Sur le zinc (suite)

Le label « Toits de Paris » n’est pas incompatible avec les logements sociaux

  • Le site de FranceTVinfo illustre un article sur les HLM avec ce paysage qu’Anne Hidalgo souhaiterait plus plat

On sait que la Goutte d’Or doit se défendre contre « l’architecture un p’tit peu blockhaus » qui lui est imposée par la Municipalité, au motif du Plan climat selon son maire adjoint à l’Urbanisme et au Logement (voir le blog : « Architecture Blockhaus pour quartier ghetto ? »).

Dans cette perspective, si l’on peut dire, la plupart des immeubles sociaux du quartier sont massifs, anguleux et à toits plats.

Le dernier billet du blog sur le combat entre « les toits de Paris », si caractéristiques de la capitale, et les toits plats qu’aurait prônés Mme Hidalgo selon M. Neyreneuf, a eu un retentissement considérable sur les réseaux sociaux.

Retwetté par plusieurs de nos followers – dont la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (reconnue d’utilité publique), Paris Historique, Le 18e du mois – et touchant ainsi plus de deux mille abonnés dans la journée du 4 décembre 2013, notre soutien à l’article du PLU (Plan local d’urbanisme), qui dit des toits de Paris qu’ils « participent de façon très importante au paysage de la ville » (article UG.11.1.3-3), était un peu plus connu hier qu’avant-hier.

Et moins que demain

Le soutien que leur apporte aujourd’hui l’illustration de FranceTVinfo ne peut qu’alimenter encore le débat. Alors que Mediapart, à l’origine de l’information traitée, ne l’illustre pas (ci-contre), et que Le Point  (ci-dessous) le fait avec une méchante photo du maire de Paris, le site de FranceTVinfo réussit à parler de logements sociaux sur un beau paysage de toits de Paris : on peut faire du logement social (et même vivre dans un logement social) tout en renonçant à l’architecture blockhaus, semble-t-il dire.

*

Des cinq adjoints de Bertrand Delanoë qui sont évoqués dans ce contexte, on peut compter sur deux élus du 18e qui sont en contact direct avec les quartiers défavorisés de la Goutte d’Or et de la Chapelle, Claudine Bouygues et Didier Guillot, pour le rappeler à leur collègue de l’Urbanisme et du Logement.

Image Vialet architectes.L’un et l’autre ont beaucoup œuvré (ou désœuvré) pour obtenir coûte que coûte (ou ne pas empêcher très fort) la démolition du 83bis rue Philippe de Girard, bâtiment rural d’époque Restauration:

  • Claudine Bouygues (affectée aux droits de l’homme, membre du conseil d’administration de la SIEMP et de la SEMAVIP) en s’appliquant à l’annoncer démoli durant toutes les phases de procédure tendant à sa conservation alors qu’elle était en même temps sollicitée pour le défendre au sein de la SIEMP (voir sur le blog),
  • Didier Guillot (chargé de la vie étudiante) en défendant la cause des étudiants sociaux invités à occuper la tour de couleurs d’une toute autre restauration (genre pâtisserie acidulée : image Vialet architectes ci-dessus) devant le Conseil du 18e arrondissement (voir sur le blog).

Sur le fond

Sur le fond, l’info n’est pas nouvelle, et elle concerne autant des élus de gauche que des élus de droite, comme l’a déjà évoqué Cavé Goutte d’Or dans un billet du 16 avril 2012 :

  • Extrait :  De gauche (même de Front de Gauche) comme de droite, les occupants politiques de logements sociaux peuvent connaître des situations financières aléatoires, à en croire l’enquête du Monde du 25 juin 2011, mise à jour le 5 décembre 2011, sur «Ces ministres et parlementaires qui s’accrochent à leur logement social» : «Si je ne suis pas réélu en 2014, où vais-je aller ?», dit un élu du Front de Gauche du 12e arrondissement ; «Quand j’ai reçu ce logement social dans les années 1990, j’étais au chômage», dit un autre, aujourd’hui élu UMP du 19e et assistant d’une sénatrice UMP. (…) «Plusieurs personnalités, au plus haut-niveau de l’État, ont obtenu et conservent un logement conventionné», assure au Monde Jean-Yves Mano, adjoint de Bertrand Delanoë au Logement, par ailleurs président de Paris Habitat, le bailleur prétendument social qui écoute ses logés sous la porte (voir sur le blog et Le Parisien). «Nous n’avons pas de levier juridique qui nous permet de retirer un appartement à une personne qui a légalement obtenu un logement conventionné sous prétexte qu’il est élu ou que ses revenus ont grimpé», assure Mano, manifestement moins familier du bon sens juridique que du droit de l’expropriation et de la déclaration d’utilité publique dans la Goutte d’Or où il ne manque pas de leviers pour contourner la protection du patrimoine, l’instruction des permis de démolir, l’égalité des citoyens devant la loi et les charges publiques.
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