Saint Boris (6)

Un 2 mai en terrasses sur les escaliers de la rue Boris Vian

  • Cavé Goutte d’Or réunit les acteurs principaux de la requalification du secteur Goutte d’Or/Boris Vian pour un point d’étape public.
  • L’occasion d’un bilan de six années d’interventions ’pataphysiques qui ont conduit la Ville de Paris à prendre la mesure du désastre de son opération Goutte d’Or Sud dans les années quatre-vingts .

Sur les toits du 16 rue de la Goutte d’Or ou quand les escaliers Boris Vian n’avaient pas encore été inventés (Photo de Jean-Claude Larrieu, « La terrasse de la Goutte d’Or, 22 juin 1983 ». Merci à l’auteur et à la Galerie Patrick Gutknecht).

Cavé Goutte d’Or organise, ce 2 mai 2017 en fin d’après-midi, son sixième impromptu de la Saint Boris sur les lieux mêmes où s’élevait jadis l’immeuble du 16 rue de la Goutte d’Or qui accueillait, dans les années 1977-1987, le décor de ce qui deviendrait, au printemps 2017, la belle exposition de photographies de Jean-Claude Larrieu, actuellement visible à la Galerie Patrick Gutknecht du 78 rue de Turenne à Paris (3e).

« Les années Goutte d’Or 1977-1987 »

La Goutte d’Or en vitrine (Galerie Patrick Gutknecht, 78 rue de Turenne, Paris 3e).

L’exposition de la rue de Turenne n’est pas strictement d’architecture (on rappelle à cet égard celle du Pavillon de l’Arsenal sur Haussmann, où l’on peut voir, entre autres pièces de grand intérêt, les cartes qui illustrent l’étude de François Loyer pour l’APUR) mais, à travers l’atmosphère qui se dégage de l’ancien hôtel particulier du 16 rue de la Goutte d’Or, et les vues extérieures qu’elle laisse deviner, elle dit beaucoup de l’architecture (au sens plus large où on l’entend sur ce blog) de la Goutte d’Or d’avant la malheureuse démolition et terrible reconstruction qui suivit.

Car les années 1977-1987 qui encadrent l’exposition de Jean-Claude Larrieu correspondent à celles qui ont accompagné, de 1979 à 1982, l’étude de François Loyer désignant les rues de la Goutte d’Or, des Gardes, de la Charbonnière et de Chartres comme autant d’« espaces urbains d’intérêt élevé », les rues Caplat et Affre étant pour leur part qualifiées, comme celles qui entourent l’église Saint Bernard, « d’espace urbains d’intérêt exceptionnel » (voir planche ci-dessous).

Les espaces urbains d’intérêt élevé (jaune) et d’intérêt exceptionnel (rouge) identifiés par l’historien de l’architecture François Loyer pour l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) en 1979.

On sait qu’il faut aujourd’hui réparer les dégâts, non plus de l’habitat insalubre qui avait justifié l’intervention publique des années 1980 mais de la reconstruction sans âme, qui a suivi la démolition totale et brutale du quartier et s’est, comme naturellement, révélée être un échec : « La Goutte d’Or Sud a très mal vieilli », écrira en décembre 2013 Daniel Vaillant, alors maire du 18e arrondissement, à Nicole Bertolt, représentant la famille Boris Vian tant en 1992 lorsqu’elle donna son accord pour appeler la nouvelle voie en construction du  nom de l’auteur de L’Arrache-cœur qu’au cours des six dernières années qui l’ont vue s’engager aux côtés de Cavé Goutte d’Or pour que la rue Boris Vian reste digne de l’écrivain musicien et des habitants du quartier qui l’accueille.

On sait aussi que la Ville de Paris et l’Agence AAFeraru sont désormais à l’œuvre pour cette requalification, la Ville s’étant engagée publiquement, le 22 novembre 2016 au centre Barbara, à livrer le nouvel espace (« d’intérêt exceptionnel », on veut le croire) avant la fin de l’actuelle mandature, soit dans les trois prochaines années. Compte tenu des délais de décision, fabrication et autorisation, ce calendrier au printemps 2020 laisse à Cavé Goutte d’Or et à la Cohérie Boris Vian l’espoir de pouvoir passer le relai à la fin de cette année en 7 après la décennie de l’exposition (1977-1987), celle de la démolition / reconstruction de 1987 à 1997 (l’escalier Boris Vian actuel a été livré en 1994), celle des façades Potemkine de 1997 à 2007, celle enfin du constat d’échec et de la requalification en cours (2007-2017).

On sait enfin que le nouveau projet de rue Boris Vian, qui débouchera sur les rues Saint Luc et Polonceau, devra tenir compte d’un changement notable dans le quartier : depuis novembre 2012, soit bien après les années 1977-1987 et l’étude de l’APUR, l’église Saint Bernard a en effet été classée au titre des monuments historiques, rendant de ce fait impossible toute atteinte à elle-même, à ses abords, aux « espaces urbains d’intérêt élevé » et « d’intérêt exceptionnel » identifiés dans cette étude.

