Desseins animés

De bobos en gogos, de hipsters en cheapsters, la Goutte d’Or vit ravie son époque formidable

  • Le Street art à gogo envahit les vitrines de Panama street
  • Les Cheapsters animent la cheapbroc de Stephenson Road
L'angle stratégique des rues Léon et de Panama/Suez devient bouique à gogos (Photo CGO août 2014).

L’angle stratégique des rues Léon et de Panama/Suez devient boutique à gogos (Photo CGO août 2014).

Si François Truffaut, cité par Bruno Barde, directeur du Festival de Deauville inauguré ce week-end, disait qu’« un bon film est un film qui a un point de vue sur le monde et un point de vue sur le cinéma », la Friche en cloque, qui anime les soirées cinéma des anciennes plumasseries Loddé, à l’angle de l’angle des rues Cavé et Stephenson, à la pointe de la Goutte verte qui anime, elle, le fond de l’angle, la Friche en cloque donc a – en plus – un point de vue sur l’animation sociale et urbaine.

Il a fallu un peu de temps aux « anciens » (anciens du quartier « on va dire ») pour comprendre les nuances entre le groupe Cocoon qui s’affichait sur les grilles de la friche au début de l’été et y annonçait des ateliers qui, à y lire de plus près, n’auraient pas lieu là ; les hispters de la Carotte se mûrisse qui vinrent égayer la nuit de la musique le 21 juin mais sans être, eux non plus, les tôliers de la friche ; le collectif « GFR-Le collectif » (GFR pour Generation Freedom Ride), locataire en titre mais un peu caché, moins visible en tout cas que la cloque sur pique derrière cloquelaquelle la Friche en cloque dirait qu’elle s’appelle ainsi parce qu’elle est en cloque :

  • « porteuse, porteuse d’un projet », assure un de ses jeunes animateurs jeudi, en l’occurrence le projet d’animer l’angle des rues Cavé et Stephenson et plus si affinités : réussite assurée au-delà de l’angle, au-delà du quartier et, si les riverains animés ont suivi avec intérêt une programmation cinématographique ambitieuse, ils ont pu suivre aussi l’importation de phénomènes urbains inconnus dans ce que la Friche en cloque appelle « le cœur de la Goutte d’Or » : les hipsters et les cheapsters.

Dans un quartiers où on découvrait à peine les bobos et les gogos, les hipsters auront ouvert la Friche en cloque le 21 juin et les cheapsters (un peu rivaux des premiers, disent les experts*) inaugureront les prolongations du bail le 6 septembre.

Régressions

Car le bail est prolongé. La Friche en cloque annonçait sa « dernière séance » pour le 30 août sous le titre de « Soirée régressive » parce que « dernier week-end avant la rentrée scolaire ».  On devine que les animateurs – qui ont beaucoup d’humour et autant de lettres (voir leurs accroches hebdomadaires), manient les concepts aussi bien que la carotte (se mûrisse), se sentent à l’aise dans le cocon social comme dans les droits de l’homme (freedom ride et freedom rights) et gardent la tête froide malgré leur succès planétaire (« Et dire que Time Out est LA référence à New York ! Promis, on garde la tête froide », promettent-ils après un papier dans Time Out Paris) – savaient tout ce qu’ils pouvaient mettre dans le mot « régression ».

Photo Time Out Goutte d'Or.

Photo Time Out Goutte d’Or.

Ce ne serait donc pas, ou pas seulement, « un retour en arrière après avoir connu une période de progrès », pour le dire très classiquement ; pas non plus une façon de recycler les cuisines en palettes (la cuisine, c’est nous) et l’ameublement en cheap stairs (escalier [social] bon marché) tellement censés être et faire couleur locale ; et les cheapters (à ne pas confondre avec les hispsters nous dira justement l’animateur qui parlait de cloque porteuse) viendraient ouvrir la phase street-art de l’aventure, histoire peut-être d’ouvrir un peu le projet sur la rue quand la soirée Regress madness (à laquelle on avait Prefer madness en hommage à Daniel Vaillant, diffusé pour cause d’orage la veille de l’assez mad aussi 19 juillet) s’était déroulée un peu en vase clos si l’on peut dire de cet espace a priori public qui, le samedi 30 août, s’était fait friche around the clock, prolongeant jusqu’à pas d’heure de bruyants courts métrages… « d’animation », si si : les EDL, équipes de développement local dont on dit qu’elles financent le projet arty trendy qui anime les habitants, se glissent jusque dans le générique du film.

cheapster« Bientôt, vous aurez une crèche et le bruit des enfants ! », devait cligner le jeune homme à l’explication de la cloque porteuse, qui semble en savoir long sur les projets des déconstructeurs du quartier (non, plaisante un autre, c’est écrit sur l’affiche). On se disait aussi.

*

À suivre donc dès maintenant H-3 (programmation envoyée à Cavé Goutte d’Or par GFR-Le collectif) :
Samedi 6 septembre à 16h : Street Art (atelier enfant) avec collectif Cheapster+ Apéro musical, suivi d’une projection d’un film sur le street art à 21h30 – 22h (fin : minuit pile !)
Samedi 13 : Soirée projection Pink Flamingo de 20h à minuit
Samedi 20 : Soirée projection congolaise/africaine de 16h à minuit avec cours de danse à 16h (à confirmer)
Samedi 27 : Soirée projection portugaise
Le samedi 27 est LA DERNIÈRE souligne GFR en ajoutant… « Peut-être accueillera-t-on un artiste lors de Nuit Blanche le 1er week-end d’octobre ».
– Cocool !

D.R.

D.R.

Entre deux cheapstères,
un tajine à La Goutte verte

tajineGVJardin Goutte verte
Dimanche 7 septembre de 11 à 18 heures.

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