La réponse qui fait Pschitt !

Delanoë charge la SEMAVIP de répondre à Sylvain Garel…

Au moment de mettre en ligne l’entretien entre Sylvain Garel et Cavé Goutte d’Or (voir notre article : « Démocratie municipale et urbanisme parisien »), la réponse de la Ville tombe. Elle corrobore l’état de fiction mis en lumière par M. Garel et il semble bien que ce ne soit pas (pas même dans le titre) le maire de Paris qui réponde au conseiller de Paris, mais des juristes appliqués à recopier la défense de la SEMAVIP déjà soutenue par les services de l’Urbanisme aux différents stades du processus d’autorisation, de contestation et de recours.

Erreur sur la personne

Or, Sylvain Garel n’est pas un riverain du 25 rue Stephenson requérant contre un permis de démolir, et le Conseil de Paris n’est pas le Tribunal administratif de Paris. Sylvain Garel ne s’oppose pas juridiquement au permis de démolir le 25 rue Stephenson, mais il pose politiquement au maire de Paris de sérieuses questions sur le fonctionnement de la SEMAVIP et l’éventuelle violation, par elle, de la Convention publique d’aménagement qui veut que la Ville soit consultée en matière de démolitions, notamment lorsque celles-ci sont pointées du doigt par la Commission du Vieux Paris qui les estime « beaucoup plus nombreuses que ne le prévoyait (la CPA) » et demande en conséquence « un bilan d’étape urgent ».

À force de tout faire passer par l’Urbanisme, le débat qu’est censé ouvrir une question écrite d’un conseiller de Paris au maire de Paris vient se briser sur les pelleteuses de la SEMAVIP. La réponse du maire, qui ne voulait pas répondre, ressemble à un corrigé d’instituteur d’urbanisme.

Le texte de la réponse

La SEMAVIP recouvre le tag

Observations sommaires de Cavé Goutte d’Or

Dans le copié/collé fait à partir des écritures en défense de la Ville et de la SEMAVIP dans le dossier du 25 rue Stephenson, la réponse de la mairie va jusqu’à reprocher à Sylvain Garel d’invoquer la Convention publique d’aménagement du 11 juin 2002 qui lie la Ville à la SEMAVIP : « Sur le plan du droit, il n’est pas inutile de rappeler que les conventions d’aménagement n’entrent pas dans les dispositions législatives ou réglementaires sanctionnées par le permis de démolir au titre de l’article (x/y) …», explique doctement le juriste urbaniste – sinon très urbain – au conseiller de Paris, quand justement le conseiller de Paris (qui n’est pas l’autorité qui donne le permis, ni celle qui contrôle la légalité dudit permis) est particulièrement habilité à s’inquiéter, en revanche, du respect de la convention publique d’aménagement. N’est-il pas, contrairement au riverain lambda, l’un des rouages de «la Ville»?

Cette convention donne en effet des droits à la Ville et à la SEMAVIP, au besoin (en cas de litige) à l’un contre l’autre. Ainsi en est-il du droit de décider entre réhabilitation et démolition, que la Ville s’est expressément réservé à l’article 2-d de cette convention.

Retour de carrières

Les rédacteurs de ce document vont jusqu’à réinventer les carrières qui ont gâché les vacances de Marie-Anne Belin, directrice générale de la SEMAVIP, convaincue de mensonges lorsqu’elle a invoqué, à deux reprises en tout cas, « la présence de nombreuses carrières » sous le champ de bataille où opèrent actuellement la SEMAVIP et les démolisseurs GENIER DEFORGE, arguant de la prétendue « fragilité du sous-sol » pour pouvoir démolir plus que ne le prévoient les textes et avenants.

Ces carrières sont absolument inexistantes, de sources sûres et officielles comme les plans et atlas de l’Inspection générale des carrières, mais aussi de sources expertes comme le diagnostic géotechnique GINGER produit par Cavé Goutte d’Or, dont les conclusions sur ce point sont naturellement corroborées par ATHIS, le bureau d’études de la SEMAVIP, et par Thierry PASCO, expert du référé préventif avant démolition.

Mais la mairie tente désespérément de repêcher MAM de l’ornière : « Les auteurs de la question contestent les indications de la SEMAVIP selon lesquelles l’immeuble est localisé sur de nombreuses carrières, alors qu’il est, selon eux, en dehors des zones de carrières connues ».    

C’est selon

La SEMAVIP n’aurait menti que selon, et les anciennes carrières ne seraient plus là que selon, dit en substance la réponse de la Ville destinée à être publiée dans le très sérieux Bulletin municipal officiel ; l’absence absolue d’anciennes carrières, confirmée par les renseignements d’urbanisme, devient, par la grâce d’une plume de l’Urbanisme parisien, « l’absence hypothétique d’anciennes carrières sous (le 25 rue Stephenson) ».

En dépit des mensonges avérés de la SEMAVIP dans ses demandes de permis d’urbanisme, mensonges reconnus jusque dans ses rangs puisque carrières nenni, dit ATHIS ; en dépit des démolitions frénétiques de la Goutte d’Or contre la demande d’un « bilan d’étape urgent » par la Commission du Vieux Paris, la Ville défend la SEMAVIP.

Après le piètre exercice de la question écrite et de sa réponse, qui forment néanmoins deux solides analyseurs de l’étude en cours, Cavé Goutte d’Or s’engage dans l’examen fouillé du système qui se révèle au fur et à mesure des interventions rapportées dans le cadre des démolitions de la Goutte d’Or. Ce système est assurément d’ordre politique et juridique. Au tour des administrés de déconstruire

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