Accord PS-Verts

Rififi à Paname 18

  • PS et EELV unis pour la Mairie s’opposent sur l’urbanisme de la Goutte d’Or.
  • Lejoindre pour « continuer la métamorphose » en concertation avec Neyreneuf, Julien pour « encourager les évaluations citoyennes » en concertation avec le peuple. Dilemme.

L’urbanisme et l’architecture, si légitimement décriés dans la Goutte d’Or et la Chapelle, sont à la une des deux projets PS-EELV censés n’en faire qu’un et la lecture des deux professions de foi révèle un désaccord profond jusque dans leur rédaction autoritaire pour le PS et timidement heurtée pour les Verts.

La pole position de l’urbanisme et de l’architecture sur les deux documents est un succès pour les associations et les riverains qui n’ont eu de cesse, au cours des dernières années, de sonner l’alarme sur la dégradation des quartiers Est du 18e par leur prétendue rénovation.

Dès octobre 2011, Pascal Julien avait relayé au Conseil d’arrondissement les inquiétudes de Cavé Goutte d’Or sur la question et, au terme d’une heure de débat qui donnait le sentiment d’une écoute, s’était fait méchamment rembarré par Michel Neyreneuf, Daniel Vaillant et quelques élus encore en position éligible sur la liste Lejoindre (Voir Verbatim Château Rouge 1, 2, 3).

Ironiquement, l’UMP Roxane Decorte avait soutenu ce soir-là le vœu de Pascal Julien et s’était fait rappeler – avec l’élégance et l’esthétique qu’on connaît à Michel Neyreneuf – qu’elle occupait un siège au conseil d’administration du bailleur social Paris-Habitat… D’où son ralliement tardif aux démolisseurs du quartier, peut-être ?

Binôme en anomie

À la veille du deuxième tour, il faut lire les deux textes pour savoir qui tient la corde de l’urbanisme et du logement pour la prochaine mandature :

Selon le texte d’Éric Lejoindre (ci-contre), Michel Neyreneuf a ses chances pour encore six ans, ce qui – pour la Goutte d’Or, où l’homme sévit depuis déjà trente-deux ans (20 comme militant associatif et 12 comme adjoint, on l’a noté) – reviendrait à laisser  trente-huit ans à un seul homme l’urbanisme et l’architecture d’un quartier :

  • « La liste que je conduis entend prolonger et amplifier le travail qui a été engagé dans tous les quartiers du 18e au service des habitants de notre arrondissement. La métamorphose urbaine du 18e doit se poursuivre ! C’est l’ambition de notre projet. Le logement, mixte et diversifié, restera, bien sûr, notre priorité et nous en créeront dans tout l’arrondissement ».

Ce texte est publié sur le site d’Éric Lejoindre sous la photo de deuxième tour, incluant notamment Pascal Julien et Sandrine Mees, mais donne l’impression qu’il ne tient aucun compte des croisements de projets, dont le texte de Julien et Mess fait au contraire état.

Selon le texte de Pascal Julien et Sandrine Mees (ci-contre), l’un et l’autre ont leur chance. Respectivement en cinquième et huitième places sur la liste Hidalgo-Lejoindre, ils seraient peut-être plus attentifs aux riverains et au paysage de la rue parce que moins prisonniers des préjugés à l’emporte pièces concernant l’esthétique, le type de population, le blockhaus et autres théories imposées au quartier par les années Neyreneuf.

En douzième position sur la liste Lejoindre-Julien-Mees, Galla Bridier, présentée comme «militante du droit au logement (qui) travaille dans le logement social», ferait aussi l’affaire. On se dit que, si elle « travaille dans le logement social », elle ne peut que vouloir en sortir, du logement social tel qui a été concocté par la Municipalité elle-même sortante.

Mais le texte que les Verts ont réussi à faire passer et qu’ils publient sur leurs propres réseaux, avec les deux en-têtes des deux anciennes listes, ne laisse pas augurer une victoire de la ligne EELV.

La façon autoritaire dont Lejoindre assure que sa liste («La liste que je conduis») entend (pas propose ou suggère mais bien : entend) prolonger et amplifier ce que l’ancienne Municipalité a engagé n’est pas contrebalancée par la timidité avec laquelle la profession de foi verte indique :

  • « Nous encouragerons les évaluations citoyennes pour tous les projets d’aménagement, concours d’urbanisme et d’architecture, pour franchir une nouvelle étape de notre politique de concertation systématique de tous nos projets ».

La syntaxe heurtée de la phrase trahit le patchwork imposé par le Grand Frère. Les premiers mots sont parfaits et très EELV : citoyen, évaluation, encouragement, tout y est. La suite est en revanche tarabiscotée :
> «Franchir une nouvelle étape de notre politique de concertation systématique» revient à concéder au PS qu’il était déjà dans la concertation (mot-clé qui, selon ce qu’en a retenu le 18e du mois actuellement en kiosque, devait marquer l’action de Michel Neyreneuf à la tête de l’Urbanisme et du Logement depuis trente-deux ans). > Le mot notre englobe les Verts dans l’appréciation et l’adjectif systématique est incongru dans le contexte puisque, si la concertation était systématique dans le notre d’avant, il n’y aurait rien à demander.

De fait, l’ajout d’EELV concernant l’évaluation citoyenne – auquel pourraient applaudir les riverains, les jardins, les friches et les collectifs pour la défense de l’esthétique – est vidé de sa substance par le rappel (à l’ordre) du PS sur la bonne marche (forcée) de ce qu’il entend littéralement « continuer ».

Pascal Julien mange son chapeau, lui qui reprochait à Michel Neyreneuf son césarisme en la matière (voir nos Verbatim Château Rouge 1, 2, 3).

Rachid Arar en troisième homme ?

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Rachid Arar à La Table ouverte (DR).

La solution sera-t-elle dans une «troisième alternative» comme dirait l’autre, ou un troisième homme qui émergerait du dilemme posé par l’alliance PS-EELV manifestement déséquilibrée en faveur de la Municipalité sortante, pourtant sanctionnée par le premier tour ?

Rachid Arar, à qui Pierre-Yves Bournazel a proposé le poste d’adjoint pour la Goutte d’Or, ferait-il un bon adjoint à l’Urbanisme et au Logement ? Nul doute en tout cas que, fort de son expérience de médiateur social sillonnant les rues du quartier, il inclurait comme naturellement l’urbanisme et l’architecture dans ses délégations, quelles qu’elles soient.

Ici et maintenant

En cette veillée d’armes urbanistique(s), les promenades urbaines conduiront agréablement le passant et le lecteur sur l’ installation artistique proposée sur la friche de la pétanque (angle des rues Myrha/Affre) à l’initiative du Réseau Friche dont Cavé Goutte d’Or avait suivi les premiers pas lorsqu’il s’agissait d’emmener la Goutte d’Or au Palais de Tokyo.

Une installation à suivre en direct ce samedi 29 mars 2014 sur la page facebook du réseau.

 

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