Tirés à part

TIRÉ À PART N° 3 Extrait de notre billet du 21 novembre 2019 « L’esplanade Boris Vian se dessine au pluriel »

La Goutte verte reprend les huit points des notes et esquisses de L’Atelier urbain de la Goutte d’Or et les commente en ces termes :

« 1/ Concernant le TEP La variante 1 semble très intéressante ; la variante 2 éventuellement : mais si on arrive à créer des ouvertures latérales suffisamment grandes pour permettre une luminosité de qualité ; la variante 3 ne nous plaît guère. Il y a là un espace sportif, il faut le maintenir en ces lieux.

(Sur la couverture), nous entendons les arguments des sportifs. Une couverture totale nous peine, mais nous souhaitons que le stade soit fréquenté. Existe-t-il des couvertures amovibles ? En même temps, d’autres terrains de la ville non couverts fonctionnent très bien (ne serait-ce qu’au square Léon, ainsi qu’au square Éole, le long du quai de Jemmapes, etc.).

« 2/ Concernant le réaménagement en jardin public de l’espace libéré au-dessus du parking Oui c’est une bonne idée. Mais quid d’une part réservée au jardinage ? Certes, les jardins partagés ne sont pas au goût de tous, mais ils ont une musique propre : l’invitation à participer, à découvrir la nature de façon active et pas seulement contemplative, cela génère du lien, de la discussion, des échanges… bien souvent inattendus.

« 3/ Abandon de tout projet de construction contre la façade actuelle du gymnase D’accord sans aucune réserve.

« 4/ Concernant la rue/le passage Boris Vian D’accord avec le fait qu’il ne faut pas le déplacer (option coûteuse et inutile), idée intéressante que de créer un maillage piéton.

« 5/ Concernant les pignons et façades Faire pousser du houblon sur la façade du 9 rue Polonceau (le houblon est une liane tonique, qui pousse à merveille dans le quartier, elle peut aller très haut, feuillage vert éclatant, etc.).

« 6/ Restructuration des commerces le long de la rue de la Goutte d’Or En phase avec le point de vue exprimé.

« 7/ OK. Que fait-on de la remarque des jeunes du quartier ? En substance: faites-nous une place, arrêtez de parachuter sur le quartier des projets extérieurs, donnez-nous une chance. Quid de créer une pépinière… d’entreprises ? et/ou un lieu qui fait de l’insertion par le travail ? (ex.: réparation d’ordinateurs, ou d’objets électroniques).

« 8/ (Restaurant sur la place) Tout dépend du type de restaurant proposé. Il nous semble important de ne pas déloger des habitants, des habitudes, celles par ex. des Chibanis. Ne pas exclure par les prix, donc à voir quel type de restaurant. Et pourquoi pas un café autogéré ? (cf. le « Bar commun » de la rue des Poissonniers… il semble que ce lieu crée du lien, et propose une programmation variée – bien plus diversifiée que nombre de lieux commerciaux. Un « bar commun » partagé avec l’association Home sweet mômes (potentielle bénéficiaire d’un des locaux créés sous le TEP) ? Que deviendraient les deux cafés chibanis ?

« Sinon, (quid) de mettre de l’eau sur la place : sous quelle forme? à voir… une fontaine classique ? un bassin avec de la végétation et pourquoi pas des poissons ? ou bien dans l’espace végétalisé dont vous parlez plus haut… sous forme de cascade ? de l’eau pour rafraîchir l’atmosphère, pour évoquer lointainement les lavoirs de l’ancien temps, parce que ça plaît aux enfants (lancer des cailloux dans l’eau…) il n’y a qu’à voir le bassin du square Éole, c’est une attraction), parce que les clapotis font une douce musique, etc. »

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TIRÉ À PART N° 2 Brève du 26 mars 2018

La palissade qui doit « redonner une place aux femmes dans l’espace public »

  • Sans dénigrer le travail de l’artiste Claire Courdavault qu’on a vue à l’œuvre l’automne dernier, on doit s’interroger sur le projet de la Mairie qui consiste à user d’un artifice éphémère pour « mieux intégrer la place de la femme dans l’espace public ».

26 mars 2018 – Les figures peintes sur la fresque de Claire Courdavault seraient « les gardiennes de la rue de la Goutte d’Or » : « Des figures de femmes, mythiques ou réelles, (…), figures féminines liées aux symboles de puissance et de protection », explique l’article sur le site de la Mairie de Paris.

« L’œuvre, financée par la Mairie de Paris, n’est pas le fruit du hasard », poursuit l’article qui y est consacré : « elle s’inscrit dans l’objectif de mieux intégrer la place de la femme dans l’espace public, qui s’est également illustrée au travers des marches exploratoires de femmes initiées l’an dernier, et portées par la Ville de Paris et l’association Paris Macadam ».

Juin 2017.

Cache misère

Cavé Goutte d’Or a salué l’effort dans un billet du 11 octobre 2017 tout en s’inquiétant, déjà, du projet qui se disait destiné à « embellir votre cadre de vie » (voir panneau ci-contre) et risquait de cacher la misère des lieux, du secteur et, plus largement, du quartier.

Depuis, on apprend que cette fresque pourrait être prolongée afin de fermer davantage de galeries qu’elle n’en ferme déjà, afin surtout de fermer des espaces surinvestis par des activités commerciales illégales, dont la drogue. Ce qui est dire de son objectif avancé de « mieux intégrer la femme dans l’espace public ».

