Architecture industrielle

Le caché de la Poste 

La célèbre Poste de Louvre, dont le cachet fait toujours foi pour maints retardataires (on ne compte pas, à Cavé Goutte d’Or, les voyages nocturnes à la rue du Louvre pour déposer à minuit moins cinq tel ou tel recours administratif) est également sous les feux de l’actualité patrimoniale en ce début d’année 2014.

Le 7 novembre 2013, une journée d’études était consacrée à ce bâtiment à l’INHA et nous laissons au site de Jean-François Cabestan le soin de rendre compte de la mobilisation internationale autour de ce que le professeur d’histoire de l’architecture à Paris I désigne comme « l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture industrielle de la IIIe République ».

Avec ses amis du Paris Historique, Marie-Jeanne Dumont et Pierre Housieaux, Jean-François Cabestan signe par ailleurs un appel intitulé « Mort d’un monument républicain », auquel nous nous autorisons à ajouter un point d’interrogation car ce texte des trois experts bien connus de nos lecteurs, les trois membres de la Commission du Vieux Paris, a pour objectif une demande de classement urgent de la Poste de Louvre.

La mort d’un monument républicain ?

assocparishistoriquelogo-220x200« D’un point de vue structurel, c’est un édifice exceptionnel que la Poste du Louvre. Architecturalement, c’est une leçon magistrale sur l’organisation des espaces par l’un des architectes les plus en vue de l’époque, mais c’est aussi le seul grand monument érigé par la Troisième République dans ses premières décennies ! », dit ce texte, résumé dans un communiqué de presse du Paris Historique et relayé par une pétition en ligne, qui avait recueilli plus de mille signatures au moment où nous mettions ce billet en ligne.

« Bien que figurant dans toutes les histoires de l’architecture, la Poste du Louvre n’a jamais été classée ni inscrite, pour ne pas gêner des services très techniques dans leur gestion de ce lieu de travail », poursuivent Marie-Jeanne Dumont, Pierre Housieaux et Jean-François Cabestan.

La protection municipale ?

Le point d’interrogation s’impose également car, en 2006, la Ville avait pallié à l’absence de protection de l’État dans le cadre du système municipal, dit de l’inscription au PLU, mis en place par la première administration Delanoë : « Mais curieusement, elle a renoncé ensuite à exercer ses prérogatives à cet égard », regrette l’appel.

poste future

Le projet de l’Agence Perrault (Crédit photo Le Figaro).

« Dans ces conditions, poursuit-il, on ne s’étonnera pas que l’architecte lauréat ne se soit pas embarrassé de précautions patrimoniales : il a considéré l’enveloppe existante comme un volume capable, sans égards pour les qualités de l’édifice concret. Il prétend donc supprimer la toiture (au profit d’un volume plus bombé et beaucoup plus rentable) et évider le bâtiment pour aménager des surfaces taillées aux exactes mesures des nouveaux programmes (supprimant ainsi notamment les grands espaces des salles de tri avec leurs structures métalliques qui, par malchance, tombent précisément là où l’on veut mettre des chambres d’hôtel). On ne peut même pas parler de ‘’façadisme’’, comme on l’a fait pour les sièges de banques du quartier de l’Opéra totalement reconstruits derrière leurs façades haussmanniennes dans les années 80-90, car la façade de la Poste du Louvre sera elle-même transformée par la suppression des fenêtres palatiales d’origine au profit de ‘’bow-windows en creux’’ et par l’agrandissement des baies de l’étage d’attique sur la façade principale ».

La responsabilité civique

C’est donc à une forme de protection populaire ou « citoyenne » au sens fort de civique que font appel les auteurs de la pétition. Un véritable « appel au peuple », ose Le Figaro du 20 janvier 2014 après avoir présenté le projet de l’architecte Dominique Perrault dans ses éditions du 6 septembre 2012 et le colloque de novembre dernier à l’INHA sous le titre « La Poste du Louvre : bijou d’architecture en danger », Le Parisien lançant pour sa part le débat en évoquant « un bras de fer avec La Poste » pour une « armature métallique en péril » (lien).

perrault

« Le projet Perrault prévoit de ne conserver que la façade en pierre. L’association Paris historique a des craintes pour les grandes nefs métalliques » (Le Parisien, photo Fougerol Havas Prod/Agence Perrault).

> La pétition pour le classement de la Poste du Louvre.

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