De la rue Boris Vian
à l’école Saint Bernard

La partie haute de la rue Boris Vian le long du TEP Goutte d’Or et l’angle des rues Pierre L’Ermite et Saint Bruno où l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie construit, sur le seuil de l’unique monument historique de la Goutte d’Or, un édifice contesté devant la Cour administrative d’appel de Paris (Image Google map).

On aimerait ne pas être ironique et on propose de ne pas l’être car, si une autorisation spéciale – un passe-droit, une faveur, une indulgence – semble bien avoir été accordée par la Mairie de Paris au Diocèse de Paris et son OGEC Saint Bernard Sainte Marie pour construire une extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église dont elle tire le nom, on veut croire que ce projet n’est qu’éphémère. Construit sur la foi d’un arrêté municipal de mars 2015 venu autoriser ce qui est interdit par un arrêté municipal de mars 2012 toujours en vigueur au motif que l’extension de l’école Saint Bernard porte préjudice aux perspectives monumentales de l’église Saint Bernard, l’extension a vocation à être détruite comme le permis a vocation à être jugé illégal, une fois démontré que l’édifice actuellement en construction est identique à l’édifice interdit pour ce qui est de ses gabarits et de sa volumétrie, seuls en cause en matière de perspectives monumentales.

Rescapée de la fameuse loi Macron du 10 juillet 2015 dite « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », la disposition du code de l’urbanisme prévoyant la possibilité qu’un édifice construit sur la base d’un permis illégal soit détruit demeure en effet dans les abords d’un monument historique, ce qui est le cas de l’école Saint Bernard construite sur le seuil de l’église Saint Bernard.

La démolition dans le texte

L’article L. 480-13 du code de l’urbanisme stipule :

  • « Lorsqu’une construction a été édifiée conformément à un permis de construire : 1° Le propriétaire ne peut être condamné par un tribunal de l’ordre judiciaire à la démolir du fait de la méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique que si, préalablement, le permis a été annulé pour excès de pouvoir par la juridiction administrative et si la construction est située dans l’une des zones suivantes : (…) m) Les abords des monuments historiques prévus aux articles L. 621-30 et L. 621-31 du même code ».

Remise à l’endroit, la disposition indique que « le propriétaire d’une construction édifiée conformément à un permis de construire accordé en méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique et annulé pour excès de pouvoir par la juridiction administrative peut être condamné par un tribunal de l’ordre judiciaire à la démolir ».

Appliquée à l’espèce, elle signifie que les opposants à la construction tentent actuellement de faire « annuler pour excès de pouvoir par la juridiction administrative » le permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard, permis dont ils estiment qu’il a été accordé « en méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique ». L’affaire a été portée devant la cour administrative d’appel de Paris par l’association Cavé Goutte d’Or en juin 2016. L’association SOS Paris est intervenue au soutien de la cause en avril 2017. SOS Paris a notamment dénoncé une manipulation de l’étude de l’APUR sur la préservation d’un « espace urbain de d’intérêt exceptionnel » et sollicité le transport de la cour sur place :

De l’école Saint Bernard
aux projets SEFRI-CIME et BATIGÈRE

L’étude de l’APUR est au cœur des trois procédures actuellement en cours contre l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie pour l’angle Saint Bruno/Pierre L’Ermite, la société SEFRI-CIME PROMOTION pour l’angle Cavé/Stephenson et la société BATIGÈRE sur l’angle Affre/Myrha. Ses conclusions deviennent un enjeu politique et juridique d’importance puisque aussi bien la Ville et les promoteurs immobiliers visés dans les recours de l’association tentent d’écarter cette étude dans une entreprise concertée qui prend des allures de manipulation.

Dans leurs mémoires en défense, la Ville de Paris, l’OGEC et la SEFRI-CIME (on attend encore celui de BATIGÈRE) s’appliquent de concert à dénigrer les « espaces urbains d’intérêt élevé » et « d’intérêt exceptionnel » identifiés par l’étude de François Loyer pour l’APUR au motif que le quartier se serait – depuis – laissé « enlaidir », pour le dire comme Daniel Vaillant, SEFRI-CIME mangeant carrément le morceau en écrivant :

  • « Le projet de SEFRI-CIME PROMOTION ne s’inscrit pas, comme le soutient (Cavé Goutte d’Or), dans un tissu urbain aux caractéristiques particulières, mais dans un quartier parisien marqué par l’insécurité – comme le révèle son classement en zone de sécurité prioritaire en 2012 – et dont les qualités architecturales ne peuvent être raisonnablement qualifiées d’exceptionnelles ».

À ce concert bruyant, l’impromptu Boris Vian du 2 mai 2017 viendra opposer un moment de délicate réflexion. Il permettra de consulter quelques planches du travail de requalification en cours en compagnie des architectes de l’Agence AAFeraru ; de voir et revoir l’exposition sur la vie de Boris Vian ; de deviner quelques vues des années 1977-1987, prélude à une exposition de photographies de ces années-là à l’occasion des Journées Porte d’Or de juin prochain ; et de saluer les abords de l’église Saint Bernard toute voisine avec le plan de l’APUR en mains.