En réalité, et toujours sans dénigrer l’artiste et son travail, cette fresque semble surtout servir les intérêts de la Politique de la ville pour : 1) cacher la misère qu’elle a créée en construisant de la violence urbaine, 2) cacher son dysfonctionnement à faire respecter la loi dans le secteur, 3) cacher l’enterrement du projet de requalification des arcades et de la rue Boris Vian. Trois caches misères pour le prix d’un.

C’est ainsi, comme naturellement, à deux pas de la fresque, que se réunit le quartier dans une cérémonie de remise des pétitions circulant depuis quelques semaines et demandant aux plus hautes autorités de la Ville et de l’État la mise en place d’une solution durable pour la sécurité et la salubrité du quartier (la pétition en ligne).

Invitation au quartier

  • À l’initiative de l’association Paris-Goutte d’Or et des auteurs des pétitions, une réunion de remise publique des deux textes est organisée ce mardi 27 mars 2018 à 19 heures sur la « place Polonceau », formée du croisement des rues Polonceau, Pierre L’Ermite, Jessaint, Charbonnière et Goutte d’Or.

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TIRÉ À PART N° 1 Brève du 25 août 2012

Ça la friche mal

La friche du 24 avant la friche (Photo GC-août 2011).

Nos confrères d’Action Barbès, qui nous citent sous le nom de « un blog », présentent cette semaine la friche du 24 rue Cavé, qui leur avait échappé. La présentation du « jardin solidaire » est aimable, pour ne pas dire citoyenne, mais Action Barbès se veut aussi archéologue et explique qu’avant la friche de l’association EGO, il y avait là une petite maison.

La petite prairie cacherait donc une petite maison au fond, « un petit immeuble d’un seul étage » dont Action Barbès nous dit qu’il était « en mauvais état » et que « sa destruction a fait l’objet d’un mécontentement profond de certains riverains de la rue Cavé qui s’exprime (le mécontentement ? la rue ? NDLR) dans un blog, comme à propos d’autres destructions d’habitats dits insalubres ».

La voix de son maire

Et nos excellents confrères de poursuivre, comme leurs excellents confrères qui tiennent les médias du quartier : « Nous comprenons parfois l’insatisfaction de certains de voir disparaître la trace d’un quartier populaire où subsistaient encore de rares petites bâtisses. Toutefois, l’urgence de loger des citoyens demandeurs d’un logement social ou non doit être considérée ». 

Ben voyons ! ajoute le blogmaster de « un blog », en rappelant à la considération citoyenne d’Action Barbès les faits suivants :

  • la petite maison avait été l’objet de l’attention particulière de la Commission du Vieux Paris avant celle des riverains ;
  • elle était destinée à être conservée ;
  • le Département Histoire de l’Architecture et Archéologie de Paris (DHAAP) avait en effet écrit à son propos que « ce bâtiment bas est partie intégrante d’une séquence de petites maisons présentes dans la rue et assez rares dans Château Rouge » et que c’était « à ce titre que sa préservation avait de l’intérêt » ;
  • elle a ensuite été livrée à dessein aux intempéries par la SEMAVIP qui était chargée de la maintenir en état et non d’en favoriser la désintégration ;
  • elle était enfin au centre d’une procédure devant le Tribunal administratif de Paris quand la SEMAVIP l’a démolie précipitamment sans qu’aucune urgence ne l’impose ;
  • rien n’a été construit à la place : les « citoyens demandeurs d’un logement social ou non » auxquels pense devoir penser Action Barbès n’ont donc qu’à se brosser ;
  • si, au demeurant, « les citoyens demandeurs » avaient obtenu leur « logement social ou non », il n’y aurait par définition pas eu de friche à la place, et pas eu d’article d’Action Barbès pour regretter ce qui n’est finalement qu’une mauvaise gestion du temps, de l’espace, du patrimoine, du droit et de la parole.

Le 24 Cavé voué aux 4 vents (GC-août 2011).

Pour plus de détail, voir le mémoire des riverains sur le blog de Cavé Goutte d’Or et le compte rendu de l’audience du 19 octobre 2011 lors de laquelle le Tribunal administratif saisi en référé a été contraint de constater l’impasse dans laquelle la précipitation de la démolition l’avait mis : « Je ne peux suspendre une décision déjà exécutée », déclarait en substance le juge devant le constat d’huissier lui montrant la friche d’EGO au moment de sa conception (voir sur le blog). Le recours au fond demeure. Et les frises, dit-on en hauts lieux, ont été mises en lieux sûrs.

24 rue Cavé, détails avant démolition (GC-août 2011).

Circonférence citoyenne

Elle aussi désespérément vide durant l’août de la Goutte d’Or, la salle de conférence citoyenne aménagée dans le plus pur style para-rambutéen et para-Napoléon III sur la friche des ci-devant Plumasseries Loddé au 25 rue Stephenson/2 rue Cavé (devenue la friche du 4 Cavé) ne s’offre qu’au regard hélas, – au regard notamment des fenêtres sur cour du, pour le coup, très rambutéen 5 rue Myrha, actuellement objet d’une grande attention…

Entre Rambuteau et Napoléon III, la salle de conférence du Quat’Cave

Le travail de récupération s’étend même sur les terres encore vierges donnant sur la rue Stephenson (aménagements ci-dessous), les pauvres piétons étant conduits dans un labyrinthe fléché de palettes et autres bidons. « Rendez-nous les coquelicots ! », entend-on crier à travers les jours de souffrance voisins.

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