Révolution tranquille

8 décembre : Gilets jaunes et Portes d’Or

  • À la veille d’une semaine historique dans la Goutte d’Or, qui verra son gouvernement venir enfin à la rencontre de ses habitants sur les grands projets de rénovation urbaine, les artistes du quartier ouvrent leurs ateliers sur deux week-ends.
  • Entre les deux, le maire du 18e aura en effet ouvert les portes de l’École élémentaire Cavé et de la Salle des fêtes de sa Mairie pour deux séances d’information sur les points chauds de l’urbanisme meurtri du secteur en zone urbaine sensible depuis plus de trente ans.
  • En point d’orgue, le samedi 15 décembre, les arcades de la Goutte d’Or prendront un air de fête inédit sous l’égide de son association des commerçants.

Affiche Bruno Hermet et Bruno Pascal (détail). Voir l’affiche entière.

Pas moins de deux week-ends seront nécessaires à l’exposition de Noël des Portes d’Or pour encadrer les portes ouvertes par la Mairie du 18e sur l’aménagement des rues Léon et Myrha, le lundi 10 à l’École Cavé, et la requalification du secteur Boris Vian-Arcades Goutte d’Or, le jeudi 13 à la Salle de fêtes de la Place Jules Joffrin.

Cavé Goutte d’Or salue et invite à suivre les trois évènements.

À nos agendas

30 artistes en 6 lieux d’exposition
pour les Portes d’Or

Nos lecteurs avaient suivi les Portes d’Or d’été et les artistes qui avaient ouvert leurs ateliers en juin dernier (notre billet du 9 juin 2018). Dans le prolongement de sa cagnotte du patrimoine ouverte à l’occasion du vide grenier de Paris Goutte d’Or (l’association, pas le livre), SOS Paris avait accompagné l’évènement en rappelant le patrimoine artistique de la Goutte d’Or et s’était même introduit dans l’église Saint Bernard, monument historique protégé grâce à l’intervention de Cavé Goutte d’Or en 2011 qui accueillait plusieurs ateliers d’artistes et une installation monumentale de Bruno Hermet (image ci-contre/Lire sur le blog).

Le programme des deux week-ends à venir ne passe pas par l’église Saint Bernard mais six lieux d’exposition accueilleront la trentaine d’artistes du quartier qui participent aux Portes d’Or d’hiver.

Pour en savoir plus sur les artistes, les lieux, les horaires.

1 maire, 2 adjoints et 1 élue référente
pour l’aménagement des rues Myrha et Léon…

Le blog a annoncé brièvement, dans son billet du 5 décembre, que le maire du 18e arrondissement Éric Lejoindre, accompagné de Sandrine Mees, élue EELV référente du conseil de quartier Château Rouge-Goutte d’Or et de ses adjoints Gilles Ménède (consulté en vain par Cavé Goutte d’Or sur l’opération Polonceau du 20 octobre) et Jean-Philippe Daviaud, chargé de la vie associative, de l’Europe, de la démocratie locale et de la participation citoyenne, se produiraient à l’École élémentaire du 11 rue Cavé le 10 décembre prochain à partir de 18 h 30. Qu’on se le dise ! Il s’agira d’une « réunion publique de concertation portant sur l’aménagement des rues Myrha (entre Poissonniers et Stephenson) et Léon (entre Cavé et Doudeauville) ».

Comme déjà signalé avec regret, aucun projet n’est communiqué et les habitants ne peuvent donc pas se préparer à ce qui reste cependant une concertation.

…et les rues Cavé et Affre ?

L’angle des rues Cavé et Affre.

On ignore si, à l’issue de la réunion de concertation, l’équipe municipale s’invitera au « Soleil d’Oran », le café qui jouxte l’école élémentaire Cavé et occupe les quatre angles des rues Cavé et Affre au grand dam des habitants du carrefour comme l’a souligné l’association Action Barbès dans un post du 16 septembre 2018 indiquant qu’elle avait soulevé la question en hauts lieux le 11 septembre 2018. Action Barbès assistait ce jour-là, au commissariat du 19e arrondissement, à la réunion du comité de suivi de la ZSP « Barbès-Chapelle-Lariboisière » : « Côté police, étaient présents le commissaire divisionnaire Rigon, les commissaires du 10e et du 18e arrondissements et les responsables de secteur de la ZSp ; côté ville, Sarah Proust, adjointe au maire du 18e arrondissement, qui suit pas le menu les activités de la ZSP », indiquait Action Barbès sur son blog en précisant avoir :

  • « déploré que perdurent des situations pourtant connues depuis longtemps des autorités, et laissent les habitants dans la perplexité la plus totale face à ce qui peut sembler être une forme d’impunité dont semblent bénéficier certains, à l’instar de cette association cultuelle qui transforme tous les dimanches le parvis de Saint-Bernard en parking ou encore tel café rue Cavé dont la clientèle s’éparpille tout autour et occupe les trottoirs créant une gêne incontestable pour les riverains » (le blog d’Action Barbès, 16 septembre 2018).

Jusqu’ici … Tout va bien ?

L’établissement anciennement dénommé « Le tout va bien » (il est vrai que c’était à l’époque où Lionel Jospin occupait le carrefour suivant, devenu une adresse de création tout en dentelles), un « Tout va bien » brièvement dédié à une improbable entreprise de sushis, est aujourd’hui la seule salle de jeux du quartier dotée d’une terrasse ambulante à quatre angles, se prolongeant en effet sur les rues Affre et Cavé, occupant les trottoirs, les barrières, les potelets et même le perron de l’École élémentaire où le maire recevra les riverains lundi.

