Work in progress

Goutte d’Or/Boris Vian : la fresque murale annoncée pointe son nez

  • À l’approche du deuxième rendez-vous annuel de la Cohérie Boris Vian sur le carrefour en requalification urbaine, la direction du patrimoine et de l’architecture lance la nouvelle étape de l’embellissement annoncé.
  • Le projet est passé sans être soumis au tout récent budget participatif.
  • Serait-ce pour mieux enterrer la requalification du secteur dont Monsieur Vaillant disait qu’il avait « très mal vieilli » qu’on le rhabille chichement pour l’hiver ? 

Rue de la Goutte d’Or, entre le leader à Price et la rue à Boris (Photo CGO, 10 octobre 2017).

Pour mémoire, la Cohérie Boris Vian pointe le sien (de nez) le 2 mai et le 30 novembre de chaque année depuis six ans sur le carrefour formé par la rue de la Goutte d’Or et la rue Boris Vian, nom dont elle a autorisé l’usage en 1992 lorsque la disgracieuse barre de Paris Habitat OPH comprenant le parking, le supermarché et le TEP n’avait pas encore recouvert les ruines de l’hôtel particulier du 16 rue de la Goutte d’Or récemment rendu au public par la belle exposition de photographies de Jean-Claude Larrieu : « Les années Goutte d’Or 1977-1987 ».

Le dernier 2 mai a vu les désormais traditionnelles agapes de la Saint Boris se dérouler joyeusement autour des plans et croquis de l’Agence d’architecture Andrei Ferraru et des photos de Jean-Claude Larrieu qui vécut au 16 rue de la Goutte d’Or, fresque in situ dira-t-on ‘à la situ’ de ce lieu investi par Boris Vian depuis nos exercices de pataphysique in situ plus qu’il ne l’a jamais été par Paris Habitat OPH, qui occupe pourtant cette partie de la Goutte d’Or Sud depuis plus de trente ans au nom de la Politique de la ville qui la maintient avec application en zone urbaine sensible. Histoire qu’elle ne lui échappe pas.

Malvieillesse ou malveillance ?

Trente années auront donc suffi à un quartier très riche d’un passé historique et architecturale digne de la protection que préconisait alors l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) pour « très mal vieillir », comme le dira le maire qui a accompagné activement ces trente années de « destruction volontaire d’un patrimoine volontairement méconnu » (voir ci-contre).

Car il ne s’agit pas de « mal vieillir » (mal vieillir en à peine trente ans ?), il s’agit de mal construire pour bien détruire. Il a d’ailleurs fallu à cette destruction volontaire l’appui des plus hautes sphères du pouvoir des années 1980-1990 pour prospérer sous le label  « social ». Lionel Jospin et Alain Juppé, élus dans le 18e arrondissement de Paris et aux commandes de la Ville, de l’État, du parti socialiste alors au pouvoir à l’Élysée ; François Mitterrand et Jacques Chirac, le premier en envoyant ses très jeunes lieutenants à la conquête du 18e dès la fin des années 1970 et en plaçant le député de la Goutte d’Or à la tête de Solférino (Solférino que, pour boucler la boucle, la SEMAVIP vendrait bien aujourd’hui pour un euro symbolique à la SEFRI-CIME, comme elle l’a fait du 25 rue Stephenson), le second en captant le meilleur d’entre les siens aux finances de la Ville dès le début des années 1980, sont en effet au cœur, si l’on peut dire, des menées qui ont abouti à la destruction du quartier (voir l’échange Jospin/Chirac du 2 mai 1995 [Saint Boris précoce!] et l’étude de Violette Roland récemment parue dans le n° 100 de SOS Paris).

Rue Boris Vian :
la quille le 30 novembre ?

Lire notre billet du 20 novembre 2012 : « Boris Vian, sa rue dans les brancards ».

Si le dernier 2 mai a eu les honneurs des architectes de la requalification, de Jean-Claude Larrieu, des responsables du TEP, de la Goutte verte alors toute voisine, de l’élue verte responsable du conseil de quartier, et des délégations amies de SOS Paris, ASA-PNE et Action Barbès venues en force, le prochain 30 novembre sera peut-être le dernier.

La Cohérie Boris Vian, qui a posé en novembre 2012 que le nom « rue Boris Vian » n’était pas acquis, a en effet laissé entendre qu’elle attend désormais de la Mairie de Paris un rapport sérieux doté d’un calendrier serré quant au programme de requalification et reconstruction de ce secteur sinistré par l’opération Goutte d’Or Sud.

L’annonce de juin 2017.

Or, le panneau de la Mairie évoquant en juin 2017 « les travaux d’aménagement réalisés par la direction du patrimoine et de l’architecture » pour prétendument « embellir (notre) cadre de vie » fait piètre figure face à la demande d’attention initiée le 28 novembre 2012 par la lettre de la famille Boris Vian à Bertrand Delanoë.

> La requalification du secteur Goutte d’Or/Boris Vian.

L’artiste semble manquer de recul. Dès qu’elle sera libérée de ses grilles de protection, elle pourra passer de l’autre côte de la rue et admirer la palissade, cette lapalissade à la Devos qui dit qu’à la Goutte d’Or, un fresque rien n’est pas rien (Photo CGO 10 octobre 2017).

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