360°

Musiques du monde à cors croisés au cœur de la Goutte d’Or

  • Une entreprise culturelle s’installe sur la friche de la pétanque

Copie de accordLe projet avait occupé le Conseil du 18e arrondissement du 30 janvier 2012 à l’initiative de la conseillère EELV Danielle Fournier. L’association Cavé Goutte d’Or s’était émue également devant un panneau évoquant un « centre culturel » aux contours alors peu dessinés mis en avant par la seule SEMAVIP (voir sur le blog). Daniel Vaillant lui-même s’était presque étranglé à l’idée qu’il y ait un centre culturel au cœur de la Goutte d’Or : « « Je souhaite que le panneau soit enlevé. Il devrait déjà l’être d’ailleurs. »

Plus qu’hier
et moins qu’après-demain

accordAujourd’hui, on en sait un peu plus, et après-demain, mardi 19 novembre 2013, le maître d’œuvre du projet Accords croisés dévoilera ses intentions dans une présentation publique au centre Barbara Fleury Goutte d’Or à 18 h 30 (invitation ci-contre).

Selon la Ville de Paris, qui a également annoncé l’évènement, cette présentation aura lieu en présence de la SEMAVIP, de la Mairie et de l’architecte Gaëtan Engasser. C’est donc qu’un architecte a déjà été désigné pour construire le bâtiment d’Accords croisés à l’angle Myrha/Léon, décision certes privée à laquelle les habitants du quartier avaient manifesté le désir d’être néanmoins associés le plus en amont possible.

LéonMyrhaCavé Goutte d’Or était intervenue cet été après la découverte d’un projet (ci-contre) qui, bien qu’abandonné, laissait le goût amer de l’architecture blockhaus qui essaime dans le quartier et dont les qualités venaient d’être évoquées comme meilleures garantes d’une bonne écologie et d’un bon plan climat par le patron des opérations de déstructuration de la Goutte d’Or Sud (1984-2000) et de Château Rouge (2000-2014).

Un angle plein

L’association se réjouit que cette présentation ait lieu et encourage les habitants du quartier, tous plus ou moins riverains du célèbre carrefour Léon/Myrha, à y participer. Car s’il y a un cœur de la Goutte d’Or, il ne doit pas se trouver loin de ce carrefour qui mérite la plus grande attention, le travail d’architecture du projet 360° n’étant pas la moindre des préoccupations du voisinage.

Si l’on en croit la Ville de Paris, ce travail aurait donc été confié à Gaëtan Engasser.

« Bâtisseur pressé et raisonnable », comme le présente le Magazine Reflets de janvier 2011, Gaëtan Engasser avait 5 ans en 1984 lors de l’institution d’une « Zone urbaine sensible » à la Goutte d’Or, et on espère qu’il ne tombera pas dans le piège dans lequel son confrère Raphaël Gabrion, qui en avait alors sept si l’on en croit le blog cyberarchi, était tombé en prétendant imaginer pour le CROUS de la rue Cavé un projet aimablement conçu pour… « un quartier populaire en pleine mutation » (voir le projet du cube CROUS*).

Les habitants du quartier qui ont vieilli avec la ZUS et les gentils gentrifieurs qui sont censés désenclaver la Goutte d’Or en la boboïsant savent que ce quartier est officiellement « en pleine mutation » depuis 30 ans et s’inquiètent légitimement d’entendre de jeunes bâtisseurs pressés leur raconter qu’ils sont en fait au cœur d’une expérience de mutants perpétuels, car une mutation de 30 ans, bien sûr, n’en est plus vraiment une (voir notre article « 1984-2014 : Sortie de ZUS »).

La formule est mensongère : elle a pour objet de cacher la politique de déstructuration planifiée de la Goutte d’Or. Le Parisien est lui-même tombé dans le piège sémantique encore tout récemment en reprenant sans recul la formule pour saluer l’installation des libraires Gibert sur le boulevard Barbès.

Mutation ? Stagnation ? Ancrage ? Mimétisme ?… À imaginer, ci-dessous à gauche, la transposition d’une œuvre de Gaëtan Engasser pour des logements sociaux à Bondy en face de l’immeuble TGT déjà en place sur l’angle Myrha/Léon à droite), il faudra au moins à Accords croisés les 360° de son projet pour faire le tour de la question !

Engasser  boul

De 19 en 19

* On se souvient que le cube CROUS de Raphaël Gabrion pour Paris Habitat a reçu un permis de construire le 19 juin 2013, décision qui est l’objet d’un recours gracieux du 19 août 2013, notamment pour défaut d’avis d’ABF puisque le projet est en covisibilité avec l’église Saint Bernard inscrite aux monuments historiques. À la date du 19 octobre 2013, le maire de Paris avait estimé ne pas devoir répondre au recours gracieux formé par Cavé Goutte d’Or (et même lui écrire qu’il ne lui répondrait pas !), ce qui porte au 19 décembre 2013 le délai du requérant gracieux pour recourir en contentieux auprès du Tribunal administratif.

Le 19 décembre – ou la Saint Urbain – est une date qu’on ne manque pas à Cavé Goutte d’Or, qui se réjouit d’autant plus d’intercaler le 19 novembre d’Accords croisés à cette jolie cascade de dix-neufs.

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