Poteaux bohèmes

Trop d’interdit tue l’interdit

Les ateliers de la maison Cocobohème, accueillis cette année avec joie dans un pied d’immeuble sur le carrefour des rues de Jessaint/Pierre L’Ermite/Polonceau/Goutte d’Or se trouvent comme cernés en osmose (ou en plagiat) par ce que notre amical correspondant appelle joliment des « poteaux bohèmes » qui viennent, sinon faire ombrage au logo de la marque, du moins le rendre comme démultiplié à l’infini de l’interdit.

Comme on peut le lire sur son site internet, « Cocobohème aime jouer avec les contrastes et les mises en opposition en tout genre ». Soit, mais on lui souhaite de sortir très vite de cette forêt d’interdits pour ne demeurer bientôt que l’arbre qui cache la Goutte d’Or, avec un accès parfaitement autorisé à l’église Saint Bernard qu’on distingue sur la première photo ci-dessus et au quartier désormais doublement protégé par une Zone de sécurité prioritaire (ZSP 1) et une Zone de sécurité patrimoniale (ZSP 2), – ce qui est sans compter les prochaines Zone sûre de pataphysique (ZSP 3) autour de la Nouvelle rue Boris Vian et Zone suspecte de pataquès (ZSP 4) autour du projet d’Institut des Cultures d’Islam dont le mensuel le 18e du mois actuellement en kiosque (novembre 2012) nous annonce qu’il peine à mettre en œuvre le montage, il est vrai très laborieux, imaginé pour mener de front deux axes à la fois culturels et cultuels en deux endroits qui se révèlent être deux entrées de la Goutte d’Or, l’entrée Barbès/Poissonniers/Polonceau au sud-ouest et l’entrée Stephenson/Doudeauville au nord-est.

Serpent de maire

Le blog reviendra prochainement sur le dilemme posé par le projet du maire du 18e arrondissement de résoudre la question des prières dans la rue au regard de la loi de 1905 par la création de deux pôles cultuo-culturels, culturo-cultuels dans son quartier, et aux difficultés rencontrées pas son administration pour mener à bien cette entreprise, d’ailleurs étrangement présentée ici par son seul adjoint au Logement et à l’Urbanisme, à nouveau source unique du 18e du mois pour son enquête sur les « Futures mosquées » que la Ville chercherait à vendre puisque aussi bien, à en croire le mensuel de la rue Marcadet, elle «court après un acheteur».

Le 18e du mois, novembre 2012, p. 7.

S’il est vrai qu’il n’y a, à notre connaissance, pas d’adjoint aux Cultes à la Mairie du 18e, le maire assumant sans doute lui-même la fonction assumée au plan national par le ministre de l’Intérieur, il y en a une à la Culture et les conseillers ou adjoints aux Affaires sociales, à la Lutte contre les discrimi-nations, à l’Accès aux droits, ou encore aux Services publics pourraient aussi bien soutenir le projet et débattre de son éventuelle efficacité que l’adjoint au Logement et à l’Urbanisme, délégations dont on peine à trouver le lien avec le culte et la culture. Si l’AMO (Association des Musulmans de l’Ouverture), que nous avons rencontrée cet été pour libérer le « Super Potager Productif » (voir sur le blog), n’a « pas un sous » pour assumer le rôle qui lui est dévolu dans le montage de la Mairie, comme le « déplore » l’adjoint à l’Urbanisme et au Logement, la question pourrait interpeller aussi les autres secteurs de l’administration municipale.  À suivre donc.

7 rue Myrha. Danger, chat méchant (Photo CGO 15 novembre 2012).

Pieds d’immeubles

Pour en rester ici aux pieds d’immeubles dont les poteaux bohèmes de réhabilitation cassent la perspective des vitrines, Cavé Goutte d’Or a révélé récemment l’existence d’une injonction de la SEMAVIP à ne pas construire de commerces en pieds d’immeubles dans Château Rouge au motif que le commerce était déjà assez important dans ce quartier, ce qui indique le degré de connaissance qu’on en a dans les sphères dirigeantes des promoteurs immobiliers qui le saccagent en parfaite contravention avec la Convention publique d’aménagement leur confiant la mission de réhabilitation, nullement de destruction, de ce secteur défavorisé et enfermé par ce qu’il est convenu d’appeler « la politique de la ville ».

« L’aménageur ne souhaite pas encourager le commerce déjà trop présent… ».

Appréciation à méditer au son des marteaux piqueurs qui démolissent actuellement la célèbre boulangerie de l’angle des 7 rue Myrha et 32 rue Affre : « En pieds d’immeubles, l’aménageur ne souhaite pas encourager le commerce déjà trop présent sur le secteur, mais plutôt favoriser les activités artistiques, artisanales et de service ».

«… mais plutôt favoriser les activités artistiques, artisanales…»

Citations extraites des Recommandations urbaines, architecturales et paysagères, SEMAVIP, Coordination urbaine et Conseil Treuttel Garcias Treuttel, mars 1999, page 10.

«… et de service ». (Photos du 7 Myrha/32 Affre – CGO 20 novembre 2012)

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Un commentaire pour Poteaux bohèmes

  1. La maison de dagh dit :

    Si enjeux de pouvoir existent entre les communautés musulmanes, certains bien haut placés ont l’art de les cultiver et de les péréniser. Beaucoup de questions sans réponse quant à ce projet plus financier que culturel ou « cultuel ».
    Bien à vous.

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