  • Graffiti, 2 rue Cavé/25 rue Stephenson, avril 2017 (détail).

    2 mai 2017 : accueil de 16 heures à 20 heures sur le TEP Goutte d’Or au centre de la partie haute de la rue Boris Vian.

Quelques jardiniers de la Goutte verte, qui occupent actuellement une partie du TEP Goutte d’Or après leur départ de la parcelle SEFRI-CIME à l’angle Cavé/Stephenson, ont signalé qu’ils acceptaient volontiers ces quelques heures de cohabitation avec Cavé Goutte d’Or et ses invités. Séquence retrouvaille et nostalgie après cinq ans de covoisinage rue Cavé où, comme le signale une jardinière de la Goutte verte, les graffitis sont « porteurs » : « On est bien, donc on s’met mal ». Le blog reviendra sur ce message en effet porteur (comme on le dit d’un mur porteur ?).

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Perspectives

L’association SOS PARIS intervient devant la Cour administrative d’appel pour la protection de l’église Saint Bernard

  • Dans un mémoire en intervention volontaire au soutien de l’appel déposé par Cavé Goutte d’Or, l’association de défense du patrimoine architectural, urbanistique et environnemental parisien demande l’annulation du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard, monument historique.
  • Elle sollicite un transport de la Cour sur les lieux.

Communiqué de SOS PARIS (24 avril 2017) – SOS PARIS demande l’annulation d’un permis de construire dans les abords immédiats de l’église Saint Bernard, seul monument historique de la Goutte d’Or.

En effet, l’association de défense du patrimoine architectural, urbanistique et environnemental parisien conteste le projet d’extension de l’école Saint Bernard en ce qu’il porte une atteinte grave aux perspectives monumentales de l’édifice protégé.

Par ce motif déjà, le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait refusé le permis en mars 2012. SOS PARIS qui intervient au soutien de l’association Cavé Goutte d’Or devant la Cour administrative d’appel de Paris, dénonce tout particulièrement dans ce dossier, la mise à l’écart fautive d’une étude de l’APUR qui soulignait la valeur patrimoniale d’un « espace urbain d’intérêt exceptionnel » autour d’un « édifice de qualité exceptionnelle ». Elle demande le transport de la Cour sur place.

SOS PARIS relève l’incohérence autant que l’illégalité de l’arrêté de mars 2015 qui est venu autoriser la construction initialement interdite.

Dans son mémoire d’intervention déposé le 11 avril 2017, l’association démontre que les projets de 2012 et 2015 sont en effet rigoureusement identiques dans leur volumétrie et leurs gabarits, portant ainsi une atteinte rigoureusement identique aux perspectives monumentales protégées par le règlement du PLU de Paris et, à ce titre, expressément invoquées par l’arrêté de refus du permis.

L’association rappelle que l’ancien maire du 18e arrondissement, Daniel Vaillant, lui-aussi « consterné » par le projet privé d’extension de l’école Saint Bernard, avait salué l’action municipale pour l’interdire et « signifier qu’il n’est pas possible d’enlaidir un secteur qui a été complètement remis en valeur ».

SOS PARIS s’inquiète ici du soutien démesuré que l’administration municipale accorde aujourd’hui à la défense d’un projet que tout devait la conduire à combattre. L’instruction du dossier devant le Tribunal administratif et la Cour administrative d’appel de Paris met en effet en lumière l’activisme de la Mairie pour disqualifier l’« espace urbain d’intérêt exceptionnel » identifié par l’étude de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) et tenter d’en limiter le périmètre. Cette étude avait pourtant été faite à sa demande par cet organisme dont la Ville est membre institutionnel de droit.

Or, la Mairie d’arrondissement se livre ici, jusque dans ses propres documents officiels, à une manipulation grossière du texte et des cartes de l’étude pour lui faire dire le contraire de ce qu’elle dit.

Pour permettre aux juges de se convaincre de l’actualité de l’arrêté du 2012 interdisant le projet et des conclusions de l’étude de l’APUR, le premier et les secondes ayant été gravement ignorés par l’ABF et l’autorité instructrice, SOS PARIS sollicite un déplacement de la Cour administrative d’appel de Paris sur les lieux.

Contact presse : Christine Nedelec, Secrétaire Générale de SOS Paris, Sos.paris@orange.fr.

Voir aussi le blog de SOS Paris.

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Le droit dans les bottes

« Passez outre, je vous prie ! »

  • La mode est à laisser faire la justice et aller de l’avant sans trop y prendre garde : au cœur de la Goutte d’Or, trois promoteurs immobiliers suivent le mouvement et entament leurs constructions contestées en justice sans attendre la fin des recours.
  • C’est donc sous le bruit des chantiers que Cavé Goutte d’Or poursuit sa résistance aux projets architecturaux de Batigère, de Sefri-Cime Promotion pour la Foncière Logement et du Diocèse de Paris pour l’école Saint Bernard.

