcades Goutte d’Or et à rencontrer autour d’un verre, de plans et de quelques notes de musique, celles et ceux qui l’ont construit, laissé construire, habité, occupé, traversé, pensé déjà et repensé encore.

2 mai 2019 :
Le TEP Goutte d’Or fait encore le pont

Vue du drone de Cavé Goutte d’Or volant au-dessus de la rue Boris Vian (avril 2019).

Sans omettre aucune partie du Nord-Est parisien actuellement en grande difficulté urbaine, l’un des secteurs les plus gravement touchés par les méfaits de l’Urbanisme parisien qui l’a tant saccagé durant les quarante dernières années qu’il faut aujourd’hui une nouvelle intervention de l’ANRU et un plan d’action de la Mairie de Paris pour réparer les quartiers dits populaires, ce secteur touché mais pas coulé s’étend de Barbès à La Chapelle, de La Chapelle à Marx Dormoy et Marcadet, englobant Pajol, Château Rouge, Dejean-Poissonniers , la Goutte d’Or et, donc, la rue Boris Vian, au coeur du quartier démoli dans les années 1980 au nom de sa réhabilitation.

En tirant vers le bas (c’est une image) le bout de quartier représenté sur la photo d’ouverture ci-dessus, on trouve ainsi les oasis de verdure de « la Chapelle » (pas la Porte mais la place et sa station de métro), la chapelle aujourd’hui  proie des plus petits trafics et grandes spéculations, les vendeurs de lacets à la sauvette étant utilisés au grand jour par les marchands de biens, marchands de mal, pour faire flamber la rue et le m² des fonds de commerce, faire partir commerçants, artisans, cafetiers, épiciers et habitants et installer leurs pieds d’immeubles à bas coûts.

Prenant exemple sur l’autre Emmanuel de la politique française, actuellement à l’Élysée, le premier adjoint de la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, chargé d’un plan de sauvetage des quartiers du Nord-Est parisien, aurait déclaré :

  • « Nous rebâtirons la Goutte d’Or et la Chapelle, Marx-Dormoy et Marcadet en cinq ans. Nous sommes une ville de bâtisseurs, tout sera prêt pour les Jeux Olympiques. D’ailleurs La Chapelle et la Goutte d’Or, Marcadet et Marx-Dormoy sont sur le chemin », – sur le chemin des Jeux Olympiques (de l’athlétisme et des cérémonies notamment).

En attendant

D’ici là, le quartier suit sa promenade urbaine de Barbès à Stalingrad, ses oasis urbaines sur la place de la Chapelle, ses coquelicots sous le métro, ses stores à l’ombre et autres écrans de couleurs concoctés par les décorateurs de « Embellir Paris », son comptoir du marché au désormais Grand Carrefour formé par le boulevard de la Chapelle avec les rues de Maubeuge et Tombouctou, ses jardins potagers, partagés et participatifs, sa concertation Gare du Nord 2024, … et sa rue Boris Vian, donc, jusqu’ici au cœur d’un projet de requalification urbaine sans réelle concertation, sans plans, sans rapports et conclusions, à peine doté d’un copil (pour « comité de pilotage ») qui tweet sans inviter ni la Cohérie Boris Vian ni aucune des associations les plus engagées dans le processus de rénovation qu’elles ont pourtant contribué à mettre et maintenir à l’agenda de la Ville de Paris.

Nos lecteurs se souviennent de la précédente Saint Boris, qui devait être la dernière : le 2 mai 2018, la Cohérie Boris Vian informait en effet le Conseil de Paris du retrait de l’autorisation donnée en 1992 d’appeler du nom de Boris Vian la rue qui deviendrait le méchant goulet étriqué conduisant de la rue Polonceau au croisement des rues de Chartres et de la Charbonnière ; le même jour, la rue Boris Vian devenait symboliquement « rue Anne Hidalgo ». Le 10 février 2019, l’angle des rues Anne Hidalgo et de la Goutte d’Or était victime d’un incendie révélateur des désordres accumulés sur le secteur.

