Zones trente

La génération Valls

  • À Marseille, le premier ministre assure qu’il faut trente ans pour reconquérir les quartiers populaires.
  • ZUS alors ! répliquent les zones urbaines en Politique de la ville, il nous en a fallu déjà trente pour devenir populaires.
VPH-institute.org

Image VPH-Institute.com

Comiques ou pas comiques, les gentils épargnants d’HSBC ont vite fait de calculer le taux de la génération lorsqu’ils ont entendu, ce matin à Marseille, Manuel Valls dire qu’il faudrait « une génération pour reconquérir les quartiers populaires ».

Si, dans le langage médiatique, les générations paraissent parfois ne compter qu’une quinzaine d’années, le taux moyen reste, dans le langage sociologique ou biologique, de vingt-cinq à trente ans.

Le nouvel an un de lANRU

On peut donc estimer à 2040 – 2045 la mise aux normes des quartiers populaires, sachant qu’il faut quelques années intermédiaires pour déterminer à quelles normes.

Par exemple, la Goutte d’Or, quartier populaire s’il en est, estampillée « zone urbaine sensible » en 1984 sous l’égide commune de Lionel Jospin et Jacques Chirac (« Cohabitation précoce », titrions-nous le 12 février 2012, il y a presque trois ans jour pour jour), a déjà subi trente années de « reconquête » et on lui en annonce trente encore pour être reconquise à l’envers.

Entre-temps, la ZUS Goutte d’Or avait pourtant été reconquise déjà en devenant la première « zone de sécurité prioritaire » mise en place en été 2012 sous l’égide commune, cette fois-ci, de Myriam El Khomri (alors maire adjointe à la Sécurité de la Goutte d’Or et de Paris, actuelle secrétaire d’État à la Politique de la ville) et de Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur).

On se souvient de Daniel Vaillant qui, le 6 décembre 2013, reconnaissait que la Goutte d’Or sud avait « très mal vieilli » (durant son mandat exactement [1997-2014] faut-il préciser).

Daté signé. Photo CGO 2012.

Daté signé. Photo CGO 2012.

Dans une lettre à la Cohérie Boris Vian (qui ne cesse de demander la réhabilitation de la rue qui porte le nom de l’artiste et croise celle de la Goutte d’Or entre l’église Saint Bernard et la Bibliothèque municipale), le maire sortant du 18e arrondissement écrivait en effet :

  • « Sachez que, dans le cadre des dispositifs ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), j’ai demandé que soit lancée une étude urbaine visant à proposer une requalification de la rue Boris Vian et de la partie sous arcade de la rue de la Goutte d’Or. Ces deux espaces publics ont effectivement très mal vieilli et nécessitent une rénovation » (Voir notre article « Felix culpa »).

Comme l’a posé hier dans un joli lapsus Valérie Boyer, présidente du Groupement d’intérêt public Rénovation urbaine de Marseille, à propos des événements de La Castelanne : « Tout ce qu’on avait espéré en matière de rénovation urbaine se fait entendre ».

L’écoute se fait attendre

À force d’attendre, on finit par entendre n’importe quoi. Et réciproquement car, en écoutant attentivement le Conseil du 18e arrondissement de Paris, le 26 janvier 2015, les administrés auront pu entendre l’adjoint au maire chargé de l’Urbanisme évoquer :

  • le « passage Boris Vian », justement, qui serait devenu passage pour mieux repasser en rénovation urbaine, l’ANRU ayant apparemment sélectionné « une demande faite pour le sud du quartier de la Goutte d’Or, notamment pour essayer de résoudre les problèmes liés aux arcades de la rue de la Goutte d’Or et au passage Boris Vian » (vidéo du Conseil, 00:11:20) ;
  • les « trucs à la turque » (sic de chez sic) pour expliquer que les constructeurs de l’ICI Stephenson n’avaient prétendument pas d’interlocuteurs cultuels lorsqu’ils ont posé des toilettes anglaises en lieu et place de toilettes turques (voir notre humeur du 5 février 2015) ;
  • la « parole d’évangile » pour mieux mentir à ses collègues sur les permis de construire modificatifs autour de l’église Saint Bernard et la date de la protection de cet édifice au titre des monuments historiques (on y revient très vite).

> Lire aussi :
«Les ‘trucs à la turque’ de l’adjoint à Lejoindre»
«Davantage de logements sociaux à Montmartre qu’à la Goutte d’Or ?»

Publicités
Cet article, publié dans Articles, Défense du quartier, Politique de la ville, Quartier, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s