Les trois dans leurs bottes.

Certes, ils ne construisent pas d’aéroport (quoiqu’on puisse en douter pour la Foncière Logement sur l’angle Cavé/Stephenson). Certes, aucun politique n’a promis, comme à Notre Dame des Landes, d’attendre la fin des recours avant de démarrer les travaux. Certes encore, on est dans la Goutte d’Or et il y a peu de chance que le Figaro s’inquiète, comme il l’a fait il y a quinze jours à propos du chantier dit « des HLM du XVIe », de voir les travaux entamés avant la fin des recours dans le quartier populaire du Nord-Est parisien, fût-ce autour d’un monument historique classé.

La question fait titre pour le XVIe, pas pour la Goutte d’Or. Cela ne manquerait pourtant pas d’allure : « Dans la Goutte d’Or, trois promoteurs immobiliers lancent leurs chantiers avant la fin des recours, à deux pas d’un monument historique dont plusieurs riverains et associations estiment que la Ville en néglige la protection. La Mairie reste sereine ».

Votre Sérénité

« C’est un risque mesuré et l’histoire nous donne raison », aurait assuré Sa Sérénité Ian Brossat à Le Figaro, dont le lecteur avisé du papier ci-dessus note avec amusement la distance qu’il prend avec les HLM de la Ville : « ses HLM », « son projet de logements sociaux »…  On se dit qu’il manque peut-être une bonne enquête sur le Diocèse de Paris et « son école », qui a obtenu étrangement une indulgence municipale pour « son extension », ironiquement dans les perspectives monumentales d’une église classée monument historique, au mépris, par la Ville, de « son PLU » et d’un arrêté toujours en vigueur de « son ancien maire » ; ou encore sur « ses bailleurs sociaux » qui rivalisent dans la massification d’un de « ses quartiers populaires » parmi les plus denses de la capitale…

Le projet Batigère bientôt libéré ? Photo D.R.

Donc trois chantiers, trois recours en cours, dont un en cour d’appel.

[1] Batigère, qui intervient à l’angle des rues Myrha et Affre (projet ci-contre), aurait ainsi entrepris, en ce printemps 2017 qu’on dit de tous les dangers, un chantier que le voisinage souhaite sans doute voir mener, mais avec un projet plus approprié au tissu existant, comme le plaide Cavé Goutte d’Or qui a déposé le 23 décembre 2016 un recours en annulation du permis autorisant un projet identique à celui qui avait été retoqué par le Tribunal administratif en novembre 2015 pour « défaut d’examen complet et sérieux du dossier par l’architecte des bâtiments de France » (voir ici pour mémoire). Le promoteur, dont on se souvient qu’il veut « contribuer à l’harmonie sur les territoires », promeut donc ici le même projet, assurément en harmonie avec lui-même puisque rien n’est venu le modifier depuis l’arrêt de novembre 2015.

Aucune leçon tirée, aucune modification apportée, en effet : l’ABF aurait simplement, cette fois-ci, mis une croix dans la bonne case alors que, parallèlement à cette nouvelle instruction d’un même projet pour l’angle du 7 rue Myrha avec la rue Affre, l’angle voisin du 9 rue Myrha a été réhabilité avec discrétion, élégance et dans le respect de ce qu’il était et est resté en sa qualité de partie intégrante de « l’espace urbain d’intérêt élevé » identifié par l’étude de François Loyer pour l’APUR.

Discrètement et élégamment réhabilité, le 9 rue Myrha risque de dépareiller avec son futur voisin d’angle.

Côté tribunal, Batigère n’a pas encore répondu à la requête en annulation déposée par Cavé Goutte d’Or que, déjà, le greffe du Tribunal administratif confond les parties et donne à l’association, comme d’office, l’avocat que se serait choisi le promoteur (voir capture d’écran ci-dessous). C’est une coquille, bien sûr, que Cavé Goutte d’Or a signalée amicalement au bien nommé site Sagace du Tribunal administratif de Paris. Mais c’est amusant. D’autant que l’avocat aussi est le même que pour le premier tour, comme l’architecte du projet, éternel recommencement d’un projet qui, même sanctionné, revient à l’identique sur le métier, avec le même scénario, les mêmes acteurs, comme l’illustre encore le cas de l’extension de l’école Saint Bernard (voir [3] ci-dessous).

Inscription sur le site officiel du Tribunal administratif de Paris, 15 mars-3 avril 2017, pages 1 et 2 superposées (Capture d’écran du 3 avril 2017).

*

[2] La Foncière logement, quant à elle, a sous-traité son projet de l’angle des rues Cavé et Stephenson à la société anonyme SEFRI-CIME PROMOTION. Là, le chantier a commencé il y a quelques semaines déjà, presque deux mois et se poursuit actuellement par des forages en sous-sol, nous y reviendrons.