Au détour d’une promenade de Jacky Libaud, France inter aurait même récemment suggéré à propos de l’ex-Tout va bien : « Là-bas, y a un café qui a été ouvert en 1948 par un juif algérien, ‘Le Soleil d’Oran’, où l’après-midi, des vieux juifs et des vieux musulmans viennent jouer aux dominos. C’est ça la Goutte d’Or, un doux mélange de gens de toutes sortes, venus de partout et de toutes origines sociales » (ou quand la balade devient ballade).

On peut ajouter que « Le Soleil d’Oran » est exploité sous la tutelle du ministère des Finances par le biais de la DNID, Direction nationale d’intervention domaniale, curateur de la succession vacante propriétaire des murs. Aux dernières informations transmises par les riverains, la Préfecture aurait été informée que la DNID pouvait, au titre de curateur, devoir engager sa responsabilité et celle de l’État dans le maintien des nuisances signalées.

1 maire, 3 adjoints et un conseiller grands travaux
pour le secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or

Il faut au moins la salle des fêtes de la Mairie pour accueillir la réunion dite d’information sur le point le plus chaud du quartier en termes d’urbanisme raté, – et raté avec application puisque soutenu au nom de la « mise au rencart de l’esthétique » et du « renoncement tout effort architectural », comme l’avait posé en 1993 Michel Neyreneuf, passé hélas de la protection militante du quartier à son urbanisation institutionnelle.

L’échec est tel que de « Requalification de la rue Boris Vian et revitalisation commerciale de la rue de la Goutte d’Or », le projet est devenu « Transformation du quartier », le quartier lui-même devenant « Goutte d’Or Sud-Polonceau », soit très précisément l’ensemble de constructions que la caméra de Sami Sarkis saisit en arrière-plan des propos également très saisis du futur adjoint à l’Urbanisme sur l’extrait du film « Pour tout l’or d’une goutte » (1993).

Pour tout l’or d’une goutte (extrait du film de Sami Sarkis). Les escaliers Boris Vian en arrière plan..

En prélude à la réunion du 13 décembre 2018, qui semble être plus d’information que de concertation (le mot paraît réservé à l’aménagement du square Léon et à la « Maison des projets » fléchée sur l’invitation), on observe que le calendrier des opérations se déplace à nouveau sur la fin 2019 plutôt que la fin 2018 et que n’est pas vraiment assuré le premier coup de pioche espéré par la Cohérie Boris Vian pour le centenaire, en mars 2020, de la naissance de l’écrivain et musicien dont la rue est au cœur du dispositif, cohérie qui elle-même est, avec Cavé Goutte d’Or, au cœur de l’intervention municipale et étatique actuelle.

Les coulisses du Grand projet

Sans entrer plus avant dans le projet qui sera présenté le 13 décembre en Mairie et débriefé entre le 15 sous les arcades et le 19 à l’occasion de la dernière Saint Urbain de Cavé Goutte d’Or, on retient d’ores et déjà :

Nicole Bertolt (Cohérie Boris Vian) et Rachid Arar (La Table ouverte) devant la prochaine ré-ouverture du passage entre le square Léon et la rue Boris Vian (30 novembre 2012).

La réouverture de l’accès du square Léon sur les rues Saint-Luc, Polonceau et Boris Vian : excellente nouvelle qui ouvre la perspective de celle que nous pourrons avoir sur l’église Saint Bernard, monument historique récemment mis à mal par la construction de l’école qui lui avait pourtant donné son nom.
– L’abandon du projet de fresque à 22.500 € : non moins bonne nouvelle pour ce projet dont Cavé Goutte d’Or avait révélé l’existence, puis l’illégalité, enfin l’irrégularité et l’amorce d’abandon. Il serait passé du statut de « reprogrammé » au statut de remplacé. Sans le dire, la municipalité mange son chapeau (et fait économiser 22.500 € qu’on espère voir transférés fissa aux associations du quartier). Selon le compte rendu de la réunion de Paris Goutte d’Or du 27 octobre 2018, la première adjointe au maire du 18e, par ailleurs chargée de la Culture et du Patrimoine, avait assuré Patrick Gosset que « le projet est tout-à-fait légitime car il a été voté en l’état au Budget participatif par près de 700 personnes ». « Il va être difficile de le modifier », avait même indiqué Carine Rolland au président de Paris Goutte d’Or qui, le 16 septembre, avait lancé le contre-projet de mur d’informations associatives et culturelles.
« Encore raté ! » aura pensé Carine Rolland. Sans consulter la première adjointe, le programme du 13 décembre annonce en effet qu’en lieu et place de ce projet « tout-à-fait légitime », « une fresque sera réalisée par les habitants du quartier ». Exit donc la fresque légitime prétendument votée. Mais quelle autre fresque ? Réalisée par quels habitants ? On remplacerait ainsi une décision non votée au budget participatif par une décision du prince de la rue, encore moins votée ? On appelle les gilets pour dé-corseter tout ça ?
– La couverture du TEP : Le blog donnera prochainement, sur ce point, la parole à la Goutte verte qui a diffusé récemment une contreproposition digne d’attention.
– L’édicule en bout de paquebot sur la place Polonceau n’est plus estampillé « Bistot ? » comme il l’était dans le projet de septembre dernier, mais simplement « nouvelle construction ». À suivre avec vigilance par les pionniers du Café Polonceau.

Last but not least, le programme du 13 décembre annonce « l’accompagnement de l’association des commerçants dans son projet d’animation commerciale pour les fêtes de fin d’années ». Selon la jeune association qui s’est fait connaître lors de la cérémonie de remise des pétitions, le 27 mars sur la place Polonceau (lire ici pour mémoire), c’est une belle réussite qui doit se traduire par l’animation de la rue de la Goutte d’Or, notamment dans son tronçon arcades le samedi 15 décembre prochain. Le programme détaillé suit.

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