83bis (suite)

Le Verbatim du Conseil d’arrondissement

phdegEn complément aux articles déjà publiés sur le 83bis rue Philippe de Girard suite aux deux débats que la campagne de Paris Historique et Cavé Goutte d’Or pour cet immeuble a suscités, le 3 décembre au Conseil d’arrondissement et le 11 décembre au Conseil de Paris (voir sur le blog nos billets des 8 décembre et 12 décembre respectivement), les lecteurs peuvent aujourd’hui prendre connaissance de l’échange complet au Conseil du 18e arrondissement sur la vidéo de la délibération relative à cet immeuble : lien.

Le 83bis est sauvable

bournazelÀ la question de Pierre-Yves Bournazel (photo ci-contre) sur le pourquoi et le comment d’une décision qui voudrait démolir le 83bis rue Philippe de Girard à l’encontre de pareilles mises en garde de l’architecte des Bâtiments de France et de la Commission du Vieux Paris, l’adjoint au maire chargé du Logement et de l’Urbanisme Michel Neyreneuf (photo ci-dessous) répond d’abord, comme déjà indiqué brièvement ici : « On moyenne, tantôt on fait l’effort, tantôt on va dans l’autre sens ».

neyreneufMais il approfondit ensuite son message en prenant pour exemple l’immeuble voisin et mitoyen du 83 rue Philippe de Girard, qu’il qualifie d’« assez similaire » et dont la façade a été conservée. Il présente cette réhabilitation pastiche comme « une réponse à un vœu qui existait aussi de la CVP, voire de l’ABF ».

Or non : aucun vœu , ni de la CVP ni de l’ABF ne souhaitait la protection du 83 quand au contraire, deux vœux de la CVP et un avis très ferme de l’ABF demandent la protection du 83bis. Il y a là le premier signe d’une évolution possible vers le maintien du 83bis : ce qu’on a pu faire pour le 83 sans que les instances patrimoniales le demandent, on peut le faire pour le 83bis puisque les instances patrimoniales le demandent !

Si jamais !

Le deuxième élément de la présentation de M. Neyreneuf est encore plus positif : une fois reconnu que le bâtiment concerné était digne d’attention et que ce n’était qu’une malheureuse « moyenne » qui voudrait que « tantôt on fait l’effort, tantôt on va dans l’autre sens », l’adjoint au maire ouvre la perspective de la conservation du 83bis par un puissant « si jamais » : « Si jamais on devait faire dans le bâtiment actuel, rénové, l’expérience qu’on veut faire là avec l’AFEV, on n’arriverait même pas à la moitié de logements, même pas ».

Cette observation peut conduire au maintien du 83bis rue Philippe de Girard dont, manifestement, la « démolition dommageable » signalée par l’ABF n’est pas une fatalité :

  • d’une part, en effet, l’expression « si jamais on devait » dans la bouche du maire adjoint chargé du projet, chargé de sa présentation devant le Conseil, dit combien le projet est encore à l’état de projet et peut être revu ;
  • d’autre part, le dommage du maintien de l’immeuble est naturellement moindre, en terme de perte de trente-et-une chambres d’étudiants sur soixante-deux, que le dommage de sa disparition en termes historique, architectural, et patrimonial ;
  • guillotcela d’autant que l’exposé préliminaire de M. Didier Guillot (photo ci-contre), adjoint au maire chargé de la vie étudiante, signale un excédent de logements étudiants dans le 18e Est (« en zone politique de la ville », dit-il) ce qui valide à l’avance un accord pour une diminution de moitié du projet ;
  • enfin, il est affirmé par MM. Guillot et Neyreneuf que la Municipalité veut ici « faire une expérience » – « l’expérience qu’on veut faire là avec l’AFEV » : de cinq de ces prototypes de chambres d’étudiants contre accompagnement au devoir des élèves présumés défavorisés du 18e Est, on passerait d’un seul coup d’un seul à soixante-deux, sans que la délibération (déjà incomplète sur la valeur de l’immeuble à démolir puisqu’elle le prétend «sans intérêt architectural ») ne communique le bilan de l’opération engagée : on peut dont se contenter de trente-et-une chambres ; avec les cinq déjà en place, cela fera trente-six, chiffre symbolique de l’hyperbole comme la fille du blogmaster le lui a dit déjà trente-six mille fois !

Souvent citée dans les textes que nous reproduisons ici comme partenaire ou bénéficiaire du projet, l’AFEV est l’Association de la Fondation étudiante pour la Ville et se présente sur son site comme « le premier réseau d’étudiants solidaires intervenant dans les quartiers populaires ».

*

Vous pouvez soutenir la campagne pour le 83bis rue Philippe de Girard. Merci!

Publicités
Cet article, publié dans Articles, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s