Climato-sceptique

Le « moment de convivialité » organisé par « Tous mobilisés » tombe à l’eau

  • L’orage du 11 juin 2018 aura eu raison de « l’atelier d’échanges en vue de l’aménagement temporaire de la placette Polonceau ».

Pour mémoire (agrandir).

Les organisateurs de la réception du 27 mars 2018 sur la place Polonceau, auteurs et signataires des pétitions remises ce jour-là aux autorités municipales et nationales qui avaient fait le déplacement, attendaient de pied ferme les équipes dites de développement local qui devaient, ce lundi 11 juin 2018, « animer la place » autour de son « aménagement temporaire ».

Lire notre billet du 28 mars 2018 : « La Goutte d’Or invente le signing in the rain« .

Ils n’avaient pas peur de la pluie annoncée, eux qui avaient affronté les frimas du 27 mars dans un moment naturellement convivial : lire notre billet « La Goutte d’Or invente le signing in the rain ».

Il n’en serait pas de même des aimables organisateurs des ateliers de convivialité :

  • « L’évènement prévu dans le cadre de ‘Tous mobilisés pour la Goutte d’Or Sud’, sur la placette Polonceau de 17h à 19h, a dû être annulé à la dernière minute en raison des conditions météorologiques annoncées », indiquaient en effet les EDL (équipes de développement local) dans un mail de 18h32, soit à 28 minutes chrono de la fin de l’opération annulée.

Pour une annulation de « dernière minute », en raison qui plus est de conditions météorologiques « annoncées », c’était bien en effet une annulation de dernière minute qui donnait une impression de bricolage, au demeurant maître mot de l’opération.

Totem masqué

Plusieurs riverains et associations de quartier s’étaient pourtant mobilisés, comme les y enjoignaient le slogan des EDL, et avaient préparé un accueil chaleureux aux organisateurs de ce qui était annoncé comme « la construction d’un totem d’information ».

Cavé Goutte d’Or souhaitait profiter de l’évènement pour enquêter sur le coût de l’opération « Tous mobilisés », dans le prolongement de la question que Paris Goutte d’Or avait posée sur ce point à la représentante du Secrétariat général de la Ville de Paris lors du lancement de l’opération à la Mairie du 18e arrondissement le 19 avril 2018, question renouvelée par mail le 8 mai 2018.

Une première réponse écrite a été apportée le 1er juin. S’il apparait que les conditions financières de l’opération « Tous mobilisés pour la Goutte d’Or Sud », dont le « titulaire du marché » est l’agence Ville ouverte, sont confidentielles, protégées par « le secret en matière industrielle et commerciale », indique le Secrétariat général de la Ville de Paris, il est néanmoins précisé que « l’opération globale ‘Tous mobilisés’ » (dont un reliquat couvrirait l’opération Château Rouge) s’élève à 16.000 € pour « des prestations en stratégie et accompagnement de la concertation et sur l’organisation (préparation, logistique, animation) de plusieurs temps de rencontres (avec les habitants du quartier) ». L’atelier de convivialité du 11 juin aurait, pour sa part, été sous-traité à l’association Extra-Muros, dont le site indique qu’elle « développe des actions de sensibilisation à la valeur des matériaux mis au rebut, notamment les déchets de bois, par une transformation (ré)créative en mobilier et accessoires durables et utiles » :

  • « Par ses activités participatives et éducatives, l’association vise également à agir sur le cadre de vie dans les quartiers populaires, à générer de la mixité et du lien social et à agir sur l’insertion professionnelle de publics sensibles », précise Extra-Muros dont on se disait aussi (lien).

Cavé Goutte d’Or s’est entretenu le 12 juin avec le Secrétariat général de la Ville de Paris, Extra-Muros et les EDL pour tenter de cerner les divers mandats confiés par la Ville et comprendre l’utilité de cet activisme finalement très peu mobilisateur, marqué du sceau du « bricolage » en effet (Extra-Muros évoque les ateliers annulés comme un moment de « bricolage avec les habitants et les gens qui passent ») et du « camouflage » selon ce qu’en dit l’association Action Barbès, qui suit plusieurs interventions sur les 9e, 10e et 18e arrondissements de Paris (lire le compte rendu d’Action Barbès du 6 juin 2018 sur les ateliers « Tous mobilisés » du 23 mai).

Chacune des institutions approchées par téléphone le 12 juin reviendra vers nous avec de plus amples informations sur les objectifs et les coûts des opérations mais, d’ores et déjà, le Secrétariat général de la Ville de Paris a pu nous renseigner sur la fameuse fresque annoncée sur la place Polonceau. Même s’il paraît récupéré par « Tous mobilisés », il s’agit d’un projet indépendant de l’activisme municipal issu des pétitions du 27 mars 2018 puisqu’il est lié au budget participatif 2016 et répond au souci d’« embellir, fleurir et sécuriser le passage des habitants et habitantes de la place en contre-bas du gymnase de la Goutte d’Or, de la rue Polonceau et de la rue de la Goutte d’Or ».

Outre la pose de grandes jardinières (déjà effectuée), le projet prévoyait de « peindre le mur en contre bas du Gymnase (aujourd’hui gris, triste et sale), par un street-artiste du quartier comme par exemple Monsieur Chat ». De relativement modeste pour un coût initial de 5.000 €, le projet a ensuite été estimé à 22.500 € alors même que « l’installation de grandes jardinières est en cours depuis juin 2016 grâce à l’implication du conseil de quartier et des habitants », dit sa présentation en septembre 2016.

Un M. CHAT place Polonceau ?

Le projet est passé avec 586 votes et sera ainsi réalisé en dépit de sa démolition annoncée puisque aussi bien il servira à recouvrir un mur, certes gris, triste et sale, mais appelé à disparaître dans le projet de requalification de l’ensemble du secteur, tel qu’il a été retenu par la Ville de Paris, selon ce qu’en ont dit les diverses directions réunies le 25 mai 2018 par la secrétaire générale en présence de la présidente de la Cohérie Boris Vian (lire notre billet : « La Mairie de Paris en mode ‘Tous mobilisés’ pour sauver la rue Boris Vian ? »).

M. Chat sur l’affiche de l’exposition Chris Marker à la Cinémathèque.

Nous n’avons pas pu obtenir de renseignements sur le thème de la fresque et son auteur et il semble bien que les 586 votants du projet l’aient choisi sans cette précision. Tout au plus, le secrétariat général de la Ville de Paris annonce-t-il une consultation du quartier lors de la toute prochaine fête de la Goutte d’Or (le blog y revient en page friches) et l’auteur du projet évoque-t-il un M. CHAT, ce qui, au moment où se déroule à la cinémathèque une exposition en hommage à Chris Marker, laissera peut-être à cet artiste neuchâtelois ami du quartier  la possibilité de concocter une œuvre éphémère en attendant les travaux de 2020. L’occasion peut-être pour M. CHAT de faire une transition entre son œuvre datée de 2017 pour la ville de Boudry (où il naquit, comme Marat) et le premier coup de pioche qui doit permettre à la rue Anne Hidalgo de redevenir rue Boris Vian. À suivre miaulement.

Un M. CHAT dédié à la commune suisse de Boudry (et à son code postal 2017), préfiguration d’un 75018 sur la placette Polonceau ?

Publicités
Cet article, publié dans Articles, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s