Soif(s) de culture

Le monument historique de la Goutte d’Or éclairé avant la fin des votes du budget participatif !

  • Le film documentaire de Nadia Djabali et Sylvie Haggaï projeté sur le parvis de l’église Saint Bernard à l’occasion de la nuit blanche.
  • Jolie façon de prolonger les Journées du patrimoine 2016, dont le thème était, quinze jours plus tôt, « patrimoine et citoyenneté ».
Le film documentaire Soif de culture(s) projeté sous le porche de l'église Saint Bernard, le 1er octobre 2016.

Le film documentaire « Soif de culture(s) » projeté sous le porche de l’église Saint Bernard, le 1er octobre 2016.

Ironiquement, dans l’une des séquences du film, l’un des fondateurs de l’association Paris-Goutte d’Or, qui tenta de lutter dans les années 1980 contre les projets de démolition du quartier par la Mairie de Paris (cf. La Goutte d’Or Sud d’aujourd’hui, qui a « très mal vieilli »), dit en substance que la culture, ce n’est pas la nuit blanche, ou pas que. Du moins, la nuit blanche aura-t-elle, cette année, donné l’occasion de voir ou revoir le doc Soif de culture(s), déjà projeté aux Trois Frères il y a quelques jours, et d’éclairer par cette projection « le seul monument historique de la Goutte d’Or », comme le rappelle l’un des projets soumis au vote des habitants à l’occasion du budget participatif (vote jusqu’à ce soir 20 heures sur le site dédié de la Mairie de Paris).

Patrimoine et citoyenneté

La projection du film sous le porche (autant que sur le parvis) du seul monument historique de la Goutte d’Or était aussi une façon de prolonger les Journées du patrimoine des 17 et 18 septembre 2016. Le temps manquait à Cavé Goutte d’Or, ce week-end-là, pour participer au Vide Grenier de Paris-Goutte d’Or, brocante « de rattrapage » après le déluge du 22 mai (auquel l’association participait en revanche !), et pour souligner, comme elle l’aurait souhaité, les potentiels du titre « patrimoine et citoyenneté ». Rattrapage pour elle aussi, alors, tant pour rappeler que le porche de l’église a été financé par la Ville de Paris, l’édifice ayant changé de maître d’ouvrage entre la décision et le début de la construction sous l’égide de la Commune de La Chapelle, et son inauguration par la Ville de Paris, la Chapelle y ayant été annexée en 1860 (voir pour mémoire le PV de session de la CRPS du 29 mai 2012) que pour évoquer un petit échange sur La spirale du déclassement, essai de Louis Chauvel sur la société des illusions (Seuil, 2016), entendu sur France inter le 4 septembre 2016.

L’auteur y évoque sans doute les inégalités du patrimoine financier (et souvent individuel) mais, dans les dix minutes d’un échange serré entre les journalistes de France inter, de Libération, et du Figaro, l’auditeur averti entendait aussi le transfert possible du débat sur l’inégalité du patrimoine au sens de la répartition territoriale inégale des lieux protégés au titre du patrimoine culturel et historique.

Un seul monument historique
dans la Goutte d’Or !?

Éclairement naturel (photo Jean-Raphaël Bourge).

Éclairement naturel (photo Jean-Raphaël Bourge).

« Le patrimoine culturel est l’un des domaines où se mobilisent le plus, en France, à côté des problématiques sociales et humanitaires, le bénévolat et l’engagement associatif », posaient les organisateurs des Journées européennes du patrimoine des 17 et 18 septembre 2016. « Les associations de défense du patrimoine jouent un rôle majeur d’alerte sur les menaces pesant sur certains bâtiments, de repérage de biens justifiant une protection officielle, de dénonciation d’atteintes portées aux biens culturels ».

On sait que Cavé Goutte d’Or, par ailleurs membre du conseil d’administration de Paris Nature Environnement qui a partagé un pot de rentrée le 8 septembre dernier sur les terres de la Goutte verte à un jet de vieilles pierres de l’église Saint Bernard (voir bientôt dans les pages du blog), tente de jouer ce rôle d’alerte dans le quartier. Elle est à l’origine du classement de l’église Saint Bernard au titre des monuments historiques et des multiples procédures administratives qu’il a fallu mener pour rappeler aux édiles et aux architectes des bâtiments de France (même à eux en effet !) que la loi leur imposait de protéger ce monument. Elle lutte encore aujourd’hui devant la cour administrative d’appel de Paris contre la tentative de déclassement (au sens du code du patrimoine comme au sens de la spirale précitée de Louis Chauvel) que tente pour sa part – et ô combien à contre-emploi ! – d’infliger à l’église Saint Bernard l’école Saint Bernard toute voisine (suivre ici).

*

« Les FARC rejoignent la civilisation
et se soucient de leur image »
(Reporters, France 24, 1er octobre 2016).

Elles auraient même fait un stage de réinsertion culturelle sur le chantier de l’igloo sur pilotis concocté par les architectes de l’école Saint Bernard sur le seuil de l’église Saint Bernard (voir panneau ci-dessous).

DR 2016.

Illustration : Photo du chantier de l’OGEC prise par Cavé Goutte d’Or le 2 septembre 2016 au moment où un seul (bien banal) graffiti souillait le panneau, ensuite affublé de plus méchantes propositions auxquelles le blog de Cavé Goutte d’Or ne souhaite pas donner son écho.

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