Encore toit !?

Pas sport, la maire !… ou le PLU dans le formol

  • Ancienne première adjointe chargée de l’Urbanisme, l’actuelle maire de Paris combat la candidature des toits de la capitale au patrimoine mondial de l’UNESCO.
  • La méthode serait « flingueuse », à en croire les médias. La candidature de Paris aux JO d’été de 2024 fera-t-elle diversion ?
LES TOITS DE PARIS- PARIS VU DES TOITS -

© Image Paris vu des toits (sources).

On a signalé la coïncidence des deux débats – une délibération, un vœu – tenus au Conseil de Paris du 1er octobre 2014 concernant le classement de l’église Saint Bernard dans la Goutte d’Or et le classement des toits de Paris au patrimoine mondial de l’UNESCO (voir : «Candidatures»), deux débats prolongés par deux actions, le 5 février 2015, tendant à faire vivre ces deux projets en dépit de la Mairie de Paris, – voire contre les entraves que l’exécutif parisien pourrait mettre aux votes du Conseil.

Il apparaît en effet qu’en dépit des unanimités obtenues dans les deux votes du Conseil de Paris du 1er octobre 2014, ni l’un ni l’autre des deux projets ne sont réellement soutenus par la maire de Paris, pour le dire par euphémisme. Pour la protection de l’église Saint Bernard, acquise pourtant depuis le 26 novembre 2012 par un arrêté préfectoral qui en a décidé l’inscription au titre des monuments historiques, on peut lire par ailleurs un point sur les nouveaux recours déposés le 5 février dernier contre les permis modificatifs ne satisfaisant toujours pas à l’obligation d’obtenir de l’ABF son appréciation de l’impact des projets de construction sur l’édifice protégé (voir : «Servitude involontaire») et le suivi du débat public demandé par EELV sur l’évolution de la physionomie urbaine à la Goutte d’Or.

Pour la protection des toits de Paris, que Cavé Goutte d’Or a mis en avant dans plusieurs de ses interventions en évoquant l’article du PLU qui pose qu’ils « participent de façon très importante au paysage de la ville », une étape nouvelle est désormais engagée grâce à l’initiative de la maire du 9e arrondissement, Madame Delphine Bürkli, qui en demande le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO et a lancé, le 5 février dernier aussi, un comité de soutien et une pétition dans ce but.

CIO oui, UNESCO non ?

« Je n’ai pas envie de mettre Paris dans le formol, d’autant que l’on veut faire de la végétalisation sur les toits, installer du photovoltaïque », a rétorqué Anne Hidalgo le 9 février devant la presse. « On veut permettre la transformation de la ville, se préparer aux éventuelles hausses de température liées au réchauffement climatique. Je ne veux pas que ce classement nous empêche de faire cette transformation écologique », a-t-elle insisté.

Le lecteur peut suivre avec intérêt les développements de ce dossier sur le blog d’Action Barbès qui, tenant son nom du carrefour situé au point de jonction des 9e, 10e et 18e arrondissements, couvre l’activité politique, sociale et associative des trois, a suivi la conférence de la maire du 9e le 5 février dernier et diffuse le vœu de Delphine Bürkli, le texte de la pétition et une revue de presse.

Récidive

Ce n’est hélas ! pas la première fois qu’Anne Hidalgo montre son agacement pour les toits de Paris, comme Cavé Goutte d’Or s’en était fait l’écho en 2013 lorsque, alors adjointe de Bertrand Delanoë à l’Urbanisme et candidate déclarée à la magistrature suprême de la capitale, elle aurait montré son fâcheux penchant pour les toits plats (Voir notamment « Combat sur les toits de paris » et « Architecture blockhaus pour quartier ghetto »).

Cavé Goutte d’Or eut beau évoquer le PLU qui, sous le joli titre de « Couronnement » (couronnement de façades), pose que « les toits de Paris participent de façon très importante au paysage de la ville » (article UG.11.1.3-3), l’adjointe à l’Urbanisme devenue maire en reste à ses positions, auxquelles elle ajoute la délicieuse image du formol, ce que Métronews a traduit le lendemain comme un flingage de la maire du 9e par celle de la capitale : « Quand Hidalgo flingue l’idée de Delphine Bürkli de classer les toits de Paris à l’Unesco ».

Un flingage sans fleurs ni couronnement !?

Nos lecteurs peuvent aussi soutenir la protection des toits de Paris via l’aimable consultation entreprise dès septembre 2014 sur les tipis, les marelles et autres projets soumis au budget participatif sur le site de la Mairie de Paris.

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