Labyrinthe

Cavé Goutte d’Or demande que l’église Saint Bernard soit signalée Monument historique

  • À l’occasion du 3e anniversaire du classement de l’église Saint Bernard, l’association de défense du patrimoine architectural et culturel de la Goutte d’Or demande à la Ville de signaler officiellement le monument et de déplacer les containers Trilib disposés dans ses abords.

18 juin 2015-18 juin 2018 : l’anniversaire de ce 18 juin-là est marqué aujourd’hui par une demande officielle que l’association à l’origine du classement de l’église Saint Bernard adresse à la Ville de Paris, propriétaire de l’édifice, aux fins de le voir signaler comme monument historique.

Le logo officiel inspiré du labyrinthe de la cathédrale de Reims.

Ouverte au propriétaire et au gestionnaire de l’édifice classé, la procédure est simple et on peut s’étonner qu’elle n’ait pas encore été diligentée par les services compétents de la Mairie, auxquels l’association envoie le fac-similé d’un bulletin de commande pré-rempli de trois plaques qui pourront être apposées l’une sur la grille de l’entrée principale donnant sur le parvis, une autre à l’entrée latérale de la rue Saint Bruno en face de l’école Saint Bernard (dont les élèves connaitront ainsi le statut de l’édifice auquel l’extension de leur école porte une atteinte avérée bien qu’encore non confirmée par toutes les instances susceptibles de le faire), et une troisième à l’angle de l’église avec les rues Saint Luc et Saint Mathieu afin de protéger les perspectives monumentales et prévenir toute opération immobilière du type de celle que l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie a menée avec l’appui récemment confirmé du diocèse de Paris, lui-même soutenu dans cette opération par la Mairie du 18e arrondissement.

Projet de bon de commande pré-rempli par les soins de Cavé Goutte d’Or à compléter par les services de la Mairie de Paris. Agrandir l’image.

On se souvient que, depuis les lois des 9 décembre 1905 et 2 janvier 1907, les édifices cultuels catholiques construits avant 1905 sont restés propriétés de l’État, des départements ou des communes sur lesquels ils avaient été érigés et sont « affectés gratuitement aux diocèses qui en reçoivent l’utilisation exclusive et perpétuelle » (voir le site de l’Observatoire du patrimoine religieux qui recense l’église Saint Bernard comme propriété de la Mairie de Paris).

Mise à jour

Extrait de l’arrêté ministériel du 18 juin 2015 portant classement de l’église Saint Bernard. Agrandir l’image. Lire l’arrêté.

À l’initiative de l’association Cavé Goutte d’Or, l’édifice est protégé depuis le 26 novembre 2012 par un arrêté préfectoral d’inscription au titre des monuments historiques. Le classement est intervenu peu après par un arrêté ministériel du 18 juin 2015. La demande de signalement que l’association formule à l’occasion du troisième anniversaire de ce classement porte également sur la mise à jour des fiches officielles dédiées : on constate en effet que, si Wikipédia est parfaitement à jour en communiquant l’état des lieux de 2015 paru au Journal officiel, les sites spécialisés en sont étrangement restés à l’arrêté d’inscription du 26 novembre 2012 et n’indiquent pas le classement du 18 juin 2015. Il en est ainsi de l’Observatoire du patrimoine religieux précité, de la base de données Mérimée dépendant du ministère de la Culture, ou du site Monumentum qui « reprend la liste officielle des monuments historiques français, qu’ils soient classés ou inscrits et propose leur localisation précise sur un système de cartes, photos aériennes et images satellites ».

Cavé Goutte d’Or demande ainsi à Madame Véronique Levieux, adjointe de la maire de Paris chargée du Patrimoine, de commander les plaques signalétiques et de solliciter les mises à jour qui s’imposent afin de garantir la meilleure information possible des habitants du quartier et de ses visiteurs, en même temps que la meilleure protection possible du bâtiment, toujours très aléatoire en raison de l’inattention forcenée de la Mairie du 18e arrondissement à son encontre. On se souvient en effet que la Place Jules Joffrin a fait des pieds et des mains pour que soit autorisé le projet d’extension de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard en dépit de la protection due au monument historique et des tentatives répétées de ses alliés Verts aux fins de protéger « l’espace urbain d’intérêt exceptionnel » recensé par l’Atelier parisien d’urbanisme (lire notamment notre billet du 26 mai 2018 : « En défendant (trop) l’OGEC Saint Bernard-Sainte Marie, le diocèse de Paris met en lumière le conflit d’intérêts à l’origine du permis de construire l’extension de l’école Saint Bernard »).

Pour Véronique Levieux, ce 18 juin 2018 est le premier anniversaire du classement de l’église Saint Bernard, elle-même premier (et encore seul) monument historique classé dans le quartier (sans méconnaître que l’orgue de l’église est lui aussi classé MH au titre d’objet). Madame Levieux a en effet été élue adjointe au Patrimoine le 6 octobre 2017 et n’a repris qu’alors la mission jusque-là confiée au premier adjoint Bruno Julliard, longtemps « chargé de la Culture, du patrimoine, des métiers d’art, des relations avec les arrondissements et de la nuit », adjoint trop chargé peut-être qui ne garde aujourd’hui que la Culture et les relations avec les arrondissements (lien).

Du Patrimoine à la requalification
du secteur Boris Vian/Goutte d’Or Sud

Si le ministère de la nuit n’en est pas pour autant vacant auprès de la maire de Paris (qui a en la personne de Frédéric Hocquard un adjoint plus sobrement « chargé de la Vie nocturne et de l’économie culturelle »), le blog salue en la nouvelle adjointe au Patrimoine la déléguée de la Mairie auprès de la SOREQA (Société de requalification des quartiers anciens) et au conseil d’administration de la SemPariSeine, société d’économie mixte (SEM) qui se présente comme « prête à relever les défis du renouvellement urbain » et a – de ce fait, dit-on – été choisie pour diriger la requalification du secteur Boris Vian/Arcades Goutte d’Or (lire ici pour mémoire). Selon Anne Hidalgo en effet, qui l’a récemment écrit à la Cohérie Boris Vian, PariSeine est « un aménageur spécialisé dans les opérations complexes ».

Certes, Véronique Levieux n’a hélas plus beaucoup de ‘patrimoine’ (au sens du code du même nom) à protéger dans ce secteur (que la Ville et l’État ont décidé ensemble de détruire en 1982), mais elle pourra assurer la plus grande vigilance de la Mairie à ce qu’il en reste et à ce qu’il convient de faire pour en créer. Cavé Goutte d’Or l’associe donc d’ores et déjà à ses tentatives d’éviter que le quartier ne souffre pas plus longtemps des agressions culturelles et patrimoniales qui lui ont été infligées au cours des trente dernières années de renouvellement urbain.

Photo CGO 17 juin 2018.

Parallèlement, l’association demande le déplacement des deux conteneurs Trilib des rues Saint Luc et Jean-François Lépine qui, en étant situés dans le champ de visibilité du monument historique, en affectent gravement, comme l’extension de l’école Saint Bernard, les perspectives monumentales :

Publicités
Cet article, publié dans Articles, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s