Cette année, la Saint Boris sera notamment l’occasion de saluer la création prochaine, tardive mais prochaine, d’un comité de suivi qui sera réuni par la municipalité le 20 mai 2019 pour tenter de répondre à l’annonce faite il y a près d’un an par Madame Hidalgo à la Cohérie Boris Vian, consistant à « mettre en place dans les meilleurs délais une instance de dialogue pour faciliter le partage d’information et permettre une meilleure appropriation du projet ».

Regrettant, d’une part, qu’il n’ait pas été possible de créer ce comité de suivi dès son annonce en juin 2018, et en tous les cas avant ou pour le 2 mai 2019, d’autre part de voir que la municipalité voudrait aujourd’hui en limiter le champ d’action à discuter la mise en œuvre d’un projet qui aurait déjà été « validé », validation dont la réalité et les conditions sont interrogées par l’association, Cavé Goutte d’Or souhaite néanmoins aborder cette phase de concertation en confiance et, dans cette perspective, a demandé la remise de documents qui paraissent indispensables à la bonne conduite du travail à venir.

Une présentation des derniers éléments connus du projet de requalification urbaine aura ainsi lieu au Gymnase et sur le TEP Goutte d’Or, rue Boris Vian, le 2 mai 2019 de 18 à 21 heures (lire l’invitation).

Lettre de Cavé Goutte d’Or à Anne Hidalgo du 31 mars 2019 ;
Lettre de Cavé Goutte d’Or à Marion Picard et Michel Neyreneuf du 19 avril 2019 ;
Liste des documents demandés le 19 avril (mise à jour le 29 avril 2019).

La Goutte d’Or élargit le Nord-Est parisien (calicot sur les grilles du square Léon, avril 2019).

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Réseau 10/18

Emmanuel Grégoire prend la tête des quartiers populaires

  • L’homme fort de la Mairie de Paris propose un calendrier qu’on n’ose appeler grégorien pour faire faire à Anne Hidalgo en quelques mois ce qu’elle n’aurait pas su faire en cinq ans alors même qu’elle avait sous la main depuis le premier jour de sa mandature celui qui, avant de devenir son hyperactif premier adjoint, avait été son adjoint aux ressources humaines, aux services publics, à la modernisation de l’administration, au budget, au financement, à la transformation des politiques publiques, – c’est-à-dire à tout ce qu’il fallait.
  • « Au bout d’un moment, la maire elle a dit: ‘Ça suffit !’ », explique le premier adjoint à France 3 pour justifier un retard que l’opposition ne manque pas de souligner.
  • Les habitants, qui se demandent encore à partir de quand ça suffit, comptent les points et noircissent leurs agendas. Dans les traces des candidats aux prochaines Municipales qui se succèdent dans le quartier, le Tout Paris médiatique découvre en effet le Réseau 10/18.

Emmanuel Grégoire sur France 3 Paris-IDF le 15 avril 2019 : «Au bout d’un moment, la maire elle a dit: ‘Ça suffit !’» (minute 0:37 sur 4:31 de l’entretien sur France 3). Capture d’écran France 3-IDF.

Dès l’incendie de Notre-Dame éteint (« Après plusieurs heures d’inquiétudes, l’essentiel est debout. La superstructure est sauve, espérons que l’évaluation technique confirmera l’état général », tweete-t-il sobrement et efficacement mardi matin), Emmanuel Grégoire reprend le fil de sa présentation de lundi concernant les quartiers dits populaires de la capitale.

Certes, alors qu’il n’avait pas manqué la réouverture du kiosque de Barbès, le 26 février dernier (voir ici pour mémoire), Emmanuel Grégoire n’était pas à l’inauguration du comptoir du marché Barbès, où se pressaient en revanche, mercredi 17 avril 2019, Olivia Polski et Afaf Gabelotaud, adjointes d’Anne Hidalgo chargées respectivement du Commerce, de l’Artisanat, des Professions libérales et des Politiques de l’emploi, Paul Simondon, son adjoint à la Propreté, et Éric Lejoindre, maire du 18e arrondissement, tous enthousiastes à l’idée de ce « nouvel espace de convivialité » qu’ils ont salué sur tweeter en partageant les mêmes éléments de langage (voir reportage photographique et textuel sur notre page Vie du quartier).

