Limogeage

Un Saint Bernard pour Daniel Canepa ?

Le préfet n'était pourtant pas sans papiers (Photo Le Monde).

Le préfet n’était pourtant pas sans papiers (Photo Le Monde).

L’encre n’était pas encore sèche. Le préfet d’Île-de-France Daniel Canepa venait de signer l’arrêté portant inscription de l’église Saint-Bernard au titre des monuments historiques, Cavé Goutte d’Or venait de l’annoncer et s’apprêtait à boire un verre à la santé de cet arrêté quand soudain…

… quand soudain, le matin même de ce 19 décembre 2012, jour de la Saint Urbain choisi par Cavé Goutte d’Or pour faire, au Café de l’Olympic, le bilan d’une année de travail (dont l’inscription de l’église Saint-Bernard au titre des monuments historiques serait légitimement à l’honneur), le préfet Daniel Canepa était démis de ses fonctions.

« Un limogeage sans gants », titre Libération en ligne le 22 décembre au soir. Selon nos agents au ministère de l’Intérieur, la décision n’aurait rien à voir avec l’arrêté donnant un monument historique au quartier de la Goutte d’Or ; même si, en hauts lieux, on aimerait bien que la Goutte d’Or demeure un quartier sans histoire(s), de façon à mieux pouvoir se glorifier de sa métamorphose actuelle, qui s’applique à ignorer la naissance et la vie de ces villages et anciens faubourgs de Paris dans les années 1800-1860 .

D’un Grand Paris à l’autre

Photo L'Express

Photo L’Express

En réalité, ce serait le Grand Paris d’aujourd’hui qui aurait coûté à Daniel Canepa sa place de préfet d’Île-de-France. Sans entrer dans le jeu politique des carrières préfectorales (à ne pas confondre avec les carrières de la SEMAVIP et des maires d’arrondissements), on apprend que le préfet Canepa s’inquiétait d’être évincé des travaux sur le Grand Paris, dont Libération rappelle qu’il en est un artisan depuis 2008 et peut se prévaloir d’un « bilan reconnu » sur ce dossier que la gauche et la droite soutiennent : « Il a accompagné les ministres successifs pour arriver à l’accord qui créait le réseau de métro automatique du Grand Paris Express. Il a amené les élus locaux à contractualiser avec l’État dans les contrats de développement territorial et poussé à l’émergence de vastes intercommunalités, dans une région arriérée sur ce point », explique Libération.

À cet égard, un lien peut être fait avec notre propos : l’église Saint-Bernard-de-la-Chapelle, dont l’inscription au titre des monuments historiques aura été un des derniers actes signés par le préfet Canepa, sommé de quitter son appartement de fonction le 1er janvier 2013 au soir, explique-t-il au JDD, est elle-même une trace du premier Grand Paris, celui du 1er janvier 1860, date à laquelle entrait en vigueur la loi du 16 juin 1859 portant sur l’extension des limites du Paris d’alors.

La construction de l’église fut en effet entamée dans la commune de La Chapelle en août 1858 et l’édifice fut consacré à Paris en octobre 1861 (voir pour mémoire).

La signature du préfet sur les plans joints à l'arrêté.

La signature du préfet sur les plans joints à l’arrêté.

Publicités
Cet article, publié dans Articles, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s