Le travail du sous-sol (février-mars 2017).

Sur le terrain juridique, après avoir formé un recours gracieux resté sans réponse contre le  permis de construire du 4 septembre 2015, Cavé Goutte d’Or s’est vue contrainte de déposer un recours contentieux en date du 14 mars 2016.

Communiquée à la Ville de Paris et à la société SEFRI-CIME PROMOTION le 4 avril 2016 (il y a juste un an aujourd’hui), avec un délai d’un mois pour y donner suite, la requête n’avait fait l’objet, six mois plus tard,  d’aucune réponse ni de la Ville ni du bénéficiaire du permis, qui ont ainsi dû être mis en demeure par le greffe, une première fois le 24 octobre 2016, une seconde fois le 16 novembre 2016. La société SEFRI-CIME PROMOTION ne déposera son mémoire en défense que le 13 décembre 2016, la Ville de Paris poursuivant, quant à elle, son silence sur ce dossier jusqu’au 27 février 2017, au mépris des mises en demeure successives qui en fixaient la production au 16 décembre 2016.

Le 21 février 2017, soit deux semaines après le début des travaux actuels de forage, la société SEFRI-CIME PROMOTION sollicitait du tribunal un délai supplémentaire pour déposer des observations qu’elle ne déposera pas, entraînant ainsi inutilement un report de la clôture d’instruction, initialement fixée au 27 février 2017 et passée au 27 mars 2017. L’association a, pour sa part, déposé ses conclusions dans les temps impartis au 27 mars 2017, une nouvelle clôture de l’instruction est fixée au 24 avril 2017. Le projet n’est donc toujours pas, à ce jour, purgé des recours des tiers.

Le célèbre îlot Cavé-Stephenson-Affre-Myrha avant la démolition de ses deux angles Sud-Est et Nord-Ouest (Photo 2001).

Extrait des plans déposés en Mairie (D.R.).

Extrait des plans déposés en Mairie (D.R.).

Parmi les griefs opposés au permis de construire par Cavé Goutte d’Or (sur lesquels le blog reviendra), on peut citer : un étage de trop, une toiture plate avec capteurs solaires en co-visibilité avec l’église Saint Bernard monument historique, de nombreuses irrégularités techniques (local vélo et poussettes), une évacuation irrégulière des eaux pluviales. Le permis est par ailleurs guidé par une erreur d’appréciation sur l’objet du projet et les caractéristiques du quartier.

Projet social ou non ?

Un désaccord apparait entre la Ville de Paris et la société bénéficiaire du permis quant à l’objet même de l’opération immobilière en cause, présentée par le promoteur privé comme liée à une « convention ANRU Secteur ZUS Goutte d’Or » aux fins de « construction d’un immeuble R+6 comportant 29 logements sociaux », alors que, tout au contraire, la Ville assure que « le projet ne prévoit pas la création de logements sociaux ».

Il doit être noté que l’absence de perspectives sociales rend le projet architectural plus contestable encore, s’il était besoin, dès lors que la sur-densification qu’il poursuit et consacre n’est pas justifiable, puisse-t-elle jamais l’être, au nom de la création de logements sociaux. La confusion sur l’objet de la mission qui aurait été confiée par la Ville aux aménageurs et constructeurs sociaux que sont la SEMAVIP et la FONCIÈRE LOGEMENT et, en fin de course la société SEFRI-CIME PROMOTION – cela
« à l’euro symbolique », comme elle le rappelle dans son mémoire en défense –, trahit, de la part des promoteurs immobiliers, une méconnaissance qui confine à l’indifférence, quand ce n’est à la condescendance ou au mépris, de l’environnement et de l’histoire dans lesquels ils prétendent insérer leur projet architectural :

  • « D’emblée, écrit dans ses conclusions le bénéficiaire qui a raflé l’espace pour un euro symbolique, il convient de préciser que le projet de SEFRI-CIME PROMOTION ne s’inscrit pas, comme le soutient (Cavé Goutte d’Or), dans un tissu urbain aux caractéristiques particulières, mais dans un quartier parisien marqué par l’insécurité – comme le révèle son classement en zone de sécurité prioritaire en 2012 – et dont les qualités architecturales ne peuvent être raisonnablement qualifiées d’exceptionnelles ».

On veut croire que le pétitionnaire et l’autorité instructrice ne jouent pas la même partition, la Ville de Paris disant inscrire son action en faveur de la résorption de l’habitat insalubre sous l’angle d’une réhabilitation du quartier, non de son maintien en zone de sécurité prioritaire dans laquelle, à en croire au contraire le bénéficiaire du permis, l’insertion d’un projet architectural dans le tissu urbain environnant serait secondaire.