Prenant quelques distances avec cette convivialité bon enfant qu’il retweeta néanmoins aimablement, le premier adjoint se souvint qu’il avait été chargé, en novembre dernier par Anne Hidalgo, d’une mission sur les quartiers populaires de la capitale et exposa donc le « plan d’action » né de six mois de réflexions et d’échanges, – réflexions et échanges auxquels les associations membres du Réseau 10/18 ont participé modestement, à leurs niveaux de terrains respectifs qui balaient presque toutes les rues du Nord du 10e et du Sud-Est du 18e. Suite à leur lettre ouverte de l’automne 2018, Emmanuel Grégoire les avaient en effet invitées d’abord à l’Hôtel-de-Ville le 1er février 2019 (voir ici pour mémoire) puis à la Mairie du 18e le 8 avril dernier. Entre-temps, les onze associations avaient communiqué diverses notes de travail, dont le lecteur trouvera les grandes lignes sur leurs sites, blogs, comptes tweeter ou facebook respectifs.

Des quartiers bien couverts pour l’été

Le « Plan d’action » dévoilé par M. Grégoire a été décliné lors de l’entretien de France 3 ainsi que dans les journaux majeurs de la capitale et du pays. On peut ainsi en prendre connaissance sur le site de France 3 et dans  Le Parisien, Le Monde, Le Figaro, Le Huffington Post.

Extrait du site de France 3 (lire: « en lien avec la Préfecture de Police de Paris »).

Les réactions du Réseau 10/18

Dans un communiqué publié le 17 avril 2019, le Réseau 10/18 a observé que « la grave dégradation de la situation dans nos quartiers ces dernières années (était) enfin reconnue par la municipalité ». Si certaines requêtes demeurent non traitées, le collectif estime que ce plan « constitue un engagement » (Lire le communiqué).

Reprenant le communiqué commun, les associations membres du Réseau 10/18 voient des « réponses apportées, d’autres en suspens », soulignent que « ce plan a valeur d’engagement » et se disent « vigilantes sur sa concrétisation et ses résultats » (voir les comptes tweeter des Riverains Lariboisière Gare du Nord, de Demain La Chapelle, de l’Union des commerçants de La Chapelle/Goutte d’Or et du Collectif Marcadet qui, la veille, demandait qui ferait du Nord-Est parisien un enjeu prioritaire des Municipales) :

Même vigilance du côté de La Vie Dejean, à la pointe du combat (qu’elle a gagné) contre la Ville et l’État afin de les faire respecter leurs obligations d’ordre public (ici pour mémoire). Dans un post sur sa page facebook, l’association SOS La Chapelle ironise, quant à elle, sur la magie des élections municipales à venir qui ferait émerger la soudaine possibilité de faire ce qu’il n’aurait pas été possible de faire avant et suggère à la Mairie de poursuivre l’exercice dans sa rubrique « encore un effort ».  

Les association du Réseau 10/18. Contact : reseau1018@gmail.com.

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Notre-Dame

Cavé Goutte d’Or accorde une trêve à l’Urbanisme parisien

  • Reportage hommage à Notre-Dame sur les Quais et participation aux réflexions sur la restauration en attendant la présentation des projets de réparation du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or le 2 mai 2019.
  • Tout en dépêchant ses correspondants à Saint Michel hier, Cavé Goutte d’Or prépare en effet le bilan d’un an de travail des opérateurs qui n’ont toujours pas convoqué l’« instance de dialogue » dont Anne Hidalgo annonçait la mise en place en juin 2018.

Photo CGO, 16 avril 2019.

