Hors délai

Angle Myrha/Affre : Batigère sans défense ?

  • Alors qu’il y était invité par le Tribunal administratif depuis le 14 février 2017, le bailleur social n’avait déposé aucun mémoire le 29 septembre, date fixée par le juge pour la clôture de l’instruction.

Baies béantes sur Sacré cœur (Projet Batigère en construction sur l’angle Myrha/Affre, 21 octobre 2017).

Dans les délais fixés au 29 septembre 2017 par ordonnance de clôture de l’instruction du Tribunal administratif, la Ville de Paris a déposé un premier mémoire en défense et l’association Cavé Goutte d’Or un mémoire complémentaire à sa requête introductrice d’instance du 23 décembre 2016.

La société Batigère était, à cette date, demeurée coite.

Une nouvelle ordonnance de clôture de l’instruction, mentionnée sur le site du Tribunal administratif mais non encore parvenue à l’association requérante, aurait été prise le 19 octobre 2017 pour le 13 novembre 2017. Les mémoires de la Ville et de l’association auraient été communiqués aux parties le 19 octobre 2017 également, près de trois semaines après leur réception.

La défense de la Ville nous est ainsi inconnue au moment où nous postons ce billet d’étape et, du mémoire déposé par Cavé Goutte d’Or le 29 septembre 2017, on retient notamment aujourd’hui ce passage sur la présentation du projet par l’architecte concernant les étranges baies du pan coupé, très grandes et décalées en saillies, susceptibles d’apparaître comme la marque d’une « architecture agressivement en rupture », telle qu’elle avait été désignée par plusieurs experts dans une étude de 1984 concernant la rénovation de la Goutte d’Or Sud, déposée en pièce 21 devant le TA par Cavé Goutte d’Or  :

Comme en écho au document produit en pièce 21, qui regrette que le plan de rénovation du quartier « sacrifie presque systématiquement les immeubles d’angle », la notice PC4 du projet de la société BATIGÈRE indique :

  • « Pour marquer l’angle de l’immeuble et offrir aux séjours qui s’y trouvent une vue cadrée sur le Sacré Cœur, une grande fenêtre est prévue dans le biais. Un léger mouvement de décalage entre les niveaux théâtralise l’angle et souligne la superposition des étages ».

Au-delà de l’appréciation personnelle qui peut être portée par chacun sur le geste architectural consistant à « théâtraliser l’angle », souci de création que l’on peut saluer en soi et voir reconnu au besoin au titre de la place qu’il peut prendre dans l’histoire de l’architecture parisienne (article UG.11.1.3), les considérations des auteurs du projet devaient alerter le service instructeur dès lors qu’étaient posés si franchement les objectifs tendant à construire un édifice en fonction de la vue que quatre ou cinq logements en angle pourraient offrir à leurs habitants alors que le code de l’urbanisme et le règlement du PLU, sans même évoquer encore le code du patrimoine, imposent que l’on se préoccupe en priorité de l’espace public, désigné comme « composante majeure du paysage de Paris » (Rapport de présentation du PLU, Chiffre VI, Paysage, patrimoine et construction, p. 78).

Sur le même sujet, lire notre billet « Le pied d’immeuble de l’angle Myrha/Affre fragiliserait encore le projet Batigère ».

Lire aussi :

  • Angle Myrha/Léon : Les 20 ans d’Accords croisés sur la première dalle du futur 360 Paris Music Factory (page défense du quartier).
  • Barcelone bientôt en zone urbaine sensible ? (page humeur)
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