Transports (suite)

La rue Boris Vian bientôt interdite aux véliplanchistes

Crédit Photo : pharedere.com

Crédit Photo : pharedere.com

On se demandait ici il y a dix jours ce que les Transports pouvaient bien avoir de qualités, au sens d’ès qualités, pour recevoir du Maire de Paris le mandat solennel de prendre soin de la rue Boris Vian, et plus largement de l’ensemble des rues Polonceau, Boris Vian, Charbonnière et Goutte d’Or, reflet du dramatique réaménagement de la Goutte d’Or Sud confié par la Municipalité (alors de droite) à l’architecte Gérard Thurnauer.

On l’a découvert au détour d’un commentaire pas content de la Mairie du 18e qui assure qu’elle  « n’a pas attendu Cavé Goutte d’Or pour se préoccuper de ce secteur ».

Rappel des faits : Le 25 janvier 2013, au moment précis où étaient publiées sur le blog et la page facebook de Cavé Goutte d’Or les lettres du Cabinet de Bertrand Delanoë informant la Cohérie Boris Vian de la prise en mains de la rue Boris Vian par la Mairie centrale (voir « Boris Vian et moi émoi »), la page facebook de la Mairie du 18e mettait en ligne la bande annonce du film « L’écume des jours », en salles en avril prochain.

Le télescopage ne devait pas échapper à notre blogmaster qui s’interrogerait naturellement sur l’intérêt inégal que la Mairie du 18e (entre-temps passée à gauche) portait à Boris Vian selon qu’il s’agissait d’annoncer la sortie prochaine du film de Michel Gondry (en se congratulant au passage sur le fait que le cinéaste était du 18e*), ou de maintenir la rue Boris Vian dans l’état d’abandon dans lequel elle se trouve depuis plusieurs années (bien qu’elle aussi du 18e tout comme Boris Vian lui-même qui habita près de la station Anvers puis à la Cité Véron, près de Pigalle sur le boulevard de Clichy).

Face à face facebook

  • De Cavé Goutte d’Or à Mairie Dix-Huit Paris le 29 janvier : « Vous savez que la rue Boris Vian est sur votre territoire, qu’elle est à l’abandon et que vous pouvez j’aimer la page facebook RUE BORIS VIAN avant de suggérer, en vos murs, de la faire réhabiliter ? »
  • De Mairie Dix-Huit Paris à Cavé Goutte d’Or le 30 janvier : « La municipalité n’a pas attendu Cavé Goutte d’Or pour se préoccuper de ce secteur. Ce n’est pas uniquement la rue piétonne Boris Vian qui nécessite d’être repensée mais aussi la partie sous arcades de la rue de la Goutte d’Or. Dans le cadre du projet ‘Goutte d’Or quartier zone 30’, une étude urbaine a été demandée pour réaménager ces deux rues. Une réunion publique de présentation de ce projet ‘zone 30’ sera organisée en mars ».

Une nouvelle zone
pour la Goutte d’Or

Photo CGO, 2013.

Photo CGO, 2013.

Projet Zone 30 ? Kézako ? Après la ZUS (Zone urbaine sensible) installée dans le quartier par Lionel Jospin et Jacques Chirac en 1984 et demeurée depuis, la ZSP (Zone de sécurité prioritaire) imaginée par Manuel Valls cet été pour transformer la ZUS en ZUSP (Zone urbaine sensible permanente), voilà donc une nouvelle zone au secours de la Goutte d’Or : une ZT pour « zone trente », ou Z 3.0 pour annoncer la Goutte d’Or du futur à la façon dont World Wide Web invente des buzzwords et autres néologismes, ou encore, plus audacieuse : « Zone années 30 » destinée à montrer que la municipalité, encline à penser que l’histoire du quartier a commencé avec les opérations de prétendue réhabilitation qu’elle a récupérées de la droite et prolongées docilement depuis, s’intéresserait soudain aux traces de l’architecture art déco dans la Goutte d’Or (notamment rue Léon en général, 20 rue Léon en particulier, café de l’Olympic, rue Laghouat, rue Doudeauville, rue Cavé,…).

Non hélas, ni art déco ni rien de culturel dans tout cela : le « projet zone 30 » définit la vitesse de circulation des automobiles et explique sans doute le pourquoi de tant de soudains transports autour de la rue Boris Vian. Révélé par Le Monde en octobre dernier, le projet a pour souci la pollution de Paris et évoque en effet « la mise en place de nouvelles ‘zones 30’, notamment à la Goutte d’Or dans le 18e arrondissement ».

Une party sous arcades en zone 30

Les Arcades Thurnauer rue de la Goutte d'Or (CGO janvier 2013).

Rue de la Goutte d’Or (CGO janvier 2013).

Ce que la Mairie du 18e appelle « la partie sous arcades de la rue de la Goutte d’Or » est visible sur la photo ci-contre, prise le 27 janvier 2013 par Cavé Goutte d’Or avec l’autorisation d’Amara dont l’association s’occupe de la retraite perdue. Né en 1946 au Mali, ancien employé de la Mairie de Paris, Amara est le doyen des douze sans abris qui occupent actuellement l’angle des rues Boris Vian et de la Goutte d’Or. De toute évidence, la Mairie du 18e, la Préfecture et le Commissariat qui jouxte le campement d’Amara et ses amis, lui ont consenti un bail précaire.

Et si le bail précaire dure jusqu’au au printemps prochain, la Mairie pourra se glorifier d’en avoir diminuer la pollution grâce à la vitesse limitée des automobiles. Au lieu de les enjamber comme actuellement, les clients du Franprix voisin pourront contourner Amara et ses amis sans risquer de se faire écraser par les voitures roulant trop vite et, de leurs voitures, les automobilistes pourront jeter quelques centimes d’euros de leurs fenêtres.

* Entretien Michel Gondry / Paris-Louxor du 4 avril 2011.
* Bande annonce de L’écume des jours.
* Page Rue Boris Vian à j’aimer.

Rue Boris Vian :
Un bon papier dans
 Le 18e du mois

bandeau 18eduMoisDans le numéro de février du 18e du mois actuellement en kiosques, Dominique Delpirou rend compte de la démarche de la Cohérie Boris Vian auprès de la Mairie de Paris. Contextes et objectifs sont parfaitement relatés dans un article qui rappelle l’accord de la famille avec le projet de rue Boris Vian au début des années 1990, la lettre à Bertrand Delanoë par laquelle Nicole Bertolt constate que l’état actuel de la rue « porte atteinte à la dignité des habitants et à l’image de l’écrivain », le projet de la faire nettoyer par une association de réinsertion du quartier. Ouvrant sur le droit moral des héritiers au respect du nom de Boris Vian, et le risque de voir ainsi la rue débaptisée, l’article se clôt sur un constat positif : « L’assurance (donnée par la Mairie de Paris) que ce dossier serait suivi avec toute l’attention nécessaire », et conclut sur une note d’espoir : « La Goutte d’Or n’a peut-être pas encore perdu sa rue Boris Vian ».

Nous ne ferons pas au 18e du mois ce que la Mairie du 18e a fait au Parisien du 29 janvier 2013 (voir notre billet du 30 dans la page Humeur) : bousiller sa lecture in situ en publiant intégralement l’article ex situ. Le 18e du mois est en kiosque et nous invitons nos lecteurs à l’acquérir. Parmi les dossiers à la une en février 2013 : Les emplois des 35 salariés de Virgin Barbès / Le vote des étrangers dans le 18e / Le théâtre du Lavoir Moderne Parisien entre présent et avenir.

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