*

[3] L’OGEC Saint Bernard Sainte Marie poursuit, de son côté, l’extension de l’école Saint Bernard en opposition avec un arrêté de mars 2012 qui l’interdit et sur la foi (imprudente ?) d’un jugement de première instance qui a estimé le projet refusé en mars 2012 « différent » de celui accepté en mars 2015. On suppose que l’OGEC agit « sereinement », comme dirait son camarade Ian Brossat (voir plus haut), au motif sans doute que l’histoire lui donnera raison. Rien n’est moins sûr cependant et, plus l’OGEC construit, plus il devra déconstruire en cas de victoire de l’association.

L’atteinte de l’école Saint Bernard (édifice sur pilotis) à l’église Saint Bernard (monument historique), mars 2017.

Nos lecteurs savent que l’affaire est actuellement devant la Cour administrative d’appel de Paris et ne s’étonneront pas d’apprendre que, comme dans les deux autres dossiers présentés ici, les constructeurs jouent la montre, ne répondent pas et laissent le temps faire son œuvre, l’œuvre consistant à mettre les juges devant le faîte accompli (sic) : le bâtiment est sous toit, il est trop tard pour prononcer la nullité du permis. À ce jour, la Ville de Paris n’a toujours pas répondu aux mémoires en appel et en réplique déposés par Cavé Goutte d’Or les 13 juin et 24 octobre 2016 et, si l’OGEC a répondu au premier, il laisse le second en suspens pendant les travaux.

Le site des amis de l’école Saint Bernard sous contrat, mobilisé par le Diocèse et la Mairie pour soutenir le projet en vert et contre tous (on écrit volontairement comme la notice d’architecte PC-4 versée au dossier, truffée de fautes d’orthographe, de syntaxe, d’accord, de genre et de culture) n’avaient-ils pas annoncé la couleuvre en disant : « Chiche qu’ils n’oseront pas démolir la moitié d’une école ! » (voir ici pour mémoire) ?

Dangereux défi, car un permis annulable le demeure même si l’immeuble est construit. Et un immeuble construit sur le fondement d’un permis annulé peut être démoli, notamment dans les abords d’un monument historique. La sanction a en effet été allégée par une récente loi dite Macron pour les endroits non protégés, mais elle demeure pour les abords d’un monument historique, ce qui est le cas de l’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard. L’article L480-13 lettre m du Code de l’Urbanisme stipule en effet :

  • « Lorsqu’une construction a été édifiée conformément à un permis de construire (…), le propriétaire ne peut être condamné par un tribunal de l’ordre judiciaire à la démolir du fait de la méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique que si, préalablement, le permis a été annulé pour excès de pouvoir par la juridiction administrative et si la construction est située dans l’une des zones suivantes : (…) m) Les abords des monuments historiques prévus aux articles L. 621-30 et L. 621-31 du même code (…) ».

À suivre dans nos prochains billets : Les deux constructeurs les plus destructeurs du quartier – la SEFRI-CIME PROMOTION à l’angle Cavé/Stephenson et l’OGEC Saint Bernard Sainte Marie pour l’extension de l’école Saint Bernard dans les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard – se rencontrent dans un même dénigrement de l’étude de François Loyer pour l’APUR (Atelier parisien d’urbanisme) qualifiant leurs secteurs respectifs d’« espace urbain d’intérêt élevé » (Cavé/Stephenson) et d’« espace urbain de caractère exceptionnel » (St Bruno/Pierre L’Ermite). Leurs mémoires devant les juges administratifs s’appliquent d’un même élan négateur à réduire l’impact ce cette étude, lui conférant du coup toute sa force. Ils sont rejoints sur ce point par la Mairie du 18e qui a émis et laissé diffuser sur son site un faux sur l’étude de l’APUR. À suivre absolument !

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Catimini

L’enlèvement du Sacré Cœur programmé pour aujourd’hui

  • Un des projets déposés dans le cadre de l’édition 2017 du « Budget participatif » suggère de « raser le Sacré Cœur », une idée déjà lancée en 2013 par Ian Brossat, adjoint participatif avant l’heure, qui voulait  construire un « espace solidaire » à la place.
  • Jugeant le projet dangereux en période électorale troublée par une recrudescence de fake news et autres sondages, la Ville aurait décidé de déplacer discrètement le célèbre monument de la butte Montmartre au square Léon.
  • Faisant d’une pierre deux coups, la Municipalité entend ainsi précéder les citoyens farfelus qui voudraient se moquer de son budget participatif et  damer le pion à l’église Saint Bernard, voisine du square Léon, épine dans le pied de l’Urbanisme parisien depuis son classement au titre des monuments historiques.

Un projet enlevé…

… rehaussé de solidarité citoyenne.

  • Pour mieux passer inaperçue, l’opération aurait lieu durant les Journées européennes des Métiers d’Art 2017 et emprunterait le Circuit des Gouttes d’Or de la mode et du design.

Pendant le transport, les Gouttes d’Or de la mode et du design restent ouvertes (samedi 1er et dimanche 2 avril 2017 de 11h à 19h (Renseignements : www.madeingouttedor.paris).

