Biodiversité

Pendant que Nicolas Hulot « déclare la guerre au béton »…

  • …la bétonisation de la Goutte d’Or continue.
  • Au moment précis où le ministre de la Transition écologique et solidaire détaille les 90 mesures de son plan de biodiversité, l’association Cavé Goutte d’Or publie une partie du mémoire récapitulatif qu’elle a déposé le 8 juin 2018 devant le Tribunal administratif dans le dossier qui l’oppose au projet du célèbre architecte et urbaniste Bruno Fortier pour la Sefri-Cime Promotion.  

Les journaux ont tous bétonné ce matin du 4 juillet 2018. © Image Europe 1.

Le dernier gros chantier en date dans la Goutte d’Or aux prises depuis près de 40 ans avec la rénovation urbaine se situe à l’angle des rues Cavé et Stephenson dans le 18e arrondissement de Paris. Il précède de quelques mois la requalification imposée aux premiers éléments livrés au début des années 1990, qu’il convient en effet de retravailler aujourd’hui, tant le secteur des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or a été mal pensé et mal construit sous l’ère Jospin-Juppé (notre billet du 1er juin 2018).

Au 25 rue Stephenson, là où se trouvait jadis un bel immeuble de la seconde moitié du 19e siècle dont la Cour d’appel de Paris a salué la prestance après qu’il a été démoli sous les coups de la SEMAVIP et de la Mairie du 18e (lire ici pour mémoire), est actuellement en construction un gros immeuble de béton estampillé « logements sociaux ».

Jusqu’où se niche la com’ des bétonneurs (2 rue Cavé, 18 mai 2017).

Le blog reviendra cet été sur les aspects controversés du projet, les erreurs reconnues des premières moutures (le permis initial a déjà fait l’objet de deux permis modificatifs dit de régularisation), la paralysie infligée par la Ville et le promoteur immobilier à la procédure administrative engagée par Cavé Goutte d’Or devant le Tribunal administratif. Pour accompagner les 90 mesures de Nicolas Hulot, il ne publie dans un premier temps que le résumé d’un des moyens développés, relatif à ce que l’association requérante estime constituer une violation de l’article UG.13 du règlement PLU de Paris dont le texte dispose, dans sa version en vigueur au moment de l’octroi du permis de construire :

  • « Afin de préserver le paysage urbain parisien, d’améliorer la qualité de vie des  habitants, de sauvegarder et développer le biotope, il  convient d’apporter un soin tout  particulier au traitement des espaces libres de constructions et aux plantations.
    Pour assurer la qualité paysagère et écologique des espaces végétalisés, une attention  particulière doit  être apportée à leur surface, leur configuration (géométrie, localisation sur le terrain, limitation du fractionnement), le traitement de leur sol, la qualité de la terre, les conditions de développement de  leurs  plantations ».

Or, dans sa défense, le promoteur expose :

  • « Il suffit qu’un espace soit ‘‘libre de construction en élévation’’ pour constituer un ‘‘espace libre’’ au sens de l’article UG.13. (…) Toutes autres considérations invoquées par la requérante (pénombre, enclavement, etc.) sont parfaitement inopérantes, ce qui suffit à les disqualifier sans même qu’il soit besoin d’examiner leur bien-fondé ».

L’ancienne parcelle de la Goutte verte réduite abattue en pleine terre. Agrandir l’image.

Produisant plusieurs documents desquels il ressort que le projet Fortier/Vega-Sanchez pour les promoteurs Foncière Logement/Sefri-Cime Promotion limite les espaces libres au-delà du concevable, l’association estime que « l’esprit et la lettre de l’article UG.13 devaient conduire le pétitionnaire à concevoir un projet réservant un espace libre au sol et en pleine terre d’une plus grande surface et doté d’une implantation et d’une géométrie offrant les conditions d’ensoleillement et de sol en pleine terre nécessaires au développement effectif  d’une végétation pérenne ».

La SEMAVIP en renfort

À l’appui de cette affirmation, l’association requérante a déposé un extrait d’une lettre d’informations émanant de la Mairie de Paris et des différents responsables de l’opération de réaménagement urbain du quartier diffusée en juin 2015, soit exactement au moment où le permis de construire querellé était instruit par les services de l’urbanisme de la Ville de Paris.

« 12 ans d’action à Château Rouge », Lettre d’information n° 15 (juin 2015) émise par la Mairie de Paris, la Mairie du 18e arrondissement, l’ANRU et la SEMAVIP.

Le document diffusé comporte un plan des différentes opérations en cours sur lequel figure le projet querellé qui est représenté (ci-dessus à gauche) comme devant être dotée d’une vaste cour arborée. Le texte figurant à droite de l’extrait ci-dessus est de Monsieur Daniel Vaillant, alors maire en exercice du 18e arrondissement de Paris (voir la page).

Ce document d’information insiste sur la nécessité de développer des cours intérieures plantées de qualité lors des projets de construction de nouveaux immeubles.

La différence entre cette présentation des objectifs de l’opération de démolition/ reconstruction de l’immeuble existant à l’angle des rues Stephenson et Cavé et la réalité ressortant des plans du dossier du permis de construire est saisissante et met une nouvelle fois en évidence la grave erreur d’appréciation qui a prévalu lors de l’instruction de ce dossier quant à ce qui devait être exigé en termes d’espaces libres et de végétalisation.

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