Le drame de lundi, qui a vu la cathédrale Notre-Dame blessée au cœur et résister néanmoins, impose un temps d’arrêt aux divers combats menés contre l’Urbanisme parisien. Le blog reviendra ainsi très bientôt sur l’audience tenue vendredi au Tribunal administratif concernant la Tour Triangle, audience dont Le Parisien du 12 avril 2019 proposait une analyse mitigée en ces termes : « La Tour Triangle n’en est pas encore à trembler sur ses bases, dont la première pierre est toujours prévue en 2020, en lisière du parc des expositions de la porte de Versailles (XVe). Mais ses opposants donnent décidément du fil à retordre aux avocats de la SCI Tour Triangle et de la Ville de Paris, futur bailleur et grande défenderesse du projet conçu par Unibail-Rodemco ».

Grande défenderesse

CGO, 16 avril 2019.

Il manque un mot féminin au Parisien pour évoquer la Ville de Paris comme « défenseure » du projet (« défenseur » serait en effet un « substantif masculin ») car « défenderesse » (dont le masculin est « défendeur ») ne s’entend que dans le vocabulaire judiciaire pour qualifier une « personne contre laquelle est intentée une action en justice ». En l’occurrence, la défenseure est aussi défenderesse mais ce sont bien deux rôles différents ici attribués à la Ville de Paris selon qu’elle défend le projet de Tour Triangle ou qu’elle est appelée à la barre du Tribunal administratif pour répondre de cette défense, comme ce fut le cas à l’audience du vendredi 12 avril relatée par Le Parisien (délibéré à quinzaine).

Sur le front plus modeste de la Goutte d’Or, la Ville de Paris – longtemps défenderesse dans les dossiers SEMAVIP, Sefri-Cime, Paris Habitat, OGEC Saint Bernard, Batigère dont les jugements ont été livrés par Cavé Goutte d’Or à l’analyse du Grand débat national (voir ici) et dans les dossiers La Vie Dejean (voir ici) – devra bientôt défendre (au sens de défenseure) son projet de requalification des rues de la Goutte d’Or et Boris Vian, comme l’y ont invitée de concert, depuis sept ans, la Cohérie Boris Vian, Cavé Goutte d’Or, La Table ouverte, Paris Goutte d’Or et les habitants du quartier dont le patrimoine a été détruit par une décision commune de la Ville et de l’État dans les années 1980, – décision commune donc de la droite (qui était à l’Hôtel de Ville) et de la gauche (qui était à l’Élysée) comme on peut le lire en maints endroits sur le blog (voir notamment ici).

Parole à la défense

Défendre la Goutte d’Or Sud (notamment son secteur Boris Vian/Polonceau/Arcades Goutte d’Or), en réalité la réparer, corriger si possible les erreurs des années 1980 à 2018 (totem, fresque et autres avatars de l’opération « Tous mobilisés » ont en effet prolongé, en 2018, les erreurs culturelles des années 1980-2017), remédier à sa démolition par un travail fondamentalement réparateur, la Ville de Paris y avait donc été invitée pendant sept ans par la Cohérie Boris Vian autour de laquelle se réunissaient les habitants du quartier chaque 2 mai, jour de la Saint Boris (2012, le premier 2 mai).

La caméra de Cavé Goutte d’Or aux côtés de celles du monde entier (16 avril 2019).

2018 serait la dernière Saint Boris de la Goutte d’Or et l’histoire du Conseil de Paris retient que, ce jour-là, la famille Boris Vian a retiré officiellement l’autorisation d’utiliser le nom de l’écrivain, musicien, inventeur, docteur du Collège de ’Pataphysique, – autorisation qu’elle avait accordée en 1992 pour le voir donner à la rue qui le portera très vite à bout de bras, à bout de droits tant la dégradation des lieux fut rapide. Et le portera peut-être à nouveau en 2020 si entretemps est engagée la réparation nécessaire.

