Municipales

L’Atelier urbain de la Goutte d’Or diffuse les réponses reçues à son questionnaire

  • Ont répondu, dans l’ordre alphabétique, Pierre-Yves Bournazel (LREM), Anne-Claire Boux (L’Écologie pour Paris 18), Hela Daboussi (Un nouveau souffle pour le 18e/Parisiennes, Parisiens), Vikash Dhorasoo (Décidons Paris/LFI), Rudolph Granier (Engagés pour changer Paris, LR), Anne Hidalgo et Éric Lejoindre (PS/Paris en commun).

La marque de la Politique de la ville dans la Goutte d’Or. Vitrine des locaux de l’équipe de développement local brisée en début d’année 2020, non encore remplacée. (À suivre).

Nos lecteurs trouveront sur la page du blog dédiée à L’Atelier urbain l’intégralité des réponses reçues au questionnaire que, dans le prolongement de son Manifeste appelant à un moratoire sur la requalification de la Goutte d’Or Sud, L’Atelier avait soumis aux candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars.

Les réponses sont publiées sous la forme où elles ont été reçues, sans commentaire ou analyse, L’Atelier se réservant la possibilité d’en examiner les éléments les plus porteurs dans le cadre de ses travaux futurs.

Les challengers unanimes
sur la requalification de la Goutte d’Or Sud

D’ores et déjà, sans empiéter sur les prérogatives de L’Atelier urbain et sans nuire à l’analyse attentive que méritent ces réponses elles-mêmes très attentives, Cavé Goutte d’Or observe que la demande d’un moratoire sur la requalification urbaine du secteur Boris Vian/Polonceau/Goutte d’Or, telle qu’elle a été lancée en octobre 2019, recueille l’unanimité des challengers aux Mairies de Paris et du 18e, seule l’équipe sortante estimant en effet qu’un moratoire « risquerait de stopper tout projet pour le quartier ».

  • « Si je suis élu, je reprendrai un à un les projets en cours pour tenir compte des souhaits exprimés par les habitants », indique Pierre-Yves Bournazel (LREM).
  • « Nous nous engageons à relancer la concertation et à co-construire avec les habitants, les associations et les commerçants le projet dont a besoin le quartier », écrit Anne-Claire Boux (L’Écologie pour Paris 18) en rappelant l’engagement des Verts contre le forcing de la Mairie pour imposer son projet en dépit des conclusions négatives du commissaire enquêteur.
  • « Notre ambition est de reconcerter ce sujet », affirme Hela Daboussi (Un nouveau souffle pour le 18e) qui propose que le coût en soit mesuré avec les citoyens.
  • « Nous soutenons l’idée d’un moratoire et une discussion large avec les habitants en vue d’établir un nouveau projet », indique Vikash Dhorasoo (LFI) qui dénonce « la manière pour le moins agressive avec laquelle le projet de requalification s’est imposé dans un délai très court ».
  • « Je demanderai un moratoire et reprendrai à zéro l’ensemble des dossiers avec les habitants, les associations et collectifs », écrit Rudolph Granier (LR) qui souhaite « mettre en place un comité permanent de concertation et une maison de l’urbanisme du 18e ».
  • « La mise en place d’un moratoire risquerait de stopper tout projet pour le quartier », estiment Anne Hidalgo et Éric Lejoindre (Paris en commun) qui annoncent la reprise des comités de suivi dans le cas où ils seraient réélus : « Cependant, la consultation n’est pas terminée et d’autres comités de suivi permettront de concerter à nouveau dans les prochaines semaines ».

Voir les réponses complètes sur la page de L’Atelier urbain

Vers une sortie des urnes

Le questionnaire de L’Atelier urbain portait également sur le moratoire concernant les projets dits « Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et à La Chapelle », quatre projets de coloriage de rues, dotés au total de 100.000 € au budget participatif 2018 (lien).

La plupart des candidats répondent à cette question dans les mêmes termes qu’à la première et soulignent le dévoiement des principes du budget participatif. Le moratoire est notamment accordé par Pierre-Yves Bournazel, qui pointe une ambiguïté sur le statut de ce projet, et par Rudolph Granier, Vikash Dhorasoo dénonçant les projets de « dit embellissement » qui seraient utilisés « comme des outils dissimulant un délaissement de l’espace public ».

Tout en prônant « le retour du beau en ville », Anne-Claire Boux indique que « les écologistes ne reviendront pas sur les projets sélectionnés dans le cadre de la démocratie participative ». Les Verts rejoignent ici Anne Hidalgo et Éric Lejoindre qui assurent que « le projet ‘Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et à la Chapelle’ a été soumis au vote après un contrôle de recevabilité technique » et concluent : « C’est pourquoi, dans le respect de la démocratie participative et de la parole des habitants, nous mettrons en œuvre ce projet d’embellissement du quartier ».

Il doit être noté sur ce point que le premier volet d’exécution de ce projet prétendument démocratique consiste précisément à mettre en peinture un mur qui ne fait pas partie du projet voté, remettant ainsi en question le principe même du système (lire sur ce point notre billet du 20 janvier en page Vie du quartier :

  • « Le mur de la Bibliothèque Goutte d’Or, dont la mise en peinture est un vrai projet, nécessaire et nullement dérisoire, ne dépend en rien du projet contesté consistant à colorier les rues et les trottoirs de la Goutte d’Or et de la Chapelle. Le projet ‘Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et la Chapelle’ est en effet circonscrit à quatre lieux bien déterminés. Le mur de la Bibliothèque n’en fait pas partie, pas plus que le boulevard de la Chapelle sur lequel il donne. S’agissant d’un travail nécessaire, il n’avait pas besoin du ‘vote’ des habitants. Il aurait donc dû être financé séparément et ne pas subir les aléas que le projet ‘Des couleurs éclatantes à la Goutte d’Or et la Chapelle’ lui fait subir, – dont l’absence de déclaration préalable sur lequel il a été retoqué en novembre 2019 n’est que l’élément le plus récent et saillant de ce dossier mal ficelé »).

Outre « l’instauration d’une réelle concertation et d’un processus de codécision avec les habitants sur l’ensemble des projets d’urbanisme dans la Goutte d’Or, incluant dès le départ de leur élaboration les permis de démolir et de construire, les modifications de façade, agencements de vitrine, fresques et opérations artistiques, végétalisation de l’espace public », les autres points soulevés par le questionnaire de L’Atelier urbain portent sur l’occupation de l’espace public ; sur une demande d’audit du processus d’attribution des locaux de commerces ou d’activités en pieds d’immeubles des bailleurs sociaux, des logements sociaux et des subventions aux associations municipalisées) ; sur la suppression des sources identifiées des trafics divers qui affectent le quartier au vu et au su de tous depuis plusieurs décennies.

C’est dire que les questions, comme les réponses, seront à l’ordre du jour de la prochaine mandature.

À lire sur le blog d’Action Barbès

Aux questions aux candidats, l’association Action Barbès a préféré les propositions aux candidats. Ce qui offre un tour d’horizon des chantiers à venir pour la prochaine mandature, tour d’horizon duquel Cavé Goutte d’Or retient le beau projet de Diagonale verte qui, avec les esquisses de L’Atelier urbain et les plans de L’Atelier 26, fera peut-être un jour liste commune de quatrième tour.

Le blog d’Action Barbès publie également toutes les listes officielles des candidats pour le 18e (ici) et un rappel bienvenu sur le fonctionnement des municipales (ici).

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