Château Rouge en zone de sécurité prioritaire

Valls sonne le glas de la politique Vaillant / SEMAVIP

La politique de la ville menée depuis trente ans à La Goutte d’Or et Château Rouge est un échec. La  liste des quinze premières Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP), révélée le 3 août 2012 par le ministre de l’Intérieur et publiée le 4 août par Le Parisien, en fait foi.

Trône en effet dans cette liste le secteur Château Rouge, pris en otage au nom de la résorption de l’habitat insalubre et de la destruction/reconstrution du quartier par le maire du 18e arrondissement et ses adjoints à l’Urbanisme, au Logement et à la Sécurité/Tranquillité, agissant avec la complicité du maire de Paris et ses adjoints à l’Urbanisme, au Logement et à la Sécurité/Tranquillité.

La Convention publique d’aménagement du Secteur Château Rouge signée entre la Ville de Paris et la SEMAVIP le 11 juin 2002 a vécu.

En mai 2011, Cavé Goutte d’Or demandait au maire de Paris la résiliation de cette convention dès lors qu’il était établi, déjà, que la SEMAVIP en violait les dispositions phares, notamment celles qui touchent au contrôle, par la Ville, des décisions relatives au choix entre la réhabilitation d’un immeuble ou sa démolition/reconstruction, la démolisseuse préférant la démolition et forçant le mouvement au point de susciter, le 15 septembre 2010, un vœu de la Commission du Vieux Paris afin « que soit réalisé d’urgence un bilan d’étape de l’aménagement d’un secteur (le secteur de Château Rouge, NDLR) dans lequel les démolitions ont été beaucoup plus nombreuses que ne le prévoyaient les plans initiaux », – donc la Convention publique d’aménagement violée par la SEMAVIP (avec l’accord de la Ville, s’avère-t-il aujourd’hui).

Le glas fait aussi résonner les responsabilités de Lionel Jospin et Alain Juppé, Jacques Chirac, Roger Chinaud et Jean-Pierre Pierre-Bloch ; il annonce l’usure prématurée des crayons de Gérard Thurnauer et du cabinet TGT (Treuttel-Garcias-Treuttel), les architectes coordinateurs du désastre ;  il casse la morgue de Paris-Habitat qui fait habiter les gens dans l’inhabitable censé remplacer un quartier dont seuls quelques éléments identifiés et maîtrisables étaient insalubres.

Un quartier qui reste en ZUS (ou quel qu’en soit le sigle avant) pendant trente ans et qui passe aujourd’hui en ZSP (ou quel qu’en soit le sigle demain) quand il n’a cessé d’avoir à sa tête les hommes qui sont en même temps, durant les mêmes trente ans, da façcon alternative, à la tête de l’État et de la Ville (on répète : Jospin, Vaillant, Delanoë, Juppé), ce quartier est choisi pour quelque chose.

Maintenir les zones, un projet culturel (photo CGO 2012).

Daniel Vaillant, député depuis 1988, après Lionel Jospin, de la circonscription incluant Château Rouge, maire du 18e et de Château Rouge depuis 1995, ministre de Lionel Jospin de 1997 à 2002, d’abord aux Relations avec le Parlement puis à l’Intérieur ; Daniel Vaillant qui chante la prétendue « métamorphose » de Château Rouge quand il s’agit de vendre le programme de la SEMAVIP, ne peut aujourd’hui promettre vouloir « mettre le paquet », on le cite, pour lutter contre « la criminalité et les trafics toujours plus importants » et « éduquer la jeunesse » car « les jeunes sont en perdition et c’est très jeune qu’il faut prendre les choses en mains » (en boucle sur i-télé et BFM, 4 août 2012).

Jeunesse quand tu nous tiens !

En 1988, quand il est devenu député de la circonscription englobant Château Rouge, Daniel Vaillant avait, comme chacun de nous, vingt-quatre ans de moins. En 1995, lorsqu’il est devenu maire du 18e (alors dans l’opposition à Jean Tiberi), il avait dix-sept ans de moins. En 2001, lorsque la Mairie centrale est passée à gauche, il était encore douze ans plus jeune qu’aujourd’hui, – et que ne fait-on en douze ans ?! Si donc « c’est très jeune qu’il faut prendre les choses en mains », dit-il, à quel âge Daniel Vaillant a-t-il pris en mains l’habitat salubre, son cheval de bataille devenu cheval de Troie des promoteurs immobiliers s’appropriant tout un quartier, fût-ce au nom de la municipalité.

Devant l’échec patent de la politique dite « d’aménagement » du secteur Château Rouge, Cavé Goutte d’Or demande l’interruption immédiate de tous les chantiers de la SEMAVIP, de démolition comme de construction, et de toutes les demandes d’autorisation en suspens à la Direction de l’Urbanisme de la Mairie de Paris, jusqu’à examen sérieux et indépendant du lien de causalité entre l’opération d’aménagement que cette société conduit en violation de la Convention de 2001 et l’état de fait qui exige aujourd’hui de placer en « zone de sécurité prioritaire » le secteur qui lui a été confié pour le réhabiliter.

Parti pas pris

Nota Bene. La lecture rapide de ce billet et d’autres peut conduire le lecteur à penser que le blog fait un choix politique en critiquant la municipalité du 18e et de Paris, aux mains du PS durant les douze années correspondant à la mise en oeuvre de la Convention publique d’aménagement de Château Rouge liant la Ville à la SEMAVIP.

Il n’en est rien, et il est rappelé ici l’ensemble des démarches menées pour responsabiliser – en vain – les autorités ou instances aux mains de la droite, du centre, de l’UMP, du Front de gauche ou des Verts. Il est rappelé notamment l’inertie face à nos requêtes, toutes expressément et nommément adressées à eux es-qualités, de Benoît Apparu, ci-devant ministre du Logement de Nicolas Sarkozy et François Fillon ; de Roxane Decorte, actuelle challenger hélas de Daniel Vaillant et membre du Conseil d’administration de Paris Habitat ; de Ian Brossat (FG) ou Fabienne Giboudeaux (Les Verts), membres du Conseil d’administration de la SIEMP ; de François Lebel, maire du 8e, Thierry Coudert, conseiller dans le 17e, Jean-François Lamour, patron de l’UMP à Paris, tous régulièrement informés tant du chantier du 25 rue Stephenson que des abus de démolitions signalés par la Commission du Vieux Paris ; de Philippe Goujon, maire du 15e, et Jean Tiberi, maire du 5e, tous deux sollicités par Cavé Goutte d’Or tant en leurs qualités de conseillers de Paris et maires d’arrondissement que de membres de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, M. Tiberi y fréquentant en outre un « Groupe d’études Construction et logement » ; de Jean-François Legaret, maire du 1er et membre de la Commission du Vieux Paris, qui ferraille contre la démolition du Jardin des Halles, ou de Rachida Dati, maire du 7e qui voudrait voir raser le Mur pour la paix du Champ-de-Mars et, coïncidence ?, laisser raser gratis à la Goutte d’Or…

Il suffisait d’observer, pendant les dernières élections législatives de juin 2012 (photo ci-dessous), le mur qui fait face à celui de l’Olympic pour savoir que, dans la Goutte d’Or, la politique ne fait pas de politique !

En face de L’Olympic, et réciproquement (CGO, juin 2012).

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