Entr’acte

Martin Parr, Spielberg arrive, The Goutte d’Or reste

 SUPER (SEMA)HUIT

À l’occasion de la sortie parisienne de Super 8, Steven Spielberg a fait, mercredi, une escapade sur les traces de Martin Parr dans The Goutte d’Or.

Fan du blog de Cavé Goutte d’Or, le réalisateur producteur envisage de tourner un thriller psychologique sur la Saga du 25 rue Stephenson. Titre de travail : Main basse sur l’habitat salubre.

Pour des raisons de confort personnel, le tournage sera délocalisé de la Goutte d’Or à Grimaud (Var). Plusieurs films sont actuellement tournés dans la Goutte d’Or par la société de déconstruction GENIER DEFORGE et, outre les panneaux publicitaires de cette société qui occupent le terrain et le paysage, le mouvement y est très réduit.

La main au collet

À Grimaud, le maire et le directeur de l’urbanisme joueront les rôles de leurs homologues parisiens, pour faire plus vrai. Ils avaient en effet, à eux deux, quitte à ce que l’un force un peu la main de l’autre, fait fonctionner le système de contrôle des autorisations d’urbanisme données à la légère, comme c’est manifestement le cas de celles dont bénéficie la SEMAVIP dans son entreprise de démolition de la Goutte d’Or.

Si M. Spielberg est très discret sur son projet et la distribution, nos équipes croient savoir que le rôle du journaliste du Canard enchaîné qui avait lancé l’affaire Joyandet en communiquant la note du directeur de l’urbanisme de Grimaud sur les fausses déclarations du permis de construire du ministre, serait confié au jeune journaliste de dixhuitinfo qui devait lancer l’affaire SEMAVIP en avril dernier en communiquant les notes de l’urbanisme de Paris établissant les fausses déclarations de la SEMAVIP sur les fausses carrières de la Goutte d’Or. Mais la patronne du 18e du Mois, qui expliquait à Cavé Goutte d’Or, en février dernier, pourquoi on démolissait plus à l’Est du 18e arrondissement (Château Rouge) qu’à l’Ouest (Abbesses), tient la corde. 

Pour ce qui est de tenir la corde, justement, la Vieille dame mythique de Daniel Vaillant le restera. Sa figure sera comme un fil conducteur du film et la corde qu’avait cru devoir voir, si si,  le Parisien dans les propos de M. Vaillant sur l’habitat salubre, cette corde sera enfermée dans un coffre, en hommage à… La Banquière de Zadig et Voltaire.

Vertigo

Daniel Vaillant lui-même jouera le rôle d’un jeune professeur d’alpinisme. La scène avec sa doublure (photo 1) a été filmée en début de semaine dans l’espace de jeu installé provisoirement au 22 rue Cavé, face à sa permanence du 13 rue Cavé, sachant que l’espace

Photo 1 – Escalade au 22 rue Cavé

serait occupé ensuite par les troupes de la SEMAVIP et de GENIER DEFORGE (photo 2) dans l’intention de casser le 24 rue Cavé, dont le permis de démolir est pourtant l’objet d’un recours en excès de pouvoir devant le Tribunal administratif de Paris depuis le 15 mai 2011 (photo 3).

 Photo 2 – Nouveau checkpoint au 24 rue Cavé

Photo 3 – Emprise sur la voie publique du 1er août au 2 septembre 2011. Vacances judiciaires pour les démolisseurs ?

La scène bien connue de La SEMAVIP casquée, entourée de ses gardes du corps tête nue, pour contempler leurs futures conquêtes (photo 4) a déjà été filmée aussi, avant que la prochaine installation de butons sur les lieux du tournage empêche tout mouvement (Voir nos dernières éditions : « La SEMAVIP prend ses mégots pour des butons »).

Photo 4 – Vues sur la prochaine prise de la SEMAVIP

Un casting d’enfer

Le rôle de l’expert sommé, longtemps absent et toujours non répondant, a posé plus de problème au réalisateur producteur. Devant la pléthore de candidats, chacun pouvant justifier d’une absence totale de réponse aux interrogations qui leur sont adressées nommément et es-qualités sur la politique du logement et de l’urbanisme dans la Goutte d’Or depuis septembre 2010, il semblerait que Benoist Apparu soit retenu.

Contrairement à son challenger Jean-Yves Mano, qui n’a reculé devant aucun effort pour avoir le rôle, allant jusqu’à envoyer les rush de sa célèbre réplique dans Main basse sur la ville (« Nous sommes obligés de casser pour des raisons financières, c’est vrai », Le Parisien du 4 avril 2011), Benoist Apparu est davantage dans le double jeu souhaité par Spielberg pour ce thriller psychologique : il a fait savoir à l’équipe de production qu’il serait attentif à la question du logement et de l’urbanisme dans la Goutte d’Or, puis a saisi le Préfet qui lui-même n’a rien saisi, confiant la tâche d’une réponse bâclée à une assistante pressée qui a fait, comme dans un bon Monopoly, retourner les pions à la case Mano. (Sur cet échange, voir nos prochaines éditions).

Figuration

La présence de Benoîst Apparu au générique de Super SEMAHUIT a incité la production à confier à l’UMP les rôles principaux de figuration qui lui reviennent. Car, à l’exception de Pierre-Yves Bournazel, qui ne compte plus ses lettres à Mme Hidalgo ou à Mme Lepetit sur le 25 rue Stephenson, aucune des personnalités de l’opposition municipale dont l’attention a été sollicitée par Cavé Goutte d’Or depuis bientôt un an n’a répondu le moindre mot, faisant ainsi, si l’on peut dire, du Delanoë dans le texte.

Au plan local d’abord, rien de Roxane Decorte, conseillère de Paris et du 18e, vice-présidente de la Commission Urbanisme et logement à l’Hôtel-de-Ville, militante de quartier s’il en est, approchée de diverses parts ; moins local, rien de François Lebel, maire du 8e, de Thierry Coudert, conseiller dans le 17e, de Jean-François Lamour, patron de l’UMP à Paris, tous régulièrement informés tant du chantier du 25 rue Stephenson que des abus de démolitions signalés par la Commission du Vieux Paris ; rien non plus de Philippe Goujon, maire du 15e, et Jean Tiberi, maire du 5e, tous deux sollicités par Cavé Goutte d’Or tant en leurs qualités de conseillers de Paris et maires d’arrondissement que de membres de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, M. Tiberi y fréquentant en outre un Groupe d’études Construction et logement ; guère plus de Jean-François Legaret, maire du 1er et membre de la Commission du Vieux Paris, qui ferraille contre la démolition du Jardin des Halles, ou de Rachida Dati, maire du 7e qui voudrait voir raser le Mur pour la paix du Champ-de-Mars et, coïncidence ?, laisser raser gratis à la Goutte d’Or. 

« Alliance État-Ville », comme le dénonçait déjà l’un des précurseurs du combat citoyen de la Goutte d’Or ?… Plus complexe sans doute, même si le bruit court que le scénario de Super SEMAHUIT serait confié à Michel Neyreneuf, qui avait réalisé un court métrage sur la question du logement et de l’urbanisme dans la Goutte d’Or il y a une trentaine d’années. Titre de travail : Paris Goutte d’Or (voir nos précédentes éditions).

*

En fin de semaine : « Les Verts en pointe ». Les suites de la harangue de Violette Baranda au Conseil de Paris d’avril 2006 et de la question écrite de Sylvain Garel à celui de juin 2011.

Cet article a été publié dans Articles. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.