Thématique boudoir à déguster entre le 7 rue des Gardes, la permanence du 13 rue Cavé et la cave parure du 16 rue Myrha.

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Sep’tentant

La Mairie de Paris salue le 70printemps de l’Écume des jours

  • L’aimable tweet de Cavé Goutte d’Or proposant à la maire adjointe Colombe Brossel d’entamer les travaux d’urgence sur la rue Boris Vian à l’occasion du 70e anniversaire de la publication du célèbre roman aurait été suivi d’effet !
  • Au jour près puisqu’un ravalement serait en cours depuis le 20 mars 2017.
  • On garde le conditionnel jusqu’au 2 mai ?!

« Chantier interdit au public ». Photo MS 22 mars 2016.

Nos lecteurs se souviennent que la Mairie de Paris s’est engagée cet automne dans un travail de réhabilitation de la terrible barre d’immeuble qui balafre la Goutte d’Or Sud, fruit d’une réhabilitation, déjà, qui avait entraîné la démolition d’un quartier, – et dont Daniel Vaillant lui-même, qui l’avait approuvée et suivie de sa meilleure attention, devait estimer qu’elle avait « très mal vieilli ».

Le projet de réparation de la Goutte d’Or Sud a été présenté le 22 novembre 2016 au Centre Barbara voisin.

C’est à cette occasion que Colombe Brossel, maire adjointe chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la ville et de l’Intégration auprès d’Anne Hidalgo, avait annoncé que les travaux d’urgence et de sécurité, qui ne pouvaient attendre le bouclage du projet global, seraient entrepris au début de l’année 2017, avant les travaux plus ambitieux de déplacement de l’escalier.

Et Cavé Goutte d’or de suggérer à Colombe Brossel de saisir, avec la Mairie du 18e, l’occasion de l’anniversaire de la publication de L’Écume des jours :

L’invitation au printemps.

En attendant le 2 mai 2017, étape désormais traditionnelle dans le calendrier de la Cohérie Boris Vian qui, chaque année à l’occasion de la Saint Boris, vient s’enquérir des soins apportés à la rue dédiée à l’écrivain musicien, Cavé Goutte d’Or suivra l’évolution de ce pré-chantier.

Sachant que la Cohérie s’est fixé la fin de cette année pour objectif final de son assistance à la Mairie dans cette opération, on croise les doigts pour que les espoirs mis dans le projet de requalification ne soient pas, à leur tour, re-disqualifiés.

Reportage photographique du 22 mars 2016

Crédit photos : MS pour Cavé Goutte d’Or (22 mars 2017).

Vite, d’autres vies

La barre d’immeuble que traversent les escaliers de la rue Boris Vian est évoquée dans une critique de Didier Péron (Libération du 17 mars 2017) et une autre d’Hervé Le Goff (Photographie.com) sur l’exposition Les Années Goutte d’Or 1977-1987 de Jean-Claude Larrieu, qui vivait dans les lieux avant qu’ils ne soient démolis au nom de leur requalification :

  • « C’était un ancien hôtel particulier au 16 rue de la Goutte-d’Or. On s’y installait de proche en proche, une amitié qui en pousse une autre. Il y avait un grand salon, une cheminée en état de marche, on pouvait marcher sur le toit et y pique-niquer, ça avait beaucoup de charme. C’était grand, modeste, délabré, profondément agréable à vivre et pour y être heureux.»

Et Didier Péron d’ajouter : « Dans l’immeuble de la Goutte-d’Or, ‘phalanstère de l’amitié’, où (Jean-Claude Larrieu) restera jusqu’en 1987 et la démolition de cette partie du quartier (le lieu a été remplacé par un hideux bâtiment commercial surmonté d’un terrain de sport), cohabitent Bernard Faucon, Hervé Guibert, Christian Louboutin, Christian Caujolle, Claude Levêque… »

  • Les Années Goutte d’Or 1977-1987 de Jean-Claude Larrieu jusqu’au 29 avril 2017 à la Galerie Patrick Gutknecht, 78 rue de Turenne 75003 Paris. Lire ici et ici.
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Vivant Vian

Vers un printemps de la rue Boris Vian pour les 70 ans de L’Écume des jours ?

  • Plusieurs événements culturels marquent cette semaine l’anniversaire du roman que Boris Vian présentait comme « une histoire entièrement vraie puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre ».
  • La rue que Paris a imaginé d’un bout à l’autre dans la Goutte d’Or pour saluer l’écrivain sera-t-elle de la fête, ou toujours à la peine ?
  • Cavé Goutte d’Or propose de dédier les 70 ans de « L’Écume » aux projets de réaménagement du secteur Arcades Goutte d’Or/rue Boris Vian.

Le 20 mars est bien connu pour être le premier jour du printemps, veille du jour de Clémence.

C’est ainsi un 20 mars que devait être publié, en 1947, L’Écume des jours, le célèbre roman de Boris Vian qui fit connaître Jean-Sol Partre à des générations de lecteurs plongés dans cet « univers dont les lois sont absurdes et impitoyables » (Raymond Queneau) pour tenter d’en ramener morts les nénuphars qui poussaient dans les poumons de Chloé.

