Exit

Theresa May candidate à la Mairie de Paris

  • Après Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux, Theresa May souhaite apporter son expérience politique à la capitale parisienne.
  • Sur la forme, l’actuelle première ministre britannique invoque le cas de Manuel Valls qui brigue la capitale catalane et, sur le fond, le besoin d’un Paris plus Rock n’roll.
  • Dans cette perspective, elle confierait l’Urbanisme à Boris Johnson, l’Architecture à Charles Windsor, et les Transports à l’actuel speaker de la Chambre des communes.
  • Analyses.

Contrairement à Manuel Valls, Mounir Mahjoubi ou Benjamin Griveaux qui, selon elle, sont partis trop tôt pour leurs campagnes respectives, Theresa May prend son temps et crée la diversion en occupant les écrans de la planète entière avec son job actuel. Elle a obtenu récemment un délai pour sortir – sortir en l’occurrence le Royaume uni de l’Europe unie – et, avec un humour naturellement très british, elle a fait observer que, si elle avait respecté le délai au 29 mars 2019, l’évènement historique dont elle maitrise le déroulement avec un art consommé du suspens aurait été noyé, ce week-end, dans les célébrations de la « Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques » et les manifestations de « Paris respire dans la Goutte d’Or ».

Le 22 mars 2019, le jour-même qui a vu l’actuelle locataire de la Mairie de Paris arpenter les rues de la Goutte d’Or ou presque avec Libération (lire notre billet du 29 mars 2019), Theresa May a ainsi obtenu de Bruxelles un délai au 22 mai, possiblement raccourci au 12  avril, pour en finir avec la sortie. Sortie ou non, douce ou dure, ça nous a quand même une autre allure que la ré-inauguration de la ferme du square Bashung sans passer par la place Polonceau.

Urbanisme et architecture
en majestés

Les plus fragilisés par la perspective de la candidature de Theresa May à la Mairie de Paris sont les tenants actuels de l’Urbanisme et de l’Architecture, respectivement Jean-Louis Missika, maire adjoint à l’Urbanisme, et Michèle Zaoui, conseillère à l’Architecture et à l’Espace public au Cabinet de la maire.

Londres et Paris sont en effet en rivalité officielle en matière d’audace architecturale et urbanistique plus encore qu’en matière d’humour :

– Boris Johnson tiendrait ainsi la dragée haute à « l’adjoint à l’urnanisme », comme Le Monde avait évoqué, dans un lapsus foudroyant, l’autosatisfaction de l’urbanisme parisien qui prétendait vouloir « Réinventer Paris » tout seul (notre billet du 20 septembre 2018). Pour ce qui est de « réinventer Paris », le maire de Londres qu’était en 2010 Boris Johnson disait de la future Tour Orbit, dans un français presque aussi charmant que celui de Jane Birkin : « C’est le Tour Eiffel de Londres, mais mieux » (Antenne 2, 30 avril 2010, voir la vidéo et sa retranscription).

Tour Orbit : « Le Tour Eiffel de Londres en mieux » (Boris Johnson), reportage sur Antenne 2, 30 avril 2010.

– Charles Windsor, de longue date en réserve de la République, si l’on ose dire de la princière personne que le site Urbanews appelle « le potentiel futur roi d’Angleterre », est à l’origine de The Prince’s Foundation for Building Community, dont Wikipédia indique qu’elle est « une organisation caritative éducative créée en 1986 par le prince de Galles pour enseigner et mettre en pratique les principes de la conception et de l’architecture urbaines traditionnels qui placent les personnes et les communautés dont ils font partie au centre du processus de conception (design process) » (lien). Il a publié sa vision pour l’architecture du 21e siècle dans The Architectural Review en 2014, une contribution qu’Urbanews a résumée en français sous le titre « L’urbanisme ‘à la prince Charles’ en 10 leçons ».

– John Bercow : Quant au speaker de la Chambre des communes, qui s’est récemment illustré par son autorité naturelle, il ne fera qu’une bouchée des fraudeurs à « Paris respire dans la Goutte d’Or » (lire ici) et autres trottinettes sauvages.

« En 12 avril 2019, c’est sûr, avec le libération probable de Theresa May, le campagne parisienne pourra vraiment commencer », aurait confirmé Jane Birkin, imitant à son tour Boris Johnson.

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