Patrimoines

Les Serres d’Auteuil et le Bois Dormoy à nouveau dans une même résistance

  • Plus grave qu’un aller-retour à Berlin : ni aller ni retour aux Serres d’Auteuil et au Bois Dormoy qui attendaient pourtant le premier ministre ce week-end.
  • Et si le Valls’gate pour un match de foot devenait le JAD’gate pour l’attaque contre les Jardins à défendre ?
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Le Bois Dormoy (photo Philippe Baveret, Le Parisien).

Les Serres d’Auteuil et le Bois Dormoy sont une nouvelle fois sous les feux d’une actualité croisée. Le blog avait déjà signalé la proximité des deux lieux dans le cœur des résistants pour le patrimoine (notre billet du 21 mars 2015), et il est sans doute dans l’ordre des choses et l’air du temps que le premier ministre se soit débarrassé de ces deux dossiers encombrants (la protection des Serres d’Auteuil et la préservation du Bois Dormoy) en partant le même jour à Berlin pour éviter les manifestations contre lui près de Roland Garros et de la Goutte d’Or.

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Les Serres d’Auteuil (DR).

Le plus piquant est que les deux lieux que Manuel Vall a prétendu quitter d’un coup d’aile étaient ensemble au Tribunal administratif lundi 8 et mardi 9 juin 2015, l’un au nom de l’opposition aux expulsions de réfugiés de la Goutte d’Or, l’autre au nom de la contestation des permis de démolir accordés sur les Serres d’Auteuil, Cavé Goutte d’Or participant à sa modeste mesure à l’effervescence de la rue de Jouy, lundi après-midi 8 juin, en allant déposer son recours contentieux contre l’un des permis de construire offerts par la Ville de Paris à Paris Habitat.

 Manu militari
contre combats proches

On se souvient qu’en dépit d’un vote du conseil de Paris et des réticences de sa ministre de l’Écologie, Manuel Valls a décidé de donner le feu vert du gouvernement au projet d’extension de Roland Garros sur les Serres d’Auteuil classées, et que les associations de défense des serres ont annoncé leur intention de porter le litige une nouvelle fois devant la justice administrative (lire notre billet « Court central »).

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Thomas Augais, président de l’association du Bois Dormoy, et Pascal Julien , conseiller de Paris EELV. (Photo Francetvinfo.fr).

On sait que, de son côté, le Bois Dormoy, poumon vert de la Chapelle et la Goutte d’Or, se bat contre les velléités de la Mairie qui voudrait l’en déloger (voir sur le blog du Bois Dormoy et la campagne de soutien) et on suit avec intérêt la décision de ce jardin en péril, fidèle à la tradition d’accueil du quartier, d’ouvrir ses portes aux réfugiés de la Chapelle / la Goutte d’Or.

Il semble que se joue, dans ces expulsions administratives croisées, un combat d’envergure illustré par le slogan entendu hier soir, rue Marx Dormoy : « Police partout / Justice nulle part ».

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Entre Le Bois Dormoy et La Chapelle, 9 juin 2015.

C’est vrai qu’au moment où les recours s’accumulent contre les décisions administratives d’expulsions, ou contre celles autorisant les constructions sur les Serres d’Auteuil, autour de l’église Saint Bernard, sur le Bois Dormoy, l’église Saint Bernard n’a jamais été aussi protégée que cette semaine par « la police partout ».

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Le bas de la rue Jean-François Lépine conduisant à l’église Saint-Bernard. Les réfugiés et associations retenus par un cordon de police (9 juin 2015).

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Veillée à Saint Bernard (Jean-Raphaël Bourge).

Détour rue de Rivoli

La même semaine, comme pour faire bonne mesure, le rapporteur public Xavier Domino a demandé au Conseil d’État, saisi par le groupe LVMH, de valider le permis de construire du projet de rénovation de la Samaritaine, combattu notamment par la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de France (SPPEF) et SOS Paris, qui contestent la conformité de ce projet avec le plan local d’urbanisme (PLU) de la Ville de Paris.

Le PLU (récemment violé en terres populaires de la Goutte d’Or par Paris Habitat, la SEMAVIP et la Direction de l’Urbanisme qui a donné à ces deux promoteurs immobiliers l’autorisation de s’affranchir des limites séparatives aux 22-24 rue Cavé) stipule que « les constructions nouvelles doivent s’intégrer au tissu existant, en prenant en compte les particularités morphologiques et typologiques des quartiers ainsi que des façades existantes (rythme, échelles, ornementations, matériaux et couleurs) », a plaidé l’avocat de la SPPEF cité par Le Moniteur du 3 juin 2015, ajoutant que « la création architecturale n’est pas dispensée du respect des normes existantes ».

Le permis autorisant la transformation du célèbre établissement avait été annulé par deux juridictions administratives, rappelle Le Moniteur qui cite l’appel de Monsieur Domino au Conseil d’État : « Nous vous proposons de laisser s’écrire, rue de Rivoli, une nouvelle page de l’histoire de l’architecture de Paris ».

Retour à Saint Bernard
Des CRS à croquer

Le parvis de l’église Saint Bernard offrait, ce soir disjoint, un spectacle étonnant. Les CRS en faction au centre du parvis cheminaient sous l’œil des très appliqués chevalets d’un atelier d’art plastique, prélude peut-être à la Fête de la Goutte d’Or et/ou aux Portes d’Or qui ouvrent jeudi 11 juin.

Un de nos correspondants passant par là nous en a envoyé le croquis ci-dessous, aussi unique qu’inédit.

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Parvis de l’église Saint Bernard, 10 juin 2015 (GC).

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