Sursis

Car, suite au retrait du 2 mai 2018, la Ville de Paris mobilisa un bref instant la plupart de ses directions, réunies le 25 mai à l’initiative de la maire pour planifier un temps de travail de 2018 à 2020 dont – calendrier oblige – le 2 mai 2019 serait le point central. Saurait-on, le 2 mai 2019, si l’engagement de voir requalifié le secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or serait respecté avec la garantie d’un travail effectivement entamé le 2 mai 2020 ? Dans la perspective d’une réponse à cette question, les acteurs et fidèles partenaires de la Saint Boris assureraient une nouvelle séquence – prolongation ou rattrapage – en 2019.

Mais le 2 mai 2019, la Ville ne sera pas prête à présenter son projet, pas prête à inaugurer l’« instance de dialogue » dont la maire de Paris avait promis, dans  une lettre à la présidente de la Cohérie Boris Vian du 6 juin 2018, « la mise en place dans les meilleurs délais » (lettre d’Anne Hidalgo à Nicole Bertolt).

Près d’un an plus tard, en l’absence de tout mouvement dans ce sens, et même devant la perspective de voir le projet confisqué par ses opérateurs ravis d’annoncer en solo sur tweeter des réunions de travail auxquelles la Cohérie Boris Vian et les associations du quartier n’étaient pas convoquées (voir ici), Cavé Goutte d’Or relança la maire de Paris dans une lettre du 31 mars 2019 qui suscita une réaction immédiate, – tardive mais immédiate, un brin paniquée tout en restant largement en deçà des attentes et des enjeux puisque la Ville prétend aujourd’hui reporter le 2 mai d’une semaine, comme l’ont proposé récemment l’adjoint au maire du 18e et la conseillère de la maire de Paris chargés de l’Urbanisme :

  • « Un Comité de suivi va être rapidement maintenant mis en place », propose en effet Michel Neyreneuf dans un mail du 1er avril 2019 dont le « rapidement maintenant » semble vouloir rivaliser avec le désormais célèbre « en même temps ». « Une première réunion va être fixée dans les jours à venir pour juste après les vacances de Pâques », poursuit l’adjoint connu de nos lecteurs pour être à l’origine, en 1993, du « renoncement à tout effort architectural » dans la Goutte d’Or si elle veut garder son « type de population » (voir et revoir ici).
  • Le comité de suivi ne pourra être réuni avant la mi-mai, confirme Marion Picard, conseillère Urbanisme et Aménagement au Cabinet de la maire de Paris, lors d’une réunion à l’Hôtel de Ville où l’association Cavé Goutte d’Or était conviée le 9 avril 2019 en présence de Pierre Delotte et Charles Lemonnier, représentants respectifs des adjoints à l’Urbanisme des Mairies de Paris et du 18e.

La Saint Boris n’étant susceptible d’aucun report possible, Cavé Goutte d’Or maintient son invitation pour le 2 mai 2019, adressée en ces termes le 31 mars à Madame Hidalgo :

  • « À notre modeste niveau, nous avons d’ores et déjà réuni notre propre comité de suivi de l’opération qui a décidé de refaire un point de la situation le 2 mai prochain, date anniversaire du retrait de l’autorisation correspondant à la Saint Boris, journée investie depuis sept ans par la Cohérie Boris Vian et les associations pour mobiliser les élus sur ce secteur.
    Outre vous-même, si vous voulez bien nous en faire l’honneur, nous inviterons, ce jour-là, les parties prenantes de l’opération à présenter publiquement les projets en cours d’étude pour l’aménagement de ce secteur, – que ces projets émanent de la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise d’œuvre ou des associations du quartier, soucieuses de ne pas laisser la rénovation que vous avez annoncée pour 2020 suivre les mêmes voies que celles des années 1980 qui ont conduit la Ville et l’État à devoir refaire le même travail aujourd’hui »
    (lettre de Cavé Goutte d’Or à Madame Hidalgo).

Rendez-vous donc le 2 mai 2019 en fin d’après-midi. D’ici là, suivi et précisions sur le blog, dont un reportage à venir sur les toits de la Goutte d’Or Sud (avant-goût).

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