La Goutte d’Or sous curatelle ?

Madame Bétancourt sous curatelle renforcée, s’inquiètent les journaux. Toujours rien sur la vieille dame à la corde du 25 rue Stephenson, qui aurait traumatisé Daniel Vaillant, selon le Parisien du 6 avril 2011.

*

Alain Joyandet n’a pas prétendu que le 25 rue Stephenson était « construit sur de nombreuses carrières ». Les journaux laissent donc les fausses déclarations de la SEMAVIP, la Société d’économie mixte de la Ville de Paris chargée d’opérations immobilières dans la Goutte d’Or, sans couverture médiatique. À moins qu’ils ne les couvrent, justement. Grimaud n’est pas Paris.

*

Pas de faux concombres non plus dans les carrières de gypse inventées par la SEMAVIP pour alimenter ses opérations immobilières. Donc pas de fausses informations dans les journaux.

*

Mais une vraie expertise géotechnique confirmant qu’il n’y a aucune ancienne carrière de gypse là où la SEMAVIP les voulait voir nombreuses, expertise distribuée à la presse le 2 mai 2011. Donc pas de vraies informations non plus sur « l’absence de tout indice d’anciennes carrières ».

*

Selon l’expertise du Groupe Ingénierie Europe CEBTP du 13 avril 2011, la démolition du 25 rue Stephenson, bâtiment de grande emprise formant la pierre angulaire d’un îlot de vingt immeubles en bas de côte, au pied de la Butte Montmartre, côté métèque, peut déstabiliser l’ensemble de l’îlot. Rien.

*

Sur la foi de cette expertise, les Conseillers de Paris Pierre-Yves Bournazel (UMP), Ian Brossat (PCF/PG) et Sylvain Garel (Europe Écologie Les Verts) demandent l’arrêt des travaux, le retrait du permis, la transformation du projet de démolition en réhabilitation. Ils invoquent le droit de l’urbanisme, les fausses déclarations des démolisseurs, le devoir de précaution… Lettres courtoises, question écrite au Conseil de Paris, rien n’y fait : Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo les ignorent, comme ils ignorent la Commission du Vieux Paris qui demande solennellement un temps d’arrêt dans les démolitions de la Goutte d’Or.

*

Cet article a été publié dans Humeur. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour La Goutte d’Or sous curatelle ?

  1. Résistons, résistons sans relâche ! Même la municipalité socialiste (?) se laisse griser par le fric et elle ose affirmer que c’est au profit de logements sociaux…
    De qui se moque-t-on ?

  2. Gaël Coto dit :

    ON NE RECONSTRUIT PAS UN QUARTIER EN RASANT SON HISTOIRE : C’est pourtant ce qui se passe ici à la Goutte d’Or.

    En plus, ce qui est construit est moche. Pourquoi un logement social devrait faire pauvre ? L’identité de la Goutte d’Or doit-elle être la misère ?? Ces bâtiments sont construits sans goût et sans talent. Qui sont ces personnes qui décident de la destruction* et de la reconstruction sans souci des habitants et du patrimoine de la Goutte d’Or ?
    Et puis, pas besoin d’être un expert pour imaginer dans quel état vont être ces bâtiments dans quelques années… ces bâtiments sont construits pour ne pas durer : Genier-Deforge peut préparer ses nouveaux contrats de déconstruction (dans moins de dix ans).

    Quel nouveau patrimoine sommes-nous en train de construire ?!
    C’est dommage. Je me demande à qui profite tout cela…

    * ou « déconstruction » comme il est usage de dire chez Genier-Deforge.

  3. Rifaâ Tahtaoui dit :

    « Côté métèque », dites-vous pour le flanc Est de la Butte Montmartre. Je vous suggère de penser à l’étymologie (meta/oïkos : qui change de maison) comme vous l’avez fait de la « métamorphose » évoquée par la mairie du 18e pour sa campagne promotionnelle. Une fois considéré dans sa propre histoire (étranger domicilié dans la Cité grecque), le mot « métèque », que vous semblez utiliser ironiquement, montre en effet qu’il relève essentiellement de la conception concrètement mise en oeuvre par les néo-versaillais, post-coloniaux des 3ème et 4ème Républiques dans la « gestion humaine » des nouveaux habitants de l’Est de Paris (Ah! « le bruit, et l’odeur », souvenez-vous!), et dans les 750 « Zones Urbaines Sensibles » et autres ZEP, ZFU, ZRU etc… Ces nouveaux habitants seraient a-culturés et sans Histoire selon eux, au moins sans Histoire commune avec nous… Alors, le faubourien ?!… « Nul besoin de les intégrer dans nos traditions faubouriennes », pensent les édiles, dès fois que ça leur donnerait de mauvaises idées, par exemple celle d’être traités en citoyens normaux et respectables, aspirant comme tout le monde à la culture commune! D’où cette culture anonyme de ce que vous appelez justement « barres de rue ».

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.