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La Palestine grille la politesse à la Rue Boris Vian

L’Autorité palestinienne a choisi ce 29 novembre 2012, date anniversaire de la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU adoptant le plan de partage de la Palestine de 1947 entre « un État juif et un État arabe » selon la terminologie de l’époque pour rejoindre le Vatican sur le banc des « États non membres de l’ONU ».

Statut ambivalent, très air du temps néanmoins et lié entre autres à l’histoire d’une résolution longtemps rejetée, mais qui inspire le blogmaster, ne serait-ce que pour le calendrier et le choix d’agir en fonction des dates historiques, au moment où il doit rendre compte, à J-1, de la lutte menée par la Rue Boris Vian pour la reconnaissance municipale de son statut de rue à part entière.

30 novembre 1992

Il y aura vingt ans demain, en effet, que la Ville de Paris – qui avait voté, dix ans plus tôt, le plan de partage de la Goutte d’Or entre Goutte d’Or Sud et Château Rouge – a décidé de donner le nom de Boris Vian à un morceau de réhabilitation du quartier ravagé à la tronçonneuse. « À l’époque, la Cohérie Boris Vian s’était montrée très enthousiaste à l’idée que la nouvelle rue de ce quartier en plein renouveau et dans lequel il résidait porte le nom de Boris Vian », peut-on lire aujourd’hui sur le blog de la Cohérie. Mais « force est de constater qu’à l’heure actuelle, cet enchevêtrement d’escaliers déjà fort délabré et insalubre porte atteinte à la dignité de ses habitants et à l’image de Boris Vian ».

Ce constat, Nicole Bertolt, représentante du fils et de la première épouse de Boris Vian, également directrice de la Fond’action Boris Vian, le fait également dans une lettre adressée le 28 novembre 2012 au Maire de Paris et à son adjoint à la Culture, Messieurs Bertrand Delanoë et Bruno Julliard.

Au nom de la Cohérie Boris Vian, Madame Bertolt écrit en effet qu’elle a « souhaité (se) joindre aux associations et habitants du quartier de la Goutte d’Or qui demandent la réhabilitation et l’entretien de la rue Boris Vian ». Elle demande que « la Ville prenne la mesure de l’atteinte portée au nom et à la mémoire de Boris Vian et confie à un architecte paysagiste l’aménagement de cet espace », précisant que, dans sa partie sud, cet espace « constitue une entrée majeure dans la Goutte d’Or sur une place en croix de St André architecturalement remarquée, sur laquelle ont récemment été construites une bibliothèque municipale et la Salle de musique Fleury-Barbara ».

On ajoute que, dans sa partie nord, la rue Boris Vian conduit à l’église St Bernard, monument historique inscrit depuis peu au patrimoine, avec laquelle elle est en co-visibilité directe. Autant d’éléments qui plaident pour la réhabilitation de cet espace aujourd’hui ingrat mais sans doute appelé à devenir un haut lieu de culture, s’inspirant – pourquoi pas ? – de la célèbre rue Watt d’antan, à laquelle Boris Vian avait consacré une chanson, interprétée notamment par Philippe Clay.

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La fête à Boris

Madame Bertolt prend d’ailleurs date pour l’avenir et propose au Maire de Paris de « nous fixer le 2 mai prochain, fête des Boris, pour ré-inaugurer la rue Boris Vian dans un contexte culturel qui sera alors très riche, coïncidant avec la sortie en salles du film L’écume des jours de Michel Gondry ». Dès samedi 1er décembre 2012, le blog de Cavé Goutte d’Or remet donc son compteur à zéro pour suivre les quelque 150 jours qui nous sépareront du 2 mai 2013.

Entre-temps, et encore dans le décompte précédant le 20e anniversaire de l’arrêté municipal qui souhaitait honorer Boris Vian le 30 novembre 1992, le blog annonce avec plaisir que l’association La Table ouverte, très active sur le quartier, a rejoint Cavé Goutte d’Or dans son combat et présenté au Conseil de Quartier un budget de travail pour nettoyer la rue, ses parties carrelées et soubassements, les marches d’escalier, cela sans toucher bien sûr aux parties du complexe immobilier dans lequel a pris place la rue Boris Vian, complexe dont l’entretien incombe probablement à Paris Habitat.

Selon Rachid Arar, fondateur et médiateur de La Table ouverte, il peut y avoir là une opportunité de « coup double » : présentés en effet « dans le cadre de ses ateliers de socialisation et d’intégration des jeunes du quartiers dans les actions de sensibilisation à l’environnement », la prestation donnerait aux jeunes gens qui l’effectueraient le sentiment de participer à cet environnement et la légitimité d’exiger des habitants son respect et des autorités son entretien.

> Vous pouvez suivre et aimer la page Rue Boris Vian et le compte facebook de Cavé Goute d’Or.
> Le Journal du Dimanche en ligne publie ce 29 novembre 2012 un entretien avec Nicole Bertolt et la lettre de la Cohérie Boris Vian à la Mairie de Paris.

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Actualité Boris Vian

L’enfance et l’adolescence de Boris Vian sont mises à l’honneur en cet automne 2012. Une grande exposition a lieu au Manoir du Tourp, dans le Cotentin, du 6 octobre au 23 décembre 2012. En parallèle, le catalogue de l’exposition parait le 20 septembre au Cherche-Midi. Informations détaillées sur le blog de la Cohérie Boris Vian.

Nicole Bertolt signera son ouvrage durant la 26e Journée du Livre de la Mairie du 17e arrt de Paris le samedi 8 décembre 2012 de 14h à 19h. Contact Mairie du 17. Éditions Cherche Midi.

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