Nomologie

François Hollande : « Pas de frappes sur les ZUS avant le rapport de l’ONZUS »

  • Comparaison n’est pas raison et réciproquement

couverture-rapport-onzus-2012.290.412.sComme pour la Syrie, on prétend connaître le coupable, mais on attend quand même le rapport des experts avant de frapper tout en disant qu’on va frapper quand même car on sait ce que les experts vont dire.

Une fois expressément exclue toute comparaison improbable avec le débat géopolitique du moment et toute participation indue à ce débat au demeurant pas très riche, on observe ici la similitude du récit : « Comment venir à bout d’une injustice entretenue ? »

En préparant son papier annoncé sur la fin des ZUS programmée pour mars 2014, notre blogmaster est tombé ce matin sur le dernier Rapport annuel de l’ONZUS (Observatoire national des Zones urbaines sensibles), neuvième du nom même si les ZUS elles-mêmes sont une création de trente années d’âge :

  • « Nos observations, année après année, peuvent donner le sentiment que les écarts entre ces territoires et le reste des unités urbaines se maintiennent et qu’ainsi la situation ne s’améliore pas »,

écrit Bernadette Malgorn, Présidente du Conseil d’orientation de l’ONZUS dans l’avant-propos de sa synthèse, quand les humanitaires – déjà commentateurs de la Guerre du Golfe I (1990-1991) – racontent comme en écho, vingt ans plus tard, sur des chaînes au décor à peine rafraîchi :

  • « Nos observations, conflit après conflit, peuvent donner le sentiment que les écarts entre la violation de la loi et l’application de la loi se maintiennent et qu’ainsi la situation ne s’améliore pas ».  

C’est donc que, peut-être, les questions sont mal posées. « Un éclairage statistique objectif sur les conditions de vie des habitants de ces quartiers aide à identifier leurs besoins », poursuit Bernadette Malgorn, dont on annonce la candidature à la Mairie de Brest en 2014 et, si la situation ne s’améliore pas, c’est aussi parce que « ces quartiers connaissent de nombreuses arrivées et de nombreux départs » et que là est « tout l’enjeu d’une meilleure prise en compte des parcours individuels dans l’observation des quartiers de la politique de la ville ».

Tonnerre de Brest

On ne garde de son dernier rapport que les têtes de chapitre les plus… frappantes, sachant que l’objectif des frappes n’est pas de changer de régime :

  • « Le taux de pauvreté est près de trois fois plus élevé en ZUS que hors ZUS » (page 4 de la synthèse)
  • « L’emploi continue de reculer entre 2010 et 2011 en ZUS, le chômage augmente » (p. 5)
  • « Les élèves issus de collèges en ZUS restent plus souvent orientés vers la filière professionnelle que les autres collégiens hors ZUS » (p.9)
  • « Des adultes en moins bonne santé en ZUS et rencontrant plus souvent des difficultés dans l’accès aux soins » (p. 13)
  • « Un sentiment d’insécurité plus répandu dans les ZUS qu’en dehors » (p. 15)
  • « 17 % des habitants des ZUS de 18 à 50 ans se déclarent victimes de discriminations en raison de leur origine ou de leur couleur de peau, contre 6 % hors ZUS » (p. 16)
  • « Les jeunes femmes de 25 à 34 ans vivant en ZUS présentent un mode de cohabitation différent de celui des femmes des quartiers environnants » (p. 18).

> Lire le rapport complet.
> À suivre : notre billet « 2014 Sortie de ZUS ».

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