Protection du 5 rue Myrha

Y a pas écrit pigeon

5 rue Myrha – Pigeon indécis sur filet improbable (DR, juin 2012).

Les pigeons adorent la SEMAVIP, à moins que ce ne soit l’inverse : la SEMAVIP adore les pigeons.

La société d’économie mixte de la Ville de Paris qui démolit la Goutte d’Or en contradiction avec la Convention publique d’aménagement du 11 juin 2002 qui l’unit à la Ville de Paris laisse en effet délibérément les pigeons anéantir les biens qu’elle est censée protéger en vue de réhabilitation, comme c’était le cas hier du 25 rue Stephenson et du 24 rue Cavé, comme c’est le cas aujourd’hui encore du 5 rue Myrha.

25 rue Stephenson (2010).

Les reporters de Cavé Goutte d’Or ont inlassablement traqué les amours entre la SEMAVIP et les pigeons (photo ci-contre et ci-dessous) mais, cette fois-ci, c’est le pigeon qui, reprenant une publicité de La Poste, semble dire au passant : « Y a pas écrit SEMAVIP ici ».

Filet de façade

De fait, inquiète peut-être devant la rumeur d’une vigilance des autorités étatiques pour la protection du 5 rue Myrha – bâtiment déjà reconnu digne d’attention par la Commission du Vieux Paris qui l’a désigné comme « un bâtiment d’époque Louis-Philippe parmi les plus anciens et les plus remarquables de ce quartier, dont la façade de plâtre moulurée est dans un très bon état de conservation », par l’architecte des bâtiments de France qui a souligné « la qualité de la façade et le dommage qui résulterait (de sa démolition) » et par l’un des architectes coordinateurs de Château Rouge qui a jugé que cette façade était « la plus belle du quartier » -, la SEMAVIP a jeté tout récemment un filet sur la façade rue, au demeurant déjà endommagée depuis qu’elle s’affaire dans les locaux vides du 7 rue Myrha. 

24 rue Cavé (GC, août 2011).

On se souvient que le 7 rue Myrha (voir notre page Recours) est le bâtiment qui fait angle avec la rue Affre dont il porte aussi le numéro 32, et qui a valu à la SEMAVIP une sérieuse réprimande de la part de la Ville elle-même qui, dans ses conclusions du 7 mai 2012 devant le Tribunal administratif de Paris, a indiqué que la SEMAVIP avait bel et bien menti sur le sous-sol de la Goutte qu’elle disait « fragilisé par la présence de nombreuses carrières » alors que nenni : le sous-sol de l’îlot Myrha/Affre – Stephenson/Cavé est au contraire exempt de toute trace d’anciennes carrières (voir sur le blog : « La Ville reconnaît que la SEMAVIP a menti sur les carrières de la Goutte d’Or »).   

5 rue Myrha – La SEMAVIP au filet (DR, juin 2012).

Du coup, Madame Belin, toujous directrice générale de la SEMAVIP, protège la sienne, de carrière, en entourant le 5 rue Myrha d’un filet anti-pigeons. Car, s’il est évident et désormais reconnu par la Ville elle-même que les immeubles que la SEMAVIP veut démolir ne sont pas situés en zones de carrières comme elle le prétend, il est aussi évident que laisser les pigeons entrer dans les immeubles désafectés est le meilleur moyen de voir ces immeubles se dégrader et être ensuite plus facilement voués à la démolition.

Le filet est cousu de fil blanc, d’autant que la SEMAVIP a laissé la toiture et la façade cour libres d’accès à ses volatiles amis. À suivre.

 

Pigeon sans domicile connu cherchant son courrier dans les décombres du 25 Stephenson (GC, août 2011).

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