Remaniement

Sur le papier, les Verts fissurent le blockhaus

  • Si Daniel Vaillant et Claudine Bouygues, deux piliers de la Municipalité sortante, restent imperturbables à leurs postes, Ian Brossat, Didier Guillot, Michel Neyreneuf doivent faire de la place aux nouveaux amis d’EELV
  • Un espoir pour l’Urbanisme et le Logement dans la Goutte d’Or ?
Entre-deux-tours. Liste Lejoindre teintée Julien.

Entre-deux-tours. Liste Lejoindre teintée Julien.

Le « côté un p’tit peu Blockhaus » des immeubles Neyreneuf dans la Goutte d’Or est « dû au plan climat », racontait l’homme fort de l’Urbanisme et du Logement dans ce quartier parisien depuis trente-deux ans.

Le très climatique Verts Pascal Julien réussira-t-il à renvoyer l’auteur de cette appréciation un p’tit peu méprisante à son plan retraite ?

En tout cas, la poussée écologiste du premier tour des Municipales 2014 a déjà fait reculer de six places l’adjoint de Daniel Vaillant au Logement et à l’Urbanisme, qui passe de la dix-neuvième à la vingt-cinquième position sur la liste Lejoindre. Il faut désormais tourner la page du feuillet pour le retrouver.

Tourner la page

Pascal Julien a pris la cinquième place au recto de la Liste Lejoindre, en en faisant perdre deux à Ian Brossat (ci-dessus). Sandrine Mees a pris la huitième en poussant Danièle Premel de deux cases et Didier Guillot de quatre. Galla Bridier est en douzième position, Philippe Durand et Frédéric Badina-Serpette en dix-septième et vingt-et-unième places.

IMG_0002Au verso (ci-contre), Thierry Cayet témoigne pour les Verts en quarante-cinquième place et Michel Neyreneuf, non encarté mais fidèle adjoint de Daniel Vaillant depuis treize ans, tient la vingt-cinquième.

« Six Verts, bonjour les dégâts ! », aurait déclaré Jean-Yves Mano, allié de Michel Neyreneuf dans la démolition des quartiers pauvres du 18e arrondissement de Paris, lors d’un pot de départ (un peu précipité il est vrai) organisé par la SEMAVIP et la SIEMP à l’Hôtel de Ville où les démolisseuses ont, plus que leurs entrées, leurs sièges.

Jean-Yves Mano, dont on dit que Ian Brossat briguerait la délégation au Logement à Paris Centrale, ne fêtait peut-être ‘‘que’’ la décision du Tribunal administratif qui a jugé, le 25 mars, que l’association Cavé Goutte d’Or n’avait « pas d’intérêt à agir » contre la délibération obtenue sur mensonge au Conseil de Paris du 11 décembre 2012 (voir « Mano pulite » et « Intérêt à agir ? »). Il demeure que la tension entre les politiques destructrices du couple Mano-Neyreneuf et celles plus respectueuses du couple Julien-Garel, demain peut-être Julien-Lejoindre, est au cœur du deuxième tour et sera, plus encore, au cœur du troisième tour.

Troisième tour

Comme le rugby a sa troisième mi-temps, les Municipales auront en effet cette année leur troisième tour. Non pas tant parce que le maire sortant de la capitale, qui laisse sa dauphine battue en voix par sa challenger, se verrait bien, dit-on, à Matignon (récompense pour un échec ?), mais parce que la rue qui souffre poursuivra toute alliance de sa vigilance.

Quand bien même, pour les programmes PS et Verts, l’urbanisme et le logement sont en première place – une issue (à l’anglaise) dont Cavé Goutte d’Or ne peut que se réjouir voire s’honorer discrètement – les deux projets divergent radicalement sur la sortie de crise, la fuite en avant socio-sociale de la Gauche unie et la réflexion écolo-civique des Verts se défiant ouvertement selon le décryptage que nous pouvons faire de leurs professions de foi respectives d’entre-deux-tours (voir «Rififi à Paname 18»).

Prenez le pouvoir, semble dire Anne Hidalgo qui le détient.

«Prenez le pouvoir !», semble dire Anne Hidalgo qui le détient tant.

Ce n’est pas la première fois que Les Verts, Pascal Julien et Sylvain Garel notamment, tentent de pratiquer une brèche dans le mur de mépris et d’arrogance que l’Urbanisme et le Logement opposent à la Goutte d’Or et la Chapelle, ferraillant le premier contre Michel Neyreneuf au Conseil d’arrondissement (lien), le second contre Jean-Yves Mano au Conseil de Paris (lien), Anne Hidalgo n’abritant même pas le match de son poste d’adjointe à l’Urbanisme, tant celui de première adjointe la monopolisait.

Mais leurs essais n’ont pas été concluants :

  • L’arrogance du bulldozer à blockhaus a vite repris le dessus du fameux vœu de Pascal Julien au Conseil du 18e arrondissement et il faut l’instance de Cavé Goutte d’Or pour en rappeler régulièrement les Verbatim ;
  • Sylvain Garel dont la question écrite au maire de Paris sur les démolitions de la Goutte d’Or et l’intervention au Conseil de Paris sur la délibération mensongère de Jean-Yves Mano sur le 83bis Philippe de Girard, n’ont pas été suivies du moindre suivi, si l’on excepte l’amical soutien documentaire apporté au lendemain du vote par EELV à Cavé Goutte d’Or dans ses recours.

Suivi

Ces interventions vertes, auxquelles Cavé Goutte d’Or a contribué en amont à sa modeste mesure, n’ont en effet pas suscité le mouvement qui convenait en aval, ni de la part des Verts, ni au demeurant de la part de l’UMP qui les a souvent menées parallèlement quand ce n’est devancées comme pour le 83bis Philippe de Girard, et encore moins du PC/FG qui, après une lettre aimable de Ian Brossat à Anne Hidalgo pour sauver les plumasseries Loddé en 2011, s’est rangé du côté de la majorité nourricière.

Or, si l’intérêt à agir d’une association peut être utilisé par le juge – même à tort comme le soutiendra peut-être Cavé Goutte d’Or en appel – pour ne pas traiter la question (l’association a twitté hier sur fond d’abstentionnisme), il n’en serait pas de même de l’intérêt à agir d’un élu face à une délibération truquée dans un vote tronqué.

Pourtant, ni les Verts ni l’UMP n’ont donné suite, légalement ou politiquement, à leur dénonciation du système mis en place par la Municipalité sortante en matière d’urbanisme, de protection du patrimoine, d’architecture, – un système fait de verrouillage tous azimuts auquel ils ont ainsi laissé libre cours.

Ni les élus Verts et UMP, en effet, ni les représentants Verts et UMP à la Commission du Vieux Paris ou chez les bailleurs sociaux comme Paris-Habitat, encore moins les élus Verts et UMP siégeant au conseil d’administration de la SEMAVIP ou de la SIEMP n’ont donné – là où ils le pouvaient – le crédit nécessaire aux actions menées sur le terrain par Sylvain Garel, Pascal Julien, Danielle Fournier, Pierre-Yves Bournazel, donnant ainsi à ses engagements un côté un p’tit peu vain, comme dirait leur collègue.

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