Trêve hivernale

La SEMAVIP expulsée de ses friches

  • La Goutte verte se recycle dans le recyclage
Friche en cours de définition (Photo CGO mars 2013).

Friche de 300 m² en cours de définition (Photo CGO mars 2013).

En ce lundi 1er avril 2013 correspondant à la fin de la trêve hivernale des expulsions de logements, la Société d’économie mixte et d’aménagement de la Ville de Paris (SEMAVIP) a été sommée de libérer les friches qu’elle occupe indûment depuis plusieurs années dans le quartier de la Goutte d’Or.

Friche SEMAVIP pour seniors en attente de définition (hiver 2013).

Friche SEMAVIP pour seniors en cours de définition aussi (hiver 2013).

On sait en effet que la SEMAVIP – chargée par la Ville de Paris de démolir l’histoire, l’architecture et l’âme de la Goutte d’Or sous le prétexte de réhabiliter ce quartier populaire plus vieux qu’elle – a détruit plus d’immeubles qu’il n’était prévu et nécessaire, « beaucoup plus » dit même la Commission du Vieux Paris qui s’en est émue dans le désert et dans un vœu du 15 septembre 2010 qui s’inquiète de « démolitions beaucoup plus nombreuses que ne le prévoyaient les plans initiaux ».

Or, ce trop plein de démolitions a entraîné un trop plein de vides, vides appelés prétentieusement « friches » ou familièrement« dents creuses », que la SEMAVIP maintient activement vides (photos ci-dessus) malgré la pénurie de logements évoquée pour camoufler l’inoccupation d’immeubles entiers (voir Envoyé spécial), ou dans lesquelles elle installe des squats verts, soi-disant jardins à leur tour squattés par de soi-disant jardiniers, vrais faux paysagistes et vrais fossoyeurs de l’âme du quartier qu’ils vilipendent haut et court en prétendant « faire société ».

Le square Bashung dans le viseur

Goutte verte bashing ?

Goutte verte bashing ?

D’ailleurs, la Goutte verte, association amirale de cette opération de dénaturation de la nature, sévissant principalement sur le site des anciennes plumasseries Loddé, récemment salué par la Cour d’appel de Paris, a décidé de jeter l’éponge. Renonçant enfin au paysagisme trash, elle se consacre désormais officiellement à la déco et au recyclage, comme le relate le site des utopies concrètes :

  • « 20 mars : Déco recyclage du jardin partagé la Goutte Verte. De 15h à 17h, les écolographes proposent un atelier pour enfants et adultes au jardin partagé 2 rue Cavé 75018 Paris ou à l’atelier des Xérographes (19 rue Cavé). »

Si la Goutte verte s’associe à l’Interloque dans la déco-recyclage, la Goutte d’Or et Château Rouge vont enfin trouver leur équilibre culturel, – à défaut de leur équilibre financier puisque ces deux organismes reçoivent au titre de la politique de la ville plus de subventions qu’il n’en faudrait à l’adjointe à la culture de Daniel Vaillant pour louer à l’année un pied à terre rue Boris Vian.

> Voir aussi : La SEMAVIP occupée par les mal-logés ou la contre-pub qui tue ; Envoyé spécial de France 2 sur « Le scandale des logements vides ».

> Sur les subventions de l’Interloque et de la Goutte verte au titre de la politique de la ville et des espaces verts, voir notre article « Libérer les quartiers en politique de la ville ».

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