Indices

Le cours de la guirlande suit les aléas du marché de « Tous mobilisés » entre Château Rouge et la Goutte d’Or

  • Au moment où, derrière sa jeune association de commerçants, la rue de la Goutte d’Or célèbre ses premières illuminations de Noël, la rue Dejean observe qu’elle n’en a pas cette année.
  • L’occasion de revenir sur deux éléments majeurs de 2018 : la mobilisation de la Goutte d’Or et de la Chapelle autour des pétitions de leurs habitants et commerçants au début de l’année et la victoire de La Vie Dejean dans son long procès contre la Mairie et l’État en fin d’année.
  • Les « deux quartiers maltraités » identifiés par Le 18e du mois en mai 2018 n’ont pas encore vraiment gagné le combat qui viendra reconnaître l’inégalité de traitement devant la loi qu’ils subissent que, déjà, la rue Dejean paierait les conséquences de sa victoire devant le Conseil d’État ?

L’inégalité de traitement devant la guirlande de Noël, ou le cour fluctuant (mais ne sombrant pas) de la « Toute mobilisation » de la Ville de Paris pour ses quartiers. (Captures d’écrans de @cavegouttedor (19 décembre 2018) et de @viedejean (20 décembre 2018). Agrandir l’image.

Le 27 mars 2018, les habitants et commerçants de la Goutte d’Or et la Chapelle signataires des deux pétitions qui verraient enfin la Mairie et la Préfecture se mobiliser pour ces « deux quartiers maltraités » chantaient sous la pluie à l’occasion de la remise des deux textes aux autorités municipales et étatiques, place Polonceau.

Le compte tweeter d’Éric Lejoindre prend date (notre billet du 28 mars 2018). L’expression « le bien être de chacune » semble vouloir s’accorder avec « nouvelles solutions », seul élément féminin de la phrase. Ou alors avec « leur pétition », mais celle-ci est au singulier alors qu’il y en avait bien deux.

Le 9 novembre 2018, le Conseil d’État rendait un arrêt confirmant les jugements antérieurs du Tribunal administratif et de la Cour administrative d’appel de Paris condamnant la Ville de Paris et l’État pour leurs « carences fautives » en matière d’ordre public, estimant que « les carences du préfet de police et du maire de Paris engendraient des troubles à l’ordre public » (notre billet du 11 novembre 2018).

On observe que les juges administratifs ne visent pas une action inappropriée ou insuffisante qui ne viendrait malheureusement pas à bout des troubles, mais bien les carences de l’autorité publique en tant que telles (les carences es-qualités) comme causes de troubles à l’ordre public. Ce sont en effet explicitement, dans la formulation des juges, « les carences qui engendrent des troubles à l’ordre public », et non des troubles à l’ordre public qui révèleraient les carences de l’autorité pour les combattre.

La Café Polonceau, 30 juin 2018.

Entretemps, le quartier investissait la place Polonceau de fêtes et de manifestations et faisait de cet espace heurté par l’urbanisme destructeur de son histoire le centre de son combat pour un renouvellement urbain pensé avec lui et pour lui. La Ville l’a bien compris qui tente, depuis, de casser ce mouvement d’habitants contre sa politique d’urbanisme en instaurant la campagne « Tous mobilisés pour Polonceau » : « Vous voulez que je me mobilise ? eh bien, je renverse la demande et vous enjoins à vous mobiliser », semble dire aux habitants la municipalité qui ne reculera devant aucun artifice pour tenter d’imposer cette supercherie : – un totem en bouts de ficelles, – une fresque à 22.500 € présentée comme issue du budget participatif, abandonnée depuis pour « une fresque réalisée par des habitants du quartier » (ah bon ? et quel est le cours de l’habitant dans cet échange ?) alors que le projet alternatif de mur d’information reste tu, – un scénario de requalification urbaine poussif, – une opération Boris Vian sans participation des habitants, – une prétendue concertation après-coup,…

Vers un référendum
pour un vrai renouvellement urbain ?

Or, après la Saint Boris du 2 mai 2018 qui, devant l’image de la rue Boris Vian devenant rue Anne Hidalgo le temps d’un pot sur les escaliers (notre billet du 3 mai 2018), le projet de réhabilitation urbaine du secteur a connu un petit mouvement positif le 25 mai 2018 pour rester ensuite dans l’ombre jusqu’au 13 décembre.

L’idée d’une vraie consultation des habitants fait donc son chemin dans les esprits pour accompagner cette fois-ci l’opération, et non la subir, afin qu’Éric Lejoindre ne puisse dire dans vingt ans, comme l’a fait son prédécesseur Daniel Vaillant à propos de la précédente opération, qu’elle a « très mal vieilli ».

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