Entre l’annonce d’Anne Hidalgo, ce dimanche 12 mars 2017 dans les colonnes du JDD, en faveur de « 10 nouvelles mesures pour la propreté de Paris » et le prochain Conseil de Paris des 27, 28 et 29 mars lors duquel la maire prononcera une communication décisive intitulée « Objectif Paris propre », aura donc eu lieu, juste au milieu, le 20 mars 2017, les soixante-dix ans de L’Écume des jours.

Belle coïncidence, que les riverains du secteur Arcades Goutte d’Or/rue Boris Vian ne manqueront pas d’investir en interpellant la maire adjointe de la capitale, Colombe Brossel, chargée de la Sécurité, de la Prévention, de la Politique de la Ville et de l’Intégration, qui présentait le projet de rénovation du secteur le 22 novembre 2016 chez Barbara et promettait à l’assistance quelques « travaux d’urgence pour le début 2017 ».

Un nouveau plan propreté de Paris
à la veille des présidentielles

Si l’on devait suivre le calendrier d’Éric Lejoindre – qui n’a répondu que le 23 septembre 2016 à la lettre de la Cohérie Boris Vian du 2 mai 2016 alors que sa réponse avait été annoncée très solennellement pour « avant l’été (2016) », on se perdrait en conjecture sur ce que veut dire « début 2017 ».

« Le plan d’Anne Hidalgo pour rendre Paris plus propre ». Crédit photo : Reuter pour Le Journal du Dimanche.

Mais on ne suivra pas – pas ici – l’agenda du maire du 18e puisque aussi bien le dossier est désormais entre les mains de la Mairie centrale. Et les riverains se souviennent d’avoir côtoyé longtemps le nom de Colombe Brossel sur l’une des vitrines politiques les plus en vue du quartier. Ils feront donc a priori toute confiance à l’adjointe d’Anne Hidalgo pour mesurer le sens de ce « début 2017 » à la lumière de l’attente des habitants du quartier et lui rappelleront en toute amitié son engagement à mener quelques « travaux d’urgence » avant d’engager les grands travaux qui s’imposent hélas déjà pour réparer les dégâts causés par l’équipe au pouvoir lors de la création de la rue Boris Vian, en 1994 (pour en savoir plus sur cette équipe, lire notre billet « Fissures »).

Dans cette confiance a priori (qu’il fait sienne) dans le projet présenté par Colombe Brossel, Cavé Goutte entend, comme en résonance de raison, les premiers mots de l’avant-propos de L’Écume des jours : « Dans le vie, l’essentiel est de porter sur tout des jugements a priori ».

Le bon jour de Boris Vian

Message de Nicole Bertolt pour la Cohérie Boris Vian.

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Et sinon ?

Macron cible le gotha de la Goutte d’Or

  • La Louve, le Louxor, Action Barbès, Goutte d’Or et vous,… Le 18e du mois, Dixhuitinfo, Cavé Goutte d’Or,… rien ni personne de ce qui compte à la Goutte d’Or ne semble avoir échappé à la vigilance d’En Marche ! dans la perspective des élections présidentielles d’avril et mai prochains.

La campagne d’En Marche ! sur la Goutte d’Or (capture d’écran du 10 mars 2017).

Sans paraphraser un célèbre titre des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – qui ont aussi commis une étude très conventionnelle sur la Goutte d’Or dans  Paris : Quinze promenades sociologiques (Payot, 2009) -, l’initiative d’En Marche ! surfe sur les no-go-zones no-made in the Goutte d’Or.

L’association Cavé Goutte d’Or, dont le blog avait déjà eu les honneurs du 18e du mois en novembre 2016 (voir ci-contre), est très touchée que son « point de vue », pour le dire comme En Marche !, puisse intéresser les communicants des candidats aux élections présidentielles, elles-mêmes très en marche actuellement.

Le ciblage d’En Marche ! sur la Goutte d’Or intervient peu après le ralliement de Bertrand Delanoë à l’équipe d’Emmanuel Macron : doit-on y voir les prémices d’un intérêt pour l’urbanisme et la politique urbaine que poursuivait l’ancien maire de Paris durant son premier mandat, lorsque Bertrand Delanoë renforçait les pouvoirs de la Commission du Vieux Paris (déconsidérée par l’Hôtel de Ville lors de son second mandat), assurait qu’il ne souhaitait pas la démolition du 25 rue Stephenson (néanmoins démoli en 2011), ou protégeait les perspectives monumentales de l’église Saint Bernard de l’agression qui sera autorisée par Delanoë II et Hidalgo I ?

Autant de « points de vue » qu’En Marche ! pourra comparer in situ lors de la visite guidée du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or que ne manquera pas d’organiser Éric Lejoindre dans le prolongement de son meeting électoral du 22 novembre 2016 et dans la perspective (monumentale) des prochaines présidentielles.

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