Jacques Bravo : Lost in transmission

Les lecteurs de Cavé Goutte d’Or se souviennent de la rencontre inopinée d’un membre du collectif avec Jacques Bravo, maire du 9e arrondissement, et Bertrand Delanoë, rue des Martyres, le 10 juillet 2011, de la tentative du représentant du collectif de rappeler alors au Maire de Paris le 25 rue Stephenson et, faute d’y être parvenu, de faire passer ensuite, par le Maire du 9e, l’appel du 7 juillet 2011 destiné au Maire de Paris (voir : Bravo à la Mairie du 9e !, 31 juillet 2011).

Après plusieurs tentatives du collectif de suivre la transmission, tant auprès du secrétariat de M. Bravo qu’auprès de celui de M. Delanoë, Jacques Bravo a écrit un mot à l’ambassadeur de Cavé Goutte d’Or en lui disant, le 2 août 2011, qu’il transmettait le dossier destiné à M. Delanoë. Mais qu’il le transmettait… à Anne Hidalgo !

Retard et détournement de courrier

Il n’y a pas écrit « La Poste » sur le front de M. Bravo et l’ambassadeur de Cavé Goutte d’Or qui le priait très courtoisement de transmettre le message n’aurait pas eu celui de le penser. Il demeure que la diligence de M. Bravo est doublement contestable. D’abord, entre le 13 juillet et le 2 août, quelques pans de murs de l’immeuble sont tombés sous les coups des démolisseurs, même si les trois étages inférieurs, objet de l’appel à M. Delanoë, sont toujours debout.

Ensuite, un pli à M. Delanoë n’est pas un pli à Mme Hidalgo, d’autant que la première adjointe au Maire de Paris est précisément chargée de l’Urbanisme, – qui est précisément l’obstacle à toute communication sur le dossier du 25 rue Stephenson.

Tout vient de l’Urbanisme, tout y ramène. Les lecteurs de Cavé Goutte d’Or se souviennent que le responsable de la zone dont dépend le secteur Château Rouge pour ses demandes d’urbanisme, M. Pascal Tassery en 2010, participait à la réunion du prétendu « Comité technique décisionnel » qui prétendait décider, en effet, de la démolition avant que la demande de permis n’aboutisse dans ses services en vue d’une décision (la seule qui compte) d’autorisation. Et le cheminement observé de toutes les demandes formulées dans ce dossier à l’Administration par les administrés et les élus retournent à l’Urbanisme.

Le système est bien rôdé puisque, donc, le Maire du 9e arrondissement lui-même contourne M. Delanoë pour donner à Mme Hidalgo le dossier qu’elle pourra ainsi bloquer. Non sans être inconsciemment au fait du stratagème puisque, une fois le Maire de Paris contourné par celui du 9e, celui-ci salue le membre de Cavé Goutte d’Or d’un « Monsieur le Maire » décidément refoulé.

Le pot de fer est découvert

Pauvre Mme Hidalgo, elle qui n’a répondu jusqu’ici à aucun des courriers du Collectif Cavé Goutte d’Or depuis février 2011 ; elle qui a snobé jusqu’au 18 juillet 2011 les courriers des Conseillers de Paris, y compris de ses rangs politiques, qui ont sollicité son attention sur le 25 rue Stephenson depuis la mi-mars 2011 ; elle qui n’a transmis en effet que le 18 juillet à Mme Borne, directrice de l’Urbanisme au Secrétariat général de la Mairie de Paris, le rapport d’expertise géologique GINGER qu’elle avait gardé sur son bureau pendant deux mois, rapport dont le Conseiller de Paris qui le lui avait adressé le 20 mai avait souligné l’urgence en n’évoquant rien moins que le devoir de précaution et l’éventualité d’un retrait du permis.

Là voilà aujourd’hui avec un appel au Maire de Paris dont elle ne saura que faire. Sauf à le transmettre à Mme Marie-Anne Belin, directrice générale de la SEMAVIP, à qui elle vient de transmettre, justement, le rapport GINGER sur l’absence de carrières et le risque de démolition.

Comme la directrice de l’Urbanisme, et en même temps qu’elle – pas de jalouses ! -, Mme Belin recevrait en effet de Mme Hidalgo le même courrier copié-collé lui transmettant le rapport GINGER « afin qu’il soit examiné, notamment dans le cadre du contentieux en cours sur le permis de démolir ».

« Bien à toi, ô contentieux en cours ! »

La logique est imparable : pendant que Mme Belin démolit la Goutte d’Or, à l’encontre des appels pressants de la Commission du Vieux Paris qui dénonce depuis un an « des démolitions beaucoup plus nombreuses que ne le prévoyaient les plans initiaux » (donc la Convention d’aménagement qui lie la Ville à la SEMAVIP), la première adjointe au maire de Paris (lui-même signataire de cette convention et de ces plans initiaux) lui fait transmettre par son Directeur de Cabinet, les courriers qu’elle reçoit des Conseillers de Paris s’inquiétant des agissements de la SEMAVIP, tout ça avec plein de bisous.

La boucle est bouclée. Pourquoi donc ne pas demander, dans la foulée, à Mme Belin de rédiger la réponse à l’appel au Maire de Paris, avec un de ces « Bien à toi » bien sentis, afin que les contentieux en cours restent bien en cour.

Demain sur le blog : Des butons pour soutenir Hidalgo.

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